La station
démission à ondes courtes PTT de Pontoise
En France, cest en 1931 que les P.T.T. construisent le
1er site démissions en ondes courtes, à Pontoise
(Val dOise) afin de permettre à la station Poste Colonial,
inaugurée le 6 mai 1931 dans le cadre dune exposition
coloniale, de diffuser en français, en anglais et en espagnol,
des émissions radiophoniques à destination des 100 millions
dauditeurs de lempire colonial français.
Après lexposition, la station reste ouverte et diffuse
des émissions en allemand, arabe, italien, japonais,
prenant ainsi une dimension véritablement internationale.
En 1938, un nouveau centre émetteur ondes courtes est construit
aux Essarts-le-Roi (Yvelines), en remplacement de lémetteur
de Pontoise devenu obsolète. La station internationale Poste
Colonial est alors renommée, le 23 mars 1938, Paris Mondial,
qui diffusera ses émissions dans 20 langues différentes
jusquau 17 juin 1940.
Après la Seconde Guerre Mondiale, les émissions vers
létranger reprennent sur la station devenue RTF Radio
Paris en 1945, puis ORTF Radio Paris en 1965 et enfin Radio France
Internationale (RFI), le 6 janvier 1975.
En 1939, afin de diffuser plus largement les émissions radiophoniques
en langue française vers le monde entier, un nouveau centre
émetteur en ondes courtes est mis en service en complément
du centre des Essarts à Allouis, dans le Cher, qui dispose
déjà dun centre émetteur en ondes longues
pour des communications à moyenne distance.
sommaire
1926 ÉTAT DE LA TECHNIQUE DES RADIOCOMMUNICATIONS
AVANT L'UTILISATION DES ONDES COURTES.
Les résultats obtenus dans le domaine des radiocommunications,
à partir des installations à ondes moyennes et à
ondes longues mises en service pendant et surtout après la
guerre, jusqu'en 1926, peuvent se schématiser comme suit :
1° Jusqu'à des distances estimables
à 6000 km environ, les puissantes installations de Sainte-Assise
et de Bordeaux (station de la Croix-d'Hins), mettant en jeu de vastes
antennes supportées par des pylônes élevés
(16 pylônes de 250 mètres à Sainte-Assise, 8 pylônes
de 250 mètres à la Croix-d'Hins), alimentées
par des alternateurs de la Société Française
Radioélectrique de 250 et 500 kW, travaillant sur des ondes
comprises entre 13000 et 20000 mètres, permettaient de réaliser
un contact quasi permanent, en dépit des conditions variables
de propagation. Une semblable régularité était
indispensable sur des liaisons à grand trafic, où la
concurrence par câbles est particulièrement active (communications
avec New-York, par exemple) ;
2° Au delà de 6 000 km environ, les mêmes
installations demeuraient incapables d'assurer un contact permanent
avec le correspondant éloigné; le trafic s'acheminait
aux heures particulièrement favorables de propagation, dont
la durée quotidienne était essentiellement variable
suivant l'époque de l'année.
Dans de semblables conditions étaient exploitées, par
les soins de l'Administration des P. T. T., les liaisons entre la
France et ses colonies (Saïgon, Tananarive, Brazzaville, Bamako)
grâce aux stations construites par la Radiotélégraphie
militaire ;
3° Dans le cadre des communications européennes,
la mise en uvre de postes à puissance moyenne (alternateurs
à haute fréquence de 25 kW, postes à lampes de
20 kW, arcs à haute fréquence) travaillant sur ondes
comprises entre 2000 et 10000 mètres, permettait d'assurer
des communications régulières, avec manipulations à
grande vitesse.
Arrivée au stade de développement atteint en 1926, la
radioélectricité n'était pas susceptible d'occuper
une place prépondérante dans le cadre de la télégraphie
et de la téléphonie entre stations fixes, en raison
de la capacité de débit réduite de ses coûteuses
installations, alors qu'il existait déjà des moyens
offrant une grande sécurité, une grande régularité
de transmission et des capacités de trafic très supérieures
(câbles sous-marins et lignes télégraphiques).
L'ÉVOLUTION A LA SUITE DE LA DÉCOUVERTE
DES POSSIBILITÉS DES ONDES COURTES.
A partir de 1925 s'ouvre un chapitre nouveau
de la science des communications radioélectriques, par la découverte
des possibilités des ondes courtes (entre 13 et 40 mètres
environ) ; à la suite des amateurs, les Services officiels
pénètrent dans ce nouveau domaine ; les programmes nouveaux
s'élaborent; les appareils, rudimentaires dans les débuts,
sortent de leur gangue et l'on aboutit à un nombre restreint
de prototypes. L'influence des ondes courtes dans le domaine des radiocommunications
résulte essentiellement de la possibilité de réaliser,
par la mise en uvre d'installations relativement peu coûteuses,
des communications aux plus grandes distances. L'emploi de ces ondes,
d'abord limité aux communications à très grandes
distances, s'est étendu dans la suite, de telle façon
qu'un tableau schématique de la situation actuelle de la science
des radiocommunications entre stations fixes résulte des considérations
suivantes :
1° Sur les liaisons à fort trafic, à grande
distance, jusqu'à 6000 km environ Paris-New-York, par exemple),
le trafic transmis sur ondes courtes représente environ les
deux tiers du trafic total acheminé; néanmoins, en raison
du caractère plus capricieux dans la propagation des ondes
courtes, il est fait nécessairement appel, à certaines
heures, aux puissantes installations à ondes longues préexistantes,
avec alternateurs à haute fréquence ; l'emploi des ondes
courtes se traduit par une augmentation considérable dans la
capacité de débit sur de semblables liaisons et par
une économie notable d'énergie dans les dépenses
d'exploitation ;
2° Le véritable domaine d'emploi des ondes courtes
est relatif aux communications réalisées au-dessus de
6000 km environ (liaisons entre la France et Buenos Aires, Rio de
Janeiro, Tananarive, Saïgon, Chine, Japon, etc.) ; la mise en
uvre d'émetteurs et récepteurs appropriés
permet alors d'assurer un contact quasi permanent entre correspondants
très éloignés ;
3° Dans le cadre des liaisons européennes à
trafic notable, l'emploi des ondes courtes semble moins indiqué,
en raison des avantages restreints qu'elles présentent par
rapport aux ondes comprises entre 3000 et 10000 mètres : l'économie
dans les dépenses de premier établissement et dans les
dépenses d'énergie demeure relativement faible, et il
n'en résulte pas, semble-t-il, une sécurité plus
grande dans l'acheminement du trafic; à l'heure actuelle, la
proportion du trafic transmis sur ondes courtes dans le domaine des
liaisons européennes, jusqu'à 3000 km environ, ne dépasse
pas le tiers du trafic total ;
4° Quelle que soit la distance, toutes les fois que l'on se
contente, sur une communication, d'un nombre réduit d'heures
quotidiennes à liaison possible, l'emploi d'ondes courtes est
nettement indiqué : des postes de 500 watts permettent d'atteindre
de nuit l'Algérie et le Maroc; des postes de 1 à 2 kW
sont suffisants pour réaliser, durant quelques heures par jour,
une communication avec Brazzaville et Bamako, etc.
IMPORTANCE PARTICULIÈRE DES ONDES COURTES
SUR LES LIAISONS INTERCOLONIALES EXPLOITÉES PAR L'ADMINISTRATION
DES P. T. T.
Le réseau des communications radioélectriques intercoloniales
exploitées par l'Administration des P. T. T. sur ondes longues,
comprenait en 1924 :
1° La liaison avec l'Indochine (Saïgon)
;
2° La liaison avec Tananarive ;
3° La liaison avec Brazzaville et Bamako.
Les installations utilisées à cet effet
comportaient, en France : les stations émettrices de La Croix-d'Hins
(près Bordeaux) et de La Doua (Lyon) ; aux colonies, les stations
de Tananarive, Brazzaville et Bamako, construites par la Radiotélégraphie
militaire et exploitées par l'Administration métropolitaine
des P. T. T., ainsi que la station de Saïgon, exploitée
par la Compagnie générale de T. S. F.
1927 Toutes ces liaisons se prêtaient
particulièrement à la mise en uvre d'installations
à ondes courtes (distance Paris-Saigon, 10000 km environ ;
Paris-Tananarive, 9000 km) ; successivement, le poste d'Issyles-Moulineaux,
appartenant à la Radiotélégraphie militaire,
les postes de Lyon, construits par l'Administration des P. T. T.,
furent mis en service sur le réseau intercolonial. Ces réalisations
immédiates furent accompagnées d'un effort à
échéance plus lointaine, comportant :
1° L'installation de postes à
ondes courtes dans les stations coloniales existantes (Saïgon,
Tananarive, Bamako, Brazzaville), postes destinés à
remplacer les installations à ondes longues ;
2° Une extension du réseau intercolonial, par la
construction par les soins de la Radiotélégraphie militaire,
d'accord avec l'Administration des P. T. T., de stations nouvelles
à ondes courtes à Djibouti, Nouméa, Fort-de-France,
Papeete et Dakar ;
3° La construction aux environs de Paris,
par les soins de l'Administration des P. T. T , d'un centre d'émission
(centre de Pontoise) et d'un centre de réception (centre de
Noiseau).

DESCRIPTION DU CENTRE DE PONTOISE.
Il s'agissait de profiter des changements survenus dans la technique
radioélectrique pour augmenter les possibilités d'action
du réseau exploité par l'Administration des P. T. T.
et pour concentrer en un lieu déterminé les moyens correspondants,
dispersés, pour des raisons d'ordre militaire, en divers points
du territoire, la concentration étant la source d'économies
de toutes natures. Il fallait donc :
1° Choisir à proximité
de Paris un terrain suffisamment vaste et sujet à extensions
;
2° Adopter de puissantes sources d'énergie permettant
d'alimenter tous les postes qui feraient partie d'une nouvelle tranche
de travaux ;
3° Créer une alimentation en eau prévoyant
les extensions ultérieures ;
4° Établir des liaisons télégraphiques
et téléphoniques nombreuses et d'une sécurité
parfaite.
Les travaux à exécuter immédiatement
comportaient, par conséquent, la réalisation de sources
suffisamment larges pour alimenter un nombre important de postes émetteurs
et la construction d'une première tranche de postes d'émission.
La difficulté inhérente à de semblables opérations
réside dans un aménagement convenable des crédits
accordés, de telle façon que toute extension ultérieure
rentre dans le cadre de bases initiales ; de plus, l'importance des
communications radioélectriques, au point de vue politique,
implique un aménagement qui conserve à l'Administration
une autonomie aussi complète que possible : d'où l'utilité
de sources autonomes d'énergie et d'alimentation en eau.
Organisation générale du Centre.
Le terrain du nouveau centre d'émission (fig. 2 et 3), qui
comprend 75 ha, a été choisi en raison de ses propriétés,
du point de vue technique, de sa proximité immédiate
d'une ville présentant des ressources, bien desservie par chemin
de fer, des possibilités ultérieures d'extension, de
la proximité de Paris et du prix d'achat. Il se présente
sous la forme d'un plateau oblong se terminant du côté
de Pontoise par un éperon; ce plateau surplombe au sud la vallée
de l'Oise, et sa situation dégagée est particulièrement
favorable à l'établissement de multiples antennes à
ondes dirigées.

Le déboisement nécessité par des raisons radioélectriques,
et strictement limité à l'indispensable, a été
réalisé par les soins de M. Heurteaux, Inspecteur des
Eaux et Forêts ; les nouvelles routes reliant les bâtiments
ont été établies par MM. Ménard et Bague,
Ingénieurs T. P. E. à Pontoise, qui ont procédé
en même temps à l'établissement du réseau
d'évacuation des eaux les eaux du bâtiment central ont
été drainées dans des conduites générales
en tubes de ciment aboutissant à une chambre de décantation
qui dégorge dans une sablière; chaque bâtiment
émetteur possède un collecteur qui aboutit à
un puisard approprié.
Le Centre comporte actuellement :
1° Un bâtiment central (fig.
2 à 4) destiné à recevoir les services communs
à tous les postes émetteurs actuels ou ultérieurs
: sources d'énergie, bureaux, ateliers, télégraphe
et téléphone ;
2° Deux bâtiments destinés à abriter,
chacun, deux postes d'émission à ondes courtes de 20
kW environ ;
3° Un bâtiment préexistant, à usage
d'habitation et de bureaux, et des communs avec logement du gardien
du Centre.
L'implantation des bâtiments a été
faite de telle façon qu'il soit possible d'établir dès
maintenant et dans l'avenir des antennes à ondes dirigées
de dimensions importantes.
Le bâtiment central, établi sur sous-sol,
se divise (fig. 4) en :
1° Un corps de bâtiment antérieur,
constitué de bureaux en nombre strictement limité, d'une
salle des archives et d'une pièce affectée à
la concentration des liaisons télégraphiques et téléphoniques
;
2° Une usine thermique comportant deux groupes électrogènes,
à moteurs Diesel de 350 ch ;
3° Un corps de bâtiment postérieur : cabine
de transformation, salle d'accumulateurs pour éclairage de
secours, atelier d'entretien.
Chaque bâtiment émetteur (fig. 5 et 6),
établi sur sous-sol, est fait pour recevoir deux postes d'émission
à ondes courtes, l'un étant un poste auto-oscillateur
à régulateur Chireix, l'autre étant un poste
à quartz de la Société Française Radioélectrique.
Ces trois bâtiments ont été construits sous la
direction de M. Bessine, architecte de l'Administration ; le remplissage
de l'ossature en béton armé est en béton de mâchefer,
avec revêtement de ciment et enduit. Les toits en terrasse en
béton armé et à double dalle sont protégés
contre les infiltrations d'eau, la dalle supérieure portant
une couverture étanche en « mammouth » recouverte
d'un enduit de ciment. L'emploi de béton armé dans les
bâtiments émetteurs ne présente aucun inconvénient
au point de vue radioélectrique.
Des précautions spéciales ont été adoptées
en vue de protéger les sous-sols contre les infiltrations dans
un terrain glaiseux.
Sources d'énergie.
Le Centre comporte deux sources d'énergie :
1° Une source obtenue à partir
du réseau Nord-Lumière : un feeder souterrain relie
la cabine du Centre à la station de Pontoise, alimentée
elle-même par deux sources indépendantes. La cabine renferme
deux transformateurs triphasés de 250 kVA, susceptibles de
fonctionner en parallèle, dont le primaire est alimenté
sous 15000 volts et dont le secondaire fournit la distribution générale
du Centre sous 500 volts ;
2° Une usine thermique : deux groupes alternateurs de
300 kVA avec moteurs Diesel de 350 ch.
Distribution de l'énergie à basse
tension.
La distribution du courant basse tension est faite sous 500 volts,
50 périodes. Les tableaux de distribution, disposés
symétriquement le long du mur principal de la salle des Diesels,
comportent aux extrémités deux panneaux, destinés
chacun à l'alimentation d'un bâtiment émetteur.
Des deux panneaux de droite, équipés individuellement
pour une puissance de 200 kVA, l'un débite sur les feeders
aboutissant au bâtiment nord, l'autre sur les feeders qui alimentent
les deux postes à ondes courtes de radiodiffusion coloniale,
nouvellement installés ; un des panneaux de départ de
gauche alimente le deuxième bâtiment à ondes courtes;
enfin, un dernier panneau disponible, équipé pour 300
kVA, est destiné à fournir l'énergie aux nouveaux
bâtiments dont la construction est entreprise sur le plateau,
assez loin des premiers.
Les organes de manuvre des alternateurs sont disposés
symétriquement, et l'organisation de la distribution est faite
de telle façon que les feeders de 3 x 75 mm2 (l'un servant
de secours à l'autre) partant vers chaque bâtiment émetteur
puissent être alimentés à partir du réseau
ou de l'un ou l'autre des groupes électrogènes.
Alimentation en eau et distribution.
Trois solutions se présentaient :
1° Puiser de
l'eau (non potable) dans l'Oise ;
2° Se brancher sur la canalisation de la ville de Pontoise
(nécessité d'établir un relais de pompage, le
terrain du centre étant plus haut que les réservoirs
de la ville ; eau de qualité médiocre; manque d'autonomie
; conditions économiques défavorables) ;
3° Aménager le forage existant à l'intérieur
de la propriété, en vue de réaliser une augmentation
de débit.
La troisième solution, bien que présentant
certains aléas, fut adoptée ; elle donnait à
la fois l'autonomie complète du Centre et l'alimentation en
eau potable.
Le forage a été descendu à la profondeur de 131
mètres. L'eau est refoulée par une pompe à pistons
à trois corps, disposée près de la nappe d'eau
; les pistons sont actionnés par un vilebrequin qui est lui-même
mû par un moteur triphasé ou par un groupe à essence
de secours. Un réservoir en béton armé de 100
m3, surélevé de 15 mètres au-dessus du sol, commande
la distribution d'eau.
Installations radioélectriques.
Chaque bâtiment émetteur abrite, comme nous l'avons dit,
un poste auto-oscillateur et un poste à quartz construits et
installés par la Société Française Radioélectrique.
POSTE AUTO-OSCILLATEUR.
Un tel poste comporte essentiellement deux grosses lampes à
refroidissement par eau, alimentées sous 10 000 volts à
partir d'un meuble redresseur constitué par 18 valves de 1
kW environ. L'alimentation des filaments est réalisée
à raison de 50 ampères sous 16 volts. L'organisation
du poste est telle qu'il soit possible d'effectuer, soit une émission
unique avec les deux lampes, soit une émission unique avec
une lampe, soit deux émissions simultanées avec deux
lampes.
La manipulation s'effectue par onde de compensation, les intervalles
entre traits et points des signaux étant réalisés
en court-circuitant la sortie du dernier redresseur du régulateur
; il en résulte une variation de perméabilité
du noyau et, par conséquent, une variation de fréquence
de l'émission.
Organisassions générale d'un poste
auto-oscillateur dans un bâtiment émetteur (fig.
5 et 6).
D'une manière générale, les machines tournantes
et les auxiliaires gênants sont relégués dans
le corps postérieur ou dans le sous-sol du corps antérieur
du bâtiment; le poste proprement dit est placé au rez-de-chaussée
de la grande salle du corps antérieur.
Dans le corps postérieur arrivent les câbles à
500 volts, venant du bâtiment central, qui alimentent trois
séries de deux groupes identiques, groupes de charge des batteries
d'accumulateurs disposées en sous-sol et destinées à
alimenter les filaments des lampes oscillatrices (grosses batteries
de 11 éléments, 1200 Ah), les filaments des petites
lampes du régulateur (6 volts, 300 Ah) et les circuits de plaque
de lampes du même régulateur (400 volts, 20 Ah).
Le corps antérieur comporte les cinq meubles
constitutifs du poste émetteur proprement dit :
Le redresseur à 18 lampes, alimenté
sous 500 volts, 50 périodes, et susceptible de fournir plus
de 2 ampères sous 10000 volts. Un régulateur à
induction permet de régler la tension d'attaque de 15 autour
de 500 volts et, par conséquent, de faire varier la haute tension
à la sortie autour de 10000 volts ;
L'émetteur, avec ses deux lampes, les organes du circuit oscillant
et les appareils de réglage du débit de l'eau et de
l'huile du refroidissement de la self à fer du régulateur
;
Deux régulateurs de fréquence,
disposés à l'intérieur d'une salle blindée
par un revêtement de zinc ; lors d'un fonctionnement en diplex,
les deux régulateurs fonctionnent individuellement sur l'un,
et l'autre lampe ;
Le meuble de manipulation, qui reçoit les signaux télégraphique;
venant de Paris, destinés à produire la manipulation
;
Le pupitre de commande de la mise en marche
du poste : les tensions étant renvoyées vers la salle
d'émission à partir du corps postérieur du bâtiment,
la fermeture des circuits de débit s'effectue automatiquement
et sans erreur possible à partir du pupitre de commande.
Les dispositifs de refroidissement du poste comprennent
d'abord le refroidissement des plaques des lampes par un courant d'eau
qui descend d'un réservoir supérieur de 3 m3 jusqu'à
une citerne en traversant les lampes (le retour de l'eau de la citerne
au réservoir est assuré par un des deux groupes motopompes,
commandé automatiquement par flotteur) ; il est fait usage
de l'eau de pluie ou de l'eau du réservoir de 100 m3.
Le refroidissement des joints de lampes a lieu par un courant d'air
que produit l'un ou l'autre des groupes moto-compresseurs débitant
sur des réservoirs amortisseurs de 300 litres.
Antennes mises en uvre pour les postes auto-oscillateurs.
Chaque poste auto-oscillateur comporte deux antennes en doublets,
supportés par des mâts de 15 mètres : toutefois,
les bâtiments sont disposés de telle façon qu'il
soit ultérieurement possible d'installer de vastes antennes
à ondes dirigées vers des correspondants nettement établis
(Amérique du Sud ou Maroc, Canada ou Etats-Unis pour le bâtiment
nord : Tananarive pour le bâtiment est).
POSTE A QUARTZ.
Un tel poste comporte essentiellement un oscillateur à quartz
de faible puissance à fréquence constante (longueur
d'onde, 120 mètres, par exemple), suivi de deux ou trois étages
de multiplicateurs de fréquence (de façon que l'on puisse
réaliser, suivant les cas, une onde voisine de 30 ou de 15
mètres), et d'étages amplificateurs dont le dernier
fournit à une antenne convenable les courants de haute fréquence.
Les postes à quartz de la Société Française
Radioélectrique sont faits pour fonctionner à la demande
sur l'une ou l'autre des deux longueurs d'ondes produites par deux
meubles qui comportent chacun un poste complet, à l'exception
du dernier amplificateur de puissance; celui-ci, qui constitue un
meuble, est mis en service sur l'un ou l'autre des postes élémentaires
précités, suivant que l'on désire émettre
sur l'une ou l'autre longueur d'onde utilisable.
Les sources d'alimentation des divers étages
multiplicateurs de fréquence ou amplificateurs sont réalisées
à partir de deux ensembles (l'un servant de secours) de groupes
moteurs triphasés-dynamos situés en sous-sol, qui fournissent
les tensions de plaque; toutefois, le dernier étage amplificateur
est alimenté en haute tension à partir d'un redresseur
un peu plus puissant que celui du poste auto-oscillateur (24 valves
au lieu de 18).
L'émission ne comporte pas d'onde de compensation; afin que
le redresseur qui alimente le poste travaille à puissance constante
pendant la manipulation télégraphique, une disposition
est adoptée, de telle façon que le débit, voisin
de 2 ampères sous 10000 volts, s'effectue, durant les intervalles
des signaux, dans une résistance d'absorption en série
avec trois lampes identiques à celles du meuble de puissance,
qui peuvent servir également comme lampes de modulation (modulation
à courant constant) lorsque le poste est utilisé en
téléphonie.
Installation du poste dans un bâtiment émetteur.
Les quatre meubles (deux émetteurs élémentaires
réglés individuellement sur une longueur d'onde, le
meuble de puissance et le meuble des lampes de manipulation ou de
modulation) reposent accotés sur un même massif.
La figure 7 donne un aspect de l'installation d'un poste à
quartz : à gauche, le tableau de commande de toutes les machines
des premiers étages; en face, les quatre meubles accotés
et, de gauche à droite, le meuble des lampes de manipulation,
l'émetteur sur l'onde la plus courte, l'étage de puissance
et l'émetteur sur l'onde la plus longue (l'émission
demande la mise en service de trois meubles) ; au milieu, le pupitre
de commande automatique du poste.
Le redresseur à 24 valves est disposé dans la salle
symétriquement par rapport au redresseur du poste auto-oscillateur.
Les tableaux de mise en marche et de réglage des machines disposées
en sous-sol étant placés au rez-de-chaussée,
l'opérateur dispose de toutes les manettes du poste, les débits
étant commandés automatiquement suivant un ordre logique,
à partir d'un pupitre de manuvre.
Le refroidissement des plaques des lampes de puissance et de modulation,
d'une part, est assuré par les installations à eau ou
à air mises en jeu sur le poste auto-oscillateur du même
bâtiment.
En vue de réduire les vibrations, toutes les machines du poste
à quartz sont disposées en sous-sol et les meubles émetteurs
reposent sur des semelles en liège.
Des emplacements ont été réservés dans
les sous-sols pour deux groupes moteurs-dynamos haute tension, susceptibles
de remplacer avantageusement les redresseurs à valves actuels;
cette disposition a déjà été adoptée
pour l'installation récente de Tananarive, effectuée
par les soins de la Société Française de Radioélectricité.
EXPLOITATION DES POSTES AUTO-OSCILLATEURS ET DU
POSTE A QUARTZ.
Les deux postes auto-oscillateurs actuellement en service à
Pontoise sont organisés de la même façon : les
deux circuits oscillants de chacun d'eux sont accordés sur
deux ondes convenablement éloignées, de façon
que l'on puisse faire usage, sur la liaison télégraphique
à assurer, de l'une ou l'autre fréquence, suivant les
conditions de propagation du moment; deux émissions simultanées
peuvent être également réalisées avec deux
correspondants.
Le poste auto-oscillateur du bâtiment n° 1 est affecté
aux communications avec l'Amérique du Sud (service de l'agence
Havas), sur l'une ou l'autre des ondes de 29m 71 ou de 16m 07.
Les deux longueurs d'onde : onde de jour, 14m 28;
onde de nuit, 28m 35, adoptées pour le poste auto-oscillateur
du bâtiment n° 2, sont consécutives à la nature
des liaisons à desservir : Tananarive, Djibouti, Bamako, Brazzaville,
etc. Durant les premiers essais de trafic, un contact quasi permanent
a été réalisé avec Tananarive, grâce
à la mise en uvre des deux ondes précitées.
Le poste à quartz, actuellement monté au bâtiment
n° 2, est destiné à assurer les communications avec
l'Indochine (Saïgon et Hanoï) en télégraphie
et, éventuellement, en téléphonie, sur les deux
longueurs d'onde de 18m 75 et 30m 48. En raison de l'importance de
cette liaison, il était particulièrement indiqué
de mettre en jeu sans délai des dispositifs d'antennes à
ondes dirigées dont voici la description succincte.
Antenne à ondes dirigées, modèle
Chireix-Mesny, de la Société Française Radioélectrique
(fig. 1 et 8 à 10).
Trois pylônes de 75 mètres de hauteur, en ligne
droite et espacés de 150 mètres, servent de support
à deux systèmes d'antennes établis chacun entre
deux pylônes consécutifs; chacun de ces systèmes
correspond a l'une des deux ondes adoptées dans le fonctionnement
du poste à quartz destiné à les alimenter : 18m
78 et 30m 48. La figure 8 montre l'ensemble des aériens mis
en jeu sur la liaison avec Saïgon.
Chaque système d'antenne est constitué de deux rideaux
de fils conducteurs, disposés dans des plans parallèles
verticaux espacés d'un quart de longueur d'onde. Un des rideaux
forme projecteur pour l'autre rideau alimenté à partir
d'un feeder qui vient du poste à quartz; grâce à
un système de commande à distance depuis le bâtiment
émetteur, on réalise la projection dans l'un ou l'autre
sens, en alimentant le rideau convenable, de manière à
atteindre le correspondant en Indochine suivant l'un ou l'autre arc
de grand cercle, d'après les conditions de propagation du moment.
Deux feeders partent du poste à quartz, l'un destiné
à alimenter l'antenne réglée sur 18m 78, l'autre
affecté à l'antenne réglée sur 30m 48;
un seul feeder est naturellement en charge à un moment donné.
L'antenne sur la petite onde (18m78) nécessite une double alimentation.
On remarquera la forme particulière des pylônes à
haubanage réduit (fig 1) construits selon les recherches et
calculs de MM. Bouvier, sous-directeur de la Société
Française Radioélectrique (S. F. R.), et Bourseire,
ingénieur de cette même société ; l'avantage
de ce système résulte de la nécessité
d'écarter autant que possible les haubans des rideaux émetteurs.
Les figures 9 et 10 donnent donne les courbes
de rayonnement en champ, expérimentalement relevées
au moyen d'un récepteur dont l'aérien est constitué
d'un dipôle à 600 mètres en avant de l'antenne
sur les deux longueurs d'onde : l'angle d'ouverture du faisceau principal
est inférieur à 12° et 22° pour les deux ondes
de 18m78 et 30m48; l'intensité du champ suivant l'axe en arrière
du rideau réflecteur demeure inférieure au dixième
du champ dans le sens de la projection.
LIAISONS TÉLÉPHONIQUES ET TÉLÉGHAPHIQUES.
-
Dès le début, l'Administration des P. T. T. a envisagé
l'établissement, entre Pontoise et Paris, de nombreuses liaisons
téléphoniques et télégraphiques susceptibles
de permettre une large extension du Centre. Les caractéristiques
techniques du câble nécessaire dans ce but sont fonction
des liaisons à assurer à partir de Paris :
1° Liaisons télégraphiques
ordinaires ;
2° Liaisons téléphoniques pour la téléphonie
publique (France-Indochine, France-Algérie, etc.) ;
3° Liaisons téléphoniques de radiodiffusion ;
4° Liaisons téléphoniques de service ;
5° Liaisons pour émissions de radiotéléphotographie.
Le câble doit aboutir par un chemin convenable
à la salle des liaisons aménagée au bâtiment
central, d'où s'effectuent vers les postes émetteurs
les départs en nombre convenable pour tenir compte des extensions
ultérieures.
Afin de réduire le personnel, toutes les liaisons téléphoniques
intérieures et celles avec le Bureau central radiotélégraphique,
le standard de la direction de la T. S. F., à Paris, et le
bureau téléphonique de Pontoise, sont assurées
à partir d'un standard automatique à 30 directions,
établi par la Compagnie générale de Télégraphie
et de Téléphonie.
Les caractéristiques principales du câble de 37 km, étudié
par le Service des lignes souterraines à longues distances,
sont :
Diamètre du câble sous plomb : 37 mm environ.
Au centre : une paire en fil de 1mm 3, spéciale pour la radiodiffusion
et placée sous écran d'aluminium ;
Première couche ; 4 quartes en fils de 1mm 3 ; 2 paires en
fils de 1mm 3 sous écran d'aluminium ;
Deuxième couche : 17 quartes en fils de 1mm ; Soit 21 quartes
et 3 paires sous écran pour la radiodiffusion.
CONCLUSION.
Les installations en service constituent la première tranche
de réalisation d'un programme d'ensemble, établi depuis
1926 suivant les directives données par l'Administration Centrale
; une deuxième tranche comporte l'établissement, actuellement
en cours d'exécution :
1° D'une station
à ondes courtes, destinée à assurer les liaisons
télégraphiques et téléphoniques avec l'Algérie,
constituée de deux émetteurs à quartz de 15 kilowatts-antenne
identiques à l'émetteur déjà en service
; deux antennes à ondes dirigées, d'un développement
comparable à celui des aériens utilisés avec
Saïgon, établies pour les longueurs d'onde de 23 et de
33 mètres environ, sont alimentées chacune à
partir d'un émetteur ; chacun de ceux-ci peut donner lieu simultanément,
soit à deux émissions téléphoniques avec
un taux de modulation de 30 % et à une émission télégraphique
réalisée sur une fréquence de modulation de 3
100 avec un taux de modulation de 10 %, soit à une émission
téléphonique avec un taux de modulation de 70 % (un
dispositif particulier permet de conserver le secret des conversations
téléphoniques) ;
2° D'une station
à ondes moyennes (émissions faites sur des ondes voisines
de 3 000 mètres) comportant deux postes S. F. R. à lampes
de 13 ou 25 kilowatts-antenne chacun, suivant que l'on utilise une
ou deux lampes au dernier étage ; les antennes sont supportées
par un pylône haubané, isolé à sa base,
de 150 mètres, par deux pylônes à haubanage réduit
et par un pylône haubané de 75 mètres ;
3° D'un poste
à quartz, identique à celui déjà installé
dans le bâtiment émetteur n° 2, destiné à
assurer les communications de l'agence Havas avec divers correspondants
et principalement les Etats-Unis.
Toutes ces installations sont contenues dans un même bâtiment
(n° 3) ;
4° D'un poste
à quartz, à installer à l'emplacement réservé
dans le bâtiment émetteur n° 1, et destiné
à assurer la liaison téléphonique avec le Maroc.
Enfin, dans l'obligation d'aboutir à brève
échéance, l'Administration a profité des installations
du Centre de Pontoise pour y installer provisoirement la station de
radiodiffusion coloniale comportant deux émetteurs à
quartz de 15 kilowatts-antenne environ, installés dans un même
bâtiment et susceptibles de fonctionner simultanément
sur les longueurs d'onde de 19m 68 et 25m 63 sur les aériens
suivants, supportés par trois pylônes non haubanés,
disposés à angle droit :
Une nappe sans réflecteur, orientée vers Saigon, pour
l'onde de 25m 63 ; Une antenne en drapeau, orientée vers Saigon,
pour l'onde de 19m 68 ; Une nappe sans réflecteur, orientée
vers l'Afrique du Nord, pour l'onde de 25m 63.
L'un des émetteurs a été construit par le Service
de la Radiodiffusion; l'autre est à quartz du modèle
S. F. R., approprié à un trafic de radiodiffusion.
Dans le domaine des liaisons coloniales, la mise en service récente
à Tananarive d'un poste à quartz S. F. R. augmente considérablement
les possibilités sur cette liaison, l'une des plus importantes.
L'émetteur est identique à celui que nous avons décrit
ci-dessus, et les installations ont été faites de façon
à pouvoir établir ultérieurement dans la même
salle un deuxième émetteur de même constitution.
Enfin, une troisième tranche de travaux concerne l'organisation
de liaisons radiotéléphoniques à très
grandes distances (Amérique du sud, Indochine, etc.), ainsi
qu'avec les navires transatlantiques, la transformation des stations
coloniales existantes, et vise, à échéance prochaine,
la réalisation, sur ondes courtes, d'un service de transmission
d'images sur les liaisons les plus importantes.
VEAUX, Ingénieur en chef des P. T. T.
Merci à Alain F3CW, qui veut bien nous faire partager ce beau
document technique, retraçant l'histoire et les détails
techniques de cette station radioélectrique...
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