Histoire du téléphone, le scoop paru le lundi 17 juin 2002


Ce n'est pas la première fois qu'une grande invention est revendiquée par un inventeur autre que celui consacré par l'Histoire.
Mais il arrive très rarement que l'Histoire soit officiellement corrigée.
C'est pourtant ce que vient de faire le Congrès américain. Le 17 juin dernier, à Washington, le Congrès a attribué à Antonio Meucci l'invention du téléphone, «au lieu de Bell» qui s'est approprié les travaux de l'Italien, spécifie la résolution.

Antonio Meucci l'inventeur du téléttrophone

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Fait étonnant. Selon un Article paru le lundi 17 juin 2002 dans le Journal de Montréal, l'inventeur du téléphone Graham Bell serait mise en cause.

Voici l'extrait de l'article en question :

Washington( AFP ) - La Chambre des représentants américaine a décidé de créditer un Italo-Américain, Antonio Meucci, de l'invention du téléphone communément attribuée à l'Américain d'origine écossaise Alexander Graham Bell, a-t-on appris hier de source officielle.
L'inventeur du téléphone ? Antonio Meucci, assure la chambre des représentants.
Dans une résolution adoptée mardi par simple acclamation, les représentants américains estiment que "la vie" et l'oeuvre d'Antonio Meucci doivent être reconnus, et son travail dans l'invention du téléphone doit être admis.
Selon le texte de la résolution, présentée par l'élu républicain de New York Vito Fossella, Antonio Meucci avait installé dès 1856 un dispositif rudimentaire de télécommunication entre le sous-sol de sa maison de Staten Island, à New York, et la chambre de sa femme au premier étage (cette dernière ne pouvait se déplacer car souffrant d'arthrite). ...

En 1861, il publia un article présentant ses inventions dans L'Eco d'Italia (« L'Echo d'Italie » en français), un journal de New-York en langue italienne.
Puis, en 1870, parvenant à transmettre la parole à un kilomètre de distance, il baptisa son appareil le
téléttrophone

En décembre 1871, il dépose une demande provisoire et payante de brevet (un caveat),qu'il renouvelle en 1872 et 1873, mais n'ayant pas 10 dollards, il laisera expirer cette demande en 1874 faute de moyen.

Vous pouvez agrandir les photos pour lire ce brevet


First telephone link, established by Antonio Meucci in Clifton, between 1854 and 1856



En 1883 la Globe Telephone Compagny achète l'invention de Meucci et transmet au gouvernement américain une demande la priorité de Meucci sur Bell.
Deux procès suivront et le 19 juillet 1887, Bell en ressort vainqueur.
Deux ans plu stard en 1889 Meui décède dans une grande misére.

 

 

En 1874, Meucci tenta de contacter le directeur d’une compagnie de télégraphes, la Western Union, pour lui montrer son « télégraphe parlant ».
Le secrétaire de la compagnie différa pendant deux ans la prise de rendez-vous, et prétendit finalement que l’on avait « perdu » le prototype.

En France le journal "Devoir du 19 April 2003" racconte aussi cette histoire


Antonio Meucci (né le 13 avril 1808 à San Frediano, un quartier de la commune de Florence en Toscane et mort le 18 octobre 1889 à Staten Island, aux États-Unis) est un inventeur italien, notamment connu pour la place d'inventeur du téléphone que quelques auteurs revendiquent pour lui.
Son rôle dans l'histoire du téléphone a été officiellement reconnu le 11 juin 2002 par la Chambre des représentants des États-Unis : « Expressing the sense of the House of Representatives to honor the life and achievements of 19th Century Italian-American inventor Antonio Meucci, and his work in the invention of the telephone. »

Antonio Meucci étudia la mécanique avant de travailler comme technicien dans différents théâtres jusqu’en 1835, année où il déménagea à Cuba pour continuer dans le théâtre.
Il inventa une méthode pour galvaniser le métal, qu’utilisa alors l’armée à Cuba. Il travailla aussi durant dix ans sur une méthode efficace de traitement de certaines maladies par électrochocs, puis, en 1849, imagina les bases du téléphone et développa un prototype, dont rien n'indique cependant qu'il fonctionnait.
Il partit en 1850 à New York pour promouvoir ses inventions, sans grand succès. C'est au cours de ces années qu'il construisit son prototype de téléphone, le Telettrofono.
Le 12 décembre 1871, il fonda la Telettrofono Company avec trois associés et, le 28 décembre, il protégea son invention par un « caveat», formule provisoire renouvelable et plus économique qu'un brevet.
En 1874, il serait rentré en contact avec la compagnie Western Union, dans l'espoir de voir son prototype développé et commercialisé, mais la compagnie ne donna pas suite.
Deux ans plus tard, en 1876, Bell déposa son brevet. Convaincu de s'être fait voler son invention, Meucci lui intenta un procès.
Deux procès suivront et le 19 juillet 1887, Bell en ressort vainqueur.
Deux ans plu stard en 1889 Meui décède dans une grande misére.

Aujourd'hui, son nom est plus généralement associé à celui du célèbre Garibaldi, dont il fut l'ami à partir de 1860.

La controverse de paternité
Jusqu'en 1989, personne n'avait jamais remis en question la paternité de Bell sur l'invention du téléphone. Cette année-là, Basilio Catania, ancien directeur général de la CSELT (l'agence de recherche et de développement des télécoms italiennes), découvre les travaux d'Antonio Meucci, alors qu'il est ingénieur du théâtre à Florence.
Basilio Catania théorise alors une éventuelle spoliation de Meucci par Bell.

L'appareil construit par Meucci, le Télettrophone, aurait bel et bien fonctionné. Il l'aurait réalisé, en 1850, pour communiquer entre son bureau et la chambre de sa femme, paralysée par des crises d'arthrite. En 1860, dix ans plus tard, il en aurait fait une démonstration à son ami Enrico Bendelari, et l'expérience aurait été relatée par un journal new-yorkais de langue italienne, L'Eco d'Italia.
En 1874 vint le moment de la prise de contact avec Edward B. Grant, vice-président de la Western Union Telegraph Company, en vue d'une démonstration. C'est à partir de ce moment-là que, selon Catania, la spoliation aurait commencé. Grant aurait offert à Meucci d'utiliser ses locaux et d'y entreposer son matériel, et lui aurait demandé d'examiner les plans de son invention. Une fois ceux-ci en sa possession, Grant aurait systématiquement repoussé la date de la démonstration.
Au cours des deux années qui suivirent, Meucci ne put jamais réaliser sa démonstration, et finit en 1876 par perdre ses droits sur son invention, ne pouvant, par manque de moyens, renouveler l'avertissement du brevet.
C'est aussi pendant ces deux années que "Bell aurait volé l'invention de Meucci", toujours selon Basilio Catania. Ce dernier met en effet en avant que Bell aurait travaillé dans le laboratoire où Meucci avait entreposé ses appareils.
En mars 1876, Graham Bell déposa le brevet du téléphone, puis expérimenta son appareil à l'exposition internationale de Philadelphie en 1876. Puis vint le grand succès de Londres où il installa un téléphone à la Chambre des communes. Les protestations de Meucci auraient dès lors été vaines, face à la richesse et à la puissance grandissante de Bell.

Pour soutenir cette thèse, B. Catania s'appuie également sur les travaux d'une commission d'enquête dont l'attention aurait été attirée par les plaintes de Meucci pour ententes illicites : il aurait existé une connexion secrète entre des employés de l'office des brevets et la compagnie de Bell. Et celle-ci s'était engagée à rétrocéder à la Western Union 20 % des bénéfices de l'invention, le téléphone.
La notoriété de Catania ancien Direteur Général de la recherche et développement des Télécoms en Italie, lui ouvre les portes des archives des laboratoires Bell. Il consulte des milliers de document et fait une étonnante découverte , un document de septembre 1885 qui est une traduction en anglais du carnet de note de Meucci !!!!
Dans ce document Meucci a représenté plusieurs lignes téléphoniques longues distance avec, à chaque extrémité un téléphone éléctromagnetique et sur la ligne une charge inductive. Cette technique est aujourd'hui connue sous le nom de pupinisation qui a été breveté en 1900 par M. Pupin
Catania trouve aussi d'autres documents attestant les travaux de Meucci dans le domaine de la téléphonie, et un dessin du peintre et sculpteur Nestor Corrali avec qui Meucci avait travaillé à Florence représentant deux hommes en conversation téléphonique.
Mais si cette controverse est ignorée de la communauté scientifique, elle a connu un certain écho dans le grand public, et en particulier chez la communauté italo-américaine de New York. Cent cinquante ans après l'arrivée de Meucci à Manhattan, cette communauté a finalement réussi à convaincre Rudolph Giuliani, maire de New York, de réhabiliter Meucci en faisant du 1er mai 2000, le Meucci Day. De surcroît, comme il est indiqué dans l'introduction, son rôle dans l'histoire du téléphone a été officiellement reconnu en 2002 par la Chambre des représentants des États-Unis. En France, cette thèse a également été médiatisée en 2007 par un journaliste, Jean-Baptiste Giraud.


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Retour à l'histoire, L'invention :
En 1845, Meucci a créé une petite entreprise de galvanoplastie de traitement d'objets métalliques, principalement commandées par l'armée coloniale espagnole.
Cette initiative lui a valu une petite fortune et la notoriété à La Havane.
Alors Meucci continu ses expériences et ses recherches sur l'électrothérapie, il effectue des traitements à base d'éléctricité sur ses patients.
En 1849, lors d'un traitement électrothérapique, le patient tient dans sa main une plaque de cuivre reliée aux fils, puis Meucci est allé dans une autre pièce ou il y avait l'instrument de régulation, c'est la que le patient introduit dans sa bouche la plaque de cuivre et se mis à hurler de douleur. Meucci dans l'autre pièce, a remarqué que le son de la voix du patient lui était parvenue plus clairement. Alors il mis son oreille sur l'instrument qui gérait l'intensité du courant et a constaté qu'il pouvait entendre la voix du patient à travers elle.

Tout est décrit dans ses notes


Extrait des notes de A Meucci : Figure 2 disposition
Les trois premières salles affichés en haut de la figure, faisaient partie de l'appartement de Meucci . Les batteries (environ soixante de piles Bunsen , donnant une tension d'environ 114 volts ) se trouvaient dans l'atelier ( montré sur le côté droit de la figure), qui communiquait avec l'appartement de Meucci par une porte et aussi avec la cour .
Le patient a été situé dans la première salle à gauche de la figure , tandis que Meucci était dans l'atelier . Le grand cercle dans la deuxième salle indique une bobine de fil .

La figure 17 de la déposition de Meucci
, reproduit ci-contre , montre plus en détail le schéma électrique de sa première expérience .


Croquis du tout premier système parlant
Ci contre la reconstitution donnée par le Musée Storico PT de Rome.

Meucci a été très impressionné par ce phénomène et a voulu répéter l'expérience. Pour éviter une nouvelle "décharche élécctrique", la plaque de cuivre fut isolée avec cône de carton, dans laquelle le patient pouvait parler librement.. Meucci dans l'autre pièce a constaté que la voix du patient lui était transmise à travers les fils de son installation.
La figure ci contre, montre la disposition de sa deuxième expérience .
Cette figure est similaire à l'autre, mais tournée de 90 ° , il est désormais plus évident que le patient ne soit pas traversé par le courant en disposant un cône de carton sur l'appareil ,
Dans une autre pièce Meucci dipose d'un appareil identique qu'il mis à son oreille.
Il put entendre la voix de son patient et l'a prié de répéter plusieurs fois, pour le convaincre que la parole lui est bien parvenue par les fils éléctriques.




Partant s'installer à New York en 1850, il continue à perfectionner ses prototypes

1852

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Meucci vers 1856 met au point la toute première installation qui fonctionne, qui reliait son laboratoire à la chambre de son épouse (cette dernière ne pouvait se déplacer car souffrant d'arthrite).


Meucci optient des résultats satisfaisants vers 1857 , quand il a construit un instrument électromagnétique ( Fig A reproduit à partir du " The Chicago Tribune » du 9 Novembre 1885) , dans lequel il a utilisé une barre en acier trempé "M" , magnétisée en permanence , et un bobinage de fil, qu'il a acheté chez Charles Chester , un fabricant d'instruments télégraphiques Centre St., New York. Le diaphragme de cet instrument a été faite d'une feuille de fer ou d'une membrane animale étirée portant un petit disque de fer collée au centre . L'intervalle d'air entre le diaphragme et le pôle inférieur de l'aimant peut être réglé au moyen d'une vis

En 1861, il publia un article présentant ses inventions dans L'Eco d'Italia , un journal de New-York en langue italienne;

En 1864
il concoit un nouveau modèle :
Ne trouvez vous pas que c'est exactement ce que BELL a reproduit 12 ans plus tard ?

Pendant les années qui suivirent, de 1856 à 1870, l'Italien conçut une trentaine d'appareils, tentant de perfectionner son invention. Toutefois, Meucci fit faillite dès la fin des années 1850, et sombra dans la pauvreté.

En 1870, parvenant à transmettre la parole à un kilomètre de distance, il baptisa son appareil le téléttrophone.


Un exemplaire (copie) du
téléttrophone.


Ce modèle est une copie du modèle construit en 1932 par la direction de Guglielmo Marconi alors président du Conseil national de recherches de l'Italie.

 

 



Modèle 1864

 


En décembre 1871, Meucci fonda la Telettrofono Company, déposant un avertissement de brevet (il s'agissait d'un système renouvelable moins onéreux que le dépôt d'un brevet) pour un « télégraphe parlant », auprès de l'Office des brevet des Etats-Unis.
En 1872, Meucci se rapprocha d'Edward Grant, vice-président de l'American District Company of New-York, lui demandant d'utiliser ses lignes de télégraphes afin de tester le téléttrophone. L'Italien donna aussi à Grant une description de son prototype ainsi qu'une copie de son avertissement de brevet. Mais deux années plus tard, comme l'entreprise n'avait pas donné suite, Meucci réclama qu'on lui rende ses documents ; toutefois, Grant affirma que ces derniers avaient été perdus.
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Et en 1880 dans le journal de "l'écho de l'Italie", Antonio Meucci fut proclamé le véritable inventeur du téléphone , et non pas Alexander Graham Bell.


1885

Vu dans la presse le « Chicago Tribune » du 9 Novembre 1885
Ce document est d'une importance capitale car elle éclaire la position des différentes parties impliquées dans l'enquête du gouvernement américain ( commencée le 9 Novembre terminée le 14 Novembre 1885), dont le but était de poursuivre , au nom des États-Unis , la Bell Telephone Company américaine et Alexander Graham Bell , en vue d'annuler le brevet Bell. Le travail et les revendications de Meucci sont largement traités dans le document " ..

 

Ce document a également été présenté , par la direction de Guglielmo Marconi , à l'Exposition « Un siècle de progrès » de Chicago , Mars 1933.

 

 

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Notes de B. Catania , Basilio Catania, ancien directeur général de la CSELT
J'imagine qu'aucun de vous peut se poser la question : « comment est-il possible que cette reconnaissance des mérites de Meucci s'avère beaucoup plus qu'un siècle après les événements qui établirent la priorité d'Alexander Graham Bell en ce qui concerne l'invention du téléphone et après la sentence condamnatoire de Meucci en 1887 ? »

Je pourrais vous répondre avec les mots d'un grand historien italo-américain, Giovanni Schiavo , qui définit la sentence condamnatoire de Meucci comme « indiscutablement une des plus éclatantes erreurs judiciaires dans les annales de la justice américaine" et comme "une des plus déshonnêtes sentences dans les annales d'Amérique et non seulement déshonnête, mais outrageusement offensive. » Mais je suis sûre que ça ne vous convaincrait pas. Naturellement M. Schiavo était correct et il supporta ses affirmations avec plusieurs argumentations légales. Mais, en effets, en ce qui concerne l'aspect technique, tout le monde pouvait bien penser que toute déclaration de M. Meucci faite en 1885, au procès qui le vit perdre, pourrait bien être influencée de la publication des deux brevets de M. Bell en 1876 et 1877.

Cependant, ce que M. Schiavo négligea fut le procès intenté par le Gouvernement des États-Unis contre M. Bell et la Compagnie Bell, qui avait précédé le procès contre Meucci de plusieurs mois et dans lequel le Gouvernement des États-Unis soutenait que M. Bell avait été précédé dans l'invention du téléphone par M. Meucci et par l'allemand M. Philippe Reis. En outre, le Gouvernement accusa la Compagnie Bell de jouer déloyalement en tentant d'obtenir, comme elle obtint, une sentence favorable a New York, tandis que les jeux plus importants se jouaient à Washington . Malheureusement, les avocats du Bell réussirent à traîner le procès pour une douzaine d'années jusqu'à novembre de 1897, quand, à cause des dépenses énormes supportées des deux parties, il fut décidé consentement de l'arrêter, sans vainqueurs ni vaincus.
La Compagnie Bell s'engagea de ne tirer profit de l'inaction du gouvernement américain et pourtant de ne pas soutenir que Bell était l'inventeur du téléphone, mais l'histoire n'a pas tenue en compte ces promesses . . . .

Permettez mois de vous montrer ce qu'un haut officier du Gouvernement américain avait déclaré en relation à M. Meucci :

. . . . Il y a des épreuves que, dès 1849, Antonio Meucci initia des expériences avec l'électricité, en relation à l'invention d'un téléphone parlant. . . . Jusqu'à 1871, . . . bien que très pauvre pour la majeure partie du temps, il construit plusieurs instruments de types divers, avec lesquels il conversa, dans sa maison, avec sa femme et beaucoup d'autres. . . . Son témoignage est appuyé de sa femme et des affirmations sous serment d'un très grand nombre de témoins [52].

Il y a d'autres déclarations semblables au moyen d'autres officiers du gouvernement américain qui montrent très clairement que le gouvernement était en faveur de Meucci . Pourtant, la Compagnie Globe Telephone, qui avait acquis les droits de Meucci sur le téléphone, pensa qu'il était mieux de supporter l'action du gouvernement à Washington, plutôt que contraster l'action de la Compagnie Bell à New York . Juste pour vous donner une idée de l'engagement de la Compagnie Globe dans les deux procès, il suffit vous dire qu'elle déposa seulement deux affirmations sous serment (ou affidavit) au procès de New York, tandis qu'à Washington, elle en déposa bien 52. J'ajoute aussi bien que la qualité de ces derniers affidavits était d'une très grande importance et qu'ils jouèrent un rôle fondamental dans l'attitude du gouvernement américain à faveur de M. Meucci .

Entre les 52 affidavits j'en ai choisi un qui a été pour moi très éclaircissant : il s'agit de l'affidavit de M. Michel Lemmi, un avocat de New York et bon ami de M. Meucci, qui fit la traduction en langue anglaise du cahier de laboratoire de Meucci, se bornant aux parties concernant le téléphone, mais en reportant dans son affidavit les dessins avec lesquels Meucci avait illustré ses expériences téléphoniques.
Le schéma de Meucci de 1870 illustrant la charge inductive des lignes téléphoniques longue distance

Voici ci-dessus, un de ces dessins , daté 27 septembre 1870. On peut y voir quatre dispositions de ligne à longue distance, avec des téléphones électromagnétiques aux deux bouts de la ligne. Les téléphones sont schématisés avec leurs éléments essentiels, c'est-à-dire : un électro-aimant avec noyau cylindrique ou bien a fer à cheval, un diaphragme, une chambre de vocalisation, une boîte. Les deux bouts de la bobine sont connectés l'un à la terre, l'autre à la ligne : rien d'extraordinaire, jusqu'ici, spécialement pour le schéma N. 1. La nouveauté de ce dessin se révèle dans les schémas N. 2, 3 et 4, car on y voit des inducteurs insérés au milieu de la ligne longue distance ou bien, selon le schéma N. 4, entre la terre et l'appareil transmetteur ou récepteur.

Et bien, cette technique est bien connue aux ingénieurs de télécommunication et est appelée, en Italie « pupinisation », par ce qu'elle fut brevetée par M. Pupin en 1900 et ensuite appliquée dans tout le monde, car elle permettait d'améliorer la qualité du signal téléphonique, à parité de distance, ou bien d'augmenter la distance, a parité de qualité du signal téléphonique. La chose étonnante de ce document est que M. Meucci avait découvert cette technique trente ans auparavant. Aussi bien en cas on ne voudrait pas croire à la date apposée par Meucci sur son cahier de laboratoire, on doit croire à la date apposée sur l'acte notarié de dit cahier, c'est-à-dire le 28 septembre 1885, laquelle est, en tout cas, antérieure de quinze ans à la date des brevets de M. Pupin .

Il s'agit, donc, d'un document indiscutable et qui révèle la créativité exceptionnelle de Meucci et, dans le même temps, contredit l'affirmation des avocats de la Compagnie Bell selon laquelle le cahier de laboratoire de Meucci était une tromperie. Il montre aussi que la sentence contre Meucci, où le juge Wallace l'accusa d'avoir expérimenté avec des téléphones mécaniques&emdash; comme ces-là des jouets des enfants &emdash;était injuste, car un inducteur inséré à moitié d'un fil quelconque qui joigne deux boîtes aurait empêché, pas amélioré, la transmission de la parole. Donc, M. Schiavo était correct : la sentence de M. Wallace était terriblement injuste. À partielle excuse de M. Wallace et des avocats de la Compagnie Bell, on pourrait dire que, en 1887, quand dite sentence fut émise, on ne connaissait pas du tout la technique de la charge inductive, donc, aucun d'eux ne pouvait apprécier la découverte de Meucci .

La découverte de l'affidavit de M. Lemmi provoqua un changement de direction de ma recherche. En effet, je commençais à penser qu'il pourrait exister, dans le cahier de laboratoire de Meucci ou dans autres documents, des notes sur autres techniques téléphoniques avancées dont la Compagnie Bell n'était pas encore au courant au moment du procès à New York . Il fut ainsi que je découvris quatre ultérieures importantes techniques :

--- Plusieurs structures de ligne pour améliorer la qualité téléphonique aux hautes fréquences,
--- Une disposition de circuit, dite « anti-locale », pour éliminer l'écho du parleur local,
--- La signalisation pour avertir l'appelé qu'on désire lui parler ;
--- Les moyens pour assurer le silence du milieu autour des parleurs.
Le détaille concernant ces dernières techniques est exposé dans mon papier sur ETT, la revue technique Européenne sur les Télécommunications, que les organisateurs de cette rencontre seraient heureux de vous donner.

B. Catania

 

Vous pouvez lire aussi l'article "ANTONIO MEUCCI, THE SPEAKING TELEGRAPH AND THE FIRST TELEPHONE" de Angelo J.Campanella

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SCIENTIFIC AMERICAN SUPPLEMENT NO. 520 NEW YORK, DECEMBER 19, 1885
Scientific American Supplement. Vol. XX, No. 520.
Scientific American established 1845


MEUCCI'S CLAIMS TO THE TELEPHONE.
Our readers have already been informed through these columns that, notwithstanding the refusal of the Attorney-General, Mr. Garland, to institute suit for the nullification of the Bell patent, application has again been made by the Globe Telephone Co., of this city, the Washington Telephone Co., of Baltimore, and the Panelectric Co. These applications have been referred to the Interior Department and Patent Office for examination, and upon their report the institution of the suit depends. The evidence which the companies above mentioned have presented includes not only the statement of Prof. Gray and the circumstances connected with his caveat, but brings out fully, for the first time, the claims of Antonio Meucci.

MEUCCI'S CAVEAT, 1871.
The latter evidence is intended to show that Meucci invented the speaking telephone not only before Bell, but that he antedated Reis by several years. In a recent interview with Meucci we obtained a brief history of his life and of his invention, which will, no doubt, interest our readers. Meucci, a native of Italy, was educated in the schools of Florence, devoting his time as a student to mechanical engineering. In 1844 he gave considerable attention to the subject of electricity, and had a contract with the government of the island of Cuba to galvanize materials used in the army. While experimenting with electricity he read the works of Becquerel, Mesmer, and others who treated largely of the virtues of electricity in the cure of disease. Meucci made experiments in this direction, and at one time thought that he heard the sound of a sick person's voice more distinctly than usual, when he had the spatula connected with the wire and battery in his mouth.

FIGS. 1 AND 2.-1849.
The apparatus he used for this purpose is shown in Fig. 1. It consists of an oval disk or spatula of copper attached to a wire which was coiled and supported in an insulating handle of cork. To ascertain that he was able to hear the sound, he covered the device with a funnel of pasteboard, shown in the adjoining figure, and held it to his ear, and thought that he heard the sound more distinctly.
These instruments were constructed in 1849 in Havana, where Meucci was mechanical director of a theater. In May, 1851, he came to this country, and settled in Staten Island, where he has lived ever since. It was not until a year later that he again took up his telephonic studies, and then he tried an arrangement somewhat different from the first. He used a tin tube, Figs. 3 and 4, and covered it with wire, the ends of which were soldered to the tongue of copper. With this instrument, he states, he frequently conversed with his wife from the basement of his house to the third floor, where she was confined as an invalid.


FIGS. 3 AND 4.-1852.
Continuing his experiments, he conceived the idea of using a bobbin of wire with a metallic core, and the first instrument he constructed on this idea is shown in Fig. 5. It consisted of a wooden tube and pasteboard mouth piece, and supported within the tube was a bundle of steel wires, surrounded at their upper end by a bobbin of insulated wire. The diaphragm in this instrument, was an animal membrane, and it was slit in a semicircle so as to make a flap or valve which responded to the air vibrations. This was the first instrument in which he used a bobbin, but the articulation naturally left much to be desired, on account of the use of the animal membrane. Meucci fixes the dates from the fact that Garibaldi lived with him during the years 1851-54, and he remembers explaining the principles of his invention to the Italian patriot.
After constructing the instrument just described, Meucci devised another during 1853-54. This consisted of a wooden block with a hole in the center which was filled with magnetic iron ore, and through the center of which a steel wire passed. The magnetic iron ore was surrounded by a coil of insulated copper wire. But an important improvement was introduced here in the shape of an iron diaphragm. With this apparatus greatly improved effects were obtained.


FIG. 5.-1853.
In 1856 Meucci first tried, he says, a horseshoe magnet, as shown in Fig. 6, but he went a step backward in using an animal membrane. He states that this form did not talk so well as some which he had made before, as might be expected.
During the years 1858-60 Meucci constructed the instrument shown in Fig. 7. He here employed a core of tempered steel magnetized, and surrounded it with a large coil. He used an iron diaphragm, and obtained such good results that he determined to bring his invention before the public. His national pride prompted him to have the invention first brought out in Italy, and he intrusted the matter to a Mr. Bendalari, an Italian merchant, who was about to start for that country. Bendalari, however, neglected the matter, and nothing was heard of it from that quarter. At the same time Meucci described his invention in L'Eco d'Italia, an Italian paper published in this city, and awaited the return of Bendalari.
Meucci, however, kept at his experiments with the object of improving his telephone, and several changes of form were the result. Fig. 8 shows one of these instruments constructed during 1864-65. It consisted of a ring of iron wound spirally with copper wire, and from two opposite sides iron wires attached to the core supported an iron button. This was placed opposite an iron diaphragm, which closed a cavity ending in a mouthpiece. He also constructed the instrument which is shown in Fig. 9, and which, he says, was the best instrument he had ever constructed. The bobbin was a large one, and was placed in a soapbox of boxwood, with magnet core and iron diaphragm. Still seeking greater perfection, Meucci, in 1865, tried the bent horseshoe form, shown in Fig. 10, but found it no improvement; and, although he experimented up to the year 1871, he was not able to obtain any better results than the best of his previous instruments had given.


FIG. 6.-1856.
When Meucci arrived in this country, he had property valued at $20,000, and he entered into the brewing business and into candle making, but he gradually lost his money, until in 1868 he found himself reduced to little or nothing. To add to his misery, he had the misfortune of being on the Staten Island ferryboat Westfield when the latter's boiler exploded with such terrible effect in 1871. He was badly scalded, and for a time his life was despaired of. After he recovered he found that his wife, in their poverty, had sold all his instruments to John Fleming, a dealer in second-hand articles, and from whom parts of the instruments have recently been recovered.


FIG. 7.-1858-60.
With the view of introducing his invention, Meucci now determined to protect it by a patent; and having lost his instrument, he had a drawing made according to his sketches by an artist, Mr. Nestori. This drawing he showed to several friends, and took them to Mr. A. Bertolino, who went with him to a patent attorney, Mr. T.D. Stetson, in this city. Mr. Stetson advised Meucci to apply for a patent, but Meucci, without funds, had to content himself with a caveat. To obtain money for the latter he formed a partnership with A.Z. Grandi, S.G.P. Buguglio, and Ango Tremeschin. The articles of agreement between them, made Dec. 12, 1871, credit Meucci as the inventor of a speaking telegraph, and the parties agree to furnish him with means to procure patents in this and other countries, and to organize companies, etc. The name of the company was "Teletrofono." They gave him $20 with which to procure his caveat, and that was all the money he ever received from this source.
The caveat which Meucci filed contained the drawing made by Nestori, and as shown in the cut, which is a facsimile, represents two persons with telephones connected by wires and batteries in circuit. The caveat, however, does not describe the invention very clearly; it describes the two persons as being insulated, but Meucci claims that he never made any mention of insulating persons, but only of insulating the wires. To explain this seeming incongruity, it must be stated that Meucci communicated with his attorney through an interpreter, as he was not master of the English language; and even at the present time he understands and speaks the language very poorly, so much so that we found it necessary to communicate with him in French during the conversation in which these facts were elicited.
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FIG. 8.-1864-65.
In the summer of 1872, after obtaining his caveat, Meucci, accompanied by Mr. Bertolino, went to see Mr. Grant, at that time the Vice President of the New York District Telegraph Company, and he told the latter that he had an invention of sound telegraphs. He explained his inventions and submitted drawings and plans to Mr. Grant, and requested the privilege of making a test on the wires of the company, which test if successful would enable him to raise money. Mr. Grant promised to let him know when he could make the test, but after nearly two years of waiting and disappointment, Mr. Grant said that he had lost the drawings; and although Meucci then made an instrument like the one shown in Fig. 9 for the purpose of a test, Mr. Grant never tried it. Meucci claims that he made no secret of his invention, and as instance cites the fact that in 1873 a diver by the name of William Carroll, having heard of it, came to him and asked him if he could not construct a telephone so that communication could be maintained between a diver and the ship above. Meucci set about to construct a marine telephone, and he showed us the sketch of the instrument in his memorandum book, which dates from that time and contains a number of other inventions and experiments made by him.
Meucci's "best telephone" of 1864-65 (The Electrical World, 28 November 1885)


FIG. 9.-1864-65.
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