Naissance du système Crossbar

Deux ingénieurs suédois, Gotthilf Ansgarius Betulander et Nils Palmgren, contribuèrent au perfectionnement des stations téléphoniques automatiques plus connues sous le nom de système Crossbar (barres croisées)


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GOTTHILF ANSGARIUS BETULANDER 1872-1941
Gotthilf Ansgarius Betulander est né à Lima, Dalarna et était le fils du leader de l'église Evald Betulander et Katarina Margareta Söderlund.
Marié à Anna-Lisa Johansson en 1893. Il a vécu dans les villages de Södertörn jusqu'à son décès. Betulander a été employé à la Telegrafverkets (télécom en suède) en 1891 où il a reçu une formation puis devenu contremaître en 1897, 1er dessinateur et ingénieur en 1901 , et ingénieur de fabrication au Département de génie de l'administration Telegraph de 1907 à 1937.
Entre 1905-1907, il était un expert au sein du Comité pour l'examen de l'archipel des publiphones, 1918 il est membre du conseil de génie électrique de l'Association suédoise Inventeurs, en 1910-1920 il est membre du conseil et directeur technique de AB Auto Betulander.
Betulander a déposé plus de 300 brevets sur des inventions de téléphonie automatisée, il a réalisé un travail important dans le développement des commutateurs automatiques de téléphones, il peut être considéré comme l'un des pionniers dans le domaine.
Betulander a d'abord conçu des systèmes téléphoniques automatiques avec un sélecteur pas-à-pas, mais il a ensuite basculé sur son système de relais, où la sélection est exclusivement faite à l'aide de relais.

Autotelefon Betulander a cessé ses activités en décembre 1919. Il décèdera en 1941
Bien que les sélecteurs Strowger, mis en exploitation en 1892, aient eu plusieurs avantages, surtout la facilité et la commodité d’exploitation, ils s’usaient assez vite et nécessitaient des soins perpétuels.
C’est pourquoi on continuait la recherche de solutions pour les dispositifs fixes garantissant la communication des abonnés et les spécialistes suédois Betulander et Palmgren commencèrent à chercher un remplaçant pour le sélecteur Strowger.

En 1900 , G. A. Betulander conçu un commutateur avec des sélecteurs rotatifs, qui a été exposé et démontré à l'exposition universelle, exposition universelle à Paris en 1900, où il a reçu une médaille d'or.
Après l'exposition, Betulander a installé l'interrupteur à Järla Nacka qui a été utilisé pendant de nombreuses années.


Premier commutateur


Centre téléphonique automatique de la construction de Betulander, exposé à Paris 1900, puis utilisé à Järla, Nacka., L'ancètre du cadran posé à coté du téléphone

Betulander a breveté plusieurs variantes sur les dispositifs d'impulsion (dans le téléphone avant l'invention du cadran) pour contrôler les relais dans les commutateurs.
Cet appareil, alors presque inconnu en France, mais employé sur une grande échelle en Suède, principalement pour les petits réseaux ruraux, si développés dans ce pays, mérite que nous en donnions aujourd'hui une description plus détaillée.

Nous ne parlerons ici que du modèle le plus récent, à batterie centrale intégrale (entre 1910-1912, c'est-à-dire ne laissant chez l'abonné absolument que son appareil et sa sonnerie, tout le reste du mécanisme, y compris les générateurs de courant, étant concentré dans le bureau central).
Pour éviter les erreurs possibles avec le système d'appel primitif dans lequel l'abonné appelant formait chiffre par chiffre, sur un cadran, le numéro de son correspondant et envoyait ainsi au bureau central des courants qui actionnaient les sélecteurs on a réalisé un poste où le numéro de l'appelé est formé en entier, d'une façon permanente, sous les yeux de l'abonné, au moyen de manettes rotatives et qui concernent chacune un chiffre : milliers, centaines, dizaines, unités.

Le seul fait de décrocher le récepteur produit l'appel, si la ligne appelée est libre ; sinon, l'appelant en est averti par un ronflement, mais l'appel reste valable et se produit quand la ligne devient disponible, par le seul fait que l'appelant n'a pas détruit la combinaison du numéro sur son poste, et décroche à nouveau son récepteur quand il juge à propos d'essayer à nouveau de communiquer.

Les organes essentiels du système Bétulander sont les sélecteurs dont il existe deux types : le plus simple, à un seul mouvement (ascension des palettes établissant les contacts avec les plots fixes du sélecteur), et l'autre à double mouvement (ascension et rotation simultanées de ces palettes).
fig 2
La figure 2 montre un panneau de poste central, où sont groupés des relais, des présélecteurs et des compteurs.

Nous allons étudier en détail ces organes, tant en eux-mêmes que dans leur installation au poste central.
Sélecteur à un seul mouvement.
— Ce sélecteur se compose d'une semelle S, sur laquelle est montée, au moyen d'un axe G, la partie mobile.
Fig 3 & 4
Celle-ci comprend deux électros A et B munis de leurs armatures, et une crémaillère H, susceptible d'un mouvement vertical.
Un troisième électro C, fixé à la partie inférieure de la semelle S, sert à faire basculer la partie mobile quand il est excité.
La crémaillère porte à sa partie supérieure trois doigts isolés correspondant aux lignes 1et 2, et à une troisième ligne de protection.
Quand C fait basculer la partie mobile du sélecteur, les doigts « ligne i » et « ligne 2 » s'écartent des contacts du tableau, mais la roulette de protection reste appliquée sur les lignes qui lui sont propres.
Quand le courant passe en B et l'excite, sa palette étant attirée applique le cliquet J sur la crémaillère, empêchant tout mouvement de descente de celle-ci.
Enfin, quand A reçoit du courant et attire sa palette, un cliquet K s'abaisse de la hauteur corres-pondant à une dent de la crémaillère, et H s'élève sous l'action des ressorts r dès que le courant a cessé.
Toutes les connexions du sélecteur aboutissent à des paillettes p qui s'appuient sur des lames à ressorts du tableau, quand le sélecteur est en place.
Ce fait, aussi bien que le mode de fixation du sélecteur sur le panneau (sans l'intermédiaire d'aucune vis), permet de remplacer un sélecteur en quelques secondes.Sélecteur de ligne à deux mouvements.
— Nous retrouvons sur le schéma de cet appareil (fig; 4) la semelle S, les électros A, B, C, les paillettes p et les ressorts r du sélecteur à un seul mouvement.
Mais la crémaillère H est différente : elle est solidaire d'une tige cylindrique T, portant à sa partie supérieure une rampe hélicoïdale U, dans laquelle peut se mouvoir, au moyen d'un galet, 1'équipage mobile portant les doigts de contact et la roulette de protection.
Cet équipage est monté sur une tige D, qui coulisse dans les bras de la crémaillère H. Quand C est excité, toute la partie mobile du sélecteur pivote autour de l'axe G, éloignant ainsi des touches du tableau les contacts des lignes i et 2, la roulette de protection restant seule en prise.
Si un courant traverse B, sa palette attirée fixe, par le cliquet J, le cran d'arrêt sur la crémaillère.
Dès que A reçoit du courant, à son tour il appelle sa palette, le cliquet K engage une dent et, à la rupture du courant dans A, les ressorts antagonistes r font monter H d'un cran ; par suite, T et U subissent le mouvement ascensionnel en forçant l'équipage mobile à se déplacer vers la droite.

— (Schéma d'un panneau de tableau pour 1000 abonnés, montrant la communication entre les numéros 937 et 309 )

Quand la première série d'émissions a cessé, les trois électros A, B, C abandonnent, leurs palettes et les doigts du sélecteur s'appliquent sur le tableau. Mais en même temps, la crémaillère latérale Q, taillée sur H, et qui a monté avec elle, permet à une palette L de s engager.
Donc, quand la deuxième série d'émissions aura lieu, la palette de l'électro B rendra solidaires (par l'intermédiaire du talon P qui appuiera sur L) la crémaillère H et la tige D ; par conséquent, 1'éleetro A élèvera en même temps la rampe U et l'équipage mobile.
Poste d'abonné. fig5
— Un poste normal comprend, quatre manettes : unités, dizaines, centaines, milliers; au delà de 10000 abonnés, il faudrait cinq manettes.
Pour simplifier la figure 5, nous avons pris le poste de 100 lignes, a deux maneites, seulement, et M2 ; ces manettes sont solidaires des disques numéroteurs Di et D2, fous sur un arbre A.
Sur l'arbre A et en son milieu est fixé un secteur denté S qui engrène avec un pignon P monté sur une boîte à ressort B.
L'axe de cette boîte porte un bras B sur lequel sont montées les paillettesde lignes p, lesquelles, tournant avec le bras, frottent sur les contacts F disposés circulairement sur un disque isolant 1 renfermant la boîte B.
Enfin, un régulateur centrifuge R règle le mouvement de rotation.
La manette du disque D, porte un cliquet C qui se met en prise avec un disque d'armement E solidaire de A.
Donc, en abaissant la manette de Dl, le secteur S, agissant sur P, bande le ressort du mouvement, et aussitôt Dj se retrouve fou sur son arbre.
L'abonné peut donc composer son numéro, en amenant les manettes en regard des chiffres voulus sur la face antérieure de son poste .
Cette manœuvre a pour but de faire tourner les disques D, et D2 entre des paillettes de contact F, reliées électriquement aux plots du disque I. Suivant le chiffre adopté pour chaque disque, le nombre correspondant de paillettes F se trouve en court-circuit avec la masse de celui-ci, et par suite ferme le contact de terre au passage du bras rotatif B.
Tout le système est déclenché dès qu'on enlève le récepteur de son support, et les pièces déplacées, sous l'action des ressorts Z, reviennent à leur position initiale quand on opère la manœuvre inverse.Schéma de principe du fonctionnement d'un poste central.

— Nous décrirons le fonctionnement pour une station centrale de 1 000 abonnés, en prenant deux abonnés quelconques :
par exemple, le n° 937 appelant le n° 309.
Au poste central (fig. 2 et 6), chaque abonné possède un relais (électros M, N, P, R), un présélecteur avec ses électros A, B, C, et enfin un compteur de communications K.
Les nombres des sélecteurs de groupe et de ligne sont déterminés d'après la densité du réseau (en général, on en installe 10 % du nombre des abonnés).
Toute l'énergie nécessaire est fournie par le bureau central au moyen d'une batterie Z et d'un alternateur I, celui-ci fournissant du courant alternatif pour les appels par. sonneries polarisées, tandis que la batterie suffit à tous les autres besoins.
La batterie Z est divisée en deux parties, d'où partent les lignes +/-, + et -. ,
Le poste d'abonné, comporte des disques numéroteurs a, b, c, commandés par les manettes dont nous avons parlé, et permettant la formation du numéro à composer, soit ici le 309 ; puis un appareil parleur-récepteur combiné, avec crochet commutateur, et une sonnerie polarisée.
Les contacts des disques a, b, c (fig. 6) aboutissent à des plots fixes disposés circulairement, et sur lesquels vient frotter un balai rotatif d, mis en mouvement par le fait qu'on enlève le récepteur du crochet commutateur.
Dès que la rotation de d commence, la ligne a est d'abord mise à la terre, ce qui actionne les électros N et R ; puis la ligne 1 est mise à la terre une fois, actionnant ainsi les électros M et P du relais, et par suite les trois électros A, B, C, du présélecteur.
Quand la rotation continue et que la ligne 2 seule reste à la terre, l'électro A, n'étant plus excité, fait monter la crémaillère d'une dent, et :
1° Si la première ligne est libre, C étant également privé de courant laisse le présélecteur s'appuyer sur les lignes du tableau
2° Si la première ligne est occupée, C reçoit un courant de terre par la roulette de protection G du présélecteur occupant cette ligne, et par suite le présélecteur considéré reste soulevé.
Une nouvelle émission du poste répétera les opérations précédentes jusqu'à l'obtention d'une ligne disponible.
A ce moment, les lignes 1 et 2 sont coupées d'avec la terre ; donc l'électro B à son tour abandonne sa palette.
La ligne 2 se remettant à la terre, nouvelle action sur les électros N et R du relais, B du présélecteur, et B du sélecteur de groupe correspondant à In ligne libre déjà trouvée par le présélectellr.
Quand la ligne 1 est mise à la terre par le poste, M et P du relais sont excités, ainsi que A et C du sélecteur de groupe.
La rupture se fait ensuite entre la ligne 1 et la terre; A du sélecteur n'étant plus excité, la crémaillère monte d'une dent, laissant B et C excités.
Le même fait se reproduit quatre fois, puisque le premier disque numéroteur a du poste 937 met quatre fois la ligne 1 à la terre.
Puis, les deux lignes étant séparées de la terre, le sélecteur de groupe s'appuie sur la ligne 3.
Les opérations précédentes se répètent pour les deux autres disques numéroteurs, actionnant cette fois le sélecteur de ligne, lequel est à deux mouvements.
Dans le cas présent, le disque b aura pour but de l'orienter vers la droite pour trouver la colonne o ; et le disque c aura pour but de le faire monter dans cette colonne pour obtenir le chiffre 9.
Le branchement est donc ainsi établi entre les abonnés 937 et 309.
L'appel se fait chez l'abonné 309 quand, par la rotation de d, la ligne 2 du poste 937 se trouve seule mise à la terre, et finalement la conversation peut avoir lieu.
Si la ligne demandée avait été occupée, la roulette de protection Gt du sélecteur de ligne aurait reçu un courant qui aurait maintenu excité son éleclro C, empêchant ainsi le sélecteur de s'appuyer sur les lignes du tableau.
Donc, le branchement n'étant pas opéré, l'abonné 937 n'aurait pu écouter la communication en cours du poste 309, et, d'autre part, il aurait été averti, par un « ronlleur », de l'occupation de la ligne.
Dès que l'abonnné 309 décroche son récepteur, le compteur de l'appelant (937) a son électro excité, ce qui enregistre la communication obtenue.
Enfin, en raccrochant son récepteur, l'un ou l'autre des deux abonnés en communication met la ligne i à la terre, ce qui a pour effet d'exciter tous les électros B et C des sélecteurs ayant fonctionné précédemment, et de ramener ainsi tout le système à la position de repos.


Parmi les particularités du fonctionnement du commutateur Bétulander, qui peut, bien entendu, s'adapter à tous les groupements d'abonnés, depuis une dizaine jusqu'à un nombre illimité, nous signalerons seulement celles-ci :
1° secret absolu des communications ;
2° tout appel suivi d'un signal d'occupation de la lignesubsiste et peut se faire dès que la ligne est disponible, sans aucune autre demande;
3° soulèvement de la partie mobile des sélecteurs pendant leur mouvement, ce qui supprime tout frottement sur les contacts, évitant ainsi l'usure.
Ajoutons que l'encombrement des panneaux de sélecteurs, dont l'épaisseur est minime, est très restreint et qu'on peut desservir des milliers d'abonnés avec un bureau dix fois moins vaste que les bureaux manuels et dont les frais pèsent lourdement sur les budgets des administrations téléphoniques.


Société des Téléphones Automatiques (Systeme Betulander) action de 1000 Fr vers 1910

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NILS PALMGREN
avait un peu plus de 20 ans lorsqu'il était employé par la société de développement AB Autotelefon Betulander.

Dans les années 1900 Lorsque le jeune ingénieur télécoms se promenait un soir, il eut soudain une vision de la façon dont dix lignes téléphoniques entrantes dans un central téléphonique pouvaient être mises en contact avec 100 lignes sortantes.
De retour à la maison, il a fait un croquis de ce qu'il avait imaginé.
L'esquisse était d'importance historique, car elle a abouti au principe de commutation, savoir comment il est possible de se connecter et d'utiliser au maximum toutes les lignes sortantes disponibles.
Ce principe sera ensuite utilisé dans le système de commutation crossbar et plus tard dans les systèmes électroniques.

En 1905, le compatriote de Betulander et Palmgren, Ericson, proposa la création d'un système à relais , une proposition qui était bien en avance sur son temps. Ces études ne furent pas appliquées en pratique mais ils sont devenus la base de tous les systèmes à barres croisées qui suivirent.

Vers 1910, G.A Betulander obtient un congé du Telegraph Administration, il créé sa propre société, AB Autotelefon Betulander, avec une usine à Stockholm Suède.

 

Pour commencer N Palmgren, a travaillé sur des conceptions de sélecteur mécanique et il a été jugé souhaitable de les transformer en petits sélecteurs de capacité limitée et de construction simple pour assurer un fonctionnement suffisamment bon et fiable.
Afin de pouvoir les employer dans de grands systèmes, il y avait développé un principe entièrement nouveau, qui était important pour l'avenir, un système avec des commutateurs primaires et secondaires et des relais pour mettre en liaison.
Grâce au principe du système de liaisons par relais, la compagnie Betulander s'est rapidement consacrée uniquement à la construction de tels systèmes.

Le principe de la commutation croisée a été breveté en 1912 par Palmgren et Betulander.

Un premier centre a été construit à Londres en 1914

Ci dessous, Plans d'organisation du fonctionnement.

A droite le diagramme pour un tel système, qui était également utilisé par la firme anglaise Relay Automatic Telephone Co. Ltd,
...
Voici les principes exposés, pour aller plus dans le détail, vous trouverez en libtairie et sur le net toutes sortes d'informations.

Par la suite Palmgren a été employé par Ericson, où il a travaillé jusqu'à sa retraite à des postes qui comprenaient le directeur du laboratoire de la station téléphonique. Palmgren reçut plusieurs récompenses pour ses contributions, dont le bronze en 1941 et la médaille d'or en 1946.
En 1950, il reçut la médaille d'or de la Société suédoise d'ingénierie et cinq ans plus tard le prix d'argent, la plus haute distinction d'Ericson.
Nils Palmgren était une personne calme qui trouvait facile de travailler avec les autres.
Sa timidité le rendait réticent à parler de ses propres contributions. Il est décédé en janvier 1975 à l'âge de 75 ans.


Betulander et Palmgren ont demandé un brevet en 1919 pour un interrupteur à bras horizontaux et verticaux qui contrôlait directement un groupe fixe de ressorts de relais au point d'intersection.

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Par ailleurs en Mai 1913 , l’Américain John Reynolds dépose une demande de brevet de commutateur à barre transversale

La caractéristique de l'appareil est un système électromagnétique qui, par l'action des barres horizontales et verticales, actionnées par des relais de façon directe et rapide, réalise une serie de contacts aux points d'intersection.

Les raisons pour lesquelles le design Reynolds quand il est apparu ne rencontrait pas beaucoup d'intérêt semble avoir été nombreux :
- De gros capitaux ont été investis dans le développement et la fabrication de sélecteurs mécaniques type Strowger et Rotary.
- le sélecteur Reynolds,selon les spécifications de brevets, était plutôt compliqué et probablement coûteux à fabriquer, comparé aux sélecteurs mécaniques.
- La vitesse de fonctionnement ne semble pas avoir été excellente.
Reynolds a conçu son «interrupteur crossbar» comme un sélecteur et il ne semble pas avoir eu accès à tout les moyens avec lequel il était possible économiquement d'exploiter ce commutateur.

En 1915 pour la Western, Reynolds dépose un brevet 1306124 .
Il n'y eut pas de suite,
Les reherches et améliorations Betulander se poursuivent.

Le brevet est déposé le 17 avril 1914 aux USA et est validé le 24 juillet 1917

Brevet de 1917 poste
La technique sera toutefois longue à mettre au point, d'autant que tous les efforts mondiaux de recherche et de développement se concentraient déjà presqu'exclusivement sur le développement des systèmes à organes tournants.
Les premiers prototypes de sélecteurs à barres croisées seront techniquement affinés et réellement opérationnels en Suède à partir de 1919.

En 1919, Betulander perfectionna cette construction, créant le sélecteur crossbar qui fut utilisé dans les stations téléphoniques automatiques à partir du milieu des années 1920. Le crossbar fut une version aboutie et modernisée de l’invention de Reynolds.

Betulander fut aussi parmi les premiers à formuler le concept de commande indirecte avec l’utilisation du régistre de mémoire.
Déjà en 1919, la Betulander Company construisit quelques petites stations automatiques à barres croisées, qui se firent une bonne réputation.

Usine Kungliga
C’est à cette époque-là que la première station téléphonique automatique à barres croisées fut ouverte à Göteborg, en honneur de 300e anniversaire de la ville.

À la fin de 1919, la petite entreprise Nay Autotelefon Betulander a été rachetée par Ericsson en échange d'un paiement en espèces et d'un accord de redevances sur les ventes à Televerket, indépendamment du fait que les systèmes proposés par Ericsson soient basés sur le système Betulander et Palmgren.
Mais l’année suivante, Televerket a choisi le commutateur AGF 500 pour les équipements automatisés à Stockholm et à Göteborg.

Après la vente de son entreprise, GA Betulander a repris son emploi chez Televerket, où il a été chargé de concevoir une station pour Sundsvall sur la base de son commutateur crossbar, mais sans les liens envisagés pour compliquer le calcul du taux d’achèvement des appels pourtant nécessaires pour rendre le système compétitif pour les grandes stations. La station a été mise en service en 1926.

Le central de Sundsvall, 3500 abonnés en 1926

Modèle de Sélecteur Crossbar (Tekniska musée)

Depuis 1930, les centraux téléphoniques automatiques furent construits en Suède par ERICSON sur la base de cette technique.

Plus de mille stations de ce type sans liens ni balises ont été fabriquées et installées par Televerket au cours des deux décennies suivantes.
La technologie de commutation crossbar a donc survécu en tant que système pour les stations téléphoniques en Suède, car elle est devenue la norme établie pour les stations de petite et moyenne capacité.

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La nouvelle technique dite « crossbar » est très prometteuse. Cette fois, ce ne sont plus des organes tournants comme sur le Rotary qui assurent les connexions, mais des barres croisées, d’où le nom de crossbar.
Le sélecteur est constitué de barres verticales associées aux lignes entrantes et de barres horizontales associées aux lignes sortantes.
Les barres, actionnées par des électro-aimants en fonction de l’appel, établissent le contact à leur intersection.
Cette nouvelle technique est plus souple d'exploitation, notamment en ce qui concerne le montage des multisélecteurs, ce qui permet de réaliser, par groupement et multiplage, le raccordement de nombreuses lignes entrantes à un nombre important de lignes sortantes.
Sa simplicité permet une diminution des coûts d’entretien.
Ces nouveaux Commutateurs sont tous équipés dès leur première mise en service d’Enregistreurs et de Traducteurs de numérotation qui constituent l’Organe de Commande du Commutateur.
Avec des capacités de l’ordre de 10 000 lignes, les systèmes de commutation automatique se perfectionnent et se répandent dans le monde entier.
La proportion d’appareils automatiques passe de 15% en 1925 à 77 % en 1955.
Ce système connaît son apogée dans les années 1960 / 70
.

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Il y eut aussi un système ne comportant que des relais, inventé aussi par les deux suédois Betulander et Palmgren .
C'était un système à commande directe, La première idée fut de séparer le circuit de selection de celui de connexion.


L'organe de séléction reçoit les impulsions du cadran d'appel et cherche la ligne demandée, ne reste établie que pendant la durée de fonctionnement de es organes. Dès que le demandé est trouvé la connexion est établie par l'organe de connexion et l'organe de selection est libéré.
La deuxième idée est que tous ces organes sont constitués de relais de type uniforme (sauf le nombre de contact différe).
Le premier centre de démonstration de 100 lignes d’abonnés a été présenté à Marconi House à Londres en 1913
Televerket (PTT Suédois) en a conservé les droits en Suéde, mais a vendu les droits à une société anglaise The Relay Automatic Telephone Co Ltd. Mais dans l'ensemble, le système était limité à l'utilisation de PABX.
Il sera installé à Fleetwood Angleterre en 1922, Lancs, en Inde et en France à Biborel (seine maritime) en zone rurale, puis à Fontainebleau en 1927 .
Système
capable de gérer jusqu'à 1000 abonnés, à Fontainebleau il s'avèrera trop coûteux et trop complexe à entretenir et à faire évoluer. Il sera finalement remplacé en 1943
.

«Les techniciens de l'époque considéraient cette technique de connexion étrange et compliquée. Et ce préjudice était assez naturel car il n'existait pas de méthode scientifique et fiable pour calculer la capacité de traitement du trafic des systèmes connectés par liaison.
Ils craignaient également que des défauts de relais occasionnels dans les marqueurs communs ne provoquent un arrêt total des opérations, une condition d'autant plus critique qu'il s'agissait de choisir un système d'échange avec un grand nombre de lignes.
Il y a très peu de documents sur ce système, cependant j'ai fini par trouver quelques pages d'explications dans le livre "La téléphonie automatique" par H.Milon de 1926.

D'autres brevets de Betulander dont le modèle de téléphone avec des touches en 1918, étonnant !!

Brevets1918 1933 1942

Lorsque le système téléphonique suédois a été automatisé, le crossbar a été utilisé en parallèle avec le système 500 switch d'Ericson.

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En France :
L'administration souhaite faire évoluer le réseau téléphonique français en l'équipant de nouvelles machines améliorées par rapport aux commutateurs à organes tournants dont les capacités d'écoulement de trafic demeurent assez limitées.
Le Conseil Technique des PTT réuni en séance rend alors un avis le 26 février 1953 demandant d'étudier les dispositions envisagées dans les systèmes à barres croisées, pour en tirer tous les enseignements possibles.-
Avril 1954 deux Commutateurs téléphoniques à barres croisées sont commandés pour expérimentation en grandeur nature.-
- Un Commutateur prototype PENTACONTA de 2.500 lignes est mis en exploitation à Melun le 23 juillet 1955 (jusques au 30 juillet 1975).
- Un Commutateur prototype CP400 de 2.000 lignes est mis en exploitation à Beauvais le 31 mars 1956 remplacé après Octobre 1985

- Après les premières études menées sur ces deux prototypes, le Conseil Technique des PTT, dans sa séance du 10 juillet 1957 propose à M. le Ministre des PTT de commander des Commutateurs CP400 et PENTACONTA pour commencer progressivement le déploiement en province.
- Après mise en exploitation d'une présérie en 1960 de Commutateurs PENTACONTA et d'une présérie de Commutateurs CP400, le Conseil Technique des PTT émet le 16 novembre 1960 l'avis définitif suivant :
- de cesser au plus vite toute commande de nouveau Commutateur à organes tournants
- d'adopter au plus vite :
1 - Le système CP400 pour les réseaux locaux et ceux de province de structures relativement simples.
2 - Le système PENTACONTA, version de grande capacité pour les réseaux complexes, comme Paris et la première couronne, les grandes métropoles comme Marseille et Lyon, ou encore Nice - Côte d’Azur.-
multisélecteur PENTACONTA à 14 barres horizontales.

Après ces deux premiers prototypes et quelques préséries, les Commutateurs téléphoniques crossbar français sont normalisés en 1963 sous l'autorité de la SOCOTEL et prêts pour un déploiement massif en France jusqu'en 1994.
Les différenys systèmes électromécaniques à barres croisées – type crossbar -déployés en France sont les suivants :

-CENTRAL AUTOMATIQUE TOUT RELAIS (prototype),
-PENTACONTA type 500 (prototype),
-PENTACONTA type 1000 A,
-PENTACONTA type 1000 B (dont CT4 et CT4 CIA),
-PENTACONTA type 1000 C (GCI),
-PENTACONTA type 2000,
-CP400-BEAUVAIS (prototype),
-CP400-PÉRIGUEUX (présérie),
-CP400-ANGOULÊME,
-CP400-TROYES,
-CP400-BOURGES,
-CP400-BRIE-COMTE-ROBERT (prototype),
-CP400-AJACCIO,
-CP400-CT4,
-CP400-CIA,
-CP400-CUPIDON,
-CP400-POISSY,
-CP400-GCU,
-CP100.
Entre 1300 et 1500 commutateurs crossbar seront déployés en France
- Le dernier Commutateur Crossbar de France est commandé en 1979 et les dernières extensions également.
- Une partie des Commutateurs crossbar les plus récents et ceux qui ont été conservés en exploitation le plus longtemps ont été équipés de détecteurs de numérotation à Fréquences Vocales (DTMF) par clavier.
- Il est décidé que les types de Commutateurs Crossbar les plus anciens et les plus primitifs seront démontés en 1984-85 juste avant le passage à la Nouvelle Numérotation à 8 chiffres du 23 octobre 1985, tandis que les types les plus perfectionnés seront, eux, adaptés au nouveau plan de numérotage moyennant adaptations pouvant aller jusques à l'électronisation de leur Unité de Commande initialement construite en technologie purement électromécanique (à relais)
- Le dernier Commutateur d'abonnés Crossbar de France, un Pentaconta 1000 est désactivé à Givors (LZ23) le 6 décembre 1994.
- Il a existé en France, à partir de 1966, au moins 185 Commutateurs électromécaniques crossbar mobiles, en remorques. Ils étaient destinés aux dépannages en cas de sinistres des installations de télécommunications.


1994 Le dernier central crossbar français, Givors, est basculé sur un central électronique fin 1994.

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