INTRODUCTION
Jusqu'à 1890. - Cette période
comprend toute la série des tentatives et la transformation
incessante des méthodes techniques par lesquelles dès
la première connaissance des phénomènes électriques
il a été possible de fixer les grandes lignes de ce
qui deviendra plus tard la l'industrie électrique moderne.
Il est particulièrement important de suivre les phases de
cette évolution pour comprendre pour quelles raisons la technique
définitive s'est établie sur certains préceptes
plutôt que sur certains autres, quelles sont les difficultés
rencontrées, quelles sont les raisons des nombreuses tentatives. |
Définition du terme "Télécommunications"
Le terme télécommunications n'a été
défini officiellement, pour la première fois, qu'à
la conférence internationale de Madrid en 1932. « Toute communication télégraphique ou téléphonique de signes, de signaux, d'écrits et de sons de toute nature, par fil par radio ou autres systèmes ou procédés de signalisation électriques ou visuels (sémaphores) ». La conférence de Madrid, qui fut la dernière conférence de plénipotentiaires avant la Seconde Guerre mondiale, marque la fin d'une époque, c'est-à-dire celle d'une période d'une cinquantaine d'années qui avait vu le développement du télégraphe, l'avènement et l'expansion prodigieuse du téléphone, puis l'apparition des radiocommunications. C'est en 1947, à Atlantic City, aux États-Unis,
que se tint la première grande conférence internationale
de l'après-guerre. Le contenu d'une télécommunication peut donc être pratiquement de n'importe quelle nature, mais le moyen de transmission doit être de type électromagnétique, ce qui est d'ailleurs très vaste, puisque l'on sait, depuis Maxwell, que les ondes électromagnétiques englobent l'électricité et l'optique. Une transmission par vole acoustique n'est donc pas, à proprement parier, une télécommunication. |
sommaire
COMMUNIQUER
Le télégraphe
optique, fut pendant un siècle, le premier système
de télécommunications digne de ce nom. Le plus connu et le plus utilisé fut celui du français Chappe (1792). Quant à la transmission directe de la parole elle-même, elle fut toujours utilisée malgré l'obstacle de la distance. Si l'on entend par téléphone tout appareil propre à transmettre un son au loin, la téléphonie a existé de tout temps. A la rigueur, on pourrait dire que crier c'est téléphoner, de telle sorte que les Gaulois employaient la téléphonie, d'après le témoignage de Jules César qui a été cité dans le chapitre précédent au sujet des premières transmissions rapides. Les historiens rapportent qu'Alexandre le Grand se servait d'un cor gigantesque pour appeler ses soldats et donner des ordres à ses troupes éloignées; c'était encore là de la téléphonie rudimentaire. Les cloches, les tambours, les clairons sont des instruments téléphoniques. Les coups de canon sont des moyens de téléphoner. Certaines dispositions particulières peuvent fournir à deux personnes éloignées la faculté de s'entendre l'une ou l'autre en causant à voix basse. Dans une des salles du Conservatoire des arts et métiers, à Paris, deux visiteurs peuvent, grâce à la forme de la voûte, converser en parlant bas dans les deux angles diagonalement opposés. |
Dans la salle
des antiques du musée du Louvre, on a placé deux coupes
gigantesques en marbre; quoique ces coupes soient séparées
par toute la longueur de la salle, on entend très distinctement,
en écoutant dans l'une, les propos tenus àvoix basse
dans l'autre. Le porte-voix est aussi un téléphone. Il se compose d'un tube de fer blanc légèrement conique, terminé à l'une de ses extrémités par un large pavillon, à l'autre par une embouchure à laquelle les lèvres peuvent s'adapter exactement, de manière que les sons émis soient entièrement recueillis par l'instrument. En suivant le tube, les ondes sonores prennent des directions divergentes et se transmettent au loin. Avec un bon porte-voix, on peut, quand l'atmosphère est tranquille, se faire entendre à plus de deux kilomètres. ![]() Je vous recommande l'excellent ouvrage "L'ACOUSTIQUE par Rodolphe Radau Librairie Hachette 1870" qui permet de comprendre ou en était les recherches sur la transmission du son, à quelques années de cette fabuleuse découverte " Le téléphone" Magnétique ". |
Nous savons qu'en 1782
un jeune bénédictin, Dom Gauthey, imagina un
moyen de correspondre, entre deux points éloignés, au
moyen de tubes métalliques dans lesquels la voix se propageait
sans perdre sensiblement de son intensité. Les expériences que fit l'inventeur constituent le premier essai de téléphonie. On doit même dire que l'on n'accorda pas à ces expériences tout le crédit et toute l'attention qu'elles méritaient : on jugea qu'elles ne comportaient rien de pratique, et peut-être on se trompa. La vérité, c'est que, dans des tubes métalliques, convenablement construits et établis, non seulement les sons émis ne perdent rien de leur intensité en parcourant une distance considérable, mais encore cette intensitéaugmente. C'est ainsi, par exemple, que si l'on tire un coup de pistolet à l'une des extrémités d'un tube de cent mètres de longueur, on entend à l'autre extrémité une détonation comparable à celle d'un coup de canon. C'est ainsi que le mouvement d'une montre à peine sensible à l'oreille à une distance d'un mètre se perçoit très nettement au bout d'un tuyau métallique de seize mètres de longueur, sans que la montre touche la paroi de ce tuyau. On a pu communiquer, en parlant à voix basse, de l'une à l'autre des extrémités d'un tube de deux cents mètres de longueur, |
dont les diverses portions
étaient mal jointes et formaient onze coudes à angle
droit; on a constaté, de plus, que les bruits extérieurs
ne nuisaient en rien à la netteté de la perception des
sons. Ces observations ont conduit à l'invention des téléphones d'appartement et d'administration, qui consistent en des tubes allant d'une pièce à une autre et permettent à des personnes séparées par un plancher ou par un mur de communiquer sans se déranger. ![]() Dans l'air, le son se propage beaucoup moins loin que dans des conducteurs tabulaires ; on a cependant enregistré des cas où des bruits ont été perçus à des distances considérables. |
Pendant
la traversée d'Amérique en Europe, le docteur Arnoldt
entendit à bord du paquebot le son des cloches. Il crut à une illusion, car on était à cent lieues de la côte ; mais, plus tard, il apprit qu'au jour même et à l'heure exacte où il avait perçu les sons, il y avait eu à Rio-Janeiro un branle-bas de cloches à l'occasion d'une fête publique. Il chercha alors l'explication du phénomène, et il la découvrit : au moment de l'audition, il se prouvait placé au foyer d'une voile rendue concave par une forte brise de terre; la brise avait poussé le son vers le navire, où il avait été recueilli dans le creux formé par la voile. En se fondant sur ce fait et sur d'autres analogues, le docteur Arnofdt proposa l'établissement de lignes télégraphiques à langage parlé ; en d'autres termes, de lignes téléphoniques. L'appareil dont il recommandait l'emploi consistait en un miroir métallique concave, placé sur une éminence de terrain à l'une des extrémités de la ligne, et en un grand porte-voix parabolique installé à l'autre extrémité, la distance entre les deux postes étant de plusieurs lieues. |
En
se plaçant au foyer du miroir, disait-il, les sons envoyés
par le porte-voix devaient être parfaitement distincts. Ce système de correspondance est-il pratique ou ne l'est-il pas, on l'ignore, attendu qu'il n'a été l'objet d'aucune expérience; s'il l'était, il aurait le grand mérite, de pouvoir être utilisé n'importe où et à peu de frais. François Sudre, professeur à l'école de Sorèze, passa six années de sa vie, de 1817 à 1823, à établir une langue musicale universelle, qui devait servir, entre autres applications, à la téléphonie. En 1827, il présenta à l'Institut un mémoire qui fut l'objet d'un rapport très flatteur. L'auteur, était-il dit dans ce document, avait parfaitement atteint le but qu'il s'était proposé; il avait créé une véritable langue musicale, qui offrait aux hommes un nouveau moyen de se communiquer leurs idées et de se les transmettre à des distances éloignées. |
sommaire
FRANÇOIS SUDRE ET LA TÉLÉPHONIE
MUSICALE
C'est en combinant
de manières diverses les sept notes de la gamme que
Sudre était parvenu à exprimer toutes les idées.
En somme, le professeur de Sorèze recourait, comme Chappe, à des signes conventionnels; mais, au lieu de rendre ces signes visibles à l'oeil, il les rendait perceptibles pour l'oreille. Des expériences eurent lieu par ordre du ministère de la guerre et du ministère de la marine. On fit évoluer une escadre et l'on fit exécuter des manoeuvres à des troupes en donnant les commandements au moyen de cinq notes du clairon combinées d'après les indications de Sudre. Toutes ces expériences réussirent à souhait, et la commission d'officiers généraux devant qui elles avaient eu lieu conclut à l'adoption du nouveau système dans l'armée et dans la marine. Après une seconde série d'épreuves, aussi concluante que la première, une commission supérieure proposa d'accorder une somme de cinquante mille francs à l'inventeur comme indemnité de ses travaux, et un traitement annuel de trois mille francs comme directeur d'une école de téléphonie dont la création s'imposait. Malheureusement pour François Sudre, le gouvernement ne crut pas devoir réaliser ces desiderata. |
![]() François Sudre |
L'inventeur
cependant continua à prôner son système
; il fit même mieux, il le perfectionna. Il réduisit d'abord à trois le nombre des notes qu'il employait; il arriva à ne se servir que d'une seule note, ce qui permettait de transmettre les ordres par un instrument quelconque ne donnant qu'un son unique. De nouvelles expériences eurent lieu le 4 février 1846; et voici, d'après le Moniteur, comment les choses se passèrent : Des expériences de télégraphie acoustique pratiquée par le canon ont été faites aujourd'hui à Vincennes, en présence de M. le duc de Montpensier, de M. le général Gourgaud, président du comité d'artillerie, et de plusieurs autres officiers généraux et supérieurs. On avait mis à la disposition de M. Sudre huit pièces d'artillerie qu'on avait placées en avant de la porte sud du château. L'élève de M. Sudre, qui devait interpréter les ordres, était derrière les buttes du polygone. Tous les ordres, transmis avec une grande rapidité et sans autre auxiliaire que le canon, ont été interprétés avec la plus scrupuleuse fidélité; et, lorsque la séance a été terminée, S. A. R. ainsi que les généraux ont témoigné toute leur satisfaction à M. Sudre. Le 3 mars 1850, nouvelles expériences, en se servant de trois notes de clairon (sol grave, do, sol aigu). II s'agissait, cette fois, de savoir si des ordres partant de l'École militaire pouvaient être communiqués, au moyen de plusieurs postes de clairons échelonnés de distance en distance, au village de Rueil, éloigné de dix kilomètres du point de départ. |
Le succès le plus complet
a été obtenu.
Voici le texte des ordres que M. le général Guillabert a donnés à M. Sudre : Gardez-vous sur votre flanc gauche; nous sommes attaqués par des forces supérieures ; envoyez-nous de l'artillerie. De son côté, l'officier d'état-major qui était à Rueil a transmis au général Guillabert les deux ordres suivants : La brèche est faite au bastion n° 25, prenez vos dispositions pour que l'assaut soit donné demain matin; rentrez au camp. Malgré ces résultats, on n'introduisit pas officiellement la téléphonie dans l'armée; mais on s'en servit, en 1855, pendant la guerre de Crimée. Du reste, Sudre ne fut pas sans obtenir pour ses travaux quelques récompenses : en 1855, le jury de l'exposition universelle, présidé par le prince Napoléon, lui alloua une somme de dix mille francs; sept ans plus tard, en 1862, il obtint à l'exposition universelle de Londres une médaille d'honneur pour son invention de la langue musicale universelle et de la téléphonie. François Sudre est mort le 2 octobre 1862; il avait passé quarante-cinq ans de sa vie à trouver ou à perfectionner son système. Sa veuve a publié, en 1866, un ouvrage qui porte pour titre : Langue musicale universelle inventée par François Sudre, également inventeur de la téléphonie musicale. |
sommaire
PREMIERS ESSAIS DE TÉLÉPHONIE
ACOUSTiQUE
Tout
le monde sait que le son met un certain temps à se
propager dans l'air, tandis que la lumière parcourt
des distances considérables dans un temps inappréciable.
Si l'on tire un coup de canon à quelques kilomètres de nous, nous apercevons immédiatement la lueur produite, et nous n'entendons la détonation qu'après plusieurs secondes; de même, l'éclair nous apparaît avant que le bruit du tonnerre ne nous parvienne. C'est en 1822 que l'on a déterminé, en une expérience célèbre, la vitesse du son dans l'air. Les membres du Bureau des longitudes s'étaient séparés en deux groupes, dont le premier s'était porté à Villejuif et le second à Montlhéry, sur deux éminences de terrain d'où ils s'apercevaient réciproquement. A chacune des stations une pièce de canon avait été installée. Les observateurs étaient convenus que toutes les cinq minutes un coup de canon serait tiré alternativement à Villejuif et à Montlhéry et qu'à chaque détonation on noterait le nombre de secondes écoulées entre le moment de l'apparition de la lumière et celui de l'audition du son ; la moyenne de ces nombres devait donner une évaluation très exacte de la vitesse du son. Chaque groupe était d'ailleurs muni de longues-vues et de chronomètres parfaitement réglés. |
Le résultat de l'expérience
fut que le son parcourt trois cent quarante mètres
quatre-vingt-huit centimètres par seconde à
la température de seize degrés.
------------------------------------------------------------------------------------- La vitesse du son dans l'eau a été déterminée par Colladon et Sturm, en 1827, sur le lac de Genève. Une cloche plongée dans l'eau était frappée par un marteau extérieur, et le choc provoquait l'inflammation d'une petite quantité de poudre. A une distance mesurée d'avance avec une rigoureuse exactitude, un observateur appuyait l'oreille contre l'embouchure d'un cornet acoustique dont le pavillon s'ouvrait dans l'eau à une profondeur égale à la profondeur d'immersion de la cloche. Comme dans l'expérience de Villejuif, on notait le temps écoulé entre l'instant de la vision et celui de la perception. Le résultat auquel on arriva fut que le son parcourt dans l'eau mille quatre cent trente-cinq mètres par seconde à la température de huit degrés. |
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La
vitesse du son dans l'eau a été déterminée
par Colladon et Sturm, en 1827, sur le lac de Genève. Le résultat auquel on arriva fut que le son parcourt dans l'eau mille quatre cent trente-cinq mètres par seconde à la température de 8 degrés. |
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Avant l'invention
de la téléphonie électrique, la conversation
à distance se faisait à l'intérieur
des habitations, voire même entre immeubles voisins,
au moyen de porte-voix, dits acoustiques. Ces appareils consistaient simplement en un tube de cuivre qui reliait les deux points entre lesquels devaient se produire les entretiens. A chaque extrémité du tube de cuivre était fixée une embouchure en bois destinée à faciliter l'émission de la parole. L'acoustique est, comme on le voit, d'une grande simplicité et son emploi a été fréquent toutes les fois qu'il s'agit de converser entre deux pièces très rapprochées, comme par exemple d'un étage à un autre ou entre deux appartements voisins. On conçoit que le tube de cuivre ne saurait être d'une seule longueur. Dans les parties droites on se sert de tubes ayant d'ordinaire de 2m,80 à 3 mètres et on les raccorde au moyen de petites parties d'un tube d'un diamètre un peu supérieur appelées mandions et qui chaussent sur les premiers. Pour permettre au porte-voix de suivre les contours des murs, on se sert de différentes pièces de formes appropriées. Les coudes servent à contourner les angles, les S à échapper des entablements ou parties de boiseries en saillie. A chaque extrémité d'un porte-voix, on met ce que l'on appelle une bague à vis servant à relier un tube souple qui se termine par l'embouchure en bois que l'on approche ainsi aisément de ses lèvres. |
![]() Cliquez sur la vue agrandir |
![]() D'autres fois on simplifie les choses et on rend les appels plus faciles en posant une sonnerie électrique annonce et réponse qui double en quelque sorte le porte-voix. L'addition d'appareils électriques a cet avantage qu'elle permet de donner un appel dont on peut faire varier l'intensité en prenant des sonneries plus ou moins fortes. Ces dernières peuvent également Nous allons donner quelques installations de porte-voix prises parmi les plus couramment employées. sommaire |
Les porte-voix les plus simples
sont ceux qui servent à transmettre des ordres entre deux
pièces superposées que l'on réunit directement
par un tube en cuivre de fort diamètre (30 millimètres
d'ordinaire).
L'extrémité du tube placée à côté de la personne qui transmet les ordres est terminée par une embouchure en cuivre sur laquelle elle applique ses lèvres pour parler ; l'autre extrémité est munie d'un pavillon de forme très évasée, semblable à celui des instruments de musique. Ce pavillon porte le nom de conque. Il permet d'entendre les ordres transmis dans toute la pièce où il se trouve. A ce porte-voix il n'est adjoint aucun mode d'appel d'avertissement, les deux personnes qu'il met en rapport sont supposées être constamment près de l'appareil. C'est le porte-voix du capitaine de navire qui donne au mécanicien tous les ordres de marche. C'est également celui qui est en usage dans de nombreux restaurants et qui réunit la salle occupée par le public à la cuisine située au sous-sol. Les ordres se transmettent de la même façon. Au lieu de commander : En avant, plus vite, doucement, stop ! ! les garçons de restaurant indiquent à haute voix au cuisinier affairé autour de ses fourneaux, les différents plats commandés par leurs clients, en faisant suivre souvent leur énonciation d'un Boum ! que dans les moments de presse ils envoient avec un brio tout professionnel. |
Dans cette embouchure
en bois est enfoncé un sifflet. Quand l'un des interlocuteurs
veut entrer en conversation, il retire le sifflet de l'embouchure
et souffle dans celle-ci pour faire résonner le sifflet
placé dans l'autre embouchure, et le remet ensuite en place.
La personne appelée retire son sifflet et souffle à son tour afin d'avertir qu'elle est prête à écouter, et l'entretien commence en portant alternativement l'embouchure de la bouche à l'oreille pour parler et écouter. On trouvera, dans la vue ci contre, un spécimen de porte-voix dans lequel nous avons réuni toutes les pièces les plus couramment usitées dans la pratique. Lorsque d'un seul endroit on désire correspondre à plusieurs autres, on en fait partir un nombre de tubes égal à celui des directions à relier au poste central. Les appels se font ainsi qu'il a été dit pour un porte-voix simple. Toutefois, comme au central on a besoin de savoir de quelles directions viennent ces appels, on munit chaque embouchure d'un sifflet donnant un son différent qui permet de les distinguer entre eux. Quand on désire savoir si on a été appelé pendant une absence ou encore si l'on veut éviter les sifflets de sons différents, on fait usage d'embouchures à signal. Le sifflet de ces embouchures est muni d'une petite tige en bois terminée par une boule qui la rend plus visible. Quand on souffle dans ce sifflet, cette tige est projetée au dehors du logement qu'elle occupait et reste apparente tant qu'elle n'a pas été remise en place à la main. sommaire |
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Un porte-voix à peu près
analogue est celui que l'on emploie dans les maisons où l'enfant
est confié aux soins d'une nourrice occupant une chambre
assez éloignée de celle où se tient la mère
du bébé.
Un gros tube réunit les deux pièces. L'extrémité qui se trouve dans la chambre de la nourrice aboutit au-dessus même du berceau et se termine par un large pavillon placé en quelque sorte comme la pomme d'un appareil à douche, de façon à ce que l'on puisse entendre en prêtant l'oreille à l'autre bout ce qui se passe dans la pièce. La mère peut ainsi surveiller à distance son enfant, se rendre compte s'il crie ou s'il se plaint et au besoin parler à la nourrice. Nous avons dit que le porte-voix le plus couramment employé consistait en un tube de cuivre droit muni à chacun de ses bouts d'une embouchure avec sifflet. Un tube souple sert d'intermédiaire et rend plus facile l'entretien. Quand on doit appeler de deux points différents à un seul endroit, on se sert d'une fourche ou Y et, pour faciliter les appels, on emploie les sonneries électriques. Dans les hôtels à voyageurs, on met souvent un porte-voix qui relie chacun des étages au rez-de-chaussée : le même tube comporte un branchement par étage. L'embouchure du rez-de-chaussée est munie d'un sifflet qui indique les appels ; les autres embouchures sont fermées par un bouchon sans sifflet. sommaire |
Si on veut pouvoir appeler réciproquement,
on installe des sonneries électriques afin de pouvoir sonner
à tel étage que l'on désire, et au besoin on
met un tableau indicateur au rez-de-chaussée, au cas où
la personne qui doit répondre est exposée à
s'absenter.
On pourra également se servir de porte-voix séparés pour relier ensemble les différents appartements d'un même immeuble à la loge du concierge. Chaque locataire a, de la sorte, la faculté de demander ce dernier ou de lui transmettre des ordres pendant le jour ou la nuit. Un tableau électrique est alors à peu près indispensable, à moins que le nombre d'étages ne dépasse pas deux ou trois, auquel cas les deux ou trois embouchures du rez-de-chaussée comportent simplement des sifflets de sons différents ou des sifflets à signal. Donnons enfin un système de porte-voix assez peu connu et qui cependant pourra rendre des services. Il consiste en deux porte-voix A A mettant en relation deux pièces éloignées avec une troisième B. Les deux porte-voix sont simples, c'est-à-dire se terminent chacun par des embouchures ordinaires distinctes. On pourra, en employant une embouchure dite conjuguée, mettre en relation directe les deux pièces A, soit momentanément, soit pour un laps de temps voulu. A cet effet, on enlèvera les deux sifflets en B et on fixera les deux embouchures dans le tube & double cône C, De la sorte, on obtiendra un porte-voix direct entre A A qui pourront s'appeler et se causer en cas d'absence de la personne placée en B . |
![]() Cliquez pour agrandir Les embouchures de porte-voix sont d'ordinaire soutenues par des lyres en cuivre. Ces lyres ont le double but et d'éviter que les sifflets ne tombent si l'embouchure restait pendante, ce qui empêcherait tout appel, et de la mettre commodément à portée de la main. Lorsque plusieurs porte-voix sont placés à côté les uns des autres, les lyres, de formes spéciales, comportent des étiquettes indiquant les pièces auxquelles ils correspondent. Pour remédier à la chute des sifflets, on a fait usage, il y a un certain nombre d'années, d'embouchures ayant un mécanisme spécial supprimant le sifflet. Ces appareils coûtaient fort cher et étaient d'un fonctionnement assez irrégulier, aussi ont-ils été peu à peu abandonnés. Je ne m'arrêterai pas davantage sur ce sujet. sommaire |
L'établissement des porte-voix
ne présente que des difficultés matérielles
d'exécution qui réclament simplement du soin et une
certaine habitude de faire les percements et de poser correctement
les tubes.
Les fabricants donnent à toutes les personnes qui désirent les utiliser les renseignements que nous ne pourrions donner ici, parce qu'il faudrait trop multiplier les détails si l'on voulait embrasser tous les cas que l'on rencontre dans la pratique. L'emploi simultané des appareils électriques et des porte-voix rend des services fort appréciés dans les grandes administrations, les hôtels, les usines, etc. Les porte-voix ont l'avantage de ne demander aucun entretien et transmettent la parole de façon constamment régulière. Ils présentent par suite une sécurité absolue lorsqu'il est nécessaire de pouvoir éviter toute interruption de service. Ils échappent à des causes de dérangement souvent difficiles à éviter avec les téléphones électriques et ne réclament d'ouvriers spéciaux ni pour leur installation, ni pour leur entretien. Quand on a à lutter contre de fortes trépidations, ou encore lorsqu'il faut réunir deux ateliers bruyants soumis à des vibrations mécaniques violentes, les téléphones ne donnent que des résultats médiocres ou nécessitent un établissement spécial, parfois celui de cabines isolées; le porte-voix leur sera alors préféré si la distance le permet. C'est ainsi que l'usage du porte-voix a été maintenu pour certaines applications dans lesquelles les téléphones n'ont pu donner satisfaction en dépit de toute leur perfection. |
Aujourd'hui avec les progrès de science,
nous avons plus d'explications LE
TELEGRAPHE Le télégraphe,
système est destiné à transmettre des messages
(télégrammes) sur de grandes distances à laide
de codes. |
Qui fut le premier à
faire fonctionner un télégraphe au moyen d'une pile
?
Cet honneur revient tout entier au baron Schilling, officier fie l'armée russe, qui construisit à Saint-Pétersbourg le premier télégraphe électro-magnétique, et nous verrons comment ce fait détermina l'introduction des télégraphes électriques en Angleterre. On sait que Smmering, en Allemagne, avait construit un télégraphe dans lequel les signaux étaient produits par l'action du courant galvanique dans l'eau qu'il décompose. Il reste à lixer l'époque exacte et la cause de cette découverte; car les auteurs diffèrent tous sur cette époque, et Steinheil lui-même, qui vivait dans la même ville que Smmering, commet une erreur de date. Poppe et Kohi, comme Steinheil, ne décrivent d'ailleurs pas correctement l'appareil. Le 6 août 1809, fut construit ce premier télégraphe galvano-électrique . Le docteur Samuel-Thomas von Smmering, né à Thiin en 1755, et décédé en 1830 à Francfort-sur-le-Mein, avait fait ses études à l'Université de Gttingen. Nous le trouvons professeur d'anatomie à Mayence de 1785 à 1796; puis, médecin pratiquant à Francfort jusqu'en 1805; ensuite à Munich, où il devint membre de l'Académie des sciences et conseiller privé du roi de Bavière. Le galvanisme l'avait occupé, comme Hiimhohlt et d'autres, et il recherchait à l'appliquer à la découverte des mystères de la physiologie. |
Dés le mois de novembre
1801, son attention s'était surtout fixée sur
l'action chimique du courant galvanique, et en janvier 1808,
aidé du chimiste Gehlen, son collègue de l'Académie,
il communiqua à ce corps savant les brillantes découvertes
chimico-galvaniques de Humphry Davy, dans son laboratoire de
l'Institution royale de Londres. |
Deux jours plus tard, ce circuit
était élevé à mille pieds, et le 18
à deux mille. Enfin, le 29, il présenta son appareil
à l'Académie des sciences de Munich.
Le baron Larrey , revenant de l'armée, visita son ami Smmering, qui ne manqua pas de lui montrer son télégraphe. Il fut de suite convenu que Larrey l'emporterait à Paris pour le présenter à l'Institut. L'appareil fut en effet présenté à l'Institut; mais aucun rapport ne fut rédigé par la commission d'examen. Sans doute le télégraphe de Chappe paraissait suffisant à l'Académie. A l'époque où Smmering fut nommé membre de l'Académie des sciences de Munich (1805), un officier russe, le baron Pawel Lwowitsch Schilling (de Cronstadt) était attaché à la mission militaire de l'ambassade. Cet officier vit les expériences de Smmeiïug, en 1810, et fut tellement frappé de l'utilité de l'invention qu'il fit, dès ce jour, son étude favorite dn galvanisme et de ses applications. Ce fut vers cette époque (le 23 août 1810) que Smmering inventa la première sonnerie électrique. En voici la description sommaire : Le gaz, s'élevant dans deux tubes pleins d'eau sous l'influence des pointes électrisées, s'accumulait sous une espèce de cuillère en verre dont le levier, en s'abaissant graduellement, opérait le déclenchement d'un autre levier qui libérait une petite balle en plomb, dont la chute sur un timbre produisait l'alarme. Ce petit appareil causa une grande joie à Soemmering. |
Cette sonnerie n'est pas représentée
dans la description du télégraphe de Soemmering,
dans les Mémoires (Denkschriften) de l'Académie
de Munich publiés en 1811, qui ne contient que la description
sommaire que nous avons reproduite ci-dessus. |
A son retour à Munich, en
1815, Schilling communiqua à Scemmering un petit livre
imprimé à Paris, en 1805, et intitulé : Manuel
du galvanisme, par Joseph Izarn, professeur de physique au lycée
Bonaparte. Ce manuel fait mention de la découverte de Romagnesi.
Toutefois, ni Smmering ni son ami ne furent frappés
de l'application pratique que la découverte de Romagnesi
pouvait recevoir. Smmering et Schilling connaissaient donc,
la découverte de Gian-Domenico Romagnesi, et ils avaient
lu son mémoire publié à Trente, le 3 août
1802, et commençant ainsi : « II signore consigliere
Gian-Domenico Romagnesi si affretta a communicare ai fisici dell'
Europa 11110 sperimento relative alfluido galvanipo applicato
al magnétisme. » On connaît l'importante découverte
de Romagnesi, qui avait fait dévier une aiguille aimantée
sous l'influence d'un courant galvanique.
On sait que l'année 1820 ouvrit une ère nouvelle à l'électricité. C'est à dater d'alors que l'avenir de la télégraphie électrique pouvait être prévu. Hans Christian rstedt avait étudié plus attentivement que Romngnesi les effets d'un courant voltaïque sur l'aiguille aimantée. Arago avait communiqué à l'Académie des sciences les expériences d'rstedt, et Delarive, en septembre 1820, avait répété avec Pictet ces expériences à Genève. On a prétendu qu'rstedt avait eu connaissance de la découverte faite, en 1802, par Romagnesi. |
Nous avons vu que cette découverte
avait été indiquée dans le Manuel du galvanisme
d'Izarn ; elle était pareillement décrite dans
un livre publié en 1801, à Paris, par Giovanni
Aldiui (neveu de Galvani) et intitulé : Essai théorique
et expérimental sur le galvanisme, imprimé à
Paris en 1804 et dédié à Bonaparte. Il
dit, à la page l'.M : « M. Romagnesi, physicien
de Trente, a reconnu que le galvanisme faisait décliner
l'aiguille aimantée. .» |
Ampère fut le premier
à émettre l'idée que les mouvements de l'aiguille
aimantée, ainsi obtenus, pourraient servir à la
télégraphie; mais ni lui ni personne autre ne songea
alors à construire un appareil sur cette base.
Il était réservé au baron Schilling de construire, à Saint-Pétersbourg, le premier télégraphe électro-magnétique. Ses relations avec Smmering l'avaient rendu passionnément attaché à l'idée de faire de la télégraphie au moyen du galvanisme. Son premier appareil se composa d'une aiguille aimantée suspendue horizontalement par un fil de soie au centre d'un multiplicateur de Schweiger; sous l'aiguille, il avait placé un disque de papier teinté en deux couleurs, de façon à mieux distinguer ses mouvements. Afin de donner de la fixité à son aiguille et éviter les oscillations, Schilling avait placé, à l'extrémité inférieure de son axe, une petite pièce légère en platine, plongée dans une coupe pleine de mercure. Graduellement, il simplifia son appareil. Longtemps il employa cinq aiguilles; puis il parvint à signaler avec nue seule aiguille et un seul multiplicateur, produisant, par une combinaison de mouvements dans les deux directions, tous les signaux nécessaires pour les lettres et les chiffres. En septembre de cette année, Schilling exhiba son appareil devant la réunion des naturalistes allemands de Bonn, sur le Rhin, dans la section de physique et de chimie que présidait le professeur Georg Whilhelm Muncke, de l'Université d'Heidelberg. Ce savant fut tellement charmé de cet appareil qu'il en fit construire immédiatement un semblable, pour le montrer dans ses conférences. Cet appareil existe encore dans le cabinet de physique de l'Université d'Heidelberg. |
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Il nous reste à
voir comment ce télégraphe, qui fut d'ailleurs imité
par Weber de Gttingen, fut ensuite importé à
Londres.
On sera surpris de voir le nom de lord Byron apparaître ici, mais ses uvres poétiques mentionnent, dans un quatrain, le nom de John William Rizzo Hoppner, qui fut l'ami intime de William Fothergill Cooke, l'introducteur du télégraphe en Angleterre. W. F. Cooke ne songeait aucunement an télégraphe, ni aux applications de l'électricité à la télégraphie, pendant le séjour qu'il fit à Heidelberg à partir de l'été 1835. Fils du docteur William Cooke, professeur de médecine à Durham, il s'était fixé à Ileidelberg, pour y apprendre à mouler, en cire, les pièces anatomiques nécessaires à sa profession. Ce fut au commencement de mars 1836 que son ami Hoppner, étudiant de I'université d'Heidelberg, lui apprit que le professeur de physique avait dans son cabinet un appareil électrique au moyen duquel il pouvait transmettre des signaux d'une pièce à une autre. Ce professeur n'était autre que l'ami de Schilling, Georg Whilelm Muncke, qui avait relié son habitation au cabinet de physique où il donnait ses leçons, au moyen de fils suspendus. M. Hoppner mena son ami Cooke à une des leçons du docteur Muncke, le 20 mars 1830. Quand M. Cooke eut vu l'appareil et qu'on lui eut expliqué qu'il pouvait fonctionner à de grandes distances, il fut frappé de l'utilité qu'offrirait un pareil moyen de correspondance en Angleterre, particulièrement dans les tunnels de chemin de fer qui, à l'époque, s'étendaient chaque jour de plus en plus. Il se décida dés lors à abandonner ses études anatomiques à Heidelberg, et à rentrer en Angleterre pour y poursuivre l'établissement de télégraphes électriques. M. Cooke, qui ne s'était jamais occupé de physique en général , ni d'électricité, en particulier, ne fit pas la connaissance du professeur Muncke, qu'il appelle Moncke dans ses écrits. Il n'avait donc pas l'idée que le télégraphe qu'il avait vu avait été imaginé par Schilling et construit sur le modèle qu'il avait à Bonn. Il en attribue tout le mérite à Gauss qu'il appelle Gaüss. |
Voici d'ailleurs ce que Cooke écrivait
sur ce sujet en 1841 : «Étant revenu des Indes en
congé, pour cause de santé, j'étudiais l'anatomie
et modelais mes dissections à Heidelberg, lorsque, en mars
1830, il m'arriva d'assister à une de ces applications
si communes de l'électricité à des expériences
de télégraphie, que l'on a répétées
sans aucun résultat pratique depuis un demi-siècle.
Comprenant que l'agent employé pouvait être utilisé
à un objet plus utile que l'illustration de leçons
de physique, j'abandonnai immédiatement mes études
d'anatomie et donnai toute mon attention à la construction
d'un télégraphe électrique pratique. »
On ne s'imaginerait guère, en lisant ceci, que M. Cooke avait vu des expériences faites avec une copie d'un télégraphe électromagnétique construit en Russie par Schilling, qui l'avait apporté à Bonn six mois avant l'époque dont parle Cooke. Le fonctionnement de cet appareil est d'ailleurs traité par lui « comme une de ces expériences si communes répétées depuis un demi-siècle »; conséquemment, avant même la découverte de la pile de Volta et de l'électro-magnétisme. Lorsque, par suite de différents désagréables entre le professeur Wheatstone et M. Cooke, sir lsambart Brunel et le professeur Daniell furent nommés arbitres, en 1840, sans prendre la peine de recherchër l'origine du télégraphe de Cooke, ils décidèrent dans leur arbitrage (en 1841) que «M. Cooke avait vu, en mars 1830, à Heidelberg où il s'occupait de recherches scientifiques, et cela pour la première fois, une de ces expériences bien connues sur l'électricité (considérée au point de vue des moyens de communications télégraphiques), qui ont été essayées et reproduites de temps en temps, depuis des années, par divers physiciens. » |
Mr. Cooke écrit ailleurs
: «An mois de mars 1836, j'étais à Heidelberg
occupé d'anatomie, lorsque, le 6 mars, une circonstance
fortuite donna une direction toute nouvelle à ma pensée.
Ayant vu faire une expérience de télégraphie
électrique par le professeur Moncke d'Heidelberg, qui
avait, je crois, emprunté ses idées à Gaüss,
je fus tellement frappé du pouvoir étonnant de
l'électricité et si fortement impressionné
de l'application qu'on peut en faire à la transmission
télégraphique des nouvelles, qu'à partir
de ce jour j'abandonnai complètement mes occupations
antérieures et m'adonnai avec toute l'ardeur qu'on me
connaît à la réalisation pratique d'un télégraphe
électrique, objet qui a toujours occupé toute
mon énergie depuis. L'expérience du professeur
Moncke était, à cette époque, la seule
que j'aie vue ou dont j'aie entendu parler sur ce sujet. » |
Après avoir consulté
deux fois Faraday, Cooke, sur le conseil du Dr Roget, fit une
visite, le 27 février 1837, au professeur Charles Wbeatstone,
à sa résidence de Conduit-Street, et peu après
au cabinet de physique du professeur au « King's-College
».
Le résultat de ces entrevues amena, en mai 1837, la résolution d'allier leurs efforts pour introduire l'emploi du télégraphe en Angleterre. Le professeur Wheatstone n'était pas encore certain à cette époque que l'électro-aimant pût fonctionner à de grandes distances, et M. Cooke, qui avait laissé derrière lui l'appareil construit à Heidelberg, en construisit un nouveau avec quatre aiguilles. L'opinion commune était que le principe qui faisait agir l'appareil de Muncke était celui qu'il fallait adopter pour l'usage pratique. Ni le professeur Wheatstone, ni M. Cooke, ne savaient qu'en agissant ainsi ils se servaient du plan de Schilling. Le 12 juin, le brevet fut enregistré, et il fut décidé qu'on ferait une expérience préliminaire avec l'appareil télégraphique projeté, sur nue ligne de quelque étendue. En conséquence, le 25 juillet 1837, un essai fut fait à la station du London and Birmingham Railway, alors en construction, sur des fils d'une longueur de un mille et quart, reliant Euston-Square à Gamden-Town. C'était la première fois que l'on faisait une pareille expérience au dehors, en Angleterre, avec un appareil électrique. Cette expérience eut lieu treize jours avant la mort du baron Schilling, qui succomba à Saint-Pétersbourg, le 7 août, sans avoir jamais eu connaissance de l'introduction de son télégraphe en Angleterre. |
Le 19 novembre 1837, MM. Cooke
et Wheatstone conclurent un acte d'association, et le 12 décembre,
ils envoyèrent au « Patent Office » la description
de leur appareil. |
Samuel Finley Breese Morse
naquit en 1791 et était l'aine de trois frères.
Son père, le Révérend Jedediah Morse, avait encouragé son goût pour la peinture, et Morse voyageait parfois en Europe pour copier des tableaux. Pendant l'automne de 183:2 il rentrait du Havre en Amérique. À bord du paquebot le Sully se trouvait, parmi les passagers, le Dr Charles F. Jackson, de Boston, qui avait assisté aux conférences faites par Pouillet à la Sorbonne. On se souviendra, sans doute, qu'en 1831 Pouillet avait exhibé dans ces conférences son grand électro-aimant, supportant un poids supérieur à plus de 1 000 kilogrammes. Pendant le voyage, qui dura du 8 octobre au 15 novembre, le Dr Jackson ramena constamment la conversation sur l'électricité et l'électro-magnétisme, ce qui amena l'occasion de parler de la possibilité de télégraphier au moyen de signaux électro-magnétiques. Le Dr Jackson avait à bord un petit électro-aimant, acheté à Paris, chez Pixii fils, et aussi une petite pile galvanique. Arrivé à New-York, Morse reprit sa profession de peintre, qui le faisait vivre, et songea, comme on peut le penser, à ses conversations à bord du Sully. Comme on a toujours désigné Morse sous le titre de professeur, il convient de rappeler ici qu'il n'était pas autre chose que professeur de littérature et de dessin, titre qui lui fut donné par l'Université de New-York, où il n'a d'ailleurs jamais professé. Vers la fin de 1835, Morse fit des essais de signaux électromagnétiques, mais n'obtint aucun résultat. |
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Ses signaux se bornaient à
la représentation des chiffres de la numération.
Avec les nombres ainsi obtenus, il trouvait dans un vocabulaire les mots que ces groupes de chiffres représentaient. Quand des chiffres et non des mots devaient être exprimés, un onzième signe en donnait avis. Pour chaque signal, il avait construit des types dentés qui, introduits successivement dans une règle, pouvaient recevoir un mouvement en avant. Les dents des types soulevaient un levier par le moyen duquel le courant électrique, après avoir traversé la ligne, s'écoulait à travers les bobines d'un électro-aimant, qui attirait une armature à l'extrémité de laquelle on avait fixé un crayon. Ce crayon, en passant lentement sur un rouleau, inscrivait sur une bande des zigzags ressemblant aux dents d'une scie. Les signaux ainsi obtenus et représentant des nombres étaient alors traduits d'après le vocabulaire. Le Dr Léonard D. Gale, professeur de chimie, et résidant dans la même maison que Morse, lui avait appris à construire les bobines d'un électro-aimant. Il lui avait également procuré le fil nécessaire et une pile convenable. Morse l'associa à ses travaux, et lui fit obtenir plus tard (1846) une position dans le« Patent office » de Washington. Lorsque, vers la fin d'août 1837, arriva en Amérique un compte rendu des travaux de Steinbeil, à Munich, traduit du Neue Wiirzlurfier Zeitung du 30 juin, le lendemain même, par l'influence de Morse et de son frère, un journal américain publia un article où il tançait vertement la feuille qui avait traduit le compte rendu allemand, Malheureusement pour François Sudre, le gouvernement ne crut pas devoir réaliser ces desiderata. |
Comme le journal annonçait
aussi que Morse avait son télégraphe à son
logis, il reçut la visite de nombreuses personnes désireuses
de voir « la merveille du temps. »
Parmi elles se trouvait le jeune Alfred Vail qui, avec son frère George, devint très utile à Morse qui en fit ses co-associés. Alfred Vail construisit lui-même, aux ateliers de Speedwell, Morristown, New-Jersey, l'appareil qui fut plus tard exposé à Washington, dans la salle du comité du commerce, au Capitole. Cet appareil fonctionnait avec plus de régularité que celui inventé par Morse. ![]() Le jour dit, 2 septembre, la machine de Morse ne voulait rien marquer correctement. De grands efforts furent faits pour la faire fonctionner; mais ce ne fut que le 4septembre que Morse arriva à en obtenir des nombres représentant cinq mots et la date. |
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On retrouve la reproduction de la bande ainsi
obtenue dans le journal de Silliman : American Journal of Science
and Arts, 23e volume, page 168, et dans le London Mechanic's
Magazine du 10 février 1838.
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En Amérique, la première
ligne, allant .de Washington à Baltimore, fut complétée
en 1844. |
Un acte du parlement belge, en
date du 15 mars 1851, ouvrit ces lignes au public moyennant un
tarif de 2f.50 pour 20 mots dans la zone inférieure à
75 kilomètres, et 5 francs pour la même dépêche
an delà de cette limite.
Le premier télégraphe construit en Suéde, en 1853, reliait Stockholm à Upsala, distance d'environ 80 kilomètres. En Norvège, on attendit l'année 1850 pour relier d'abord Christiania, la capitale, avec Drammen. La compagnie du chemin de fer de Saint-Pétersbourg à Moscou avait établi, vers 1852, un fil souterrain longeant sa ligne; ce fil devint promptement mauvais, et le gouvernement russe, qui avait déjà relié Cronstadt à la capitale en 1853, décida en 1854 de racheter la ligne de la compagnie du chemin de fer, afin d'assurer les communications avec Moscou. La Suisse parait avoir été une des premières à apprécier l'importance du télégraphe électrique. Une loi fédérale en date du 5 décembre 1852 établit une taxe uniforme de 1 franc par dépêche de 20 mots, de 2 francs jusqu'à 50 mots, et de 3 francs jusqu'à cent. M. Matteucci établit la première ligne télégraphique d'Italie eu 1847, en reliant Pisé à Livourne. |
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Pour éviter davoir à former
ses employés dont beaucoup sont illettrés, Monsieur
Foy, administrateur en chef des télégraphes, exigea
que soient conservés les signes employés dans la télégraphie
aérienne. Louis-Clément a donc dû fabriquer
un appareil spécial qui représente un télégraphe
optique en miniature : assemblage complexe de mécanique de
précision et dappareillage électrique, il est
formé dune branche horizontale immobile et de deux
petits bras mobiles autour des deux extrémités de
cette branche. Il est baptisé télégraphe
français ou appareil Foy-Breguet. Il faudra attendre une ordonnance
de Louis-Philippe du 23 novembre 1844 pour quenfin
les choses bougent : « ... LAdministration doit procéder
à un essai de télégraphe électrique
dont la longueur sera au moins de 120 kilomètres. Pour ce
faire, un crédit provisoire de 240.000 francs est ouvert...»
16 juillet 1852: Mise en service de la liaison
ParisStrasbourg. A partir de 1860, la mise en place de services de
prévision météorologique sappuie sur
lutilisation du télégraphe qui permet une circulation
rapide de linformation et sur des méthodes inédites
de cartographie et danticipation des états atmosphériques.
Le télégraphe contribue aussi à
une intégration accrue du système économique
mondial autour dun petit nombre de places commerciales et
financières dont il renforce linterdépendance.
Les gouvernements lutilisent pour administrer efficacement
les territoires coloniaux et les relier aux centres de décisions
métropolitains. Le développement du télégraphe
suscite des transformations culturelles majeures, comme la naissance
dune sphère médiatique structurée autour
des agences de presse et du fil de lactualité
internationale. Le 17 mai 1865, laccord portant création
de la première organisation internationale moderne - lUnion
télégraphique internationale - est signé
dans le salon de lHorloge du Quai dOrsay. Cette volonté
de moderniser la France et daccroitre son influence en Europe
et au-delà amène Napoléon III à organiser
la première conférence télégraphique
internationale. Les représentants de 20 pays se réunissent
sous la présidence du ministre des Affaires étrangères
Edouard Drouyn de Lhuys qui explique que lobjectif est de
rationaliser le traitement télégraphique international
en plein essor. Un traité, signé par tous les participants
sauf le le Royaume-Uni, valide des dispositions novatrices, notamment
la mise en place dun système de tarification par zone
avec un tableau de tarification des messages transfrontaliers dans
une monnaie unique le Franc français - en annexe.
Le règlement prévoit également ladoption
du code Morse et la convention entre en vigueur le 1er janvier 1866.
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ORGANISATION
DES ADMINISTRAIONS DES POSTES ET DES TELEGRAPHES L'invention des premiers instruments électriques
permettant l'échange d'informations écrites à
distance (télégraphe) est réalisée simultanément,
en 1836-1837, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne (2). 1. C'est l'affirmation de H. de Vougy, directeur
général de l'Administration des télégraphes,
qui donne les principaux chiffres des divers réseaux européens.
C'est convaincant sauf pour la Grande-Bretagne. Le premier souci de ces ingénieurs et particulièrement
du plus illustre d'entre eux, Blavier, est celui de la formation,
de l'éducation technique des télégraphistes,
quelle que soit la place qu'ils occupent dans la hiérarchie.
Blavier publie un traité de télégraphie en
1857 (seconde édition très enrichie en 1867) qui sera
le traité de référence de l'Administration
pendant plusieurs décennies. On retrouve Blavier et Gounelle,
dès 1860, dans la commission d examination des chefs de station
(grade issu de l'ancienne administration) aspirant à devenir
inspecteur à l'issue d'un recyclage. Responsable des cours
supérieurs internes à l'administration organisés
à partir des années 1870, Blavier sera logiquement
nommé directeur de l'Ecole supérieure de télégraphie
à sa création en 1878. Cette entreprise pédagogique se prolonge
par la part active qu'il prend, avec Gounelle jusqu'en 1864, puis
avec Raynaud, Vaschy... à partir de 1874, à la publication
des Annales Télégraphiques. Cette revue organise,
dès 1858, une véritable politique de veille technique
et technologique pour utiliser un vocabulaire d'aujourd'hui. Suivi
et popularisation des théories de l'électricité
les plus modernes (avec traduction d'articles scientifiques de W.
Thomson, Faraday, Kirchhoff, Maxwell...), reproduction systématique
de notes (des Comptes rendus de l'Académie) ou articles traitant
de questions concernant l'électricité (des dynamos
aux courants forts...), suivi des revues étrangères
de télégraphie et d'électricité (britanniques
et américaines avant tout) (11), analyse du développement
de la télégraphie dans le monde, description des appareils
du monde entier, qu'ils soient issus des administrations ou de fabricants
privés... Cet organe est d'autant plus précieux qu'il
est le seul journal d'électricité en France, entre
1858 et 1876 (12). Revue de veille technique mais également
de recherche : les travaux des ingénieurs français
portent sur la théorie des transmissions, sur les unités
électriques, sur les diverses techniques de transmission
(duplex, multiplex), sur les technologies des fils (matériaux),
des parafoudres, des relais, des électroaimants, des piles,
des systèmes d'impression... 11. Cette attitude, évidente de nos jours,
ne sera pratiquée systématiquement par les physiciens
français qu'à partir de la création du Journal
de physique en 1872. Afin de montrer l'interaction entre formation professionnelle
de niveau élevé, action du groupe des Annales et innovation,
nous nous appuierons sur l'exemple de Baudot. Après une instruction
primaire et une adolescence consacrée aux travaux des champs,
Emile Baudot (1845-1903) entre comme surnuméraire de l'Administration
des télégraphes en 1870. Il mène dès
lors de pair ses travaux inventifs et son éducation technique.
Promu contrôleur en 1880, il est reçu, grâce
à la formation interne à l'Administration, à
l'examen d'inspecteur-ingénieur en 1882. Son brevet (juin
1874) repose sur le choix de l'alphabet de Gauss et Weber (1834)
permettant de transmettre sur un seul fil 31 signes distincts par
la combinaison de cinq éléments (17). La commission
chargée d'examiner le projet (composée de Blavier,
Raynaud, et des chefs de la Station centrale de Paris, du service
du contrôle et des ateliers) propose l'ouverture d'un crédit
de 2 000 francs pour la construction d'un prototype (18). Rappelons
que ce système va connaître un succès international
important : il est introduit en Italie (1887), en Hollande (1895),
en Suisse (1896), en Autriche et au Brésil (1897), en Angleterre
(1898), en Allemagne (1900)... Nous avons bien d'après cet
exemple le mélange d'ingrédients supposés ci-dessus
: les cours internes qui permettent la formation d'employés
brillants mais sans instruction supérieure de par leur origine
modeste, les contacts noués dans ce cadre entre Baudot et
ses professeurs, le soutien reçu de la commission des perfectionnements
au sein de laquelle ces mêmes ingénieurs jouent un
rôle décisif, les conseils amicaux et les encouragements
techniques qu'ils prodiguent au jeune inventeur,
tout cela favorise l'innovation. En résumé, par leurs exigences théoriques,
l'accent mis sur la recherche et l'innovation, par la parfaite connaissance
de l'exploitation, leur insistance à développer la
culture technique du personnel, par leur action constante de veille
technique, c'est, en utilisant une expression anachronique, une
pratique de recherche et développement que porte ce groupe
d'ingénieurs. Il convient toutefois de préciser cette
appréciation : nous parlons de pratique parce qu'il ne s'agit
pas d'une « politique » identifiée comme telle,
construite sur l'appréciation consciente, raisonnée
du poids à attribuer aux divers paramètres. 17. Mimault, employé des télégraphes
à Poitiers et concurrent malheureux de Baudot dans le long
conflit qui opposera ces deux hommes, avait proposé dans
son brevet déposé en janvier 1834 un système
utilisant le même code à 31 signes mais sur cinq fils.
Voir, entre autres articles, "Baudot et son uvre"
(biblio). Avant d'examiner les réponses du directeur
des télégraphes, nous ferons deux remarques. 19. Cet argument, qui va peser lourd, reste sans
réponse de la part de Vougy, ce qui est un peu surprenant.
Pourquoi, avec le même type de raisonnement, ne pas confier
les chemins de fer aux Ponts et Chaussées ? Ce qui, au XIXe
siècle, aurait provoqué un beau tollé. La caractéristique la plus surprenante de
ce débat tient au fait que la réponse du directeur
des télégraphes, de Vougy, se situe dans la même
logique. Il justifie son opposition à la fusion par cinq
arguments essentiels : La question va évidemment ressurgir (nous
avons comptabilise huit rebondissements en dix-huit ans), le plus
souvent à l'initiative de la direction de la Poste avec quelques
contre-offensives des ingénieurs. Il semble que la direction
du télégraphe, confiée entre 1871 et 1878 à
Pierret (24), un polytechnicien issu du sérail, soit particulièrement
effacée. Après la période des grands débats
des années 1860, la tactique des postiers change, conduisant
à une prise du pouvoir par petits pas. (25) Fort du prestige acquis sur le front, les ingénieurs,
par la voix de leur plus illustre représentant, osent (26)
faire entendre leur conception. 24. Jugé très timide par le Journal
télégraphique de Berne, cité dans "Blavier
: Notice..." et dans la nécrologie que les Annales lui
consacrent. La création de l'Ecole supérieure de télégraphie et de son laboratoire associé, avec des moyens adéquats, ravit les ingénieurs et constitue un indéniable succès pour l'obstiné Blavier. Cochery « avait entendu témoigner, par le choix du chef, du prix qu'il attachait à l'institution » assure le biographe de Blavier. Nous pourrions ajouter que Cochery se fait ainsi des alliés décisifs qui vont l'aider sérieusement à prendre la direction du grand projet d'exposition universelle d'électricité de 1881 et du congrès scientifique qui l'accompagne, alors même que l'initiative de l'exposition appartenait aux industriels (31) . Une proposition pour organiser une telle exposition avait été avancée dès 1879 par le comte d'Arroz (32). On retrouve le soutien direct de Cochery à Blavier, en 1882, lors des essais utilisant des fils souterrains du réseau qui conduisent ce dernier à son importante et remarquée étude des courants telluriques (33). L'état de nos recherches ne nous permet pas de nous prononcer sur la cohérence de Cochery. Mais il semble clair que son initiative de décharger les ingénieurs de leurs tâches administratives se soit transformée en instrument de pouvoir contre les ingénieurs. Dans le même temps, le grignotage, l'absorption
des télégraphes par la direction des postes continue.
31. On peut parler de "coup" politique
parfaitement réussi : en plus du succès de masse de
l'exposition tout à fait conséquent dont Cochery tire
une bonne part du bénéfice, ce dernier réussit
à se faire nommer président du congrès scientifique
! 37. Le recrutement visé concerne les polytechniciens,
bien sûr, mais également les normaliens, les centraliens
et les licenciés de l'université. Malgré sa courte existence, l'action de l'Ecole
est loin d'être négligeable. Ce dernier bastion des ingénieurs finit par tomber en 1888 avec la transformation de l'Ecole supérieure de télégraphie en Ecole professionnelle des P. et T. qui ne laissera qu'une place réduite aux ingénieurs. La création de l'Ecole supérieure
de télégraphie et la part prise dans le succès
de l'exposition de 1881 marquent incontestablement l'apogée
du groupe des Annales ; elles en traduisent aussi les limites. Loin
d'être le point d'appui d'une politique de recherche plus
ambitieuse, l'Ecole supérieure de télégraphie
va devenir un point de focalisation des critiques, une position
de plus en plus circonscrite, coupée de la réalité
technique quotidienne et des lieux de décision. Le groupe
des Annales va consacrer ses forces à faire vivre l'Ecole,
à la défendre contre les attaques de plus en plus
virulentes, à faire face au défi technique et technologique
que représente l'irruption du téléphone...
Du rêve de Blavier, créer une école supérieure
d'ingénieurs électriciens, il ne reste bientôt
plus rien. La transformation de l'Ecole supérieure de télégraphie
en Ecole professionnelle consacre le retour à la situation
antérieure : une structure de formation interne à
l'administration. La logique première de la fusion, forte de
certains arguments non dénués de fondements pour les
bureaux cantonaux, va se muer en technique d'absorption au profit
d'une vision très anti-technique. La logique de fusion des
deux administrations à tous les niveaux s'est donc réalisée
de façon administrative. En plus de cette logique qui occulte
la dimension technique des réseaux, d'autres éléments
sont à prendre en compte. Il convient d'introduire une nuance. Si les travaux sur le téléphone menés par les ingénieurs français dès le début des années 1880 sont remarquables, il traduisent une approche du téléphone analogue à celle du télégraphe : l'accent est mis sur les questions théoriques des transmissions. En un certain sens, on peut dire que ce sont des hommes du câble. Or, le téléphone est bien différent du télégraphe : par son terminal, d'abord, qui doit être installé chez les abonnés, ce qui multiplie les contraintes, par son réseau ensuite, qui posera très rapidement la question de la commutation. Deux terrains sur lesquels les ingénieurs français vont être absents. Le terrain sur lequel ils sont présents et même à la pointe de la recherche, l'amplification, ne débouchera sur des solutions concrètes que dans les premières décennies du XXe siècle. Absence également des ingénieurs de l'Administration du domaine de la télégraphie sans fil dans les années 1890. Le télégraphe pneumatique Autre inovation Le pantélégraphe Le pantélégraphe de Caselli permet
la transmission d'une reproduction fidèle d'un manuscrit,
d'un dessin, d'un plan ou d'un portrait. C'est le fruit des recherches
de Caselli sur la transmission télégraphique
des images. Le pantélégraphe reçut un accueil
particulièrement euphorique. Toutefois, cette invention n'a
pas eu de résultat économique à la hauteur
de cet accueil. Ceci pour plusieurs raisons : Les câbles télégraphiques sous-marins avant le début du téléphone 1838 : premier essai de câbles sous-marins
isolés au caoutchouc. Lhistoire des câbles télégraphiques en Méditerranée est intimement liée aux projets impériaux, ce moyen de communication servant les fins coloniales en Méditerranée et permettant daffirmer la toute récente présence française en Algérie. Alors que la diffusion de linformation saccélère sur terre, les espaces marins continuent de poser de sérieux problèmes techniques. Suite au succès du câble traversant la Manche, John Watkins Brett développe le projet dun câble Méditerranéen reliant La Spezia (près de Gênes) à la Corse, puis à la Sardaigne et enfin lAfrique du Nord jusquà Bône (Algérie française). Ce projet est à la croisée de plusieurs volontés géopolitiques : le royaume de Sardaigne afin dunifier le territoire royal, la France pour rattacher la Corse et lAlgérie au territoire métropolitain et le Royaume-Uni où ce câble sera la première étape dune connexion télégraphique avec lInde. Cest un échec, les eaux profondes de la Méditerranée se révélant complexes pour les poseurs tandis que le câble construit pour la portion Sardaigne-Algérie est trop court. Ce problème est récurrent pour la pose du câble Crète-Alexandrie. Le projet de câble entre Toulon et Alger en 1860 doit être modifié et devient un câble Alger-Minorque, se raccordant ensuite au câble espagnol reliant les Baléares à Barcelone, le but étant de réduire les portions submergées des câbles en priorisant les îles. Si la pose des câbles est perçue à
lépoque comme une grande réussite (surtout le
câble Atlantique de 1866) les câbles nont rien
de définitif et ne remplacent pas la circulation des nouvelles
par voie maritime. 14 mars 1837 - Wheatstone & Cooke envoie le premier message télégraphique britannique. 10 juin 1837 - Charles Wheatstone, de Hanover
Square, Middlesex, et William Fothergill Cooke, de Breeds Place,
Hastings, reçoivent un brevet anglais pour le « télégraphe
à cinq aiguilles » électrique ; nécessitait
six fils entre chacune de ses stations; 6 janvier 1838 - Samuel Morse et son associé,
Alfred Vail, ont fait la première démonstration publique
d'un système télégraphique électrique
à Vail's Speedwell Iron Works à Morristown, NJ (a
transmis une phrase de 2 miles) ; 24 janvier 1838 - deuxième
manifestation à l'Université de New York ; 21 janvier 1840 - Charles Wheatstone et WF
Cooke reçoivent le premier brevet télégraphique
alphabétique anglais ; Le télégraphe ABC était
populaire en Angleterre et en Europe et ne nécessitait pas
de télégraphiste qualifié pour lire et envoyer
les messages ; première application pratique de la communication
numérique codée en série. 20 juin 1840 - Samuel FB Morse, de New York, NY, reçoit un brevet pour les « signes télégraphiques » (« Amélioration du mode de communication d'informations par signaux par application de l'électromagnétisme ») ; "Télégraphe électromagnétique américain". 3 mars 1843 Le Congrès adopte
un projet de loi prévoyant une dépense de 30 000 $
pour une ligne télégraphique entre Washington, DC
et Baltimore ; - Première ligne télégraphique
publique, de Paddington à Slough. 6 novembre 1845 - Première ligne télégraphique (commerciale) payante (deuxième ligne aux États-Unis) ouverte le long de l'emprise ferroviaire entre Lancaster, Pennsylvanie et Harrisburg, Pennsylvanie ; 8 janvier 1946 - premier message reçu. 18 avril 1846 - Royal E. House, de New York, reçoit un brevet pour un « télégraphe à impression » ; un téléscripteur qui imprimerait les lettres de l'alphabet ; capable d'imprimer à une cadence de 50 mots par minute en lettres romaines. 5 juin 1846 - Ouverture d'une ligne télégraphique entre Philadelphie et Baltimore. 27 juin 1847 New York et Boston reliées par des fils télégraphiques. 10 juin 1848 Première liaison
télégraphique établie entre New York et Chicago. 1849 - Antonio Meucci découvre le
principe du téléphone (découvre la transmission
de la voix humaine par électricité en appliquant l'électrothérapie
à un patient souffrant de rhumatismes à la tête)
; 1er mai 1849 - Samuel FB Morse reçoit un brevet pour un « télégraphe » (« amélioration des télégraphes électriques ») ; registre télégraphique; incorporé les fonctionnalités de base du récepteur 1844 et la méthode de marquage de points et de tirets sur papier. Avril 1851 - Un groupe d'hommes d'affaires de Rochester, dans l'État de New York, forme la New York and Mississippi Valley Printing Telegraph Company ; 13 novembre 1851 Début du service
télégraphique entre Londres et Paris. 20 mai 1856 David Edward Hughes. de Louisville, KY, a reçu un brevet pour un « télégraphe » ; premier téléscripteur qui a imprimé avec succès des caractères ; 1857 - vend les droits pour 100 000 $ à la Commercial Co. 19 mai 1857 - William F. Channing, de Boston, MA, Moses G. Farmer, de Salem, , ont reçu un brevet pour un « télégraphe d'alarme incendie électromagnétique pour les villes » (« pour donner une alarme instantanée et définitive, soit générale ou local, dans une ville ou un village, en cas d'incendie"); 4 août 1858 - Cyrus W. Field a achevé
le câble de l'Atlantique, établi la communication télégraphique
entre les États-Unis et l'Angleterre (avait conçu
l'idée du câble télégraphique en 1854,
obtenu une charte pour poser une ligne bien isolée à
travers le fond de l'océan Atlantique ; obtenu l'aide des
Britanniques et des Américains. des navires de guerre ; firent
quatre tentatives infructueuses en 1857 ; quatre navires britanniques
et américains [Agamemnon, Valorous, Niagara, Gorgon] se rencontrèrent
au milieu de l'océan pour une cinquième tentative
en juillet 1858, avec leur chargement de câbles, partis pour
la baie de la Trinité ; , Terre-Neuve, Agamemnon et Valorous
s'embarquèrent pour Valentia, Irlande le 29 juillet 1858);
8 octobre 1860 Ouverture de la ligne télégraphique entre Los Angeles et San Francisco. 1861 achèvement de la première
ligne télégraphique transcontinentale, assurant des
communications rapides d'un océan à l'autre pendant
la guerre civile américaine ; 28 décembre 1871 - Meucci dépose
sa première opposition au brevet (avis d'intention de déposer
un brevet), sur le "Talking Telegraph", renouvelé
en 1872 et 1873 mais, malheureusement, pas par la suite ; déclenchant
une série dévénements mystérieux
et dinjustices qui seraient incroyables sils nétaient
pas aussi bien documentés. 1872 - Réorganisée sous le
nom de Western Electric Manufacturing Company après que Stager
ait convaincu le président de Western Union, William Orton,
d'investir dans une entreprise manufacturière ; est devenu
le principal fournisseur de Western Union ; 26 mai 1874 - Thomas A. Edison reçoit
un brevet pour la « télégraphie automatique
et ses perforateurs » ; produit le message directement sur
une bande de papier de telle sorte qu'il soit prêt à
être plié, envoyé immédiatement à
sa destination ; lettres formées par un carré de 5x5
de 25 fils perforés. 18 février 1876 Liaison télégraphique
directe établie entre la Grande-Bretagne et la Nouvelle-Zélande. 3 mars 1976, Alexander Graham Bell, de Salem,
reçoit le brevet n° 174 465 pour le téléphone. Avril 1876 - Lars Magnus Ericsson ouvre un atelier électromécanique dans une cuisine louée à Stockholm pour réparer les instruments télégraphiques et autres appareils électriques ; le fonds de roulement était de 1 000 couronnes, empruntées à Mme Maria Stromberg de Nygard ; société nommée LM Ericsson & Co. ; Novembre 1878 - livraison des premiers téléphones de la fabrication Ericsson. 30 mai 1876 - Thomas a. Edison a reçu trois brevets pour une « amélioration des télégraphes duplex » ; le signal transmis activé soit envoyé sur le même fil que le signal reçu. 27 juillet 1876 - Après deux échecs, Cyrus W. Field réussit à poser le premier câble télégraphique sous-marin entre l'Amérique du Nord et l'Europe. 9 octobre 1876 - La première conversation téléphonique bidirectionnelle a eu lieu sur des fils extérieurs entre Alexander Graham Bell et Watson sur une ligne télégraphique reliant Boston et East Cambridge. |