Le Système Rotary


Le système Panel a été développé par Western Electric Labs, le précurseur des Bell Labs, aux États-Unis, et choisi pour les grandes villes américaines, parallèlement au système ROTARY d'International Western Electric en Belgique à Anvers, avant la Première Guerre mondiale, et sera utilisé en Europe.
Les deux systèmes avaient de nombreuses fonctionnalités en commun.

En France (et aussi en Europe), le système Américain Rotary a été adopté pour interconnecter les bureaux d'une ville ou d'une zone d'appel locale.

Aux Usa, la force de Bell était que les grandes villes avaient un grand nombre d'abonnés au téléphone et un pourcentage élevé d'appels nécessitant un routage entre les centraux au sein d'une ville.

Les études de Bell ont montré que les commutateurs Strowger qui était largement utilisés pour les plus petites circonscriptions, étaient plus lents que les commutateurs manuels améliorés d'AT & T dans de telles applications.
De plus, Bell devait faire en sorte que toutes les innovations de commutation soient compatibles avec les commutateurs existants, car les abonnés de tout central automatique de Bell devraient pouvoir communiquer efficacement avec les abonnés toujours connectés à des commutateurs manuels.
AT & T et Western Electric
, sa filiale d’équipement, ont entamés des recherches sur des conceptions alternatives de systèmes semi automatiques mieux adaptées aux besoins urbains.
Dans ce nouveau système, ce n'est pas l'abonné demandeur qui commande lui même, à partir de son poste, le déplacement des appareils de sélection, le choix de la ligne demandée, uil est assuré au moyen et par l'intermédiaire d'un ensemble d'organes, appelé enregistreur,
contrairement au système Strowger à contrôle direct.
Ce nouveau système utilisera les impulsions provenant du cadran téléphonique pour les traduire en un code électromécanique différent pouvant contrôler une unité de commutation plus grande.
Cela a conduit au développement préliminaire de deux types de commutateurs de contrôle indirect : le Panel et le rotary.

Le système comporte des moteurs et des embrayages fonctionnant en permanence pour sélectionner des contacts électriques.
Ce système a un fonctionnement tout en souplesse, de manière non saccadée et qui permet une commutation des circuits plus rapide que les commutateurs à fonctionnement pas-à-pas, et de ce fait une capacité d'écoulement de trafic sensiblement améliorée.


Puis le Bell System
a rapidement décidé de passer à la commutation entièrement automatique, notamment en raison de l’augmentation du nombre de téléphones et de l’évolution des conditions de travail.
Avec la croissance du réseau téléphonique, le recrutement et l’emploi d’un nombre suffisant d’opérateurs étaient devenus de plus en plus problématiques.


Le premier système, le ROTARY 7A SEMI-AUTOMATIQUE sous capitaux des USA, est mis en étude en 1911 à Berlin, dans l’Empire Allemand.

Un Commutateur Semi-automatique est donc un commutateur dont le point d'entrée, vu du côté des abonnés, est entièrement manuel, et dont la suite des opérations de mise en commutation est ensuite intégralement automatisée.

- À la première différence d'un central manuel, où une opératrice est affectée à un bloc d'abonnés fixe, dans le cas du semi-automatique Rotary, l'appel est aiguillé vers la première opératrice disponible. Ce qui répartit plus équitablement la charge des appels à traiter.
Ensuite, l'opératrice, n'a plus qu'à taper sur un clavier numérique à touches le numéro d'appel téléphonique urbain demandé par l'abonné du central manuel, et ensuite le commutateur s'occupe automatiquement du reste.
- À la seconde différence d'un central manuel où c'est l'opératrice qui doit rechercher et enficher les jacks manuellement et ainsi câbler l'acheminement elle même, en semi-automatique il n'y a plus besoin d'opératrices intermédiaires pour établir la liaison téléphonique, et du coup l'on peut diviser par 4 le nombre d'opératrices.


sommaire

Rotary 7A1
Les nouveaux organes rotatifs du Rotary

HISTORIQUE. —
- Dès 1912, le cabinet d’études est rapidement transféré à Anvers, en Belgique.
C'est en 1912 que M. Chaumet, sous-secrétaire d'Etat aux Postes et Télégraphes, a décidé l'établissement de commutateurs semi-automatiques Rotary dans les bureaux d'Angers et de Marseille et de commutateurs automatiques Strowger à Nice et à Orléans.


- Le système ROTARY 7A, dans sa version SEMI AUTOMATIQUE, est mis au point en Belgique par la Western Electric, filiale d’AT&T en 1914 à la veille de la première guerre mondiale, sous la direction de l’Ingénieur américain Robert McBerty.
- Les premiers équipements commencent à sortir de la chaîne de fabrication dans la foulée.
- La déclaration de guerre provoque la fermeture immédiate de l’usine principale, installée à Anvers, en Belgique.
- Les machines outils de l’usine, la plupart des équipements ROTARY 7A déjà manufacturés, et tous les plans du système sont évacués d’urgence vers la Grande-Bretagne, à Londres.
- Peu de temps après, du fait de la dégradation de la situation en Grande-Bretagne en raison de l’importance prise par la guerre, tous ces équipements sont évacués vers les États-Unis d’Amérique, afin de pouvoir continuer à développer à petite échelle la fabrication des équipements du ROTARY 7A.
- Le système Rotary a été choisi pour La Haye (Pays-Bas) et la Nouvelle-Zélande en 1913-1914, mais la fabrication a été perturbée par l'invasion allemande de la Belgique.
- Entre-temps, le premier commutateur Semi-Automatique Rotary 7A est mis en service, dans le monde, en Grande-Bretagne, dans la ville de Darlington le 10 octobre 1914 et à Dudley le 9 septembre 1916
- Ainsi donc, les premiers contrats de commande signés avant la déclaration de guerre peuvent être honorés malgré les circonstances dramatiques.
- Dès le mois de Décembre 1914, l'envahisseur allemand pille en totalité les équipements du Bureau Central Téléphonique de la ville d'Anvers ...


Pourtant : Les travaux d'aménagement des bureaux d'Angers et Marseille étaient tous entrepris en juillet 1914 quand la guerre éclata.
Malgré la raréfaction de la main-d'œuvre l'équipement du bureau d'Angers a été achevé et le bureau semi-automatique mis en service en novembre 1915.

En Novembre 1915 Angers ouvre le premier centre rotatif semi-automatique Rotary 7A en France,

Le système téléphonique semi-automatique ne diffère pas du système à batterie centrale en ce qui concerne les postes d'abonnés et l'intervention des opératrices pour établir une communication.
Le téléphone semi-automatique peut donc êlre substitué à notre système actuel de batterie centrale sans apporter aucun trouble dans les habitudes des abonnés : ce n'est qu'une question de montage de bureau central.

Dans un bureau central semi-automatique, lorsque l'opératrice a enregistré le numéro de l'abonné demandé sur un clavier analogue à celui d'une machine à écrire, la mise en relation de cet abonné avec l'abonné demandeur se poursuit automatiquement par des commutateurs tournants que nous décrirons plus loin.

Donc, plus de fiches, plus de jacks généraux ou particuliers ; le meuble téléphonique est réduit aux proportions d'une simple table d'aspect très dégagé.

L'opératrice n'est occupée par le demandeur que juste le temps suffisant pour enregistrer sur son clavier le numéro demandé.
Une téléphoniste habile pourra assurer jusqu'à 500 communications à l'heure, chiffre double de celui qui est obtenu avec la batterie centrale manuelle.
Enfin le système téléphonique semi-automatique se prête aisément à la transformation en système entièrement automatique.
Dans ce cas, les postes d'abonnés doivent être remplacés par des postes spéciaux, mais le montage du bureau central ne doit subir que des modifications insignifiantes : quelques fils de connexions
à supprimer et le système complètement automatique est réalisé.
On peut même avoir concurremment dans un même bureau
des abonnés semi-automatiques et des abonnés convertis en automatique pur.

Le passage du service manuel au service semi-automatique s'est effectué sans incidents.
1.100 abonnés sont reliés au commutateur, dont la capacité totale est de 3.000 abonnés et qui est placé dans un local assez vaste pour recevoir une extension considérable (jusqu'à 20.000 abonnés).

DESCRIPTION SOMMAIRE
A. — Un abonné décroche son récepteur.
Les lignes d'abonnés aboutissent à des chercheurs primaires à raison de 60 par chercheur et elles sont multiplées sur plusieurs chercheurs primaires.
Les chercheurs primaires cherchent la ligne appelante et l'un d'eux s'arrête sur cette ligne.
Les chercheurs secondaires cherchent les chercheurs primaires et s'arrêtent sur le chercheur primaire intéressé.
Le combineur choisisseur d'enregistreur cherche un enregistreur libre, le trouve et 1 opératrice est avertie par tonalité ; finalement le poste d'opératrice est relié à la ligne appelante.
B. — L'opératrice reçoit la demande de l'abonné appelant et appuie sur ses clés pour sonner l'abonné appelé.
L'opératrice appuie successivement sur les clés des mille, des centaines, des dizaines et des unités pour former le numéro de l'abonné appelé ; la lampe de sonnerie scintille, les clés restent enclanchées tant que les enregistreurs ne se sont pas arrêtés sur les positions correspondant aux chiffres de ce numéro ; les enregistreurs tournent et s'arrêtent, les clés du clavier sont dégagées et la lampe d'avancement des centaines s'allume.
Le choisisseur de balais est actionné et commence à tourner ; le choisisseur de balais s'arrête sur le groupe de centaines choisi et la lampe des centaines s'éteint ; la lampe d'avancement des dizaines s'allume; le chariot à balais se met à tourner et s'arrête sur les broches de la ligne auxiliaire allant au sélecteur de lignes libre ; le choisisseur de balais recommence à tourner, s'arrête sur les dizaines choisies, la lampe des dizaines s'éteint et la lampe d'avancement des unités s allume ; le chariot à balais se remet à tourner, 1'électroaimant d'embrayage du sélecteur final arrête celui-ci sur l'unité convenable et la lampe des unités s'éteint; l'enregistreur est déconnecté.
Si la ligne demandée est libre, la lampe de sonnerie s'éteint, J appel a lieu et la lampe de contrôle d'appel s'allume.
C. — L'abonné appelé répond en décrochant son récepteur ; la conversation a lieu.
D. — Les abonnés raccrochent leurs récepteurs ; les lampes de supervision s'allument.
E. — L'opératrice rompt la connexion en appuyant sur su clé de rupture. Le compteur de conversation est actionné. Les divers sélecteurs retournent au repos.
F. — L'abonné appelé au paragraphe B est occupé: le signal d'occupation est transmis à l'abonné appelant.
L'opératrice coupe la communication en appuyant sur la clé de rupture, mais le compteur de conversation n'est pas actionné (paragraphe G).
H. —L'abonné appelé au paragraphe B ne répond pas: l'opératrice en informe l'abonné appelant qui raccroche son récepteur.
L. —L'abonné demande le service des renseignements, la table d'essai ou bien une annotatrice.
Des clés spéciales permettent d'établir ces connexions sans. que le compteur de l'abonné fonctionne.
Les incidents pouvant donner lieu à des ruptures prématurées-de conversations sont examinés au paragraphe M.
Enfin les circuits de la table de surveillante sont décrits dans un chapitre spécial et ceux de la table d'essai font l'objet de la dernière partie de cet article.


Fig. 2. — Chercheur de lignes (Partie fixe). — Chercheur de lignes (Partie tournante).


Le passage à la commutation urbaine entièrement automatique
a été rendu possible grâce à un plan conçu en 1916 par l'ingénieur AT & T WG Blauvelt.

Dès le 14 novembre 1918, 3 jours seulement après la fin de la guerre, des mesures drastiques sont prises pour réactiver l’usine d’Anvers en Belgique, grâce à une équipe réduite de cinquante agents qui travaillaient dans l'usine avant la guerre...
En effet, l’usine avait été totalement pillée par l’occupant allemand, qui en avait volé jusqu’aux générateurs électriques à vapeur de l’usine, pourtant réputés comme intransportables !
- Le Service Belge de la Restitution Industrielle s'emploie dès Novembre 1918 à enquêter, à retrouver et à récupérer la plus grosse part des matériels pillés... Les machines-outils encore utilisables de l'usine (466 sur les 550 disparues) sont retrouvées dans les territoires libérés d'Alsace-Moselle.
Les fameux générateurs de vapeur de l'Usine Rotary d'Anvers sont finalement retrouvés en Pologne quelque part dans une forêt à l'est de Varsovie, étant utilisés par l'Allemagne pour une usine de production de méthanol !
Ils sont récupérés par la Belgique en catastrophe juste avant le début de la guerre soviéto-polonaise de Mars 1919...
- Dès Janvier 1919, les premières machines-outils de remplacement arrivent des U.S.A.
- 1919 le centre Rotary 7A de Marseille est ouvert.

Salle des Opératrices d'Arrivée (dites Semi-B) du Rotary 7A de Marseille
Pupitre d'Opératrices de Départ dans la Zone Rotary de Marseille

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- Malgré le pillage complet dont elle fut victime, l’usine d’Anvers parvient en 1920 à reprendre ses activités dans des conditions convenables.
- Vers 1922, la filiale française, la société Le Matériel Téléphonique, basée depuis le 6 janvier 1890 au 46 avenue de Breteuil à Paris, met en chantier une grosse usine de fabrication à Boulogne-Billancourt, anticipant les grosses commandes à venir. Cette nouvelle usine sera prête en 1926.

- En 1924, le système ROTARY 7A est parfaitement mis au point et standardisé.
D’abord étudié principalement comme un système semi-automatique, les pertes de temps provoquées par la première guerre mondiale provoquent indirectement la réorientation de la conception vers un système intégralement automatique.
- Ainsi, les premiers commutateurs ROTARY 7A semi-automatiques livrés précédemment, sont-ils facilement reconvertis en automatique intégral ultérieurement. En France ce sera le cas pour Marseille.
- La première réalisation en automatique intégral est le ROTARY 7A d’Öslo en Norvège, mis en service le 23 janvier 1921.
- Suit Copenhague, au Danemark, mis en service en Janvier 1923.
- À Zurich, une petite installation en ROTARY 7A automatique est également mise en service au début 1923 sur un échantillon d'abonnés du ROTARY 7A semi-automatique de cette ville.

- En 1925 Outre les Pays-Bas (38 100 lignes) et la Nouvelle-Zélande (48 400 lignes), les autres pays ayant installé ou commandé du matériel Rotary, étaient l’Australie, la Belgique (29 000 lignes), le Danemark, l’Angleterre, la France, la Hongrie, l’Italie et la Norvège. (41 160 lignes), la Roumanie, l'Afrique du Sud, la Suède et la Suisse. Il y avait un total de 104 615 lignes en service et 137 330 lignes «en cours»

Il n' y aura pas de Rotary 7A d'installé en France, la variante française ROTARY 7A1 sera équipée à l'origine d'embrayages magnétiques des arbres rotatifs distribuant l’énergie motrice au commutateur.

Le ROTARY 7A1 est lui équipé d'embrayages mécaniques des arbres rotatifs plus robustes.
Comme le ROTARY 7A d'origine provenant des USA et conçu et mis au point en Belgique par la Western Electric filiale d'AT&T en 1914, il est équipé d'enregistreurs-traducteurs qui permettent, par rapport aux systèmes fonctionnant en pas à pas d’économiser des baies de sélecteurs et des étages de sélection en enregistrant les Préfixes des numéros téléphoniques demandés (2 chiffres en province, 3 caractères pour la Région Parisienne) afin de déterminer directement une route « calculée » par le traducteur qui va analyser ces préfixes par bloc.
Une fois le centre téléphonique à contacter déterminé, le traducteur commande en différé la rotation des sélecteurs nécessaires à l’établissement de la communication en activant les bonnes commandes d’embrayages qui vont connecter juste le temps nécessaire les arbres d’entraînement rotatifs des sélecteurs choisis pour les positionner sur les bonnes positions, et les débrayer au bon moment par un système d’impulsions de contrôle inverses.
Ainsi, tout commutateur de modèle ROTARY fonctionne de manière régulière et harmonieuse.
Il est pourvu de sélecteurs rotatifs semi cylindriques à 300 points de sortie (30 lignes téléphoniques de sortie sélectionnées par niveau, sur 10 niveaux empilés en hauteur).
Il est capable de gérer jusqu'à 10.000 abonnés par cœur de chaîne, si toutes les volumineuses extensions possibles sont toutes installées.


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Le premier ROTARY 7A1 conçu à partir de 1922 est mis en service dès 1927 à Nantes

Le meuble de gauche, au premier plan, constitue ce qu'oa appelle la « table directrice », qui permet de surveiller l'écoulement du trafic dans le bureau.

L'automatisation du réseau de Paris est décidée en 1926.

Le Commutateur Semi-Automatique ou Automatique communique à une des positions d'Opératrice Tandem (Indicateurs d’Appel Tandem) le numéro de l'abonné demandé du Central Manuel à l'aide de lampes numérotées.
Les Cordons Dicordes servent à l'Opératrice Tandem à connecter la ligne du demandeur du Commutateur Semi-Automatique ou Automatique vers une Opératrice d'Arrivée (Opératrice B) située dans le Central Manuel,
Opératrice d'Arrivée qui reçoit vocalement le numéro et finit le travail d'acheminement.

Rotary 7A de Marseille-Colbert I, 1927.


Sélecteur ROTARY 7A (type 7001)



Chercheur ROTARY 7A (type 7001 de Marseille-Colbert I) et un exemple d'un ensemble de détecteurs de ligne rotatifs (cage à oiseaux) Western Electric 7A. L'arbre horizontal est entraîné par un engrenage et lorsque l'électro-aimant de ligne est alimenté, un disque flexible à la base du chariot de brossage du Line Finder est engagé par friction sur le disque d'entraînement horizontal, entraînant la rotation du chariot.
C'est par l'adjonction de ces organes Enregistreurs que Marseille-Colbert I a pu être intégralement automatisé à partir du 1er août 1927 (processus achevé en Décembre 1927, par tranches de 1000 à 2000 abonnés).
Ces enregistreurs se distinguent des Enregistreurs pas-à-pas "normaux" utilisés ultérieurement par le fait que les Combineurs soient, eux, disposés verticalement sur la gauche de la baie (et non pas horizontalement en dessous des commutateurs rotatifs pas-à-pas).
Adaptation nécessaire pour être mécaniquement compatible avec la structure Rotary 7A d'origine, mise en service en semi-automatique depuis 1919...

ROTARY 7A2 : Cette nouvelle variante française est conçue en 1927 dans les laboratoires parisiens d'ITT à partir du système ROTARY 7A1.
Cette version améliorée est en effet nouvellement pourvue de sélecteurs de débordements de sécurité améliorant encore la capacité d'écoulement du trafic téléphonique ; c’est ce que l’on nomme l’acheminement supplémentaire de second choix.
La variante ROTARY 7A2 est le système à organes tournants le plus développé, mais aussi le plus cher. Il n’est pas déployé en France bien qu’y étant conçu, mais est adopté par plusieurs pays, dont notamment l’Espagne dès la fin de la guerre civile.
Principes de fonctionnement du système ROTARY 7A :
- Des arbres rotatifs verticaux distribuent l’énergie motrice au commutateur en tournant continuellement.
- Le ROTARY 7A est spécifiquement équipé d'embrayages par disques de friction, dont la commande est électromagnétique. (voir les disques de friction vers le bas et vers la droite, photographies ci-dessous). (Procédé breveté par M. Robert McBerty en 1914. Embrayage Type 7001)
- Les Chercheurs rotatifs de lignes d'abonnés du ROTARY 7A comprennent 60 positions (Chercheurs Type 7001)
- Le ROTARY 7A est pourvu de Sélecteurs rotatifs à deux mouvements (un rotatif et un ascensionnel pour le Rotary 7A) ; sélecteurs semi cylindriques à 200 points de sortie (20 lignes téléphoniques de sortie sélectionnées par niveau, sur 10 niveaux empilés en hauteur). (Sélecteurs Type 7001)
- Pour chaque Chercheur ou pour chaque Sélecteur donné, dans cette première version, l'axe horizontal de l'engrenage d'entraînement dynamoteur est perpendiculaire à l'axe de rotation vertical des sélecteurs.

1928 Finalement le ROTARY 7A1 est retenu pour Paris par souci d'homogénéisation du réseau parisien et ce malgré la conception entre-temps en 1927 d'une seconde variante : le ROTARY 7A2.
Le premier central téléphonique automatique mis en service dans Paris est Carnot, 23 rue de Médéric : le 22 septembre 1928 à 22 Heures, en présence du Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et Télégraphes Henry Chéron
Le second ROTARY 7A1 de Paris sera mis en service au Centre Téléphonique des Gobelins le 20 juillet 1929 ; il y a assuré un service satisfaisant jusqu’au 7 juillet 1982, soit 53 ans.
Le ROTARY 7A1 le plus récent de France a est installé en 1952.
Le dernier ROTARY 7A1 de France, celui de Paris-Alésia (à Montrouge), sera arrêté le 26 juin 1984.
Paris : Situation en 1927

Dans la presse , la revue LE GENIE CIVIL de Mai 1927, voici comment est décrit le système Rotary

MANIÈRE DE FAIRE UN APPEL. — Le cadran d'appel est fixé sur le poste de l'abonné. L'appelant décroche son microphone ou son « combiné ». De ce fait, sa ligne est mise sous courant et il perçoit un ronflement léger qui est l'équivalent du « j'écoute » de l'opératrice actuelle, mais qui a l'avantage d'être toujours instantané.

Alors il compose son numéro avec le cadran. Supposons qu'il appelle : Gutenberg 15-98. Il fera les trois premières lettres de Gutenberg, puis successivement les chiffres 1, 5, 9, 8. A chaque fois, il aura enfoncé le doigt dans l'ouverture correspondante du disque, et aura fait tourner celui-ci de gauche à droite, jusqu'à une butée d'arrêt à partir de laquelle un ressort antagoniste ramène le disque à sa position première. Cette manipulation est déjà familière à bien des abonnés, qui usent de postes automatiques sur des réseaux privés (administrations, grands magasins, etc.).

Pendant ce mouvement, de petites dents dont le disque est pourvu intérieurement actionnent au passage un levier qui fonctionne comme interrupteur sur la ligne de l'abonné. La manœuvre de ce dernier a donc pour effet de lancer vers le commutateur automécanique un nombre d'impulsions variables avec la lettre ou le chiffre touchés.
Au central, le commutateur reçoit ces impulsions, les enregistre, les interprète et leur donne satis faction si l'appelé est libre; si l'appelé n'est pas libre, un ronflement analogue à celui déjà en usage sur les réseaux manuels l'annonce.

L'ÉQUIPEMENT D'UN BUREAU CENTRAL AUTOMATIQUE.
- Nous nous bornerons à donner ici, en attendant la publication d'une étude plus générale sur la téléphonie automatique Co, quelques indications sur le principe du système Rotary, étudié par la International Standard Electric Corporation américaine, et qui doit être construit et mis en place à Paris par plusieurs sociétés françaises spécialisées dans le matériel téléphonique.

Dans un central à service automatique complet, les opératrices, utilisant les fiches et les jacks des bureaux manuels, ont fait place à des organes commutateurs ou « sélecteurs » ayant pour mission de relier les deux circuits d'abonnés qui doivent communiquer entre eux.
Ils suppléent avec rapidité et précision
aux gestes de la téléphoniste disparue, et donnent à l'abonné demandeur le moyen de relier lui-même sa ligne à celle de l'abonné demandé, sans autre intermédiaire.

Jetons un coup d'œil sur les mécanismes, à la vérité d'une comp'exité extrême, qui assemblés forment les organes d'un central automatique.
La figure 4 donne une idée très schématique de l'ensemble des connexions établies par un commutateur « Rotary » en place et de la manière dont s'établit, par son intermédiaire, la communication entre un abonné appelant et son correspondant.

Un sélecteur se compose d'une partie fixe et de deux parties mobiles, l'arbre porte-balais et l'arbre sélecteur de balais. Les broches fixes des sélecteurs sont disposées sur un segment demi-circulaire, au centre duquel est monté, sur pivot, un chariot à balais mobile, portant plusieurs jeux de balais reliés au multiple. Le jeu de balais qui a été choisi peut frotter ou prendre contact sur les broches correspondantes du segment. Le chariot à balais est dépourvu de tout mouvement de glissement : il peut seulement pivoter concentriquement au sélecteur qu'il doit desservir, la rangée convenable des broches étant atteinte par le déclenchement d'un des jeux de balais.
On distingue des sélecteurs de trois types :
1° Le chercheur de ligne (fig. 5), dont les jeux de balais disposés à 1200 sont mis en mouvement, jusqu'à ce que l'un des jeux de balais fasse contact avec les broches de la ligne « appelante » ;
2° Le sélecteur de groupe, dans lequel les balais se déplacent vers l'avant en pivotant avec le chariot, jusqu'à ce qu'ils fassent contact avec les broches d'une ligne auxiliaire libre, qui prolonge alors la connexion vers le groupe de sélecteurs suivant;
3° Le sélecteur final (fig. 6), dans lequel les balais choisis se déplacent avec le chariot, en avançant d'uii nombre défini de pas, jusqu'à ce qu'ils fassent contact avec les broches de la ligne « appelée ».
Des arbres en rotation permanente commandent mécaniquement les mouvements des organes sélecteurs, et l'embrayage de chaque organe avec l'arbre de rotation est assuré par un électro de commande.
Dans le système Rotary, qui convient surtout aux grands réseaux, la capacité d'exploration des divers sélecteurs est de 300 lignes, et ces 300 lignes sont réparties en dix groupes de trente.
La figure 6 montre un sélecteur final monté en position sur une baie avec ses deux électros d'embrayage : le supérieur commande la rotation du déclencheur de balais, et l'intérieur celle du chariot porte-balais.
Ce chariot comprend dix jeux de trois balais en bronze phosphoreux, multiplés et connectés aux trois balais du collecteur.
Ces balais frottent sur les bagues du collecteur situé sous la partie, supérieure du bâti de l'arc. La roue dentée et le tambour gradué sont fixés à la partie inférieure du chariot porte-balais.
Une paire d'engrenages réducteurs tournant librement autour de la partie supérieure de l'axe, juste au-dessus du palier à rotule, sert à entraîner le déclencheur de balais.
Les dix jeux de trois balais sont normalement maintenus en position par dix loquets d'ébonite, et le déclencheur de balais est muni de dix ergots montés en spirale autour de l'axe et que l'on aperçoit sur la partie gauche de la figure.
Le schéma (fig. 7) montre le fonctionnement de cet organe.
Le sélecteur est-il au repos, ses deux commandes g et G tournent librement. Est-il appelé à faire une sélection : alors, l'électro d du déclencheur de balais est excité et, en attirant son armature e, permet à la roue dentée flexible i de venir en prise avec le commande g qui l' entraîne dans le sens des aiguilles d'une montre.
Cette roue dentée flexible est solidaire d'une roue dentée réductrice J par l'intermédiaire du moyeu K. Ces deux roues tournent librement sur l'axe du chariot porte-balais l. La roue réductrice est toujours en prise avec la roue m, solidaire du déclencheur de balais S, lequel est muai d'un commutateur n sur lequel frottent les balais 0. Ces balais connectent les terres de court-circuit et de centrage.
Quand le déclencheur de balais a tait le nombre de pas voulu, l'enregistreur ouvre le circuit fondamental.
Quand le commutateur a ouvert le contact de centrage, le circuit de l'électro d est ouvert; son armature e dégage la roue dentée i de la commande g et la pousse vers la butée d'arrêt p. L'armature e pivote autour de l'axe q, et est fixée à son extrémité au ressort de rappel r Sous la pression de l'armature, la roue dentée flexible s'arrête.
Le déclencheur de balais est alors dans une position où l'un de ses ergots t se trouve en face d'un des loquets d'ébonite commandant les balais : lorsque le chariot tournera, le jeu de balais correspondant sera déclenché et fera contact avec les broches de l'arc du sélecteur. Après la rotation du déclencheur de balais, des changements de circuit se produisent et l'électro D s'excite.
Cet électro attire son armature E, qui pivote autour de l'axe Q et est retenue par le ressort r. La roue dentée flexible F vient en prise sur la commande G qui est solidaire de l'arbre vertical Cette roue dentée F tourne dans le sens des aiguilles d'une montre et entraîne avec elle le chariot porte balais B et la roue indicatrice H.
Quand le chariot passe devant le déclencheur de balais, un jeu de trois balais est déclenché et le sélecteur cherche une jonction libre sur le niveau correspondant. Les bagues du collecteur Ket les balais frotteurs L forment la liaison entre les balais et les parties fixes du circuit.
Quand le sélecteur a trouvé une ligne libre, des changements de circuit se produisent, le circuit de l'électro D est ouvert, et son armature E est poussée contre la butée d'arrêt P, arrêtant ainsi le chariot en face des broches de la jonction choisie : cette jonction est indiquée parla roue indicatrice H et le repère W. Quand le sélecteur relâche, l'électro d est de nouveau excité, et le déclencheur de balais retourne à sa position de repos.
De même, l'électro D du chariot est excité et le chariot B retourne à sa position de repos en achevant la rotation commencée.
Quand les balais passent devant le rouleau d'effacement R, les balais déclenchés sont de nouveau accrochés au loquet d'ébonite.
Quand le chariot arrive à sa position de repos, la cheville isolée M actionne un contact, ce qui supprime l'excitation de l'électro D et arrête le chariot.
Enregistreur. — Rien ne parvient aux sélecteurs que par l'intermédiaire d'un enregistreur, organe dont le rôle est capital, car, grâce à lui, la commande est exercée avec exactitude et au moment voulu.
L'abonné décroche son récepteur et « fait » son numéro. Chaque numéro correspond à une série d'impulsions, comme il est dit plus haut. L'enregistreur reçoit chaque série d'impulsions, l'enregistre et la traduit conformément à la base numérique adoptée pour les sélecteurs de ligne.
La première série d'impulsions de l'enregistreur fait qu'un jeu de balais du sélecteur de groupe primaire est choisi et déclenché.
Ce jeu de balais va frotter sur la rangée de broches connectées aux sélecteurs de groupes secondaires ayant accès au groupe de 2000 lignes où se trouve la ligne demandée. Par suile, dès que le jeu de balais du sélecteur de groupe primaire a été choisi, il se met en mouvement et frotte sur les broches, cherchant une ligne auxiliaire libre, qui, une fois trouvée, étend la connexion jusqu'au sélecteur de groupe secondaire.
La seconde série d'impulsions de l'enregistreur fait qu'un jeu de balais du sélecteur de groupe secondaire est choisi et déclenché.
Ce jeu de balais frotte sur la rangée des broches connectées aux sélecteurs de ligne ayant accès aux 300 lignes parmi lesquelles se trouve la ligne demandée. Le jeu de balais du sélecteur de groupe secondaire se met en mouvement, frotte sur les broches, et cherche une ligne auxiliaire libre qui, une fois trouvée, étend la connexion jusqu'au sélecteur final.
La troisième série d'impulsions de l'enregistreur renouvelle la même manœuvre sur le sélecteur final, et la quatrième série lance en avant le jeu de balais choisi, d'un mouvement régulier et ininterrompu, jusqu'à ce qu'il se trouve sur les broches de la ligne demandée, où il s'arrête automatiquement.
Alors, l'enregistreur se déconnecte, tandis que le conducteur allant du chercheur de ligne au sélecteur du groupe primaire s'intercale dans le circuit.
En même temps, le sélecteur final essaie la ligne demandée et y lance le courant de sonnerie, si elle est libre.
L'enregistreur est donc, si l'on peut dire, l'intelligence du mécanisme, puisque, recevant la commande, il la traduit et en assure la bonne exécution.
Combineur. — Le combineur est un appareil rotatif, utilisé pour combiner les circuits des sélecteurs et des enregistreurs.
Il permet de faire des combinaisons de circuits qui ne sont pas réalisables avec de simples relais.
La figure 8 montre l'aspect d'ensemble de cet organe, qui se compose d'un axe portant un certain nombre de disques en matière isolante, munis de bagues métalliques de chaque côté.
En dehors de l'axe, les différentes parties dont se compose le combineur, et que nous nous bornerons à citer, sont: le bâti, les paliers, le tambour gradué, les cames, les blocs de balais, la roue dentée flexible, l'électro d'embrayage, le commutateur d'avancement et le couvercle.
La construction de toutes ces pièces et leur assemblage comportent un usinage délicat.
Pour l'équipement en automatique des centraux parisiens, cet usinage sera fait dans une vaste usine dont la Société « Le Matériel téléphonique » achève l'installation à Boulognesur-Seine et qui est, d'ores et déjà, en mesure de fabriquer en série les pièces détachées et organes dont le montage est effectué sur place. Plusieurs autres constructeurs français ont, en outre, décidé de participer à la fabrication du matériel «. Rotary ».

Vu dans la presse : La revue "LE GENIE CIVIL" du 18 Février 1928, raconte

L'intérêt du public parisien est attiré, de temps à autre, par des informations relatives à la transformation du système téléphonique actuel, à transmission manuelle, en système à transmission automatique. Il s'agit là d'une opération très importante, tant par les dépenses considérables qu'elle exige, que par le travail matériel de remplacement de tout l'équipement des bureaux actuels : aussi ne peut-elle être réalisée que très progressivement, et le programme de l'Administration ne prévoit pas son achèvement avant 1940 environ : à cette époque, 40 bureaux automatiques, dans Paris, pourront recevoir 360000 lignes d'abonnés, sans compter une vingtaine de bureaux dans la petite banlieue.
Le choix de l'Administration s'est porté sur le système Rotary, qui a fait ses preuves en Europe dans les villes de Bruxelles, Anvers, Oslo, Copenhague, Madrid, Genève, Zurich, Bâle, etc., et qui fonctionne déjà chez nous, à Nantes sepuis 1927.
La transformation s'effectue aussi dans les bureaux de province, à mesure des remplacements d'équipements manuels arrivés à fin de service : déjà des commutateurs automatiques fonctionnent à Nice, Orléans, le Havre, Vichy, Montpellier, Rennes, Nantes, Marseille (bureau Colbert).
Bientôt il en sera de même à Bordeaux, Troyes, Marseille (bureau Dragon) , Lyon (bureaux Franklin et Burdeaux)

Les travaux d'installation portent actuellement sur le nouveau bureau Carnot, dans le quartier Monceau, qui doit être mis en service dès cette année, et qui sera suivi des bureaux Gobelins, Diderot, Vaugirard, Trudaine.
Ces cinq bureaux sont commandés à la Société Le Matériel Téléphonique.
La Société
des Téléphones Grammont a reçu, de son côté, la commande des bureaux Danton et Odéon, et la Société des Téléphones Ericsson, celle des bureaux Anjou et Opéra.

En dehors des travaux d'aménagement des nouveaux bureaux, il faut, bien entendu, y transférer les lignes des abonnés reliés jusque-là aux anciens bureaux manuels, et transformer les postes de ces abonnés eux-mêmes, sans interrompre le service, ce qui entraîne de nombreuses difficultés.

Notre but, dans cet article, est de comparer dans leurs grandes lignes les caractéristiques des systèmes de téléphonie automatique, qui, comme nous le verrons plus loin, appartiennent à deux catégories bien distinctes.


Les installations des abonnés reliés à des bureaux téléphoniques automatiques ne diffèrent de celles des abonnés reliés à des bureaux manuels à batterie centrale, que par la présence d'un petit appareil appelé cadran d'appel ou disque d'appel , dont l'abonné se sert pour demander ses communications.

Quand un abonné « automatique » veut demander une communication, il décroche son appareil, porte son récepteur à l'oreille et attend, avant d'executer aucune manœuvre, de percevoir un bourdonnement continu caractéristique, appelé signal de transmission ou signal de manœuvre.
Ce signal, qui, en pratique, ne se fait jamais longtemps attendre, lui est envoyé par le bureau téléphonique, quand tout y est prêt pour recevoir son appel.
L'abonné compose alors sur son cadran le numéro qu'il désire obtenir.

Supposons que le numéro désiré soit 6345 : l'abonné enfonce un doigt dans le trou numéroté 6, entraîne la partie mobile du cadran dans le sens des aiguilles d'une montre, jusqu'à ce que son doigt vienne rencontrer la butée d'arrêt, puis il lâche le cadran et le laisse revenir de lui-même à sa position de repos, sans vouloir accélérer ni freiner son mouvement. Pendant que le cadran revient au repos, six ruptures consécutives, de courte durée, sont produites sur la ligne de l'abonné. Ces six ruptures constituent l'envoi du chiffre 6. L'abonné envoie alors successivement les chiffres 3, 4 et 5, en utilisant les trous numérotés sur son cadran 3, 4 et 5. Il produit ainsi sur sa ligne trois nouvelles séries de ruptures, comprenant respectivement : la première, trois ruptures consécutives, la seconde quatre ruptures consécutives, et la troisième cinq ruptures consécutives.
On appelle « impulsion de rupture » chacune des ruptures produites par un abonné demandeur quand il fait un appel sur sa ligne.
On dit, de même, que chaque série de ruptures constitue un train d'impulsions de rupture.
Nous dirons donc que l'appel du numéro 6345, à partir d'un poste d'abonné, s'effectue par l'envoi de quatre trains d'impulsion consécutifs, comprenant respectivement six, trois, quatre et cinq im pulsions de rupture.
Remarquons, en passant, que le trou numéroté zéro sur le cadran suit le trou numéroté 9 : il en résulte que l'envoi du chiffre zéro produit un train de dix impulsions de rupture.

Le problème de la téléphonie automatique consiste à utiliser de telles séries de signaux, émis par un abonné demandeur, pour relier sa ligne, sans le secours d'aucun intermédiaire humain, à la ligne de l'abonné demandé, qui peut être l'un quelconque des abonnés du même réseau.
Le nombre des trains d'impulsions que l'abonné demandeur doit envoyer pour faire son appel, dépend
évidemment de l'importance du réseau auquel il est rattaché.
A Paris, les numéros d'abonnés demandés se composeront d'une série de trois lettres, suivies de quatre chiffres.
L'abonné « CARnot 63 45» sera appelé, sur le cadran du modèle de Paris, par l'envoi successif des signaux C, A, R, 6, 3, 4 et 5.
Dans un petit réseau ou une installation privée, au contraire, où le nombre des abonnés ne dépasse pas 100, il suffira d'envoyer deux trains d'impulsions pour faire un appel.
Quoi qu'il en soit, quelle que soit l'importance du réseau considéré et quel que soit le système automatique en service, les installations d'abonnés et les cadrans d'appel sont toujours basés sur les mêmes principes, et la façon de faire un appel est toujours la même.
C'est seulement par la façon dont les trains d'impulsions émis par les abonnés demandeurs sont utilisés au bureau téléphonique pour rechercher la ligne de l'abonné demandé parmi toutes les lignes du réseau, que se distinguent entre eux les différents systèmes de téléphonie automatique.
A ce point de vue, les différents systèmes de téléphonie automatique peuvent être classés en deux grandes catégories : les systèmes pas à pas, appelés aussi systèmes à impulsions directes, et les systèmes à entraînement mécanique, appelés aussi systèmes à impulsions inverses.

Dans la première catégorie se rangent le système Strowger et ses dérivés ; les systèmes Rotary, Ericsson et Panel appartiennent à la deuxième. sans nous arrêter aux différents modes de réalisation, nous bornerons-nous à mettre en évidence les principes généraux de ces deux grandes catégories.

LES CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES DIFFÉRENTS SYSTÈMES DE TÉLÉPHONIE AUTOMATIQUE
Voici en 1916, un exposé de Charles PETIT, Ingénieur en chef des Postes et Télégraphes en 1928.

LES SYSTÈMES « PAS A PAS » (voir le Strowger)
— Dans ces systèmes, ce sont les impulsions émises par l'abonné demandeur qui provoquent ellesmêmes, sans l'interposition d'aucun intermédiaire, le choix de la ligne demandée. C'est l'abonné demandeur qui, à partir de son poste, par la manœuvre de son cadran d'appel, déplace les appareils que met en jeu successivement l'établissement de la communication, limite leurs déplacements, et, en définitive, relie sa ligne à celle de l'abonné demandé.
Etudions, d'une façon plus précise, comment les choses se passent dans un bureau de 10000 abonnés, numérotés de 0000 à 9999.
La division des lignes d'abonnés.
— Les lignes d'abonnés sont rangées, dans l'ordre numérique, en 10 groupes de mille, d'après le premier chiffre de leur numéro. Le premier groupe comprend les 1000 lignes dont le numéro commence par 1; le 10° groupe comprend les 1000 lignes dont le numéro commence par 0. Chacun de ces groupes se subdivise à son tour, dans l'ordre numérique, en 10 sous-groupes, comprenant chacun 100 lignes. Dans chacun des groupes de mille, le premier sous groupe renferme les 100 lignes dont le chiffre de centaine est 1 ; le 10" sous-groupe renferme les 100 lignes dont le chiffre de centaine est 0. Dans chaque centaine, les lignes d'abonnés sont rangées de même, dans l'ordre numérique, d'après le chiffre de dizaine de leur numéro, en dix divisions de 10 lignes chacune. Enfin, les 10 lignes de chaque dizaine sont rangées à leur tour dans l'ordre numérique, la première étant celle dont le chiffre d'unité .est 1, la dixième celle dont le chiffre d'unité est 0.
L'ordre dans lequel les lignes d'abonnés sont rangées dans le bureau reproduit donc, purement et simplement, la division en milliers, centaines, dizaines et unités de la numération décimale, à la seule différence que le chiffre zéro est considéré dans le bureau comme un chiffre dont la valeur est 10 et qui suit le chiffre 9, et non pas comme un chiffre de valeur nulle et qui précède le chiffre 1. La ligne de numéro 6345, par exemple, se trouve avoir dans le bureau la situation suivante : 6e groupe, 3e sous-groupe, 4e division, 5e ligne.
Une communication à destination de cette ligne s'établit de la façon suivante.
— L'abonné demandeur, dès qu'il décroche son appareil, provoque dans le bureau téléphonique quelques opérations préliminaires, dont le résultat est de relier sa ligne aux balais d'un appareil, appelé premier sélecteur ou sélecteur de mille. L'envoi du signal de manœuvre à l'abonné marque la fin de ces opérations préliminaires, qu'on appelle opérations de présélection. Au reçu de ce signal, l'abonné envoie le chiffre 6. Les six impulsions de rupture correspondantes sont reçues par le premier sélecteur, qui leur obéit de la façon suivante.
Les balais du sélecteur peuvent explorer un champ de 100 lignes, disposées en 10 rangées horizontales (ou niveaux) superposées, de 10 lignes chacune. Ils occupent au repos, par rapport aux 100 lignes qui constituent leur champ d'exploration, la situation marquée par une croix sur la figure 3. Les six ruptures reçues par l'appareil font monter les balais de six pas verticaux d'ascension (un pas à chaque impulsion reçue), et les amènent ainsi à la hauteur de la sixième rangée de lignes.
Les 10 lignes de cette rangée sont reliées chacune à un appareil, appelé deuxième sélecteur ou sélecteur de centaine, capable d'atteindre l'un quelconque des abonnés du sixième mille. Les balais se mettent alors à explorer automatiquement de gauche à droite les 10 lignes de cette rangée, et s'arrêtent sur la première qu'ils trouvent libre. La ligne de l'abonné demandeur se trouve ainsi prolongée jusqu'aux balais d'un deuxième sélecteur, capable d'atteindre l'un quelconque des abonnés du sixième mille.
Le deuxième sélecteur est un appareil à peu près identique au premier sélecteur. Le champ d'exploration de ses balais est constitué, lui aussi, par 10 niveaux comprenant chacun 10 lignes.

Les 10 ligues du niveau de rang n sont reliées aux balais d'un appareil appelé connecteur, capable d'atteindre directement un abonné quelconque appartenant à la ne centaine du sixième mille. Quand l'abonné demandeur enverra le deuxième chiffre du numéro demandé (le chiffre 3, dans l'exemple considéré), les trois impulsions de rupture correspondantes seront reçues par le deuxième sélecteur, dont les balais monteront de trois pas verticaux (un pas pour chaque impulsion reçue), atteindront la hauteur du troisième niveau et se mettront automatiquement à rechercher une ligne libre parmi les 10 lignes de ce niveau. La première ligne trouvée sera prise et prolongera la ligne de l'abonné demandeur jusqu'au connecteur correspondant.
C'est ce connecteur, appareil analogue aux sélecteurs, qui recevra les deux derniers chiffres du numéro demandé. Ses balais peuvent explorer un champ de 100 lignes, rangées en 10 niveaux de 10 lignes, à chacune desquelles est reliée directement une ligne d'abonné.
Sur le connecteur en cause, les 10 lignes du ne niveau sont reliées aux 10 lignes d'abonnés qui appartiennent à la n, dizaine dans la centaine 63.
Ces 10 lignes sont rangées de gauche à droite, dans l'ordre numérique de leur chiffre d'unité, en commençant par le chiffre 1 et terminant par le chiffre zéro.
Quand le connecteur reçoit le chiffre 4, ses balais montent pas à pas jusqu'à la hauteur de leur quatrième niveau.
Ils attendent dans cette position l'envoi du chiffre 5, puis, sous l'action de cinq impulsions reçues, font cinq pas horizontaux, qui les amènent sur la ligne de l'abonné 63 45 demandé.
Aussitôt sa ligne atteinte, l'abonné demandé est sonné, s'il est libre, ou le signal d'occupation est envoyé à l'abonné demandeur, si le poste 63 45 est trouvé occupé.
Caractères généraux des systèmes pas à pas.
— Cette description sommaire de la façon dont s'établit une communication va nous permettre de dégager les caractères généraux des systèmes pas à pas.
La recherche de la ligne demandée s'effectue de proche en proche, en choisissant d'abord le millier qui la contient, puis la centaine dans le mille, la dizaine dans la centaine, et enfin la ligne dans la dizaine. Ces recherches successives sont commandées à distance, et directement sans aucun intermédiaire, par les manœuvres de l'abonné demandeur. Les différents appareils mis en jeu se déplacent pas à pas, à raison d'un pas pour chaque impulsion qu'ils reçoivent. Ces commandes pas à pas sont assurées par des circuits tous identiques, d.ont le fonctionnement est le suivant (fig. 4).
Dès qu'un sélecteur est pris, la ligne de l'abonné demandeur se trouve bouclée sur un relais rapide L, qui attire son armature.
Ce relais met en circuit un relais B retardé au décollage.
L'armature du relais L retombe à chaque rupture produite sur la ligne par la manœuvre du cadran d'appel. Si l'abonné envoie le chiffre 6, le relais L retombe donc six fois de suite, mais le relais B, dont le retard au décollage est supérieur à la durée d'une rupture, ne retombe pas. Dans ces conditions, chacune des retombées du relais L provoque l'attraction de l'éleclro d'ascension, dont l'armature commande le déplacement vertical des balais de l'appareil. Ces derniers se déplacent donc pas à pas, à raison d'un pas pour chaque impulsion reçue.

Dans l'exemple considéré, le premier sélecteur reçoit le chiffre 6. Mais nous avons remarqué que cet appareil, après avoir déplacé ses balais de six pas d'ascension à la commande de l'abonné demandeur, se déplace d'un mouvement automatique, pour rechercher une ligne libre sur le sixième niveau.


Cette recherche automatique, dont le but est de trouver un deuxième
sélecteur sur lequel sera reçu le chiffre 3, doit évidemment être terminée avant que l'abonné demandeur envoie ce chiffre. Il en résulte une conséquence importante pour le nombre des lignes que peut utilement comprendre chaque niveau. Ce nombre ne doit pas être supérieur à celui que peuvent explorer les balais de l'appareil, en recherche automatique, pendant l'intervalle de temps minimum qui peut séparer la fin de l'envoi d'un chiffre et le commencement de l'envoi d'un chiffre suivant. Les conditions les plus défavorables sont réalisées, à ce point de vue, quand un abonné exercé envoie des chiffres 1 consécutifs. Le nombre des lignes possible est, d'autre part, fonction de la vitesse à laquelle s'effectue la recherche automatique, vitesse qui est elle-même limitée par des considérations de sécurité. En pratique courante, le nombre des lignes de chaque niveau est limité à 10; on peut cependant atteindre 20, et même réaliser des champs de sélection beaucoup plus étendus, au moyen de quelques artifices.
Quoi qu'il en soit, nous retiendrons de ce qui précède que le nombre des lignes de chaque niveau est, en principe, limité.
La figure 4 montre comment on déclenche la recherche automatique, consécutive à une sélection commandée.
C'est ici qu'intervient le relais C. Ce relais, retardé au décollage, se trouve mis en circuit avec l'électro d'ascension, à la première rupture produite sur la ligne de l'abonné demandeur. Son retard est supérieur à l'intervalle de temps qui s'écoule entre deux ruptures consécutives appartenant au même train d impulsions : il reste donc attiré jusqu'après l'envoi de la dernière impulsiondu train d'impulsions considéré, mais il retombe alors.
Le contact A est coupé quand l'appareil est au repos, mais établi dès que ses balais ont fait au moins un pas d'ascension. A la retombée du relais C, l'électro de rotation attire donc son armature et amène les balais de l'appareil sur la première ligne du niveau à la hauteur duquel ils se trouvent. Si cette ligne est libre, les balais s'arrêtent sur elle; sinon, ils passent sur la ligne suivante, et ainsi de suite, par le jeu d'un circuit non représenté sur la figure.

Il peut se faire qu'aucune ligne ne soit libre, parmi celles du niveau exploré. Dans ce cas, les balais du sélecteur passent au delà de la dernière ligne du niveau exploré et s'arrêtent dans cette position, tandis que le signal d'occupation est envoyé à l'abonné demandeur. Ce dernier, qui ne garde généralement pas le récepteur de son appareil à l'oreille pendant la manœuvre de son cadran, n'est pas prévenu de cet incident au moment même où il se produit; mais il continue l'envoi du numéro demandé et ne perçoit le signal d'occupation qu'après l'envoi complet de ce numéro. Les appels qui ne peuvent aboutir, par suite d'un encombrement sur un niveau d'un sélecteur, sontdits « perdus » : ils le sont, en ce double sens que l'abonné doit recommencer son appel et qu'une partie des chiffres qu'il a composés ont été envoyés en pure perte.

Enfin, puisque c'est l'abonné demandeur, qui, depuis son poste, commande lui-même le déplacement des appareils de sélection, le fonctionnement de ces appareils se trouve sous la dépendance directe du bon état de sa ligne.

LES SYSTÈMES A ENTRAÎNEMENT MÉCANIQUE.
— Dans ces systèmes, ce n'est pas l'abonné demandeur qui commande lu imême, à partir de son poste, le déplacement des appareils de sélection. D'une part, le choix de la ligne demandée est assuré au moyen et par l'intermédiaire d'un ensemble d'organes, appelé enregistreur.
D'autre part, les appareils de sélection travaillent d'une façon tout autre que dans les systèmes pas à pas.

L'enregistrement. —
Quand un abonné demandeur décroche son appareil, il provoque au bureau téléphonique des opérations préliminaires de présélection, dont le résultat est de relier sa
ligne, non pas à un appareil de sélection comme dans les systèmes pas à pas, mais à un enregistreur.
Le signal de manœuvre lui est envoyé quand sa ligne est reliée à un enregistreur; il compose alors sur son cadran le numéro demandé.
Ce numéro est reçu chiffre par chiffre dans l'enregistreur, qui l'emmagasine dans le but de se substituer purement et simplement à l'abonné demandeur, jusqu'à la fin de la sélection.

L'enregistreur se compose en principe d'autant d'éléments qu'il y a de chiffres dans les numéros d'abonnés.
Dans un bureau de 10000 lignes, l'enregistreur comprend donc quatre éléments, spécialisés pour recevoir respectivement : le premier, le chiffre des mille, le second celui des centaines, le troisième celui des dizaines, le quatrième celui des unités.
Ces éléments peuvent être, suivant les types de réalisation des jeux de relais, des commutateurs pas à pas ou des arbres à cames, mais chacun d'eux prend une situation électrique ou une orientation caractéristique du chiffre qu'il reçoit, de sorte que désormais la ligne de l'abonné peut être temporairement éliminée du circuit ; l'enregistreur a pris note, en quelque sorte, du numéro demandé.
Etablissement d'une communication.
— Supposons que l'abonné demandé ait le numéro 63 45. La sélection commence dès que le premier élément de l'enregistreur a été amené dans la situation ou l'état qui caractérise le chiffre 6. Cet élément est alors relié à un premier sélecteur, dont il va contrôler les déplacements.
Le premier sélecteur en cause possède un jeu de balais, capables d'explorer un champ de 300 lignes, par exemple. Supposons que ces lignes constituent 5 groupes, de 60 lignes chacun.
Les 60 lignes du premier groupe sont reliées à des seconds sélecteurs, capables d'atteindre l'une quelconque des lignes d'abonnés dont les numéros commencent par les chiffres 0 et 1.
De même, les 60 lignes du deuxième groupe seront reliées à des seconds sélecteurs qui permettront d'atteindre les abonnés dont les numéros appartiennent aux mille 2 et 3, et ainsi de suite. La sélection doit, dans cette hypothèse, conduire les balais devant le quatrième groupe de lignes de leur champ d'exploration (fig. 5).

Près du sélecteur tourne un arbre d'entraînement en rotation permanente.
Aussitôt le premier sélecteur relié à l'enregistreur, ses balais se trouvent embrayés avec cet arbre et se mettent à explorer d'un mouvement continu, à partir de leur position de repos, les différents groupes de lignes de leur champ d'exploration.
En passant devant le premier groupe, ils envoient un signal — on dit une impulsion inverse — à l'enregistreur. Ils lui envoient une deuxième impulsion inverse, quand ils passent devant le deuxième groupe de lignes, et ainsi de suite.
Les impulsions inverses que reçoit l'enregistreur produisent dans son circuit certaines opérations électriques, telles que l'enregistreur mesure, pour ainsi dire, le déplacement des balais du sélecteur et connaît à chaque instant leur situation.
Quand, dans l'exemple considéré, l'enregistreur reçoit la quatrième impulsion inverse, il réagit en faisant stopper à distance les balais du sélecteur qui s'arrêtent devant le quatrième groupe de lignes de leur champ d'exploration.
Ainsi prend fin la sélection commandée.
Les balais du sélecteur doivent alors rechercher une ligne libre parmi les 60 lignes du groupe qu'ils ont atteint.
Ils effectuent cette recherche d'un mouvement continu, par l'action d'un mécanisme d'entraînement analogue à celui qui vient d'être décrit, mais, pendant cette recherche, ils sont évidemment soustraits au contrôle de l'enregistreur.
Si aucune ligne n'est libre parmi les 60 du groupe exploré, la recherche continue et se poursuit indéfiniment sur ces mêmes lignes jusqu'à ce que l'une d'elles devienne libre et
relie l'enregistreur au sélecteur d'ordre suivant.
C'est seulement quand cette liaison est opérée, que l'enregistreur qui s'est déchargé du chiffre des mille sera en mesure de commencer la sélection correspondant au chiffre des centaines.
Les sélections se poursuivront ainsi de proche en proche, jusqu'à ce que la ligne de l'abonné demandé soit atteinte par un connecteur.
A ce moment, l'enregistreur mis en jeu pour l'établissement de la communication aura rempli son rôle : il sera libéré et pourra être repris pour l'établissement d'une nouvelle communication.
La ligne de l'abonné demandeur qui jusque-là était restée en communication avec l'enregistreur, sera prolongée en traversant tous les sélecteurs jusqu'à celle de l'abonné demandé.


Caractères généraux des systèmes à entraînement mécanique
.
La description qui précède va nous permettre de mettre en évidence les caractères généraux des systèmes à entraînement mécanique.

Dans ces systèmes, le déplacement des appareils de sélection n'est pas commandé directement, à partir du poste de l'abonné demandeur, par la manœuvre du cadran d'appel. Les impulsions émises par l'abonné sont reçues dans un enregistreur qui, entre autres fonctions, remplit celle de contrôler le déplacement des appareils de sélection. Ces derniers peuvent être entraînés d'un mouvement continu par des arbres en rotation permanente. C'est l'enregistreur qui, au moment voulu, commande l'embrayage d'un appareil avec le mécanisme d'entraînement. Quand l'appareil se déplace, il envoie un signal à l'enregistreur, pour chacun de ses déplacements élémentaires, de sorte que l'enregistreur connaît à chaque instant l'amplitude du déplacement qu'a subi l'appareil à partir de sa position de repos.
L'enregistreur sait quand il doit provoquer l'arrêt de l'appareil qui se déplace à sa vitesse propre, aveuglément. Il le fait stopper à distance, au moment voulu, en rompant la liaison de l'appareil avec son mécanisme d'entraînement.

L'enregistreur apparaît ainsi comme le guide des appareils dont il mesure les déplacements et dont il provoque le départ et l'arrêt. Nous allons voir qu'on lui demande davantage encore.
Nous avons remarqué, dans l'étude des systèmes pas à pas, que la division des lignes sur les appareils de sélection est à base décimale : les abonnés y sont rangés dans l'ordre numérique par groupes de 10, 100 et 1000.
C'est une nécessité de la commande pas à pas : il faut bien qu'il en soit ainsi pour que 1 abonné demandeur puisse lui-même, de proche en proche, relier sa ligne à celle de l'abonné demandé, en envoyant le numéro de ce dernier sur son cadran d'appel.
Cette nécessité n existe pas dans les systèmes à entraînement mécanique : les abonnés peuvent y être groupés suivant une division qui n'est pas la division décimale, à condition que l'enregistreur permette d'assurer la transposition nécessaire.
C'est ainsi que, dans le système Rotary, les lignes d'abonnés sont associées, sous certaines modalités, par groupes de 20, 200 et 2000, et que, dans le système Ericsson, elles sont associées dans l'ordre numérique par groupes de 20 et 500. Dans ce dernier système, l'enregistreur qui a reçu le numéro 63 45, par exemple, doit savoir que l'abonné demandé appartient au 13e groupe de 500 abonnés et que sa ligne est, dans ce groupe, la sixième du 18e sous-groupe de 20 abonnés.
On voit que, dans ces conditions, l'enregistreur doit pouvoir calculer et qu'il doit être non seulement un guide, mais en quelque sorte un cerveau.
Y a-t-il intérêt à diviser les lignes d'abonnés en groupes qui s'écartent de la division décimale, et n'en résulte-t-il pas, au contraire, une complication stérile des systèmes ?
La réponse à ces questions est donnée par le calcul des probabilités, qui domine toute la téléphonie automatique. On démontre qu'à qualité de service égale, le nombre des lignes nécessaires pour desservir de grands groupes d'abonnés est proportionnellement moindre que dans le cas où les abonnés constituent des groupes moins importants. Aussi, à la base de tous les systèmes à entraînement mécanique, trouve-t-on un connecteur de grande capacité, d'où découle une division non décimale des groupes d'abonnés. Les appareils à grands champs de sélection sont de réalisation plus délicate, sont plus lourds et coûtent plus cher que les appareils à champs de sélection restreints; d'autre part, ils exigent la présence d'enregistreurs. Mais, comme ils sont proportionnellement moins nombreux que les appareils analogues des systèmes pas à pas, il est possible aux systèmes à entraînement mécanique de lutter économiquement avec les systèmes pas à pas.

Nous avons remarqué qu'il n'y a pas d'appels perdus dans les systèmes à entraînement mécanique. Si, après une recherche automatique effectuée sur toutes les lignes d'un groupe donné, les balais d'un sélecteur n'ont trouvé aucune ligne libre, ils recommencent indéfiniment l'exploration du même groupe de lignes, jusqu'à ce que l'une d'elles devienne libre.
L'appel reste en attente dans l'enregistreur et attend pour progresser qu'un chemin lui soit trouvé : cet appel est dit « retardé ». Il en résulte que les recherches automatiques disposent théoriquement d'un temps illimité pour s'accomplir et, par conséquent, que les champs de sélection peuvent avoir, en principe, dans les systèmes à entraînement mécanique, une importance illimitée. Toutefois, cette importance est limitée, en pratique, par la difficulté de construire des appareils à champs de sélection trop étendus.
L'avantage de pouvoir utiliser des champs de sélection étendus est exploité par tous les systèmes à entraînement mécanique. Pour la raison déjà donnée, cette circonstance leur permet de lutter économiquement avec les systèmes pas à pas, en réduisant le nombre des appareils nécessaires pour constituer les différents étages de sélection.

Enfin, le bon fonctionnement des systèmes à entraînement mécanique dépend d'une façon moins étroite de l'état des lignes d'abonnés que celui des systèmes pas à pas.
Cependant, il convient d'être très réservé sur ce point, car l'expérience montre que, quel que soit le système de téléphonie automatique en service, le bon état du réseau est la condition nécessaire d'une exploitation satisfaisante.

CONCLUSION. —
Tels sont, exposés dans leurs grandes lignes, les caractères distinctifs des deux grandes catégories de système de téléphonie automatique.
Dans les systèmes pas à pas, c'est l'abonné demandeur qui, depuis son poste, commande lui-même toute la sélection et lui impose la vitesse de ses manœuvres et celle de son cadran d'appel. Dans les systèmes à entraînement mécanique, l'abonné ne fait qu'indiquer à l'enregistreur le numéro de l'abonné qu'il désire; c'est l'enregistreur qui se charge d'assurer la recherche de la ligne demandée, en limitant les déplacements successifs d'un certain nombre d'appareils qui opèrent chacun à sa vitesse propre et imposent leurs vitesses à la sélection.
C'est de ces deux conceptions, essentiellement différentes, que découlent, pour chacun des systèmes, les propriétés qui les caractérisent.

Le basculage à 8 chiffres le 25 octobre 1985 à 23H00 sonne la fin des Commutateurs Rotary en France
En prévision du plan à 8 chiffres, le dernier commutateur d'abonnés à organes tournants Rotary est arrêté le 26 juin 1984 à Montrouge, avant le changement du Plan de numérotation téléphonique en France.
En effet, il aurait été trop coûteux d'adapter les Commutateurs à organes tournants à l'adjonction de 2 chiffres supplémentaires (ce qui eût été néanmoins faisable).
- Le dernier Commutateur de type rotatif à impulsions de contrôle inverses de France est un Commutateur de Transit ROTARY 7A1, Vaugirard CTRY. Mis en service le 16 novembre 1929, il est désactivé courant Juillet 1985, soit après plus de 55 années de service continu révolu !

sommaire

Fonctionnement du SYSTÈME A ENREGISTREMENT du système Rotary 7 B1

Combineur Rotary
Les systèmes à enregistrements rotary lorsque l'abonne décroche il est connecté par l'intermédiaire d'un étage dit de présélection et à un cordon libre, celui ci est alors connecté par un étage appelé chercheur " d'enregistrement " à un enregistreur,
Ce dernier est chargé comme son nom l'indique d'enregistrer le numéro de l'abonné demandé dont le préfixe est présenté à un organe commun à plusieurs enregistreurs, le traducteur qui donne à l'enregistreur les éléments pour acheminer l'appel dans le commutateur du demandeur ou le cas échéant dans un ou plusieurs commutateurs distants.

Préselection
LA PRÉSÉLECTION
La ligne d'abonné -la recherche primaire -la recherche secondaire - la recherche du circuit de connection-envoi du signal de transmission chercheur auxiliaire pour enregistreur -fonctionnement du chercheur auxiliaire. On remarquera cependant que le compteur n'est pas branché sur le 3éme fil; celui ci ne servant qu'au relais de coupure CO. Le compteur est placé sur un fil spéciale; le fil D. Il s'ensuit que le chercheur primaire comptera 5 balais: les deux balais de ligne A et B; le balai de signalisation ou 3éme fil C; le bali compteur D; et le balai de texte T.C'est sur le 3éme fil que l'on connecte les résistances de 1er et 2éme ligne PBX: dans le système 7 B 1 on a heureusement distingué l'un de l'autre ces deux fils l'indication de service libre ou restreint se fait en connectant la sortie du compteur de trois façons différentes

Enregistrement des impulsions
Réception des impulsions-enregistrement des impulsions l'indicateur d'acheminement et le faisceau connecteur- circuits de transfert dans l'indicateur d'acheminement
- transfert dans l'enregistreur -relâchement

LA SÉLECTION TERTIAIRE .
Engagement du contrôle tertiaire - mise en place du selecteur-la selection-la recherche libre L'attraction de A va mettre en route les circuits de contrôle tertiaire disponible et provoquer la connexion de l'un d'entre eux avec notre tertiaire.
Cette opération se passe suivant une méthode bien connue .
Une armature de A met une terre sur le fil de démarrage et provoque l'attraction du relais de démarrage DM. Celui-ci mets en route les chercheurs des circuits de contrôle disponibles,en attirant leur électro CS Le sélecteur tertiaire cette B1 écoule sur chaque niveau le trafic de 2000 abonnés les niveaux sont les niveaux impairs: niveau 1 pour les abonnés 0000 à 1999 niveau 3 pour les abonnés de 2000 à 3999 niveau 5 pour 4000 à 5999 niveau 7 pour 6000 à 7999 niveau 9 pour 8000 à 9999