Petites histoires de téléphone dans
nos régions de France
On ne trouve pas beaucoup de traces d'histoire du téléphone
de nos régions et localités dans les documents, archives
et sites disponibles, mais quelques particuliers ou anciens des télécom
racontent une petite tranche d'histoire du téléphone dans
leur région que j'ai inclus dans cette page.
Merci de me communiquer vos petites histoire de téléphone
dans votre entourrage pour alimenter cette page : jean.godi@free.fr
1877 Le premier téléphone Bell arrive
à Paris.
A la réunion annuelle de l'association Britannique (BAAS) à
Plymouth Septembre 1877 Alfred Niaudet,
neveu de Mr
Louis Bréguet (père) et
célébre constructeur de matériel électrique
Bréguet, membre de la "Society of telegraph
Engineers", assistent à une présentation du téléphone
par G. BELL. Le
lendemain Niaudet reçoit des mains même de Bell une
paire de téléphones pour les amener en France.
Puis Breguet sans tarder fit une présentation
devant un petit comité appartenant à l'institut et Collège
de France.
« Cest Monsieur Breguet qui a joui du précieux
avantage de tenir entre ses mains et dessayer, à son aise,
le téléphone. Pareil à saint Thomas, il a pu croire
parce quil a vu et touché. Aussi sest-il empressé
de faire part à lAcadémie des Sciences de létonnement
que lui a inspiré le merveilleux appareil américain, non
seulement par les résultats incroyables obtenus, mais aussi par
la simplicité des organes qui le composent. La pureté
de la voix humaine et ses nuances sont si bien conservées que
lon peut reconnaître la voix de la personne qui parle
»
Puis nous eûmes le plaisir de voir latelier de M. Breguet
et le cabinet de travail où se trouvait alors le seul téléphone
double quon connût en France. M. Breguet nous fit voir lappareil
et nous pûmes assister à une expérience concluante.
Les premières démonstrations en France se font au Congrès
Scientifique du Havre en septembre 1877
Plusieurs savants venant de Plymouth (Angleterre) sont présents
au Congrès Scientifique du Havre qui se tient peu après
les séances de l'Association Britannique en aout 1877 comme raconté
ci dessus. .
"Ils ont assistés aux expériences de M. Bell, ils
ont fait fonctionner eux-mêmes le téléphone. Ils
ont pu converser avec des amis, à une distance de plusieurs centaines
de mètres, et ce n'est pas sans une légitime émotion
qu'ils reconnaissaient la voix de ceux qui parlaient au loin, en approchant
l'oreille de l'ouverture du Téléphone à la station
d'arrivée" (La Nature, 1877).
En septembre 1877, les frères Alexandre et Louis Poussin, deux
industriels Elbeuviens (de la ville d'Elbeuf, Seine-Maritime, France),
lisent dans le journal scientifique "la Nature" un article
donnant la description d'un "admirable instrument appelé
le Téléphone inventé par le professeur américain
Monsieur Graham Bell" Les frères Poussin, très intéressés
par les nouvelles applications de la science, se rendent à Paris
pour rencontrer Antoine Bréguet. Emporté par l'enthousiasme
de celui-ci qui vient de déclarer à l'Institut : "depuis
que j'ai ce magique petit instrument, je ne dors plus", ils demandent
à A.Breguet de construire sur ses indications (sous licence C.Roosvelt)
une paire de téléphones.
Après l'avoir expérimenté, ils décident
d'en faire profiter les membres de la Société Industrielle
d'Elbeuf. Cette société, créée par leur
père en 1857, réunit tout ce que la ville compte de notables,
industriels et commerçants.
En décembre 1877 l'Industriel Elbeuvien écrit :"aujourd'hui,
un téléphone est à la disposition des membres de
la Société Industrielle qui pourront ainsi confirmer tout
ce que nous avons déjà dit de cet appareil extraordinaire".
Le président de la société, Monsieur Pelletier,
s'empresse de nommer une commission chargée d'étudier
l'appareil. Cette commission organise le 11 décembre 1877 une
expérience décisive : un téléphone Bell
est installé dans le local de la société, un fil
d'une longueur d'environ six cent mètres va sur la tour Saint-Jean
et revient vers un deuxième Téléphone situé
dans une autre pièce de la société.
Les expériences faites hier ont parfaitement réussi. A
une très grande distance et dans deux pièces fermées,
la commission, divisée en deux groupes, a pu correspondre. La
parole, un peu affaiblie à la vérité, est parfaitement
claire et permet même de distinguer la personne qui parle. Tous
les sons, toutes les syllabes s'entendent parfaitement bien. Une boîte
à musique dont les sons sont assurément peu intenses,
placée à l'une des stations, a fait entendre à
l'autre extrémité les mêmes sons, avec la plus grande
pureté, et l'on distinguait même très bien le timbre
de l'instrument. L'audition était la même que si la boîte
à musique avait été placée à quelque
distance de l'oreille" (l'Industriel Elbeuvien, décembre
1877).
Début novembre 1877 à Paris Breguet fabrique et
installe un téléphone dans ses ateliers du 39 quai de
lHorloge pour que tout le monde puisse lessayer La Maison
Breguet du quai de lHorloge à Paris ne désemplit
pas pendant quAntoine expérimente le téléphone
devant ses amis académiciens, et des représentants de
diverses sociétés savantes. Les commentaires sur les résultats
sont unanimes : « cest merveilleux »...
Décembre 1877
A.Niaudet et C. Roosevelt créent la première
société de téléphonie en France la"Société
Anonymes des Téléphones Bell"
Son siège social est situé au 1, rue de la Bourse, à
Paris.
Fin décembre 1877,
A.G.Bell de passage en France, réalise une communication gare
Saint Lazare entre Paris et Saint Germain...
Dans les archives, on retiendra aussi que le 8 janvier
1878, une expérimentation Téléphonique avait été
tentée avec succès à Marseille.
Juin 1879 La première société
à demander une concession est la Compagnie
du Téléphone Gower Roosvelt la CdTG
à Paris. Gower installa un atelier
et des bureaux près de la place Vendôme, 66 rue des petits
champs. en décembre
1879 est insallé le premier central téléphonique
français, on y raccorda les 42 premiers abonnés au réseau
Parisien fin 1879 et 60 personnes ont signé une promesse dabonnement.
Paris offrait un espace excellent car il ny
avait pas besoin de creuser des tranchées ou de créer
une canalisation spéciale : on utilisa le réseau dégouts
dont la Ville de Paris a été dotée par Belgrand
pour la construction des lignes téléphoniques souterraines.
De plus, lune des spécificités de la ville (et de
la préfecture) de Paris est davoir imposé à
la compagnie de renoncer aux fils aériens et demprunter
le réseau des égouts. Ceci se révéla fort
utile au niveau de la connectivité, étant donné
quil fallait relier plusieurs points diversement espacés
par des lignes disposées de manière à permettre
le plus grand nombre de liaisons directes, avec une longueur la plus
petite possible. Le réseau dégout sy prêtait
justement.
Puis le 30 septembre 1879, le central téléphonique
manuel est ouvert à Paris. Il s'agit du Bureau A, sis 27,
avenue de l'Opéra qui compte 454 abonnés au téléphone
à sa création....
Le 2 février 1880, est fondée officiellement
la Compagnie des Téléphones.
ex Compagnie
du Téléphone Gower Roosvelt , chargé
d'exploiter les réseaux de Marseille Lyon Nantes Bordeaux Lille
et Le Havre et Paris ...
Le 16 et 17 août 1880, est fondée officiellement
la Société Générale
des Téléphones. Cette société,
présidée par Amédée Jametel, est créée
dans le but prévisionnel de fusionner la Compagnie des Téléphones
(Gower) et la Société Française des Téléphones
.
Le 10 décembre 1880, l'État transfère
enfin à M. Amédée Jametel, Président de
la Société Générale
des Téléphones, la concession d'exploitation
accordée le 8 septembre 1879 ...
Fin 1880 La
France compte 3039 abonnés au téléphone sur le
réseau public de Paris plus 1812 abonnés hors de Paris.
A Paris, à l'Institut, quai Conti, les salles des diverses
académies sont, depuis le mois de décembre 1881, reliées
entre elles par des appareils téléphoniques, et les bureaux
des diverses sections en séance sont en relation directe avec
le personnel des secrétariats perpétuels pour demander
les renseignements ou les manuscrits dont ils peuvent avoir besoin.
1881 Le prix de l'abonnement avait été fixé par
un arrêté ministériel à 600 francs par an
pour le réseau de Paris et à 400 francs pour les réseaux
de province.
En 1884 11 villes desservie par la S.G.T
sont : Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes, Lille, le Havre, Rouen,
Saint-Pierre-lès-Galais, Alger et Oran. En 1884 furent mis en
service les réseaux de Halluin, Troyes, Nancy, Dunkerque et Elbeuf.
En région Parisienne
En juillet 1883, l'hôtel et la maison
de banque de M. le baron de Rothschild, rue Laffitte, à
Paris, furent mis en communication téléphonique avec
le château de Ferrières, une des résidences
du baron Alphonse de Rothschild ,dans le département de Seine-et-Marne.
Cette installation comprend 90 kilomètres de fils doubles.
A l'aide d'un commutateur spécial, M. de Rothschild peut
communiquer à tous les instants du jour et de la nuit, de
son château de Ferrières, avec tous les abonnés
du réseau de Paris.

C'est le 21 mars 1885 que fut créé la Compagnie
des signaux magnétiques et communications téléphoniques.
Siège à Paris au 51rue Vivienne par Cornéluis
Herz et Adren François Hebrard

Il a été construit un poste à appel magnétique
et à transmetteur microphonique par la Compagnie des signaux
magnétiques et communications téléphoniques.
ce poste a été expérimenté entre les
bureaux de MM. Rothschild frère rue Laffitte et le château
de Ferrières, distance de 38 kilomètres, qui a donné
les résultats les plus satisfaisants.
Ce poste est représenté dans les figures ci dessus.
Le microphone est du système Hughes et chaque poste possède
deux éléments Lalande et Chaperon fixés au
dos des parois latérales de la boîte. Cet appareil
est dune sensibilité excessivement grande. La figure
gauche donne une vue extérieure du poste complet; la figure
droite montre la disposition des organes intérieurs. |
Dans le département de Seine-et-Oise,
12 postes téléphoniques reliaient entre eux les établissements
des grandes fabriques Decauville.
Les fils aboutissent à Petit-Bourg, Évry et Corbeil; de
sorte que les chefs de gare de ces trois localités peuvent prévenir,
par le téléphone, M. Decauville de l'arrivée en
gare de ses marchandises.
J'ai retracé dans les archives locales de ma région de
Fontainebleau et raconté cela
dans cette autre page : Fontainebleau.
sommaire
En Normandie,
Rappelons que des premières expériences
eurent lieu au Havre dès 1877, la ville jouait alors un
rôle de centre d'échanges (en raison du port et de son
important trafic). On y était très sensible à tout
ce qui venait des Etats-Unis. Le Havre était alors en pleine
croissance économique. Le 3 février 1878, fut présenté
"Le téléphone et ses applications" devant plus
de 2 000 personnes.
La Ville de Rouen découvre le Téléphone
le 12 décembre 1877
( vous pouvez lire le compte rendu dans le
Bulletin 1877 de la Société industrielle de Rouen
de cette présentation)
Messieurs Gouault et Dutertre,
membres de la Société Industrielle de Rouen, présentent
le Téléphone Bell lors d'une conférence publique
organisée dans la grande salle de l'Hôtel de ville
de Rouen (Seine-Maritime, France).
La Société Industrielle de Rouen se définit
à l'époque comme "une association ouverte à
toutes les bonnes volontés, étudiant les applications
des découvertes de la science, cherchant à propager
l'instruction technique, s'efforçant de vulgariser les procédés
industriels, en un mot, travaillant à faire la lumière
". Elle regroupe près de 700 membres de toutes origines,
chaque département français est représenté
ainsi que la plupart des pays étrangers (Etats-Unis, Russie,
Allemagne, Angleterre, Suisse, Espagne, Belgique, Hollande,...).
Monsieur Gouault présente l'appareil : "le Téléphone
que je vais décrire et expérimenter est le cornet
acoustique portatif. Il remplit les fonctions alternatives de transmetteur
lorsqu'il reçoit la voix, et de récepteur lorsqu'il
l'apporte à l'oreille. Cet appareil se compose d'un pavillon,
destiné à recevoir la bouche ou l'oreille. Derrière
ce pavillon, une membrane métallique en fer doux, de un à
deux dixième de millimètres d'épaisseur, est
tendue entre deux pinces annulaires en bois réunies par des
vis en cuive. Cette membrane est l'appareil vibrant destiné
à recevoir l'impulsion de la parole ou à la reproduire.
Derrière cette plaque, et à une distance mesurée
par une fraction de millimètre, se trouve un système
composé d'une bobine entourée d'un fil de cuivre isolé
et d'un aimant central. Les deux fils de la bobine ressortent de
la gaine en bois de l'appareil par deux bornes ; l'un est mis en
communication avec un fil télégraphique aboutissant
au récepteur ; l'autre est conduit à la terre, comme
dans les appareils télégraphiques ordinaires"
(Bulletin de la Société Industrielle de Rouen, 1878).
Cette description très scientifique cède parfois la
place à une description plus terre à terre : "l'appareil
de Monsieur Graham Bell se compose essentiellement de deux parties
ayant assez l'aspect des patères en bois qui servent à
retenir les draperies" (le Journal de Rouen, 1877). Monsieur
Gouault donne ensuite le principe du Téléphone : "le
premier principe, d'ordre philosophico-physiologique, est antérieur
à Bell ; le second principe, d'ordre purement physique, était
connu de la science et était implicitement renfermé
dans la loi de Lentz. Bell a eu le bonheur d'en trouver le premier,
je crois, une application pratique". Enfin Messieurs Gouault
et Dutertre réalisent une série d'expériences
qui réussissent parfaitement. Ils montrent qu'il est possible
d'entretenir une conversation à distance, un deuxième
poste étant installé dans l'hôtel de la gendarmerie,
à plus de 300 mètres de la salle de conférence.
Ils présentent également leurs essais sur de longues
distances :
le petit appareil que vous avez sous les yeux a été
expérimenté par Monsieur Dutertre et moi-même
jusqu'à 300 kilomètres de résistance locale.
Monsieur Bréguet affirme avoir perçu les sons que
transmet le téléphone avec des résistances
de 1000 kilomètres ! Les expériences faites sur des
fils de lignes ont été moins concluantes, en raison
même de la grande sensibilité de l'appareil. C'est
qu'en effet les fils voisins des lignes télégraphiques,
soumis à des courants électriques intenses, agissent
par induction sur le fil télégraphique. Ces courants
induits se superposent à l'action principale du Téléphone
et la troublent d'une manière sérieuse. C'est ainsi
que lors d'une expérience opérée sur un fil
de ligne de l'Etat, j'ai entendu très distinctement, superposés
à la voix transmise, les bruits donnés par trois télégraphes
ordinaires du service. On reconnaissait très nettement le
fonctionnement d'un Morse, d'un Bréguet et d'un Hughes. En
dehors de ces actions et de ces inconvénients extérieurs
qu'un service général téléphonique ne
comporterait pas, la transmission par l'appareil de Bell se fait,
sur les fils de ligne, à des distances importantes. On peut
citer les expériences faites il y a quelques semaines, entre
Paris et Mantes, à une distance de 58 kilomètres,
lesquelles ont parfaitement réussies".
Monsieur Gouault termine sa conférence en présentant
ce que pourrait être les premières applications du
téléphone : "il remplacera, dans un avenir rapproché,
les tuyaux accoustiques des habitations privées et des manufactures.
Il rendra de grands secours, en campagne, pour les services des
avant-postes, des reconnaissances des aérostats militaires.
On peut espérer même l'utiliser pendant les batailles,
lorsqu'il sera devenu plus puissant. Il aura d'ailleurs toujours
cet immense avantage de n'exiger la présence d'aucun télégraphiste,
et de permettre, dans des cas graves, la relation directe du général
en chef avec les commandants des camps engagés. Son emploi
est dès à présent indiqué pour les expériences
de tir au polygone, dans le but de remplacer l'espèce de
langage télégraphique constitué par les sonneries
au clairon. Enfin Monsieur Bell fait des recherches pour en réaliser
l'application à la télégraphie transatlantique
et il a la conviction d'y réussir dans un avenir très
rapproché". Le lendemain, Monsieur Gouault organise
une deuxième conférence pour le public. Dans son rapport
annuel de janvier 1878, le président de la société
s'en félicite : "la présence de la foule qui
est venue entendre la conférence publique et gratuite a affirmé
le succès que notre collègue avait eu la veille".
Voici comment le Journal de Rouen relate la conférence :
"l'orateur, après avoir rappelé qu'un simple
jouet avait été le précurseur du téléphone,
a présenté l'instrument et minutieusement décrit
les pièces dont il se compose, puis il a cherché à
exposer la manière dont se fait la perception des sons. Toutes
les fois, a-t-il dit, que nos sens se trouvent placés dans
des circonstances différentes, mais semblables par leur résultante
matérielle, ils transmettent au cerveau les mêmes impressions,
et notre individu se croit absolument dans des conditions identiques
; c'est ce qui fait que les amputés croient percevoir une
sensation dans le membre qu'ils n'ont plus ; qu'avec le stéréoscope,
nos yeux croient voir des objets en relief, en examinant une image
plate. |
La première liaison téléphonique,
le Premier Communiqué de Presse
Le 18 décembre 1877, Monsieur Gouault, invité
par la Société Industrielle d'Elbeuf, donne,
"devant un auditoire d'élite, une conférence
sur le Téléphone". Après avoir présenté
l'appareil, il passe aux expériences.
Voici comment le Bulletin de la Société Industrielle
d'Elbeuf relate les faits : "au moyen des appareils de Messieurs
Poussin, une communication a été établie entre
le local de la Société Industrielle et l'Hôtel
de Ville.
Le conférencier et d'autres personnes ont pu converser avec
les personnes placées dans ce dernier local. Des phrases
ont été échangées ; la sonnerie d'une
montre, produite à l'Hôtel de Ville, s'est faite entendre
très distinctement dans la salle où avait lieu la
conférence ; on a pu, de la même manière, entendre
l'air et les paroles d'un couplet de chanson".
Enfin, grâce à la complicité de l'Inspecteur
des lignes télégraphiques de Rouen, Monsieur Gouault
va soulever l'enthousiasme de son auditoire.
Réalise-t-il alors qu'il va effectuer la première
liaison téléphonique "commerciale" en Normandie
et probablement le premier communiqué de presse français
? Le Téléphone Bell est alors relié par un
fil qui, tiré du local de la Société Industrielle,
rejoint le bureau télégraphique puis emprunte la ligne
télégraphique Elbeuf - Rouen.
Voici le commentaire du bulletin de la Société Industrielle
:
"une communication a pu être établie entre le
local de la conférence et la guérite télégraphique
de la gare Saint-Sever à Rouen, et vers 10 heures et demie
du soir, Monsieur Gouault transmettait la dépêche téléphonique
suivante :
"Président Société Industrielle d'Elbeuf
à Président Société Industrielle de
Rouen. Une conférence très intéressante sur
le téléphone a été faite ce soir à
la Société Industrielle d'Elbeuf, par Monsieur Gouault,
ingénieur. Mis en communication avec Rouen grâce à
l'obligeance de Monsieur le Directeur des Télégraphes,
le conférencier transmet cette dépêche oralement
pour être communiquée aux journaux : un incendie qui
menaçait de prendre de graves proportions s'est déclaré
ce soir rue de l'Hospice. Un ouvrier a été sérieusement
brulé au bras et à la poitrine. On est actuellement
maître du feu".
"Les termes de cette dépêche ont été
répétés mot par mot, par la personne qui la
recevait à Rouen : la transmission avait donc parfaitement
réussie".
A cette date on pouvait acheter une paire de téléphones
pour la somme de 15 francs ce qui équivalait 2 jours de travail
pour un ouvrier qualifié. |
En Normandie, la ou la
première liaison avait été établie en décembre
1877, en juillet 1878, M. Dutertre installe un fil téléphonique
entre sa demeure particulière et la mairie de la petite commune
de La Vaupalière dont il est le maire.
Puis peu à peu, il
ajoute de nouveaux fils: il relie le garde champêtre distant
de 1600 mètres, le receveur des contributions, distant de
2000 mètres.
Et en mai 1879, il fait la demande officielle pour un réseau
avec 6 stations : j'ai l'intention de faire construire un
réseau complet de lignes aériennes qui relieraient
à la Mairie la recette des contributions indirectes, dont
le receveur est un conseiller municipal et le domicile du garde-champêtre.
Les mêmes poteaux serviraient à supporter des fils
spéciaux mettant en communication la Mairie avec le presbytère
et la maison de l'adjoint au maire plus le prolongement de la ligne
vers ma demeure particulière. Les avantages généraux
de cette installation seraient de relier les extrémités
de la commune avec la Mairie d'où seraient expédiés
des ordres, il serait facile d'obtenir promptement les secours des
sapeurs pompiers ou de la gendarmerie.
En mai 1880 M. Dutertre obtient du Ministre, avec avis favorable
du préfet, l'autorisation de relier son réseau à
Maromme, le chef lieu de canton situé à 4 km de La
Vaupalière.
Voici la description du réseau : "l'appareil
choisi est celui de Gower (système
de Bell perfectionné). Des études comparatives ont
fait reconnaître que le système Bell est encore celui
qui a la supériorité pour transmettre les caractères
distinctifs de la voix M. Dutertre a ajouté un ingénieux
petit système avertisseur, pour qu'il fût possible
de savoir sans retard si quelqu'un se trouvait à l'appareil
sollicité pour répondre immédiatement. Le fil
est supporté à l'aide d'isolateurs mobiles dits à
queue. La portion du fil susceptible d'être en contact avec
le support est entourée d'un morceau de caoutchouc vulcanisé.
Dans une grande étendue du parcours, les supports-isolateurs
sont piqués aux arbres de la forêt le long de la route
qui conduit à La Vaupalière. Une fois en haut de la
côte, les isolateurs sont apposés contre les maisons;
puis, sur un espace d'environ deux kilomètres, ils sont attachés
à des poteaux placés de 90 mètres en 90 mètres.
En face de la mairie, un certain nombre de fils devant provenir
de différentes directions et attendant une destination sont
réunis dans un tuyau, traversent le chemin sous terre et
arrivent au système receveur. Pendant ce cours trajet les
fils sont chacun revêtus d'une couche de gutta-percha ; cet
enduit a pour but d'isoler les courants.
Là, chaque fil est mis en rapport avec un commutateur
suisse. Par le moyen de cet appareil, on établit la communication
avec le point téléphonique avec lequel on doit correspondre.
Les essais sont tout à fait concluants et certifiés
par le docteur Laurent, membre de la Société Industrielle
de Rouen, qui rapporte: j'ai entendu distinctement les paroles et
les phrases émises par les personnes qui ont communiqué
avec moi par le téléphone administratif de M. Dutertre.
Le son de la voix arrive à l'oreille, de manière à
comprendre très clairement. Le timbre présente même
des différences caractéristiques qui permettent de
reconnaître la voix des personnes qui parlent ".
De son côté, M. Dutertre écrit au Directeur
ingénieur des télégraphes de Rouen : "ce
fil a fait ses preuves; gendarmes, contrôleur des contributions
directes et indirectes, percepteur, agent-voyer, l'ont tous employé
pour avoir des renseignements plus prompts; des malfaiteurs, des
conducteurs de voiture ivres ou sans lanterne, ont pu être
arrêtés, signalés au passage par le secrétaire
de la mairie' (juin 1881).
En novembre 1880, M. Dutertre présente à
ses collègues de la Société Industrielle, un
projet de "téléphonie administrative dans les
communes rurales et de son application au service public".
II montre tout d'abord la supériorité du téléphone
sur le télégraphe : "pour un service télégraphique
il faut un employé spécial, un employé initié
aux difficultés de la marche de l'appareil télégraphique.
Avec l'appareil téléphonique, point de complications
semblables. Tout le monde est apte à parler dans un cornet
téléphonique, à mettre le cornet à l'oreille,
à écouter. Il suffit d'une explication fort simple,
d'une démonstration élémentaire pour permettre
à même une personne dont l'instruction est très
restreinte, pour ne pas dire nulle, de correspondre par le téléphone.
".
M. Dutertre insiste ensuite sur les profits que chaque commune rurale
doit retirer du téléphone : "je mentionnerai
tout d'abord les communications qui doivent avoir lieu dans la commune.
Quand il est nécessaire de recourir au garde champêtre,
il faut avoir sous la main quelqu'un à envoyer chez ce fonctionnaire,
il faut écrire l'ordre à transmettre, remarquez la
vitesse d'exécution avec l'emploi du téléphone.
Une communication verbale est rapidement faite et allège
le fardeau bureaucratique. Actuellement, il faut de trois à
cinq jours pour les communications de commune à commune.
Les intérêts agricoles eux mêmes ont une part
considérable à attendre du téléphone
administratif. Les dépêches astronomiques, le cours
des denrées, certains conseils urgents, etc... pourront être
propagés dans un bref délai parmi les habitants. Il
n'est pas jusqu'à l'administration militaire pour le recrutement;
lors d'une levée d'hommes, en cas de guerre, et même
la stratégie qui n'aient à profiler largement de linstallation
en question. En cas d'incendie, on ne saurait
encore contester qu'il soit du devoir de l'autorité municipale
de recourir le plus promptement possible, à tous les moyens,
pour faire appel aux personnes capables de porter secours. II en
sera de même s'il arrive un accident.
Un autre point essentiel que je ne puis passer sous silence, c'est
l'assistance médicale dans les campagnes. Vous remarquerez
que notre petite commune, comme bien d'autres, est trop petite pour
posséder un médecin et un pharmacien. Les habitants
sont obligés, pour se faire soigner, de sadresser à
un praticien domicilié à une distance plus ou moins
gronde ; le médecin n'est pas chez lui, est en tournée,
quelquefois dans une commune avoisinant La Vaupalière ; il
retourne fort tard à son domicile où il trouve l'adresse
du malade de La Vaupalière. Le médecin, harassé
de fatigue renverra au lendemain matin la visite à faire.
Avec l'installation d'un appareil téléphonique quelle
différence ! Un appareil serait placé chez le médecin
cantonal chargé de la médecine chez les indigents
et le médecin le plus voisin de la commune. Le médecin
pourrait être prévenu par le téléphone,
chez lui et dans les communes où il est en tournée,
Il pourrait en passant à chaque station téléphonique,
s'informer s'il est demandé. On peut dire de même pour
ce qui concerne le pharmacien et l'obtention de médicaments
urgents.
Ainsi encore, au moment des élections, pour les renseignements
nombreux que les autorités réclament ,cette installation
sera on ne peut plus utile.
M. Dutertre propose ensuite la formation dun
réseau plus complet qui relierait 13 communes du canton
de Maromme.
Il prévoit même des lignes supplémentaires
qui fonctionneraient dans le cas où une ligne du réseau
serait interrompue pour une cause ou pour une autre". Après
avoir pris contact avec les deux compagnies qui exploitent le
téléphone â Paris, il évalue le coût
total à 6.500 Fr dont 150 Fr par km de fil et 100 Fr pour
chaque station téléphonique. Enfin, pour rentabiliser
le réseau, M. Dutertre propose que le téléphone
administratif soit autorisé à servir les particuliers
pour les communications privées Cela créerait une
source de revenus qui pourrait être employée : premièrement
à la défalcation des premières dépenses
d'installation , deuxièmement à la satisfaction
des frais d'entretien , troisièmement à la rémunération
des employés ou des personnes employées à
la manipulation et au soin des appareils.
Est-il nécessaire de préciser que ce projet fut
présenté au Conseil Général et au
préfet, qu'il fut jugé intéressant mais que,
personne n'y donna suite mis à part une demande
d'enquête du Ministre en juin 1881 qui écrivait alors
: 'j'ai tout lieu de craindre aujourd'hui que la ligne ne serve
à tout autre chose qu'à l'usage auquel elle était
primitivement destinée." Heureusement pour M.Dutertre,
une discrète vérification des gendarmes permet au
préfet de répondre : "le fil ne sert que dans
un intérêt administratif et général".
Malgré le support du docteur Laurent, membre de la Société
Industrielle de Rouen, qui argumenta sur la supériorité
dun réseau téléphonique entre communes
rurales par rapport au télégraphe, Louis Dutertre
qui avait construit et entretenu ce réseau à ses
propres frais dans le souci de lintérêt administratif
et général dut se résoudre à en arrêter
les améliorations en labsence de certitudes durables
de la part des autorités.
|
De la Téléphonie administrative
dans les communes rurales et de son application au service public.
septembre 1881
RAPPORT sur l'installation faite par M. Dutertre, maire de La Vaupalière,
membre de la Société industrielle, etc PAR M. le D''
LAURENT.
SEANCE DU 2 SEPTEMBRE 1881. ( que vous trouverez à cette
adresse https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1225841/)
MESSIEURS,
Dans la séance de novembre 1880 du comité d'utilité
publique, M. Dutertre a appelé l'attention des membres
présents sur l'application qu'il avait faite de la téléphonie
à La Vaupalière, commune dont il est maire, et M.
Mairesse a été choisi pour rapporteur. Mais des
occupations nouvelles et non prévues ont obligé
cet honorable collègue de renoncer à l'élaboration
de ce travail. C'est ainsi que, dans la séance du 20 juillet
dernier, j'ai été désigné pour vous
exposer l'organisation téléphonique installée
à la mairie de La Vaupalière.
Vous vous rappelez les conférences faites à l'Hôtel-de-Ville
de Rouen, en décembre 1877, par notre collègue,
M. Gouault. Après avoir démontré les principes
essentiels sur lesquels était basé le téléphone,
le conférencier nous a parlé des détails
de sa construction et des services que cet instrument était
appelé à rendre dans un avenir plus ou moins prochain.
Je n'ai donc pas à m'occuper de la description du téléphone
ni de sa théorie. Je ne crois pas non plus qu'il m'incombe
de vous signaler dans ce rapport les améliorations successives
apportées aux appareils téléphoniques, depuis
décembre 1877. D'ailleurs, une exposition industrielle
réservée à l'électricité est
ouverte à Paris depuis le 1er août, et je suis persuadé
que chacun des membres de la Société industrielle
de Rouen sera désireux d'examiner les merveilleux petits
instruments dont l'usage se répand si rapidement depuis
la découverte de Graham Bell. Tout ami du progrès
ne peut manquer de reconnaître la nécessité
de s'initier aux améliorations qui vont permettre de généraliser
de plus en plus ce moyen de communication.
Il appartenait à notre distingué collègue,
M. Dutertre, de nous faire apprécier par la pratique quelques-uns
des services que peut procurer la téléphonie. J'ai
dit appartenait; en effet, Messieurs, la science télégraphique
est redevable à cet électricien de perfectionnements
importants, qui ont même été adoptés
par l'Administration des Télégraphes. C'est vous
faire remarquer, dès le début, quelle compétence
possède le créateur du service téléphonique
administratif dans les communes rurales.
Dès le mois de février qui suivit
la conférence (février 1878), M. Dutertre a installé
un fil entre sa demeure particulière, à La Vaupalière,
et la mairie. Puis, peu à peu, il a ajouté de nouveaux
fils à La Vaupalière même plus tard, en avril
1880, il a relié cette commune avec le chef-lieu du canton.
J'ai vérifié à différentes reprises
le fonctionnement de la ligne téléphonique dont
j'ai à vous entretenir. Ce fonctionnement avait été
examiné précédemment par plusieurs membres
de notre compagnie, et notamment par MM. Besselièvro, Mairesse,
Bernardini et Deshays. Ces messieurs pourraient donc vous confirmer
les résultats qui seront consignés par moi dans
ce rapport. J'ai entendu distinctement les paroles et les phrases
émises par les personnes qui ont communiqué avec
moi par le téléphone administratif de M. Dutertre.
Etant à Maromme, j'ai conversé à La Vaupalière
avec M. Quibel, receveur des Contributions, avec M. Dutertre,
avec M. Manneville, secrétaire de la mairie. J'ai entendu,
de Maromme même, la conversation qui avait lieu à
La Vaupalière entre deux points téléphoniques
à l'un était M. Dutertre, à l'autre M. Manneville.
A La Vaupalière, je me suis entretenu avec le secrétaire
de la mairie de Maromme, M. Morel, avec le garde champêtre
et le receveur des Contributions. Le son de la voix arrive à
l'oreille, de manière à comprendre très clairement.
Le timbre présente même des différences caractéristiques
qui permettent de reconnaître la voix des personnes qui
parlent. Il faut se rendre compte par soi-même de ces phénomènes
réellement curieux pour croire qu'il n'y a rien d'exagéré
dans les résultats publiés par les expérimentateurs.
Comment se figurer que la voix parvienne si distinctement, après
avoir parcouru une distance plus ou moins considérable,
passant par un fil très mince ? Les physiciens ont trouvé
que la vitesse de propagation du son dans le fer peut être
évaluée à 5 kilomètres par seconde.
Ici, il ne s'agit plus du son seulement, mais bien de rélectricité,
dont la vitesse de propagation est de 120,000 lieues par seconde.
Les paroles parties du point le plus éloigné du
réseau actuel mettent donc bien moins d'une seconde à
se rendre à l'autre extrémité. Leur transmission
a lieu instantanément. Enfin, étant à Rouen,
j'ai eu recours aux deux voies télégraphique et
téléphonique pour correspondre avec M. Dutertre.
Le secrétaire de la mairie de Maromme a bien voulu servir
d'intermédiaire. La dépêche télégraphique
étant adressée à M. Morel, cet employé
l'a transmise téléphoniquement, à La Vaupalière,
à M. Dutertre. Cette combinaison des deux moyens nous a
permis de correspondre plus facilement; par la voie télégraphique
seule, qui s'arrête à Maromme, on eût été
contraint d'envoyer ensuite un express à la commune de
La Vaupalière.
Mes essais ont donc été aussi variés
que possible pour m'éclairer sur les avantages de cette
installation.
La ligne téléphonique, dont il est question ici,
est constituée en ce moment par un réseau partant
de la mairie de La Vaupalière et s'étendant par
des ramifications :
1° Chez le garde champêtre de La Vaupalière son
habitation est à 1,600 mètres de la mairie
2° Chez le receveur des Contributions, dont le domicile est
à 2 kilomètres de la mairie
3° A la mairie de Maromme, chef-lieu du canton, située
à 4 kilomètres de la mairie de La Vaupalière.
Ce réseau est incomplet. Dans ses essais primitifs, limités
dans la commune seule, M. Dutertre avait installé quelques
lignes supplémentaires qu'il a été obligé
de supprimer. L'installation a donc dû rester jusqu'à
présent bornée aux ramifications précédentes.
La téléphonie administrative dans
les communes rurales est une innovation. Malheureusement, dans
notre beau pays, tout ce qui est innovation rencontre le plus
souvent des entraves diverses et puissantes. On a à compter
avec la routine, l'ignorance, les préventions, les superstitions,
etc. Aussi, dois-je dire qu'il a fallu la force de conviction
et la méritante persévérance de notre collègue
pour ne pas être rebuté et ne pas renoncer entièrement
à cette entreprise d'utilité publique. Car, il ne
s'agit pas d'une exploitation privée, mais bien d'un réseau
qui a pour but les intérêts de la commune, les intérêts
du canton et les intérêts départementaux.
Je dois ajouter que c'est à ses frais, avec ses propres
deniers, que M. Dutertre a installé et entretient ce service
administratif. Ne sachant pas si la ligne téléphonique
serait autorisée à fonctionner, et si, par conséquent,
elle avait l'espoir d'une existence plus ou moins durable, notre
collègue a cru devoir s'arrêter dans la voie des
améliorations. Cette ligne marche aujourd'hui telle qu'elle
a été disposée tout d'abord. A La Vaupalière,
sous la main du secrétaire de la mairie, dans la maison
commune, est placé un appareil téléphonique.
A chaque point avec lequel a lieu la communication existe un autre
appareil téléphonique.
L'appareil choisi est celui de Gower (système de Bell perfectionné).
Des études comparatives ont fait reconnaître à
notre collègue que le système Bell est encore celui
qui a la supériorité pour transmettre les caractères
distinctifs de la voix. Mais peu importe, an point de vue qui
nous occupe, l'appareil mis en usage. Il n'est pas douteux que
les progrès de la construction téléphonique
feront adopter successivement le mécanisme le plus approprié.
M. Dutertre a ajouté un ingénieux petit système
avertisseur, pour qu'il fût possible de savoir sans retard
si quelqu'un se trouvait à l'appareil sollicité
pour répondre immédiatement.
Un petit bouton à ressort donne lieu à une première
sonnerie (sonnerie d'appel), qui transmet l'avis du désir
de correspondre. Dans le système employé par M.
Dutertre, une seconde sonnerie renfermée dans une petite
boîte superposée à l'appareil fondamental,
informe de la présence d'un auditeur. On n'a pas besoin
d'attendre longtemps pour s'assurer s'il y a, oui ou non, quelqu'un
qui répondra à l'appel du point de départ.
Le fil est supporté à l'aide d'isolateurs mobiles
que l'on peut facilement fixer soit contre le tronc d'un arbre,
soit contre une maison, soit sur des poteaux. Ce sont des isolateurs
dits à queue, et dont la tige terminale s'implante très
facilement dans le bois. La portion du fil en contact et susceptible
d'être en contact avec le support est entourée d'un
morceau de caoutchouc vulcanisé. On évite ainsi
l'usure résultant du frottement que produit l'agitation
du fil par le vent.
J'ai constaté que, dans une grande étendue du parcours,
les supports-isolateurs étaient piqués aux arbres
de la forêt, le long de la route qui conduit à La
Vaupalière. Une fois au haut de la côte, les isolateurs
sont apposés contre les maisons puis, sur un espace d'environ
deux kilomètres, ils sont attachés à des
poteaux placés de 90 mètres en 90 mètres.
En face de la mairie, un certain nombre de fils devant provenir
de différentes directions et attendant une destination
sont réunis dans un tuyau, traversent le chemin sous terre
et arrivent au système receveur. Pendant ce court trajet,
les fils sont chacun revêtus d'une couche de gutta percha
cet enduit a pour but d'isoler les courants. Là, chaque
fil est mis en rapport avec un commutateur suisse. Par le moyen
de cet appareil, on établit la communication avec le point
téléphonique avec lequel on doit correspondre. M.
Dutertre a appelé tout particulièrement mon attention
sur la commodité des isolateurs qu'il a employés.
C'est ainsi que notre collègue a pu, dans l'espace de deux
heures et demie au plus, établir tous les fils sur la partie
du réseau qui va de la mairie de Maromme à la Maine.
La promptitude d'une installation a une valeur dont il est bon
de tenir compte pour la pose première ou les réparations
ultérieures.
M. Dutertre considère encore comme très important
l'état de relâchement du fil de fer dans l'intervalle
d'un support isolateur à l'autre. La tension aussi exacte
que possible n'est nullement nécessaire, quoiqu'elle soit
exigée pour les lignes télégraphiques. C'est
là un résultat pratique démontré par
une expérience suffisante, puisqu'il en est ainsi depuis
la pose du fil qui va de Maromme à La Vaupalière,
c'est-à-dire depuis avril 1880 jusqu'à ce jour,
fin juillet 1881, seize mois environ.
En examinant la disposition des supports-isolateurs sur les arbres
d'une certaine hauteur, on constate facilement que lorsqu'il fait
du vent, des ouragans, les arbres sont mis en mouvement, s'écartant
et se rapprochant plus ou moins sous l'sinfluence des perturbateurs
atmosphériques sur la cime et les branches. Un étirement
exact tend infailliblement à amener la rupture du fil,
soit par la force soutenue, soit par la brusquerie de l'effort.
On explique de cette façon la rupture assez fréquente
des fils télégraphiques soumis aux révolutions
aériennes. Or, comme M. Dutertre l'a vérifié,
l'in extension des fils téléphoniques ne gêne
en rien la transmission, et on aurait tort de croire à
une déperdition capable d'interrompre la circulation vocale.
Elle offre même un certain avantage, en ce que la transmission
téléphonique n'est pas gênée par le
bruit que le vent détermine, lors des ouragans, dans les
fils fortement tendus.
J'ai même vu que quelques poteaux avaient été
renversés dans une partie du trajet. Le 61 porte simplement
sur une haie d'épine et il n'existe pas d'interruption.
Les poteaux n'ont pas été relevés jusqu'à
présent. Ce fait est une preuve de plus de l'effet de l'in
extension du fil téléphonique.
Ces détails pratiques méritent d'être appréciés,
et tendent à démontrer la facilité de la
pose d'un trajet téléphonique. Il convient toutefois
d'isoler le fil de tout corps susceptible de propager le courant
transmis. Les corps qu'il importe d'éviter sont ceux dénommés
conducteurs de l'électricité.
Les fils installés par M. Dutertre passent dans la forêt,
à travers les feuilles, et même, sont plus ou moins
en rapport avec des ramifications de petite dimension. Jusqu'ici
on n'a pas accusé la moindre viciation dans la transmission.
J'ai parlé plus haut de préventions et superstitions
contre lesquelles tout inventeur a à lutter. Il ne faudrait
pas croire que M. Dutertre, tout maire qu'il était, n'a
eu qu'à prier ses administrés pour être autorisé
à poser ses supports-isolateurs contre les maisons ou à
la proximité des propriétés. Un certain nombre
avaient peur que les fils n'attirassent le tonnerre. Notre collègue
a dû parlementer à maintes reprises, et tâcher
de les persuader de toutes les manières, que les voisins
de fils téléphoniques ne devaient pas redouter plus
que les autres la chute de la foudre. Les événements
sont même venus favoriser les efforts de M. Dutertre. Depuis
l'installation téléphonique, la foudre n'est tombée
qu'une fois à La Vaupalière, mais à une distance
assez grande d'une maison supportant un de ces fils, à
quarante mètres environ. Ce fait n'a pas peu contribué
à rassurer les voisins des isolateurs.
Messieurs, je ne sais si je vous ai tracé d'une façon
suffisamment explicite les traits qui doivent reproduire dans
votre esprit l'organisation téléphonique due à
l'initiative de M. Dutertre.
Notre collègue a été amené à
cette installation, la première qui existe sur tout le
territoire français, par le désir de satisfaire
à certaines parties du service administratif, et, ici,
Messieurs, je tiens à vous faire reconnaître la supériorité
réelle d'un service téléphonique pour faire
communiquer les communes rurales sur un service télégraphique
employé au même objet.
Rendons-nous bien compte des exigences d'un poste télégraphique
et comparons-les à celles d'un poste téléphonique.
Pour un service télégraphique, il faut un employé
spécial, un employé initié aux difficultés
de la marche de l'appareil télégraphique, un employé
que vous devez payer dans une certaine proportion, en raison de
ses études préliminaires. Malgré la diffusion
de plus en plus grande de l'instruction, vous recruterez rarement
cet employé parmi les habitants de la commune rurale.
Avec l'appareil téléphonique, point de complications
semblables. Tout le monde est apte à parler dans un cornet
téléphonique, à mettre le cornet à
l'oreille, à écouter, à interrompre un trajet,
une communication à l'aide du commutateur. Il suffit d'une
explication fort simple, d'une démonstration élémentaire
pour mettre à même une personne dont l'instruction
est très restreinte, pour ne pas dire nulle, de correspondre
par le téléphone.
Veuillez approfondir toutes les conséquences de cette facilité
du fonctionnement téléphonique. De quel prix n'est
pas la simplicité de manipulation ?.
Mais voici un autre avantage non moins précieux qu'il convient
de vous signaler.
Tandis qu'avec le télégraphe vous ne pouvez faire
passer qu'un nombre de mots très limité dans un
temps donné, dans le même temps, si l'on a recours
au téléphone, on aura conversé très
longuement, et des réponses nombreuses auront été
échangées de part et d'autre; une quantité
presque incalculable de mots aura circulé. En outre, remarquez
à ce sujet ce qui a lieu dans les campagnes pour le fonctionnement
télégraphique.
Une dépêche arrive pour une commune située
à deux ou trois lieues du bureau. Les dépêches
sont assez rares. On n'a pas immédiatement à sa
disposition, comme dans les grandes villes, un employé
ou un commissionnaire pour porter la dépêche. Ce
n'est qu'après un temps plus ou moins long qu'on se procure
quelqu'un qui consente à aller remettre une lettre. Ce
commissionnaire met un certain temps à parcourir la distance
nécessaire et arriver chez le destinataire, même
quand il y met toute la célérité possible.
Que sera-ce dans le cas où le commissionnaire fera certaines
rencontres, s'arrêtera chez un ami, prendra un rafraîchissement,
etc.? Il faut ensuite rapporter la réponse au bureau et
expédier télégraphiquement cette réponse.
Quand on réfléchit à ces lenteurs obligées
d'un service télégraphique dans les communes rurales,
n'est-il pas opportun de constater au contraire, avec l'adoption
du système téléphonique, des avantages multiples,
avantages de temps, avantages d'argent ?
Je vais insister sur les profits que chaque commune rurale doit
retirer du téléphone administratif.
Si nous examinons les nécessités spécialement
administratives, je mentionnerai tout d'abord les communications
qui doivent avoir lieu dans la commune seule.
Quand il est nécessaire de recourir au garde champêtre,
il faut avoir sous la main quelqu'un à envoyer chez ce
fonctionnaire, il faut écrire l'ordre à transmettre,
il faut donc en plus le temps d'écrire cet ordre. On peut
en dire autant pour le receveur des Contributions directes et
indirectes, l'agent voyer, le commissaire. Remarquez la vitesse
d'exécution avec l'emploi du téléphone. Une
communication verbale est rapidement faite et allège le
fardeau bureaucratique. Actuellement, il faut de trois à
cinq jours pour les communications de commune à commune.
J'extrais d'une lettre officielle, adressée par M. Dutertre
à M. le Directeur, ingénieur des Télégraphes,
à Rouen, le passage suivant M. le Directeur contestait
au garde champêtre le rang de fonctionnaire et voulait,
pour la ligne qui va de la mairie de La Vaupalière chez
ce fonctionnaire, exiger une rétribution comme n'étant
pas une communication administrative.
« Le garde champêtre, écrit M. Dutertre, insuffisamment
payé est obligé d'avoir recours à un travail
manuel et ne peut être astreint à venir tous les
jours à la mairie (son habitation est à 1,600 mètres
de la maison commune). Faudra-t-il, lorsqu'il arrivera une demande
de renseignements ou un ordre, courir le chercher à près
de deux kilomètres? (Ma commune a près de six kilomètres
de longueur.) Le secrétaire de la mairie, instituteur,
ne peut ni ne doit se déranger. »
« Ce fil a fait ses preuves; gendarmes, contrôleurs
des contributions directes et indirectes, percepteur, agent-voyer,
l'ont tous employé pour avoir des renseignements plus prompts;
des malfaiteurs, des conducteurs de voitures ivres ou sans lanterne,
ont pu être arrêtés, signalés au passage
par le secrétaire de la mairie. » (Lettre du 7 juin
1881.) Les intérêts agricoles eux-mêmes ont
une part considérable à attendre du téléphone
administratif. Les dépêches astronomiques, le cours
des denrées, certains conseils urgents, etc pourront être
propagés dans un bref délai parmi les habitants.
Il n'est pas jusqu'à l'administration militaire pour le
recrutement, lors d'une levée d'hommes, en cas de guerre,
et même la stratégie qui n'aient à profiter
largement de l'installation en question.
En cas d'incendie, on ne saurait encore contester qu'il soit du
devoir de l'autorité municipale de recourir, le plus promptement
possible, à tous les moyens, pour faire appel aux personnes
capables de porter secours. Le téléphone administratif
sera encore là dans son rôle. Il en sera de même
s'il arrive un accident. Un autre point essentiel que je ne puis
passer sous silence, c'est l'assistance médicale dans les
campagnes.
Pour ne parler que de La Vaupalière, vous remarquerez que
cette petite commune, comme bien d'autres, est trop petite pour
posséder un médecin et un pharmacien. Les habitants
sont obligés, pour se faire soigner, de s'adresser à
un praticien domicilié à une distance plus ou moins
grande. Actuellement, il faut aller à Maromme, à
Notre-Dame-de-Bondeville, à Déville, etc. Il faut
un certain temps pour se rendre à la demeure du médecin
le médecin n'est pas chez lui, est en tournée, quelquefois
dans une commune avoisinant La Vaupalière. La personne
envoyée ne peut revenir assez tôt pour l'atteindre
dans cette autre commune, d'où le praticien, continuant
ses visites dans une autre direction, est parti pour retourner
fort tard à son domicile où il trouve l'adresse
du malade de La Vaupalière. Le médecin, harassé
de fatigue, renverra au lendemain matin la visite à faire.
Quel est celui qui souffre le plus de tous ces retards ? C'est
le pauvre malade.
Avec l'installation d'un service téléphonique, quelle
différence Un appareil serait placé chez le médecin
cantonal, chargé de la médecine chez les indigents
ou le médecin le plus voisin desservant la commune de La
Vaupalière. Le médecin pourrait être prévenu
par le téléphone, chez lui et dans les communes
où il est en tournée. Il pourrait, en passant à
chaque station téléphonique, s'informer s'il est
demandé.
On peut en dire de même pour ce qui concerne le pharmacien
et l'obtention des médicaments urgents.
Je n'ai pas la prétention d'avoir énuméré
tous les services que le téléphone administratif
est appelé à rendre dans les communes rurales. Ainsi
encore, au moment des élections, pour les renseignements
nombreux que les autorités réclament, cette installation
sera on ne peut plus utile.
Comme vous pouvez vous en rendre compte, elle facilitera considérablement
les relations de commune à commune et les relations de
chaque commune avec le chef-lieu de canton. Il y aura évidemment
plus de célérité dans l'envoi des documents
et des rapports, etc.
Messieurs, notre collègue, M. Dutertre,
en établissant le téléphone administratif
de La Vaupalière à Maromme, s'est surtout préoccupé
de servir les intérêts de sa commune et de la région
qu'il habite. Il a étudié la formation d'un réseau
qui comprendrait tout le canton de Maromme.
Je mets sous vos yeux le tracé de ce réseau qui
intéresse treize communes, dont Maromme qui est le chef-lieu
de canton des douze autres.
(Voir pl. XIX.) représente la ligne téléphonique
qui fonctionne actuellement entre la Vaupalière et Maromme.
Les tracés indiquent les communications projetées
avec les autres communes.
Les lignes représentent des lignes supplémentaires
qui fonctionneraient dans le cas où une ligne du réseau
serait interrompue pour une cause ou pour une autre. Le tracé
proposé par M. Dutertre paraît à notre collègue
constituer ce qu'il y aurait de plus économique et ce qui
répondrait le mieux à toutes les exigences des relations
administratives. La longueur du tracé est d'environ 36
kilomètres, l'évaluation maximum de la dépense
est de 150 fr. par kilomètre. Il faut ajouter 100 fr. par
chaque station téléphonique. Ce serait un total
d'environ 6,500 fr.
Les lignes pointillées ne sont pas comprises dans les frais.
Chaque commune pourrait ensuite compléter les lignes ci
dessus, suivant les différents besoins, au point de vue
de la bienfaisance ou assistance (service médical, service
des incendies, etc.), au point de vue de la sécurité
(gendarmerie, garde champêtre, etc.), etc.
Je croirais sortir du cadre de cet exposé en essayant d'esquisser
les ramifications que réclameraient ces divers services
dans chaque commune. Après ce que je viens de dire, il
suffit de les énoncer pour avoir une idée satisfaisante
de leur utilité et de la facilité de leur établissement.
Avant de clore ce rapport, permettez-moi de vous
lire un passage emprunté à un livre paru récemment
(1881) sur les télégraphes, par Ternant (Bibliothèque
des Merveilles), page 54. « Alors qu'en France, le service
des communications téléphoniques se limite à
Paris, en ce moment on compte actuellement dans le nouveau monde
quatre-vingt-cinq villes qui se servent de ces installations.
A Chicago, il y a 3,000 abonnés, 600 à Philadelphie,
autant à Cincinnati, un nombre sans cesse croissant à
New-York, et le chiffre des personnes abonnées aux compagnies
téléphoniques en Amérique dépasse
70,000. »
Ce passage n'est pas, je crois, tout à fait exact quant
à la France. Si je suis bien informé, nous avons
dans notre département quelques installations téléphoniques
privées. Si les nouvelles inventions y rencontrent un nombre
considérable de sceptiques, nous possédons des amis
du progrès qui sont bien aises d'encourager les inventeurs.
Il y a aussi des industriels qui s'empressent d'expérimenter
les innovations. Ils sont en petit nombre, il est vrai, mais il
en existe et il importe de stimuler leurs idées généreuses.
Si le téléphone administratif était autorisé
à servir les particuliers pour les communications privées,
on créerait une source de revenus qui pourraient être
employés à : 1° la défalcation des premières
dépenses d'installation; 2° à la satisfaction
des frais d'entretien; 3° à la rémunération
des employés ou personnes préposées à
la manipulation et au soin des appareils. Mais à ces résultats
qu'il est nécessaire d'envisager quand une organisation
est à fonder et qui constituent la partie matérielle
de l'uvre, viennent s'en adjoindre qu'on ne peut passer
sous silence.
En facilitant les communications entre les communes d'un même
canton, en facilitant les communications entre les habitants de
ces communes, on multiplie les éléments de progrès,
on augmente les moyens de développement de l'intelligence,
et par cela même de développement du commerce et
de l'industrie, on ouvre la véritable voie de prospérité
d'un pays quel qu'il soit, tout en contribuant aussi à
assurer son bien-être.
Si l'établissement d'un téléphone administratif
est déjà une amélioration considérable
pour une population, l'adjonction de la téléphonie
privée est un complément nécessaire et je
ne doute pas que les hommes qui ont souci de l'intérêt
général ne s'efforcent de concourir à un
but aussi louable, en contribuant de leur influence et même
de leurs capitaux.
CONCLUSIONS.
Pour résumer les développements donnés dans
le cours de ce rapport, me servant des expressions citées
précédemment, je puis dire sans crainte d'être
démenti le téléphone administratif de La
Vaupalière à Maromme a fait ses preuves.
Je dois en même temps faire ressortir :
1° Les avantages inhérents au fonctionnement d'un service
téléphonique dans les communes rurales;
2° La supériorité du téléphone
sur le télégraphe pour les communications des habitants
des campagnes;
3° Enfin, l'initiative de notre collègue, M. Dutertre.
L'installation dont je vous ai entretenu est due à sa spontanéité.
C'est la première de ce genre sur le territoire français
et je crois qu'il importe de lui donner tout le développement
que mérite son utilité incontestable.
Le comité d'utilité publique a l'honneur de proposer
1° De solliciter le concours de la Société industrielle
en faveur d'un projet qui, d'ailleurs, émane d'un de ses
membres;
2° Que MM. les membres de la Société veuillent
bien inviter son Bureau à prier M. le Préfet de
soumettre à l'approbation de MM. les membres du Conseil
général l'achèvement du réseau téléphonique
du canton de Maromme.
Le fonctionnement de ce réseau servirait de type à
l'établissement de réseaux semblables dans les autres
cantons de la Seine-Inférieure.
|
1878 En Basse Normandie, c'est un inspecteur
des télégraphes de l'Orne, G. Triger qui, de retour de
l'Exposition de 1878 utilisa un téléphone sur le fil du
télégraphe Alençon-Argentan en branchant un écouteur
à chaque extrémité... Mais, plus souvent les pionniers
furent ceux qui les premiers demandèrent des lignes d'intérêt
privé afin de relier en circuit fermé le domicile à
la fabrique ou à la boutique. Ces demandes émanaient d'industriels
et de représentants des milieux d'affaires.
1881 au Havre, le réseau téléphonique
établi atteignit rapidement 100 abonnés; la Société
des Téléphones inaugura au mois d'août 1881, un
service de petits facteurs ou commissionnaires pour courses, ou port
de petits paquets, dépêches télégraphiques,
échantillons, etc. Mais ce service ne dura que quelques jours
; il fut supprimé sur l'injonction du ministre des postes et
des télégraphes.
1884 le réseau d'Elbeuf est mis
en service le 25 novembre avec 46 abonnés.
sommaire
Le téléphone dans le CALVADOS
Le réseau d'État est arrivé le 16 novembre 1886,
mais il ne fonctionnait qu'en interne. C'était le bazar jusqu'à
la nationalisation en 1889, l'État et le privé étaient
en concurrence. A Caen au départ, on comptait 22 abonnés.
Des notables, comme le pâtissier Stiffler, le grand charbonnier
Alain Guillaume, des banquiers, le palais de justice... La police et
les pompiers n'avaient pas de ligne, car il fallait payer.
Il a fallu attendre le 1er mai 1898 pour que soit établie la
ligne Caen - Paris. On recensait alors cinquante abonnés. Pour
être précis, une ligne privée avait été
installée en 1885 entre Caen et Ouistreham pour réguler
les entrées et sorties des bateaux sur le canal.
Le système est resté manuel jusqu'au milieu des années
70. On appelait le central téléphonique et on tombait
sur une opératrice. On en comptait près de 300 à
Caen dans les années 60, vingt-quatre heures sur vingt-quatre
et sept jours sur sept. On les appelait les « demoiselles du téléphone
». Chaque opératrice écoulait soixante appels à
l'heure. Y régnait une discipline de fer.
Quant aux lignes, elles ont longtemps été installées
ainsi : on les tirait manuellement, on posait les poteaux avec une charrette.
11 février 1924 : Caen s'est doté d'un
nouveau central téléphonique pour augmenter son nombre
d'abonnés. Toutes les lignes ont été centralisées
à 21 h. Le bureau des postes était situé dans l'aile
droite de l'hôtel de ville, place de la République. La
Poste y avait un bail de cinquante ans, de 1882 à 1932. Tout
y était concentré : la direction, les services postaux,
le centre de tri, le central... Puis, en 1932, le central a déménagé
rue Auber, dans l'immeuble Gambetta. Si on appelait à Caen, l'appel
pouvait être immédiat. Mais pour Paris, notamment l'été,
on pouvait s'entendre répondre : « Rappelez demain. »
Il y avait si peu de circuits à l'époque qu'ils étaient
vite encombrés. C'était encore vrai dans les années
30, sans parler des années 40 où le téléphone
était sous la houlette des Allemands. Et après la Guerre,
il a fallu reconstruire les lignes...
La majorité des gens correspondait donc par lettres
?
Oui, c'est longtemps resté le vecteur préférentiel
de communication. Les Télécoms ont longtemps été
un service résiduel. D'autant que le télégraphe
avait un avantage sur le téléphone : il avait valeur de
preuve sur le plan juridique. La France était très en
retard. Ce fut un mal pour un bien, car lorsque fut lancé le
célèbre plan téléphonique des années
70, on est passé directement à l'électronique.
Le téléphone dans le CALVADOS
de 1880 à 1914 (Yves LECOUTURIER)
Quoi de plus naturel de nos jours de téléphoner pour
réserver son séjour dans un lieu de vacances. Mais
à la fin du siècle dernier et au début du XXe
siècle, le tourisme balnéaire affirmait son développement
tandis que le téléphone balbutiait. C'est sous la
Restauration que naît la pratique des séjours à
la mer et celle- ci se développe sous le Second Empire sous
l'impulsion de la bourgeoisie d'affaires et avec l'apparition du
chemin de fer. Gabriel Désert écrit qu'en 1894 «
la Côte Fleurie a dès lors une situation ferroviaire
privilégiée qui est, sans aucun doute, l'un des éléments
de la prospérité qu'elle connaîtra à
la fin du siècle ». A cette époque, en dehors
de quelques lignes d'intérêt privé fonctionnant
en circuit fermé, le téléphone est quasiment
inexistant. Aussi le développement du tourisme balnéaire
va-t-il être particulièrement déterminant quant
à l'établissement du réseau téléphonique
calvadosien.
Le premier circuit est destiné à
joindre le littoral, mais dans un but uniquement pratique.
En juillet 1885 est établi un circuit téléphonique
destiné à desservir le canal de Caen à la
mer « pour régler les départs des navires
et leur croisement dans la gare de Blainville, ainsi que les manuvres
d'eau en temps de crues de l'Orne ». Cette ligne de 14 200
mètres installée pour le compte de la Société
de Navigation n'est en fait qu'une longue ligne d'intérêt
privé. La ville de Caen est dotée d'une réseau
téléphonique d'Etat en 1886 mais il faut attendre
1890 pour que la ligne Caen-Ouistreham-port soit ouverte aux abonnés
du réseau caennais. C'est aussi dans un but privé
qu'est établie en juillet 1891 une ligne de 9 kilomètres
« dont l'usage a été demandé par la
société des établissements Decauville aine
pour les besoins de l'exploitation du chemin de fer de Luc à
Ouistreham ».
La première liaison interdépartementale
est réalisée en 1891 : Trouville « la reine
des plages » et Honfleur sont les deux premières
communes du département reliées à Paris en
transitant par Rouen : un circuit Rouen-Paris est établi
en 1887 et le circuit Trouville-Honfleur-Rouen en juin 1891. Cette
liaison est fort bien accueillie. Dès le 20 août
1891, le Directeur Départemental des Postes et Télégraphes
s'adresse au Préfet : « Par suite de l'inauguration
récente du circuit téléphonique Rouen-Trouville,
des demandes se produisent de personnes habitant Trouville momentanément
tendant à obtenir d'avoir leurs habitations reliées
téléphoniquement au bureau des Postes et Télégraphes
de cette localité en vue de se procurer la facilité
de communiquer directement de chez elles avec les réseaux
de Rouen et de Paris ». L'unique cabine ne suffisant plus,
un réseau local est nécessaire. Arguant de cette
situation, le Directeur Départemental sollicite un arrêté
préfectoral pour exécuter ces travaux rapidement
malgré l'avancement de la saison. Dès le lendemain
le Préfet donne son accord. Dans les années suivantes,
le besoin de communiquer s'affirme davantage et les villégiaturistes
éprouvent de plus en plus l'incommodité du transit
par Rouen.
II faut attendre 1897 pour que le Conseil Général
étudie un projet de réseau téléphonique
départemental et constate lors de sa session d'août
que le « Calvados est très en retard pour la création
de ce nouvel agent de communication rapide». Sous l'impulsion
du député de Caen, Georges Lebret, et d'un comité
animé par des commerçants, le projet de circuit
Caen-Paris prend forme. Quelques lignes interdépartementales
sont envisagées : Caen-Bayeux, Caen-Lisieux et Caen-Trouville.
En juillet 1897 le Journal de Caen plaide pour la construction
d'un circuit CatH-Luc avec rattachement de toutes les stations
balnéaires de Courseulles à Ouistreham. Mais l'hésitation
des notables locaux, pour qui « on ne paraît s'être
préoccupé que de l'intérêt de Caen
», limite le projet à quelques circuits. Deux bailleurs
de fonds, le comte Foy et le baron Gérard, tous deux conseillers
généraux, apportent au département les 197
000 francs nécessaires et le Conseil Général
vote sa participation au paiement de l'intérêt. Le
premier semestre 1898 voit ainsi la mise en service du circuit
Caen-Paris et des trois circuits calvadosiens, le dernier, Caen-Trouville
étant ouvert au service public le 13 juin. Des initiatives
privées, mais avec l'aval du Conseil Général,
font naître des circuits Trouville-Deauville, Trouville-Cabourg,
Trouville- Villers-sur-Mer et Cabourg-Beuzeval.
Lors de la session d'août 1899, le Conseil
Général est saisi d'un projet de création
d'un réseau téléphonique départemental
par le Sous-Secrétariat d'Etat aux Postes et Télégraphes
: « la France n'a pas jusqu'ici profité, aussi largement
que ses voisins, des facilités nouvelles qu'offre ce merveilleux
moyen de communication pour les relations d'affaires et de famille
». Quant au financement, l'Administration propose la participation
du Conseil Général « dans une large mesure
», des Chambres de Commerce, des Compagnies de Chemin de
Fer de l'Ouest et de Caen à la mer, « en raison des
intérêts qu'elles ont dans la région du littoral
», des Caisses d'Epargne et de Groupements de Souscripteurs.
Le plaidoyer de dix pages de l'Administration conclut en soulignant
que « les réseaux déjà existants seront
beaucoup plus productifs après l'établissement du
réseau départemental ». Le rapporteur, Charles
Paulmier, tout en reconnaissant que le projet est séduisant,
objecte que l'extension rapide du réseau risque, «
au lieu d'améliorer les communications de départ,
de compromettre celles que nous possédons à l'heure
actuelle. Déjà actuellement, pendant la saison des
bains de mer, les lignes sont tellement encombrées que
les communications sont en fait virtuellement supprimées...
Dans ces conditions, on peut se demander, avec un certain effroi,
ce qu'il adviendrait le jour où, au lieu de dix centres
téléphoniques dans le Calvados, il y en aurait 60
ou 80 ». Si le principe d'un second circuit Caen-Paris et
de circuits reliant les stations balnéaires situées
à l'ouest de l'embouchure de l'Orne est admis, le reste
du projet est mis à l'étude, mais est refusé
à la session d'avril 1900. Le rapporteur conclut ainsi
: « s'il faut du téléphone, pas trop s'en
faut : si l'abondance des communications provenant de l'augmentation
des postes téléphoniques rendait illusoire le service
à attendre des lignes actuelles, ce serait une fois de
plus le cas de constater que le mieux est l'ennemi du bien ».
Ainsi le conservatisme du Conseil Général ne pare
qu'au plus pressé. En 1901, les communes balnéaires
retenues font officiellement leur demande, Saint-Aubin- sur-Mer
justifiant ainsi la sienne : « le Conseil municipal considère
que l'installation du téléphone ne peut qu'augmenter
la prospérité de Saint-Aubin en offrant aux baigneurs
de nouvelles facilités de communication avec Paris, Rouen
et Le Havre ». Le 1er août 1902 sont mis en activité
les réseaux de Luc, Bernières et Courseulles ainsi
que les circuits Caen-Luc, Luc-Bernières et Bernières-Cour-
seulles. Quinze jours plus tard suivent les réseaux de
Saint-Aubin, Langrune, Lion, Ouistreham et La Délivrande,
ainsi que les circuits La Délivrande-Luc, Saint- Aubin-Langr
une-Luc et Ouistre- ham-Lion-Luc Le comte Foy et le baron Gérard
financent à nouveau tout ce programme. Le désenclavement
du littoral se poursuit grâce à des initiatives privées.
Eh 1903, le maire de Villerville finance le réseau local
et un circuit avec Trouville, le maire d'Houlgate finance le circuit
Caen-Cabourg et la Chambre de Commerce d'Honfleur un deuxième
circuit Honfleur-Rouen. Enfin, en 1905, les villes de Deauville
et de Trouville, cette dernière ayant refusé de
la faire seule en 1903, financent l'indispensable circuit Trouville-Paris.
En dépit de la réserve des notables calvadosiens,
mais sous la pression des villégiaturistes et des commerçants
pour qui la saison balnéaire cause nombre de désagréments
en juillet 1903, le sucrier Albert Bouchon, de Nassandres,
se plaint d'attendre de 2 à 4 heures pour téléphoner
à Caen le littoral calvadosien apparaît mieux
équipé en 1905 que le reste du département
: 36 % des 569 abonnés se situent sur le littoral.
En ce début du XXe siècle, la situation
du téléphone est loin d'être satisfaisante.
Le Conseil Général, en mai 1905, constatant qu' «
actuellement les communications téléphoniques laissent
beaucoup à désirer » et que « la cause
du malaise constaté réside dans l'insuffisance des
débouchés », décide enfin d'étudier
sérieusement un projet de réseau départemental.
Le projet adopté par le Conseil Général est
ambitieux puisqu'un emprunt de 1 106 147 francs est nécessaire.
Il concerne la création de 61 circuits départementaux,
le rachat de tous les circuits existants et non encore remboursés
par l'Etat au moyen des produits, et l'établissement de six
circuits interdépartementaux. Après une année
de débats et de discussions, le Conseil Général
adopte, en août 1906, le projet définitif, n'objectant
qu'une remarque : « que les travaux ne viennent pas apporter
une perturbation déplorable dans le service téléphonique
à l'époque de la saison balnéaire, ainsi que
cela a lieu en ce moment ». Ces travaux touchent l'essentiel
du département et sur le littoral apportent le téléphone
au-delà de Courseulles. En effet, dès août 1906,
Arromanches en transitant par Ryes est relié à Bayeux.
Isigny et Grandcamp suivent en octobre 1907, Blonville en janvier
1908, Asnelles, Ver-sur-Mer et Vierville en juin 1908 et Sallenelles
en mars 1909. Après Caen. Trouville est un important centre
téléphonique : déjà reliée à
Rouen, Paris, Caen et aux localités voisines, la «
reine des plages » est reliée à Honfleur par
un circuit particulier et à Pont-1'Evêque en juillet
1909. En septembre, un second circuit avec Deauville est mis en
service. En décembre sont terminés les circuits Caen-Hermanville
et Varaville-Cabourg. Ainsi, en 1910, les cités balnéaires
en vogue peuvent toutes être atteintes téléphbni
quement. Mais la qualité du service laisse tant à
désirer que Trouville, en 1908, réclame un second
circuit vers Paris constatant que « la ligne unique actuellement
existante est impuissante à répondre aux exigences
de la saison des bains de mer » : une enquête de 1907
attribuait une fréquentation de 60 000 personnes à
Trouville et de 20 000 à Deauville. Du fait d'un Conseil
Général conservateur et économe, ce projet
n'aboutit qu'en 1911 et encore avec les concours des municipalités
de Deauville et Trouville et de la Chambre de Commerce de Honfleur.
En 1910, les circuits Caen-Cabourg 2 et Caen-Courseulles sont réclamés,
ce dernier « étant destiné à enlever
à la voie Caen-Luc un trafic par trop intensif pendant la
saison balnéaire » et permettant l'amélioration
des relations entre Luc, Saint-Aubin, Bernières, Courseulles
et Ouistreham.
.
Nous ne possédons que quelques résultats financiers
du quatrième trimestre 1905 au troisième trimestre
1909 mais ceux- ci sont suffisamment éloquents. Quatre
pointes sont perceptibles sur le graphique et concernent toutes
les quatre le troisième trimestre, c'est-à-dire celui
de la saison balnéaire. Si en 1906 la pointe reste limitée,
en revanche, les années suivantes sont exemplaires : en 1907
et 1908, les produits du troisième trimestre représentent
le tiers des produits annuels. La croissance des troisièmes
trimestres est plus forte en 1907 que la croissance annuelle, mais
à partir de 1908, du fait de l'extension du réseau
départemental, la croissance annuelle l'emporte.
Deauville, sous l'impulsion du directeur du casino,
Eugène Cornuché, se développe rapidement
et, en 1913, double Trouville. Cet avènement se traduit
sur le plan téléphonique par la multiplication des
circuits au départ de Deauville. Depuis septembre 1909,
deux circuits relient les deux rivales. En octobre 1911, deux
nouveaux circuits sont projetés à cause de nombreux
et importants retards dans l'établissement des communications.
Ils sont mis en service le 16 août 1912. Parallèlement
Deauville réclame un circuit vers Paris. Dans une délibération
du Conseil municipal du 12 novembre 1911, le maire « renouvelle
sa proposition d'avancer la somme de 200 000 francs à l'Etat
pour la construction immédiate d'un circuit direct Deauville-Paris
qui est absolument indispensable pour assurer un service régulier
donnant satisfaction aux abonnés ». Le Conseil Général
donne son accord et les travaux commencent au printemps 1912.
Mais des retards apportés dans la construction entraînent
une protestation du Conseil municipal, soutenue par la Société
des Courses. Celle-ci, qui a souscrit pour 42 000 F dans le projet,
avance « la grande affluence du monde cette année
à Deauville, ce qui va rendre très difficile (on
peut dire presqu'impossible) les communications entre Deauville
et Paris ». Enfin le 10 mai 1913, le circuit est mis en
service.
Désormais tous les nouveaux circuits partent
de Deauville : en octobre 1913, le Conseil Général
donne un avis favorable pour l'établissement de circuits
de dégagement. « dont la construction est nécessitée
par le développement du trafic de Deauville », en
direction de Rouen, Cabourg et Villers-sur-Mer ; les circuits
5 et 6 avec Trouville sont aussi projetés. L'Administration
des Postes et Télégraphes peut ainsi répondre
sur les conditions d'exécution du service téléphonique
pendant la saison balnéaire : « il a été
reconnu nécessaire de libérer Deauville de l'intervention
de Trou- ville et pour ce faire de la doter de plusieurs voies
directes de dégagement ». Le succès de Deauville
est si rapide qu'un second circuit en direction de Paris est nécessaire.
Lors de la session du Conseil Général, en avril
1914, le Préfet justifie aussi cette demande : «
afin de remédier autant que possible à l'encombrement
qui se produit à certains moments à Deauville pendant
la saison balnéaire, le service des Postes a, depuis votre
dernière session, saisi mon administration d'un projet
de création d'un deuxième circuit Paris-Deauville
». La ville de Deauville ayant, comme à son habitude,
pris en charge la totalité de l'annuité, le Conseil
Général donne son autorisation, précisant
qu' « il serait d'un grand intérêt que ces
travaux fussent exécutés avant l'été
». Du fait de la guerre, la construction de ce circuit n'interviendra
qu'en 1921.
Ces besoins ne concernent pas tant de nouveaux
circuits que l'amélioration des circuits existants. Rapidement
saturés pendant la saison balnéaire, certains doivent
être doublés, ainsi Trouville- Paris en 1912. En
novembre 1912, le Conseil municipal de Cabourg réclame
un deuxième circuit en direction de Caen : « la création
d'un doublement de l'unique circuit Caen-Cabourg améliorera
considérablement nos relations avec les environs et même
avec Paris et la ville de Caen pourra nous être donnée
avec quelques minutes d'attente au lieu de 3 ou 4 heures comme
cela est arrivé pendant la saison balnéaire ».
Ce second circuit est mis en service le 10 juillet 1913. La pression
de la saison balnéaire est constamment déterminante.
Alors que la participation de la ville de Caen était sollicitée
pour les circuits Caen-Cabourg 2 et Caen-Lisieux 2, un conseiller
caennais s'exclamait : « cela profitera surtout aux baigneurs
». Bayeux, en 1911, réclame le doublement de son
circuit vers Caen, l'unique devant faire face pendant la saison
estivale « à un trafic particulièrement actif».
Afin de soulager le circuit Caen-Luc, un circuit
Caen-Cour- seulles est demandé en 1912 « pour éviter
l'encombrement qui, pendant la saison estivale, rendait très
difficiles les communications et donnait lieu à de nombreuses
et justes réclamations de la part des abonnés et du
public ». La Chambre de Commerce de Caen et les villes de
Caen, Courseulles, Saint- Aubin-sur-Mer et Bernières participent
au service de l'annuité, mais Luc refuse préférant
la solution du doublement du circuit Caen-Luc « qui rendrait
de très grands services à toutes les stations de Ouistre-
ham à Courseulles indistinctement ». Caen-Courseulles
est mis en service le 20 mai 1913. Quelques circuits consacrent
l'existence de nouvelles cités balnéaires : en 1913
Houlgate est reliée à Cabourg et à Villers-sur-Mer,
et cette dernière à Blonville. En août 1912,
le Conseil Général examine un nouveau projet d'extension
du réseau départemental : sur les 62 circuits projetés,
un seul concerne le littoral (Merville-Cabourg). Ce projet démontre
que le littoral calvadosien a bénéficié du
téléphone bien avant le reste du département.
Si Deauville et Trouville sont les deux principaux
centres balnéaires, les localités situées
entre Bernières et Ouistreham n'en sont pas moins actives.
En août 1912, c'est-à-dire en pleine saison, le Conseil
municipal de Ouistreham réclame un circuit direct avec
Caen car « il est presqu'impossible aux abonnés du
téléphone de profiter de leur abonnement à
cause de la longueur de temps mise à leur donner la communication
avec Caen ». En juin 1913, le Directeur départemental
plaide pour un circuit Bénouville- Ouistreham « cette
dernière localité étant en situation particulièrement
défavorable pour l'écoulement de son trafic téléphonique
». En juin 1914, il propose une réorganisation technique
« en vue de faciliter l'exploitation des divers circuits
téléphoniques dont l'établissement est prévu
». Les réseaux de Courseulles, Bernières,
Saint-Aubin, Langrune et Luc sont groupés de façon
à constituer des communications directes : Caen-Bernières-Cour-
seulles, Caen-Langrune-Saint-Aubin, Caen-Luc 1 et 2, Courseulles-
Bernières-Saint- Aubin et Saint- Aubin-Langrune-Luc. La
même lettre propose les circuits Caen-Bénouville-Ouistreham,
Villers-sur- Mer-Blonville-Trouville et Cabourg-Houlgate- Villers-sur-Mer.
A la veille de la Première Guerre Mondiale,
chaque station balnéaire dispose d'au moins un circuit
direct ou indirect avec Caen. Les stations les plus fréquentées,
Deauville et Trouville, sont directement reliées à
Rouen et Paris. Les abonnés du littoral représentent
plus du tiers des abonnés du département. En 1905,
Trouville et Deauville possèdent 95 abonnés et Caen
187, mais en 1914, les deux cités balnéaires comptent
537 abonnés et Caen 601. Le nombre d'abonnés de
la Côte Fleurie est multiplié par cinq entre 1905
et 1914 alors que celui du département ne l'est que par
4,4. Les effectifs augmentent rapidement, mais la qualité
de service apparaît mauvaise, voire déplorable. Ainsi
lors de la session du Conseil Général, en octobre
1912, le Préfet propose de nouvelles lignes « pour
faire face au surcroît de trafic qu'elles ne suffisent plus
à assurer » constatant « une insuffisance à
peu près générale ». Chaque nouvelle
demande est presque toujours justifiée par l'impossibilité
d'écouler le trafic pendant la saison balnéaire
: la durée d'attente pour Paris varie de 3 à 5 heures,
voire plus ! En 1914, l'équipement téléphonique
du littoral calvàdosien existe, mais sa situation reste
fragile : beaucoup reste à faire pour améliorer
le réseau. Le téléphone s'est développé
sous la pression des villégiaturistes et des commerçants
locaux, mais aussi avec le concours obligatoire des notables conservateurs
du Conseil Général .
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sommaire
LES PREMIERS DÉVELOPPEMENTS DU TÉLÉPHONE
EN LORRAINE 1885-1914 (Jean-Paul Martin)
Le téléphone apparaît en France
vers 1880 dans un environnement économique, socio-culturel
et politique peu favorable à son adoption. Après
10 années de gestion libérale et d'expérimentation
sociale, les préventions qui accompagnent l'arrivée
de toute innovation, tournent en France au plus complet blocage.
Le téléphone est nationalisé mais l'Etat
refuse de le financer et confie son avenir aux notables locaux.
Ce sont eux, par leurs avances, qui financent tes équipements
et mettent en uvre le développement au réseau.
Mais les notables locaux, par absence de besoins pu par crainte
de ne pouvoir le contrôler, ont, semble-il, freiné
la diffusion du téléphone en refusant de consentir
des avances importantes à l'Etat.
Qu'en a-t-il été en Lorraine où, à
l'exception de quelques bureaux militaires ouverts au public et
des liaisons internationales de voisinage établies avec
l'Alsace-Lorraine, les lignes et les réseaux construits
avant 1914 ont été financés par les particuliers
et ies collectivités locales ? Après avoir précisé
les conditions de financement, on s'interrogera sur l'attitude
des notables lorrains et les choix qu'ils ont fait en matière
de développement du réseau téléphonique.
On examinera ensuite la diffusion du téléphone dans
la région, ses modalités, son intensité et
ses freins, en soulignant en quoi les processus de diffusion sont
révélateurs de grands courants d'échanges
et des horizons spatiaux de la vie de relations en Lorraine à
la fin du siècle dernier. Nous n'avons pas étendu
nos recherches au département de la Moselle, annexé
depuis 1871, où c'est l'administration allemande, et non
les collectivités locales, qui a pris en charge la construction
du réseau téléphonique.
I. Le mode de financement : le téléphone
entre les mains des notables locaux
1. Les avances remboursables
En 1889, après 10 années d'expérience
libérale où l'on voit coexister concessions privées
et réseaux d'état, le téléphone en
France est nationalisé. La loi de nationalisation dote
le téléphone d'un statut juridique stable en le
confiant à l'administration récemment fusionnée
des Postes et Télégraphes, mais son avenir n'est
pas assuré pour autant car il lui manque ce qui a fait
la fortune du télégraphe électrique : une
mise de fonds initiale importante et un plan de développement
suivi à moyen ou long terme. En effet, la loi ne prévoit
aucun crédit d'état pour financer te téléphone.
Ce sont les particuliers, les chambres de commerce, les villes
et les départements qui font à l'Etat l'avance des
sommes indispensables à la construction du réseau.
De son côté, l'Etat se charge de construire, d'exploiter
et d'entretenir les lignes dont les recettes servent à
rembourser les avances consenties. Après remboursement,
l'ensemble des installations reste la propriété
de l'Etat. Un autre décret de 1891 va dans le même
sens : c'est aussi par avances de fonds que seront financés
les circuits interurbains.
2. Les modalités d'application
Dans les 10 années qui suivent la nationalisation,
des conventions particulières sont passées avec
l'administration pour la construction de circuits interurbains
et l'installation de réseaux dans les communes qui en font
la demande. Le téléphone se diffuse lentement et
sans plan d'ensemble. Le réseau général s'organise
autour de quelques grandes lignes reliant Paris et les principales
villes de province (Lille, Lyon, Marseille, Toulouse, Rennes,
Nantes, Rouen et Nancy). Entre les branches de ce réseau
étoile s'amorce, au gré des initiatives locales,
la construction des premiers réseaux départementaux.
Vers 18R9, d'après l'enquête effectuée par
le Secrétariat des Postes, l'installation de réseaux
téléphoniques est en cours dans 18 départements
situés pour la plupart dans le Nord, la Région Parisienne
et la Basse-Normandie. Partout ailleurs, les réseaux départementaux
restent à l'état de projet ou sont carrément
repoussés comme dans la Manche, lé Finistère,
les Côtes-du-Nord, la Vendée et les Basses-Alpes.
Conscient du risque d'une croissance anarchique, l'Etat se tourne
vers le Département et décide en 1900 d'en faire
son unique interlocuteur. Celui-ci reprend à son compte
les avances anciennes, affecte les recettes au remboursement des
premiers prêteurs et entreprend la réalisation du
réseau départemental. Désormais, les extensions
du réseau font l'objet de programmes annuels comprenant
la liste des localités à rattacher, les circuits
de jonction à construire et les réseaux d'abonnés
à ouvrir dans les communes, Mais le mode de financement
par avances remboursables demeure inchangé : c'est le Département
qui se charge d'avancer les sommes nécessaires à
la réalisation des programmes d'équipement, non.
pas sur son propre budget, mais à l'aide d'emprunts dont
le capital est amorti par les recettes d'exploitation que l'Etat
lui reverse chique année. Le mode de remboursement ne tient
pas compte des différences de productivité entre
les lignes. Les recettes dés circuits interurbains et interdépartementaux
qui sont de beaucoup les plus productifs, peuvent être affectées
à la construction des lignes locales généralement
déficitaires. En définitive, seuls les intérêts
des emprunts restent à la charge des intéressés
dans des proportions variables selon les départements.
En Meuse, les communes en supportent les 2/3 et le Département
1/3. Les Vosges et la Meurthe-et-Moselle ont adopté la
même répartition ; communes 60 %, CCI. 15 %, Département
25 %. La construction de réseaux d'abonnés dans
les communes est financée par les municipalités
et les postes téléphoniques installés chez
les particuliers mis au compte des abonnés eux-mêmes.
Dans le régime de l'abonnement à forfait qui se
pratique dans les villes de plus de 25 000 habitants, les particuliers
doivent se procurer les appareils de transmission-réception
et payer l'installation de la ligne reliant le poste au central
de la localité. Le montant élevé des abonnements
et les taxes perçues sur les conversations font du téléphone
un moyen de communication relativement cher.
Par le mode de financement qu'il a mis en place, l'Etat a confié
l'avenir du téléphone aux notables locaux. Or ceux-ci
n'ont pas fait d'avances massives pour financer la construction
du réseau.
3. Les notables locaux et le financement du téléphone
Pour J. Attali et Y. Stourdze, c'est la principale raison
de la lente percée du téléphone en France.
L'Etat, disent-ils, a remis le téléphone aux notables
locaux parce qu'ils géraient déjà les problèmes
de communication à l'échelon local. Leur monopole
en matière d'information s'appuyait sur la presse locale
dont on sait qu'elle a connu à la fin du siècle
dernier une très large diffusion grâce aux tarifs
préférentiels de la poste. Il semble que les notables
locaux n'aient pas eu besoin du téléphone. Mais
les auteurs vont plus loin en soulignant que les notables avaient
tout à craindre de lui. En tant que mode de communication
directe de personne à personne, le téléphone
venait en effet court-circuiter les canaux traditionnels de transmission
de l'information. Par leur refus d'avancer des sommes importantes,
les notables locaux ont exprimé leur crainte de voir le
téléphone affaiblir leur rôle de relais et
de « filtres institutionnels » vis-à-vis de
la population. Aussi en ont-ils freiné la diffusion et
restreint son usage aux seuls milieux des affaires. Contrairement
à ce qu'on observe en Amérique du Nord et dans d'autres
pays européens où le téléphone se
répand très tôt dans les couches moyennes,
le téléphone en France demeure un moyen de communication
au service des entreprises et de l'administration. Les notables
locaux se sont montrés particulièrement réservés,
sinon réticents, à l'égard du téléphone.
II. Le développement du téléphone
en Lorraine entre 1885 et 1914
Pour reconstituer les premiers développements du réseau
téléphonique en Lorraine, nous avons relevé
année par année dans les archives de l'administration
des Postes et les Recueils des Actes administratifs départementaux
les données suivantes :
le nombre d'abonnés : indicateur de croissance,
les communes dotées du téléphone ;
indicateur de la diffusion spatiale,
les recettes téléphoniques : critère
indirect du volume de trafic,
les circuits de jonction : critère indirect de la
répartition géographique du trafic.
Ces données traitées de manière synchronique
(graphiques d'évolution) et diachroriique (cartes de la
diffusion du téléphone et de l'organisation des
circuits) permettent de reconnaître trois phases dans le
développement du réseau téléphonique
en Lorraine entre 1885 et 1914.
1. La phase « expérimentale » : le réseau
urbain de Nancy (1885-1892)
Le téléphone fait son apparition en Lorraine
vers 1883 sous forme de lignes privées installées
dans les établissements industriels. En fait, la création
d'un réseau interconnecté et fondé sur le
principe de la location du service date de 1885 avec la mise en
service à Nancy d'un réseau local comptant 87 abonnés.
Parmi les souscripteurs, on relève une majorité
d'entrepreneurs industriels, de grossistes et de représentants
du commerce. Ce premier réseau construit et exploité
par l'administration des Postes se développe régulièrement
: 143 abonnés en 1888 et 176 en 1891. Mais il sera le seul
à fonctionner dans la région jusqu'en 1892. Le coût
de l'installation, le montant des abonnements et les restrictions
d'usage imposées par la réglementation n'incitent
guère les autres villes à suivre l'exemple de Nancy.
Mais c'est surtout l'impossibilité de téléphoner
en dehors du réseau local qui en limite l'intérêt.
Avant 1890, tes circuits interurbains sont rares et coûteux.
Il se pose au pkm technique des problèmes d'affaiblissement
et pour que la voix soit encore intelligible à longue distance,
il faut utiliser des fus de cuivre de gros diamètre. C'est
à l'intérieur des grandes agglomérations
urbaines que le téléphone révèle toute
son utilité. Aussi le réseau téléphonique
français est-il constitué à l'origine d'une
poussière de réseaux locaux. Les propos tenus par
H. Boucher en août 1982 devant ses collègues conseillers
généraux du département de Vosges le soulignent
clairement. Dans une région comme le Nord de la France,
dit-il, on peut commencer par créer des réseaux
urbains disposant d'une autonomie de communications. Mais dans
les Vosges, Epinal et Saint-Dié n'ont pas suffisamment
d'importance pour justifier la création d'un réseau
local. Ce qu'il faut, c'est relier les villes entre elles. Et
il conclut : «Votre programme est tout tracé par
les nécessités locales ». Un mois plus tard,
en septembre 1892 est inaugurée la première liaison
téléphonique entre Paris et la Lorraine. La possibilité
d'obtenir des communications rapides avec la capitale intéresse
lés industriels et les CCI. de la région. Avec parfois
l'appui financier des municipalités et des conseils généraux,
les milieux d'affaires se lancent dans l'aventure du téléphone.
2. La phase « d'innovation » (1892-1900)
Entre 1892 et 1900, une quarantaine de conventions particulières
sont passées avec l'Etat pour la construction de circuits
interurbains et l'ouverture de réseaux d'abonnés
dans les communes qui se présentent. Parmi les signataires,
on relève les CCI. de Nancy et Epinal qui ont joué
un rôle d'impulsion décisif dans la construction
du circuit Paris- Nancy-Epinal. Ce sont elles qui prennent l'initiative
du projet en collaboration avec la CCI. de Paris et contribuent
à la majeure partie de son financement. On trouve aussi
parmi les signataires un grand nombre de particuliers et d'entreprises
: EVRARD à Lunéville, BARON DE TURCKHEIM, industriel
à Blâmont, le COMPTOIR MÉTALLURGIQUE DE LONGWY,
la CRISTALLERIE DE BACCARAT, la BRASSERIE DE VÉZELISE,
VARIN-BERNIER, banquier à Bar-le-Duc, GROSDIDIER, maître
de forge à Commercy, RIVART à Stenay et Montmédy,
la SOCIÉTÉ DES EAUX à Vittel, la SOCIÉTÉ
COTON- NIÈRE DE L'EST à Vincey, des groupes d'industriels
à Granges et Gérardmer, etc.
Dans les Vosges, ces initiatives sont soutenues par le Conseil
Général qui, 10 ans avant la Meurthe-et-Moselle
et la Meuse, vote une subvention annuelle de 10 000 F pour inciter
les municipalités à se doter du téléphone
et se relier à Epinal. Les municipalités urbaines
et les petits centres textiles dont les conseils municipaux sont
dominés par le patronat local répondent favorablement
et votent les avances nécessaires à l'installation
d'un réseau local. Il faut voir dans cette convergence
d'initiatives l'explication de l'avance prise par le département
des Vosges avant 1900 :
Dès 1895 et mieux encore en 1900, on observe dans les Vosges
l'amorce d'un réseau départemental centré
sur Epinal et déjà réticulé au plan
local (carte des circuits téléphoniques en 1900).
Il se compose de 28 réseaux, locaux dont là plupart
réunissent un petit nombre d'abonnés : 2 à
Granges, 6 à Senones et Val-d7Ajol, 9 à Mirecourt,
24 à Remiremont, 44 à Saint-Diér et 70 à
Epinal en 1897. La réticulation du réseau ne fait
que reproduire la dispersion des -établissements industriels
dans les vallées de la Meurthe et de la Moselle. En Meuse
et en Meurthe-et-Moselle, tous les réseaux ouverts avant
1900 ont été financés à l'aide de
fonds privés : ceux de Toul et Lunéville entrent
en service en 1892, dès l'ouverture du circuit de Paris,
avec respectivement 14 -et 25 abonnés. Celui de Vézelise
fonctionne l'année suivante avec 4 abonnés. Viennent
ensuite Pont-à-Mousson en 1895, Longwy en 1897, puis Blâ-
mont, Baccarat et Bayon en 1899. A cette date, deux 'autres réseaux
sont en construction à Frouard et Champigneulles. Ces réseaux
qui comptent peu d'abonnés lors de leur ouverture se développent
lentement et, en 1899, le réseau urbain de Nancy (416 abonnés)
regroupe les 4/5 de tous les abonnés au téléphone
de Meurthe-et-Moselle. Dans la Meuse où le démarrage
intervient plus tardivement, toujours à Finitiative d'entrepreneurs
locaux, le développement du réseau se fait en ordre
dispersé. Les six réseaux construits entre 1895
et 1899 ne sont pas reliés entre eux niais avec des villes
des départements limitrophes qui leur donnent accès
au réseau général : Bar-le-Duc à Châlons-sur-Marne
et Nancy (via le bureau de Toul), Verdun à Sainte-Menehould,
Stenay et Montmédy à Carignari et les Ardennes,
Commercy à Toul et Vau- couleurs.
Durant cette phase où le rôle d'impulsion est laissé
aux particuliers, ce sont les milieux d'affaires qui sont les
vecteurs de diffusion du téléphone. Celui-ci se
diffuse lentement au gré des, initiatives locales et sa
croissance n'est pas encore suffisamment forte pour que s'accusent
les disparités intrarégionales. Une demande potentielle
existe soutenue à la fin du siècle dernier par une
forte croissance des activités industrielles et commerciales,
mais les milieux d'affaires, à l'exception des industriels
vosgiens, n'ont pas réussi à faire passer leurs
demandes auprès des instances départementales. En
1900, l'Etat remet le téléphone entre les mains
des conseillers généraux en les chargeant de mettre
en uvre les programmes d'extension du réseau.
3. La phase « d'adoption » (1900-1914)
Trois traits caractérisent le développement
du téléphone durant cette phase : un développement
programmé mis en uvre par les départements,
une croissance rapide accompagnée d'une large diffusion
au plan local, un développement inégal d'un département
à l'autre.
Entre 1900 et 1914, le téléphone en Lorraine connaît
une croissance extrêmement rapide.
Fig 1 Fig 2
Fig 3
La courbe des communes dotées du téléphone
(fig. 1), notamment celle de Meurthe-et-Moselle où le mouvement
de diffusion est intense, prend l'allure d'une courbe de GAUSS
caractéristique de la phase «d'adoption» mise
en évidence par les études géographiques
sur la diffusion de l'innovation. De 45 en 1899, le nombre des
localités rattachées s'élève à
443 en 1905, puis à 893 en 1914. La croissance toutefois
est inégale. A la veille de la Première Guerre mondiale
85 % des communes de Meurthe-et-Moselle ont le téléphone.
Le taux de couverture atteint 30 % dans la Meuse et 45 % dans
les Vosges. Les recettes enregistrent aussi une forte augmentation
liée à l'extension du réseau et à
la progression du trafic, alors que les produits du télégraphe
stagnent ou augmentent légèrement (fig. 2).
La substitution du téléphone au télégraphe
intervient dès 1904 en Meurthe-et-Moselle, en 1906 dans
les Vosges alors que les recettes téléphoniques
et télégraphiques s'équilibrent encore dans
la Meuse en 1914.
Le taux d'équipement des ménages (nombre d'abonnés
pour 1 000 habitants) progresse régulièrement tout
au long de la période, tout en restant en-deçà
de la moyenne nationale (6). Mais fait caractéristique,
la structure de la clientèle ne se modifie guère.
Le téléphone se répand, mais il reste un
instrument au service du monde des affaires comme le montre le
faible taux de lignes à usage résidentiel dans les
Vosges en 1908 :
Lignes à usage résidentiel 16 %
Lignes à usage professionnel 84 %
(établissements purs et mixtes) dont :
agriculture 1 %
industrie-artisanat 27 %
commerce de détail-hôtellerie 25 %
intermédiaires-grossistes 24 %
services-administration 7 %
II semble à l'examen de ces indices de croissance que ce
soit moins le nombre d'abonnés (indice de pénétration
sociale) que l'extension du réseau (indice de diffusion
spatiale) qui différencie l'attitude des notables locaux
à l'égard du téléphone durant cette
période d'expansion. Dans la Meuse, où les représentants
des cantons ruraux ont la majorité au Conseil Général,
les notables n'ont pas fait d'avances massives pour la construction
du réseau départemental. Us l'ont conçu dès
le départ en terme de réseau administratif et donné
la priorité au financement des lignes reliant les chefs-lieux
de canton et les sous-préfectures à Bar-le-Duc.
Une fois cet objectif atteint, l'assemblée départementale
s'est contentée de satisfaire les demandes les plus pressantes
de la CCI., des villes et des municipalités rurales peu
nombreuses à solliciter l'installation d'une cabine publique.
Les premiers projets d'extension dont les travaux débutent
avec retard, ne recueillent l'adhésion que de 82 municipalités
dont 25 villes et chef lieux de cantons inscrits d'office au projet.
C'est peut- être la Meuse qui vérifie" le mieux
la thèse développée par Y. Stourdze.
Dans les Vosges et la Meurthe-et-Moselle, le développement
du téléphone s'inscrit dans un contexte d'expansion
économique porteur d'une demande autrement plus forte que
dans un département rural et peu urbanisé comme
la Meuse. Les milieux d'affaires intéressés par
la construction des grands circuits interurbains forment des groupes
de pression suffisamment puissants pour que leurs demandes soient
prises en considération par les instances départementales
et inscrites dans les programmes d'extension. Par les recettes
que procurent ces grands circuits, l'assemblée départementale
est en mesure de réaliser de nouveaux emprunts rapidement
amortis pouvant servir à financer la construction de lignes
locales dont on sait qu'elles sont déficitaires. Ce schéma
peut s'appliquer à quelques nuances près à
la Meurthe-et-Moselle où le Conseil Général,
avec l'appui constant de la CCI. et des municipalités,
est parvenu à financer le réseau rural et faire
de Nancy la tête de nombreuses lignes interrégionales.
Le premier projet d'extension est ambitieux puisqu'il envisage
à terme de relier toutes les localités du département.
Les travaux débutent dès 1900 avec l'adhésion
de 320 municipalités. Et par effet d'imitation, les autres
suivront quelques années après.
Entre 1900 et 1910, le Département des
Vosges a lancé huit emprunts d'un montant global de 2 millions
de francs. Après un effort initial important deux emprunts
en 1900 de 350 000 F chacun pour la reprise des lignes existantes
et le lancement du premier programme d'équipement les sommes
allouées au téléphone diminuent régulièrement
: 110 000 F en 1906, 100 000 F en 1908 et 40 000 F en 1910. Or
à cette date, l'administration reverse au département
100 000 F par trimestre à titre de remboursement des anciennes
avances. Ce qui revient à dire qu'un emprunt de 400 000
F pouvait être normalement amorti en l'espace d'un an. D'abord
favorables au téléphone, les notables vosgiens se
sont montrés réticents, les industriels notamment
qui, une fois réalisés les grands circuits de jonction,
se sont désintéressés de l'équipement
des communes rurales. Dès 1904, le Conseil Général
prend des mesures restrictives visant à exclure des projets
d'extension les localités de moins de 500 habitants ou
celles qui ne sollicitent pas l'ouverture d'un réseau d'abonnés.
La majeure partie des communes rurales sont dans ce cas.
Le faible montant de l'emprunt de 1910 est dû à une
modification du mode de remboursement. En 1908, l'Etat décide
que les avances servant à financer une ligne seront remboursées
à l'aide des seuls produits de cette ligne. C'est un coup
porté à l'équipement des communes rurales
dont les lignes ne sont pas rentables. A la fin de l'année
1910, on revient au système antérieur de remboursement
groupé.
Elles se voient aussi dans l'obligation, lorsqu'elles ne possèdent
pas de service postal ou télégraphique, de fournir
le local de la cabine, le mobilier de bureau et surtout de verser
les allocations annuelles du gérant et du piéton
distributeur des messages téléphonés. Les
petits bureaux sont d'ailleurs peu utilisés et leurs recettes
sont loin de couvrir le coût initial des installations .
Ces mesures restrictives, ajoutées aux retards que connaissent
les programmes d'équipement à l'approche de la guerre,
expliquent la faible extension du réseau communal des Vosges
en 1914. Pourtant le nombre des abonnés progresse régulièrement
et le taux d'équipement des ménages se tient à
un niveau légèrement supérieur à celui
de Meurthe-et-Moselle.
III. L'extension du réseau téléphonique
: logique économique et logique administrative
Aucun plan de développement suivi à court ou
moyen terme n'a présidé à l'extension du
réseau téléphonique en Lorraine durant cette
période. On a cherché le plus souvent à minimiser
les coûts et favoriser la construction de circuits pour
lesquels existait une demande potentielle. En ce sens le nombre
de circuits téléphoniques peut être considéré
comme un assez bon indicateur de te répartition géographique
des grands courants de trafic. Mais il a fallu concilier la recherche
du nioindre coût et la qualité du service en fonction
des techniques en usage à la fin du siècle dernier..
En effet, la saturation des lignes principales et l'engorgement
dçs centraux exploitée manuellement ont nécessité
l'ouverture de nouveaux circuits directs « sautant »
les bureaux intermédiaires et la misé en place d'itinéraires
secondaires permettant de « détourner» les
appels en cas d'affluence. D'un côté, les impératifs
financiers conduisaient à prévoir un réseau
à moindre coût par le rattachement de nombreuses
localités sur un même central, de l'autre les impératifs
de qualité du service tendaient à la création
d'un réseau maillé où tous les points à
fort trafic seraient reliés entre eux par un circuit direct.
Après 1900, cette logique économique et financière
s'efface en partie devant la volonté des élus de
construire un réseau départemental reproduisant
la hiérarchie des chefs-lieux administratifs indépendamment
de la rentabilité des lignes. On est ainsi passé
d'un réseau à configuration nodale simple à
un réseau plus complexe dont l'organisation interne porte
la marque de ces multiples influences. La généalogie
des circuits, leur configuration et leur densité sont révélatrices
des conditions de fonctionnement et des horizons spatiaux de la
vie de relations.
On y lit plusieurs échelles spatiales :
1. L'échelon interrégional : les grands courants
d'affaires
Comme pour les autres infrastructures de communication,
c'est sur les liaisons avec Paris que s'articulent les premiers
réseaux impulsés par les milieux d'affaires.
La rapidité de transmission, la possibilité de dialoguer
et le libre-accès à la parole le téléphone
peut être installé partout, à domicile, au
bureau justifient l'intérêt que ces milieux
portent au téléphone. Il le suscite d'autant plus
que l'industrialisation, les chemins de fer et le développement
des activités commerciales ont amené l'ouverture
de l'économie lorraine et la mise en place de tout un réseau
d'intermédiaires (grossistes, représentants, commissionnaires,
courtiers, etc.) pour lesquels le téléphone est
un moyen de se tenir en contacts réguliers avec les fournisseurs
et les clients. Ces intermédiaires sont avec les industriels
les premiers à adopter le téléphone. Sa large
diffusion dam l'hôtellerie le souligne aussi indirectement.
On peut dès lors comprendre l'importance des relations
à longues distances dans la répartition du trafic
dès la phase de démarrage du réseau téléphonique.
Ainsi, dans lés Vosges en 1898, sur 89 000 appels enregistrés,
7 000 seulement sont à destination locale (8 %), 42 000
à destination des villes du département (48 %) et
39 000 à destination des autres départements (44
%). A cette date, les communications à longues distances
sont limitées par l'absence d'interconnexion généralisée
à l'échelon national. Tous les appels interrégionaux
transitent par le circuit Epinal-Nancy-Paris dont lies recettes
sont en constante progression . La ligne est saturée aux
heures de pointe, à l'arrivée des courriers et au
départ des trains postaux, et les délais d'attente
qui s'en suivent soulèvent de nombreuses réclamations.
Le doublement de la ligne est envisagé dès 1898
et réalisé en 1900 alors même que les réseaux
départementaux, à l'exception de celui des Vosges,
en sont encore au premier stade de leur formation. Lé doublement
de la ligne améliore sensiblement les liaisons interrégionales
car elle ouvre la Lorraine à une vingtaine de départements
français (via Paris) et permet de réserver le 1"
circuit aux seules communications avec la capitale.
En 1914, les liaisons avec Paris constituent toujours l'épine
dorsale du réseau téléphonique régional.
La Lorraine est reliée avec la capitale par 11 circuits
directs dont six au départ de Nancy, deux au départ
de Bar-le-Duc et Epinal et un au départ de Verdun. A ces
fils directs s'ajoutent les multiples possibilités d'obtenir
Paris par des circuits secondaires (« circuits omnibus »
via Chaumont, Vesoul, Reims et Belfort). La centralisation administrative
et le rôle de la capitale dans l'organisation économique
expliquent l'importance du trafic échangé entre
la Lorraine et la région parisienne. Mais de nombreux appels
ne font que transiter par Paris sans qu'on puisse connaître
leurs destinations finales. Comme pour les chemins de fer, Paris
est le grand centre redistributeur des appels à l'échelon
national et international. Aussi ne peut-on comprendre l'établissement
de nouveaux circuits qu'en se référant à
l'état d'avancement et au degré d'interconnexion
de l'ensemble du réseau téléphonique français.
Après 1900, les milieux d'affaires ont demandé la
construction de circuits directs pour améliorer les communications
téléphoniques de la Lorraine avec les départements
limitrophes et les régions avec lesquelles ils entretiennent
des relations économiques privilégiées :
le Nord (Nancy-Lille 2 circuits), la Champagne (Nancy-Reims 2
circuits), le Sud-Est (Nancy-Lyon), la Franche-Comté (4
circuits avec Bel- fort) et la Basse-Seine (Epinal-Rouen-Le Havre
3 circuits à l'usage des usines textiles des Vosges).
La création de ces grands circuits a permis de réserver
les lignes existantes aux communications intrarégionales
et par conséquent de renforcer la position centrale d'Epinal
et de Nancy dans l'organisation interne du réseau téléphonique
lorrain. La mise en service de circuits de jonction interdépartementaux
a aussi permis d'améliorer les liaisons intra régionales,
mais il s'agit dans presque tous les cas de circuits d'intérêt
local : Vézelise-Mirecourt, Bar-le-Duc-Saint-Dizier, Montmédy-Longuyon,
Charmes-Bayon, Saint-Dié-Nancy, etc. Par contre la frontière
d'Alsace- Lorraine a constitué une coupure autrement plus
puissante que les limites départementales. Dès 1900,
Nancy est relié à Metz et au réseau de la
Moselle, mais il est remarquable de constater l'absence de liaisons
directes avec Strasbourg ou Mulhouse. L'ouverture après
1905 de petits circuits transvosgiens établis avec Schirmeck,
Sainte-Marie-aux-Mines, Munster et Wesserling dénote le
maintien de relations locales, notamment par le biais des entreprises
textiles. Il en est de même des anciens arrondissements
de Château-Salins et de Sarrebourg qui faisaient partie
avant 1871 du Département de la Meurthe. Les impératifs
stratégiques ont pris le pas sur les intérêts
locaux.
2. L'échelon départemental : la primauté
du principe administratif
Les élus ont conçu à l'échelle
de chaque département un réseau téléphonique
calqué sur la hiérarchie des chef-lieux administratifs.
La carte des circuits de jonction en 1914 le montre clairement.
Dans la Meuse, où les conseillers généraux
ont hérité en 1900 d'un réseau complètement
éclaté, leur premier souci a été de
relier les sous-préfectures à Bar-le-Duc et de brancher
les chefs-lieux de canton sur cette armature départementale.
Dans les Vosges, c'est aussi le principe administratif qui a guidé
l'extension du téléphone. On peut observer en 1914
l'existence de plusieurs réseaux centrés sur les
sous-préfectures et inscrits, à quelques ajustements
près, dans les limites des arrondissements (réseaux
de Saint-Dié, Remiremont, Epinal, Mirecourt et Neuf château).
L'importance démographique de l'agglomération de
Nancy et le rôle qu'elle a acquis dans l'organisation économique
et financière de la Lorraine à la fin du siècle
dernier ont conduit à concevoir en Meurthe- et-Moselle
un réseau très centralisé dans lequel la
plupart des chefs-lieux de canton sont reliés par des circuits
directs à la préfecture même si le trafic
échangé ne le justifie pas . Là encore, le
doublement des lignes établies avec Longwy, Toul, Lunéville
et Pont-à-Mousson a permis de réserver les premiers
circuits à l'usage exclusif des chefs-lieux de canton et
en 1914, 5 d'entr'eux seulement communiquent toujours avec Nancy
par des circuits partagés (Arracourt, Audun-le-Roman, Domèvre-en-
Haye, Thiaucourt et Badonviller).
C'est aussi dans les limites cantonales que s'est effectuée
l'extension du réseau téléphonique au plan
local. On peut avancer à cela différentes raisons.
Des contraintes techniques, car au-delà de trois localités
reliées par un même circuit partagé, les transmissions
deviennent très mauvaises. Sans compter que les abonnés
en bout de circuit obtiennent difficilement la ligne auprès
des employés du central de la commune voisine qui font
passer en priorité les abonnés locaux. Des heures
sont réservées pour chaque localité mais
la réglementation n'est pas strictement appliquée.
Des raisons financières aussi : la minimisation du coût
de construction des lignes privilégie le raccordement au
plus proche voisin. Des raisons socio-économiques enfin,
car le canton à la fin du siècle dernier représente
encore un cadre fondamental de la vie de relation des ruraux.
Dans la tarification des appels, il existe une taxe intra-cantonale.
Les réseaux locaux, en fait, se moulent dans les structures
existantes alors que les réseaux départementaux
et les liaisons interrégionales font davantage apparaître
le téléphone comme un agent d'innovation. Frappant
aussi est le petit nombre de circuits reliant directement entre
eux les centres sous-régionaux. Est-ce la marque d'une
polarisation de la vie de relation courante sur les villes de
niveau sous-régional ? On serait amené à
le penser, alors que les relations d'organisation et d'affaires
se traitent au niveau des villes majeures. Mais comme le souligne
le Directeur départemental des Postes de Meurthe-et-Moselle
en 1922, les nécessités d'administration ne correspondent
pas toujours à la logique économique. Après
avoir signalé un certain nombre d'anomalies, il conclut
: « Ces anomalies résultent des hésitations
des communes à adopter le téléphone au moment
de la création du réseau départemental, de
l'insuffisance des crédits consacrés aux travaux,
des itinéraires imposés par l'autorité militaire
et du défaut d'ensemble dans l'exécution ».
On ne saurait mieux résumer les contraintes qui ont pesé
sur les premiers développements du téléphone
en Lorraine à la fin du siècle dernier. En 1914,
le téléphone est diffusé dans un grand nombre
de localités mais peu d'abonnés sont raccordés.
La demande sociale, peu soutenue, se répand lentement en
dehors des milieux d'affaires. La faiblesse du marché n'attire
pas les investissements industriels et la modernisation des équipements
n'est pas entreprise. Le mode de financement, enfin, se révèle
inadapté à un développement programmé
du réseau au plan national. En 1914, la France est déjà
malade de son téléphone. Elle le restera, on le
sait, jusqu'à ces toutes dernières années.
Circuits téléphoniques interurbains en 1914
Jean-Paul Martin
|
Comme dans la plupart des régions, l'Alsace
suit les évolutions des télécommunications.
Évolution de la commutation en Alsace.
En 2000 lAlsace comptait onze commutateurs E10N1 qui ne permettaient
plus de faire face à lémergence de tous les
nouveaux services. Un plan national, en 1999, de renouvellement
de ces curs de chaînes, dont les premiers avaient 20
ans dexistence, aboutit à leur démontage en
moins de trois ans en Alsace.
La fin des années 1990 avait effectivement vu apparaître
la troisième génération de commutateurs électroniques
(3G) de type E10B3 (Alcatel Lucent) et AXE10 (Ericsson) dont la
capacité allait jusqu'à 120.000 abonnés.
Quatre E10B3 seront implantés en Alsace : Mulhouse Arc, Colmar
Preiss, Molsheim et Strasbourg Wodli et deux AXE10 à Mulhouse
Europe et Strasbourg Broglie, ainsi qu'un E10B3 de transit à
Strasbourg Wodli.
Ces commutateurs 3G permirent le renouvellement de tous les commutateurs
2G E10N1 et MT25, qui sest terminé en Alsace au début
des années 2010. Il a été facilité par
la baisse du nombre des abonnés commutés après
lintroduction du tout IP en ADSL.
Mais on ne parlera que bien plus tard, vers 2014, de la fin de la
commutation avec une première échéance pour
2022. Les choix techniques pour traiter les derniers abonnés
résiduels sur RTC restèrent aussi à confirmer.
Une solution sur ADSL ne sera retenue quen 2018.
Pendant cette période, un grand projet mobilisateur pour
les équipes de commutants des CPE, fraîchement devenu
UER, fut le deuxième plan de changement de numérotage,
celui du passage à 10 chiffres, qui a eu lieu en fin 1996.
Évolution des techniques lignes
La DG donna beaucoup d'importance à la qualité du
réseau de lignes au début des années 90, mais
après EO2, changement de cap, tant pour les investissements
qui firent l'objet de choix drastiques projet par projet, pour ne
pas dire au niveau des «POI» (petites opérations
d'infrastructure), que la maintenance préventive...
En même temps, on passait au tout optique pour les clients
d'affaire. La DR Alsace, déjà précurseur avec
les ROF (réseau optique flexible), continua le développement
des ROCA (réseau optique clients daffaires). En 1999
on pouvait compter plus de 80 sites équipés pour une
soixantaine de clients, principalement les banques (BFCM,
),
les institutions européennes (IPE4,
), les sociétés
informatiques ou audiovisuelles et autres entreprises multi-sites.
Évolution des transmissions
Dans ce domaine, la région a continué à déployer
linfrastructure optique à un rythme soutenu, ainsi
la quasi-totalité des classes 4 commutation dAlsace
a été desservie.
Parallèlement, à partir de 1996, le déploiement
des équipements terminaux SDH (Hiérarchie Digitale
Synchrone) sest poursuivi au même rythme. Les équipements
STM1 ont rendu possible lacheminement du trafic de la totalité
des classes 4 et de les sécuriser.
L'apparition du STM16 (débit de 16x63 Mbits) a permis très
vite de sécuriser les grandes artères du réseau
alsacien, Strasbourg-Mulhouse avec un axe via Molsheim-Sélestat-Colmar
et un autre via Marckolsheim-Neuf-Brisach. Ce qui entraîna
la disparition des câbles cuivre nationaux, ainsi que de la
plupart des faisceaux hertziens.
Avec larrivée dInternet et de lADSL en
début des années 2000, le réseau de transmission
mis en place a très vite été insuffisant, les
débits nécessaires saturant le réseau SDH.
Lévolution continue des équipements ADSL (Dslam),
nécessitée par la montée en débit des
applications Internet, et donc la multiplication des liens Dslam-BAS
(concentrateurs de trafic), permettant laccès au réseau
des FAI (Fournisseurs dAccès Internet) qui ont très
vite saturé les câbles optiques en place. Ce problème
trouva sa solution par le déploiement très rapide
déquipements permettant le multiplexage en longueurs
donde des fibres optiques permettant de multiplier par 4,
8, 16 la capacité de ces fibres optiques selon leur qualité
(les fibres déployées avant 2000 ne permirent pas
toujours cette évolution).
A partir de 2010, commença le désinvestissement des
premiers équipements SDH Il était lié à
la baisse du trafic provenant de la commutation et à lévolution
du trafic mobile (passage en 3G puis en 4G qui nécessitait
également des débits saturant très vite les
équipements SDH).
Cette montée en débit incessante nécessaire
à Internet et aux réseaux mobile obligea constamment
à revoir les équipements transmission. Ce qui a entraîné
lentrée de nouveaux fournisseurs de matériel.
Aux historiques Alcatel, puis Alcatel-Lucent sest ajouté
ECI (Israël) et surtout Huawei qui fournit maintenant la moitié
des équipements de base du réseau. Cela a impliqué
également la multiplicité déquipements
dans nos salles de transmission.
En matière de protocole, le bas du réseau Orange reste
essentiellement en ATM, (Asynchronous Transfer Mode) protocole gourmand
en ressources. (ATM emploie une technique de commutation à
mi-chemin entre la commutation de circuit (téléphonie)
et la commutation de paquets (X25). Par contre le haut du réseau
(au-delà du BAS) utilise de plus en plus le réseau
IP/Ethernet, qui permet une augmentation plus rapide en débits
tout en étant, surtout, moins couteux.
Lancement de la téléphonie mobile
Le 1er octobre 1991, France Telecom commence à Strasbourg
une expérience-pilote de téléphonie sans fil
grand public, en ville.
Le Bi-Bop est commercialisé « en grand »
à partir davril 1993 à Paris, Lille et dans
quelques lieux de villégiature.
Suivi par Itinéris en 1992 avec la norme GSM
La « préhistoire » des Mobiles 1G et 2G (Radiocom
2000 en 1986) a été abordée dans la première
partie. Larrivée de la norme GSM révolutionne
ce domaine . Itinéris est inauguré en Alsace le 19
mai 1993 avec une couverture réseau à 80% de la région.
Fin 1993,
Dès 1982, la Conférence Européenne des administrations
des Postes et Télécommunications (CEPT) crée
le Groupe spécial pour système public de radiocommunications
avec les mobiles à 900 MHz, soit en abrégé
le Groupe spécial mobiles (GSM).
En 1990, la structure cible du système cellulaire GSM est
déjà choisie : les Stations de Base Radio (BTS), les
Contrôleurs de Stations de Base (BSC), les Commutateurs de
Services Mobiles (MSC).
En juillet 1992, les premiers modèles de Radiotéléphones
de 2ème génération GSM portatifs sont commercialisés
par France Télécom lors de l'ouverture grand public.
Ces premiers modèles ne sont pas encore badgés France
Télécom vue leur récence. Prix de vente de
ces radiotéléphones: 15.000 francs !
Puis se suivent les évolutions technologiques : 2001 le GPRS
(56kbit/s), 2005 EDGE (200kbit/s), les premiers réseaux 3G
dès 2004 (600Kbit/s) et enfin la 4G qui ne démarra
qu'en 2012 (avec un débit de données maximum de 150
Mbit/s) la France ne compte encore que 50.000 abonnés, mais
la concurrence du deuxième opérateur français
SFR est déjà une réalité.
En 1995, laccélération de la demande avec plus
de 50 nouveaux clients par semaine en Alsace témoigne de
lengouement du public mais entraîne déjà
la saturation du réseau et nécessite la multiplication
des émetteurs. La recherche de nouveaux sites est très
difficile et on parle déjà de zones
dombre dans le sud de la région. Fin 1995, avec une
vingtaine démetteurs supplémentaires, la région
possède une cinquantaine de sites. Cette multiplication du
nombre dantennes est imposée par passage de la puissance
de 8 watt de téléphone de voiture (2G) à celle
de 2 watt du terminal GSM. Cela entraîna aussi une insuffisance
des fréquences disponibles et leur réutilisation entre
différents sites devient problématique en particulier
dans les zones denses.
Nos voisins allemands avaient les mêmes difficultés
et très vite il a fallu harmoniser les fréquences
avec Deutsche Telekom.
Fin 1996 lAlsace compte 44.000 abonnés, en 1997 on
assiste à lexplosion de la demande, lobjectif
de vente de 5.800 pour le premier quadrimestre passe à 13.650
pour le troisième. En fin dannée on fit appel
à lensemble du personnel pour renforcer les équipes
de vente, plus de 70 agents répondirent. Cétait
aussi lannée du lancement de la marque OLA dont une
des répercussions fut la création de la plateforme
Ola à Colmar en 1999, qui a été rattachée
à l'Agence Haut Rhin. Sa mission est dapporter aux
clients OLA une assistance sur les aspects techniques et
commerciaux.
Pour la promotion de cette marque, FT Mobiles créa place
Kleber,en octobre 1999, un univers magique et féerique «
Olaween » à l'occasion d'Halloween (voir photo, FA45
1/99)
Louverture de la 3G avait fait lobjet dun pré-lancement
à Strasbourg en septembre 2004 et a permis louverture
de lUMTS dans 14 villes de France en décembre de la
même année. A louverture, en Alsace, 54% de la
population est couverte mais se concentre sur les principales villes
de la région, soit au total que 290 communes.
Évolution du réseau internet
L'ADSL (Asymetric Digital Subscriber Line) a été
introduit en France en 1999. Ce produit déjà utilisé
aux USA et dans certains pays Asiatiques, devait développer
l'internet en faisant passer les débits à 512/128
KB.
L'Alsace a été choisie dès début 1999,
comme première et seule région pilote de province,
avec Paris intra-muros. Ce choix devait rester confidentiel jusqu'à
l'ouverture du service pour ne pas attiser la concurrence.
L'ampleur de la demande de raccordements dès l'ouverture
des premiers centraux dans la ville de Strasbourg en décembre
1999 a été une grande surprise pour tous les responsables
de FT. Très vite toutes les communes voulaient leur ADSL.
Malheureusement les budgets et les capacités de production
des matériels spécifiques (DSLAM-Cartes) ne suivaient
pas.
Nous étions amenés à gérer la pénurie
et à faire face à beaucoup de mécontentement.
La situation s'est normalisée avec l'industrialisation et
l'évolution des produits : capacité des DSLAM, amélioration
des débits, augmentation des distances de couverture, introduction
de la télé par ADSL, ouverture du dégroupage,...
A Mulhouse, lADSL a été inauguré en octobre
2000, puis à Colmar et Saint Louis en décembre. Les
offres Netissimo étaient alors vendues à 265F/mois.
Cétait aussi lépoque où Roxana
Maracineanu, championne de natation et médaillée dargent
au Jo de 2000, faisait partie des équipes daction commerciale
de l'AG Mulhouse. Elle est devenue ministre des sports en 2018.
André Bourrel lavait récompensée lors
de cette inauguration. La contrepartie de cette évolution
a certainement été le développement de la concurrence
et l'accélération de la fin du monopole de FT .
Suite au développement technique de lADSL, Wanadoo
est lancé en 1996 et comptait 26.000 abonnés début
1997, dont 350 en Alsace.
La concurrence est très vive sur ce marché et France
Télécom veut rester leader en affichant sa volonté
de devenir la « Net Compagnie » française. Avec
l'explosion de l'internet, apparaissent des offres et des opérateurs
concurrents. France-Télécom, avec Wanadoo, rachète
plus d'une centaine de sociétés technologiques.
Fin 1998, lAlsace ne comptait que 10.000 abonnés Wanadoo.
Les agences furent totalement mobilisées pour la vente et
la promotion de ces nouveaux services sur les foires, en boutiques,
sur les Campus, les Collectivités Locales, les écoles
.
On imagina même les fêtes de linternet dans toutes
la France pour saffirmer comme la Net Compagnie.
LAlsace sest mobilisée pour la deuxième
édition en 1999, qui a vu des « Villages Internet »
sur de nombreuses places à Strasbourg, Colmar et Mulhouse.
Pour la troisième édition en 2000, lAlsace se
distingua tant à Strasbourg, Colmar quà Mulhouse
où les animations furent nombreuses, les « Net dOr
» venant récompenser les meilleures pages perso Internet.
Côté Entreprises, il fallut aussi faire connaître
ces nouveaux services. En juin 1999 plus de 150 entreprises ont
répondu à linvitation dAE au Palais de
la Musique et des Congrès de Strasbourg. Avec laide
de la filiale interne « Oléane/Transpac » lobjectif
était de créer une marque forte dans le monde de lentreprise
comme elle avait été faite avec Wanadoo pour le grand
public.
Faire connaître ces outils et les promouvoir devint une priorité.
Les actions étaient multiples.
Les ambassadeurs firent partie de cette force de frappe. Lancée
dès 1998, les ambassadeurs alsaciens, plus de 50 en 2000,
se firent connaître à tous les niveaux, bien sûr
essentiellement en Alsace (dans les écoles,
), à
Paris au Parlement en 2001 pour familiariser nos députés,
auprès des ministres européens en 2000
Par la suite, lévolution de tous les produits fut incessante
tant sur le fixe que mobile (haut débit, HD mobile, MaLigne
TV
) Leur promotion devait saccélérer.
Le lancement de « Ma ligne TV » sest déroulé
en septembre 2004 et ne concernait à louverture en
Alsace que 138 000 foyers, exclusivement sur la ville de Strasbourg.
Pour faire découvrir ce nouveau service un stand fut mis
en place devant lAgence Arcade lors du marché de Noël. |
En Meurthe-et-Moselle
A Fréménil c'est le 29 Juin 1911 que le chemin de
fer de LUNEVILLE à BLAMONT et à BADONVILLER est ouvert
au public. Les travaux de pose de la voie ferrée s'accompagnent
d'une plantation latérale destinée à supporter
les lignes aériennes du téléphone de la Compagnie.
Car la régulation des trains et la sécurité de
circulation sont assurées par le cantonnement téléphonique.
Chaque gare demande l'autorisation de circuler à la gare suivante
en s'assurant que la voie est libre. Le téléphone de l'LBB
installé pour son propre usage, suscite immédiatement
un besoin d'utilisation des supports, les poteaux téléphoniques,
pour implanter un service similaire, mais pour la desserte des communes,
à savoir les PTT (service des Postes, Télégraphes
et Téléphones).
La desserte terminale est "la cabine téléphonique".
En l'occurrence, pour notre commune, la cabine fait l'objet d'une plaque
émaillée portant la-dite mention et le poste mural est
installé chez Monsieur Christian ADAM, Maire de Fréménil
et par ailleurs Entrepreneur de broderie perlée (à l'époque
1 Rue de la Prairie) .
En ce temps-là, lorsqu'on voulait joindre un correspondant ,
il était nécessaire de passer par un central téléphonique
où opérait "la dame du téléphone"
qui, à l'aide de ses fiches (les jacks de communication), permettait
d'obtenir l'intéressé s'il était équipé
d'un poste de réception. Si ce n'était pas le cas, le
poste recevant l'appel pouvait prendre le message par écrit et
le remettre à domicile à l'intéressé.
Cela s'appelait un "message téléphonique". Ou
alors, le destinataire de l'appel téléphonique se déplaçait
au poste pour joindre l'appelant. Peu à peu le nombre de postes
privés est allé en s'augmentant permettant une relative
souplesse des communications.
La cabine téléphonique chez le gérant des PTT a
marqué un progrès dans le domaine de la communication
du territoire. Les postes à coffrets en bois et leurs sonneries
bruyantes caractéristiques ont maintenant disparu ou plutôt
font l'objet de collection pour les amateurs ou pour les musées.
Les habitants de nos villages ont compris bien vite tout l'intérêt
de l'équipement téléphonique. Mais, il faut en
convenir, ce ne fut pas une généralité, même
si l'on pouvait constater au fil des ans un accroissement des habitations
"branchées sur le téléphone".
Le service de "la cabine" tel qu'il était pratiqué
par la famille ADAM se termine dans les années 1970, mais le
relais est ensuite assuré par Mme et Mr Paul HENRY, 38 Grande
Rue, et ce jusqu'au 1er Avril 1988; ce qui permettait aux personnes
non équipées en téléphone personnel de contacter
malgré tout leurs interlocuteurs et surtout les urgences (médecins,
secours). Après la cessation de service de "la cabine"
de Mr Paul HENRY on aurait pu espérer l'installation d'une "vraie
cabine publique" telle que l'on pouvait trouver en ville avec utilisation
de monnaie, de jetons ou de cartes. Cette cabine publique devait même
s'implanter près du local communal (la salle des pompes). Cette
installation n'a pas eu lieu. Un essai timide et d'une efficacité
très limitée a été l'équipement de
l'abri-bus situé près de l'église avec un appareil
permettant d'appeler les secours (pompiers, gendarmes). Inconnu des
habitants, cet appareil l'était beaucoup plus des casseurs et
faisait régulièrement l'objet de dérangement.
Il faut constater que "le monde du téléphone"
a connu une évolution rapide et qui n'est pas terminée
avec "l'époque du portable". Aujourdhui le portable
a lui-même évolué. Il permet toujours de téléphoner
à ses parents, à ses amis, à tous les services
mais il peut également recevoir la radio, prendre des photos
et envoyer à profusion des messages abréviés "les
SMS" très appréciés par la jeunesse!!
Le téléphone d'aujourd'hui connaît une véritable
révolution qui ne semble pas prête d'être terminée.
sommaire
Dans l'AUBE le 13 février 1878 , une expérience
est réalisée à Troyes, entre le Moulin Notre-Dame
et le domicile de linspecteur du télégraphe.
La ville de Troyes est désignée pour être en 1883,
le siège du concours agricole de toute la région Nord-Est
de la France, la manifestation devant se tenir place Saint-Nicolas.
Un groupe dindustriels et de commerçants décident
dorganiser une exposition des Beaux-Arts place du Lycée
et une industrielle place de la Préfecture et à la Halle
aux blés. Le Conseil Municipal en profite pour demander au Ministre
des Postes et Télégraphes, la concession, pendant la durée
de lexposition régionale, dune liaison téléphonique
destinée à des auditions publiques. Troyes été
la première ville à faire cette expérience.
Le 7 août 1883 se tient au tribunal de Commerce, une première
réunion regroupant 40 des futurs abonnés (sur 62) qui
ont signé un engagement.
Le 1er avril 1884, la Ville de Troyes est lune des 1ères
villes de France à être dotée du téléphone,
grâce à laction conjointe de la Municipalité
et de la Chambre de Commerce qui avancent, chacune la moitié
des fonds nécessaires (25.500 francs) à la pose de la
1ère liaison Troyes-Paris le 22 mars 1891.
En 1900, cest la même chose pour la ligne Dijon-Troyes-Reims,
en 1903, pour la pose du 2ème fil entre Troyes et Paris, et en
1908 pour la construction de 2 nouveaux circuits entre Troyes et Paris.
En 1903, il y a eu 43.682 communications entre Paris et Troyes, en 1906,
il y en a eu 59.208.
Le central est situé au bureau de poste de la rue Charbonnet
(la maison de Moïse), qui, dès 1909, devient vite exigu.
Ce nest quen 1927 quil sinstalle dans le bel
immeuble " Jargondis " rue Raymond Poincaré.
Au cours des premières années, les abonnés sont
appelés daprès leur nom ou la dénomination
de leur firme. Au fur et à mesure de lextension du service,
cette pratique savère source de difficultés et de
lenteur. Afin dy remédier, lAdministration attribue
à chaque abonné un numéro.
Dès 1903, les annuaires indiquent ce numéro, en regard
du nom et de ladresse de labonné.
En 1910, le service de nuit est possible, grâce à la Chambre
de Commerce.
Le nombre dabonnés est au départ de 104, de 125
en 1884, de 149 en 1889, 177 en 1896, de 364 en 1903, de 678 en 1910
et de 1.527 en 1913. Dès 1901, pour permettre au public de communiquer
avec les abonnés, il y a une cabine publique à la poste
centrale. Il en coûte 25 centimes pour une communication maximale
de 5 minutes. Une deuxième cabine est installée au bureau
du Quartier-Bas fin 1902.
A la veille de la Première Guerre mondiale, le département
de lAube est le mieux équipé de France.
Téléphone public de nuit
Lors du Conseil municipal du 9 juillet 1937, le rapport ci-dessous est
adopté : « Par lettre du 14 mai dernier, M. le Directeur
des Postes, Télégraphes et Téléphones de
lAube fait connaître que son Administration envisageait
la pose dun appareil téléphonique à prépaiement
sur la façade de lHôtel des Postes de Troyes. Linstallation
de cet appareil permettrait dobtenir, après la fermeture
du guichet du télégraphe, soit après 23 heures
les jours ouvrables et 19 heures, le dimanche et les jours fériés,
des communications urbaines et interurbaines pendant toute la nuit.
La seule réserve émise par lAdministration des Postes,
Télégraphes et Téléphones à cette
installation consiste dans la prise en charge par la Ville de Troyes
des dépenses déclairage du poste et de sa lanterne
de signalisation. Léclairage de lappareil ne fonctionnerait
dailleurs que pendant les périodes dutilisation.
Seule la lanterne de signalisation serait dailleurs allumée
en permanence après 23 heures. Etant donné lintérêt
incontestable que présenterait pour la population troyenne lamélioration
envisagée par lAdministration des P.T.T., nous vous proposons
daccepter la condition mise par cette Administration à
sa réalisation, cest-à-dire de décider que
les dépenses déclairage qui en résulteront
seront à la charge de la ville »
Lavantage qua pris la ville de Troyes en étant parmi
les premières villes à vouloir être dotées
du téléphone, lui a toujours été bénéfique.
Cest ainsi quen 1928, Troyes est la première ville
de France à être dotée dun central automatique
urbain, et quen 1964, elle est une des premières villes
à recevoir un central automatique de 9.600 lignes. Le département
est entièrement automatisé, 2 années avant lensemble
du territoire français. Les cabines téléphoniques
fleurissent partout.
En 1975, sous limpulsion du maire Robert Galley, ministre des
PTT, cest létablissement de communications interurbaines
de manière automatique, qui annonce la disparition des "
demoiselles du téléphone " !
sommaire
Dans les Ardennes
Au village de La Romagne, le Préfet des Ardennes propose
en 1899 un projet dorganisation de réseau départemental.
Ceci nécessite la mise en place dun très important
emprunt de 600 000 francs remboursable sur 30 ans. La Romagne pourrait
se rattacher à ce projet. Mais elle attendra 1906 pour que cela
soit effectif et que ce service assure aussi léchange des
télégrammes.
Rares sont les particuliers qui possèdent personnellement une
ligne téléphonique jusquà laprès-guerre,
en dehors des Etablissements Malherbe qui ont été les
premiers. En 1954, le téléphone rural automatique est
installé à La Romagne. Le développement du fixe
et du portable fera disparaître définitivement ces cabines
du village.
LARRIVÉE DU TÉLÉPHONE
À CHARLEVILLE ET À MÉZIÈRES (Jean-François
Saint-Bastien)
Le samedi 22 février 1890, Édouard Joye, maire
de Charleville, tenait une réunion dinformation avec la
commission chargée détudier létablissement
dun réseau téléphonique urbain à Charleville
et à Mézières. Le point central de ce réseau
était fixé au bureau de poste de Charleville,
place des Capucins (actuelle place Winston-Churchill), à partir
duquel un câble était déployé jusquà
linstallation de labonné.
Le coût de linstallation était aux frais du demandeur,
en fonction de la distance à parcourir entre le poste téléphonique
et le bureau central. Mais il ne sagissait pas de la seule dépense
à prévoir pour se moderniser et se faire installer le
téléphone.
Un coût significatif pour tous. Un abonnement de trois ans devait
être contracté pour la somme de 200 francs par an et pour
se procurer, comme lécrit Le Petit Ardennais,
« les appareils récepteurs et transmetteurs, sonnerie ou
appareils dappel » qui devaient être reliés
au fameux câble. Il en coûtait encore entre 150 et 200 francs
en fonction du modèle de téléphone choisi. Ladministration
se chargeait de linstallation et de la mise en route du téléphone.
Pour les établissements publics comme les restaurants, cafés
et hôtels, le coût de labonnement était doublé
!
Du superbe projet à la désillusion
Financièrement, la démarche nétait pas neutre
pour la municipalité qui avait la charge davancer le montant
des dépenses dinstallation pour le compte de ladministration,
propriétaire du réseau. Les abonnements devaient permettre
à la ville de recouvrer cette dépense à concurrence
de la somme engagée. Le 5 mars 1890, Edmond Bouchez-Leheutre,
maire adjoint et rapporteur de la commission des finances compétente,
sexprime devant le conseil municipal pour donner lavis de
la commission sur létablissement de ce réseau téléphonique.
« Elle ne pouvait évidemment que se montrer favorable à
la réalisation dun si utile progrès », arguant
entre autres de la simplification des démarches commerciales
pour les industriels et les commerçants. Le rapporteur estimait,
en fonction du nombre escompté dabonnés, que le
remboursement de la somme avancée pourrait être effectué
entre deux et quatre ans. Prudent, il préconisait néanmoins
que la ville sassure a priori dun nombre suffisant de promesses
dabonnements avant de se lancer « dans cette entreprise
aussi tentante quelle soit ».
Alors, à lissue de la réunion dinformation,
un formulaire était mis à disposition des industriels,
commerçants et particuliers qui voudraient utiliser le téléphone,
et les réponses centralisées à la mairie. Le 15
avril 1890, certains Carolopolitains et Macériens reçurent
un nouveau courrier du maire rappelant les avantages du téléphone,
soulignant que la commission ad hoc « a la conviction que nos
deux villes et les environs renferment les éléments suffisants
pour mener le projet à bonne fin » et incitant les intéressés
à se faire connaître, « si vous étiez, comme
le pense la commission, disposé à contracter un abonnement
».
Tout était mis en uvre pour faire aboutir ce projet. La
direction départementale de ladministration des Postes
et des Télégraphes à qui la circulaire avait aussi
été adressée pour information, écrivait
au maire pour souligner « lintérêt que notre
administration attache à la création de ce réseau
» et demandant « votre avis particulier sur les chances
de réussite du projet ». Mais cette lettre arrivait à
la mairie quelques jours après la décision prise par les
édiles.
Le 31 mai 1890, le conseil municipal « après un sérieux
examen de la situation financière, constate avec regret limpossibilité
où se trouve la Ville de faire lavance des fonds relativement
importants que nécessiterait létablissement dun
réseau téléphonique à Charleville, surtout
en présence du nombre trop restreint de promesses dabonnements
qui se sont produites à ce jour ».
Lenjeu tant local que national voire international était
tel quil nétait pas possible de renoncer au projet.
Des dispositions furent trouvées et permirent dinstaller
le téléphone à Charleville et à Mézières.
Dès le mois daoût 1890, ladministration des
Postes et Télégraphes transmettait à la mairie
le tracé des premières lignes qui nécessitaient
dengager
des travaux sur la voie publique, mais aussi sur le terrain de certains
particuliers, pour la pose des poteaux.

La municipalité était réglementairement tenue de
procéder à une enquête commodo incommodo pour prendre
en considération les observations ou réclamations que
la population était
susceptible démettre sur le projet. Pendant trois jours,
linformation était apposée sur la porte de la mairie
et faisait lobjet dun procès-verbal transmis à
ladministration et au préfet. Il y eut autant denquêtes
que de lignes à établir !
Finalement, les industriels perçurent rapidement les avantages
du téléphone et sabonnèrent comme ce fut
le cas, par exemple, de Faure qui fit établir une ligne entre
son usine de Laifour et son domicile carolopolitain. Pour son usage
propre, la mairie demanda linstallation de deux lignes téléphoniques.
Petit à petit, lengouement pour cette technologie récente
se renforça et le téléphone devint un outil de
communication courant, jusquà devenir une extension de
soi-même avec nos téléphones actuels. Antan, lon
se rappellera des dames téléphonistes qui assuraient avec
leurs fiches la liaison entre deux postes et le fameux « ne coupez
pas mademoiselle », ou encore le sketch de Fernand Reynaud, Le
22 à Asnières (1966) : « Allô ? New-York ?
Passez-moi le 22 à Asnières ! » Aurait-il eu plus
de chance sil avait appelé le 22 à Charleville.
sommaire
En Bretagne
A Saint-Brieuc, après une première
expérience le 21 février 1878, entre l'Hôtel
de Ville et la Chambre de Commerce, plusieurs commerçants demandèrent
l'installation de lignes téléphoniques. En 1883, un entrepreneur
relia son domicile à ses ateliers.
Dans le Morbihan en 1883, la Direction des Postes
et Télégraphes sollicite la mairie de Plmeur pour
linstallation dun bureau télégraphique dans
le bourg, Le conseil municipal refusera à plusieurs reprises.
Il faudra attendre 1895 pour que soit inauguré le premier bureau
télégraphique de Plmeur »
En 1899, le projet de créer un réseau téléphonique
sur le Morbihan est à létude. Mais la ville refuse
de sassocier financièrement à cette création.
Elle nest pas la seule. Les communes sont plutôt frileuses
face à larrivée de cette nouvelle technologie. En
1900, 16 communes sur les 45 ont adhéré au projet.
En 1904, la municipalité donne son accord pour établir
une ligne téléphonique reliant Lorient à Plmeur.
En 1920, un poste téléphonique est installé à
la mairie alors que quelques particuliers « fortunés »
en sont déjà dotés. Durant quelques années,
le télégraphe et le téléphone cohabitent.
En 1927, la ligne téléphonique Lorient-Plmeur est
doublée, mais à lété 1930, seul le
bourg est équipé. Il faudra attendre encore quelques années
pour que le téléphone arrive sur la côte.
Au début des années 1970, le réseau téléphonique
sétend et en 1974, la commune compte 4 cabines publiques
dans le bourg, à Fort-Bloqué, à Lomener et au Perello.
À Quimper, avant lavènement des téléphones
fixes, les échanges transitaient par le télégraphe.
En 1853, le télégraphe électrique en système
morse arrive à Quimper, via la ligne Nantes Vannes
Lorient Brest grâce à des lignes électriques
aériennes, qui suivaient le trajet des lignes de chemin de fer
et quelques années plus tard, la station télégraphique
de Quimper employait sept personnes. La poste était alors installée
dans la maison Rossi, à langle de la rue du Parc et du
quai du Steir. Pour plus de commodités, les deux services furent
regroupés, après des travaux dagrandissement.
En 1889, treize ans après linvention du téléphone
par Alexander Graham Bell, parvint à Quimper la première
demande dinstallation téléphonique. Quelques années
après, les centraux téléphoniques intégrant
les services télégraphiques furent créés.
Les locaux Rossi étaient « inconfortables, misérables,
sombres et étouffants, froids lhiver et chaud lété,
et les demoiselles se plaignaient notamment du nombre insuffisant de
toilettes
Plusieurs rapports avaient signalé linsalubrité
du bâtiment. Dans ce climat vindicatif, les mouvements de grève
nationaux furent vigoureusement suivis à Quimper, menés
par la hiérarchie et notamment Madame Jehanno, surveillante,
instigatrice de la grève, qui fait mettre en quarantaine les
employées qui ont continué leur service ! » lit-on
dans le journal du Finistère, en novembre 1880.
En 1908, les « demoiselles » assuraient le service télégraphique
et desservaient une cinquantaine dabonnés au téléphone.
Ladministration tenta daméliorer en vain le confort
des locaux. En 1921, les postes furent mis en demeure de quitter les
lieux. Depuis des années, vu le développement des services
postaux et télégraphiques, lÉtat et la Ville
de Quimper ambitionnaient la construction dun hôtel des
postes digne de ce nom. Un emplacement idéal fut trouvé,
situé boulevard de Kerguelen, dans un local appartenant au couvent
des surs de la Retraite, passage obligé entre le centre-ville
et le quartier de la gare, alors en pleine expansion. Mais les lenteurs
administratives et le manque de crédits contraignirent ladministration
à installer les opératrices et postiers « provisoirement
» dans les locaux de lancienne prison. Huit ans plus tard,
les postiers emménagèrent dans un superbe bâtiment
neuf, en juin 1929.
Landerneau voit larrivée du téléphone
en 1895. À cette date, la mise en contact de deux abonnés
est réalisée par une opératrice. Au XXème
siècle, le téléphone se développe dans la
ville. Le 13 novembre 1908, une cabine téléphonique est
installée au bureau de poste de Landerneau. En 1935, des cabines
à prépaiement sont implantées dans les quartiers
de Kerloret, Bel Air et Traon Elorn.
A Pénestin Novembre 1899
A Pénestin, raconté par Jean-Yves
Rio Brancelin, la toute première ligne sétait
vue installée vers 1895 entre la poste située
au bourg et le poste des douaniers au port de Tréhiguier.
Mais lespérance suscitée auprès de la
population locale par cette ouverture au progrès navait
pas compté sur les lourdeurs et les restrictions dune
administration rigide sopposant déjà
ce qui ne saurait surprendre même encore de nos jours
à lusage dutilité publique que lon
eut été en droit dattendre.
Le Vicomte Odon du Hautais dont il a déjà
été question par ses promenades de 1898 nallait
pas manquer, dans lédition du « Nouvelliste
du Morbihan » du 9 novembre 1899 sous le titre «
Un téléphone à Tréhiguier »,
de faire part de limpatience des habitants et des professionnels
à pouvoir, eux aussi, bénéficier des progrès
de la science.
On saperçoit à la lecture de son article que
la ligne installée ne servait vraiment pas à grand
chose, sinon même strictement à rien
. à
part vérifier mensuellement le bon état de fonctionnement
des appareils !
« Il y a plusieurs années déjà, on a
établi entre le village de Tréhiguier sur la Vilaine
et le bourg de Pénestin un fil téléphonique,
et les touristes ont dû sextasier plus dune fois
de voir le moderne progrès pénétrer ainsi jusquaux
dernières bourgades du continent. Hélas !
Le progrès ne simplante pas aussi vite quon veut
bien le dire et le téléphone de Tréhiguier
est une preuve lamentable de lapathie générale
des administrations et des particuliers.
Le téléphone a établi une communication directe
et rapide entre le bureau des douanes à Tréhiguier
et le bureau de postes à Pénestin.
Mais le public, le bon public, qui simagine quelquefois que
les administrations travaillent pour lui est absolument tenu à
lécart de cette voie de communication. Le téléphone
a été placé pour administration qui sassure
une fois par mois du bon fonctionnement des appareils ; personne,
même en cas urgent et moyennant rétribution, ne peur
en faire usage.
Les services que ce fil électrique pourrait rendre à
la population et à la navigation sont pourtant de premier
ordre et sautent aux yeux de tout le monde.
Tréhiguier est en effet une station de pilotage située
à lembouchure de la Vilaine. Chaque jour cest,
pour ainsi dire, quelque arrivée ou départ de navire
à destination ou provenant de La Roche-Bernard ou de Redon.
Mais la plupart du temps les navires sont tenus dy stationner,
soit pour attendre le remorqueur, soit pour subir la visite de la
santé, soit enfin pour profiter dun bon vent.
A larrivée, les capitaines ont pour premier soin de
prévenir leur armateur qui prépare ses magasins et
ses doks et prend ses dispositions personnelles pour le déchargement
de la cargaison. « Allo ! Allo ! ». Il téléphone
au bureau de Pénestin qui transmet par le télégraphe
la dépêche parlée quon lui communique.
De cette sorte et sans retard, il peut mander un remorqueur, prévenir
le pilote du haut de la rivière et ne subir, pour son voyage,
aucun retard ni contretemps.
Bien entendu, en la circonstance, le correspondant du téléphone
à Tréhiguier serait tenu dencaisser à
la fois le coût de la dépêche et de la correspondance
téléphonique, mais cette petite comptabilité
serait si simple et si peu compliquée quelle sexercerait
comme un jeu ; et par un livret à souche ladministration
des télégraphes obtiendrait, chaque mois, la justification
des encaissements faits à Tréhiguier.
Pour les particuliers, les avantages du téléphone
rendu public ne seraient pas moins grands, en cas de maladie de
danger ou de commande pressée. Eh bien, malgré tous
ces avantages, ladministration na pas fait un pas pour
rendre publique la voie téléphonique entre Tréhiguier
et Pénestin, bien que ces deux localités soient éloignées,
par la route praticable aux voitures, de plus de quatre kilomètres.
Aujourdhui où le projet de création dun
réseau téléphonique entre toutes les villes
du Morbihan a pris corps, nous espérons être plus heureux
que nos devanciers dans nos revendications ; et attirer sur la situation
anormale de Tréhiguier et de Pénestin, la bienveillante
attention des pouvoirs publics. »On sait aujourdhui
que le téléphone mettra encore des années pour
desservir le Morbihan et arriver jusquà Pénestin,
dautant que lors de sa session du printemps 1900, les conseillers
généraux réunis le 28 avril 1900 à la
Préfecture de Vannes allaient devoir déjà admettre
que « le projet de réseau téléphonique
départemental a été renvoyé, faute de
ladhésion dun grand nombre de communes intéressées,
à la commission départementale. »
Et il faudra véritablement attendre le début des années
30, après de multiples tergiversations et lenteurs de ladministration
des « Postes, Télégraphe et Téléphone
», sans compter les débats nationaux à la Chambre
des députés, pour que ce dernier commence, enfin,
à être accessible à tous.
Localement, avant même la Mairie, le premier pénestinois
à se doter du téléphone, tirant à ses
frais une ligne de 7 kms entre ses bureaux de Tréhiguier
et son site dexploitation du Bile, sera Octave Le Metayer
qui avait compris avant tout le monde lintérêt
de se doter, pour ses affaires et son entreprise, de ce nouveau
moyen de communication. Le fameux « 1 » de Pénestin.
On pourra aussi citer au nombre des autres premiers abonnés
en ces années 30, tous concernés par le développement
du tourisme sur la commune :
Le 5 : les « Autocars de Pénestin-sur-mer » de
Benjamin Roussel, par ailleurs propriétaire de lHôtel
des Voyageurs,
Le 10 : lHôtel Bon Accueil de la famille Lalande au
port de Tréhiguier,Le 12 : lHôtel de lOcéan
dA. Guillo,
Le 13 : lHôtel de la Plage et la pension de famille
« les Coquelicots » attenante, gérés par
la famille Chesneau,
ou encore le 17 : lHôtel du Commerce de Georges Lespert.
 |
A Brest, en 1885, c'est un commerçant
qui demanda à installer une ligne entre son magasin et son entrepôt
sur le port de commerce.
A Nantes, le téléphone fut
reçu avec faveur. Dès le mois de mai 1881, c'est-à-dire
quelques mois à peine après son ouverture, le réseau
de la Société générale avait atteint un
développement de 20 kilomètres et desservait plus de 40
abonnés dans cette ville .
Partant des apparences selon lesquelles le vivier des
consommateurs potentiels de nouveaux objets comme lautomobile
ou le téléphone est très étroit au début
du siècle, on serait tenté de concentrer lattention
sur les seules élites oisives. Dans les Côtes-du-Nord,
par exemple, aux 45 premiers propriétaires de lignes téléphoniques
privées, ne sadjoignirent que de maigres effectifs du réseau
général : 14 à Saint-Brieuc en 1899, 9 à
Dinan ; à côté de cela, 41 dans le Finistère
et, de manière inattendue, seulement 121 en Ille-et-Vilaine,
alors même que la ligne Paris/Rennes fut la première liaison
directe installée entre capitale et province en 1885.
Dans le Morbihan, 24 lignes privées sont accordées de
1888 à 1897 (15 à Lorient, 8 dans les différentes
îles, 1 à Vannes). Pour cet ensemble, guère plus
dune conversation par jour et par abonné en moyenne. Et
il faut attendre 1922 pour atteindre le nombre significatif de 1658
abonnés.
Lesuréquipement des communes (...) se traduisit
par un sous-équipement de la population. De fait, et une
fois financé le segment Rennes/Brest traversant le département
(à hauteur de 475 000 francs, dont les 178 000 francs versés
par le Conseil général), chaque commune pouvait se raccorder
pour 600 francs, sans concert avec ses voisines, conduisant ainsi à
la multiplication de réseaux locaux. Le réseau breton
est organisé selon un décret du 21 mars 1900. En 1914,
sur les 391 communes du département, 90 sont ainsi raccordées,
mais 58 ont moins de 5 abonnés. Dans le Morbihan, larrivée
du téléphone à Belle-Ile, Groix, lIle-aux-Moines
(1908), Arz (1910), Hoëdic (1912), Houat (1914) fut aussi furieusement
disputée, mais bien peu sabonnèrent.
En 1914 dans les Côtes-du-Nord , 81 % des abonnés
proviennent du commerce ou des professions libérales, mais les
nobles ne comptent que pour 3 %
Connaissez vous la loi de Chaplin ?
Joyce Chaplin, est professeur d'histoire à Harvard. Et, dans
un article très intéressant récemment publié
par le site en ligne Aeon, elle résume ainsi sa « loi »
« tout appareil portable est l'aboutissement d'un équipement
plus ancien qui, autrefois, devait être porté à
deux mains et aujourd'hui se doit de tenir dans la paume d'une seule
».
Si un téléphone à fil nous paraît être
aujourdhui un ustensile parfaitement désuet, cet objet
nen demeure pas moins le fruit dune patiente évolution
technique. Pour sen convaincre, il suffit de se replonger dans
lEcho de Lannion n°947, qui, dans son édition
du 11 septembre 1965, affirme triomphalement que « 80 pour cent
des abonnés au téléphone posséderont lautomatique
en 1970 »
La publication de cet article ne doit pas surprendre.
Depuis le milieu des années 1950, la cité costarmoricaine
marque un intérêt prononcé pour le développement
technologique et accueille même, à partir de 1963, un important
laboratoire du Centre national détudes
des télécommunications. On comprend donc que la presse
locale sintéresse à un secteur qui pèse dans
lemploi local même si, au final, le produit dont il est
question ici ne concerne que peu de monde. En effet, les chiffres évoqués
dans larticle donnent aujourdhui le vertige.
On y apprend ainsi quen 1964, le nombre de téléphones
pour 100 habitants est de 11,85 alors quen 2008 on compte 68 millions
de téléphones portables en France ! Si les régions
parisienne, lyonnaise et marseillaise sont de ce point de vue les plus
développées, les Côtes-du-Nord et le Morbihan comptent
parmi les départements où lon recense le moins de
terminaux. Et encore faut-il préciser que ceux-ci sont reliés
à des centraux manuels, où une opératrice vous
connecte à la ligne du correspondant que vous souhaitez joindre.
On comprend dès lors mieux en quoi consiste le fameux téléphone
automatique que 80% des abonnés devraient posséder en
1970 à en croire lEcho de Lannion
En définitive, le principal défaut de
la « loi de Chaplin » est de masquer le rythme du progrès.
Loin dêtre constant, celui-ci seffectue parfois au
gré de surprenantes accélérations du temps, dont
rend parfaitement compte larticle de cet hebdomadaire breton.
Car si lon ne compte que six millions dabonnés au
téléphone en 1964, on nen recense que deux dix ans
plus tôt ! Plus intéressant encore, les équipes
du CNET de Lannion commencent dix ans plus tard,
avec leurs collègues rennais, à développer les
premières technologies télématiques,
ancêtre de linternet qui nous
est aujourdhui si indispensable et qui vous permet de lire cet
article.
1923 Larrivée tardive du téléphone
à Saint-Urbain
Les extraits issus des registres des conseils municipaux de Saint-Urbain
sont reproduits en « italique » avec leurs éventuelles
fautes dorthographe.
1911 : un net refus La première évocation
de la mise en service du téléphone date du conseil municipal
du 18 juin 1911, dans lequel le conseil décline la proposition
dinstallation du téléphone par le Préfet...
« à cause des nombreux emprunts quil a déjà
faits, de ne pouvoir accepter la dite proposition, malgré linsistance
de Mr Le Gall et le don généreux de 25 francs offert par
Mr De Boisanger ». Aujourdhui ce refus à posteriori
nous paraît totalement incompréhensible.
1913 : des réticences. Le 30 mai 1913, le sujet
est de nouveau dactualité. Mais le conseil « est
davis quil soit dabord procédé à
une enquête pour connaître les engagements financiers incombant
de ce fait à la commune, tant pour linstallation elle-même,
que pour la continuation du service et désigne comme devant faire
partie de la commission denquête messieurs De Parcevaux,
adjoint, Toulec, conseiller et Cloarec, menuisier. »
La séance du 8 juin 1913, à huit heures du matin nous
évoque « le rapport présenté par la commission
denquête » Le détail est ainsi exposé
:
- remboursement annuel pour emprunt 50 F
- traitement annuel du gérant 100 F
- location annuelle dune cabine téléphonique 25
F
plus les frais dinstallation dune cabine 50 F. Le total
général est donc de 225 F. »
Cette année 1913 ne verra pas larrivée du téléphone
car « le conseil après avoir délibéré,
vu les dépenses quil faut engager [...] vu létat
peu propice des finances de la commune qui est obligée davoir
recours annuellement à un vote de 14 à 15 centimes pour
insuffisance de revenus décide quil y a lieu de surseoir
à linstallation du téléphone jusquà
création dans la commune dune taxe doctroi sur lalcool.
» Demande de création quelle fait ce jour-même
à ladministration.
La séance du 28 novembre 1913 présente les modalités
du futur octroi. Ils veulent un octroi sur une « période
maxima » , « sur toute létendue de la commune
», « que les produits taxés soient lalcool
pur contenu dans les eaux de vie, esprits, liqueurs absinthes »,
« que la taxe soit élevée à quinze francs
par hectolitre. »
1914 - 1919 : d'autres priorités puis une avancée
La guerre mondiale de 1914-1918 va freiner larrivée
du téléphone. Les priorités se trouvent ailleurs,
et le projet ne ressurgit que lors de la séance du 27 février
1918, quand la commune décide de prolonger loctroi sur
les alcools, justifiant sa décision par les dépenses futures,
« vu que le téléphone sera un jour venant très
probablement installé dans la commune. » La taxe est prolongée
jusquau 31 décembre 1924.
Lors de la session du 19 mai 1919, le conseil réagit comme en
1913, et sil « est davis, en principe, quil
y a lieu dinstaller un téléphone dans la commune.
mais désire dabord connaître les engagements financiers
incombant à la commune tant pour linstallation elle-même
que pour la continuation du service ». et décide de «
faire une enquête pour connaître le prix du local téléphonique
et le traitement demandé par la personne chargée de recevoir
et de distribuer les messages. »
1920 : enfin une demande favorable
Le 26 décembre 1920, « Monsieur le Maire donne
lecture de la lettre de M Le Directeur des Postes et Télégraphes
du Finistère » qui « donne des renseignements des
plus précis. » et le conseil municipal, « comme il
en a déjà exprimé le désir demande à
lunanimité que la commune soit doté du service téléphonique.
» Larrivée du téléphone semble imminente.
Le 27 février 1921, le conseil « renouvelle
sa demande dincorporation au réseau téléphonique
départementale et prend lengagement
- de mettre gratuitement à la disposition de lAdministration
des Postes un local pour linstallation du téléphone
- dassurer les frais daménagement sous la direction
de ladministration des Postes de la cabine téléphonique
- de supporter les frais de gérance du téléphone,
ainsi que ceux de la distribution des télégrammes et des
avis dappels téléphoniques »
La demande est renouvelée en novembre 1921 à lAdministration
faute de réponse de sa part.
1923 : l'aboutissement
Le 15 février 1923, les douze membres du conseil prennent
« connaissance des instructions générales données
par M le Directeur départemental des Postes et Télégraphes.
» Histoire téléphone et « décide»
- Mlle Pédel Marie Joséphine, débitante de tabacs,
maîtresse couturière habitant la maison proposée
pour linstallation de la cabine téléphonique serait
la gérante du téléphone et sa sur Mademoiselle
Pédel Marie-Yvonne cohabitant avec elle et de même profession,
la gérante-suppléante.
- Mlle Le Roux Marie, la distributeuse et Madame Callec Guillaume, la
distributeuse-suppléante, toutes deux de bonne conduite et journalières
au Bourg.
La distribution ne serait gratuite que pour le bourg seulement : les
habitants hors lagglomération paieraient à raison
des kilomètres parcourus
Lindemnité à payer à la gérante est
fixée à titre dessai pour la première année
à 250 francs... »
1933 Arrivée du téléphone à
Cesson-Sévigné
L'annuaire téléphonique de 1933 comptait 10 abonnés.
Celui de 1935, pour 1902 habitants, en liste 14, dont 5 restaurants
cafés ainsi présentés :
4 Clause, restaurateur, pont de Cesson-Sévigné
13 Café-restaur. du Pont de Cesson, Chantrel (A.)
6 Marre (E) restaur., mécan., La Friture
15 Mouton (J.), taxis, locat., Café, Croix-Noblet
10 Pitort, pâtisserie, restaurant
Les autres abonnés sont: un négociant, deux bouchers et
un courtier en bestiaux, un minotier, un expert, trois particuliers,
aucun médecin.
Au début des années 1950 il y a moins de 40 abonnés
au téléphone à Cesson-Sévigné. Ils
accèdent alors au service universel. C'est à dire qu'ils
ont la possibilité d'obtenir des communications jours et nuits
par l'intermédiaire d'une opératrice.
Auparavant le service était assumé de 8h à 12h
et de 14h à 19h en semaine, de 8h à 11h les dimanches
et jours fériés. Au début des années 1960
les abonnés sont raccordés à l'automatique. Ils
composent le numéro de leur correspondant au cadran.
1923 LES RELATIONS TELEPHONIQUES à CALLAC
1902 : Un bateau scandinave, en route pour les États-Unis
d'Amérique, est pris dans une très forte tempête
dans la Manche. Les très graves avaries subies contraignent le
capitaine à faire escale à Brest. Le bateau mis en cale
sèche, et il nécessite entre quatre et six mois de réparations.
Un ingénieur présent à bord prend alors une décision
qui sera lourde de conséquences : il décide de décharger
la cargaison et de tenter de la vendre sur place. Cest de cette
manière que les quatre premiers autocommutateurs
manuels (Ericsson) entrent sur le sol français.
Ayant vendu ces « centraux téléphoniques »
en un temps record, lingénieur en question commande alors
dautres exemplaires à sa maison-mère et crée
une structure locale pour leur commercialisation et leur entretien.
La société Ericsson-France est devenue par la suite Société-Française-des-Téléphones-Ericsson,
puis Société-Française-des-Téléphones,
puis Thomson-CSF-Téléphone, puis Alcatel.
Et c'est aussi pour cette raison que les principaux centres de recherche,
tant dAlcatel que de France Télécom, se trouvent
dans la région de Brest.
1913 : Le téléphone automatique fait ses débuts
en France.
Le téléphone à Callac arrive en 1923.
M. Yves Le Trocquer, ministre des Travaux Publics, avait appelé
l'attention du directeur des Postes des Côtes-du-Nord sur la nécessité
urgente d'améliorer les relations téléphoniques
de Callac et sa région. En réponse, le directeur des Postes,
lui à fait connaître qu'un nouveau circuit était
à la veille d'être établi et mis en service, au
plus tard le 1er mai 1923.
Grace à cette liaison, le canton de Callac disposera désormais
de deux circuits ; un circuit direct Guingamp-Callac et le circuit commun
Guingamp-Bourbriac-Callac, en outre, la liaison commune Callac-Plougonver-Belle-Isle-en-Terre
sera réalisé avant la fin de l'année.
Enfin, la liaison directe Callac-Locarn-Maël-Carhaix, est prévue
pour le début de 1924. Ainsi cette région, jusqu'ici déshérité
quant au relations téléphoniques sera desservie désormais
dans des conditions tout à fait satisfaisantes.
M. Yves Le Trocquer n'oublie pas que le berceau de sa brillante vie
politique fut en quelque sorte cette bonne ville de Callac. Fouéré,
Yann- écrivain autonomiste , fut Directeur du secrétariat
du ministre guingampais, Yves Le Trocquer et conseiller municipal de
Callac.
A Mordelles, en 1900, la Poste de Mordelles
est située place de léglise.
Sur la photo ci-dessous, lappellation « Postes et Télégraphes
» provient de la fusion de ladministration des services
postaux et télégraphiques.
Les Mordelais peuvent alors communiquer par télégrammes.
C'est un service extrêmement rapide et fiable pour lépoque.
Tout à fait en haut de la façade, la déclaration
sous forme de décoration florale, « vive la France »,
indique que cette photo a été prise pendant la première
guerre mondiale. En tenue de facteur avec sa sacoche en bandoulière,
Louis Holland se tient à gauche. Cest un personnage important
dans le village et connu de tous. Ex-soldat au 18e escadron du train
des équipages, il est nommé facteur à Mordelles
en juin 1907. Mademoiselle Lejeune, receveuse des postes et télégraphes
à cette époque, doit probablement figurer sur cette photo.
Louis Holland, M. Fouville et Placide Robin sont les tout premiers facteurs
à avoir exercé dans la commune de Mordelles au début
du XXe siècle.
Si depuis plusieurs années, il existe à Mordelles un réseau
télégraphique et postal, il faut attendre 1912
pour que les habitants puissent bénéficier du téléphone.
En 1914, seuls quelques privilégiés se voient attribuer
le téléphone, la majorité des habitants devant
se rendre au bureau téléphonique probablement situé
place de léglise dans les locaux de la poste et des télégraphes.
Ainsi, en 1914 on ne recense que 12 abonnés.
Les numéros sont attribués de la manière suivante
:
le numéro 1 au docteur Georges Gateau
le numéro 2 au notaire Eugène Angot qui réside
au domaine de la Perruche.
le numéro 3 à Hubert - Baudais, commerçant de grains,
pommes et cidre en gros
le numéro 4 à Joseph Hubert, marchand de grains
le numéro 5 au comte Odon de Toulouse Lautrec du château
de la Haichois
le numéro 6 au vicomte Henri de Farcy du Château de la
Villedubois
le numéro 7 au maire Paul de Farcy du château de la Chesnaye
le numéro 8 au vicomte du Boberil du château du Molant
(Bréal-sous-Montfort)
et le numéro 12 à la caserne de gendarmerie du domaine
de lEcu.
A Vannes Le central téléphonique
dans l'avenue de la Marne fut construit en « 1938 par lentrepreneur
vannetais Groleau sur les plans de larchitecte en chef des PTT
(Postes, Télégraphes et Téléphones) Fernand
Moineau et selon un modèle standardisé », dévoile
François Ars.
Construit en retrait de la route et complètement isolé
au moment de sa construction, le bâtiment en béton armé
possède une cage d'escalier semi-circulaire à l'angle
et les lettres PTT sont fixées sur le mur de façade rappelant
ainsi le nom du propriétaire. Les décorations de la façade
ainsi que l'utilisation de granit montre une volonté d'intégration
dans le style de la région. La construction terminée fait
l'objet d'un procès en raison de l'apparition de fissures dans
les planchers due aux batteries en plomb très lourdes qu'ils
supportaient. Le procès est gagné par l'entreprise Groleau.
En 1941 les Allemands le transforment en central téléphonique
militaire. Épargné par la guerre, il poursuivit sa mission...
...
1964 La Bretagne, du point de vue téléphonique
comme de beaucoup d'autres, est sous-équipée (3,7 à
5,5 postes par 1.000 habitants contre 9,4 pour la moyenne française)
progresse moins que le reste du pays, use donc moins du téléphone.
Les communications y sont surtout d'intérêt régional.
Rennes effectue 54 % de ses communications avec la Bretagne, Brest 76
%, Lorient 73 %, St-Brieuç 79 %. L'étude des flux intrabretons
(au sens de la région de programme aux quatre .départements,
sans la Loire-Atlantique) révèle la nette- prédominance
de Rennes comme métropole régionale. Non seulement elle
lance à elle seule 2 fois plus d'appels interurbains que Brest,
4 fois plus que Lorient, Quimper ou Saint-Brieuc, mais encore elle est
seule à communiquer couramment avec toute la Bretagne ; à
ce titre Nantes ne peut absolument pas lui être comparée.
Cependant le trafic intense n'intéresse guère que le département
même, auquel il faut ajouter en première ligne les circonscriptions,
Ploërmel, Dinan, Saint-Brieuc et Loudéac, plus modestement
celles de Vannes, Lorient, Carhaix, Brest, Lamballe et Guin- gamp. Le
rôle de métropole n'efface donc pas le rôle attractif
d'un certain nombre d'autres villes. On peut les classer en deux groupes
: six centres principaux (Saint-Brieuc, Brest, Quimper, Lorient, Vannes,
Saint-Malo), 10 centres secondaires (Fougères, Vitré,
Redon, Dinan, Lannion, Pontivy, Morlaix, Concarneau, Douarnenez, Quimperlé).
On remarque non sans étonnement que Vannes, encore peu industrialisée
effectue un trafic téléphonique analogue en importance
à celui de Lorient deux fois plus peuplée et que la Bretagne
centrale apparaît assez démunie de villes-centres.
1973 en Bretagne, trois semaines en moyenne suffisent pour obtenir
le téléphone.
Du moins dans les grandes villes, telles Brest, Lorient, Rennes... Ainsi,
sur cinq demandes " bretonnes ", trois sont satisfaites très
rapidement. Une plus longue patience, en revanche, est toujours exigée
des futurs abonnés résidant dans des agglomérations
rurales : pour eux, toutefois, grâce à une " astuce
", l'obstacle du coût de l'installation est en grande partie
levé. L'idée est venue de la direction régionale
des télécommunications de Rennes. Grâce à
un prêt-relais accordé par le Crédit mutuel agricole,
les futurs abonnés ruraux des quatre départements de l'extrême
Ouest n'ont plus à verser ni " part contributive "
ni " avance remboursable ". Celle-ci, jusqu'à présent,
leur était remboursée par l'Etat, au fil des années,
sur leurs dépenses de téléphone. Il fallait en
moyenne dix ans pour que l'administration parvienne à effacer
sa dette, le coût annuel moyen des factures téléphoniques
étant de l'ordre de 500 F et la " participation " (part
contributive et avance remboursable) des abonnés au téléphone
des villages s'élevant en moyenne à 5 000 F.
Car, bien que les P.T.T. soient devenus, en trois ans, le plus important
investisseur du pays (80 milliards de francs), ravissant ce titre à
l'E.D.F., elles ne disposent toujours pas de suffisamment d'argent pour
regagner une partie du temps perdu dans l'équipement téléphonique
du pays. Si dans les villes et aussi dans certains bourgs ruraux, là
où le réseau est dense, le rattachement d'un futur abonné
n'est pas trop coûteux pour l'administration (il n'est pas nécessairement
rapide, si les lignes manquent), les frais sont de dix à douze
fois supérieurs lorsqu'il faut lancer une ligne pour relier au
réseau un habitant vivant dans un hameau trop éloigné...
Lancé au début des années soixante-dix sous l'impulsion
d'un breton, Pierre Marzin, le plan français
"de rattrapage du téléphone" a été
mis en oeuvre avec succès par la Direction générale
des télécommunications, devenue depuis France Télécom.
Pierre Marzin.
Après des décennies de passivité, ce plan a nécessité
une véritable mobilisation des personnels de l'exploitant public
et un important effort d'investissement chez les industriels français
du secteur : les télécommunications françaises
sont ainsi entrées dans leur maturité ; elles ont même
acquis une renommée mon diale. Durant les trente dernières
années, l'histoire des télécommunications françaises
et le développement économique de la Bretagne sont restés
étroitement associés, avec leurs heures de gloire, leurs
prouesses techniques, mais aussi leurs aléas notamment en matière
d'emploi industriel.
La recherche, c'est par elle dit-on que tout commence, c'est bien avec
elle qu'a commencé l'aventure commune, dès 1960, avec
la décentralisation (on ne disait pas encore "délocalisation")
des laboratoires du CNETP" à Lannion, une des rares décentralisations
réussies selon la presse de l'époque, symbolisée
dès 1962 par l'établissement de la première liaison
télévisuelle transatlantique par satellite, entre
Andover et Pleumeur-Bodou.
Par la suite, progressivement, la Bretagne est devenue un pôle
d'excellence pour la recherche en télécommunications,
le premier en France devant Grenoble, Sophia Antipolis et sans doute
même devant Paris.
Le CNET Lannion réunissait 1500 personnes,
dont 500 chercheurs. C'est le berceau de la commutation électronique
française puis du réseau numérique à intégration
de service (numéris), le premier centre
de développement français pour la fibre
optique, etc. Créé dix ans plus tard à Rennes,
en 1972, le Centre commun d'études de télédiffusion
et télécommunications (CCETT) mobilise environ 300 chercheurs
de haut niveau avec des études portant sur Télétel,
la Télévision haute définition, les terminaux multimédias,
le traitement des images et du son, les réseaux de vidéo
communications, etc. Dans l'orbite du CCETT, Transpac,
société filiale de France Télécom, a installé
à RENNES sa direction technique (250 personnes). Le réseau
public français de transmissions de données que Transpac
exploite, le plus grand réseau commuté de données
au monde, est en effet sorti des laboratoires du centre.
En 1977, l'Ecole nationale supérieure des télécommunications
de Bretagne, dite "SupTélécom Bretagne", a été
implantée pour les trois quarts sur la rade de Brest, pour un
quart sur le site de Rennes-Atalante. Cette école, dont la réputation
dépasse largement les limites de l'hexagone, forme des ingénieurs
destinés à des carrières internationales au sein
des entreprises françaises, comme France Télécom.
En aval de ces activités de recherche, et en plus des services
territoriaux relevant de la Direction régionale de France Télécom
à Rennes (chiffre d'affaires 4 milliards de francs, 3 600 salariés
dont 600 cadres, investissements proches de 1 milliard de francs en
1991), la Direction générale de France Télécom
a choisi l'agglomération rennaise pour implanter son centre de
Maintenance, d'exploitation, de gestion et d'assistance à la
télématique (le MEGAT) et celle de Lorient pour implanter
son unique centre de fabrication de matériels, les Ateliers de
Lanester, qui emploient 700 personnes Au total, 1'"impulsion"
ainsi donnée par France Télécom emploie par elle-même
une dizaine de milliers de travailleurs de tous niveaux. Mais bien entendu
l'objectif n'était pas de créer quelques îlots technologiques
perdus dans un environnement décalé. Il était bien
de provoquer un effet d'entraînement s'appuyant sur l'esprit d'entreprise
de la région, à l'image de la Société lannionaise
d'électronique (SLE), filiale d'Alcatel créée
dans la ligne des recherches sur les transmissions numériques
effectuées dès les années soixante à Lannion,
ou de l'entreprise rennaise de 300 personnes OST créée
par un ancien ingénieur de TRANSPAC.
L'effet "boule de neige" espéré a souvent été
réel. C'est ainsi que les initiatives de Pierre Marzin et de
France Télécom ont entraîné la présence
de tous les grands noms de l'industrie française des télécommunications
en Bretagne : Alcatel à Lannion, Tréguier et Brest, Thomson
à Brest et Cesson-Sévigné, Matra à Quimper,
Douarnenez et Rennes, SAGEM-SAT à Lannion, Fougères et
Dinan, etc. Et cette présence des "grands" a été
complétée par la création de nombreuses PMI du
secteur électronique. Un symbole de cette symbiose réussie
entre recherche, formation et industrie est donné par la "technopole"
de Rennes-Atalante, nouveau fleuron de l'agglomération rennaise.
Il faut toutefois rappeler que le développement des industries
électroniques bretonnes, dont les télécommunications
constituent un des principaux débouchés, ne s'est pas
toujours fait sans à-coups : les variations de la croissance
en consommation de services provoquent des fluctuations croissance-décroissance
dans les programmes d'équipements des prestataires. Cela a été
notamment le cas pour l'opérateur public après la mise
en
uvre de son "plan de rattrapage du téléphone",
malgré ses efforts pour lisser les commandes. A ce phénomène
qui n'est propre ni à la Bretagne, ni au secteur des télécommunications
(cf le secteur informatique), se sont ajoutées les fortes variations
de productivité liées au passage des technologies électromécaniques,
qui nécessitaient une main d'oeuvre nombreuse et particulièrement
qualifiée, aux technologies électroniques qui n'ont pas
les mêmes besoins. Les conséquences de cette situation
dans le Trégor et le Haut Léon n'ont sans doute pas été
tout à fait oubliées...
Au printemps 1963, le projet PLATON
est lancé, l'aventure du central téléphone numérique
temporel commence , lire les pages Pierre
Marzin et Alcatel. Les premiers commutateurs
élecroniques de Perros-Guirec et de Lannion ont
montré des performances assez encourageantes pour faire prendre
la décision de lancer la fabrication dune présérie
de commutateurs que lon va désormais appeler E10.
Cette décision a sans doute été facilitée
par le fait que Pierre Marzin était depuis 1968 directeur de
la DGT (Direction Générale des Télécommunications),
responsable de léquipement et de lexploitation du
réseau français.
Les deux premiers sites retenus sont Guingamp et Paimpol, dépendant
de la Direction Régionale de Rennes.
Le système E10 et ses évolutons sera généralisé
en France et installés dans de nombreux pays du monde.
sommaire
Dans la région Nord Pas de Calais
C'est en mai 1880 que la première demande de réseau a
été déposée à la Compagnie des Téléphones
de PARIS avant la création de la SGT.
LILLE, renouvelle sa demande à la SGT, débattue
par le Conseil Municipal à la Séance du Mardi 7 Juin
1881
M. Rochart présente le rapport suivant
au nom de la Commission des travaux :
Messieurs, La question dinstallation à Lille , dun
réseau téléphonique, que vous avez renvoyée
le 6 Mai courant, se limite à une demande dautorisation
faite par la Société générale des
téléphones.
Cette question paraît donc très simple et , dans
une certaine mesure, il aurait pu nous suffire peut-être
de vous rapporter quaprès étude , nous étions
daccord avec lAdministration, et quen conséquence
nous vous priions daccorder lautorisation demandée.
Votre commission, toutefois, ne la pas pensé ainsi
et elle a cru, au contraire, devoir vous retracer les efforts
et les travaux de lAdministration de telle sorte que, par
eux, la question vous fut plus intimement connue et que votre
discussion, sil sen établit une à ce
propos , fût plus facile et plus précise.
Depuis un an déjà la ville de Lille était
sollicitée par plusieurs Compagnies pour autoriser létablissement
dun réseau téléphonique.
Les premières demandes remontent en effet aux 4 et 14 Mai
1880. Elles étaient produites alors par :
1.° La Société des téléphones
de Paris, devenue la Société générale
des téléphones, et combinée à
2.° La Compagnie téléphonique du Nord qui postulait
également et dont les principaux membres se sont aujourdhui
fondus dans la Société générale.
A cette époque, et étant donné lintérêt
de ce service, notre honorable Maire dabord , M. DUTILLEUL
, visita pour renseignements M . le Ministre des postes et télégraphes.
M. le Ministre linvita à attendre que la Société
générale actuelle se fût formée, car
elle le devait faire à un capital considérable ;
elle devait se nantir de tous les brevets spéciaux et jouir
de lautorisation du Ministre spécial.
Cette Société sest formée en effet
et sest constituée en assemblée générale,
le 3o Octobre dernier, au capital de 8,65o,ooo fr. suivant document
acquis au dossier. Elle est autorisée à établir
des réseaux téléphoniques par bureaux centraux
aux charges dun cahier créé le 26 Juin 1879,
par le Ministère des postes et télégraphes
quii, assimilant les téléphones aux télégraphes,
prentd à sa charge la pose et lentretien des réseaux
extérieurs, moyennant les conditions quil impose
à la Société.
Proposition de M. A. Jametel .
Le 10 Décembre dernier, M. A , JAMETEL, Président
de cette Société, renouvelait la demande faite précédemment
à lAdministration municipale. Il rappelait les charges
qui lui avaient été verbalement réclamées
et donnait le mode et la mesure de son intervention gratuite.
Il proposait deux moyens, dont le premier consistait en létablissement
d'un réseau spécial aux services municipaux , et
le second en le raccordement de ces services au bureau central
de la Société , comme lavaient fait, disait-il,
plusieurs municipalités belges.
Dans le premier cas , la Ville devait se pourvoir des autorisations
gouvernementales, faire construire ses lignes et fournir le personnel
nécessaire à son service. La Société
offrait, mais avec conservation de la propriété,
les appareils nécessaires à quatorze postes et lentretien
constant à titre gratuit.
Dans le second cas , la Société sengageait
à installer à ses frais quatorze lignes reliées
son bureau central et à assurer le bon fonctionnement,
dans les termes de larrêté ministériel
du 26 Juin 1879 , que nous avions au dossier.
Si des dispositions prises par lAdministration et le service
des travaux municipaux ne réduisaient pas à néant
ces deux présentations , il y aurait eu , pour votre Commission
des travaux, à étudier de très près
les conséquences introduites par le choix de l'un ou lautre
moyen et à vous le présenter avec détails
et conclusions.
Premières dispositions de lAdministration
.
Cette étude a été faite ,mais une acceptation
ultérieure de la gratuité absolue en rend la présentation
inutile. Vous connaîtrez un peu plus loin la modification
acceptée par la Société. LAdministration
envoya à létude du service des travaux, la
demande de M. JAMETEL, et M. MONGY lui adressa le 20 Décembre
un rapport aux termes duquel on demandait à la Société
les deux sacrifices suivants :
1 ° Relier par un réseau téléphonique
lHôtel-de-Ville avec les postes de police, les postes
de pompiers, le réservoir de lArbrisseau et le réservoir
dEmmerin ;
2 ° Payer une taxe de 10 f,. par chaque kilomètres
de fil traversant la Ville et la banlieue.
On demandait donc létablissement gratuit dun
poste à lHôtel-de-Ville ;
Huit postes de police pour les huit arrondissements ;
Plus deux pour les nouveaux récemment établis ;
Quatorze postes de pompiers, dont les fils sont déjà
établis pour leur télégraphie actuelle ;
mais dont les détails devront être revus et sans
doute modifiés comme isolateurs particulièrement
et généralement appropriés à leur
double fonction future ;
Deux postes aux établissements hydrauliques , soit vingt-sept
postes au lieu de quatorze offerts ;
Nous pouvons aussi juger, si vous le voulez bien, de l'importance
de la taxe que lon se proposait dappliquer.
L a Société compte, dans un temps assez rapide,
posséder environ cinq cents abonnés dont la moyenne
de longueur de fils serait de deux kilomètres. Le produit
de la taxe devrait donc être de : 5oo X 2 X 10 = 10 000
fr. Par abonné 20 fr.
Cette taxe devait porter en effet sur les abonnés, car
la Société avait déjà alors obtenu
lhomologation dun tarif que nous vous dirons plus
loin et dailleurs ... Elle se refusait très absolument
à supporter aucune taxe.
Dans ces conditions le service des travaux propose à lAdministration
de remplacer les conditions ci-dessus par les suivantes déclarant
en passant quétant donné larrêté
dassimilation des fils téléphoniques aux fils
télégraphiques, il ne paraissait pas en effet, y
avoir plus de raisons dimposer les uns que les autres.
Voici quelles furent les conditions modifiées :
1.° Etablissement dun réseau téléphonique
complet pour relier lHôtel-de-Ville avec les postes
de police, les postes de pompiers, létablissement
hydraulique dEmmerin et le réservoir supérieur
de lArbrisseau ;
2.° Installation dun indicateur magnétique permettant
de Connaître à chaque instant le niveau deau
du réservoir supérieur de lArbrisseau ;
3.° Obligations de placer les fils aériens du réseau,
en suivant pour la traversée des voies publiques, les indications
qui seront données par lAdministration municipale
;
4.0 Obligation par la Compagnie dopérer, à
première réquisition de lAdministration municipale
, toutes les modifications qui pourraient être réclamées
dans la hauteur et la direction des fils.
L Administration, à ce moment, avant que de vous
présenter son sentiment, voulut encore léclairer
par la recherche de précédents quavaient déjà
créés dautres villes. C est ainsi quà
sa demande il lui a été répondu par les villes
de: 1.° Nantes, 2.° Bordeaux, 3.° du Havre.
Enquête ouverte par ladministration
Tarif dabonnement
Il est peut être intéressant de vous faire connaître
ces réponses ; nous allons vous les indiquer sommairement
:
Il fut répondu de Nantes :« Quil avait
été donné autorisation à la Société
des téléphones, autorisée par le Ministère»
des postes et télégraphes, de manière précaire
et révocable, la Ville réservant tous ses»
droits. »
De Bordeaux : Par lexposé de conditions particulières
aux poses souterraines et aériennes et par cette réflexion
que « dans lintérêt de la propagation
des communications téléphoniques , la Ville »
de Bordeaux renonçait, quant à présent du
moins, à frapper la Société d'une taxe ou
» redevance. »
Du Havre enfin : « Que la Ville avait autorisé
la Société à ses risques et périls,
sous privilège et aux » conditions du n.° 18
du tarif de ses droits de voirie, et que jusquà présent
la Compagnie » navait pas, malgré ses efforts,
commencé à fonctionner. » Le n.° 18 du
tarif de voirie de la ville du Havre, Messieurs , frappe les fils
ou cables de télégraphie et de téléphonie
particulières soit aériens, soit souterrains, dune
taxe de :
0.10 fr le mètre courant pour réseaux de 1 mètre
à 5oo par an ;
0.05 fr pour longueur de 501 à 1,000 mètres;
0.25 fr pour longueur de plus de 1,000 mètres ;
Ces droits poursuivant les abonnés jusquà
leurs appareils.
Au compte dabonnés que nous avons supposé
à Lille et pour leur longueur moyenne également
supposée, limposition au taux du Havre, serait à
Lille de 5oo X 2000 X 0,25=3 25,000 fr. Soit par abonné
25,000/500 = 5o francs.
Cette taxe est, sans aucun doute, la raison qui fait que la Société
réunit très peu dabonnés au Havre,
car déjà le tarif homologué dabonnement
à ladite Société est assez lourd. Il est
en effet de :
400 fr. par an et par ligne ou de
375 fr. par an pour deux lignes à la même personne,
ou de
35o fr. par an pour trois lignes à la même personne.
Vous pouvez voir maintenant, Messieurs, par cet exposé,
sans doute très long pour une question paraissant aussi
simple, toute léconomie de la demande d'autorisation.
Avant que de vous dire quelles sont les conclusions de votre Commission
, nous allons vous rappeler quelles sont les dernières
demandes de lAdministration et quelle est la valeur de laccord
que la Société générale des téléphones
paraît être disposée à nous faire. Voici
dabord cet accord :
Daprès une discussion verbale qui a eu lieu en derniers
contacts entre lAdministration municipale représentée
par son Directeur des travaux et M. LARTIQUE , Directeur général
des téléphones (Société générale)
M. MONGY aurait dit à M. LARTIGUE : Nous sommes disposés
à vous donner lautorisation que vous recherchez,
sauf approbation par le Conseil municipal aux conditions que nous
vous avons dites déjà, mais à condition aussi
, que vous nous établirez notre réseau et nos services
sans que nous intervenions pour quoi que ce soit. M. LARTIGUE
aurait promis de faire accepter ces conditions par la Société
générale des téléphones .
Cest à cette déclaration que nous faisions
allusion alors que nous vous disions quil était devenu
inutile de vous présenter létude que nous
avions faite des dispositions du cahier des charges.
La Société nous constitue par là des bénéfices
de services que nous pensons estimables et assez coûteux
pour elle.
En effet : En établissant le réseau à ses
frais, la Société peut avoir à payer à
lEtat, service des télégraphes, une redevance
immédiate de 260 fr. par kilomètre de fil, et, étant
données les dernières demandes de lAdministration
, sans y comprendre les fils des pompiers qui ne sont quà
approprier , ni le fil dEmmerin qui doit aussi exister ,
il y a environ 40 kilomètres municipaux à faire
établir présentement.
Cela fait un sacrifice denviron 40 x 25o = 10.000 fr. plus;
pour entretien annuel à 20 fr. = 800 fr.
En nous constituant labonnement gratuit sur 27 postes ,plus
deux réclamés par lAdministration en dernier
lieu, soit sur 29 ; en distrayant lHôtel-de-Ville
, considéré comme un bureau central municipal, soit,
au plus juste , 28 postes ou réseaux , il en vient un abandon
de 28 x 35o, tarif inférieur réduit au terme du
cahier des charges (article 6) à 175, cest-à-dire
à 5o pour 100 , doù somme annuelle de 4,900
fr.C est donc un sacrifice de 10 000 fr. une fois payés
et une somme de 4,900 x 800 = 5,700 fr. abandonnée annuellement.
Dans ces conditions donc, il paraît à votre Commission
superflu de gêner lessor de la Société
par laddition dune taxe quelconque , du moins appliquée
présentement.
Dans ses conclusions , votre Commission réserve dailleurs
tous vos droits à cet égard. Nous vous demandons
la permission de vous répéter maintenant les demandes
de lAdministration municipale à la Société
générale des Téléphones :
1.° Etablissement dun réseau téléphonique
complet reliant lHôtel-de-Ville avec la Préfecture
, les postes de police, les postes de Pompiers , labattoir,
lusine hydraulique dEmmerin et le réservoir
supérieur de lArbrissean ;
2.° Installation d'un indicateur magnétique permettant
de connaître à chaque instant le niveau de leau
du réservoir supérieur de lArbrisseau ;
3.° Obligation de placer les fils aériens du réseau
, en suivant, pour la traversée des voies publiques , les
indications qui seront données par lAdministration
municipale ;
4.° Obligation par la Société dopérer
à première réquisition toutes les modifications
qui pourraient être réclamées dans la hauteur
et dans la direction des fils.
Réflexions de la Commission.
Sur le premier point : Nous sommes daccord avec lAdministration;
mais nous proposons dy ajouter létablissement
, aux mêmes conditions , des postes futurs de pompiers et
de police. Ces postes additionnels devant en effet correspondre
à une augmentation de population provoquée par nos
efforts et nos dépenses , constituent pour la Compagnie
des chances de sûre clientèle dont elle nous doit
reconnaissance.
Sur le second point : Nous sommes daccord également
et demandons quil soitajouté à lindicateur
un appareil denregistrement automatique. C est dailleurs
sans importance.
Sur les troisième et quatrième points : Nous ferons
observer quaux termes des rapports créés par
le cahier des charges du 26 Juin entre l Etat et la Société
, les obligations réclamées par lAdministration
municipale doivent porter, non sur la Société téléphonique,
mais bien sur le service détat des télégraphes
; toutefois , la Société générale
des Téléphones se déclarant certaine de lagrément
de lEtat, nous pensons suffisant de lui réclamer
ces dites obligations, quitte à elle de les obtenir de
ses contractants, et rien , du reste, nempêche lAdministration
municipale de rechercher conjointement cette même acceptation
du service dEtat.
Demande de la commission
Votre Commission, sortant maintenant du cadre de lAdministration
, vous demande de réclamer avec elle le raccord du bureau
central municipal indispensable à la rapidité des
communications, comme aussi à leur toute entière
discrétion ... avec le « bureau central de la Société.
»
Voici pourquoi : Il se peut très bien que des rapports
en quelque sorte directs sétablissent entre ladministration
et certains abonnés , et même tous les abonnés
, et quinversement, des rapports sétablissent
des abonnés aux services municipaux.
Supposez , par exemple , des appels aux pompiers ou aux postes
de police pour cause dincendie ou de meurtre. Ces communications
deviennent précieuses .
Il est facile de réaliser cette communication. On le pourrait
faire par un seul fil ; mais il aurait le désagrément
de rendre les communications limitées à un seul
service à la fois.
On le peut faire avec deux fils et jouir dune réduction
de tarif déjà indiquée.
Votre Commission a pensé que trois fils seraient le nombre
à choisir pour la plus grande facilité de tous rapports
de lAdministration à abonnés, ou de tous rapports
inverses, dautant que le tarif, qui sapplique à
trois fils pour une même personne (collective ou non), est
encor einférieur et vous le connaissez à
celui de deux fils.
Ce service, dailleurs très peu coûteux, quoique
très agréable , doit être payé par
nous cependant, car la Société et lEtat nous
démontrent ici que le service nest plus exclusivement
municipal, mais est au moins mi privé. Toutefois, nous
ne le paierions pas au tarif ordinaire, car nous vous prierions
de réclamer de lAdminisjration quelle veuille
bien solliciter lapplication du tarif réduit indiqué
à larticle 6, § III et IV , du cahier des charges
du 26 Juin 1879, qui stipule :
« Quil sera (toutefois) accordé un tarif réduit
aux établissements publics de lEtat ou municipaux
qui seraient desservis par une entreprise. »
E t que :
« Le taux de la réduction sera déterminé
par le Ministre des Postes et Télégraphes , sans
» pouvoir dépasser la moitié de la taxe applicable
aux particuliers. »
Notre sacrifice annuel
Donc , le taux pour trois lignes à une même personne
sera pour nous , sans nul doute , de 35o f r . x 0,5, = 175 fr.
par ligne, soit de 175 x 3 = 525 fr. par an, comprenant linstallation
à faire par la Société téléphonique
, comme aussi lentretien.
Soins municipaux.
Quant au service municipal, il sera très bien assuré
par le personnel actuel organisé, s dépenses pour
cela, à la condition peut-être de quelques soins
supplémentaires . II réclame un service nocturne,
déjà assuré par les pompiers.
En résumé, Messieurs , votre Commission des
travaux vous propose :
1.° Le vote des conclusions de lAdministration
municipale;
2.° Le vote des conclusions de votre Commission des travaux
;
3.° Le vote, par suite, dune imputation annuelle de
525 fr. pour le service conjugué du public et de lAdministration
.
En appuyant toutefois sur ce point que votre autorisation est
accordée sans privilège, ni monopole.
Elle vous demande par surplus et à titre de vu :
Dexprimer le désir de voir à lavenir,
et le plus tôt possible , opérer par le consentement
du Ministre des Postes et des Télegraphes , le raccord
entre les abonnés des lignes téléphoniques
et les services télégraphiques spéciaux,
pour lexpédition directe des télégrammes
et vice-versa , pour leur directe réception.
M. MARSILLON sétonne de voir figurer, parmi les conditions
réclamées par la Ville , la pose dun indicateur
magnétique, destiné à indiquer le niveau
deau dans le réservoir de lArbrisseau. Ce nest
pas là de la téléphonie.
M. le RAPPORTEUR répond quétant donnée
la nécessité détablir un fil le long
de la distribution deau, il devenait facile dobtenir
lindication électrique du niveau des bassins , et
que lAdministration a agi véritablement dans un intérêt
municipal en réclamant cet indicateur.
Les conclusions du rapport de la Commission sont ensuite mises
aux voix et adoptées.
|
Pour Lille, l'aventure commence, le bureau est
installé au 3 de la place de la gare, les lignes sont construites
sur le toit des immeubles, le réseau est inauguré le 1er
mai 1882 avec 26 lignes et 94 demande sont en attente.
Le 1er avril 1883 se sera le tour de Roubaix-Tourcoing qui ouvrira son
réseau.
Le téléphone à Tourcoing
Voici un extrait des souvenirs retrouvés dans « Tourcoing
Mon pays » de Jean Christophe.
Un jour, il demande à sa mère, 90 ans en 1977, de retrouver
son plus grand souvenir. Après réflexion, elle se met
à dire : Ce qui ma le plus frappée, cest le
téléphone. Jai cru que cétait un miracle.
On venait dinstaller les appareils à Tourcoing. Mon mari
était à Paris. Quand jai reconnu sa voix dans cette
sorte de boite à malice, jen étais éberlué.
Une voix qui venait de si loin
»
Sa mère et les tourquennois de son temps auraient pu parler de
la même manière dix ans plus tôt.
Une raison toute bête empêcha le ministre de doter notre
ville dun des tout premiers réseaux téléphoniques
du pays. Celui de Paris fonctionnait depuis 1879.
Le nombre dabonnés dépassait 3000 en 3 ans. Le ministre
se pris denthousiasme pour ce moyen de communiquer et de traiter
les affaires. Il rêvait détablir un réseau
à titre dexpérience, entre de 2 villes industrielles
de son choix.
Dans une lettre datée du 18 mai 1883, M. Devau écrit à
la mairie de Tourcoing : « Monsieur le Ministre, voulant voir
sil était possible pour lEtat dinstaller le
téléphone dans de grandes villes sans risquer de mécomptes,
a songé à faire un essai à Tourcoing et à
Reims où la multiplicité des affaires devrait rendre la
tentative concluante
»
Le maire, M. Victor Hassebroucq, adressa une lettre à «
MM. les Industriels, Commerçants et autres intéressés
de la ville ». Il les prévenait du projet du ministre et
leur demandait de sabonner sans tarder : « il est indispensable
quon se presse, disait la lettre, mais, lengagement deviendrait
nul et non avenu si, pour une raison ou une autre, lEtat ne se
trouvait pas en mesure de tenter lessai dont il sagit,
».
Cest ce qui arriva. La ville de Tourcoing, offrit au ministre
des bureaux sous les arcades de la vielle mairie Grand-Place. Le ministre
nen voulu pas. « Il entendait navoir dautre
partie contractante que le maire », or les bureaux appartenaient
à la commission syndicale de la Bourse du commerce. Pour ce motif,
les pourparlers traînèrent en longueur. Les roubaisiens
mirent à profit notre retard. Le téléphone fonctionnait
très bien chez eux alors que les Tourquennois cherchaient encore
un lieu pour y installer le poste central.
Bientôt, le ministre se montra plus arrangeant. On rattrapa le
temps perdu. Une des plus anciennes photographies de la Grand-Place
montre, sur le toit de St Christophe et sur le toit de la vielle mairie
des herses qui soutienne les fils de téléphone (une soixantaine
de ligne), elles se multiplieront à vue dil.
Au fil des évolutions, le poste central changera de place : la
vielle maire, rue de lHôtel de Ville, place Charles et Albert
Roussel et enfin son lieu actuel.
sommaire
En Auvergne-Rhône-Alpe
A Bourg-en-Bresse lun hôtel des postes et du télégraphe,
est ouvert le 21 juin 1895, lorsque le Conseil municipal décide,
le 9 juillet 1896, pour y installer le téléphone. Il répond
ainsi à un « mouvement de lopinion en faveur de linstallation
à Bourg du service téléphonique. » Se pouvant
être rattaché au circuit de Paris, Lyon, Marseille, la
liaison se fera à Lyon qui « présente cet avantage
que, pour les communications avec Paris, Bourg naurait ainsi quun
intermédiaire. La dépense de construction (
) ne
sera quune avance faite à lÉtat. »
Létude est lancée pour une ligne qui suit la voie
de chemin de fer jusquà la gare de Bourg et, de là,
elle sera souterraine jusquà lhôtel des postes.
Impatients, réunis au tribunal de commerce, « 47 négociants
et industriels demandent, à Bourg, la création dun
réseau téléphonique et le rattachement de ce réseau
au réseau national ». Ils souhaitent surtout que la ville
se décide à financer le projet. Elle accepte et une convention
est ensuite signée avec le ministère.
Il faut donc créer le départ du réseau aérien
urbain. La ville sollicite larchitecte Tony Ferret pour «
dresser un plan, avec devis, de la tourelle destinée à
la concentration des fils du réseau téléphonique
projeté à Bourg » et lui demande que « son
aspect décoratif soit conservé dans la plus large mesure
[car] la Ville de Bourg ne craint pas dengager des dépenses
sensiblement supérieures au chiffre du devis prévu ».
Les travaux se terminent et un communiqué de presse annonce que,
« à partir du 20 mars 1900, le circuit téléphonique
Bourg-Lyon sera ouvert au public au moyen de la cabine téléphonique
installée dans la salle dattente de la recette principale
des postes et des télégrammes à Bourg. (
)
La liste complète des villes avec lesquelles la recette principale
de Bourg pourra établir des communications téléphoniques
est déposée au bureau des postes . ». La ville de
Bourg est désormais reliée au circuit national. Il reste
à aménager, en fils aériens, le réseau urbain,
autorisé depuis le 3 mars par le ministère. Quelques habitants
protestent car le plan nest pas strictement respecté et
des isolateurs sont fixés sur leurs murs. Le circuit est complété
au printemps 1901 et une cabine téléphonique est installée
en gare, en août 1901.
Plan du réseau téléphonique urbain de Bourg en
1900.
Le Conseil général de lAin sest décidé,
au printemps 1898, pour létude dun réseau
départemental. La décision est prise le 25 avril 1900
et le Conseil général a déjà demandé
à la ville de Bourg si elle accepterait de sy intégrer.
La Ville accepte et ses charges seront transférées au
Département. Les communes ont été interrogées
et 61 ont demandé leur rattachement en prenant lengagement
dun financement annuel. Une convention est signée le 9
mars 1901 entre le Département et ladministration des postes.

Carte du réseau départemental annexé à la
convention du 9 mars 1901 .
Liste des 61 communes : Atemare, Apremont, Bâgé-le-Châtel,
Bellegarde, Belley, Bourg, Brénod, Ceyzériat, Ceyzérieu,
Chalamont, Champagne, Champfromier, Châtillon-de-Michaille, Châtillon-sur-Chalaronne,
Chavannes-sur-Reyssouze, Coligny, Collonges, Condeissiat, Culoz, Divonne-les-Bains,
Dortan, Foissiat, Géovreissiat, Hauteville, Lhuis, Marboz, Gex,
Marlieux, Meillonnas, Meximieux, Mézériat, Montluel, Montréal,
Montrevel, Nantua, Neuville-les-Dames, Neuville-sur-Ain, Neyron, Ochiaz,
Oyonnax, Pont-dAin, Pont-de-Vaux, Pont-de-Veyle, Saint-Genis-Pouilly,
Saint-Germain-de-Joux, Saint-Nizier-le-Désert, Saint-Rambert,
Saint-Trivier-de-Moignans, Saint-Trivier-de-Courtes, Trévoux,
Sathonay, Seyssel, Tenay, Thoiry, Treffort, Villars, Villebois, Vouvray,
Virieu-le-Grand, Genay, Versailleux.
Les travaux sont entrepris et le réseau évolue en fonction
des circonstances locales et des opportunités. Un rapport du
31 décembre 1904 indique que « les travaux, commencés
en 1901, ont été terminés en 1903, à une
exception, Chavannes-sur-Reyssouze. (
) À titre dindication,
66 communes avaient [finalement] adhéré à ce premier
réseau.
Les études du deuxième réseau ont été
entreprises en octobre 1902 [avec] les adhésions définitives
de 145 communes. La convention avec lÉtat a été
signée le 29 août 1903. Les travaux ont été
commencés au printemps 1904. (
) Ils ont été
menés avec célérité. (
) Nous avons
organisé un groupement de cinq équipes avec un nombreux
personnel ouvrier qui, bien entraîné aux travaux de cette
nature, a fourni un rendement maximum. La persistance du beau temps
a été un auxiliaire précieux. (
)
Ce deuxième réseau, commencé en 1904, comporte
la construction de 495 kilomètres de ligne neuve et la pose de
2 050 kilomètres de lignes. Les travaux actuellement terminés
comprennent 470 kilomètres de ligne neuve et 1 950 kilomètres
de fil. (
)
Le nombre de bureaux ouverts au 31 décembre 1903 était
de 73. (
) Les recettes suivent une progression constante qui permet
denvisager le remboursement intégral en quelques années
seulement. En 1904, il a été ouvert 132 nouveaux bureaux
téléphoniques. (
) Il reste 252 communes qui nont
pas consenti à se faire incorporer dans les réseaux .
»
Le troisième réseau est étudié en avril
1905 et le quatrième, en 1910. Au 23 octobre 1911, 50 des 76
communes, non raccordées, souhaiteraient lêtre. Cela
ne sera possible que pour 26 dentre elles, dans un premier temps,
dont Granges où un syndicat sest constitué pour
suppléer la commune . Cest la situation à la veille
de la Grande Guerre.

Le réseau téléphonique dans lAin lorsque
le 3e réseau sera établi. Carte du 20 mars 1905 .
Documents à télécharger :
- Les débuts du téléphone dans lAin (pdf
- 890.8 kio)
- De lHôtel
des Postes au Centre Camus (pdf - 1.5 Mio)
Le téléphone dans le Cantal :
Des débuts difficiles (1899)
Nous sommes en 1899, Léon Mougeot, sous-secrétaire dEtat
des Postes et des Télégraphes (et pas encore du téléphone
),
propose de « doter le Cantal dune organisation téléphonique
». Il rappelle « limportance très grande qua
prise la téléphonie dans divers pays, notamment en Allemagne,
en Belgique et en Suisse » tandis que « la France na
pas jusquici profité, aussi largement que ses voisins,
des facilités nouvelles quoffre ce merveilleux moyen de
communication pour les relations daffaire et de famille ».
Considérant que « notre pays se doit à lui-même
de ne pas rester plus longtemps en arrière », il demande
le soutien du préfet et en appelle à son influence «
pour faire aboutir luvre nationale que jai entreprise
».
Un premier projet de réseau est donc proposé
par le sous-secrétaire dEtat en 1899, il prévoit
de relier ensemble les quatre chefs-lieux darrondissement Aurillac,
Mauriac, Murat et Saint-Flour, puis de relier ces derniers à
leurs chefs-lieux de canton ainsi quà quatre autres communes
: Le Vaulmier, Ussel, Valuéjols et Junhac. Soit un total de 25
communes pour un coût global de 289 500 francs.

Plan du premier projet de 1899 et plan du deuxième projet de
réseau en 1900.
Après une première consultation auprès des communes
susceptibles dêtre intéressées, le projet
devient bien plus ambitieux et une nouvelle carte est établie.
Si la base du réseau reste la même, il sagit désormais
de relier entre elles plus de soixante-dix communes. Mais comme souvent,
lEtat na pas les moyens de ses ambitions. La carte est accompagnée
dun devis qui fait état dune dépense totale
de 541 375 francs, soit près de 2 500 000 euros actuels. La dépense
initiale a presque doublé. Pourtant dès le premier projet,
Léon Mougeot prend bien soin de rappeler au préfet que
son « administration ne disposant [
] daucun crédit
budgétaire pour la construction des lignes téléphoniques,
le montant des dépenses devrait être fourni à lEtat,
à titre davance remboursable, sans intérêts
». Cest aux administrations locales, conseil général
et communes, davancer lintégralité des sommes
nécessaires à lEtat avec lespoir den
être ensuite remboursé par les éventuelles recettes
du réseau ainsi créé. De plus, lEtat ne consent
à rembourser que le capital des sommes empruntées pour
le financement des travaux à lexclusion des intérêts
de la dette, qui eux restent à la charge des administrations
locales. Le conseil général du Cantal décide alors
davancer lintégralité du capital à
emprunter mais pas les intérêts qui seront à financer
par les communes. Aussi, sur 71 communes intéressées dans
un premier temps, il ny en a plus que 12 qui ont voté les
ressources demandées, 23 ont ajourné leur décision,
29 ont préféré renoncer et 7 nont pas répondu.
Début 1902, le projet nest toujours pas adopté et
« le Cantal est un des rares départements qui nont
pas donné suite, au moins partiellement, aux propositions de
ladministration et qui nont aucune relation avec le réseau
général ». Il faut attendre le 22 avril 1903 pour
que le projet soit définitivement adopté par une délibération
du conseil général, ce dernier emprunte et avance la somme
totale de 584 990 francs nécessaire à létablissement
du réseau. Il prend aussi à sa charge la moitié
des intérêts annuels, lautre moitié étant
à supporter par les communes. Sur les 267 communes du département,
66 acceptent dêtre reliées au réseau et sengagent
à verser les sommes demandées pour une durée de
trente ans.
Les débuts du téléphone dans le Cantal sont donc
assez laborieux. Cependant, après la mise en place de la distribution
postale à domicile et le développement du réseau
télégraphique au cours du XIXe siècle, cest
un nouveau moyen de communication qui soffre aux Cantaliens. Sil
existe bien une volonté politique ici initiée par
lEtat de favoriser le progrès de ces moyens de communication,
comme pour la poste et le télégraphe avant lui, le développement
du réseau téléphonique ne peut se faire sans laide
des pouvoirs locaux et leurs apports financiers parfois conséquents.
Les attentes sont pourtant nombreuses et ces moyens de communications
sont de véritables enjeux en milieu rural. Ils sont considérés,
à juste titre, comme des outils du désenclavement. A cet
égard, comme la route ou le rail, ils ont contribué à
la modernisation de la France en tant que moteur de civilisation et
dunité nationale.
En Haute-Loire
Le premier appel passé du Puy-en-Velay vers un autre département
date de 1902. Lannée daprès le déploiement
dans la Haute-Loire commence.
La zone autour de Chomelix dabord puis le Langeadois et lEst.
Aurec-sur-Loire est la première commune à bénéficier
dune cabine téléphonique en 1903. En 1912, le département
compte 250 abonnés dont près de la moitié au Puy-en-Velay.
Neuf ans plus tard, il y en 771 dont 285 dans la ville préfecture.
Les centraux téléphoniques essaiment sur le territoire
au Puy-en-Velay, à Saint-Didier-en-Velay, Langeac, Brioude et
Yssingeaux. Des femmes sy activeront pour transmettre les communications.
Elles poseront définitivement leurs casques au début des
années 1970 avec lautomatisation du téléphone.
Les premières communes à bénéficier du téléphone
automatique (sans passer par une opératrice) sont Saint-Romain-Lachalm
et Allègre. Le déploiement dans lensemble du territoire
durera une vingtaine dannées.
Il faudra attendre 1998 pour que la Haute-Loire fête ses 100 000
e abonnés
Dans l'Hérault
Larrivée du téléphone à Montpellier
Juin 1892, le réseau téléphonique urbain
de Montpellier est mis en service : 28 opératrices sont
recrutées pour mettre en relation les abonnés de Montpellier
avec ceux de Nîmes, Sète, Béziers et Narbonne.
En 1953, pour appeler la province depuis Paris, il fallait patienter
3 minutes pour obtenir son correspondant. En 1970, seul un Français
sur sept disposait du téléphone chez lui.
A NICE
jeudi 14 juin 1883 Le Petit Niçois nous apprend
quune entreprise de la ville vient d'installer un téléphone,
qui serait le troisième à Nice.
À noter quil sagit encore de liaisons point à
point et que, dun poste dappel, on ne peut joindre que le
seul correspondant auquel le câble vous relie.
« Téléphones. Un troisième téléphone
a été établi hier à. Nice.
Cest la Société générale de transports
qui la fait établir pour mettre en communication ses bureaux
de la rue Gubernatis avec ses remises situées au quartier Riquier.
On sait quil existait déjà deux téléphones
dans notre ville : lun entre la Caisse de Crédit et la
Villa de M. Sicard à Saint-Jean ; lautre entre le Théâtre
Français et le café de la Maison Dorée. »
Un autre article du Petit Niçois paru le 6 mars 1885 écrit
« Téléphone. À la suite dune
démarche auprès de M. le ministre des postes et télégraphes,
des avantages plus sérieux viennent dêtre accordés
à notre ville pour létablissement dun réseau
téléphonique. M. Cochery persiste toujours il est
vrai à refuser une exploitation quelconque des téléphones,
exploitation quil ne saurait concéder à une cité
sans être immédiatement assiégé de demandes
analogues, mais il consent, en faveur de Nice, à une nouvelle
réduction dans le chiffre des abonnements pour commencer les
travaux.
Ce chiffre, qui avait déjà été réduit
à 80 au lieu de 200, se trouve maintenant fixé à
50. Dans ces conditions excellentes nous espérons que nos concitoyens
sempresseront de profiter des faveurs accordées par le
gouvernement à la ville de Nice et que prochainement fonctionnera
parmi nous cet utile et rapide moyen de communication. »
1913 Le tout premier centre automatique de France est mis en
service à NICE.
(Centre Téléphonique
de Nice-Biscarra)
sommaire
En Ardèche
L'arrivée du téléphone à Saint Martial
(Yvon Guibal, Nicole Clément)
La première cabine téléphonique installée
à Saint Martial l'a été au Rulladou dans la maison
de Monsieur Henri Salançon (actuelle maison de M et Mme Bray).
Henri Salançon en était le gérant et elle aurait
servi la première fois à accueillir l'annonce de la guerre
de 1914 ! Lorsqu'en 1927 M. Salançon décide de partir
à Nîmes avec quelques unes de ses ouvrières, pourdévelopper
dans cette ville sa petite manufacture de bonneterie (bas et chaussettes),
se pose le problème de son remplacement. Les délibérations
du conseil municipal font état des difficultés rencontrées
:
Session extraordinaire du 13 mars1927{ma ire Jean Prosper Viala):
Désignation d'un gérantde la cabine téléphonique
en remplacement de M. Salançon Henri.
Monsieur le maire fait connaÎtre au conseilque M. Salançon
ne pouvant plus gérer la cabine téléphonique, à
partir du 20 mars courant, il y a lieu de désigner d'urgence
son remplaçant, or aucun candidat ne s'est présenté
après les publications qui ont été faites dans
la commune.
Plusieurs membres du Conseil municipal désignent Mlle Julie Ducros
comme titulaire et Mlle Marcelle Ducros sa sur comme suppléante.
A l'unanimité, le conseil accepte ce choix.
Mais le 14 Août1927 M. le maire communique au Conseil une lettre
en date du 27 jul1/et 1927 par laquelle M. le Directeur régional
des postes l'informe que la candidature proposée par le conseil
municipal ne peut être agréée le conseil devant
choisir entre les candidatures de MM Bosc Jean
et Matai Urbain. le conseil soucieux de hâter la réponse
du service de la cabine téléphonique après une
fermeture de plus de trois mois, que la population de la commune considère
comme un scandale..... .. à l'unanimité....... rejette
absolument comme inacceptables les candidatures
de MM Bosc Jean et Matai Urbain pour les motifs suivants :
Bosc Jean, facteur auxiliaire, ne peut, vivant seul, assurer le service
du téléphone de plus, le sus nommé, ne jouit pas
de la plénitude de ses facultés mentales, M. Matai Urbain
ne présente pas les conditions suffisantes de moralité,
le conseil se voit dans /'impossibilité de trouver un autre candidat
que Mlle Julia Ducros proposée par la délibération
du13 Mars, aucune autre personne ne présentant sa candidature
ou ne voulant accepter ces fonctions. De ce fait, le conseil municipal
se verrait obligé de démissionner, ne voulant pas prendre
lui même, la responsabilité de la continuation de l'état
de choses actuel.
27 octobre1931 : Internement de Jean Bosc à l'asile de Monteverques
le maire communique que à la suite de plusieurs actes de démence,
du sieur Bosc Jean Félix, le maire a été obligé
de constituer un dossier concernant le sus nommé. A la suite
d'une plainte adressée à la direction des PTT (Postes,
Télégraphe, Téléphone), la gendarmerie se
rendit à Saint Martial aux fins d'enquête et M. le préfet
prit un arrêté d'internement à Montevergues et le
21 du mois de décembre, les agents de l'asile sus désignés
vinrent le chercher.
De fait la cabine sera cette année là, installée
dans l'épicerie de Marcelle, Place de l'Eglise.
Une cabine ? c'est beaucoup dire, le téléphone était
dans l'épicerie, caché par un paravent, on y accédait
après que l'opératrice ait obtenu la communication et
lon commentait ensuite ensemble et avec les éventuels clients
présents dans la boutique, la réception : la confidentialité
était donc limitée !!
En avril 1936: (maire Georges Viala) le service postal est transformé
en Aqence postale « les mandats, plis recommandés et autres
opérations postales qui ne peuvent se faire qu'à Sumène,
se feront au bureau de Saint Martial chose très avantageuse pour
le public. la dépense (pour cette transformation) sera minime
(711 frs 75) somme fixée par le service des postes pour le transport
du courrier de Sumène à Saint Martial, part de la commune».
En 1955 la cabine téléphonique et l'agence postale sont
transférées au Trive, Yolande Guibal en assurant dorénavant
la gérance, ceci jusqu'en 1981. Et les anciens se souviennent
du courrier récupéré à bicyclette, par n'importe
quel temps, au bureau de poste de Sumène, par les facteurs: Fabian
Bousquet et Noémie Delon d'abord, puis Joseph Salendres et Francis
Guibal ensuite, Jean Paul Salendres a également effectué
ce travail. Le dit courrier arrivait de Nîmes par fourgon et continuait
ensuite sa route vers le Vigan et Alzon. Après qu'il ait été
départagé entre Sumène et Saint Martial, notre
facteur remontait avec un sac bien rempli à Saint Martial où
il arrivait autour de 8 h30. Francis Guibal fut le premier à
assurer ce service en utilisant sa moto alors qu'il aurait du le faire
à vélo!! Ce n'est qu'en 1970 que Sumène prit le
relais du transport du courrier par des facteurs motorisés.
Le courrier était trié à l'agence postale en deux
tournées, pour les deux facteurs, celui qui distribuait les campagnes
du haut, celui qui distribuait celles du bas. Les tournées se
faisaient à pied et à l'exception de quelques mas très
isolés, toute la population avait son courrier avant midi. Nombreux
étaient ceux qui s'abonnaient au «Midi libre» ou
au« Provençal» qu'ils recevaient ainsi journellement.
Les télégrammes, indispensables à cause de l'absence
de téléphones, étaient souvent malheureusement
porteurs de mauvaises nouvelles. Ils étaient transmis à
pied dans le village et les hameaux par des porteurs ou porteuses de
télégrammes payées à la course. Marie Durand
(la maman d'Emilienne et de Francine) fût la première,
puis Paulette Mourgues la suivit en suite. Le Trive et le Galinier,
où Paulette habitait, étant très proches à
vol d'oiseau, le texte en était souvent hélé de
vive voix depuis le parapet !!
Les progrès modernes ont certes apporté certaines améliorations
à ce service, mais la fiabilité de même que la qualité
humaine de l'ancienne façon de faire peuvent rendre certainsnostalgiques
!
A Saint Apollinaire de Rias
Les travaux se précisent le 14 mars 1934 avec lautorisation
officielle détablissement de la ligne de Vernoux à
St-Apollinaire de Rias.
On note principalement les articles 3: les propriétaires riverains
sont mis en demeure de couper et délaguer à la limite
de la route les plantations qui présenteraient des branches en
saillie dur larête extérieure des fossés et
talus et pourraient trancher les fils et larticle 7 qui précise
que «la hauteur minimum des fils dans les villes et villages est
de 6 m50 au-dessus de la chaussée».
Evidemment nous assistons avec larrivée du téléphone
à une forme de modernité qui na pas cessé
de nous entourer et de modifier nos modes de relations aux autres. Même
si ce poste téléphonique est collectif, un seul pour la
commune, StApollinaire de Rias est relié au reste du monde!
A Cros-de-Géorand
Lors de sa séance du 22 mars 1908, le Conseil Municipal
de notre commune souligne « lisolement et lextrême
détresse au point de vue du service des Postes et Télégraphes
» et considère « quil importe de rendre plus
aisé les relations des habitants et de favoriser le développement
du commerce local ». Il demande « létablissement
dune ligne télégraphique entre St Cirgues en Montagne
et le Cros de Géorand et vote sa part contributive à la
dépense ». Cette requête est toujours dactualité
lors de la séance du 1er mars 1909 qui demande que le projet
« dun bureau de facteur receveur avec un poste télégraphique
» soit mis à létude par ladministration.
Mais, dès 1910 les élus voient plus loin ...
Le 19 septembre 1909, « le Maire expose que le chef-lieu de la
commune de Ste Eulalie est pourvu du téléphone et quil
est dintérêt général de lobtenir
également au chef lieu du Cros. Afin datténuer la
dépense occasionnée par cette installation, le Maire a
accepté la combinaison qui lui était proposée par
le Maire dUsclades et lentente suivante est intervenue entre
eux : Il serait créé en même temps un courant téléphonique
Ste Eulalie, Usclades, le Cros-de-Géorand avec poste et combiné
dans chacun des chef-lieu du Cros-de-Géorand et dUsclades.
» Et le conseil approuve aussi « le projet dentente
dans le but de partager les frais quoccasionnerait le circuit
téléphonique Montpezat-Usclades-Cros-de-Géorand,
après létablissement téléphonique
qui doit avoir lieu à Montpezat ».
Le 2 janvier 1910, à Cros de Géorand, on vote «
les fonds davance à lEtat pour linstallation
du circuit téléphonique et télégraphique
Montpezat, Usclades, le Cros de Géorand avec poste et cabine
publique dans chacun des chef-lieu ».
Le 14 août 1910 Le Conseil municipal est davi « dinstaller
la cabine téléphonique dans le local communal attenant
au groupe scolaire existant actuellement au chef-lieu du Cros où
sera logé le gérant et distributeur des télégrammes
et des communications téléphoniques qui se feront gratuitement
pour toute la commune. Il sera également chargé, outre
la distribution des télégrammes, dans toute la commune
des appels au téléphone.
La fonction de gérant et distributeur de toute communication
téléphonique pour toute la commune sera remplie par M.
PLANTIN Baptiste secrétaire de la Mairie, auquel il sera alloué
par la commune une somme annuelle de 150 francs, outre son logement
dans le local où sera installée la cabine téléphonique.
Il aura droit de percevoir également les remises qui lui seront
allouées daprès le règlement en vigueur par
la Direction des Postes et Télégraphes et Télphone.
» . Le 6 novembre 1910, le Conseil nomme Mme PLANTIN Pélagie
pour gérer le bureau téléphonique et M. PLANTIN
Baptiste distributeur de messages et des appels au téléphone.
Puis en 1926 ces fonctions reviennent à M. SOLEILHAC Prosper,
gérant du téléphone et Mme SOLEILHAC née
TEYSSIER comme suppléante. Au Chef-lieu du Cros, lemploi
de « gérant du téléphone » est supprimé
le 22 septembre 1956. Cette fonction étant désormais assurée
par la receveuse de lAgence Postale, Mme POMMIER.
La délibération du 6 mars 1958 précise les horaires
de 8h à 12h et de 14h à 18h pour louverture de la
cabine téléphonique avec un budget pour
cette mission 55 000 frs/an.
Le 16 décembre 1989, la Mairie se raccorde au réseau téléphonique
en prenant un abonnement. (jusquà cette date, la secrétaire
de Mairie utilisait la cabine téléphonique !)
Le 2 avril 1933, « le hameau de La Palisse étant
à une distance de deux kilomètres à vol doiseau
du chef-lieu et regroupant une population de 86 habitants parmi laquelle
un certain nombre de commerçants », le Conseil délibère
sur lutilité dy installer une cabine téléphonique
publique. Le Conseil note que « cette installation supprimerait
un grand nombre de télégrammes au distributeur de dépêches
et que M. VOLLE, facteur audit quartier, sengagerait à
autoriser cette installation chez lui et quil en assurerait le
fonctionnement par lui-même ou avec le concours de son épouse
pendant les heures douverture ».
Le 28/12/1941, Le Conseil décide de transférer le poste
dabonnement municipal de La Palisse chez TEYSSIER, Hôtel
du Pont.
Le 11/04/1954, le Maire expose que « la maison où est installé
le Poste dabonnement Public de La Palisse n°8 a été
acquise par EDF et va être incessamment démolie, les barrages
devant être mis en eau, aussitôt les derniers travaux achevés
». Le Conseil demande à ladministration des P.T.T.
le transfert de cette installation dans la nouvelle maison de Melle
TEYSSIER Victorine qui accepte.
Le 13/11/1966, le Conseil donne un avis favorable au transfert de linstallation
téléphonique du poste dAbonnement Public de La Palisse
au domicile de M. VOLLE Auguste. Celui-ci continue dêtre
le gérant de la cabine de téléphone publique dans
sa nouvelle résidence en 1973. Puis, en 1975, le Conseil confie
la gérance à Mme VOLLE Germaine, veuve. Ce poste ne sera
supprimé quen 1985.
A partir de 1954, plusieurs téléphones sur la commune
de Cros-de-Géorand.
Les premiers abonnés au téléphone sont des hommes
daffaires, des entrepreneurs, des négociants, des commis
de bourse, des banques, des journaux, mais aussi des sociétés
de service sadressant à une clientèle de luxe .
On compte en 1954, une dizaine dabonnements sur la commune. Jusque
dans les années 70, seuls la Mairie et les commerçants/artisans
sont équipés dun téléphone.
De fait ces quelques postes sont utilisés par lensemble
de la population. Lemploi de ce moyen de communication est alors
réservé à des situations durgence. Pour appeler
les postes situés au Cros, il fallait demander à la téléphoniste
:
le 0 à Cros de Géorand (lagence postale)
le 1 à Cros de Géorand (lhôtel GIRAUD)
le 2 à Cros de Géorand (la boucherie MOULIN)
.
Le 31 mars 1979, le Conseil Municipal, « sur la proposition de
la Direction Opérationnelle des Télécommunications
de Grenoble, décide linstallation dune cabine téléphonique
sur la voie publique ». Linstallation se fera à lextrémité
de la place à proximité du monument aux
morts. Cette cabine ne sera démontée quen 2015.
Une autre cabine sera mise à la disposition du public au carrefour
du Pont de La Palisse .
Les témoignages varient, ce qui permet de penser que le téléphone
entre petit à petit dans les maisons, plutôt vers la fin
des années soixante-dix.
Les prix des communications sont basés sur la durée et
sur la distance. Chaque intervalle est facturé au prix fixe d'une
Taxe de Base ; les intervalles de temps exprimés en secondes
entre deux taxes de base sont d'autant plus courts que la distance entre
les deux abonnés est grande. Du coup, les habitants réfléchissent
à deux fois avant de passer un appel. Et pour les longues distances,
ils sorganisent pour appeler sur les tarifs de nuit à prix
réduit.
Les années 70, le téléphone à domicile.
Dans son article du 24 décembre 2020 paru dans lHebdo de
lArdèche, Flora CHADUC cite les communes du plateau ardéchois
où le téléphone fixe a été coupé
jusquà des mois.
Les élus interpellent « Des particuliers aussi me saisissent
» remarque Fabrice BRUN, député de la 3ème
circonscription de lArdèche. « Mais nous, députés,
ne sommes pas le service après-vente des opérateurs !
».
« Cest le sujet qui revient le plus, avec la santé,
dans les échanges avec les habitants » confirme Hervé
SAULIGNAC, député de la 1ère circonscription ardéchoise.
Il estime que 80 % du territoire ardéchois est concerné
par des dysfonctionnements ou menacé davoir un réseau
de téléphonie fixe coupé.
Cros de Géorand sur lannuaire des Pages Blanche 2017.
Sur lannuaire des Pages Blanches édité en 2007,
on compte 124 abonnements à Cros de Géorand.
Les tout derniers exemplaires de l'annuaire papier des Pages Blanches,
qui contient les numéros de téléphone des particuliers,
seront livrés en décembre 2019 .
Dans son article du 24 décembre 2020 paru dans
lHebdo de lArdèche, Flora CHADUC cite les communes
du plateau ardéchois où le téléphone fixe
a été coupé jusquà des mois. Les élus
interpellent « Des particuliers aussi me saisissent » remarque
Fabrice BRUN, député de la 3ème circonscription
de lArdèche. « Mais nous, députés,
ne sommes pas le service après-vente des opérateurs !
»
Le 15 septembre 1989, lassociation des Maires de lArdèche
encourage les communes à sinformatiser. La Mairie de Cros
de Géorand adhère à ce nouveau service MAIRIETEL
07/63.
En 2009, quelques habitants de Cros de Géorand réussiront
à se connecter grâce à Numéo. « Je
me souviens, aux Rancs nous avions conduit un câble Ethernet sur
le haut des rochers surplombant la maison pour avoir une connexion.
Si la neige pesait trop lourd, le câble sortait du boîtier
situé au sommet, plus de connexion. Si nos chèvres trop
curieuses croquaient le câble, plus de connexion !!! ».
Le 9 novembre 2007, le Maire informe le Conseil Municipal du plan de
résorption des zones blanches ADSL qui devrait permettre à
de nombreuses communes ardéchoises de pouvoir bénéficier
dune couverture ADSL par des opérateurs locaux. Notre commune,
étant en zone blanche, sollicite laide du Conseil Général
de lArdèche, de la Région et de lEurope pour
le financement des travaux nécessaires à la couverture
de la commune
pour laccès à Internet Haut Débit...
A Saint Sylvestre
Le 30 juin 1901, Monsieur le Maire donne lecture de la lettre préfectorale
concernant la dépense quoccasionnerait létablissement
dun circuit téléphonique reliant la commune au bureau
le plus central. Le conseil considérant que la commune est déjà
très obérée(= très endettée !) ne
prend pas lengagement dassurer le service des intérêts
de lemprunt que nécessiterait létablissement
dun circuit téléphonique.
Il en sera de même en 1903, en 1905 et en 1907. La commune nest
pas assez riche pour supporter les frais dinstallation !
Enfin, le 4 novembre 1909, Monsieur donne lecture de la lettre préfectorale
concernant un cinquième projet dextension du réseau
téléphonique départemental. Le Conseil demande
que la commune soit rattachée au réseau et sengage
à créer les ressources nécessaires au paiement
de sa quote-part des dépenses occasionnées.
Le 1er septembre 1912, Monsieur le Maire informe le conseil municipal
quil est appelé à délibérer sur lemplacement
de la cabine téléphonique. Le Conseil municipal décide
de placer la cabine téléphonique dans le village de Marcelette,
maison Roupioz Claude.
Le 29 décembre 1912, le conseil municipal sengage à
voter à partir de 1914 une imposition extraordinaire de 124,86
F pour le paiement de la contribution de la commune au service des intérêts
de lemprunt du Département de 56 601 F.
sommaire
Dans le Doubs
28 novembre 1909, le service téléphonique
fonctionnera à partir du 1er décembre prochain dans les
communes ci-après :
Aubonne, Bians-les-Usiers, Bouverans, Bulle, Chapelle-des-Bois,
Chatelblanc, Dompierre, Les Hôpitaux-Vieux, Vaux-et-Chantegrue
et Villedieu-les-Mouthe.
A Villedieu-les-MoutheCamille Maire en 1924 a décidé
de tenir la "cabine" téléphonique.
Par la suite, sa femme Louise prit le relais jusqu'en 1963. Camille
Maire fabriquait des manches d'outils. Les courroies de ses machines
était disposées partout dans la pièce, même
au plafond. Le téléphone était dans un recoin de
son atelier. Il était payé pour recevoir les messages
et aller les porter aux destinataires. Ils emmenaient parfois des télégrammes
urgents.
Une vraie cabine téléphonique fut installée vers
la cure à Villedieu-les-Mouthe. Elle existe toujours, mais elle
n'a pas d'autre fonction que de s'y abriter.
A Villedieu-les-Rochejean, la cabine était tenue par Jules
Saillard, il habitait à la sortie du village, côté
Rochejean. Les gens du haut du village devait le traverser entièrement
pour aller téléphoner, comme Jules Saillard le faisait,
pour porter les messages. Les habitants qui ont eu par la suite un téléphone,
dépannaient ceux qui n'en avaient pas. Une cabine fut installée
à coté de l'ancienne fromagerie, dans un virage, en bas
du village.
En hiver, comme elle était en bas d'une côte, certains
automobiliste l'ont "emportée" plusieurs fois : les
conducteurs partaient en la laissant en l'état, sauf un, qui
doit encore s'en souvenir et regretté d'avoir été
honnête.
Cette cabine était très rentable, car l'ancienne fromagerie
avait été louée au 7 ème R.C.S., unité
militaire basée à Besançon. Cent soldats y logeaient.
Ils avaient aménagé le grenier.
Les militaires navaient pas de problèmes
de téléphonie, ni de salle de bains. Ils
se lavaient dans le bac intérieur, de la fontaine "Maltrou",
juste en face. Ils ont été vu nus
à intérieur, en hiver, alors que ce jour-là on
acceptait volontier des petites laines.
Depuis le 29 mars 1973, le téléphone automatique intégral
est mis en service dans les communes de Boujeons (les), Brey-et-Maison-du-Bois,
Chaux-Neuve, Châtelblanc, Crouzet (le), Gellin, Mouthe, Petite-Chaux,
Pontets (les), Reculfoz, Rondefontaine, Sarrageois et Villedieu (les).
Les abonnés devront être appelés à l'aide
de leur nouveau numéro d'appel à six chiffres figurant
à l'annuaire du Doubs (édition 72, couverture orange).
sommaire
Dans les Landes
A Pontenx-les-forges Faute de moyen,
il faut aussi refuser larrivée du téléphone
en 1914,dautant quon installe le bureau de poste.
La paix revenue, en1921, le conseil se réjouit : « Tous
les bâtiments de la commune ont été réparés
et munis dun porte-drapeau». À partir de là,
on avance vers le progrès à pas de géant : construction
dun abattoir, premier revêtement routier en bitume et agrandissement
de la gare en1925, la place publique est pavée, achat dune
pompe à incendie, installation du téléphone à
la mairie ... 1934 On installe deux cabines téléphoniques.
sommaire
Les débuts du téléphone dans
l'Aude par Georges Galfano.
Dans l'Aude, il semble que la première ligne
téléphonique autorisée par les P.T.T. soit
une ligne concédée par arrêté du 5
avril 1890, pour l'établissement d'une liaison entre
le domicile et le magasin de Théophile, François d'Arnaudy,
à Ouveillan.
Jusqu'au début du siècle les principaux réseaux
se développent au hasard, dans le département, en
fonction du dynamisme et de l'opportunisme des collectivités
locales et des chambres de commerce.
Voici quelques dates d'établissement des premiers réseaux
:
- 13 avril 1891 : réseau privé de la Mairie de Carcassonne,
- 8 août 1892 : réseau urbain de Narbonne,
- 7 juillet 1896 : réseau urbain d'Ouveillan,
- 24 août 1896 : réseau urbain de Carcassonne,
- 21 avril 1899 : réseau urbain de Coursan.
Décret
de création du réseau téléphonique de
Narbonne - Inauguré le 8 août 1892
Les circuits interurbains sont construits :
- 20 mai 1895 : Toulouse-Carcassonne-Sète,
- 29 juillet 1895 : Ouveillan-Narbonne,
- 21 avril 1899 : Coursan-Narbonne,
- 17 mars 1900 : Lézignan-Corbières-Narbonne.
De toute évidence ce sont des nécessités
économiques qui, dès la fin du XIX ème siècle,
ont incité les communes concernées par le négoce
du vin à financer les premiers réseaux téléphoniques
dans le département.
La catégorie socio-professionnelle constituée par
les propriétaires, négociants et courtiers en vin
a saisi avec opportunité la plus-value offerte par le téléphone
pour l'efficacité des transactions. De telle sorte que
les réseaux urbains s'établissent dans les aires
de production.
De même, les liaisons privilégiées se développent
entre ces centres et les métropoles de négoce ou
d'exportation.
Cet équipement à la carte ne va pas sans contrarier
la vocation égalitaire de service public qui aurait dû
être celle du téléphone, depuis sa nationalisation,
en 1889. Mais l'administration des P.T.T. ne dispose pas encore
d'un budget annexe de l'Etat, qui a des conceptions frileuses
à l'égard de la croissance du réseau, n'est
pas fâché de laisser l'initiative aux collectivités
locales et particuliers qui acceptent de financer l'établissement
de lignes et de circuits par le biais d'avances remboursables.
Cette erreur d'appréciation aura des conséquences
néfastes sur l'équipement téléphonique
qui sera fragmenté en micro-réseaux, au mépris
de toute prévision structurelle à moyen et long
terme.
Il faut attendre 1902 pour que cesse cet équipement anarchique
et pour qu'un développement rationnel du réseau
soit planifié.
En 1902, en effet, les conseils généraux prennent
en charge le financement du réseau départemental.
Des priorités sont hiérarchisées et une participation
financière est demandée aux communes par voie de
convention.
On a vu comment les centres viticoles avaient
pris une part active dans la création des premiers réseaux.
Avant que la crise ne vienne affecter la profession, la viticulture
fournit, de très loin, le plus fort contingent des abonnés
au téléphone. Dans les communes de l'est du département
on recense de très nombreux propriétaires; négociants
ou courtiers, mais aussi des professions subsidiaires largement
représentées, comme celles de loueur de futailles,
foudrier, ainsi que des sociétés de wagons-foudres.
C'est l'âge d'or de la viticulture !
Mais la stagnation du réseau de Narbonne
entre 1914 et 1925, comme le montre le tableau ci-dessous, indique
bien que la place a été frappée de plein
fouet par la crise.
Autre témoin nostalgique d'une ancienne industrie florissante,
tombée en déconfiture depuis, l'annuaire de 1908
de la ville d'Espéraza compte, sur un total de neuf abonnés,sept
professionnels de l'omnipotente chapellerie.
Narbonne 245
Carcassonne 168
Lézignan 50
Coursan 25
Limoux 23
Castelnaudary 19
Sallèles d'Aude 17
Quillan 12
Dates importantes du téléphone
dans l'Aude
5 avril 1890 : Théophile- François d'Arnaudy
d'Ouveillan obtient par arrêté ministériel
la concession d'une ligne téléphonique entre son
domicile et son magasin à Ouveillan,
septembre 1891 : Mise en service du réseau
téléphonique de secours de la ville de Carcassonne,
mars 1892 : Mise en service d'une liaison téléphonique
Mairie de Carcassonne- Préfecture,
8 août 1892 : Inauguration à Narbonne
du premier réseau urbain comportant 17 abonnés,
Arnaud, négociant en vins
Bergé, huissier
Castelnau et compagnie, banquiers
Cauvet Jules, négociant en vins
Charriaut, camionneur
Courtial-Béchard, négociants en vins
Crédit Lyonnais
Croix du Sud
Leroy-dAuderic, négociants en vins
De Martin, philatéliste
Maurel-Nombel, banquiers
Murat ainé, négociant en vins
Pricé, café Continental
Redouté, distillateur
Roussel, avoué
Société Générale
20 mai 1895 : Mise en service de la liaison interurbaine
du Midi : Bordeaux-Toulouse-Carcassonne-Narbonne-Sète,
5 juin 1897 : Inauguration du réseau urbain
de Carcassonne,
1er août 1899 : Le secrétaire d'Etat
aux Postes et Télégraphes propose au département
de coordonner le financement du réseau départemental
: le Conseil Général emprunte l'avance du capital
nécessaire ; les communes intéressées prennent
en charge les annuités d'intérets de l'emprunt ;
le département est remboursé sur les produits bruts
de l'exploitation.
31 décembre 1900 : Le département
est desservi par 5 circuits interurbains :
- Carcassonne-Castelnaudary-Toulouse,
- Perpignan-Narbonne-Sète,
- Narbonne-Coursan,
- Narbonne-Sallèles d'Aude-Ouveillan,
- Carcassonne- Lézignan-Narbonne.
Il comporte 197 abonnés répartis dans sept réseaux
: Carcassonne(57), Narbonne(81), Lézignan(21), Castelnaudary(8),
Ouveillan(9), Coursan(12), Sallèles d'Aude(9).
16 mars 1901 : Signature d'une convention pour la
construction de la première tranche du réseau départemental,
comportant l'équipement de 47 communes,
1er avril 1906 : Transfert de la Poste, du Télégraphe,
du Téléphone et de la Direction départementale
des PTT dans le nouvel hôtel des Postes construit à
Carcassonne (actuelle place de Lattre de Tassigny),
1906 : Construction du premier réseau téléphonique
souterrain à Carcassonne,
1er mai 1913 : Transfert de la Direction des PTT
Boulevard Jean Jaurès à Carcassonne,
16 février 1917 : Destruction du répartiteur
du central téléphonique de Narbonne par un incendie,
1919 : Mise en service des positions d'annotatrices
au central de Narbonne,
20 décembre 1920 : Destruction du réseau
téléphonique narbonnais par une exceptionnelle tempête
de neige et de verglas,
18 janvier 1921 : Mise en service de deux positions
d'annotatrices à Carcassonne,
7 août 1927 : Mise en place de la batterie
centrale intégrale à Narbonne. Puis Carcassonne
( 09/04/1931), Quillan ( 08/1936), Castelnaudary ( 22/06/1937),
Limoux (02/09/1937), Lézignan ( 24/01/1938),
1932-1933 : Construction du premier câble
souterrain à grande distance : Avignon-Carcassonne-Toulouse,
avec embranchement de Narbonne à Perpignan,

Inauguration du central téléphonique de Carcassonne,
9 avril 1931
22 février 1936 : Le Conseil général
vote un crédit de 3,5 millions de francs pour l'installation
de l'automatique rural dans le département. Il est mis
en service dans les six groupements téléphoniques
aux dates ci-après :
-Quillan : 1er septembre 1936
-Limoux : 2 septembre 1937
-Castelnaudary : 23 octobre 1937
-Carcassonne : 2 janvier 1938
-Lézignan : 3 mai 1938
-Narbonne : juillet 1939,
Equipe des lignes
de Carcassonne 1937
21 janvier 1969 : Inauguration du central automatique
de Carcassonne-Iéna : commutateur de type Crossbar CP400
à 4.000 équipements initiaux, associés à
un interurbain manuel à 38 positions d'opératrices,
16 juin 1969 : Régionalisation du service
des lignes : Création de la Subdivision des Lignes de Carcassonne,
29 juin 1971 : Mise en service du central automatique
de Narbonne Kennedy ( commutateur Cupidon de 3.200 équipements
initiaux),
13 avril 1973 : Création des Centres principaux
d'exploitation (CPE) de Narbonne et Carcassonne,
16 mai 1973 : Création de l'Agence commerciale
des télécommunications (ACTEL) de Carcassonne,
3 décembre 1976 : Achèvement de l'automatisation
intégrale du département par la mise en service
du centre de secteur de Mouthoumet,
1978 : la Subdivision des Lignes de Carcassonne
est transformée en Centre de Construction es Lignes ( CCL
),
6 novembre 1979 : Création de la Direction
Opérationnelle des Télécommunications ( DOT
) de Narbonne,
6 septembre 1983 : Inauguration du central de Narbonne-Tuileries
( capacité initiale de 7.680 équipements électroniques).
Evolution du nombre d'abonnés :

|
sommaire
En Ariège
En octobre 1896, le Conseil avait souhaité demander
à ladministration des Postes et Télégraphe
létablissement dun téléphone reliant
Pamiers à Toulouse. Ce fut chose faite en 1900.
Installation du téléphone à Pamiers en janvier
1900
Le conseil municipal de Foix pouvait se joindre au conseil municipal
de Pamiers pour faire cette demande et participer ainsi à la
dépense dinstallation dans des proportions à déterminer.
La dépense de Toulouse à Foix était de 18000 francs.
Celle-ci nétait quune simple avance quauraient
eu à faire ces deux villes, lÉtat sengageant
à payer lannuité et lamortissement de lemprunt.
Le rattachement de la commune au réseau téléphonique
ne fut décidé quen janvier 1900. Lors de la séance
du 6 juin de la même année, le conseil approuva la répartition
faite par la commission départementale entre les communes adhérentes
à lemprunt de 202 800 francs nécessaire à
la construction du réseau téléphonique et dans
laquelle la ville de Pamiers fut comprise pour une somme de 27 313,91
francs, en capital, et celle de 983,30 francs dintérêt
pour la première annuité. Un crédit de 983 francs
fut voté sur les fonds disponibles de lexercice 1900 pour
le paiement de la première annuité.
Quelques années après, linstallation à lHôtel
de ville de sonnerie électrique et téléphones reliant
les divers bureaux de la mairie fut envisagée. Le devis de lélectricien
qui en était chargé sélevait à la
somme de 497 francs, toutes fournitures dappareils et pose comprise.
Linstallation fut réalisée en mars 1912..
Pour les Appaméens, le nouveau central téléphonique,
situé rue des Carmes, qui avait une capacité de 4900 lignes,
a été inauguré en septembre 1975. Les nouveaux
abonnés, 1200 au total, étaient dotés de "lautomatique".
Pour la petite histoire, la première communication téléphonique
officielle sur lautomatique de Pamiers fut celle qui mit en relation
le préfet de lAriège et le docteur Bareilles, maire
de Pamiers. Avec la mise en place de lautomatique, les Appaméens
allaient enfin voir linstallation de cabines téléphoniques
sur la voie publique. Il nen existait quune située
aux HLM du Foulon. Ce fut chose décidée et faite en 1975
: "Seront installées courant deuxième semestre 1975,
les cabines téléphoniques situées aux emplacements
suivants : rue des Carmes face au centre téléphonique
automatique, cour de la gare SNCF, angle Boulevard, Pierre Sémard,
quartier des Canonges, angle avenue Capitaine Tournissa et rue des Cendresses,
quartier Marassé-Randille devant le collège Jean XXIII,
angle Avenue de la Paix, carrefour de Lestang, place Sainte Hélène,
celles du quartier de Loumet, place Marché-au-Bois, place de
la République seront installées dans le premier semestre
1976.
sommaire
Dans le Cher
A Bourges dès 1895, le maire, Henri Mirpied,
qui réfléchit à linstallation dun réseau
téléphonique municipal : un devis estimatif est dressé
le 21 février pour une somme de 5700 francs de lépoque.
Il faut cependant attendre quelques années avant que les choses
se mettent en place : une délibération du Conseil municipal
du 25 mars 1905 décide de "Létablissement
dun réseau téléphonique destiné à
relier à un point central, lHôtel de ville, les bureaux
doctroi, les postes de police, lhôtel-Dieu et le bourg
dAsnières".
Lannée suivante, le maire, Henri Ducrot, demande au Conseil
municipal de contracter un emprunt pour couvrir létablissement
de ce réseau téléphonique dont les frais de première
installation se chiffrent à 9111 francs et soixante centimes.
Le matériel choisi provient de lentreprise Alfred Burgunder,
constructeur-électricien qui propose une grande variété
de postes muraux et mobiles, poinçonnés par lEtat
et réalisés en acajou verni. Lhorloger électricien
Julien Elis, domicilié 2, Place de la Gare à Bourges,
sert dintermédiaire entre lentreprise parisienne
et la municipalité.
Linstallation du réseau téléphonique se poursuit
dans les années suivantes.
A cette époque, la mairie qui vient de sinstaller dans
lancien palais archiépiscopal se dote dun équipement
ultra moderne. Il sagit de trois appareils portatifs (bureaux
du Maire, des adjoints et du secrétaire général),
un appareil mural (local du garçon de bureau) et treize appareils
muraux destinés uniquement à la communication interne.
Le marché destiné à cette nouvelle installation
et passé avec Julien Elis est approuvé par le Conseil
municipal dans sa séance du 18 mars 1910.
Le téléphone restera pendant des décennies
l'apannage des personnes fortunées ou celles qui avaient un vrai
besoin professionnel comme les médecins. Il faudra attendre les
années 1970 et un grand plan du gouvernement sous l'autorité
de Giscard d'Estaing, pour que le téléphone se développe
en France et à Bourges.
Il faut savoir qu'un couple habitant Bourges en 1975, demandait une
ligne téléphonique, et qu'entre sa demande faite très
officiellement aux PTT (Postes, Téléphone et Télégraphes)
et l'arrivée de la ligne et du numéro à 6 chiffres,
il fallait entre 1 et 2 ans d'attente.
Il y avait peu de téléphone à Bourges et beaucoup
n'en éprouvaient pas le besoin, puisque leurs relations et leurs
amis n'en disposaient pas.
"A qui voulait-vous que l'on téléphone ?" tel
était la remarque sensée de beaucoup, car hormis le médecin,
les pompiers et l'hôpital, nul besoin de téléphoner.
Et en quelques années, par une vraie volonté politique,
le téléphonne entrera dans les foyers des Berruyers.
Aussi, la révolution de la fin du XXième siècle
avec le développement de la téléphonie mobile va
constituer un phénomène de société.
sommaire
Dans la Creuse
En 1904, il ne comptait qu'une trentaine d'utilisateurs.
On en comptait 10 à Guéret : Auclair, agent d'assurances
; Bennejean, journal La Dépêche ; Bourzat, syndicat agricole
; la Chambre de commerce ; Coulon, compagnie l'Union ; Gauvin-Planchat,
représentant ; Gomot, docteur en médecine ; Lavenat, marchand
de bois ; Marquet, café Continental et la préfecture.
Quant à la mairie, elle était aux abonnés absents.
Aubusson devançait le chef-lieu avec onze abonnés
: Braquenié, Croc et Jorrand, Fougerol, Hamot, Sallandrouze frères,
Tabard, tous fabricants de tapisseries ; Dubreuil, hôtel et café
de France ; Merlat, avoué ; Moluçon, journal le Mémorial
de la Creuse ; la Société Générale, banque
et la sous-préfecture.
On notait deux abonnés à Bourganeuf, la sous-préfecture,
et Danthon, fabricant de papier de paille ; quatre à Boussac,
la sous-préfecture, Janot et Janot, minotiers, Sambon, minotier
; un à Lavaveix, les Houillères d'Ahun ; deux à
La Souterraine, Loubry, hôtel du Lion d'Or et Rousseau,
marchand de chevaux.
La taxe locale était de 10 centimes pour trois minutes de conversation
; de 40 centimes pour téléphoner dans la Haute-Vienne
; de 50 pour l'Allier, la Corrèze, la Charente, la Dordogne ;
de 1 franc pour la Seine, la Seine-et-Oise, la Seine-et-Marne et la
Haute-Garonne. L'abonnement coûtait 100 F la première année,
80 F la deuxième, 60 F la troisième, 40 F les suivantes.
Les PTT fournissaient aux abonnés la ligne intérieure
de raccordement, les générateurs nécessaires au
fonctionnement du poste téléphonique de type mural. Pour
un poste mobile, il fallait payer 10 F de redevance annuelle.
L'abonnement forfaitaire annuel donnait la possibilité
de téléphoner gratuitement depuis l'un des 16 postes publics
du département (Guéret, Aubusson, Bénévent-l'Abbaye,
Bourganeuf, Boussac, Chambon-sur-Voueize, Chénérailles,
Évaux-les-Bains, Felletin, Genouillac, Gouzon, Le Grand-Bourg,
Jarnages, Lavaveix, La Souterraine, Vallières.
sommaire
En Haute-Savoie
17 Janvier 1878 : première liaison Thonon-Évian
.
A Lyon, le réseau a progressé
assez rapidement.
1881 : Lyon compte initialement 23 abonnés, et depuis
1881, les habitants de cette ville peuvent en cas d'accident grave ou
d'incendie, prévenir instantanément le bureau central
de police. Cinq bureaux de police étaient reliés à
cette époque avec le bureau central : le bureau du 2° arrondissement,
rue Sorbier; du 3° arrondissement, rue Annonay ; du 4e arrondissement,
rue Soleysel ; du 5e arrondissement, rue Bourgneux, et à l'abattoir
de Mattetières.
En 1908, le lundi 28 décembre, est mis en service à
Lyon à titre d'essai, et provisoirement, un Centre Téléphonique
Automatique raccordé à 200 abonnés qui peuvent
alors s'appeler directement entre eux, sans passer par une seule opératrice.
Le système alors expérimenté est du type LORIMER,
c'est un autocommutateur de type rotatif à impulsions, conçu
en 1903 aux U.S.A par les trois frères Lorimer d'origine canadienne.(l'histoire
est intéresante)
1928 L'automatique arrive enfin à Lyon :
Une lettre du 16 septembre 1924 du directeur général des
Postes et Télégraphes ( 33 bis rue Vaubecour) demande
autorisation de construire au dessus de la gare du funiculaire de Lyon
à la Croix-Rousse (rue Terme) un bâtiment de 2 étages,
rue du jardin des plantes et rue Burdeau.
Le Central Téléphonique Lalande (1, boulevard Jules-Favre
; rue Fournet ; rue Lalande dans le 6e arrondissement de Lyon) a aussi
été construit dans ces années (permis de construire
datant de 1927).
Deux Commutateurs Strowger
sont installés à Lyon-Franklin (6.000 Lignes) et
à Lyon-Burdeau (7.000 lignes) puis mis en service le 11
mai 1928. (Ils seront remplacés respectivement le 26 janvier
1952 et le 13 septembre 1969) .le Central Burdeau, est aujourdhui
désaffecté .
Au début du 20 ème sièclel plusieurs 'Centraux
Téléphonique' ont été construit : LALANDE,
PARMENTIER, VAUDREY-MONCEY 1919-1927, FRANKLIN, LACASSAGNE 1972 .
sommaire
Dans la Vienne
1899 c'est l arrivée du téléphone à
Montamisé.
Le 29 août 1899, le Conseil général
de la Vienne va décider de créer un réseau
téléphonique départemental, ainsi toutes les
communes pourront y avoir accès.
Dans la réalité ce projet va être plus difficile
à élaborer, notamment sur laspect financier
pour les communes.
Le 12 janvier 1902, le maire de Montamisé Jacques
Adrien Taveau de Morthemer, répond au préfet, au nom
du conseil municipal
«le Conseil considérant que la commune a fait cette
année beaucoup de dépenses et quelle na
pas de ressources, refuse cette demande».
Seulement 58 communes répondront favorablementà la
création du premier réseau téléphonique.
Le 13 novembre 1904, le maire de Montamisé, Jacques
Adrien Taveau de Morthemer répond à la demande du
préfet
«Le Conseil... refuse de faire partie du second réseau
téléphonique, nayant pas de fonds disponibles».
Vingt-sept communes répondront favorablement.
Le 25 janvier 1908, le maire de Montamisé, Jacques
Adrien Taveau de Morthemer adresse une lettre au préfet
«avant de proposer au conseil municipal linstallation
du téléphone à Montamisé, je viens vous
prier de menvoyer les instructions nécessaires
afin que nous puissions délibérer en connaissance
de cause, car nous voudrions avant de rien entreprendre, savoir
ce que cela coûterait».
Dans une délibération du 9 février 1908, le
maire donne lecture dune circulaire du préfet relative
à lorganisation du troisième réseau téléphonique
«le Conseil...accepte les conditions énoncées
dans la dite circulaire et sengage à payer les frais
nécessités pour linstallation».
Le 10 janvier 1909, le conseil décide de donner à
ladjudication la gérance, le local et le port des dépêches,
deux soumissionnaires sont candidats,
Auguste Clément Maillet est déclaré adjudicataire
au prix de 80 F.
Puis le 14 février 1909, le préfet demande de procéder
à une nouvelle adjudication pour le service téléphonique,
gérance et port des dépêches, celle-ci aura
lieu le 21 février 1909.
Il y a quatre soumissionnaires, Adrien Gentis ayant demandé
le prix le moins élevé (48 F) a été
déclaré adjudicataire.
Le 10 octobre 1909 il est désigné par le directeur
des postes pour la gérance du bureau téléphonique
(30 F) et port des dépêches (18 F).
La mise en service de la cabine téléphonique se fera
le 1 janvier 1910, son lieu dimplantation est dans limmeuble
Delavault.
Adrien Gentis est maréchal-ferrant au bourg, marié
à Anna Ribreau, il est aidé dans sa gérance
par sa fille Adrienne.
Lannuaire de la Vienne de 1922-1923 nous apprend que le facteur-receveur
est M Blanchard, il y a un abonné au téléphone:
le comte Louis de Murard au château de la Roche de Bran.
Le tarif pour les conversations locales est de 25 centimes, pour
les conversations interurbaines vers le canton de 50 cts et 1F pour
les autres réseaux.
Labonnement au téléphone pour la première
année est de 300 F, deuxième année 200 F et
125 F pour la troisième année.
En 1926-1927, le facteur-receveur est M Martin, il y a deux
abonnés: le comte Louis de Murard et le brigadier des eaux
et forêts à Moussel, forêt de Moulière.
En 1948, pour 779 habitants, lannuaire téléphonique
de Montamisé «sétoffe» :
-N°1 le comte Hugues de Murard, exploitant agricole et forestier
à la Roche de Bran
-N°2 le brigadier des eaux et forêts, à Moussel,
forêt de Moulière
-N°3 Martin René, garagiste à Charassé
-N°4 Veuve Rat (née Joyeux Marie Eugénie), auberge
àCharassé
-N°5 Getten Pierre, château de Sarzec
-N°6 Prévost Léon, aubergiste au bourg
-N°7 Neveu Joseph, bois et charbon à Tron
-N°8 Mairie de Montamisé.
En En 1948, Montamisé ne dispose que de 8 abonnés
au téléphone. |
Toujours dans la Vienne à Achnigny, la première cabine
publique tarde à arriver.
Le téléphone à Archigny
: raconté par MICHEL MARASSE et FRANÇOISE GLAIN
En août 1899, le conseil général décide
de la création dun réseau téléphonique
départemental et, début 1900, le conseil municipal
nayant toujours pas donné son avis, le préfet
presse de délibérer sur cette affaire. Au cours
de la session du 18 février 1900, le conseil, après
avoir discuté du sujet, remercie le préfet de cette
communication mais rejette à lunanimité le
ralliement au réseau téléphonique à
Archigny... puis revient sur sa décision lors de la réunion
du 17 juin.
C'est au cours de la session du 3 mars 1901 que la commune sengage
à assurer, pendant 15 ans, le versement de 145 francs à
la caisse départementale, pour le réseau téléphonique.
Mais, le maire, Georges Pouvreau, et son conseil, devant les dépenses
à engager, refusent de faire
partie de la première tranche du réseau.
Le 18 juin 1905, le nouveau maire, Clément Blanchard, écrit
au sous-préfet pour lui signifier que le conseil municipal
na pris aucune délibération concernant linstallation
dune station téléphonique, lutilité
nen ayant pas été reconnue.
Le temps passe et l'idée revient en 1909. Dans sa session
du 30 mai, le conseil municipal émet le vu de l'installation
dans la commune d'une cabine téléphonique reliant
Archigny à Bonneuil-Matours. Mais en juin 1909, le sous-préfet,
en retour, précise que les listes sont complètes
et quArchigny devra adhérer à la tranche de
travaux n° 4. Face aux sommes demandées pour cette
installation, le conseil ajourne lidée lors de sa
session du 6 février 1910. Le 19 mars suivant, le sous-préfet
insiste sur lurgence dune délibération,
car le 4e niveau téléphonique sera probablement
le dernier à être mis en place et quil faut
rapidement prendre une décision.
Relance du préfet pour la tranche 4, AD86 série
7 P
On peut penser que le conseil a lancé une souscription
qui a été bénéfique à la levée
de fonds, puisque le 20 mars, soit le lendemain du courrier du
sous-préfet, le conseil municipal annule son refus du 6
février et demande à inclure la commune dans le
4e réseau dinstallation téléphonique.
Les frais seront couverts par les souscripteurs et le complément
fourni par la commune.
Information de souscription et dengagement pour les
travaux du 4e réseau, AD86 série 7 P

Le 27 juin 1911, le sous-préfet communique aux services
du téléphone la liste des communes inscrites pour
le 4e réseau et, le 30, lesdits services assurent engager
les études préalables au projet.
Archigny figure parmi les communes du 4e réseau téléphonique,
AD86 série 7 P
Le 11 décembre 1911, le conseil municipal dArchigny
vote une délibération dans laquelle il s'engage
à verser la somme annuelle de 181 francs représentant
les intérêts de lemprunt contracté par
le département pour les travaux.
Le ministère des Travaux publics des Postes et Télégraphes
précise au préfet, en avril 1912, que 56 communes
ont été retenues et que 10 dentre elles, dont
Archigny, peuvent être installées dans lannée.
Ladministration des Postes et Télégraphes
transmet au maire, par courrier du 14 février 1913, une
notice énonçant les mesures quil convient
de prendre en vue dassurer lexploitation du service
téléphonique aussitôt que les travaux détablissement
seront terminés.
Puis, le 26 juillet, les Postes et Télégraphes font
part au préfet de la mise en service du téléphone
dans les communes de Rouillé, Saint-Sauvant et Archigny,
à la date du 16 août 1913.
Mise en service du téléphone à Archigny
au 16 août 1913, AD86 série 7 P
Cest donc un an avant le conflit 1914-1918 quArchigny
possède sa première cabine téléphonique.
Un local doit être trouvé correspondant aux consignes
de la notice, certainement celui des Postes et Télégraphe
déjà existant :
Description du local nécessaire pour la cabine téléphonique
et le public, AD86 série 7 P
Bien des années plus tard, le 17 juin 1934, le maire, Ferdinand
Hélie, soumet au conseil municipal le projet dinstallation
d'une cabine téléphonique au lieu-dit la Bouffonnerie.
Ce projet est accepté par le directeur des Postes et Télégraphes
de la Vienne et confirmé au préfet par courrier
du 27 juin 1934. Les travaux s'élèvent alors à
955 francs, pour une redevance annuelle de 485 francs.
En 1941, durant la Seconde Guerre mondiale, les urgences de communication
incitent linstallation dun poste téléphonique
à la mairie, ce qui est délibéré et
accepté lors de la session davril. Puis en 1942 un
poste est installé à lécole de la Croisade,
alors également mairie, mais de la zone libre.
En 1943, le poste de la Bouffonnerie est détruit par les
troupes allemandes et, suite à la demande des utilisateurs,
il est remis en état, en 1948, pour la somme de 309 francs.
La somme est dimportance et, devant le refus du ministère
de la Guerre de considérer ce trouble comme fait de guerre,
cest le directeur des PTT de la Vienne qui sengage
à refaire linstallation.
En décembre 1952, le conseil municipal propose linstallation
dun poste public chez Michel Meignant, maréchal-ferrant
au hameau de Traînebot. Ce sera fait en 1958. Le maire,
pour faciliter les contacts avec lextérieur, fait
installer le téléphone à son domicile.
En 1958, en même temps quà Traînebot,
un autre poste en régie est installé au hameau des
Grandes-Fontaines, chez Paul Rouet, lui aussi maréchal-ferrant.
Le village entier sera desservi en 1975-1976 sous la mandature
de Jacques Lonhienne. Sur certains secteurs de la commune, les
fils posés à cette époque passent en souterrain.
Mais attention, ils sont enterrés le long de la route,
sans gaine, sans grillage de protection. À dautres
endroits, les fils courent au sommet de poteaux plus ou moins
bien entretenus par les entreprises propriétaire .
Au niveau de la Vienne, il faut attendre 1966
pour que soit réalisée «la première
phase de son équipement téléphonique public
qui était de donner un accès téléphonique
à toutes les communes du département, soit 71 ans
après linstallation de la première cabine
téléphonique publique du département à
poitiers en 1895.
Il faudra attendre les années 1970 pour que la situation
saméliore.
|
sommaire
Etant natif des
Deux Sèvres,
j'aime l'histoire lue sur
le site de Pioussay
Téléphone
en Deux-Sèvres au travers des sessions du Conseil général
Session 1897 Réseau
téléphonique urbain de Niort
Poste de la Préfecture : J'ai inscrit dans mes propositions
budgétaires de 1898, un crédit de 175 fr.
pour les dépenses du service téléphonique-installé
à la Préfecture ; ce crédit se répartit
comme il suit : 75 francs prix de l'abonnement pour le réseau
urbain. 100 francs à litre de provision pour assurer le
service des communications qu'il serait nécessaire de faire
avec le Ministère.
Je vous prie, messieurs, de vouloir bien ratifier ces propositions.
Session de 1899 Postes et télégraphes,
rapport du directeur
Monsieur le Préfet,
J'ai l'honneur de vous adresser, en vue de la prochaine session
du Conseil général, le rapport que vous avez bien
voulu me demander sur la situation des services des Postes, des
Télégraphes, des Téléphones et de
la Caisse nationale d'épargne dans le département.
Je joins à ce travail les tableaux indiquant les produits
réalisés et les fluctuations des opérations.
Création de bureaux de plein exercice
La conversion de l'établissement de facteur-receveur de
Brion sur Thouet en recette de plein exercice, décidée
l'année dernière, a été réalisée
à partir du 1er août 1898.
Le service de la distribution des correspondances n'a subi aucune
modification par suite de cette mesure.
Les communes dont la liste figure ci-dessous sont encore en instance
pour obtenir une recette des postes ; mais il n'est pas possible
de prévoir quand elles pourront recevoir satisfaction :
Amailloux, Ardin, Béceleuf, Bouillé-Loretz, La Chapelle-Thireuil,
Chiche, Exouclun, Fomperron, La Forêt-sur-Sèvre,
Gourgé, Limalonges, Loubillé, Marigny, Massais,
Paizay-le-Chapt, Saint-Clémentin, Surin, Le Vanneau, Villiers-en-Plaine.
Etablissements de facteur-receveur
L'administration qui limitait autrefois aux communes situées
à proximité d'une gare de chemin de fer l'avantage
de pouvoir obtenir un établissement de facteur-receveur
aux frais de l'Etat a décidé de supprimer cette
disposition restrictive.
Désormais, toute commune importante éloignée
des voies ferrées peut être admise à concourir
pour être dotée d'un établissement de ce genre
sans avoir à prendre à sa charge les frais de transport
de dépêches.
Les demandes de l'espèce sont classées d'après
leur rang d'importance et les créations sont prononcées
dans la limite des crédits mis à la disposition
de l'administration.
En 1898, quatre communes du département ont pu être
pourvues d'un établissement de facteur-receveur. Ce sont
les communes de Limalonges, service inauguré le 1er septembre
1898... L'importante commune de Limalonges, devenue le siège
d'un établissement de facteur-receveur, est desservie dans
des conditions très favorables.
Une deuxième distribution y est effectuée le soir.
La commune de Montalembert, rattachée au nouveau bureau,
reçoit ses correspondances dès le matin alors que,
précédemment, le facteur n'y pouvait passer avant
2 ou 3 heures du soir.
Sauzé-Vaussais
Par suite d'un établissement de facteur-receveur à
Limalonges, commune précédemment desservie par Sauzé-Vaussais,
il a été procédé à un remaniement
partiel du service des facteurs. Un emploi de facteur local a
été créé, ce qui a permis de multiplier
les distributions à Sauzé-Vaussais. Mais la plupart
des tournées rurales de ce bureau restent toujours très
chargées et il serait désirable qu'une nouvelle
création d'emploi vint permettre d'en effectuer le remaniement.
Tel sera l'objet d'une proposition dont je compte saisir l'administration.
Une boite aux lettres placée au village de Pannessac (1er
mars 1899), commune de Limalonges.
Service téléphonique
Le réseau téléphonique urbain de Niort continue
à se développer. Le nombre des abonnés est
maintenant de 29 plus 11 postes supplémentaires.
Le produit des conversations téléphoniques a été,
pour l'année 1898, de 2,776 fr. 48.
De plus, le montant des abonnements recouvrés, pendant
la même année, s'est élevé à
3,486 fr. 25.
Enfin, il a été versé, en 1898, par les abonnés,
une somme de 2,183 fr. 70 à titre de contributions aux
frais de premier établissement de leurs lignes.
La ville de Niort qui, pour l'établissement du réseau,
avait consenti une avance de 38,000 fr., a recouvré, jusqu'à
ce jour, une somme de 14,084 fr. 25. Il ne lui est donc plus dû
que 23,915 fr. 75.
En vue de permettre aux personnes non abonnées de communiquer
entre elles par le téléphone, l'Administration a
créé des avis d'appel téléphonique.
Il est facile, par ce moyen, de prévenir à domicile
la personne avec laquelle on désire entrer en relation,
de se présenter à la cabine à une heure déterminée.
La taxe de l'avis d'appel est de 0 fr. 25 quand il est adressé
dans la ville même où il est déposé
et de 0 fr. 40 quand il est pour une autre destination.
La question de la création d'un circuit Niort-Poitiers
est toujours en suspens.
Session d'avril 1900 Réseau téléphonique
Conformément à la décision que vous avez
prise à votre session d'août dernier, j'ai invité
toutes les communes du département à faire connaître
si elles désiraient être rattachées au réseau
téléphonique à créer dans les Deux-Sèvres.
32 communes ont adhéré d'une façon ferme
au projet, et 33 y ont donné leur adhésion sous
certaines réserves.
Le résultat de cette consultation des communes a été
transmis à M. le sous-secrétaire d'Etat des Postes
et Télégraphes, qui doit faire préparer un
projet définitif avec répartition de la dépense
entre les communes composant le réseau.
Le travail de l'Administration centrale des Postes n'étant
pas achevé au moment de l'impression de ce rapport, et
les communes intéressées devant de nouveau être
consultées, ce ne sera qu'à votre session d'août
prochain, que je pourrai vous proposer d'émettre un vote
ferme et définitif au sujet de la création d'un
réseau téléphonique.
Session d'août 1900 : Réseau téléphonique
Le réseau téléphonique urbain de Niort se
développe dans des conditions normales. Le nombre des abonnés
est maintenant de 37 plus 11 postes supplémentaires.
Le produit des conversations téléphoniques a été,
pour l'année 1899, de 1,874 fr.
Le montant des abonnements recouvrés, pendant la même
année, s'est élevé à 3,801 fr.
Enfin, il a été versé en 1899, par les abonnés,
une somme de 759 fr. 72 à titre de contributions aux frais
de premier établissement de leurs lignes.
La ville de Niort qui avait consenti, pour l'établissement
du réseau, une avance de 38,000 fr. a été
remboursée, jusqu'à ce jour, d'une somme de 18,802
fr. 13 sur les produits des taxes téléphoniques.
Ces remboursements secontinueront jusqu'à extinction complète
de l'avance.
Réseau téléphonique départemental
Le Conseil général a été saisi du
projet relatif à la création d'un réseau
téléphonique départemental.
Tous les renseignements de nature à éclairer l'assemblée
sur cette question lui ont été fournis dans un rapport
spécial transmis lors de la session d'avril dernier.
Sessions de 1901 Réseau téléphonique
départemental
A votre session d'août, vous avez approuvé en principe
le projet de création d'un réseau téléphonique
départemental, sous la réserve que le circuit Niort-Poitiers
serait exécuté à frais communs par les départements
des Deux-Sèvres et de la Vienne et que le projet serait
réduit dans des proportions suffisantes pour que la somme
à payer en intérêts ne dépassât
pas 12,000 francs la première année.
Vous avez, en outre, décidé que la somme à
avancer à l'Etat pour l'exécution de l'entreprise
serait réalisée au moyen d'un emprunt unique, à
contracter par le département ; que ce dernier prendrait
à sa charge le tiers de la dépense et que le surplus
serait acquitté par les communes rattachées au réseau
au prorata de leur population.
De plus, vous avez donné à la Commission départementale
une délégation pour arrêter, avec le département
de la Vienne, les conditions d'établissement du circuit
Niort-Poitiers.
J'ai porté vos décisions à la connaissance
des Conseils municipaux des communes comprises dans le projet
primitivement préparé.
En même temps, j'ai fait connaître à ces assemblées
le chiffre approximatif de leurs contingents et je les ai invitées
à émettre, sur la question, un vote ferme et définitif.
Un grand nombre de Conseils municipaux qui s'étaient d'abord
prononcés en faveur de l'entreprise sont revenus sur leur
premier vote, trouvant trop élevés les sacrifies
qui leur étaient demandés.
Il en résulte que 36 communes seulement ont donné
leur adhésion complète au projet.
Ces communes sont les suivantes : pour l'arrondissement de Melle,
Chef-Boutonne, Couture-d'Argenson, Lezay, Melle, La Mothe-St-Héray,
Périgné, Saint-Romans-les-Melle, Sauzé-Vaussais.
Session d'avril 1906 Projet d'extension du circuit
et du réseau téléphonique départemental
Rapport
Niort, le 16 mars 1906, le Directeur des Postes et des Télégraphes
à Monsieur le Préfet des Deux-Sèvres.
Dans le but de faciliter et d'étendre l'échange
des communications téléphoniques entre les Deux-Sèvres
et les départements circonvoisins, l'Administration m'autorise
à vous soumettre, pour être proposé à
l'acceptation du Conseil général, le projet d'établissement
des circuits indiqués ci-après :
1° Niort-La Rochelle. En ce moment, les relations entre les
Deux-Sèvres et la Chareute-Inférieure sont excessivement
difficiles, notamment pour les communications avec les arrondissements
de La Rochelle, Rochefort et Marennes.
L'unique circuit qui les relie, Niort-Saintes, est toujours très
encombré... Je crois pouvoir dire que les Chambres de commerce
de Niort et des Deux-Sèvres et de La Rochelle verraient
avec une grande satisfaction la réalisation de ce projet.
La dépense totale serait de 40,100 fr.
2° Thouars-Saumur... La dépense totale serait de 17,710
fr.
3° Melle-Ruffec, avec installation d'un dispositif spécial
à Melle pour permettre aux localités des Deux-Sèvres
de communiquer directement par Ruffec avec celles de la Charente
et de la Haute-Vienne. La dépense prévue serait
de 23,000 fr.
Toutefois, je crois devoir vous faire connaître que ce circuit
ne rendrait pas aux Deux-Sèvres tous les services désirables.
Si en effet, il permettait aux postes d'abonnés et aux
postes publics de ce département de communiquer avec ceux
de la Charente et de la Haute-Vienne, par contre, les communications
seraient longues à établir à cause du grand
nombre de bureaux intermédiaires qui pourraient être
appelés à intervenir.
De plus, les communications ne pourraient pas être ouvertes
avec la Dordogne par les circuits Niort-Melle-Ruffec-Angoulême-Ribérac-Périgueux
en raison du trop grand nombre des bureaux intermédiaires.
En résumé, la construction de ce circuit ne ferait
disparaître qu'en petite partie les difficultés et
les lenteurs existant actuellement par suite du transit des communications
par le bureau de Saintes.
Au contraire, un circuit direct Niort-Angoulême permettrait
des communications beaucoup plus rapides et pourrait, si un circuit
Angoulême-Périgueux était construit, assurer
les relations des Deux-Sèvres avec toutes les localités
de la Dordogne.
L'avance correspondant au premier de ces circuits (Niort-Angoulême)
serait de 77,400 fr.
Dans l'intérêt du commerce des Deux-Sèvres,
je vous serai très reconnaissant de vouloir bien amener
le Conseil général à adopter la construction
des trois nouveaux circuits dont il s'agit : Niort-La Rochelle,
Thouars-Saumur, Niort-Angoulême.
Dans le même ordre d'idées, je me permets de rappeler,
monsieur le Préfet, que depuis la création du réseau
départemental des Deux-Sèvres de nombreuses communes,
réfractaires au début à souscrire aux engagements
qui leur étaient demandés, ont sollicité
leur rattachement au réseau et ont dû ensuite y renoncer
en raison du montant relativement élevé de l'avance
remboursable à verser par chacune d'elles.
Il est probable, il est même certain qu'une consultation
des communes non encore rattachées en déciderait
quelques-unes à faire partie d'une combinaison analogue
à celle réalisée par la convention intervenue
entre l'Etat et le département des Deux-Sèvres,
le 6 juin 1901.
Si, comme il y a lieu de l'espérer, le Conseil général
adoptait la question de principe de cette extension de réseau,
il serait procédé à une étude pour
chaque commune demandant son rattachement et le montant de l'avance
à verser par le département serait ensuite indiqué
par l'Administration.
Toutes les conventions à passer par le département
pour l'établissement de nouvelles lignes pourraient constituer
des avenants à la convention principale du 6 juin 1901,
de façon à faire bloc de toutes les avances et à
faire concourir toutes les installations au remboursement du total
de ces avances, ainsi qu'il serait spécifié dans
des articles additionnels.
Je vous serais très reconnaissant, monsieur le Préfet,
de vouloir bien me faire connaître la suite que le Conseil
général aura bien voulu donner aux importants et
intéressants projets dont il s'agit.
Le Directeur, BATTUT.
Conseil général août 1913 Rapport
du directeur des PTT
Téléphone
Le trafic téléphonique augmente chaque année
; ces résultats favorables sont la conséquence de
l'extension du réseau départemental et de l'établissement
de nouveaux grands circuits. L'appui financier que trouve mon
Administration près de l'Assemblée départementale
ne peut qu'accentuer ces résultats si intéressants
pour le commerce et l'industrie.
Réseaux et circuits départementaux.
La commune de Saint-Germain-deLongue-Chaume, comprise dans le
second réseau départemental, a été
dotée du service téléphonique le 1er novembre
1912. Le second réseau se trouve ainsi achevé.
Le troisième projet d'extension du réseau est actuellement
à l'étude; 132 communes ont donné leur adhésion
de principe. Mon Administration fera connaître incessamment
le montant de l'avance à consentir par le département
pour la réalisation du projet.
Les sous-préfectures et les parquets de Bressuire, Melle
et Parthenay, ainsi que les trente-six brigades de gendarmerie
situées dans des localités dotées du téléphone,
ont été rattachées au réseau.
Des pourparlers avaient été engagés avec
les municipalités de Parthenay, Thouars et Saint-Maixent
pour rattacher également les commissariats de police, mais
ils n'ont pas abouti.
Des cabines téléphoniques ont été
installées dans les recettes auxiliaires des rues de Fontenay
et de Saint-Gelais, à Niort.
Les communications téléphoniques de Niort et du
sud du département avec la région de Thouars devenant
difficiles par suite de l'intensité du trafic sur le circuit
partagé Niort-Parthenay-Thouars, il sera indispensable
d'établir bientôt un second circuit entre Niort et
Parthenay.
Circuits interdépartementaux.
Le circuit «Niort-Angoulême» a été
mis en service le 1er septembre 1912 et les travaux d'établissement
des circuits Paris-Poitiers 2e, Niort-Tours et Thouars-Saumur
sont en cours d'exécution. Dès leur achèvement,
on entreprendra la construction du circuit « Niort-Bordeaux
».
Au cours de sa dernière session, le Conseil général,
sans nier l'utilité d'un circuit «Nantes-Niort»,
a ajourné le projet jusqu'au moment où il serait
saisi de la question d'établissement d'un circuit direct
«Niort-Paris ».
Le voeu formulé a été transmis à mon
Administration.
Le Conseil général de la Charente-Inférieure
ne s'est pas encore prononcé sur la question du circuit
Niort-La Rochelle 2e, dont le principe a été admis
par le département des Deux-Sèvres.
Conseil général août 1919 Rapport
du directeur des PTT
Téléphone
Réseaux et circuits départementaux et interdépartementaux.
Sur 357 communes, 107 sont actuellement reliées au réseau
départemental.
L'avant-projet relatif à l'extension de ce réseau,
prévue avant l'ouverture des hostilités, comprenait
le rattachement d'une nouvelle série de 68 communes dont
l'adhésion avait été recueillie, 59 autres
communes faisaient, en outre, l'objet d'un deuxième projet
dont l'examen devait suivre.
Il devait donc rester, finalement, 123 communes dépourvues
de toute installation téléphonique.
Il serait regrettable de laisser se maintenir une pareille situation.
Il y aurait donc intérêt à profiter de l'ajournement
dû aux circonstances des projets d'avant-guerre pour reprendre
l'examen de la question d'extension du réseau départemental
en envisageant le rattachement de la totalité des communes.
Celles dont l'adhésion a fait jusqu'ici défaut,
mieux éclairées sur les conditions avantageuses
d'installation dont elles sont appelées à bénéficier,
ne manqueraient pas de se faire inscrire.
Dans le cas improbable où quelque résistance due
à un défaut de vision de leur véritable intérêt
se produirait, on pourrait utilement insister auprès des
communes réfractaires pour obtenir leur acceptation.
Il faut considérer, en effet, que le service téléphonique
ne peut donner son maximum de rendement que si son rayon d'action
s'étend jusqu'aux limites qu'il est susceptible d'atteindre
et, à cet égard, il est naturel que pas une seule
commune du département ne demeure en dehors du réseau.
Des projets ont été déjà dressés
pour l'établissement des circuits suivants :
- Niort-Nantes.
- Niort-Angers.
- Niort-Paris.
- Niort-La Rochelle 2°.
- Niort-La Roche-sur-Yon.
Les travaux du circuit Niort-Bordeaux, suspendus lors de l'ouverture
des hostilités, seront repris dès que les circonstances
le permettront.
Il m'a été possible, après autorisation de
l'Administration, ayant en dépôt le matériel
nécessaire, d'établir un deuxième circuit
Niort-Parthenay, qui permet de dégager l'encombrement résultant
de l'utilisation d'un circuit unique.
Je prévois également le doublement des circuits
suivants :
- Niort-Melle.
- Niort-Saint-Maixent.
- Niort-Thouars.
- Niort-Bressuire,
et la construction de circuits entre :
- Parthenay-Bressuire.
- Niort-Ruffec.
- Niort-Saint-Jean-d'Angély.
Enfin, j'ai établi un projet en vue d'assurer :
a) La liaison directe entre eux des chefs-lieux de canton voisins
d'une certaine importance appartenant au département des
Deux-Sèvres et aux limitrophes;
b) La liaison respective de chaque commune à son chef-lieu
de canton, soit par un circuit direct, soit par un circuit commun
à deux communes au plus.
Il est évident que la réalisation de ce vaste programme
demandera beaucoup de temps. D'autant qu'elle ne pourra être
commencée que lorsque notre approvisionnement en matériel
sera susceptible de le permettre. Mais il m'a paru que je devais
faire part à l'assemblée départementale qui
nous a toujours prêté un large et utile concours
pour notre extension téléphonique, des intentions
de l'administration.
Allons
voir à Pioussay, la NR du 30 avril 2015 raconte
:
Les élus Deux-Sèvriens ont dû partir à
la pêche à la ligne
et aux subventions pour que
la ville puisse enfin bénéficier du téléphone.
Si l'Américain Graham Bell effectue ses premiers tests dès
1876, il faut encore attendre un quart de siècle avant que
le téléphone ne fasse son apparition en Deux-Sèvres.
Et plutôt timidement
Le 30 septembre 1899, le préfet adresse en effet un courrier
à l'ensemble des communes, leur indiquant que l'État
projette de mettre en place un réseau dans le département.
Dans un premier temps, seuls les chefs-lieux de canton seraient
reliés entre eux.
Le préfet précise pourtant d'emblée
que
l'État ne dispose d'aucun budget pour implanter le réseau
en Deux-Sèvres ?!
Alors même qu'il note « l'importance que prend chaque
jour la téléphonie et les facilités qu'offre
ce nouveau moyen de communication ». il lance un appel
aux communes et au conseil général pour financer l'opération,
laissant entendre qu'ils se rembourseraient grâce à
l'exploitation des lignes?!
Le téléphone c'est bien sans doute
Le 25 octobre 1899, le conseil municipal de Pioussay admettait le
principe de la création d'un réseau téléphonique
départemental des Deux-Sèvres, mais qu'il ne voulait
prendre aucun engagement à ce sujet.Plutôt dubitatifs,
les maires répondent finalement à l'appel
et
décrochent différentes aides. La construction du réseau
deux-sévrien doit revenir à environ 16.500 F de l'époque,
pris en charge pour les 2/3 par le conseil général.
Le 6 novembre 1900, les élus parthenaisiens, sous la houlette
du maire Louis Aguillon, votent une participation de 835 F.
Le réseau se met progressivement en place dans les mois qui
suivent.
Pourtant, dès 1903, certaines lignes jugées peu rentables
sont déjà supprimées
Aucune utilité pour Pioussay
Le 25 novembre 1900, le conseil municipal indique qu'il pense que
la commune de Pioussay n'a aucune utilité d'avoir le téléphone
et juge qu'elle n'en a pas les moyens.Maintien de la décision
Le 21 décembre 1906, Jean Queron, maire de Pioussay, soumet
au conseil municipal une circulaire du préfet qui demande
si la commune a l'intension ferme d'adhérer à l'extension
du réseau téléphonique départemental
des Deux-Sèvres.
Le conseil municipal refuse d'adhérer.
Les élus Deux-Sèvriens ont dû partir à
la pêche à la ligne
et aux subventions pour que
la ville puisse enfin bénéficier du téléphone.
Maintenant on le veut ce téléphone
Le 15 juillet 1922, M. Fillon, le maire de Pioussay, soumet au conseil
municipal une lettre qui sera adressée au directeur du service
postal des Deux-Sèvres.
Le conseil municipal décide à l'unanimité que
la commune de Pioussay doit être dotée d'un service
téléphonique.
Confirmation
Le 8 octobre 1922, suite à la réponse du préfet,
le conseil municipal décide de se rattacher au réseau
et d'en assurer le fonctionnement selon les conditions édictées.
En 1956
En 1970  |
sommaire
En Vendée
A Bournezeau Le télégraphe et le téléphone
à la gare de Bournezeau fut longtemps un handicap pour le voir
apparaître en centre ville, car la gare n'était qu'à
2 km du bourg, à 5 mn pour un cavalier et 20 mn pour un piéton.
Nous avons peu de renseignements concernant le service téléphonique,
à part les quatre délibérations du conseil municipal
ci-dessous :
- 6 août 1905 - lettre du préfet au maire demandant à
la commune de voter des ressources pour l'établissement d'un
réseau téléphonique cantonal en Vendée.
Le conseil donne un avis favorable et réserve ses faibles ressources
au cas o๠le conseil général présenterait
un projet pour relier Bournezeau à la ligne téléphonique
cantonale.
- 17 septembre 1905 - lettre du préfet au maire, concernant le
rattachement de Bournezeau au réseau téléphonique
départemental. Le conseil donne un avis favorable à l'unanimité,
et prie le préfet de bien vouloir faire procéder à
des études en vue de déterminer le montant de la dépense
de la commune de Bournezeau.
- 12 novembre 1905 - Lettre du Préfet au maire. Il demande au
conseil municipal de voter la somme de 5 810 francs pour l'établissement
du circuit téléphonique de Bournezeau à la Chaize
et de s'engager à payer les frais d'installation d'une cabine
téléphonique. Après en avoir délibéré,
Le conseil municipal unanime s'engage à payer les frais d'installation
d'une cabine téléphonique de 1,20m de côté.
Il s'engage également à payer l'intérêt de
4 % de la somme, soit 232,40 francs, ce montant sera porté au
budget additionnel de 1906.
On peut en conclure que le téléphone est probablement
arrivé à Bournezeau, l'année suivante, en 1906.
- 17 mai 1914, le conseil municipal sollicite le directeur des P.T.T
de la Vendée, pour l'ouverture entre midi et deux heures de l'après-midi,
du bureau de poste de Bournezeau les jours de foire, des services téléphoniques
et télégraphiques.
Le téléphone est arrivé à la laiterie de
l'Oiselière vers 1930. « Les fils venaient de Bournezeau.
»
Dans les années 1950, le téléphone arrivait de
la gare vers Bournezeau. Les fils longeaient la voie ferrée et
la départementale n°7, jusqu'à l'arrivée du
téléphone automatique vers 1960. Avant, on rentrait en
contact avec une opératrice qui vous demandait votre numéro
et le numéro de votre correspondant pour vous mettre en ligne
avec lui.
On ne sait pas quand le premier annuaire téléphonique
est sorti, mais sur celui de 1933, il y avait 22 abonnés à
Bournezeau. Sur celui de 1962, il y en avait 78 et 1210 sur celui de
2012. (Sans Saint-Vincent-Puymaufrais).
Des jours différents sannoncent pour nos campagnes avec
la privatisation de la Poste : fermeture des bureaux ruraux, ouverture
à temps partiel, création dagence postale (communale
? communautaire ?) ou de relais postal commercial. Le facteur fera t-il
encore un passage quotidien ou tous les deux jours comme avant 1832
? Internet est-il entrain de tuer le service postal du courrier ?
Les facteurs sen sont allés avec beaucoup de peine, ce
lundi 14 février 2005, en quittant le bureau de la poste de Bournezeau,
laissant seul un collègue qui les a rejoints le 17 avril 2007,
fermant ainsi la longue marche de lhistoire du centre de tri de
Bournezeau. Les derniers facteurs de Bournezeau gardent un souvenir
amer de leur départ.
En même temps que la fermeture du bureau de poste, un relais postal
sera créé dans un commerce de Bournezeau le 31 mai 2013.
sommaire
Dans le Puy-de-Dôme
Source : Claude Lambert : Parmi les quelques rares informations que
jai pu trouver, notons quà Rawdon larrivée
du téléphone remonte à 1904 et à Sainte-Julienne
vers 1910.
À Chertsey, le premier téléphone "central"
est installé chez Théophile Poudrier vers 1902.
A Saint-Donat Pour le moment je possède très peu
dinformations sur ce qui existait à Saint-Donat avant la
création de la Compagnie de Téléphone St-Donat
Ltée, en 1926. Aux dires des anciens, le village était
relié par une ligne téléphonique à la Compagnie
de Téléphone de Joliette, (fondée au début
de 1900 par un groupe de citoyens de Joliette et du comté de
Montcalm). Le téléphone "central" aurait été
chez Théodore Riopel au moment où il demeurait sur la
rue principale aujourdhui lemplacement de la Caisse Populaire.
Ce serait avant 1920. Mais quest-ce quun téléphone
central ? Cela veut dire que les gens doivent se déplacer à
un même endroit pour faire leurs appels. Mais attention ! Chacun
doit attendre patiemment son tour, en espérant que la ligne ne
sera pas occupée ! Était-ce une ligne téléphonique
installée par les compagnies de bois pour leurs affaires et dont
pouvaient bénéficier les villageois ? Pour le moment je
ne pourrais le dire.
Fondation de la Compagnie de Téléphone
St-Donat Limitée 1926-1960.
Quelques versions mont été racontées quant
à lorigine de la fondation de cette compagnie dont voici
la plus probable. Hector Bilodeau alors garde forestier à Saint-Donat,
était un homme avant-gardiste et à cette époque
il cherchait à intéresser son beau-père Joseph
Thibault à la mise sur pied dun système de téléphone
qui conviendrait mieux au progrès croissant du village. Un incident
dans la famille Thibault fera cependant que précipiter les choses.
Vers 1925 une des filles de Joseph, Lucienne tombe gravement malade.
Puisque la municipalité na pas encore de médecin
résident (Altitude 1350, juin 1995), Joseph se rend chez Théodore
Riopel pour téléphoner, mais ne parvient pas à
obtenir la communication. Heureusement, lincident ne sera pas
fatal pour Lucienne, mais contribuera grandement à décider
Joseph de fonder avec son gendre sa propre compagnie de téléphone.
Lorsque Joseph Thibault crée la " Compagnie de Téléphone
St-Donat Limitée " en juin 1926, il est alors propriétaire
de la Pension Thibault qui deviendra avec les années lHôtel
Le Château du Lac. Cette compagnie est une corporation dont les
actionnaires à ses débuts outre Joseph Thibault président
et Hector Bilodeau secrétaire, sont : " Ovila Villeneuve,
mesureur de bois, Eva Thibault, cuisinière, et Marie-Anne Thibault,
gérante de Banque " (une succursale de la Banque Provinciale).
La Compagnie ne cessera de prendre de lampleur au fil des années,
comme nous le verrons dans le prochain article. Je vous invite à
conserver celui-ci pour mieux comprendre la suite de lhistoire...
Le central téléphonique était installé dans
une annexe de la maison de Joseph Thibault, sur la rue Principale. Mais
avant la construction de cette annexe, le central fut dabord installé
dans la maison même de Joseph Thibault. La première année,
lentreprise dessert 15 abonnées et progressivement le service
sétend à Notre-Dame-de-la-Merci et à Lantier.
Les premières téléphonistes sont Ange-Emma Godon
épouse de Joseph et leur fille Eva. Plus tard, les autres filles
du couple, Lucienne, Blandine et Cécile prendront la relève.
En 1928, on retrouve dans le bottin téléphonique 57 abonnés
dont 4 à Notre-Dame-de-la-Merci, soit : la Maison de Pension
de Théodore Crépeault, le curé Eugène Mondor,
Adélard Prudhomme et la Maison de Pension de Maxime Rivest.
En tout on compte 5 lignes privées et 11 lignes de groupe.
Dring ! Dring ! En résumé voici comment
on acheminait un appel. On ne signalait pas le 424-3720 pour obtenir
directement une communication. Deux choix soffraient, soit que
lon rejoigne une personne par une ligne privée ou par une
ligne de groupe. Pour les lignes de groupe, on retrouvait dans le bottin
un numéro comme le 7-r-13 qui signifiait à lopératrice
de brancher au central la ligne 7 et de faire sonner (r= ring ou s=
sonnez) 1 grand coup et 3 petits coups. Tous les abonnés dont
le numéro commençait par 7 entendaient la sonnerie, mais
le nombre et la longueur des coups leur disait si lappel leur
était destiné ou non. En faisant le 7-r-13 on rejoignait
le Constable Emile Desrochers. Pour les lignes privées, plus
dispendieuses, on navait quà demander un chiffre,
par exemple le 16 et on obtenait la communication directement avec labonné.
À cette époque le réseau téléphonique
comptait une ligne pour Montréal et une pour Sainte-Agathe-des-Monts.
Les appels devaient passer par Sainte-Agathe-des-Monts avant dêtre
acheminés vers dautres villes.
Voici une description de lintérieur du central téléphonique
à lépoque où il est aménagé
dans lannexe de la maison de Jos Thibault. Dans la pièce
avant, on retrouve un espace aménagé pour recevoir les
clients ainsi quune cabine téléphonique publique
branchée au central et servant surtout pour les "longues
distances". À larrière, il y a le central proprement
dit, un poêle à bois, une petite cuisine et un lit. Deux
opératrices se relaient pour offrir le service 24h sur 24h et
dorment sur place. Avant de se coucher, lopératrice prend
bien soin de fixer à son lit une corde reliée à
une clé du central afin de pouvoir répondre promptement
si le téléphone sonnait durant la nuit. Mme Madeleine
Forget-Regimbald se souvient dun été, vers 1944,
où durant cette grosse saison les gens devaient attendre de 3
à 4 heures pour appeler à Montréal. Elle devait
limiter les conversations à 5 minutes et souvent elle devait
rappeler les gens à la maison, de 10 à 15 minutes avant,
pour savoir sils désiraient toujours effectuer leur appel.
Une facture de téléphone sélevait approximativement
à 2.10$ par mois excluant les "longues distances".
Une téléphoniste gagnait 50$ par mois.
Succession à la présidence. Après
le décès de Joseph Thibault en 1947, son gendre Ovila
Villeneuve devient le second président de la Compagnie. En 1952,
la fille de Joseph, Lucienne succède à Ovila et devient
lune des premières femmes daffaires à diriger
une entreprise denvergure à Saint-Donat. Elle demeure à
son poste jusquà la vente de la Compagnie. La fin dune
époque. À la fin des années 1950, presque toutes
les familles donatiennes profitent du service téléphonique.
On compte également de plus en plus de villégiateurs désirant
un appareil à leur chalet. La compagnie ne pourra bientôt
plus servir correctement ses quelque 500 abonnés à moins
dinvestir des sommes considérables dans de nouveaux équipements.
Une grave décision simpose et elle sera prise officiellement
le 20 août 1960 : on vend lentreprise à Bell Canada
après 34 années de loyaux services à la communauté.
Le central restera en opération durant trois ans encore, jusquà
lautomatisation de léquipement. Aussi verra-t-on
disparaître progressivement des maisons le téléphone
mural à magnéto avec sa manivelle. Le métier de
téléphoniste cessera dêtre exercé à
Saint-Donat en 1963.
A Saint-Laure
Les deux frères Pierre et Marcel Robillon, se rappellent que
leur famille a été l'une des premières de la commune
à avoir fait installer le téléphone en 1955.
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- A Bordeaux, le réseau téléphonique,
installé en 1880, se développait rapidement. En juillet
1881, la Société générale des Téléphones
desservait déjà dans cette ville plus de 50 abonnés.
La Chambre de commerce de Bordeaux fit relier plusieurs locaux, dépendant
de son administration, au bureau central. Elle permit aussi l'organisation
à la Bourse, d'un bureau spécial d'où chaque abonné
du réseau, sur la présentation de sa carte d'abonnement,
pouvait être mis en communication avec les autres abonnés.
Plusieurs industriels sont, depuis 1881. reliés directement avec
leurs succursales situées dans un autre quartier de la ville
que la maison-mère.
En raison du développement rapide de son réseau téléphonique,
la Société générale des Téléphones
décida qu'à partir du 15 novembre 1881, le service aurait
lieu à Bordeaux, sans interruption, nuit et jour.
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- A Saint-Etienne (Loire), des postes téléphoniques
furent établis en 1881, reliant entre eux les bureaux de police.
Le téléphone fut également installé dans
d'importantes maisons de cette localité, des fabriques de rubans,
d'armes à feu, de quincaillerie, de verrerie, de coutellerie,
et surtout dans toutes les grandes exploitations houillères de
la ville et des environs.
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- A Angoulême, un service téléphonique entre
l'École d'artillerie, l'arsenal de la Madeleine et les autres
établissements militaires fut établi au commencement de
1881. Soit par suite de l'indifférence du public, qui regardait
le téléphone comme un simple jouet sans utilité
pratique, soit surtout par suite des nombreuses difficultés élevées
par l'administration, qui craignait l'absorption du télégraphe
par le téléphone, jusqu'en 1882, ce nouveau mode de transmission
avait, en somme, fait peu de progrès en France.
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En Sologne
C'est en 1900 que la Romorantin a été raccordée
au réseau téléphonique. Au début, les abonnés
sont au nombre de dix. Le bureau de poste est alors installé
rue de la Tour. Dans son bulletin n° 168 la Société
d'art, d'histoire et d'archéologie de la Sologne (Sahas) décrit
:« Sur le toit de la poste se dresse une herse d'où partent
les fils raccordant les abonnés au téléphone, visible
sur les cartes postales ».
Le nombre d'abonnés au téléphone s'accroît
rapidement. En 1914, ils sont 63 ; 124 en 1928.
Parallèlement le nombre d'employés au central téléphonique
augmente aussi et les locaux deviennent trop exigus.
1936 Un nouveau bâtiment est construit quai Jacquemart,
il sera livré en septembre . Dans le bulletin de la Sahas précité
Hélène Leclert écrit : « Les Romorantinais
découvrent un bureau de poste vaste, bien éclairé
avec son long comptoir de granit noir [
] L'architecture du bâtiment
est critiquée par de nombreux habitants.»
Il faudra attendre 1980 pour que le central téléphonique
soit complètement automatisé.
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1893 LE TÉLÉPHONE AU PAYS BASQUE.
Voici ce que rapporta à ce sujet la presse locale, dans diverses
éditions :
1893 La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz,
le 17 décembre :
"Question urgente. Il y a quelque trois ans, la Chambre de Commerce
de Bayonne a délibéré sur l'opportunité
de la création d'un réseau télégraphique
ou téléphonique, entre Hendaye, le Socoa, la Barre et
Bayonne ; il nous souvient que des résolutions favorables à
cette création ont été prises, et quun arrêté
ministériel en date du 15 Août 1891 donnait les autorisations
nécessaires.
Tout récemment encore, dans de douloureuses circonstances, la
nécessité de ce réseau s'est manifestée
cruellement.
Il permettrait de se renseigner en temps utile sur le sort des embarcations,
de rassurer ou prévenir familles ou amis des marins, de secourir
les bateaux en danger sur un point quelconque de la côte.
Au surplus nous plaidons une cause gagnée ; mais cest lexécution,
l'exécution rapide que nous demandons.
Le 28 Novembre le Conseil Municipal de Biarritz, sur linitiative
de M. Garay, a émis un vu en ce sens ; ce vu comporte
un amendement bien logique : participation de tous les points importants
de la côte au bénéfice de cette organisation, et
aussi participation, s'il en est besoin, des communes desservies aux
frais d'établissement.
Monsieur le Président de la Chambre de Commerce de Bayonne est
donc prié de vouloir bien donner la raison des atermoiements
inexpliqués et dire si, oui, ou non, la Chambre de Commerce veut
donner suite aux projets en question.
Si cest largent qui manque, il faudrait nous dire au moins
dans quelles proportions, afin que les communes, consultant les ressources
de leur budget, puissent aider à l'accomplissement dune
amélioration si ardemment souhaitée, si impatiemment attendue."
1894 La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz,
le 27 mai :
"Séance du 19 mai Sont présents : MM. Augey, maire
; Moureu, adjoint ; Garay, secrétaire ; Peyta, Rongau, Lacour,
Cassiau, Crouxet, Legrand, Dalbarade, Pierson, Baylion.
...Des réponses reçues du Ministère des Postes
et du Ministère des Travaux publies, il ressort que lon
nobtiendra pas la ligne téléphonique reliant les
divers points de la côte dHendaye à la Barre.
Cependant, une nouvelle démarche sera tentée sur la demande
du conseil, auprès du ministre de la marine et auprès
de la Chambre de commerce de Bayonne. La dépense est évaluée
à 15 000 fr., mais lutilité de cette création
est considérée comme nulle par les ministères."
1896 La Gazette de Biarritz-Bayonne et
Saint-Jean-de-Luz, le 31 janvier :
"Ligne téléphonique.
A la réunion de la Chambre de Commerce de Bayonne, le 8 Janvier
dernier, il a été donné lecture des propositions
de M. le Directeur des postes et des télégraphes des Basses-Pyrénées
pour un établissement dun réseau téléphonique
comprenant Biarritz-bureau, Biarritz-sémaphore, Bidart, Guéthary,
St-Jean-de-Luz, Socoa et Hendaye ; ce réseau se trouverait naturellement
relié à celui de Bayonne, et, par lintermédiaire
de ce dernier, au Boucau, par les communications déjà
existantes.
Par une délibération motivée et sous réserve
de lautorisation ministérielle, la Chambre a décidé
létablissement de ce réseau."
1897 La Gazette de Biarritz-Bayonne et
Saint-Jean-de-Luz, le 1 avril :
"Téléphone".
Dans un mois, le 1er mai prochain, la ligne téléphonique
côtière reliant Biarritz à Bidart, Guéthary,
St-Jean-de-Luz, Hendaye, Bayonne, le Boucau, sera enfin ouverte au public
; il ny a plus quà effectuer la pose du fil de St-Jean-de-Luz
à Hendaye.
Cette indispensable création sera bien accueillie, surtout de
la population de Biarritz. La facilité des relations téléphoniques
avec les localités voisines, sera un premier palliatif à
lincommodité des communications en chemins de fer, incommodité
causée par léloignement ridicule de la gare de la
Négresse et par les retards indéfinis subis par la question
du raccordement.
Dun autre côté, les villes de Dax, Pau, Bayonne et
Bordeaux ont toutes accordé des avances, variant de 10 000 à
40 000 francs, en faveur de la création du réseau téléphonique
direct, reliant ces localités à Paris. Il ny a donc
plus aucun obstacle à ce que létablissement de ce
réseau soit fait dans le plus court délai. On peut espérer
quil fonctionnera dans les premiers mois de lannée
1898.
Le prix des communications sera fixé, de Biarritz à Bordeaux,
à 1 fr. 50 les 3 minutes de conversation et de Biarritz à
Paris, à 4 fr. 50 pour la même durée. De Biarritz
ou de Bayonne à Pau, le prix sera de 1 franc."
1898 La Gazette de Biarritz-Bayonne et
Saint-Jean-de-Luz, le 24 février :
"Nouveau Réseau Téléphonique.
A partir de samedi prochain, 20 février, Biarritz pourra correspondre
directement, par le téléphone, avec Pau, Dax, Bordeaux,
Paris, etc.
Nous navons pas à revenir sur lutilité incontestable
de cette amélioration, pour laquelle dailleurs la ville
de Biarritz a consacré une avance de 10 000 fr.
Voici le prix des conversations par 5 minutes avec les principales villes
desservies :
De Biarritz à Pau : 1 fr.
De Biarritz à Dax : 0 fr. 50
De Biarritz à Bordeaux : l fr. 50
De Biarritz à Angoulême : 2 fr. 50
De Biarritz à Royan : 2 fr. 50
De Biarritz à Saintes : 2 fr. 50
De Biarritz à Niort : 2 fr. 50
De Biarritz à Fontenav-le-Comte : 2 fr. 50
De Biarritz à Montauban : 2 fr. 50
De Biarritz à Agen : 2 fr. 50
De Biarritz à Limoges : 3 fr. 50
De Biarritz à Toulouse : 3 fr. 50
De Biarritz à Carcassonne : 3 fr. 50
De Biarritz à Paris : 4 fr. 50
De Biarritz à Versailles : 4 fr. 50
De Biarritz à Melun : 4 fr. 50
De Biarritz à Fontainebleau : 4 fr. 5
I l sera également permis à Bidart, au Boucau, à
Guéthary, à St-Jean-de-Luz, à Hendaye, de téléphoner
indirectement, et avec le même barème de prix, avec les
villes indiquées ci-dessus."
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