Histoire du téléphone, Alexander Graham BELL

Alexandre Bell est un scientifique, un ingénieur et un inventeur britanno-canadien, qui est surtout connu pour l'invention du téléphone, pour laquelle l'antériorité d'Antonio Meucci a depuis été officiellement reconnue le 11 juin 2002 par la Chambre des représentants des États-Unis.

Biographie
Alexandre Bell est né à Édimbourg en Écosse le 3 mars 18474. La résidence familiale se trouve au numéro 16, South Charlotte Street à Édimbourg; une plaque commémorative y est apposée. Alexandre avait deux frères : Melvin James Bell (1845-1870) et Edward Charles Bell (1848-1867), tous deux morts de la tuberculose. Son père Alexander Melville Bell était professeur, et sa mère était Eliza Grace (née à Symonds). Alexandre, alors âgé de 10 ans, réclama à son père de pouvoir porter un deuxième prénom, comme ses frères. Son père accepta et lui permit, à l'occasion de son 11e anniversaire, le deuxième prénom "Graham".
Il choisit ce prénom en raison de son admiration pour Alexandre Graham, un interne Canadien soigné par son père, qui devint un ami de la famille.

Beaucoup d'inventions marquèrent la vie d'Alexander Graham Bell : les travaux exploratoires en télécommunications optiques, l'hydroptère en aéronautique.
En 1888, il devint l'un des membres fondateurs de la National Geographic Society


Premières inventions
Dès son plus jeune âge, Bell disposait d'une grande curiosité pour le monde qui l'entourait, il fit ainsi collection d'espèces de plantes et réalisa déjà ses premières expériences. Son meilleur ami était Ben Herdman, un voisin, dont la famille travaillait dans un moulin. Alexandre et Ben allaient souvent au moulin. Le jeune Alexandre demanda ce qui devait être amélioré au moulin. On lui expliqua que le blé devait être décortiqué à l'aide d'un procédé complexe et laborieux. Alexander, à l'âge de 12 ans, construisit un appareil qui combinait des palettes tournantes et un ensemble de brosses à ongles, inventant ainsi une simple machine pour le décorticage du grain.
Cette machine fut utilisée avec succès, et ce pendant plusieurs années. En retour, John Herdman donna aux deux garçons un petit atelier où « inventer ».

Prise de conscience
Bell montra également très jeune un vif intérêt, et un talent, pour l'art, la poésie et la musique, intérêts encouragés par sa mère. Il apprit le piano sans professeur ni manuel, et devint le pianiste familial. Bien que d'un naturel calme et introspectif, il faisait couramment des "blagues vocales" et de la ventriloquie pour divertir la famille. Bell fut très affecté par la surdité graduelle de sa mère (elle commença à perdre l'audition quand Bell avait 12 ans) et apprit un petit manuel de langue des signes. Ainsi, il pouvait s'asseoir à côté d'elle et converser silencieusement dans le salon familial. Il développa également une technique de parler par des sons clairs et modulés directement sur le front de sa mère, ce qui lui permettait d'entendre son fils relativement clairement. La préoccupation de Bell au sujet de la surdité de sa mère, le conduisit à étudier l'acoustique.

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Sa famille était depuis longtemps associée à l'enseignement de l'élocution : son grand-père, M. Alexandre Bell, à Londres, son oncle à Dublin et son père à Édimbourg étaient professeurs de diction. Son père a publié énormément à ce sujet, et nombre de ses travaux sont encore bien connus actuellement, surtout son "The Standard Elocutionist", apparu dans 168 éditions britanniques et vendu à plus de 250 000 exemplaires aux États-Unis . Dans ce traité, son père explique les méthodes qu'il a développées pour apprendre aux sourds-muets (appellation de l'époque) à articuler les mots et lire sur les lèvres des autres afin de comprendre les messages qui leur étaient adressés. Le père d'Alexandre lui avait expliqué ainsi qu'à ses frères de ne pas seulement écrire mais aussi identifier chaque symbole et le son l'accompagnant. Alexandre devint si doué qu'il fut l'assistant de son père lors de démonstrations publiques où il étonna l'assistance par ses facultés à déchiffrer les symboles du latin, du gaélique et du sanskrit.

Comme ses frères, Bell reçut très jeune des cours à la maison par son père. Il fut également enrôlé très tôt à la Royal High School, Édimbourg, Écosse, qu'il quitta à l'âge de 15 ans, finissant seulement les 4 premières années. Il ne fut pas un brillant élève, sa scolarité ayant plus été marquée par l'absentéisme et des résultats ternes. Son principal intérêt restait dans les sciences, et plus particulièrement en biologie, alors qu'il traitait des autres sujets d'école avec indifférence, à la plus grande consternation de son père. Après avoir quitté l'école, Bell déménagea à Londres pour vivre avec son grand-père, Alexandre Bell. Il prit goût à l'enseignement durant les années qu'il passa avec son grand-père, grâce aux longues et sérieuses discussions mais aussi de nombreuses heures d'études. Son grand-père fit de gros efforts pour que son petit-fils parle clairement et avec conviction, qualités nécessaires pour qu'il puisse être un bon enseignant.
À l'âge de 16 ans, Bell fut nommé étudiant-professeur de diction et de musique à la Weston House Academy (Elgin, Moray, Écosse). Il était lui-même étudiant en latin-grec, mais donnait des cours pour 10 $ la session. L'année suivante, il rejoignit son frère Melville à l'université d'Édimbourg.

Alexander Graham Bell est initialement attiré par la musique. Il s’en détourne cependant au profit d’études sur la phonétique, suivant les traces de son père et probablement touché par les problèmes de surdité dont souffrait sa mère.
Après des études à l'université d'Oxford (Angleterre), il s’établit au Canada en 1870, puis aux États-Unis d’Amérique un an plus tard.
Il fonde en 1872 une école pour les malentendants et débute ses travaux qui aboutiront au téléphone.


Le père de Bell encouragea l'intérêt de son fils pour la parole et, en 1863, l'emmena voir un automate développé par Sir Charles Wheatstone. Cet automate était basé sur les précédents travaux de Baron Wolfgang von Kempelen. "L'homme mécanique", très rudimentaire, simulait une voix humaine. Alexandre fut fasciné par cette machine. Il obtint une copie de l'ouvrage de von Kempelen (en allemand) et la traduisit péniblement. Il construisit alors avec son frère Melville leur propre automate (une tête). Leur père, très intéressé par ce projet, leur paya toutes les fournitures et pour les encourager, leur promit un "prix" s'ils réussissaient ce projet. Alors que son frère construisait la gorge et le larynx, Alexandre surmonta la difficile tâche de recréer un crâne réaliste. Ces efforts furent récompensés car il créa une tête aussi vraie que nature, capable de prononcer seulement quelques mots. Les garçons ajustèrent précautionneusement les "lèvres" et quand un soufflet d'air forcé passa à travers la trachée, un très reconnaissable "maman" se fit entendre, au plus grand plaisir des voisins qui vinrent voir l'invention du fils Bell.
Intrigué par les résultats de cet automate, Bell continua ses expériences sur un sujet vivant, le Skye Terrier de la famille "Trouve". Après qu'il lui apprit à faire des grognements continus, Alexandre manipula les lèvres et les cordes vocales de son chien pour produire un son brut "Ow ah oo ga ma ma". Avec un peu de volonté, les visiteurs pouvaient croire que le chien articulait "How are you grandma?" (« Comment allez-vous grand-mère ? »). Bell était assez joueur et ses expériences ont convaincu plus d'un visiteur d'avoir affaire à un chien parlant. Quoi qu'il en soit, ces premières expériences avec les sons encouragèrent Bell à entreprendre ses premiers travaux sérieux sur le son en utilisant une fourchette modifiée pour étudier la résonance.
À l'âge de 19 ans, il écrivit un rapport sur son travail et l'envoya au philologue Alexander Ellis, un collègue de son père qui sera plus tard décrit comme le professeur Henry Higgins dans Pygmalion". Ellis lui répondit immédiatement lui expliquant que ses travaux étaient similaires à ceux existant en Allemagne. Consterné d'apprendre que le travail exploratoire avait déjà été entrepris par Hermann von Helmholtz qui avait transporté des voyelles avec une fourchette modifiée semblable à la sienne, il étudia de manière approfondie le livre du scientifique allemand (Sensations of Tone). Travaillant sur sa propre mauvaise traduction de l'édition originale allemande, Alexandre fit fortuitement la déduction qui fut la ligne directrice de tous ses futurs travaux sur la transmission du son, reportant : "Sans en connaître beaucoup sur le sujet, il me semblait que si les voyelles pouvaient être produites par de l'électricité, les consonnes pourraient également l'être, et ainsi il serait possible de reproduire la parole", et il remarqua aussi plus tard : "Je pensais qu'Helmholtz l'avait fait ... et que mon échec était seulement dû à ma méconnaissance de l'électricité. Ce fut une erreur constructive ... Si j'avais été capable de lire l'allemand en ce temps-là, je n'aurais sans doute jamais commencé mes expériences".

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Premières expériences avec le son

Une grande partie du travail de Bell consiste en une série d'observations découlant l'une de l'autre. Son intérêt combiné pour le son et la communication donnent naissance à un intérêt pour l'amélioration du télégraphe, lui-même à l'origine de son succès avec le téléphone.
En 1872, il lit un article de journal portant sur une somme substantielle payée par la Western Union Company à l'inventeur d'un système de télégraphe qui pourrait transmettre deux messages en même temps sur le même fil.
Ces possibilités l'enthousiasment et, inspiré par des conférences publiques entendues au Massachusetts Institute of Technology, il cherche à reproduire certaines des expériences d'Herman Helmholtz avec le courant électrique.
Le télégraphe existe déjà depuis plus de 30 ans. Malgré la réussite du système, le télégraphe se limite à envoyer et à recevoir un message à la fois à l'aide du code Morse.
Même avant de venir au Canada, Bell est intrigué par l'idée d'utiliser un phénomène musical bien connu pour transmettre simultanément des messages téléphoniques multiples.
Il sait que tout a une fréquence naturelle (la rapidité des vibrations) et que le ton dépend de la fréquence du son. En chantant dans un piano, il découvre qu'en modifiant le ton de sa voix, il peut faire vibrer différentes cordes du piano. Ses observations mènent à l'idée d'envoyer de nombreux messages différents sur le même fil, mais modulés par des diapasons réglés à des fréquences différentes à chaque bout du fil pour envoyer et recevoir le signal, un système qu'il appelle le « télégraphe harmonique ».
Au cours de l'été 1874, tout en se détendant près de la maison de sa famille en Ontario, Bell a eu une révélation. Plusieurs notions comme le langage, le son, le magnétisme ... qui s'étaient accumulées au fond de son esprit se sont transformées en une nouvelle idée de concevoir: "un téléphone". Parmi les influences importantes de sa pensée était le phonautographe, un dispositif qui utilisait une oreille de cadavre pour tracer les ondes sonores sur le verre fumé. Cela a donné à Bell la conviction que les sons de complexité arbitraire pourraient être réduits à un point passant par l'espace, comme le courant passant par un fil.
Un homme d'affaire et aussi marchand de cuir Thomas Sanders, père d'un des élèves de Bell s'est associé à Bell pour financer ses recherches, car Bell vivotait sur son métier d'apprentissage du langage aux malentendants. Métier qui l'aménera à cotoyer Gardiner Greene Hubbard pour s'occuper de sa fille Mabel devenue sourde dans son enfance suite à la scarlatine qui ne se soignait pas à l'époque.
Hubbard était à la tête de nombreuses affaires et en partenariat avec la Western Union Telegraph Compagny.

Toute cette période conduit BELL à sa découverte et à la compétition avec Elysa Gray qui travaille aussi sur un brevet de télégraphe multiplex.
Il faut aussi savoir que Elysa Gray le 10 juillet 1874 publia un article dans le New York Time intitulé "musique via le télégraphe" dans lequel apparait le mot téléphone bien qu'i n'y ait pas eu transmission de la parole : "L'appareil qui a permis cette prouesse a été bpabtisé par Mr Gray le téléphone ..."

Bell a découvert qu'il pouvait utiliser ses anches vibrantes non seulement pour ouvrir et fermer rapidement un circuit comme un télégraphe, mais lorsque cette anche était déplacée dans un champ magnétique, cela générait réellement un courant ondulatoire dans le circuit.

En novembre 1874 Bell dépose un caveat et le transforme rapidement en trois demandes de brevets distincts déposés entre le 25 février et le 10 mars sous les conseilks des avocats Pollok et Bailey, missionnés aussi par Hubbard de tenter de briser le monopole exercé par la Western Union.
(Un caveat était un document décrivant une invention qui n'avait pas encore fait l'objet d'une application et qui devait être transformé en demande de brevet dans un temps imparti ).
Début 1875, Thomas Watson nouvel assistant de Bell qui concrétise ses idées, construit un premier modèle téléphonique sur ce principe : un diaphragme qui, en vibrant dans le champ d'un électro-aimant, a produit un courant ondulatoire dans le circuit de l'aimant. Cet appareil a réussi à transmettre une sorte de sons vocaux étouffés.

Les recherches de Bell continue avec beaucoup de succès, il informe son futur beau-père Gardiner Greene Hubbard, de la possibilité du télégraphe multiple.
A la suite d'une expérience le 19 février 1875 dans la résidence de Hubbard à Washington Bell parvient à réaliser deux transmissions avec deux recepteurs et deux émetteurs sur une seule et unique ligne en la présence de William Orton le patron de Western Union Telegraph Compagny. Suite à ce succès en présence d'ingénieurs de la Western Union, Bell raccorde son dispositif au réseau relant New York à Philadelphie en rebouclant cette ligne à Philadelphie. Les ingénieurs demandent à Bell de conserver le dispositif pour d'autres test, mais en fin d'apès-midi lorsque Bell vient reprendre ses appareils, Orton retourne la situation et signifie clairement à Bell qu'il ne veut pas traiter avec un chercheur indépendant préferant les travaux de son protégé Elisa Gray !!!
Hubbard vient de payer son action menée contre la Western Union Telegraph Company de détenir le monopole des communications.
Hubbard s'associe à Sanders et donnent à Bell le soutien financier dont il a besoin en incluant le salaire de son nouvel assistant Thomas Watson chargé de transformer les théories et croquis de Bell en appareils fonctionnels. Ensemble ils explorent l'idée d'un dispositif qui pourrait transmettre la voix sous forme électrique.
Malgré un emploi du temps chargé cumulant dans la journée les cours particuliers et les conférences destinées à promouvoir le "Langage Visuel", Bell consacre une grande partie de ses nuits à la poursuite de ses expériences en télégraphie dans le sous-sol de la maison de Salem transformée en véritable laboratoire.

En mars 1875, Bell rencontre aussi Joseph Henry, directeur de la Smithsonian Institution, pour discuter des idées concernant le téléphone.
Hubbard n'est pas particulièrement impressionné par la transmission de la voix par fil et il croit que le travail de Bell retarde le développement du télégraphe multiple.
Il lance donc à Bell un ultimatum : choisir entre travailler à la transmission électrique de la voix et Mabel, sa fille et future femme du jeune homme.
Bell est résolu à avoir les deux et écrit à Hubbard le 4 mai 1875 au sujet de ses théories voulant qu'un courant d'électricité continue qui passe dans un fil en vibration devrait induire une action pulsatoire du courant.
Hubbard est conquis par la détermination de Bell et furieux du retournement de position de la Western Union,

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Du télégraphe multiplex au téléphone

1875, Bell travaille avec Thomas Watson, le jeune électricien devenu son assistant, et Charles Williams qui tient un magasin d'électricité à Boston
Bell poursuit toujours ses essais sur le télégraphe multiplex sur un ensemble de trois stations télégraphiques, (voir shéma ci dessous inclus dans le brevet) chacune contenant un transmetteurs dans une pièce et deux récépteurs dans une autre pièce. Chaque transmetteur est maintenu en vibration et oscille, les coupures plus ou moins longues forment les points et les traits du code morse ...

Le 2 juin 1875 alors que Watson signale qu'un récepteur est resté bloqué, Bell coupe l'alimentation et demande à Watson de débloquer le récepteur. Par chance à cet instant Bell constate que l'armature du transmetteur correspondant entre en vibration alors que le circuit n'est plus alimenté, il se précipite dans l'autre pièce et demande à Watson de répèter son geste. Watson répète l'opération sur chaque récepteur et de l'autre côté chaque transmetteur correspondant entre en vibration. Lorsque Bell approche son oreille de la bobine il perçoit un faible son.
La découverte est d'importance, elle signifie qu'un faible courant alternatif induit par la vibration de la palette d'un éléctro aimant dans le noyau légeremnt aimenté de façon résiduelle, a été suffisant pour produire des effets audibles à distance.
Bell réalise qu'il vient de franchir une nouvelle étape et décide d'abandonner le télégraphe multiplex pour se consacrer à la transmission de la parole à distance.
Il réalise alors un croquis de ce que va être son premier téléphone et charge Watson de le réaliser. Les premiers essais sont décevants.

Quelques semaines plus tard le Premier juillet 1875, les essais reprennent avec de nouveaux appareils, le transmetteur équipé d'une menbrane plus épaisse et d'une armature plus légère, est installé au premier étage et est relié au recepteur posé au rez de chaussé.
Bell parle et chante au plus prêt de la membrane du transmetteur, lorsqu'il fut interrompu par Watson tout exité "Monsieur je vous ai entendu, faiblement, mais je vous ai entendu" et Watson de répéter les mots qu'il a distingués.
Les deux hommes intervertissent les rôles , Bell colle son oreille au récépteur, mais les résultats sont décevants, Bell ne parvient pas à comprendre les mots prononcés par Watson.
Malgré tout, Bell décide d'entreprendre une première rédaction de spécifications en vue de déposer une demande de brevet.
Dans la foulée, il fait état de l'avancement de ses travaux dans une lettre à Sarah Fuller : " Grande déouverte en télégraphie aujourd'hui. La voix humaine transmise pour la première fois ... "

En vacance chez ses parents au Canada, Bell pria le ministre des États du Canada, M. Brown, qui au mois de septembre 1875, se disposait à partir pour l'Europe, de prendre, en Angleterre comme au Canada un brevet en son nom, pendant que lui-même en prendrait un autre en Amérique car l'accord conclu avec Hubbard et Sanders ne couvre que les travaux sur la télégraphie multilpe, il est donc libre de disposer de ses droits sur ses futurs brevets à l'étranger et en Amérique.
Le 29 décembre 1875 Bell apprenant que Mr Brown n'est pas encore parti, lui fit une seconde visite à Toronto et lui remit les dessins de son appareil, avec un mémoire à l'appui de sa demande de brevet. Le 25 Janvier 1876 Brown rencontre Bell et Hubbard à New York pour une dernière mise au point embarque pour l'Europe le lendemain.

Arrivé à Londres Mr Brown, soumet à des électriciens le mémoire et les dessins de Bell, mais ces savants ne trouvèrent pas que l'invention fût sérieuse, de sorte que M Brown hésitait à faire la demande du brevet. Bell écrivait lettres sur lettres à son compatriote, pour le presser d'exécuter sa promesse.
Evenement tragique, Bell reçut une dépêche télégraphique, lui annonçant que le ministre du Canada M Brown, avait été assassiné dans une rue de Londres.
Il est pourtant évident qu'en 19 jours Brown n'a pas pu faire la traversée de l'atlantique et de se rendre à Londres et de contacter un expert conformément à la loi anglaise sur les brevets.
Cela voulait dire que Bell fut dans l'impossibilité d'obtenir, aussitôt qu'il l'aurait voulu, son brevet en Europe.


Heureusement sans demander l'avis de Bell, Hubbard fait déposer à Washington la demande de brevet.
Le Brevet 174 465 d'émetteur-recepteur télégraphique

Le Brevet 174,465 Document complet en pdf
Le Brevet 174,465 , Page 1 et Page 2 (clic pour agrandir) et le facsimile : maintained at the Library of Congress, of the first drawing Alexander Graham Bell made of a telephone .


Dépot du brevet d'émetteur-recepteur télégraphique le 14 février 1876
Ce même jour, il se produisit un fait étrange, et peut-être unique dans l'histoire des découvertes scientifiques. A peine un homme était-il sorti du bureau des brevets (alors que Bell est à Boston, ce ne pouvait être qur Hubbard ou les avocats Pollok ou Bailey) pour déposer le dossier de Bell, qu'un autre physicien, M. Elisha Gray, déposait un caveat (démarche avant la demande de brevet) pour la même invention, et remettait, avec son mémoire, deux appareils, pouvant très bien fonctionner pour la transmission de la parole, quoiqu'ils différassent totalement de celui de M. Graham Bell.
Bien que la demande de M. Graham Bell eût été déposée deux heures avant celle de M. Elisha Gray, il n'y en eut pas moins contestation pour le droit de priorité, et comme conséquence, un procès entre les parties.

Quelle étonnante coincidence avec la demande de CAVEA de Elisha Gray déposée le même jours 2 heures plus tard que Bell.
Comparaison des shémas Bell et Grey :
Controverses à propos de l'invention du téléphone
Alexander Graham Bell et Elisha Gray inventèrent chacun de leur côté, et à la même période, la technique de conversation par téléphone.
Gray déposa son Cavea deux heures avant Bell mais c'est ce dernier qui reçut la gloire et la fortune, au grand malheur de Gray. Lire la petite histoire de Gray

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Obtention du brevet 174 465 le 7 mars 1876

(clic pour zoomer)
Quelques jours après l'obtention du brevet, BELL reprend ses essais
, tous les appareils on été tansférés au dessus de l'atelier de Charles Wiliams à son domicile.
Entre le 7 et le 10 Mars 1876, Bell et Watson réalisent une série d'expériences avec un nouveau transmetteur non pas de type éléctromagnétique comme décrit dans le brevet mais un transmetteur à résistance variable à eau acidulée entrainant une variation de résistance du circuit lorsque la membrane entre en vibration.

L'émetteur (micro liquide à acide) et le récepteur

La première conversation téléphonique de l'histoire est effectuée le 10 mars 1876, à Boston entre Bell et son assistant Watson qui se trouvait alors dans une autre pièce.

En soirée du 10 Mars 1876 , Bell installe le recepteur dans une pièce et le transmetteur dans une autre pièce à quelques mètres. A la suite d'une nième tentative, Bell ajoute de l'acide dans le transmetteur et en renverse sur son patalon le faisant s'exclamer ;
Mr watson i want to see you
(M. Watson, venez ici je veux vous voir)

De son côté Watson entend la voix de Bell dans l'appareil et se précipte dans l'autre pièce et déclare qu'il avait entendu et compris ce que Bell disait. Bell demande de répéter les mots. Watson a répondu, "Vous avez dit "M. Watson - venez ici - je veux vous voir " Fou de joie il se mirent à danser une danse mohawh.
...


En changeant de place Bell a pu écouter tandis que M. Watson lisait quelques passages d'un livre dans l'embouchure, les mots étaient à peine audible mais la parole venait d'être transmise pour la première fois, si on ne tient pas compte de l'histoire de Meucci
Le soir même Bell écrit à son père qu'il est enfin parvenu à transmettre la parole.


Extrait du film The Story of Alexander Graham Bell (1939)

 

 


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Regarder le carnet d'expérimentaion de A.G BELL qui a noté jour après jour les commentaires sur ses recherches et qui a servit à déposer son premier brevet
.

Extrait page 40 du NOTEBOOK de Bell


Fin avril 1876
Bell laisse de côté le premier transmetteur à résistance variable et revient à des expérimentations éléctromagnétiques, le concept original.

Les prototypes se succèdent et l'appareil devient de plus plus performant.


Bell fait des démonstartions publiques, et le 10 Mai 1876 il réalise une conférence devant l'Américan and Sciences de Boston.
C'est l'entousiasme.

Quelques jours plus tard une démonstration est réalisée au MIT avec le même succès.


Le téléphone va prendre son essor avec l'Exposition du centenaire des Etats-Unis à Philadelphie en juin 1876.

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Gardiner Hubbard (futur beau père) qui a pris conscience du potentiel commercial du téléphone, sait que ses démonstrations ne sont qu'une étape.
Une opportunité se présente avec l'Exposition Internationale célébrant le centenaire des Etats-Unis à Philadelphie en juin 1876, Hubbard a réservé des emplacements pour présenter les travaux de sun futur gendre.


Description publiés dans "L'engineering" du 22 décembre 1876.
(l'intégral du journal en pdf)


Modèle présenté à l'Exposition du centenaire des Etats-Unis à Philadelphie
en juin 1876


L'émetteur (Reproduction)

Le réepteur (Reproduction)

Parmi les personnalités présente à cete exposition, figurent Don Pedro, empereur du Brésil et SirWilliam Thomson, physicien anglais. Ils se montrent enthousiasmés par la présentation de Bell.
Bell récite le fameux monologue d'Hamlet de Shakespeare « To Be or Not to Be ».
Sir William Thomson écrit à un journal de Londres : " je viens de trouver à l'Exposition la merveille des merveilles en télégraphie ".
Sur le vieux continent, c'est d'abord en Angleterrre en 1877, que WH Preece éléctricien du "British Post-Office" de retour de l'Exposition de Philadelphie et Sir W.Thomson, qui montra au public de l'Association Britanique à Plymouth le téléphone Bell qu'il venait d'apporter des Etats Unis.

Bell abandonne le transmetteur voltaique et revient à l'idée initiale, il ne cesse alors de perfectionner ses prototypes
E
n remplaçant la membrane par un disque de fer, des éléctro-aimants par des aimants permanents, l'appareil ne nécessite plus de source de courant.
L'appareil est constitué d'une bobine entourant un aimant permanent. Devant cet aimant vibre une membrane en fer doux. Les vibrations communiquées par la parole à la membrane du transmetteur (la partie où l'on parle), entraînent des variations de flux magnétique du barreau aimanté.et rapidement un autre modèle fera l'objet d'un nouveau brevet , la "BOX" qui est un appareil réversible, il sert aussi bien de transmetteur que de recepteur.

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Le deuxième brevet : la box
Les avocats de Bell le pressent de rédiger des spécifications et le 15 janvier 1877, il dépose à Washington son deuxième brevet sur le téléphone incluant les différentes améliorations. Il lui est attribué deux semaines plus tard sous le no 186 787 dont voici une reproduction :
et ( en pdf )
Jusque la, le téléphone de Bell nécessitait toujours une batterie pour alimenter les éléctro-aimants du circuit. Avec la BOX, l'appareil fonctionne sans batterie, aussi bien en tant que récepteur que émetteur, il était réversible et on pouvait enfin parler et/ou écouter avec l'unique appareil.


Ce téléphone volumineux est une encore une boite disgracieuse, de plus il n'y avait pas encore de dispositif tel qu'une sonnerie ou un avertisseur sonore pour attirer l'attention de la personne à la réception de la ligne. Les appelants tapaient avec un crayon sur le diaphragme ou hurlaient devant l'embouchure.
Son utilisation était désagréable: il fallait prendre la boite et crier, puis la porter à l'oreille pour écouter.
Malgré ces problèmes, Bell et son groupe ont décidé de commercialiser entièrement l'invention.

Avec ce nouveau matériel, le 12 février 1877, Bell parle de Boston et se fait entendre à 22 kilomètres plus loin, à l'institut d'Essex.


l'intégral du scientific American du 31 Mars 1877

Le "Télégraphique journal", dans son numéro du 15 mars 1877, p. 65, assure du reste qu'une conversation a été échangée de cette manière entre les villes de Boston et de Salem (Massachusett), éloignées l'une de l'autre de 18 milles, et, cette fois, si la chose est vraie, il n'y a plus qu'à s'incliner devant un résultat aussi merveilleux...

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En Amérique, la première ligne commerciale privée est mise en service le 1er mai 1877, elle relie le bureau d'un homme d'affaires de Boston, Charles William, et sa maison à Somerville : c'est le début de la commercialisation du téléphone.
En octobre, Bell réalisera une conversation bilatérale avec Watson, au moyen de la ligne télégraphique reliant Boston à East Cambridge.

En Mai 1877 Graham Bell présente alors au public son invention sous une nouvelle forme imaginée par le professeur Pierce : "the Hand Telephone" ou "Téléphone à Main" aussi appelé butterstamp car sa forme évoquait bien les tampons pour mouler le beurre.



l'intégral du scientific American du 6 octobre 1877, le monde découvre le Hand Téléphone

C'est ce modèle de téléphone qui va rapidement faire le tour du monde.

En photo ci dessous, les quatre premiers modèles commerciaux de récepteurs téléphonique "hand telephone" aux USA
Ces récepteurs ont tous été fabriqués en 1877, et sont classés par ordre chronologique de gauche à droite .
Le corps des quatre modèles étaient en bois, en noyer noir pour le premier. En acajou pour le second modèle.
On utilisait des aimants permanents unipolaire et des diaphragmes en fer. Dans les trois premiers modèles, une bobine de fil isolé est placée sur l'extrémité du barreau en fer. Dans le quatrième modèle, la bobine a été placée sur une pièce polaire en fer doux qui est fixée à l'extrémité de l'aimant permanent.

En Amérique on installe les premiers téléphones dès fin 1877

Le bouton-poussoir envoie un courant qui tape sur le boîtier de la membrane du téléphone émetteur, produisant un son sur le téléphone de réception.
C'était le premier moyen utilisé pour avertir le correspondant.

Ces téléphones étaient facilement installés sur les réseaux de sonneries privées pour communiquer d'une pièce à l'autre ou vers un autre poste via une ligne télégraphique.




Plus tard en 1878 , la simple planche a été remplacée par un boitier appelé le "Coffin Téléphone " (oui son boîtier fait penser un peu à un cercueil) voir la photo ci dessous équipé de 1 ou 2 hand-téléphone pour écouter et parler.
Le Coffin est équipé d'un générateur à magnéto entraîné par une manivelle à main qui envoie du courant alternatif sur la ligne pour alimenter un dispositif de sonnerie reliée soit à un téléphone directement au bureau central , pour alerter un opérateur, ou à l'autre correcpondant en point à point.
( Watson a déposé le brevet de la sonnerie , le 1er Août , 1878. ) . ,

Bell multiplie les démonstrations aux quatres coins du pays
le 9 juillet 1877, Bell, Gardiner Greene Hubbard, Thomas Watson et Thomas Sanders déposent des documents pour former The Electric Telephone Company
En Amérique le brevet protége l'invention en faveur de Bell, c'en est pas de même en Europe suite au décès de Mr Brown en Angleterre.

Société qui entrera en vigueur le 1er août - Elle sera réorganisée en juillet 1878
Bell épouse Mabel Gardiner Hubbard, la fille de son mécène Gardiner Greene Hubbard (premier président de la National Geographic Society), sourde à la suite d'une scarlatine, et élève de Graham Bell. Le couple aura quatre enfants.

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4 aout 1877 BELL en voyage de noce, embarque pour l'Ecosse et commence une tournée promotionnelle en Europe.
Pour organiser la logistique de ses conférences Bell, fait appel à Fréderic Gower, jeune éditeur du journal "Providence Press".
Récit dans "Le figuier 1878 " "L'année scientifique et industrielle"
Bell dans son mémoire lu à la société des ingénieurs télégraphistes de Londres le 31 octobre 1877 et qui a été reproduit clans le journal de la société.

Bell publie aussi un livre sur ses recherches "A lecture intitled Researches in electric telephony by A.G. Bell le premier ouvrage sur le téléphone.


En France fin 1877 Fréderic Gower envoyé par Bell pour protéger ses intérêts, quittera les USA (voir la petite en France) et avec Cornélius Rossvelt qui posséde les droits d'exploitation pour la France, se mettent au travail pour faire breveter une modification du téléphone de Bell "le téléphone chronomètre" brevet du 3 décembre 1878 et fabriquer les différents modèles par Antoine Breguet

Voici un modèle Français assez rare de cette époque fabriqué par Breguet :

Novembre 1877, Bell arrive à Paris guidé par A.Niaudet , pour faire des essais sur les lignes télégraphiques de l'état.
A.G Bell communique sur une ligne spéciale de son domicile de Paris avec Léon Say au ministère des finances et des postes et télégraphes puis avec le ministre de la guerre.
Bell enchaine les démonstrations et fait parler la presse scientifique


En 1878 en Angleterre dans le "Journal télégraphique" voici ce que M. W. Thomson écrit 2 ans après le début de cette découverte :
Le téléphone finira bien un jour par être appliqué à quelque branche de la télégraphie ; mais on est désappointé de voir son peu de progrès. Tout le monde l'a expérimenté. Des masses d'améliorations ont été imaginées et brevetées ; mais il semble être venu au monde avec toutes ses perfections et imperfections.
Eu fait, de tous les instruments que j'ai vus et essayés ce sont encore ceux que j'ai apportés d'Amérique l'année dernière et mis sous les yeux de l'Association britannique à Plymouth, qui restent les meilleurs et demeurent supérieurs à tous leurs rivaux.
Le téléphone n'a pas jusqu'à présent trouvé grande faveur en Angleterre. Les effets sont faibles. Il est trop sensible pour l'usage pratique sur les lignes actuelles. Il exige une tranquillité complète non seulement de l'air qui l'environne, mais aussi sur les fils qui portent ses signaux et son emploi a été entravé par l'exagération du prix.

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Pour découvrir l'histoire de BELL plus en détail, je vous invite à lire le livre de Jean-Serge Bernault " Alexander Graham Bell"
A.G BELL était un homme qui écrivait beaucoup, les archives nationales des USA permettent de consulter sa correspondance on y retroupe toutes ses recherches sur le téléphone.

Vous pouvez consultez le mémoire lu par BELL à la société des ingénieurs télégraphistes de Londres le 31 octobre 1877 et qui a été reproduit clans le journal de la société. :
The Telephone. A Lecture Entitled Researches in Electric Telephony, By Professor Alexander Graham Bell, Delivered Before The Society of Telegraph Engineers, October 31st, 1877 .
Premier document à être publiés dans le pays natal de Bell.

Récit repris par Th Du Moncel qui écrit dans la presse scientifique Française : "Extrait de l'exposé de l'électricité de TH Du Moncel" (en pdf avec les gravures)

A l'exposition de Philadelphie de 1876, les appareils téléphoniques ont joué un certain rôle, et on a fait même beaucoup de bruit autour d'un certain télégraphe dit parlant, qui pouvait transmettre la parole. Si un homme aussi sérieux que M. W. Thomson ne l'avait pas assuré, on aurait pu croire cette nouvelle de la nature de celles qui nous arrivent souvent du Nouveau-Monde mais en raison de l'autorité si considérable du célèbre électricien anglais et des affirmations qui ont été données depuis par S. M. l'Empereur du Brésil et M. Hugues, nous devons nous y arrêter un instant.
Voici ce que M. W. Thomson a dit à ce sujet à l'Association britannique pour l'avancement des sciences, lors de sa réunion à Glascowe en septembre 1876
« Au département des télégraphes des Etats-Unis, j'ai vu et entendu le téléphone électrique de M. Elisha Gray, merveilleusement construit, faire résonner .en même temps quatre dépêches en langage Morse, et avec quelques améliorations de détails, cet appareil serait évidemment susceptible d'un rendement quadruple. Au département du Canada, j'ai entendu "to be or not to be, there's the rub" , en articulés à travers un fil télégraphique, et la prononciation électrique ne faisait qu'accentuer encore l'expression railleuse des monosyllabes le fil m'a récité aussi des extraits au hasard des journaux de New-York. Tout cela, mes oreilles l'ont entendu articuler très-distinctement par le mince disque circulaire formé par l'armature d'un électro-aimant. C'était mon collègue du jury, le professeur Watson qui, a. l'autre extrémité de la ligne, proférait ces paroles à haute et intelligible voix, en appliquant sa bouche contre une membrane tendue, munie d'une petite pièce de fer doux, laquelle exécutait près d'un électro-aimant introduit dans le circuit de la ligne, des mouvements proportionnels aux vibrations sonores de l'air. Cette découverte, la merveille des merveilles du télégraphe électrique, est due à un de nos jeunes compatriotes, M. Graham Bell, onginaire d'Édimbourg et aujourd'hui naturalisé citoyen des États-Unis. « On ne peut qu'admirer la hardiesse d'invention qui a permis de réaliser avec des moyens si simples, le problème si complexe de faire reproduire par l'électricité, les intonations et les articulations si délicates de la voix et du langage, et pour obtenir ce résultat, il fallait trouver moyen de faire varier l'intensité du courant dans le même rapport que les inflexions des sons émis par la voix. x

Voici du reste la description et les dessins de ce système téléphonique, tels qu'ils' ont été publiés dans l'Engienering du 22 décembre 1876 « Le téléphone articulant de M. Graham Bell, comme ceux de MM. Reuss et Gray, comporte deux appareils, un transmetteur et ua récepteur, et ces appareils sont si simples, que sans la haute autorité de sir W. Thomson, on serait tenté de mettre en doute les effets merveilleux qu'on leur attribue.
Le transmetteur, consiste dans un électro-aimant à noyau aimanté, fixé horizontalement sur un petit pilier d'environ deux pouces, lequel est monté lui même sur un socle d'acajou. Devant les pôles de cet électro-aimant, ou pour parler plus exactement, de ce système magnétoélectrique, car c'est un appareil d'induction magnéto-électrique, est fixé dans un plan vertical un cadre circulaire en cuivre sur lequel est tendue une membrane portant à son centre une petite armature de fer doux, de forme oblongue, et cette'armature en vibrant avec la membrane, peut, par son mouvement accompli devant l'appareil d'induction; déterminer des courants induits dont l'intensité est en rapport avec les divers mouvements vibratoires de la membrane. Cette membrane peut d'ailleurs être tendue plus ou moins comme la peau d'un tambour, au moyen des trois vis de serrage que l'on voit dans le dessin au devant de l'appareil. Les deux bouts du fil des bobines d'induction aboutissent à deux boutons d'attache que l'on aperçoit à droite de la figure, et auxquels est relié, par le fil de ligne, l'appareil récepteur. La partie antérieure de l'appareil est constituée par une cavité cylindrique qui sert de porte-voix, et c'est devant elle que l'on parle pour transmettre.
L'appareil récepteur, n'est autre chose qu'un électroaimant tubulaire de M. Nicklès, sur le pôle circulaire duquel est fixée, par une vis, une lame de fer très mince (de l'épaisseur d'un papier de cartouche), qui sert à la fois d'armature vibrante et d'appareil résonnant cette disposition électro-magnétique a l'avantage de concentrer l'action magnétique dans un champ limité, et d'accroître en même temps l'énergie de l'électro-aimant. Cet électro-aimant est d'ailleurs monté sur un pont en cuivre qui est lui même monté sur un socle d'acajou.
« Voici maintenant comment fonctionna l'appareil Quand on émet un son ou qu'on profère un mot devant l'ouverture béante ou la bôuche de l'appareil transmetteur, sa membrane entre en mouvement et vibre à l'unisson du son émis. L'armature de fer dont elle est munie, la suit dans ses mouvements, et en réagissant sur l'appareil d'induction, provoque une série de courants induits dont le nombre et l'intensité sont en rapport avec le nombre et l'étendue des vibrations correspondantes au son produit. Ces courants induits sont alors transmis à l'ectro-aimant du récepteur qui, en réagissant sur son armature vibrante, lui fait accomplir le même nombre de vibrations que la membrane et les mêmes inflexions de sons, ce qui permet de distinguer clairement les mots.
« Dans tous les essais tentés avant M. Bell, les vibrations étaient produites au moyen de fermetures et d'interruptions de courants, qui étant transmises sur le récepteur y déterminaient exactement le nombre de vibrations, par seconde, correspondant au son qui les avait provoqués mais la force de ce courant restant toujours la même, la qualité du son ne pouvait être modifiée. Les sons musicaux pouvaient donc bien être transmis ainsi que les accords résultant de leur combinaison mais pour arriver à reproduire les articulations et les inflexions de la voix humaine, il fallait quelque chose de plus, et c'est précisément ce qu'a trouvé M. Bell.
« Dans son appareil, en effet, non-seulement les vibrations du transmetteur et du récepteur peuvent être synchronisées de manière à reproduire les sons musicaux, mais elles peuvent être semblables sous le rapport de la qualité des sons produits, et cela parce que les vibrations transmises étant exécutées directement par la voix, leurs différences d'amplitude peuvent donner lieu à des émissions de courants plus ou moins intenses, qui traduisent fidèlement sur le récepteur ces différences, par des impulsions plus ou moins fortes communiquées à la lame vibrante, lesquelles impulsions peuvent alors donner lieu à des sons articulés analogues à ceux proférés par la voix humaine.
II y aurait beaucoup à dire sur cette manière d'établir la différence entre les sons musicaux et les sons articulés de la voix humaine; et d'un autre c&té on pourrait se demander si les courants induits créés par l'éloignement et le rapprochement de l'armature, représentent bien, par leur différence d'intensité, les inflexions de la voix mais comme il n'y a pas à discuter avec un fait, il s'agit d'examiner ce qu'aurait après tout de si extraordinaire une pareille transmission. Si on considère que deux membranes réunies par une simple ficelle peuvent transmettre distinctement à une distance de cinq à six mètres, et sans qu'on puisse les entendre extérieurement, des paroles prononcées à voix basse dans des espèces de tubes adaptés à ces membranes (1), on peut bien admettre que toutes les inflexions des vibrations sonores qui constituent les sons articulés et qui sont ainsi transmises mécaniquement par le fil, puissent être reproduites par les mouvements d'une armature, et si les courants induits résultant de ces mouvements avaient

(i) Nous avons tous pu voir sur les boulevards cet hiver à Paris, des instruments de ce genre qu'on vendait aux passants pour la modeste somme de 25 centimes. C'étaient des espèces de cornets acoustiques réunis par un simple cordon qui transmettaient distinctement la parole comme l'aurait fait un conduit acoustique et sans qu'on pût entendre extérieurement celui qui parlait. Ces cornets étaient formés de tubes de carton donte un bout était fermé par une membrane de parchemin au centre de laquelle était fixée, par'un nœud, le cordon qui les réunissait. En mettant la partie ouverte de ces tubes l'une devant la bouche de celui qui parlait, l'autre sur l'oreille de celui qui écoutait, on établissait entre ces deux personnes une communication qui pouvait permettre aux vibrations vocales d'être transmises mécaniquement par une intensité assez dinérente pour déterminer des nuances correspondantes dans les vibrations électro-magnétiques qu'ils provoquent ce genre de transmission électrique n'aurait rien d'invraisemblable.

Le télégraphique journal, dans son numéro du 15 mars 1877, p. 65, assure du reste qu'une conversation a été échangée de cette manière entre les villes de Boston et de Salem (Massachusett), éloignées l'une de l'autre de 18 milles, et, cette fois, si la chose est vraie, il n'y a plus qu'à s'incliner devant un résultat aussi merveilleux. Pour que le lecteur sache a quoi s'en tenir à cet égard, nous allons rapporter ce qu'en dit le Télégraphie journal « M. Graham Bell, l'inventeur de ce que M. W. Thomson a appelé la merveille des merveilles, poursuit activement le perfectionnement de son téléphone, et, dans une. conférence faite par lui à Salem le 12 mai dernier, on a pu non-seulement entendre clairement à Boston la lecture faite à Salem, mais encore reconnaître la voix du lecteur et distinguer les applaudissements du public. Dans la soirée du 23, des expériences plus étendues furent encore entreprises. M. Bell était encore à Salem, et son aide, M. Watson, était à Boston. On joua des airs sur l'orgue et sur le cornet à piston à Boston, et la réunion de Salem les entendit parfaitement. Toutefois, les résultats obtenus à Boston ne furent pas aussi satisfaisants, en raison des dépêches échangées à travers la ligne, lesquelles dépêches troublaient la transmission téléphonique. On entendait, en effet, au milieu de ces transmissions comme le tic-tac d'un instrument étranger. M. Watson trouva pourtant moyen d'y remédier en prenant une membrane qui agissait alors, comme un manipulateur télégraphique, en éliminant les communications télégraphiques nuisibles. De cette manière, les sons entendus et les mots prononcés devinrent assez distincts.

Quoiqu'il en soit des résultats plus ou moins parfaits de cet appareil curieux, nous devons dire que l'idée de la transmission électrique de la parole n'est pas nouvelle, et voici ce que j'en disais dans la première édition de mon Exposé des applications de l'électricité, tome II, p. 225, publié en 1854.

l'intermédiaire des deux membranes et du fil. Ces fils avaient généralement une longueur de quatre à cinq mètres.
Avec un pareil système la transmission des vibrations complexes qui correspondent aux sons articulés, peut se comprendre, puisque.les solides peuvent les transmettre aussi bien et même mieux que les gaz, et encore faut-il pour cela que la corde soit tendue et entièrement libre; mais quand il s'agit de les transmettre par l'intermédiaire d'un agent immatériel qui doit donner lieu à trois manifestations physiques ne pouvant fournir que des effets d'un ordre déterminé, la chose devient beaucoup plus extraordinaire.

<< Après les merveilleux télégraphes qui peuvent reproduire à distance l'écriture de tel ou tel individu, et même des dessins plus, ou moins compliqués, il semblerait impossible, dit M. B*** d'aller plus en avant dans les régions du merveilleux.. Essayons cependant de faire quelques pas de plus encore. Je me suis demandé, par exemple, si la parole elle-même ne pourrait pas être transmise par l'électricité; en un mot, si l'on ne pourrait pas parler à Vienne et se faire entendre à Paris. La chose est praticable. Voici comment

« Les sons, on le sait,sont formés par des vibrations et appropriés à l'oreille par ces mêmes vibrations que reproduisent les milieux intermédiaires. « Mais l'intensité de ces vibrations diminue très rapidement avec la distance de sorte qu'il y a, même en employant des porte-voix, des tubes et des cornets acoustiques, des limites assez restreintes qu'on ne peut dépasser. Imaginez que l'on parle près d'une plaque mobile, assez flexible pour ne perdre aucune des vibrations produites par la voix, que cette plaque établisse et interrompe successivement la communication avec une pile vous pourrez avoir à distance une autre plaque qui exécutera en même temps les mêmes vibrations.

« Il est vrai que l'intensité des sons. produits sera variable au, point de départ où la plaque vibre par la voix, et constante au point d'arrivée où elle vibre par l'électricité; mais il. est démontré que cela ne peut altérer les sons. K Il est évident d'abord que les sons se reproduiraient avec la même hauteur dans la gamme.

L'état actuel de la science acoustique ne permet pas de dire a priori 's'il en sera tout à fait de même des syllabes articulées par la voix humaine. On. ne s'est pas encore suffisamment occupé de la manière dont ces syllabes sont produites. On a remarqué, il est vrai, que les unes se prononcent des dents, les autres des lèvres, etc., mais c'est là tout.

« Quoiqu'il en soit, il faut bien songer que les syllabes ne reproduisent, à l'audition, rien autre chose que des vibrations des milieux intermédiaires; reproduisez exactement ces vibrations, et vous reproduirez exactement aussi les syllabes.

« En tout cas, il est impossible de démontrer dans l'état, actuel de la science que la transmission électrique des sons soit impossible. Toutes les probabilités, au contraire, sont pour la possibilité.

« Quand on parla pour la première fois d'appliquer l'électro-magnétisme à la transmission des dépêches, un homme haut placé dans la science, traita cette idée de sublime utopie, et cependant aujourd'hui on communique directement de Londres à Vienne par un simple fil métaltique. Cela n'était pas possible, disait-on, et cela est.

Il va sans dire que des applications sans nombre et de la plus haute importance surgiraient immédiatement de la transmission de la parole par l'électricité.

« A moins d'être sourd et muet, qui que ce soit pourrait se servir de ce mode de transmission, qui n'exigerait aucune espèce d'appareil. Une pile électrique, deux plaques vibrantes et un fil métallique suffiraient. « Dans une multitude de cas, dans de vastes établissements, par exemple, on pourrait par ce moyen transmettre à distance tel ou tel avis, tandis qu'on renoncera à opérer cette transmission par l'électricité, dès lors qu'il faudra procéder lettre par lettre, et à l'aide de télégraphes exigeant un apprentissage et de l'habitude.

« Quoi qu'il arrive, il est certain que dans un avenir plus ou moins éloigné, la parole sera transmise à distance par l'électricité. J'ai commencé des expériences à cet égard, elles sont délicates et exigent du temps et de la patience; mais les approximations obtenues font entrevoir un résultat favorable. »

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En 1877 Amos Dolbear, professeur de physique ed d'astronomie apporte deux améliorations importante au téléphone de Bell
- l'utilisation d'aimants permanets dans les transmetteurs et les récepteurs, ce qui permet de s'affranchir de la batterie dans le circuit.
- le remplacement de la menbrane par un disque en acier
C'est en septembre 1876 que lui vient cette idée mais il tarde à la mettre en pratique.
En janvier 1876 Dolbear apprend que Bell a déposé une demande le 15 janvier 1877 de brevet le concernant, mais ne donne pas de suite sur ce point mais édite un livre "The Telephone" en 1877

Reproduction
Prototype tel qu'il est expliqué dans le livre "The Telephone" de A.E Dolbear , le premier livre sur le telephone publié en 1877.

En 1880 Dolbear dépose une demande de brevet pour un type de téléphone élétrostatique, différents du téléphone éléctromagnétique.
Il obtient son brevet en 1881 et la soiété Dolbear Electri Telephone Compagny.
Bell réagit et dépose une plainte pour contrefaçon. Au procès les avocats de Dolbear ont eut la mauvaise idée d'amener un téléphone de Reiss pour lui en donner la patérnité, ce qui priverait Bell de ce privilége. Mais l'appareil refuse de fonctionner. Dans le jugement en 1883 le juge décrète que Bell a breveté la véritable idée de transmission de la parole par l'électricité ....

MEUCCI en 1871 , 5 ans avant Gray et Bell Antonio Meucci Américain d'origine Italienne dépose un caveat "Sound Telegraph", caveat qu'il reconduit en 1872 et 1873 en payant les frais de renouvellement mais en 1874 il ne parvient pas à réunir les 10 dollars, Meucci n'a jamais pu transformer sa demande en Brevet faute d'argent.
Pourtant entre 1851 et 1871 il construisit une trentaine de téléphones d'apès son prototype. En 1860 il cherche des investissurs en Italie mais ompte tenu de la situation politique en Italie sa patrie dissuade les investisseurs, c'est cette année qu'il publie son invention dans un journal de new york . Lire cette fabuleuse histoire

En 1883 la Globe Telephone Compagny achète l'invention de Meucci et transmet au gouvernement américain une demande la priorité de Meucci sur Bell.
Deux procès suivront et le 19 juillet 1887, Bell en ressort vainqueur.


Durant dix sept ans, 600 procès
vont opposer les avocats de Bell aux différentes compagnies concurentes.


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Bell a consacré sa vie à apprendre à parler aux sourds, encouragé par le fait que sa mère et sa femme étaient sourdes. Il était professeur de diction à l'université de Boston et un spécialiste de l'élocution, on dirait aujourd'hui phonologue ou phoniatre.
La fortune aidant, Bell fonde le Volta Laboratory et se tourne alors vers d’autres champs d’expérimentations, jetant les bases du gramophone, s’intéressant à l’aviation, et aux transports nautiques.
Il crée également la "National Geographic Society", dont il est président de 1897 à 1903.

Décès
Bell est décédé des complications du diabète, le 2 août 1922, dans son domaine privé de Beinn Bhreagh, en Nouvelle-Écosse, à l'âge de 75 ans. Bell a également été atteint de l'anémie pernicieuse. Sa dernière vision de la terre qu'il avait habitée fut un clair de lune sur la montagne à deux heures du matin. Assistant son mari après sa longue maladie, Mabel a murmuré: « ne me quitte pas ». En guise de réplique, Bell a tracé le signe « non » et a expiré.
En apprenant la mort de Bell, le premier ministre canadien Mackenzie King a câblé à Mme Bell : Le gouvernement vous exprime notre sentiment de perte irrémédiable pour le monde en la mort de votre distingué mari. Il sera à tout jamais une source de fierté de notre pays pour la grande invention, à laquelle son nom est associé pour toujours, et une partie de son histoire. Au nom des citoyens du Canada, permettez-moi de vous exprimer notre gratitude et notre sympathie combinées.
Le cercueil de Bell fut réalisé en pins de Beinn Bhreagh par son personnel de laboratoire, bordé de tissu de soie rouge qui était utilisée dans ses expériences de cerf-volant tétraédrique. Afin de célébrer sa mémoire, son épouse a demandé aux invités de ne pas porter le noir (la couleur funéraire traditionnelle) lors du service, au cours duquel le soliste Jean MacDonald a entonné un couplet de Robert Louis Stevenson 'Requiem':
Sous un vaste ciel étoilé, Creusez la tombe et laissez-moi reposer. Joyeux ai-je vécu et joyeux suis-je entré dans la mort Et je m'allonge en vous confiant le flambeau.
Le 4 août 1922, dès la conclusion de l'enterrement de Bell, " tous les téléphones sur le continent de l'Amérique du Nord ont été réduits au silence pendant une minute en l'honneur de l'homme qui avait donné à l'humanité les moyens de communication directe à distance". Alexander Graham Bell a été enterré au sommet de la montagne Beinn Bhreagh, sur ses terres où il avait résidé de plus en plus souvent pendant les 35 dernières années de sa vie, avec une vue sur le lac Bras d'Or. Son épouse Mabel et ses deux filles Elsie May et Marion lui survécurent.

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