Il était une fois le téléphone aux USA dans "la petite maison dans la prairie"

Le téléphone arrive à Walnut Grove vers 1881
Des images qui nous reviennent quand on évoque l'arrivée du téléphone dans l'Ouest des Etat-Unis, tellement ce feuilleton était populaire,
Il racontait la vie des pionniers Amércains, la modernisation ...

Mais 5 ans auparavant c'est Alexandre Graham Bell qui était à l'honneur. Passons sur certains détails que vous pouvez lire à la page Bell

En 1875, Un homme d'affaire et aussi marchand de cuir Thomas Sanders, père d'un des élèves de Bell s'est associé à Bell pour financer ses recherches, car Bell vivotait sur son métier d'apprentissage du langage aux malentendants. Métier qui l'aménera à cotoyer Gardiner Greene Hubbard pour s'occuper de sa fille Mabel devenue sourde dans son enfance suite à la scarlatine qui ne se soignait pas à l'époque.
Hubbard était à la tête de nombreuses affaires en partenariat avec la Western Union Telegraph Compagny.
Bell a découvert qu'il pouvait utiliser ses anches vibrantes non seulement pour ouvrir et fermer rapidement un circuit comme un télégraphe, mais lorsque cette anche était déplacée dans un champ magnétique, cela générait réellement un courant ondulatoire dans le circuit.

A la demande de Hubbard Bell travaillait
sur le "télégraphe multiple"

Le point de rencontre des pionniers en télégraphie EDISON, WATSON et BELL était dans le magasin de CHARLES WILLIAMS

Williams fabricant important d'instruments de télégraphe, a commencé par offrir ces services uniquement pour gagner sa vie et celle de ses machinistes.
En fin de compte, il est devenu un pionnier dans la fabrication de téléphones et l'un des premiers millionnaires téléphoniques aux États-Unis.

Edison inventeur en télégraphie à son début, a travaillé la nuit pour la Western Union et, pendant ses heures de repos, il travaillait sur ses projets à la boutique Williams.
Williams lui a donné l’espace dont il avait besoin et les crédits pour des matériaux et la main d'oeuvre d'ouvriers dont il avait besoin. Il travaillait parfois après que Williams soit rentré chez lui.
Pendant son séjour à Boston, Edison a travaillé sur un certain nombre de projets, notamment un relais à réglage automatique, une imprimante de stock et son propre télégraphe d'alarme incendie.
En octobre 1868, Edison déposa son premier brevet, un enregistreur de votes pour les organes législatifs.
En décembre 1868, il publia sa première publicité pour l'une de ses inventions et inscrivit le magasin Williams comme son adresse
Le plus célèbre des ouvriers de Charles Williams était Thomas Watson.
Au début de 1874, alors qu'il travaillait sur un appareil de Farmer's, Alexander Graham Bell entra dans le magasin de Williams et se présenta directement à Watson.
Il cherchait à modifier un émetteur et un récepteur de son télégraphe harmonique.
Sa conception consistait à envoyer 6 à 8 messages à différents simultanément sur un fil et à les recevoir sur des récepteurs accordés.

Williams


Edison pub

En janvier 1875, Watson s'est associé avec Bell, en plus de travailler avec d'autres inventeurs
pour le compte de Williams
.
Dans le grenier du magasin de Williams, le 2 juin 1875, Bell et Watson poursuivaient leurs expériences avec des émetteurs et des récepteurs afin d’envoyer plusieurs messages télégraphiques simultanés sur une seule ligne ... c'est la que l'on reboucle avec l'histoire de Bell et le téléphone.

Le 2 juin 1875 Pendant les travaux, alors que Watson signale à Bell qu'un récepteur est resté bloqué, Bell coupe l'alimentation et demande à Watson de le débloquer. Par chance à cet instant Bell constate que l'armature du transmetteur correspondant entre en vibration alors que le circuit n'est plus alimenté, il se précipite dans l'autre pièce et demande à Watson de répèter son geste. Watson répète l'opération sur chaque récepteur et de l'autre côté chaque transmetteur correspondant entre en vibration. Lorsque Bell approche son oreille de la bobine il perçoit un faible son.
La découverte est d'importance, elle signifie qu'un faible courant alternatif induit par la vibration de la palette d'un éléctro aimant dans le noyau légeremnt aimenté de façon résiduelle, a été suffisant pour produire des effets audibles à distance.
Bell réalise qu'il vient de franchir une nouvelle étape et décide d'abandonner le télégraphe multiplex pour se consacrer à la transmission de la parole à distance. Il réalise alors un croquis de ce que va être son premier téléphone
et charge Watson de le réaliser.
Les premiers essais sont décevants.

Quelques semaines plus tard le Premier juillet 1875, les essais reprennent avec de nouveaux appareils, le transmetteur équipé d'une menbrane plus épaisse et d'une armature plus légère, est installé au premier étage et est relié au recepteur posé au rez de chaussé.
Bell parle et chante au plus prêt de la membrane du transmetteur, lorsqu'il fut interrompu par Watson tout exité "Monsieur je vous ai entendu, faiblement, mais je vous ai entendu" et Watson de répéter les mots qu'il a distingués.
Les deux hommes intervertissent les rôles , Bell colle son oreille au récépteur, mais les résultats sont décevants, Bell ne parvient pas à comprendre les mots prononcés par Watson.
Malgré tout, Bell décide d'entreprendre une première rédaction de spécifications en vue de déposer une demande de brevet.
Dans la foulée, il fait état de l'avancement de ses travaux dans une lettre à Sarah Fuller : " Grande déouverte en télégraphie aujourd'hui. La voix humaine transmise pour la première fois ... ". Les travaux continuent.

Heureusement sans demander l'avis de Bell, Hubbard fait déposer à Washington la demande de brevet au nom de Bell
le 14 février 1876.
Le Brevet 174 465 d'émetteur-recepteur télégraphique

Le Brevet 174,465 Document complet en pdf
Le Brevet 174,465 , Page 1 et Page 2 (clic pour agrandir) et le facsimile

Ce même jour, il se produisit un fait étrange, et peut-être unique dans l'histoire des découvertes scientifiques. A peine un homme était-il sorti du bureau des brevets (alors que Bell est à Boston, ce ne pouvait être qur Hubbard ou les avocats Pollok ou Bailey) pour déposer le dossier de Bell, qu'un autre physicien, M. Elisha Gray, déposait un caveat (démarche avant la demande de brevet) pour la même invention, et remettait, avec son mémoire, deux appareils, pouvant très bien fonctionner pour la transmission de la parole, quoiqu'ils différassent totalement de celui de M. Graham Bell.
Bien que la demande de M. Graham Bell eût été déposée deux heures avant celle de M. Elisha Gray, il n'y en eut pas moins contestation pour le droit de priorité, et comme conséquence, un procès entre les parties.

Controverses à propos de l'invention du téléphone
Alexander Graham Bell et Elisha Gray inventèrent chacun de leur côté, et à la même période, la technique de conversation par téléphone.
Gray déposa son Cavea deux heures avant Bell mais c'est ce dernier qui reçut la gloire et la fortune, au grand malheur de Gray. Lire la petite histoire de Gray
.
L'histoire de Gray et du téléphone est, en effet, un remarquable exemple d'invention parallèle, mais surtout, elle montre comment deux hommes, à partir d'un acquis différent, abordèrent de façon différente un même problème et une même invention. En outre, elle permet de voir comment l'un de ces deux hommes devint un héros populaire, avec tous les mythes que cela suppose, alors que l'autre resta un inventeur obscur.

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Obtention du brevet 174 465 le 7 mars 1876

(clic pour zoomer) Et dans la presse le meme jour on lisait :

Quelques jours après l'obtention du brevet, BELL reprend ses essais
, tous les appareils on été tansférés au dessus de l'atelier de Charles Wiliams à son domicile.
Entre le 7 et le 10 Mars 1876, Bell et Watson réalisent une série d'expériences avec un nouveau transmetteur non pas de type éléctromagnétique comme décrit dans le brevet mais un transmetteur à résistance variable à eau acidulée entrainant une variation de résistance du circuit lorsque la membrane entre en vibration.

L'émetteur (micro liquide) et le récepteur

Watson dans ses dernières années, tenant le téléphone original de Bell
La première conversation téléphonique de l'histoire est effectuée le 10 mars 1876, à Boston

En soirée du 10 Mars 1876 , Bell installe le recepteur dans une pièce et le transmetteur dans une autre pièce à quelques mètres. A la suite d'une nième tentative, Bell ajoute de l'acide dans le transmetteur et en renverse sur son patalon le faisant s'exclamer ;
Mr watson i want to see you
(M. Watson, j'ai besoin de vous)

De son côté Watson entend la voix de Bell dans l'appareil et se précipte dans l'autre pièce et déclare qu'il avait entendu et compris ce que Bell disait. Bell demande de répéter les mots. Watson a répondu, "Vous avez dit "M. Watson, j'ai besoin de vous" Fou de joie il se mirent à danser une danse Mohawh (tribue indienne).
...


En changeant de place Bell a pu écouter tandis que M. Watson lisait quelques passages d'un livre dans l'embouchure, les mots étaient à peine audible mais la parole venait d'être transmise pour la première fois, si on ne tient pas compte de l'histoire de Meucci
Le soir même Bell écrit à son père qu'il est enfin parvenu à transmettre la parole.


Extrait du film The Story of Alexander Graham Bell (1939)

 

 


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Fin avril 1876
Bell laisse de côté le premier transmetteur à résistance variable et revient à des expérimentations éléctromagnétiques, le concept original.
Les prototypes se succèdent l'appareil devient de plus plus performant.


Bell fait des démonstartions publiques, et le 10 Mai 1876 il réalise une conférence devant l'Américan and Sciences de Boston à l'Athenaeum
Quelques jours plus tard une démonstration est réalisée au MIT avec le même succès.

Le téléphone va prendre son essor avec l'Exposition du centenaire des Etats-Unis à Philadelphie en juin 1876.

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Gardiner Hubbard (futur beau père) qui a pris conscience du potentiel commercial du téléphone, sait que ses démonstrations ne sont qu'une étape.
Une opportunité se présente avec l'Exposition Internationale célébrant le centenaire des Etats-Unis à Philadelphie en juin 1876,
Hubbard a réservé des emplacements pour présenter les travaux de sun futur gendre.


Description publiés dans "L'engineering" du 22 décembre 1876.
(l'intégral du journal en pdf)


L'émetteur (Reproduction)

Le réepteur (Reproduction)

Parmi les personnalités présente à cete exposition, figurent Don Pedro, empereur du Brésil et SirWilliam Thomson, physicien anglais.
Ils se montrent enthousiasmés par la présentation de Bell.
Bell récite le fameux monologue d'Hamlet de Shakespeare « To Be or Not to Be ».
Don Pedro, s'arrête dans la pièce ou se tenait Bell et prend le téléphone en main et s'exclame : "Mon dieu, mais cette chose parle ".

Bell de retour à Brandford au Canada pour passer l'été chez son père, fit trois essais réussis; du Homestead au magasin général de Mount Pleasant, juste au sud de Brantford, de Brantford à la Bell Homestead, et d'une boutique du village de Paris à la Homestead. Essais dans un sens seulement avec le matériel primitif comme à l'exposition de Philadelphie.
Le 3 août 1876, trois autres essais sont faits de Brandford et Mount Pleasant à 5 km, on récite des tirades, on chante .... tout marche.
Puis dans la nuit du 10 août 1876, Alexander Graham Bell transmettait la voix humaine au moyen de fils électriques de Brantford, à Paris, Ontario, Canada, sur une distance de 13 km. Les notes de musique, la voix humaine, et les chansons parlées et chantées étaient clairement audibles à l'autre extrémité.
C'était le point culminant de plusieurs «essais de distance» que Bell avait effectués en Ontario.

De retour à Boston ou Bell retouve Watson, il abandonne le transmetteur voltaique et revient à l'idée initiale, il ne cesse alors de perfectionner ses prototypes et réussi à mettre au point un dispositif bidirectionnel, en remplaçant la membrane par un disque de fer, des éléctro-aimants par des aimants permanents, l'appareil ne nécessite plus de source de courant.
Rapidement un autre modèle fera l'objet d'un nouveau brevet , la "BOX" qui est un appareil réversible, il sert aussi bien de transmetteur que de recepteur.

En octobre 1876, Bell réussit à établir une conversation réciproque (dans les deux sens) avec Watson, au moyen de la ligne télégraphique reliant Boston à East Cambridge, dans la ville voisine.

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Le deuxième brevet : la box
Les avocats de Bell le pressent de rédiger des spécifications et le 15 janvier 1877, il dépose à Washington son deuxième brevet sur le téléphone incluant les différentes améliorations. Il lui est attribué deux semaines plus tard sous le no 186 787 dont voici une reproduction :
et ( en pdf )

Ce téléphone volumineux est une encore une boite disgracieuse (sauf pour les collectionneurs), de plus il n'y avait pas encore de dispositif tel qu'une sonnerie ou un avertisseur sonore pour attirer l'attention de la personne à la réception d'un appel. Il fallait taper fortement avec un crayon sur le diaphragme ou hurler devant l'embouchure. Son utilisation était désagréable: il fallait prendre la boite et crier, puis la porter à l'oreille pour écouter.
Malgré ces problèmes, Bell et son groupe ont décidé de commercialiser entièrement l'invention.


Le 17 mars 1877 Encouragé par ce succès, l'inventeur multiplie les essais et les démonstrations publiques comme celle réalisée sur une ligne télégraphique de la compagnie sur 9 km qui relie Boston et Malden.

Le 12 février 1877, Bell parle de Boston et se fait entendre à 22 kilomètres plus loin, à l'institut d'Essex


l'intégral du scientific American du 31 Mars 1877
Pour Bell vendre le téléphone est la conséquence logique de son invention, il partagera les droits avec ses deux associées, Watson et Hubbard.
Une nouvelle répartition sera effectuée pour donner 10% à Watson à condition qu'il quitte son emploi chez Williams pour se consacrer à la fabrication des appareils téléphoniques. Il hésita et finit par acccepter la proposition car à cette époque, chez Williams Watson gagnait un salaire de compagnon de 3,00 $ par jour et faisait la queue pour devenir contremaître.

Sur ordre de Bell, Watson, passa à Williams la première commande pour 25 box et 50 téléphones (handphone).

Hiver 1876-77
la fortune des assoiés ne suffit plus à soutenir le rythme de fabriation, Hubbard voulu offrir les droits sur le téléphone à Western Union pour 100 000 dollars, offre que Western Union refusa.

Page pour voir un peu plus de détails sur Bell

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L'histoire de A.G. BELL devient l'histoire du téléphone dans le monde, les améliorations affluent.

Entre temps le 1er Mai 1877, la première ligne téléphonique privée à usage pratique a été installée entre Boston et Somerville.

Croquis d'artiste du bureau privé de Charles Williams. et la salle de ventes dans son usine au 109, rue Court à Boston, Massachusetts . Dans cette scène, ET Holmes regarde Williams qui parle dans son téléphone.

Le premier client au monde était un ami de Williams, Roswell C. Downer, un banquier de Salem, le 1er mai 1877, Downer a loué deux téléphones qui ont été mis sur une ligne privée entre son bureau de State Street et sa résidence à Somerville.

Le premier client payant était James Emery, le 30 mai 1877, pour 20 dollars sur un bail d'un an.
Les 20 dollars, Williams les mis dans sa poche pendant un moment jusqu'à ce qu'il puisse demander à Gardiner Hubbard quoi faire, car à cette époque, seule une «association de brevets» existait, il n'y avait pas encore de socièté commerciale déclarée.

En Mai 1877 Graham Bell présente alors au public son invention sous une nouvelle forme imaginée par le professeur Pierce : "the Hand Telephone" ou "Téléphone à Main" aussi appelé butterstamp car sa forme évoquait bien les tampons pour mouler le beurre.



l'intégral du scientific American du 6 octobre 1877, le monde découvre le Hand Téléphone

C'est ce modèle de téléphone qui va rapidement faire le tour du monde et sera même copié juste avec les explications et photos lus dans la presse.

Le 9 juillet 1877 création de la société Bell Telephone Company à Boston, au Massachusetts par le beau-père d'Alexander Graham Bell, Gardiner Greene Hubbard, qui a également aidé à organiser une société sœur: Telegraph Company , Hubbard devient l'administrateur (association même pas constituée en société). Son capital est de 500 o000 dollars, dès le lendemain Bell cédera 75% de ses droits canadiens à son père Melville et 25% à C.Williams, fabricant. ancien patron de Watson à condition de fournir 1000 téléphones à Meleville. .
La compagnie de téléphone Bell a été créée pour détenir des «brevets potentiellement valables», principalement le brevet de téléphone de Bell n ° 174465.

Les deux sociétés fusionnèrent le 17 février 1879 pour former deux nouvelles entités, la National Bell Telephone Company de Boston, et la International Bell Telephone Company, créée peu après par Hubbard et dont le siège social se trouvait à Bruxelles, en Belgique.

Le 25 Juillet 1877 Bell dépose son brevet no 119626 en France , "pour des perfectionnements dans la téléphonie életrique ou la transmission des sons comme dépêches télégraphiques, ainsi que dans les appareils téléphoniques"

Le 11 juillet 1977
Gardiner Hubbard
(premier président de la National Geographic Society), n'a plus de raison de repousser le mariage de sa fille Mabel avec Bell. Mabel sourde à la suite d'une scarlatine, était élève de Graham Bell. Les jeunes gens se marient le 11 juillet, en dote Bell lui offrit un magnifique collier de perles et la majorité des actions de la nouvelle société. Le couple aura quatre enfants.
Aussitôt ils partent en voyage de noce à Brantford voir les parents de Bell, reviennent en aout à Boston ou Bell partiipera à la première réunion des actionnaires de la "Bell Téléphone".
Le 4 Août 1877, poursuivant leur voyage de noce, ils embarquent pour l'Angleterre, pays natal de Bell qu'il a quitté 7 ans plus tôt.

Mabel enceinte pendant ce séjour oblige le couple à rester sur le sol britanique, ils s'installent à Londres ou Bell reonstitue un laboratoire pour poursuivre ses travaux.
Bell en profite pour établir la première
liaison téléphonique intercontinentale (36 Km) entre Douvres et Calais sur un seul fil et retour par la terre.
Dans
l'univers illustré page 754
du 1 décembre 1877 , nous lisons en France que le téléphone vient de fonctionner entre la France et l'Angleterre.
Deux cornets acoustiques aimantés ont élé placés la semaine dernière a Saint-Margaret, sur la côle anglaise, près de Douvres, et a Sangaite, près de Calais, puis reliés entre eux par un fil métallique. Des conversations ont été échangées ainsi à travers le détroit, les résultats obtenus ont paru très satisfaisants aux inspecteurs des lignes de Douvres et de Calais.

Les téléphones qui ont servis à cet événement sont aujourd'hui chez un collectionneur Australien
.

Alexander Melville Bell, père d'Alexandre Bell, en 1877, ayant obtenu 75 pour-cent des brevets Canadiens relatifs au téléphone, engage des agents pour promouvoir la location d'appareils à relier avec des lignes privées appartenant aux locataires.
Incapable de trouver des acheteurs canadiens pour ses brevets, il les vend à National Bell (États-Unis) en 1880.

Entre temps un premier réseau fut établi à New-York en 1877, mais ce n'est que vers le milieu de l'année suivante que l'emploi du téléphone commença à se généraliser.
A partir de ce moment, son développement fut rapide. Plusieurs autres sociétés se formèrent dans les différentes contrées de l'Amérique.

En photo ci dessous, les quatre premiers modèles commerciaux de récepteurs téléphonique "hand telephone" aux USA
Ces récepteurs ont tous été fabriqués en 1877, et sont classés par ordre chronologique de gauche à droite .
Le corps des quatre modèles étaient en bois, en noyer noir pour le premier. En acajou pour le second modèle.
On utilisait des aimants permanents unipolaire et des diaphragmes en fer. Dans les trois premiers modèles, une bobine de fil isolé est placée sur l'extrémité du barreau en fer. Dans le quatrième modèle, la bobine a été placée sur une pièce polaire en fer doux qui est fixée à l'extrémité de l'aimant permanent. A droite une affiche pour une démonstration le 20 novembre 1877.

Le 1er août 1877, 778 téléphones fonctionnaient sans défaillance. Williams fabriquait des téléphones au rythme de 25 par jour.
Ce mois-ci, Williams a promis d'augmenter sa production de 25 à 50 par jour, même s'il encourait des frais de production importants.
La compagnie Bell, à court de capital, comptait beaucoup sur le crédit accordé par Williams.

L'accord de fabrication entre les détenteurs de brevets et Williams avait été informel jusqu'à présent. Un accord formel n'a été conclu que le 1er août 1878, conférant à Williams des droits de fabrication exclusifs. Il s'agissait d'un contrat écrit de trois pages.
La Bell Telephone Company a accepté d’acheter tous ses téléphones auprès de Williams, en lui versant 1,60 $ pour chaque téléphone portable et 2,45 $ pour chaque poste téléphonique.
Chacun a été soumis à l'inspection du surintendant de l'entreprise, Watson. Williams a numéroté les instruments en série, les baux ont été étroitement surveillés et Watson a personnellement envoyé tous les instruments.


Ces téléphones étaient facilement installés sur les réseaux de sonneries privées pour communiquer d'une pièce à l'autre ou vers un autre poste via une ligne télégraphique.


Modèle Mai 1877 avec bouton d'appel pour interpeller l'opératrice

Plus tard en 1878 , la simple planche sera remplacée par un boitier appelé le "Coffin Téléphone " (oui son boîtier fait penser un peu à un cercueil) voir la photo ci dessous équipé de 1 ou 2 hand-téléphone pour écouter et parler.
Le Coffin est équipé d'un générateur à magnéto entraîné par une manivelle à main qui envoie du courant alternatif sur la ligne pour alimenter un dispositif de sonnerie reliée soit à un téléphone directement au bureau central , pour alerter un opérateur, ou à l'autre correcpondant en point à point.
Watson a déposé le brevet de la sonnerie , le 1er Août , 1878.

De 1877 au printemps 1879, la compagnie Bell comptait exclusivement sur le magasin de Williams pour les téléphones et les appareils connexes.
Au début de 1879, Williams ne pouvait plus répondre à la demande. Les ouvriers de Williams n'étaient pas habitués à faire de la de production, ils étaient considérés comme des artisans, habitués à apporter des modifications à la volée aux inventeurs.
En outre, Williams a déclaré: «Presque tous les lots que nous avons trouvés étaient une amélioration par rapport aux précédents.
Le 7 février 1879, les employés de Williams travaillaient 11 heures par jour, mais la production ne pouvait atteindre que 35 téléphones par jour.


1877 en Amérique à New Haven , le premier centre téléphonique manuel ouvre : (le standard manuel)
Le 9 juillet 1877, The Electric Telephone Company
était organisée comme une «association bénévole» sans personnalité morale, sans capitalisation.
Un accord formel n'a été établi que le 1er août 187
8, donnant à Williams les droits exclusifs de fabrication. Il s'agissait d'un contrat de trois pages écrit à la main.
La compagnie de téléphone Bell a convenu d'acheter tous ses téléphones à Williams, en lui payant 1,60 $ pour chaque téléphone à main, et 2,45 $ pour chaque téléphone Box. Williams numérotait tous les instruments avec un numéro de série, les baux ont été étroitement surveillés, et Watson personnellement expédié tous les téléphones.
Williams fabriquait des téléphones au rythme de 25 par jour. Ce mois-ci, Williams a promis d'augmenter sa production de 25 à 50 par jour, bien qu'il encourrait des dépenses de production importantes. La compagnie Bell, à court de capital, s'est fortement appuyée sur le crédit accordé par Williams.
Courant Juillet la compagnie posséde 200 lignes, mises en service (point à point) avec 2 postes et une ligne.

Hubbard décide d'appliquer une politique de location au lieu de vente des téléphones pour 20 dollars l'an à un particulier, 40 à une société, les premiers clients sont des sociétés, banques, journaux ... sur de courte distances.
Fin 1877 la Bell Compagny aura plus de 600 abonnés relié point à point.
Dès ses balbutiements le téléphone vise le grand public, la question du centre téléphonique se pose très vite.
Un des premiers essais connu est celui d'E.T.Holmes qui posédait à Boston une entreprise de systèmes d'alarme ou les maisons à protéger étaient reliées par un système de sonnerie éléctriques. En mais 1877 il installa des téléphones chez certains de ses clients qui demandèrent bientôt de communiquer entre eux.
A la même époque, I.Smith, pharmaien à Hartford Connecticut, installa un réseau téléphonique entre son officine, les cabinets de médecins en ville et les écuries. Il avait fabriqué lui même un standard primitif qui permettait aux médecins de communiquer entre eux en cas d'urgence avec les palefreniers.
Ce système connu son petit succès et fût étendu à d'autres personnes.

Arrive alors le premier commutateur manuel à New Haven

George W. Coy inspiré par la conférence d'Alexander Graham Bell au Skiff Opera House à New Haven le 27 avril 1877 ouvre le premier service commercial de téléphonie en janvier 1878 à New Haven, Connecticut.
Le 3 novembre 1877, Coy a demandé et obtenu une concession de la Compagnie de téléphone Bell pour les comtés de New Haven et de Middlesex.
George W. Coy, avec Herrick P. Frost et Walter Lewis, créent la District Telephone Company de New Haven le 15 janvier 1878.
Le 28 janvier 1878 dans une vitrine du Boardman Building à New Haven, était ouvert le premier système commercial au monde qui permettait à de nombreux clients de communiquer entre eux,
Sans même être au courant des premières expériences de réseaux, George W. Coy a conçu et construit le tout premier tableau de distribution à usage commercial, ce concept sera le fondement de tous les centraux manuels dans le monde entier.
Ce tableau désservait des cabines publiques qui avaient jusque là abrité de l'équipement télégraphique, 21 postes (télégraphes) étaient branchés sur sur 8 lignes.
Les premiers tableaux de commande ont été construits à partir de «boulons de carrosserie, de poignées de couvercles de théière et de câbles divers» et le tableau ne pouvait gérer que deux conversations simultanées.
Les standards ultérieurs consistaient en un nombre de cadresexploitées par les opérateurs. L’opérateur doit s’asseoir devant unà trois cadres de prises téléphoniques avec plusieurs rangées de cordons téléphoniques, chacune correspondant à la terminaison locale d’une ligne d’abonné.

Le tableau se compose de quatre bras (connexion métallique) pouvant être tournés de manière circulaire pour établir les contacts, les terminaisons de la ligne partagée, un avertisseur, une réglette avec contacts, un instrument téléphonique opérateur et un appareil appelant.
Le tableau dessert huit lignes de groupe et chaque ligne de groupe dessert en moyenne douze abonnés, ce qui permet de desservir 12 × 8 = 96 abonnés.
L'opérateur peut manipuler les connexions à l'aide de quatre bras en laiton rotatifs. Sur ces quatre bras, deux bras sont utilisés pour connecter deux fils des deux abonnés (appelant et appelé) sur le tableau, le troisième bras est utilisé pour connecter l'opérateur au circuit et le quatrième bras est utilisé pour faire sonner l'abonné appelé. Une fois la connexion sur le groupe de l'appelé établie, l'opérateur envoie un courant d'appel sur le groupe de téléphones reliés sur la lignes (de huit téléphones maximum). Si il veut joindre le cinquième abonné, il envoi cinq signaux longs sur la ligne (avec le calling device) pour indiquer que cet appel est destiné à l'abonné cinq. Si le demandé répond, il termine la connexion avec le demandeur ...
Cet équipement continua à fonctionner en paralléle au téléphone et servait à signaler le début et la fin de la communication téléphonique à l'opérateur.
Deux personnes étaient nécessaires, un assistant recevait les signaux télégraphiques et prévenait par bordereau de papier le téléphoniste qui établissait la communication.
C'était pas très commode mais c'était un succès foudroyant.
Watson amènera la touche pratique avec la sonnerie à magnéto , Brevet du 1er Août , 1878 .

Le 17 février 1878, Western Union qui représentait alors 250 000 abonnés, ouvrit son premier tablean standard avec 18 téléphones à San Francisco.
Suivi le premier central téléphonique à Albany, État de New York, le 18 mars 1878 et à Lowell, Massachusetts le 19 avril 1878. A Lowell, les téléphones étaient désignés par les numéros et non par les noms des personnes.

Deux ans plus tard il y avait 138 centraux manuels aux USA, en 1908 il y en avait 408
.
Ce tableau a été conçu et construit par M. Coy, en décembre 1877, avec l'aide d'un charpentier local. Le tableau formait une partie de la cloison qui séparait le bureau de la salle des batteries. Il permettait établir 8 conversations simultanées.
A cette époque une ligne pouvait relier 12 abonnés en moyenne sur deux fils.

Pour autant qu'on le sache, aucune photographie n'a été prise, et depuis la cloison a été cassée, le standard a été perdu.

Le cadre de 8 indicateurs était l'avertisseur d'appel d'un client qui se signalait, sur son groupe de 8 lignes. L'opérateur devait commencer les manipulations pour mettre en relation ce client.
Dessous il y avait une grosse bobine du dispositif d'appel connu sous le nom de «squealer de Watson» ou «le poulet de Coy», nom donné par le grincement du son aigu que le demandeur entendait, il pouvait être entendu dans toutes les parties d'une grande pièce. La rangée de plots inférieures servait au téléphone de l'opérateur pour parler sur les lignes.

Pour l'usage de ses abonnés à New Haven, M. Coy a fixé le téléphone manuel en acajou sur un crochet en acier vissé dans un panneau en noyer qui était fixé au mur de la chambre ou du bureau de l'abonné.
Qutre vis pour les connexions des fils à chaque coin de ce panneau, un parafoudre.un bouton-poussoir pour appeler le «Central».
Sous le bouton poussoir était inscrit le numéro du téléphone.

Ce plan est l'un de plusieurs plans que G.W.Coy fit après l'installation initiale du standard, pour pouvoir breveter son invention.


Carte de visite de 1877 Agrandir (carte)

Puis ce sera une sucéssion d'amélioration des 'switchbord' ou 'centre manuel', qui seront installés partout dans le monde
Dans les premiers modèles il est nécessaire d'alimenter le circuit avec des piles installés chez le client.
(batterie locale).

On trouve trace du tout premier annuaire dans le Butland Daily Globe du 15 Février 1877. Bien qu'il y ait eu des listes antérieures qui montraient les abonnés commerciaux des compagnies de téléphone, ceci est considéré comme le premier annuaire téléphonique parce qu'il énumère les personnes qui ont obtenu un service téléphonique

La première publication de numéros de téléphone ne contenait que 50 noms et tenait sur une seule page de carton .
Elle a été imprimée le 21 février 1878 à New Haven, après l'installation du switchboard fin 1977
Bien qu'il existe de nombreuses réimpressions de ce fameux document, sur les 150 exemplaires initialement imprimés, seul un survit. conservé au Centre de recherche Thomas J. Dodd de l'Université du Connecticut.


LIST OF SUBSCRIBERS.
New Haven District Telephone Company. OFFICE 219 CHAPEL STREET.
February 21, 1878.

Residences.
Rev. JOHN E. TODD.
J. B. CARRINGTON.
H. B. BIGELOW.
C. W. SCRANTON.
GEORGE W. COY.
G. L. FERRIS.
H. P. FROST.
M. F. TYLER.
I. H. BROMLEY.
GEO. E. THOMPSON.
WALTER LEWIS.

Physicians.
DR. E. L. R. THOMPSON.
DR. A. E. WINCHELL.
DR. C. S. THOMSON, Fair Haven.

Dentists.
DR. E. S. GAYLORD.
DR. R. F. BURWELL.

Miscellaneous.
REGISTER PUBLISHING CO.
POLICE OFFICE.
POST OFFICE.
MERCANTILE CLUB.
QUINNIPIAC CLUB.
F. V. McDONALD, Yale News.
SMEDLEY BROS. & CO.
M. F. TYLER, Law Chambers.






Stores, Factories, &c.
O. A. DORMAN.
STONE & CHIDSEY.
NEW HAVEN FLOUR CO. State St.
" " " " Cong. ave.
" " " " Grand St.
" " " Fair Haven.
ENGLISH & MERSICK.
NEW HAVEN FOLDING CHAIR CO.
H. HOOKER & CO.
W. A. ENSIGN & SON.
H. B. BIGELOW & CO.
C. COWLES & CO.
C. S. MERSICK & CO.
SPENCER & MATTHEWS.
PAUL ROESSLER.
E. S. WHEELER & CO.
ROLLING MILL CO.
APOTHECARIES HALL.
E. A. GESSNER.
AMERICAN TEA CO.

Meat & Fish Markets.
W. H. HITCHINGS, City Market.
GEO. E. LUM, " "
A. FOOTE & CO.
STRONG, HART & CO.

Hack and Boarding Stables.
CRUTTENDEN & CARTER.
BARKER & RANSOM
.

.A New Aven le tableau initial fit place à un nouveau modèle
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Fait divers, en 2008 une autre impression a été retrouvée, la deuxième officiellement, publiée en novembre 1878 et qui a été vendue par Christie's pour 170 500 $ aux enchères. Voir le site Christie's de cette vente.

,20 pages , 391 abonnés au service téléphonique. On y trouve aussi des informations sur la façon de faire et de recevoir les appels :
Il n'y avait toujours pas de numéros de téléphone répertoriés, tous les appels devaient être connectés via l'opérateur.
Tous les appels étaient limités à 3 minutes. Tous les fils étaient connectés à un bureau central et, comme l'expliquait la Connecticut District Telephone Company dans son premier annuaire, 400 à 500 abonnés s'étaient inscrits au cours des neuf premiers mois, les fils s'étendaient maintenant sur plus de 50 milles vers différents quartiers de la ville.

Peu après à New York,le premier annuaire téléphonique fut publié le 23 octobre 1878, par la Bell Telephone Company de New York,
il énumérait les noms et adresses (toujours pas de numéros) des 256 abonnés.
Dans les listes on y trouvait 46 banques et banquiers, 26 bijoutiers, 27 producteurs de produits, de coton, de pétrole et de commission, 21 importateurs,
19 négociants en médicaments, de produits chimiques et d'huiles essentielles ... , 10 hôtels, 10 compagnies d'assurance, 9 «soie et dentelle», 6 sociétés de transfert,
et de nombreux vendeurs de bagages, coffres-forts, alarmes antivol, cigares, billets de chemin de fer, gants, colliers et manchettes, fournisseurs et fournisseurs de «partout partout»
Quelques-unes des entreprises énumérées sont encore des noms familiers: E. Remington & Sons et C. Pfizer & Co., par exemple.
Le service d'incendie Fire Patrol a été un des premiers à adopter la nouvelle technologie, avec cinq adresses répertoriées dans le répertoire.

Dès le lancement initial des téléphones en 1878, les abonnés étaient identifiés par leur nom et les opérateurs téléphoniques employés étaient appelés à savoir quelle ligne était attribuée au nom..
Cependant, en peu de temps, il est devenu évident que cette méthode devint inefficace.
C'était un cas de rougeole à Lowell, Massachusetts en 1879 qui a éclairé un des médecins de la ville pour suggérer un changement dans la façon dont les abonnements téléphoniques ont été assignés.
Dr. Moses Greeley Parker savait que les opérateurs employés à leur central téléphonique étaient les seuls familiers avec les noms des abonnés. Ainsi, si des opérateurs de remplacement étaient amenés à les remplacer,ils n'auraient aucune idée de la prise téléphonique du standard qui appartenait à qui.
Par conséquent, il n'y aurait pas d'accès au service téléphonique si tous les standardistes de la ville étaient infectés par la rougeole.
Par conséquent, il serait judicieux de mettre en place un nouveau système d'affectation qui serait simple à prendre en charge par les opérateurs de substitution afin de maintenir le fonctionnement de l'échange.

C'était aussi la suggestion du Dr Parker de convertir à un système de numéro de téléphone à la place.
Et bien que la première réaction de la compagnie de téléphone ait été négative parce qu'ils envisageaient leurs abonnés de trouver cette nouvelle méthode dégradante, ils se sont rapidement rendu compte que le docteur avait un très bon point.
Le nouveau système de numéros de téléphone a été immédiatement mis en place et est en vigueur depuis.


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Les démonstrations se multiplient aux quatres coins du pays, certaines villes commencent à installer des appareils, comme à Chiago en 1877, quelques mois après qu'un petit groupe d'investisseurs du Massachusetts ait décidé de commercialiser la remarquable invention d'Alexander Graham Bell.
Comme nous l'avons vu, si les circonstances avaient été différentes, il est concevable que Chicago et non Boston, serait aujourd'hui le berceau de l'industrie du téléphone avec la Western Electric, important fabricant d'équipements électriques.
Chicago regorgeait d'un grand nombre de bricoleurs techniquement formés qui étaient familiers avec les derniers développements de la science électrique.
L'un des plus prolifiques de ces inventeurs était le président de Highland Park, Elisha Gray.pour qui sa demande de brevet est parvenue au gouvernement seulement deux heures après une application similaire de celle de Bell.
La malchance de Gray a contribué à garantir que l'histoire de la téléphonie à Chicago serait longtemps dominée par des entreprises qui ont ramené leur lignée à Bell. Ces entreprises comprenaient Chicago Telephone Company, la société dominante de Chicago au tournant du XXe siècle, et Illinois Bell, qui a absorbé Chicago Telephone en 1920.
Ces deux entreprises étaient des piliers du "Bell System", le réseau téléphonique national qui était coordonné après 1900 par American Téléphone et Télégraphe (AT & T).

Tivadar Puskás Tivadar Puskás ingénieur et inventeur Hongrois qui après avoir étudié le droit à Vienne, des études d'ingénieur à l'université de Budapest qui en 1866 émigre à Londres, puis en 1873 part travailler aux États-Unis, où il collabora avec Thomas Edison et son équipe, il crée le « Telegraph Exchange », un multiplex qui aboutit à la construction du premier centre manuel téléphonique expérimental à Boston.
Il fut inauguré par la Bell Telephone Company à Boston en 1877
.
En
tant que détenteur d'une licence d'Edison, en 1879 il revint en Hongrie et, en collaboration avec son frère (Ferenc), il construisit des centraux manuels sur le territoire de l'empire austro-hongrois, puis il construit le premier véritable centre téléphonique manuel de grande envergure en 1879 à Paris le premier en Europe, puis à Marseille, à Budapest ... .

La légende raconte que le mot « Allô ! » (ou « ha-lo ! ») utilisé internationalement pour les appels téléphoniques vient du hongrois, parce que le pionnier du téléphone Tivadar Puskás lors de son premier essai répondit : « Je vous entends », ce qui se dit en hongrois : hallom, et les étrangers qui assistaient à cette expérience reprirent ce mot sous la forme d'une onomatopée, qui devint internationale — à l'exception des Italiens qui disent pronto!, des Portugais qui disent estou?/estou, sim?, ou des Japonais qui disent mushi mushi.

Dans les premières années, le téléphone était principalement utilisé pour faciliter les communications dans une ville ou une région métropolitaine.
Le système Bell demeura l'épine dorsale de l'infrastructure de communications américaine des années 1870 jusqu'à la dissolution d'AT & T en 1984.
Le premier demi-siècle de la téléphonie à Chicago fut une période de croissance rapide, et même souvent extraordinaire.

Comme en Angletrre, en Amérique les affaires vont mal, en décembre 1877 moins de six mois après la création de la Bell Telephone Compagny,
Orton l'ennemi juré contre le sytème Bell, constate que le téléphone est une sérieuse menace au monopole du télégraphe,la concurence joue sur ce marché titubant, quelques mois après avoir négligé le téléphone, le géant Western Union commence à relier par téléphone ses principaux clients aux bureaux télégraphiques, sans tenir compte du succès des centraux téléphoniques manuel.

En 1878, la première compagnie Bell a commencé ses activités avec seulement 75 téléphones.

Le 12 Février 1878
sous l'impulsion de Hubbard la New England Telephone Company fut créée parceque la soièté fidulaire Bell Telephone Company et son investisseur Sanders n'avait enore pas touché un sou. Il fallait trouver de l'argent. La bell Compagny céde des droits d'installation à une autre soiété. ...
En Mai Hubbard engage un jeune manager T.N. Vail en temps que direteur de la Bell Compagny. Aussitôt envoie à tous ses agents du térritoire une copie du brevet de Bell et d'une note pour combattre toute tentative d'implantation de téléphonique de la part de la Western Union.
le 12 septembre 1878 Hubbard et Vail assignent en justice Peter A Dowd, de la Speaking Telephone Compagny, pour détournement de brevet et contrefaçon.

Mai 1878 en Angleterre, Mabel donne jour à une petite fille Elie May.

Hubbard demande à son gendre Bell de revenir aux Usa. Mais Bell ne veut plus entendre parler du téléphone, il désire refaire de l'enseignement.
Le 31 octobre 1878, la petite famille Bell reprend le bateau jusqu'à Québec.
A sa grande surprise l'attendait T.Watson son fidéle collaborateur, envoyé par Hubbard pour le convaincre de rentre à washington au bureau des brevets.
suite au procès intenté le 12 septembre par Hubbard et Vail, le tribunal a besoin de compléments à fournir par l'inventeur lui même.

Mi 1878, la Boston Telephone Dispatch company commença à engager des garçons comme opérateurs téléphoniques.
Ceux-ci avaient été très efficaces comme opérateurs télégraphiques, mais leur attitude (manque de patience) et leur comportement (farces...) étant inacceptables pour des contacts téléphoniques instantanés, les entreprises commencèrent donc à employer des femmes pour les remplacer.
Ainsi le 1er septembre 1878, la Boston Telephone Dispatch engagea Emma Nutt. C'était la première femme opératrice.
Les petites villes avaient traditionnellement leur standard téléphonique installé dans la maison de l'opérateur pour qu'il ou elle puisse répondre aux appels 24 heures sur 24.
Les hommes ont été rapidement remplacés et ne sont pas revenus avant le début des années 1970, lorsque la loi fédérale exigeait l'égalité des chances.

New York’s central telephone exchange office.

Thomas Edison À la fin de 1877, avait conçu un émetteur dans lequel un petit bouton de carbone noir de fumée était placé sous le diaphragme de l'émetteur, bien plus performant que le téléphone Bell utilisé en émetteur.

Western Union créa une filiale l'American Speaking Telephone Company qui chargera Elisha Gray de construire un téléphone différent de celui de Bell.
Celui ci achetera le brevet de Thomas Edison pour 100 000 dollars l'hiver 1876-77, et aussi le brevet Dolbear
.

Un autre inventeur Américain, George Phelps dès 1877, effectuait des travaux sur l'amélioration du téléphone et avait conçu un nouveau récepteur.
Dans le cadre d'un test entre New York et Philadelphie, au début de 1878. Charles Batchelor, assistant en chef de Edison, était présent à Philadelphie.
À New York, William Orton (président de l’UA) Thomas Edison et George Phelps étaient présent, résultat des tests, le Telephone d'Edison était bien supérieur au téléphone basique de Bell en tant qu'émetteur et devenait ainsi l'émetteur standard utilisé par Western Union. Le récepteur de Phelps utilisé était le téléphone à couronne unique.
Western Union a commercialisé ses téléphones via ses filiales: The American Speaking Telephone Company et The Gold and Stock Telegraph Company.
Ils ont vendu des téléphones utilisant le Telephone d'Edison comme émetteur associé au téléphone à couronne unique de Phelps comme récepteur.
Le téléphone de Gray était également associé à l'émetteur Edison.
L'usine de Western Union à New York, dirigée par Phelps, construira des appareils télégraphiques et téléphoniques de 1877 à 1879.

G.M. Phelps le brevet 218 684 du 4 juin 1879.
"Ma présente invention concerne cette classe de téléphones parlants adaptés pour fonctionner soit comme émetteurs soit comme récepteurs; et mon amélioration concerne plus particulièrement la forme de l'aimant permanent, son procédé de combinaison avec l'électro-aimant, le boîtier, le diaphragme et embout buccal et avec les fils conducteurs. "

Le téléphone Pony Crown, le téléphone à couronne unique et le téléphone à double couronne ont tous été dérivés de ce brevet.
Au lieu d'utiliser un petit aimant permanent, comme d'autres modèles du jour, Phelps utilisait un certain nombre de barres magnétiques permanentes pliées sous une forme circulaire. Le résultat était une forme qui ressemblait à une couronne.

Cette série de téléphones de Phelps était son téléphone le plus utilisé et le plus distribué aux États-Unis et à l'étranger.


On trouvera ci-dessus deux exemples de téléphones construits par Phelps dans son usine, illustrant les combinaisons Edison / Phelps.
Les boutons en carbone utilisés dans la fabrication des émetteurs d'Edison ont été fournis à Phelps directement par Edison de Menlo Park.
À la fin de 1879, Western Union et Bell ont conclu une poursuite en contrefaçon de brevet déposée par Bell.
Dans le règlement, Western Union a vendu à Bell ses centraux téléphoniques dans 55 villes et 56 000 téléphones d’abonnés.


Publicité de 1878 par The Gold and Stock Telegraph Co .. Tous les instruments téléphoniques dans cette annonce, à l'exception d'Elisha Gray's Bi-Polar, ont été construits dans le Phelps / Western Union

Un autre inventeur Emile Berliner, Allemand immigré en Amérique dépose un brevet de microphone à charbon comme sont concurent Edison que la Bell Telephone à retenu. Brevet:. Patent 199,141 Telephone . the transmitter, déposé October 1877, sera accordé le 15 January 1878

Berliner avait observé la concurrence entre les deux sociétés et avait décidé qu'en tant qu'individu, il ne pouvait espérer concurrencer les sociétés.
Il a choisi de jeter son sort avec Bell depuis que Western Union avait déjà courtisé Edison.
Moins d'une semaine après avoir obtenu le brevet de transformateur, il a écrit une lettre à la Telephone Company de New York, filiale de la Bell Telephone, lui offrant ses inventions pour 12 000 dollars (environ 271 000 dollars en 2010).
La compagnie l’a refusé, mais une nouvelle correspondance entre Berliner et la filiale de Bell a abouti à une exposition à New York de Berliner sur des inventions devant des dirigeants de la Telephone Company de New York intéressés par ses inventions mais trop timides pour les acheter.
Néanmoins, les responsables de la Telephone Company of New York ont décrit plus tard les appareils de Berliner à Gardiner G. Hubbard, le beau-père d’Alexander Graham Bell et le premier président de la Bell Telephone Company.
Bell Telephone a tardé à réagir aux efforts de lobbying de Berliner, mais il l'a finalement fait au début de 1878 lorsque Thomas A. Watson, ancien assistant d'Alexander Graham Bell et surintendant de Bell Telephone, s'est personnellement rendu à Washington pour inspecter les inventions de Berliner. émetteur.
«Après une brève vingt minutes, il a conclu sa visite avec les mots:« Nous le voudrons, M. Berliner. Vous entendrez parler de nous dans quelques jours. »
Après des mois de négociations, Berliner a vendu son brevet de transformateur et les droits de son émetteur et brevet de microphone à Bell Telephone pour 50 000 $ (environ 1,1 million de dollars). 2010 $).
Berliner a également travaillé pour Bell Telephone en tant qu’ingénieur en chef de la société, d’abord à New York, puis à Boston .

Ironiquement, quand il a finalement pu reprendre ses fonctions chez Bell Telephone en janvier 1879, la première tâche de Berliner fût de travailler sur un microphone / émetteur modifié par un inventeur différent, Francis Blake.
Le transmetteur Blake
fonctionnait mieux que le modèle Berliner mais nécessitait un ajustement presque constant.
La double ironie dans le fait que Berliner, plutôt que Blake, travaillait à améliorer l’appareil était que ce dernier avait également subi une dépression nerveuse et était incapable de modifier son appareil pour Bell.
En six semaines, Berliner a résolu le problème avec l’émetteur, permettant une production de masse pouvant aller jusqu’à 200 par jour. Il a personnellement supervisé la fabrication des 20 000 premiers émetteurs.

Janvier 1879, la Bell Telephone Company fusionna avec la New England Telephone Company pour former une nouvelle entreprise la National Bell Telephone Company, à sa tête le financier, William H. Forbes, gendre de Ralph Waldo Emerson , devint l'un des plus importants.
Théodore Vail en devint le directeur général, et Hubbard le président.
La nouvelle entreprise reçu en dotation les brevets de Bell et les droits d'exploiter le téléphone en Nouvelle-Angleterre en échange d'une participation de 50%
C'était le succès qui servira de modèle pour le "Bell System", jusqu'en 1894
La compagnie Bell a commencé à chercher d’autres fabricants pour construire l’équipement téléphonique associé, comme des sonneries d’appel et des appareils d’échange, afin de libérer Williams afin qu’il puisse se concentrer sur les téléphones.
Au printemps de 1879 la National Bell Telephone Company a conclu des ententes avec quatre autres fabricants d'équipement téléphonique.
The Electric Merchandising Co. de Chicago, Davis et Watts de Baltimore, Post and Company de Cincinnati et la Indianapolis Telephone Company (une récente licence de Bell gérée par ET Gilliland) Williams était toujours le seul producteur de récepteurs et d’émetteurs, mais désormais libre de concentrez-vous sur eux seulement, bien qu'il ait fait des appareils pour les marchés de la Nouvelle-Angleterre et de New York.
À la fin de l’année, Williams avait investi 2 000 dollars dans de nouvelles machines et porté sa main-d’œuvre à 60.
Sa production est passée à 670 téléphones par semaine et, en 1880, à 1 000 par semaine, mais cela ne suffisait toujours pas.
Durant cette période, Bell fait face à une forte concurrence de la part de Western Union.
En 1877, Gardiner Hubbard avait offert les droits de Bell à la Western Union pour 100 000 $, mais Western Union a refusé et décida plus tard de se lancer dans le secteur du téléphone avec les brevets d'Elisha Gray,
Thomas Edison, George Phelps et d'autres entreprentent un procès pour contrefaçon de brevet qui en novembre 1879 a abouti en faveur de Bell.
À Chicago et à New York. Ce règlement en justice a exclu la Western Union des activités téléphoniques


Au début de l'année 1879, on comptait plus de 26 000 téléphones Bell d'un usage quotidien aux États- Unis.

Avec tous ces perfectionnements dès 1878, le développement et le commerce du téléphone s'étend dans le monde entier.
On peut suivre le début de cette évolution dans les parties : Histoire du téléphone en France, les Réseaux et Centraux en France. Histoire du téléphone au Royaume unis.

En 1879 Gardiner Hubbard fonde l'International Bell Telephone Company afin de promouvoir la vente de son équipement téléphonique dans toute l'Europe.
Lors de sa tournée sur le continent, le gouvernement belge lui a offert les meilleures incitations financières pour établir le siège de sa filiale européenne dans son pays. L'International Bell Telephone Company (IBTC) est rapidement devenue une société de portefeuille pour ses différentes divisions de service téléphonique et de production, dont la principale entreprise manufacturière est la Bell Telephone Manufacturing Company (BTMC), fondée à Anvers, en Belgique, le 26 avril 1882.
BTMC a été créée en tant que coentreprise par International Bell Telephone Company de New York et Western Electric Company de Chicago, Illinois.
BTMC a ensuite créé la Compagnie Belge du Téléphone Bell la même année que sa filiale belge d'exploitation de services téléphoniques, l'une des nombreuses sociétés qui fournissaient ce service dans le pays, les autres ayant principalement évolué à partir de transporteurs télégraphiques.

1879 est l'année du début des inventions et des brevets de systèmes de commutation automatique

Au cours des 10 à 15 premières années de la téléphonie, plusieurs inventeurs ont eu l'idée de remplacer les opérateurs et leurs tableaux à cordons enfichables, par des installations automatiques.

Seulement un an après M Coy à New Haven, En 1879 Daniel et Thomas Connolly avec J.McTighe Américains de Grande Bretagne, mettent au point le premier commutateur téléphonique automatique au monde. (brevet automatic telephone-exchange 22.458) perfetionné en 1881, breveté en 1883.

Ce modèle sera installé pour l'exposition universelle de Paris en 1881
et il occupe actuellement une place d'honneur au Musée national d'histoire et de technologie, à Washington.
Lors de la même exposition à Paris, deux inventeurs français, Leduc et Bartelous, ont présenté des systèmes automatiques, qui n’ont jamais été utilisées.
Le premier système utilisé provient d'un ingénieur britannique, Dave Sinclair. Les brevets britanniques 3380 et 5964 ont été délivrés en 1883 et le brevet 8541 en 1884. Le système de Sinclair a été utilisé à Coatbridge, en Écosse, et peut être considéré comme un précurseur des systèmes semi-automatiques.
Des maquettes du système sont exposées à Londres au Museum of Institution of Electrical Engineers et au Science Museum de South Kensington.


Les brevets en veux tu en voila : On ne peut affirmer qu'aucun d'entre eux n'a fait progresser l'art de la commutation automatique mais peu seront c ommércialisés, à l'exception du brevet Strowger (n ° 447 918). ) de 1891 et des brevets Strowger suivants.
Les brevets n ° 223,201 ,223,202 et 224 565 délivrés à George Westinghouse Jr. en décembre 1879 et 1880, ont été les premiers à permettre l'exploitation d'un certain nombre de clients de banlieues ou de satellites, pour de petits configurations.
+
Plusieurs autres brevets couvrant des systèmes automatiques de village, de maison et d'usine, non inclus dans la liste, ont également été délivrés pendant cette période.

Une liste des brevets relevant de la classification "Bureaux téléphoniques automatiques" de l'Office des brevets est donnée dans le tableau ci dessous.
Extrait du document
de la Bell Laboratoire, ou vous y trouverez beaucoup plus de détails page 26

Les vingt-six brevets sur la liste qui ont été délivrés entre le brevet de Connolly et McTighe de 1879 et le brevet de Strowger n ° 447 918 de 1891 concernent tous des petits centres reliés au central principal manuel d'une ville, regardons un échantillon des plus marquantes.

1881 E. BUELL,
TELEPHONE EXCHANGE SYSTEM. No. 248,134. 7 Patented Oct. 11,1881. (pas évident à comprendre)

1881 En Hongrie, Ferenc Puska a développé un équipement de commutation téléphonique automatique qui a été mis en service le 1er mai 1881.

1882 Suite des brevets Connelly, US262645, US262646, US262647, US263862 et en 1884 brevet US295356

1884 Le système Village inventé par E. T. Gilliland,de l'American Bell Telephone Company,
brevet n ° 306,238 du 7 octobre 1884, avec des améliorations ultérieures, jouissait d'une utilisation commerciale limitée.
Pour faire un appel, l'abonné presse un bouton correspondant à la ligne de la station souhaitée, il connectait son téléphone à cette ligne, et si , à l'écoute, il découvrait que la ligne n'était pas en conversation , il sonnait l'abonné avec sa magnéto, la conversation pouvait se faire si le demandé décroche son appareil.
Ce système, installé pour la première fois à Leicester (Massachusetts) en 1885 sera utilisé par la suite dans plusieurs petites villes, a été exposé à l'Exposition universelle de Chicago en 1893.

En Suède, en 1885, Henrik Tore Cedergren développa un équipement de commutation automatique pour cinq abonnés.

1886 Gilliland a également déposé le brevet n ° 334,014, par lequel l'opérateur de Vorcester
pouvait actionner un sélecteur rotatif à Leicester, à six milles de distance, en sélectionnant et en appelant n'importe quelle ligne du système Village.
Cela pourrait être considéré comme une forme embryonnaire de numérotation par un opérateur. En 1885, elle fut commercialement utilisée.

Thomas D. Lockwood, directeur du département des brevets de la société américaine Bell Company, est également entré dans le domaine de la commutation et a obtenu deux brevets, les numéros 335 708 et 372 378, délivrés respectivement en 1886 et 1887

En 1886 en Italie, dans l'Etat autonome du Vatican, puis sous le règne du pape Léon XIII, G. B. Marzi développa et installa un commutateur automatique.
Dix stations téléphoniques furent exploitées pendant plusieurs années via cet système dans les bureaux du Saint-Siège.


1887 En Russie, un système de commutation téléphonique automatique a été développé successivement par K. I. Mostsisky


1890 un autre brevet, No 435 295, avait été délivré au Dr iamilliam I-I. Ford, de Saint-Louis, en août 1890.
C’est le résultat de plusieurs années de travail de son inventeur. En raison de sa complexité il n'aura pas de succès,

En 1889, HV Hayes et HD Sea, de l’American Bell Telephone Company, ont conçu un système de numérotation pour les petites circonscriptions, qui a ensuite été couvert par le brevet n ° 457 477, délivré en 1891. Il utilisait un système mécanisme de commutation rotatif pour chaque ligne, qui pourrait être mis en mouvement, par l'intermédiaire d'un relais polarisé et d'autres appareils d'intervention, par des courants plus ou moins émis sur la ligne par la magnéto abonné. Le mode opératoire était assez compliqué et le système n'a jamais dépassé le stade du laboratoire. Il s'agissait toutefois du premier travail d'ingénieurs américains de Bell sur de véritables centraux téléphoniques.
Les véritables avancées de l'art du central téléphonique avant le brevet Strowger de 1891 provenaient d'inventions non directement liées aux systèmes téléphoniques automatiques. Le 2 novembre 1889, par exemple, J. G. Smith, de New York, a déposé un brevet sur un système de commutation à cadran pour lignes télégraphiques, qui a été délivré le 23 août 1892 en tant que brevet. 481,247.
C’était le brevet qui devint plus tard un élément essentiel de tous les centraux téléphoniques, à l’exception des plus petits.
Dans deux brevets ultérieurs, les brevets n ° 550 728 et 550 729, publiés en 1895, J. G. Smith appliqua les fonctions de son central téléphonique télégraphique à un central téléphonique.
Le brevet n ° 329 874, délivré à Thomas Ahearn, d'Ottawa, Canada, en 1885, couvrait le signal d'un gardien. Afin de contraindre un gardien à faire son tour à chaque station au moment voulu, Si le gardien n'est pas arrivé à une station dans l'intervalle de temps imparti, une alarme retenti à la gare centrale.
Ce brevet n'était qu'une divulgation partielle du principe du détecteur de ligne. Il est mentionné ici car il a été cité par le Bureau des brevets dans le cadre de l'invention de Van Size.
Le brevet n ° 393 529, délivré à W. B. Van Size, de Plainfield, N. J., le 27 novembre 1888, et réédité par la suite, divulguait un arrangement étroitement analogue au mode de fonctionnement du détecteur de ligne.

En 1892 On trouvera un Brevet de Leroy B. Firman Multiple Switch Board for Telephone Exchanges

En 1894, la compagnie de téléphonie et de télégraphie de Nouvelle-Angleterre installa le premier standard alimenté par batterie centrale à Lexington au Massachusetts. Quel progrès.

Pour la petite histoire, parallélement en Russie : En 1894
, les inventeurs russes S. M. Berditchevski-Apostolov et Mikhaïl Filippovitch Freidenberg élaborèrent un central téléphonique entièrement automatique (connecteur téléphonique) à 250 numéros. Brevet obtenu en 1895.
Détails en Allemand

La maquette du central fut fabriquée dans l’atelier de l’Université d’Odessa mais sa présentation ne suscita guère d’enthousiasme parmi les Russes
Berditchevski-Apostolov rentra à Odessa, tandis que Freidenberg vécut longtemps en Royaume-Uni, cherchant toujours l’appui des entrepreneurs étrangers.
Pendant ce travail collectif, les deux inventeurs comprirent que pour obtenir le succès, il faut arriver à une capacité plus grande du central téléphonique, au moins 10 mille numéros. Chacun d’eux continua à chercher la solution.

En 1896, Berditchevski-Apostolov créa un système original à 10 mille numéros.
Dans ce système, il y eut déjà les ancêtres du cadran – «manipulateur de numéros», relais et sélecteurs.
Ainsi, le système utilisait déjà les principes des centraux téléphoniques modernes.
Deux niveaux de sélecteurs à 100 contacts furent introduits. La commutation d’un contact d’un sélecteur avec l’autre contact de l’autre sélecteur permettait de créer une chaîne de communication avec chaque abonné appartenant à 10 mille personnes enregistrées comme abonnés. Le système avait aussi un combineur et un relais linéaire pour recevoir les impulsions du cadran.

Mikhaïl Freidenberg alla beaucoup plus loin dans l’élaboration des principes du central téléphonique.
Il essayait de trouver une solution qui lui permettrait de se passer de sélecteurs volumineux à plusieurs contacts. Il faillait aussi que ce central soit plus rentable qu’une station téléphonique manuelle de même capacité. Les sélecteurs coûtaient chers, augmentant le coût total et diminuant ainsi la compétitivité.
En 1895, séjournant au Royaume-Uni, il élabora et breveta le présélecteur (un dispositif permettant de trouver l’abonné recherché automatiquement) pour les centraux téléphoniques ayant une capacité de 10 mille numéros.
Freidenberg était persuadé que «dans un système comprenant 10 mille abonnés, il est presque exclu que mille personnes parleraient entre eux en même temps. C’est pourquoi il suffit d’assurer la possibilité de conversation à cinq cents paires d’abonnés et non pas à cinq mille comme il était prévu dans les appareils brevetés avant». Il put ainsi obtenir une baisse considérable du prix du dispositif.
Le 27 mars 1895, Freidenberg dépose sous le numéro 543 412 un brevet pour un système de commutation automatique.
Le 24 septembre 1895
, l'Office des brevets des États-Unis lui a délivré un brevet sous le numéro 546 725.
Dans ses recherches ultérieures, Freidenberg trouva une deuxième solution qui fut aussi réalisé dans les centraux téléphoniques automatiques.
En 1896, il créa un sélecteur final à mille lignes avec un champ de multiplage pour un groupe de sélecteurs et inventa les compteurs-manipulateurs qui furent les prototypes du registre, et enfin développa les sélecteurs de groupe.
Les développements de Freidenberg sont documentés par les brevets 556 007 du 10 mars 1896 et 587 435 du 3 août 1897.
La maquette du central téléphonique de ce dernier modèle fut fabriquée à Paris en 1898.

Les essais eurent succès mais la société anonyme créée pour exploiter l’invention ne put pas rivaliser avec les compagnies qui exploitaient les stations téléphoniques manuelles. Ce système ne suscita guère d’enthousiasme parmi les Russes et pas d'écho dans le monde scientifique.


1896 Brevet A. E; KEITH, 573 884 . décembre 1896 Lire l'histoire de Strowger, ses brevets
.....
En 1900, seuls deux types de systèmes téléphoniques automatiques subsistants avaient été mis au point et déployés

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Suite du déploiement du téléphone en Amérique :

Les démonstrations et installations commencèrent dans tout le pays comme par exemple à Helena Montana en février 1878 par Herbert Percy Rolfe.
Rolfe était le surintendant des écoles de Helena, et agissait en tant qu'agent du Montana pour la Bell Telephone. Il fit installer quelques fils expérimentaux, dont un entre la tour des pompiers et la salle des machines, et s'arrangea avec Western Union pour expérimenter des téléphones sur leurs fils télégraphiques.
Une ligne était également tendue entre Helena et Deer Lodge ...


Selon les archives des journaux, la liaison téléphonique entre la tour et la remise était toujours utilisée en novembre 1881, mais en janvier 1882, le service d'incendie était revenu à un système de d'alerter pour les incendies.
Helena était la deuxième ville du Montana à avoir un service téléphonique commercial. Le bureau de distribution de Helena se trouvait au-dessus d'un salon sur Main Street. Butte était la première ville du Montana, plus tôt de la même année.

Ailleurs en 1879 Frederick O. Vaille, fondateur et président de Denver Dispatch Company a ouvert le service téléphonique à Denver pour 161 clients .c'était le 17ème centre manuel à ouvrir, et était l'un des plus grands du monde à l'époque.


Au moment de l'émission de ce certificat, Vaille possédait 6 193 actions de la Colorado Company

Francis Blake, officier dans le US Coast Survey de 1866 à 1878, a développé un émetteur basé sur les expériences du professeur Hughes.
Blake a offert son émetteur à Bell qui l'a accepté comme un rival pratique et fiable de l'émetteur d'Edison qui était supérieur à celui de Bell.
Les compagnies de Bell du monde entier, y compris en Grande-Bretagne, ont utilisé l'émetteur Blake dans leurs téléphones pendant 20 ans.

À ce moment-là, Theodore Vail a repris ses activités, devenant une figure centrale de sa croissance rapide et de son succès commercial.

L'augmentation progressive pouvait se compter par cinq mille nouvelles installations par mois sur l'ensemble du territoire des États-Unis.
Tous ces appareils étaient loués et exploités d'après le système d'échange.
Chaque grande ville avait déjà son bureau central d'où rayonnaient des lignes de téléphones en communication avec les demeures et les bureaux des abonnés, dans n'importe quelle rue ou faubourg.
La ville de Lowell, qu'on a surnommée à cause de ses filatures de coton, le « Manchester de l'Union », située dans le Massachusetts, à quarante kilomètres
de Boston, peut être citée comme un exemple du rapide développement qu'a pris le téléphone dans l'Amérique du Nord.
A la fin de 1877, le bureau téléphonique de Lowell ne comptait que 60 abonnés ; le 1er octobre 1880, il en avait 600 et dix-huit mois plus tard, il en avait 900.
Lowell possédait à la fin de 1882, un téléphone par soixantedeux habitants. La compagnie y installe chaque mois vingt nouveaux téléphones.

La commutation privée fait référence à la commutation sur site d’un abonné du réseau public pour prendre en charge la communication interne dans la propre organisation de l’abonné et la communication externe avec le réseau public en mode temps partagé entre les utilisateurs du commutateur privé.
Le premier commutateur privé a été installé en 1880 à Dayton, Ohio, avec une ligne principale connectable à sept extensions.

20 mars 1880 A court d'argent, La National Bell Telephone Company de Hubbard-Sanders fusionne avec American Speaking Telephone Company, pour former l'American Bell Telephone Company, également de Boston, Massachusetts.
Le directeur général était Théodore Newton Vail ancien directeur des Postes Américaines, qui commença par continuer les poursuites judiciaires contre la Western Union. Ensuite il transformera la société pour en faire une firme avec le droit d'émettre des actions et éviter les éventuelles faillites.
En 1880, la compagnie Bell Telephone avait le droit de desservir tout le Connecticut et l'ouest du Massachusetts.
Au fur et à mesure de son expansion, l'entreprise a été rebaptisée Connecticut Telephone, puis Southern New England Telephone en 1882.

Edison transmitter and a 'pony-crown' receiver

Appareil fabriqué par CHARLES WILLIAMS CO. MANUFACTURER, BOSTON" à partir de 1880

TROUVE DANS LA "RÉSIDENCE MALVINA K. WETMORE", AVENUE BELLEVUE, NEWPORT "(Rhode Island) et vendu aux enchères en 2018 pour $22,000.00

Brevet Williams "téléphone switch" en 1880 avec le crochet la sonnerie lé télphone et le parafoudre, que l'on trouvera chez les abonnés au téléphone.
.
Patent 226 528
En 1880 il y avait aussi le microphone à charbon d'Edison pour compléter ce poste.

Patent 226 528, April 13, 1880, Edward N. Lord, Assignor of one half to Charles Williams Jr., Telephone Switch

En 1880, la direction d'American Bell avait créé ce qui allait devenir AT & T Long Lines. Le premier projet du genre de créer un réseau interurbain national
Le téléphone faitt son apparition parmi les peuplades indiennes du Nouveau Monde. La commission des pêcheries des Etats-Unis relia, au moyen d'appareils téléphoniques, ses stations d'éclosion de saumon à Baird, sur la rivière Mac-Claud, en Californie, pour l'élèvage de la truite californienne, situé à cinq milles plus haut au bord de l'eau. Ces appareils fonctionnent fort bien. Les Indiens s'en approchent en témoignant un étonnement extrême, et ils donnent au téléphone le surnom de Rlesch'teen ou esprit parlant.

Il fut employé d'une manière très étendue,- dans les districts houillers situés entre Reading et Pottsville, et on acheva une ligne aboutissant à Philadelphie.
Cette dernière ville possède un réseau téléphonique depuis le mois de novembre 1878 ; le réseau, établi avec 15 abonnés seulement en possédait, 605 moins de trois ans plus tard.

Début 1881 à la première réunion des actionnaires de la National Bell Telephone Company, W Forbes annoncera un bilan satisfaisant, la société était bénéfiiare et representait 130 000 lignes.

Thomas Watson démissionnera et se tourna à jamais sur d'autres activités.

Le 23 juillet 1881, Charles Williams a offert de vendre son entreprise à l’American Bell Co pour 120 000 $ en espèces ou en actions de la nouvelle Consolidated Mfg Co. Un contrat a été signé le 6 février 1882 avec une série complexe de transferts de titres.
De ce fait, Western Electric Company a été créée en recevant des droits permanents et exclusifs pour la fabrication de téléphones et d’appareils pour American Bell. En avril 1882, Bell détenait 53% du stock de Western Electric.
Le magasin de Williams, maintenant agrandi, situé au 109 et au 115, rue Court, est devenu une usine de Western Electric, Charles Williams étant son directeur
Seulement trois ans plus tôt, Western Union avait rejeté l'offre de Gardiner Hubbard de lui vendre tous les droits au téléphone pour 100 000 $ US (environ 2,54 millions de dollars). En quelques années seulement, le président de Western Union reconnut qu'il s'agissait d'une erreur commerciale sérieuse, qui a presque fait que son entreprise a failli être engloutie par le nouveau géant des télécommunications dans lequel Bell Telephone allait évoluer.
Western Union a été sauvé de la mort seulement par les interventions antimonopoles du gouvernement américain.

Brevet 12179, WIlliams
February 22, 1881,
Charles Williams Jr. & Thomas W. Lane, Design for "Telephonic Apparatus"



Patent 248821
,WIlliams
October 25, 1881,
Charles Williams Jr., Thomas W. Lane & Frank W. Harrington, Telephone Switch-Board
En 1879 c'est le microphone Blake qui est retenu par la National Bell Telephone Company
Rappelons que Berliner ingénieur en chef de la Bell Telephone , d’abord à New York, puis à Boston,
quant il reprendris ses fonctions en janvier 1879, la première tâche était de travailler sur un design de microphone / émetteur modifié par un inventeur différent, Francis Blake.
Le transmetteur Blake
fonctionnait mieux que le modèle Berliner mais nécessitait un ajustement presque constant.


En 1881, le nombre des stations téléphoniques aux Etats-Unis s'était élevé en un an de 138 à 408, et celui des téléphones employés de 60 876 à 132 602.
Des réseaux téléphoniques furent créés dans un grand nombre de villes lelles que Boston, Washington, Brooklyn, Providence, Denver, etc.
Tous ces réseaux se développèrent avec une grande rapidité.

Vers la fin de 1881 il y avait peu de villes de seize mille habitants qui n'eussent pas leur réseau.

A Chicago, le conseil municipal décida de placer dans tous les quartiers de la ville, partagée en districts convenablement délimités, un système d'avertisseurs pour les incendîes,et pour prévenir la police en cas de tentatives criminelles et de délits susceptibles de répression immédiate.
Chaque district comprenant environ deux milles carrés possède une station téléphonique, et des fils rayonnant dans toutes les directions partent de cette station au nombre de trente pour aboutir à différentes stations de signaux placés en différents points du district.
Ces stations sont représentées par des espèces de colonnes de sept pieds de hauteur sur deux pieds six pouces de largeur et d'épaisseur, qui sont placées le long des murs et autant que possible au coin des rues.
Chacune de ces colonnes renferme une boite dont la clef est la même pour toutes. Chaque citoyen notable de la ville peut devenir possesseur d'une de ces clefs en en faisant la demande au bureau de police centrale où son nom se trouve inscrit sur un registre avec le lieu de sa résidence et le numéro de la clef qui lui a été confiée. Un téléphone mis en relation avec le commissaire de police se trouve dans la boîte ; les agents peuvent demander à ce fonctionnaire toutes les instructions de service et au besoin réclamer du secours.

Vers le milieu de 1881, un câble téléphonique fut posé à NewHamburg, dans l'Amérique du Nord, à travers le fleuve Hudson.
Un certain nombre de villes furent également reliées entre elles par téléphone : Irouston et Proctorvïlle; Alpana et Bay-City; Lowell et Portland; etc., etc..
Des expériences téléphoniques furent également faites entre BufTalo et Paterson ; la distance est de trois cent cinquante milles.


1882 Bell est naturalisé Américain, en 1883, il fonde, à Washington, une école pour enfants sourds. L'établissement fermera fin 1885, suite aux litiges concernant ses brevets d'invention. Il est aussi élu à l'Académie des Sciences.

En 1882, les réseaux téléphoniques déjà très nombreux se multipliaient d'une façon remarquable ; le nombre des demandes d'abonnement grandissait tous les jours d'une manière sensible. L'accroissement du nombre des appareils téléphoniques était en moyenne de 4000 par mois.
D'après la statistique arrêtée à la fin de l'année 1882, le nombre des circuits était, à cette époque, de 74 284, et il n'était à là fin de 1881, que de 54 143.
Le nombre des abonnés à la fin de 1882 était de 97 728, alors qu'à la fin de 1881 il n'était que de 71 337; enfin le nombre des employés des compagnies des téléphones était, en décembre 1882, de 3 716, tandis qu'en décembre 1881, il n'était que de 1863.
New-York tenait la tête de la liste des abonnés avec trois mille cent trente-deux. Venaient ensuite Chicago, avec deux mille six cent dix; Cincinnati avec deux mille deux cent trente-cinq; Providence, avec deux mille soixante et un; Philadelphie, avec dix huit cent quatre-vingtdix; etc.
A Cincinnati, un bureau téléphonique installé le 1" septembre 1877, comptait, moins de deux ans plus tard plus de huit cents abonnés.
A la fin de 1882, les faubourgs et les environs de cette ville, qu'on a surnommée la «Reine de l'Ouest» avaient des installations téléphoniques.
Dans un rayon de soixante-quinze milles, cent trente villages étaient reliés à Cincinnati par le téléphone.
Dans une autre ville de l'Union, àPortland, État du Maine, on comptait, à la fin de 1882, sept cents téléphones et la proportion était d un téléphone par cinquante habitants. Une ligne téléphonique reliait à cette époque RhodeIsland, le Connecticut et le Massachusetts.
Un câble fut posé à travers la rivière Thames, depuis Winthrop-Point jusqu'à la rive de Groton.
En août 1882, une ligne téléphonique fut établie entre Clinton, État d'Iowa, et Davenport. Cette ligne reliait entre eux les bureaux téléphoniques de Clinton Lyons, Camanche, De Witt, Davenport, Muscatine, lowa, Albany, Fulton, Morrisson, Sterling, Rockfsland, Molines,
La plus longue distance entre deux bureaux était, à cette époque, celle qui s'étend de Sterling à Muscatine, cent sept milles.
June 13, 1882, Patent 259558, par Thomas W. Lane Assignor to Charles Williams Jr., "Electric Switch-Board"
brevet pour un tableau de connexions pour les premiers centraux manuels.
June 13, 1882, Patent 259644, par Thomas W. Lane Assignor to Charles Williams Jr., "Magneto Generator"

La magnéto à manivelle va équiper les téléphones de National Bell Telephone Company



En 1883, dans l'Amérique du Nord, le téléphone était presque devenu une nécessité de la vie quotidienne et il se répandait chaque jour davantage.
Des Etats de l'Est, il eut promptement pénétré dans ceux du Centre, de l'Ouest, du Nord et du Midi.
Les localités de moindre importance avaient déjà leur réseau téléphonique comme les grands centres de New-York, Chicago, Philadelphie, Cincinnati; le prix des abonnements était généralement moins élevé.
Le téléphone fut introduit à cette époque dans les États du Minnesota, du Wisconsin, etc.
Toutes les villes de l'Union Américaine eurent bientôt leur bureau de téléphone, comme elles avaient leur bureau de télégraphe.
La forêt vierge elle-même avait ses fils téléphoniques. Après la Louisiane, le Mississipi, le Nebraska, le Colorado, le territoire indien, le pays mormons; l'exploitation du téléphone semblait devoir donner des résultats inattendus dans les États de l'Arkansas et du Texas.
On remarqua à cette époque ou la population de la région d'Arkansas, si prodactive en maïs, riz, tabac, avait doublé en dix ans.
Le Texas avec ses immenses prairies, ses forêts de pins et de magnolias, ses grandes cultures de coton et de canne à sucre, n'a pas une moins grande importance.
Le dévelopement extraordinaire qu'ont pris l'Arkansas et le Texas est dû en grande partie à l'introduction du téléphone dans ces États. L'établissement des réseaux téléphoniques dans l'Arkansas a commencé par la ville de Little-Rock, chef-lieu de l'État, et dans le Texas par Austin. Le téléphone fut également réclamé par d'autres localités, et on comptait au commencement de 1883, sur le territoire d'Arkansas et du Texas, quarante-trois réseaux téléphoniques.
C'est au général Rools, Président de la Banque nationale de Little-Rock, et au colonel Keller qu'est due l'introduction dans ces contrées du nouveau mode de communication.
Le réseau téléphonique de Denver, capitale du Colorado, a pris un développement très rapide ; il fut étendu à cette époque aux Georgetown Leadwiile et Colorado Springs. Brooklyn, le grand faubourg de New- York, située dans l'île Long-lsland, comptait, en mai 1883, plus de seize cents abonnés au téléphone.
La Société avait étendu ses lignes à Flushing, Collège-Point, Whitestone et Bayside. Elle en construisait jusqu'à Jamaïca, Far, Rockaway, Hempstead, Babylon, Potchogue, et comptait atteindre prochainement l'autre extrémité de Tîle. A Brooklyn même il passait chaque jour par les fils, environ cinq mille messages, et entre New-York et Brooklyn, une trentaine de mille.
Les autorités de New- York et de Brooklyn ont fait installer sur le pont suspendu de Brooklyn, en 1883, des postes téléphoniques communiquant avec les différents bureaux de police des deux villes.
L'État de Michigan est un de ceux où le téléphone s'est propagé le plus vite. Ouvert en juin 1879, le réseau des Grands-Rapids comptait, à la fin de 1883, plus de cinq cent cinquante abonnés.
Une cinquantaine de villes étaient reliées entre elles au moj^en de fils téléphoniques, notamment Grand-Haven, Muskegon, Portland, etc., et plusieurs autres lignes
étaient en construction ou à l'étude.
Les Étals de la Louisiane et Mississipi comptaient en septembre 1883, treize réseaux téléphoniques en service; Jackson, Bâton-Rouge, la Nouvelle-Orléans, ont reçu des installations de téléphone cette même année.
Le réseau téléphonique de Cleveland, ville derÉtat d*Ohio, sur le lac Erie, était en 1883 un des meilleurs de l'Amérique. Il comprenait trois bureaux centraux.
Ce réseau, qui fait partie de l'Union dite Syndicat de Lowell, était relié téléphoniquement aux localités voisines de Cleveland. ABoston, chef-lieu de l'État de Massachusetts, dans un rayon de douze milles, toutes les villes et localités possédaient à cette époque des réseaux téléphoniques.
C'est en décembre 1883 que fut établie la première ligne téléphonique entre New- York et Boston. Une autre ligne de soixante-dix kilomètres fut construite à la même époque entre Boston et Worcester.
Le projet de l'établissement d'une ligne entre New-York et la Nouvelle-Orléans, Portland, San-Francisco et d'autres villes avait déjà été étudié en 1883.
Depuis cette année, les abonnés des réseaux téléphoniques de Baltimore et de Washington peuvent communiquer d'une ville à l'autre au moyen de leurs appareils. Il existe entre ces deux villes, que sépare une distance de cinquante milles, quatre différentes lignes de téléphone.
Les villes de Jacksonville, dans la Floride, de Charleston, dans la Caroline du Sud et de Savannah, dans la Géorgie, furent reliées téléphoniquement en novembre 1883. Savannah est située à cent quatreingt-dix kilomètres de Charleston.
En Pennsylvanie, il existait en 1883 un grand nombre de réseaux, et plusieurs villes communiquaient entre elles téléphoniquement. Reading, Lancastre, York, Garlisle, Harrisburg, étaient toutes reliées Tune à l'autre par le téléphone.
A New-York, tous les bureaux de télégraphe, au nombre de cent neuf, sont reliés, par le téléphone au poste de police. Afin d'assurer une plus grande célérité dans le service des secours aux blessés, les employés des télégraphes sont chargés d'annoncer téléphoniquement les accidents dont ils sont informés.
Un certain nombre de lignes privées à l'usage des propriétaires fut établi dans les deux Amériques en 1883; plusieurs plantations ont leurs communications téléphoniques sur des parcours souvent fort étendus.


En mars 1884, la première liaison interurbaine entre Boston et New York est établie.

En 1884 Williams qui avait vendu son usine en 1882 à la Western Eletric Co, commença à transférer la plupart de ses machines aux ateliers de la Western Electric à New York et à Chicago.
L'usine de Williams Street Court et ce qui restait des machines ont été vendus à Albert L. Russell, l'un des machinistes de Williams, qui a continué à y travailler en tant que fabricant d'instruments télégraphiques et électriques.
Charles Williams Jr. a officiellement pris sa retraite en 1886, demeurant administrateur et détenteur de titres chez Western Electric.
Williams était très discret, il aimait beaucoup les livres et la lecture et a passé plusieurs années à la retraite, voyageant à travers le monde et aux États-Unis avec sa famille jusqu'à 10 ans avant sa mort. Il est décédé à Somerville le 14 avril 1908 d'une pneumonie bronchique.

En 1884, un grand nombre de Sociétés s'étaient formées pour exploiter la téléphonie en Amérique.
Toutes ces Sociétés étaient prospères. l'American Bell Téléphone Company, une des plus considérables des Etats-Unis, accusait, dans son rapport annuel publié en mars 1884, une augmentation de vingt-cinq-mille sept cent quatre-vingt-dix-huit
abonnés pendant l'année.
Cent soixante-cinq réseaux avaient été construits avec treize mille quatre cent dix-sept milles de fil.
Les bénéfices nets de la Compagnie étaient de 7.387.155 francs, c'est-à-dire une augmentation de 2.515.000 francs sur l'année précédente.
Selon le rapport de cette Compagnie, les différents réseaux téléphoniques de la Société comptaient, vers le milieu de 1884, un total de cent vingt-trois mille abonnés, et on pouvait, sans exagération, fixer le nombre des téléphones employés aux États-Unis à cinq cent mille.
Un grand nombre de villes reçurent des réseaux téléphoniques pendant le cours de l'année 1884.
Le réseau de Dalla (Texas) fut mis en communication directe au commencement de l'année avec trentehuit petites villes des environs.
A Milwankee, les douze cents abonnés au téléphone purent cette année être mis en communication directe avec cinq mille personnes réparties sur cinquante réseaux hors de la ville.
En avril 1884, New-York possédait quatre mille abonnés reliés au bureau central qui pouvaient tous être mis en communication avec cinq mille autres abonnés des faubourgs et des villages autour de New-York, par des bureaux intermédiaires.
Le nombre moyen des communications par jour, était de cinq par abonné, mais les Compagnies Transatlantiques en demandaient parfois jusqu'à quatre-vingt-cinq par jour.
En Californie, la ville de Los- Angeles, qui n'a que trente mille habitants, possédait en 1884, un réseau téléphonique avec trois cent soixante abonnés.
Le prix de l'abonnement est de 300 francs par an et 25 centimes par communication téléphonique dans les bureaux publics.
Celte même année, une ligne téléphonique fut construite reliant la ville de Denver à Puebla, sur une distance de cent onze milles.
Depuis janvier 1884, le bureau central de téléphone de Cincinnati est relié à toutes les villes impor-
tantes dans un rayon de cent milles. Dans les seize principales villes d'Amérique qui ont adopté les communications téléphoniques dès le commencement de leur introduction, la proportion était, en juin 1884, de quatre-vingt-trois personnes par téléphone.
Dans les douze villes principales de l'État d'Erie, où le téléphone ne fut introduit que plus tard, on estimait à cette époque qu'il y avait un abonné sur cent cinq habitants.
Tandis que le nombre des abonnés reliés à la date du 1*' juin 1883 était de cinq mille sept cent trenteneuf, il était au 31 mars 1884 de huit mille neuf cent quarante et un, ce qui donne une augmentation de trois mille deux cent deux abonnés pendant dix mois.
Les communications téléphoniques se sont élevées pendant le cours de cette année au nombre de deux cent cinquante et un millions deux cent soixantesept mille sept cent soixante, soit une moyenne de six cent quatre-vingt-dix-sept mille neuf cent soixantesix par jour.
Un rapport fait par le conseil d'administration de la American Bell Téléphone C*, en janvier 1885, démontre que l'industrie téléphonique a continué à progresser aux États-Unis tout en se ressentant de la crise générale qui a atteint les affaires pendant l'année 1884.


En 1885, la compagnie américaine de téléphone et de télégraphe a été formée pour conquérir les lignes interurbaines à travers les États-Unis pour le système de Bell en commençant par l'État de New York sous le nom de American Telephone and Telegraph Company le 3 mars 1885.
Partant de New York, le réseau téléphonique interurbain a atteint Chicago, Illinois, en 1892 , avec ses multitudes de centres manuels locaux qui continuaient de s'étendre de plus en plus chaque année, créant un système téléphonique à l'échelle du continent.
Au 1er janvier 1885, les réseaux téléphoniques de New-York comprenaient dix mille six cents abonnés,tandis qu'il y en avait, à la même époque, treize mille dans toute l'Angleterre. D'autre part, un grand nombre de villes furent reliées entre elles pendant Tannée 1885.
Les lignes les plus longues existant à cette époque aux Etats-Unis, sont celles de Milwankee à Okhotsk, de cent quatre-vingts milles; de Détroit à Saginon,de cent milles ; de Milwankee à Madison, de quatre-vingthuit milles ; de Buffalo à Rochester, de quatre-vingtcinq milles; etc. En Pennsylvanie, une communication téléphonique fut établie entre Youngstown et Piltsburgh.
Dans TEtat de Georgia, une ligne en fil de cuivre d'une longueur de quarante-cinq milles fut construite entre Augusta (Etat de Georgia) et Belfast (Possessions anglaises). Cette ligne, ainsi que celle qui est établie entre Boston etPortland, sur une distance de cent dix milles, fonctionne parfaitement.
Au commencement de 1885, la Hudson River Telepkone Co fît traverser le fleuve Hudson par plusieurs lgnes téléphoniques placées sur des montagnes de chaque côté du fleuve, à une distance de deux mille huit cents pieds, et à une hauteur de quinze cent vingt-quatre pieds. Ces lignes étaient destinées à établir une communication directe entre New-York et les réseaux de la Compagnie à Newburg, Albany, Troy et Saratoga.
Le bureau central des téléphones, à Buffalo, est relié à celui de Rochester, sur une distance de quatre vingt-dix milles.
La Compagnie de Téléphones deBuffalo a fait construire une nouvelle ligne de cuivre jusqu'aux chutes du Niagara; il existe actuellement deux lignes sur ce parcours.
On a eu Tidée d'utiliser l'ancienne ligne pour amener le courant, de sorte que maintenant les sonneries du réseau téléphonique de BufTalo sont actionnées la nuit et le jour par les chutes du Niagara.
A Indianapolis, le bureau central de cette ville, qui comptait en juin 1885 mille vingt-cinq abonnés, était en communication directe avec cent trente-cinq villes et villages aux alentours de la ville.
Dans l'Etat d'Alabama, la ville de Montgomery, qui a seize mille sept cent quatorze habitants, comptait en mars 1885 cent soixante-quinze abonnés au téléphone; Mobile cent quarante-cinq, Columbus cent vingt, etc. dans toutes ces villes, il y a une augmentation graduelle, mais lente, du nombre des abonnés, car la plus grande partie des habitants étant des nègres, le progrès est loin d'être aussi rapide que dans les autres villes du Nord de l'Amérique.
Dans l'Etat de la Louisiane, un réseau téléphonique construit en 1885 relie les principales plantations avec le bureau central de la Nouvelle-Orléans. De sorte que les négociants peuvent traiter directement de la Nouvelle-Orléans avec les planteurs de cette contrée.

Cette même année, il fut établi à Washington un système téléphonique souterrain, reliant entre eux les différents départements du gouvernement.
Tous les ministres ont une ligne particulière à leur disposition, au moyen de laquelle ils peuvent s'entretenir directement avec leurs collègues, sans l'intervention d'un bureau central.
On établit à New-Jersey une communication téléphonique sur la côte, au moyen d'un câble, entre dix-neuf différentes stations de sauvetage. Cette ligne doit s'étendre à sept nouvelles stations sur la même côte, et à quatorze autres sur la côte du Nortu-Datura.
En Amérique, presque toutes les grandes institulions de crédit, comme la plupart des maisons de commerce considérables, font garder leurs bureaux la nuit par un homme spécial depuis la sortie des employés jusqu'au lendemain matin. Le bureau central des téléphones se constitue le surveillant de ces gardiens, qui sont obligés, de sept heures du soir à six heures du matin, de communiquer avec l'employé de la Compagnie toutes les demi-heures. Si le rapport n'est pas fait à l'heure convenue, un homme est envoyé tout de suite pour en savoir la cause ; et si celui-ci n'obtient pas de réponse du gardien, il fait ouvrir la Banque par les autorités.
Le téléphone rend des services très appréciés à la police. Une statistique de juin 1885 du département de la police à New- York, constate ces services. Il a reçu par téléphone huit cent cinquante-sept mille quatre-vingt-quatre rapports de policemen et vingt-trois mille neuf cent vingt et un appels d'incendies. Grâce au téléphone, quatorze mille cinq cent quatre-vingt-douze personnes ont été arrêtées et trois mille deux cent cinquante-six tumultes réprimés sans arrestation ; trois cent soixante-cinq cadavres portés à la Morgue ou chez des amis; deux mille trois cent soixante-quinze malades ou blessés transportés à leur domicile ou à l'hôpital ; huit mille dix prisonniers transportés aux cours de police.


À partir de 1885, les revenus de Bell , tirés de l'invention du téléphone, lui permettent de se consacrer librement à ses nombreuses activités d'expérimentation et d'analyse. Il invente entre autres appareils, l'audiomètre, le pendule à induction et le premier cylindre enregistreur en cire (1886), qui est à la base du gramophone moderne.

En 1886 Au 1" janvier 1886, il y avait en exploitation, aux États-Unis, un nombre total de sept cent quarante sept réseaux; le nombre des bureaux téléphoniques s'élevait à onze cent soixante-quinze et celui des circuits à cent douze mille soixante-sept, comprenant cent quatorze mille quarante-six milles de fil et donnant du travail à cinq mille quatre cent soixante-dixhuit personnes.
Les abonnés étaient au nombre de cent trente-sept mille sept cent soixante.
Cinq cent douze réseaux appartiennent à des villes ayant une population inférieure à dix mille âmes. Les communications à longue distance sont très
appréciées aux États-Unis. La ligne qui fonctionne entre New- York et Philadelphie, sur une distance de cent deux milles, a donné des résultats si satisfaisants que
d'autres lignes du même genre doivent être établies. Cette ligne se compose de vingt-cinq fils gros, en cuivre, mais ce nombre peut être porté à soixante dix sur les mêmes poteaux. Plusieurs de ces circuits sont loués par la compagnie à des négociants et à l'année ; d'autres sont divisés entre un certain nombre de maisons de commerce et la compagnie se sert du reste pour donner des communications au public.
Ces fils sont loués au prix de 1.500 francs par mois et par ligne
.

En 1887, des réseaux téléphoniques continuent à se créer dans les différentes villes et villages des États-Unis, ainsi que les lignes téléphoniques interurbaines: Kansas-City et Saint-Joseph sont reliées téléphoniquement. La distance entre ces deux villes est de soixante milles.
D'autre part, le réseau téléphonique de San-Francisco a été mis en communication avec cent deux villes et villages et même avec la ville de Sacramento à une distance de cent quatrevingt-trois kilomètres.
A New-York, il y a cent vingt bureaux en communication directe avec Philadelphie, tandis qu'il n'y en a que quarante dans cette dernière ville, parce qu'un grand nombre de négociants préfèrent s'adresser au bureau plutôt que de payer le prix élevé d'un appareil particulier chez eux.
Le prix est de 5 francs pour cinq minutes de conversation, à partir du moment où la communication a été établie. Le nombre des communications établies pour les bureaux publics s'élève de cent cinquante à deux cent cinquante par jour.
Au commencement de 1887, les autorités municipales de la Nouvelle-Orléans avaient essayé de faire payer à la Compagnie des Téléphones, une taxe de 25 francs par appareil installé et fonctionnant. Cette taxe a été déclarée illégale par le tribunal de cette ville.


En 1888,
la ligne téléphonique composée de trente fils, qui relie New-York à Boston, a été livrée au public dans les premiers jours de Tannée.
Les communications s'effectuent directement, comme cela a déjà lieu entre New-York et Philadelphie.
La ligne d'Albany, dont les travaux étaient commencés depuis le mois d'août 1887, a également été ouverte le 1®' janvier 1888.
Les poteaux ont de douze à quinze mètres de hauteur et sont établis de façon à supporter sans danger jusqu'à soixante-dix fils.
On établit d'abord douze fils dont le prix est évalué à 450.000 fr. La ligne entière reviendra à 1.500.000 fr.
Ces lignes doivent être poussées jusqu'à Buffalo, Cleveland, Cincinnati et Chicago.
Le temps et la distance sont les bases d'après lesquelles on a établi le tarif des communications. Mais il arrive souvent que plusieurs maisons de commerce s'entendent pour louer un fil et l'avoir constamment à leur disposition.
C'est ainsi qu'entre New-York et Philadelphie un fil se loue 500 francs par mois de quatre heures du soir à deux heures du matin»
Ce prix est porté à 1.000 par mois entre New-York et Boston.
Au 1er janvier 1888, il y avait dans l'Amérique plus de trois cent soixante-dix mille appareils téléphoniques en service.
Le capital engagé dans les entreprises de cette industrie s'élève à plus de 500 millions de francs en Amérique seulement; et les brevets ayant pour objet le téléphone, au nombre de quinze cent cinquante.
En 1888 Toujours avec Gardiner Hubbard et quelques autres, Bell participe à la fondation de la "National Geographic Society" dont il sera président de 1897 à 1904.

En 1889 La compagnie ATT rachète la société "Bell Telephone" en 1899.
L'American Bell Telephone Company AT & T, devint une des plus grande compagnie de téléphone au monde.

1889 Le téléphone D'UNGER avec sa bien belle histoire.

En 1891 Almon Brown Strowger (1839 - 26 mai 1902) est un entrepreneur Américain de pompes funèbres américain.dépose un brevet (US Patent No. 447918 10/6/1891) sur un"Commutateur automatique" destiné à établir, sans l'aide d'un opérateur humain une liaison entre deux abonnés d'un central téléphonique. Il est le premier inventeur à déposer un brevet exploitable destiné à la téléphonie automatique.
Strowger entrepreneur américain de pompes funèbres à Kansas City (Missouri), il est persuadé que l'épouse de son concurrent, employée comme opératrice du téléphone au central téléphonique manuel de la société de téléphone locale, participe à un détournement de trafic des clients en deuil au profit de son mari.
Il entreprend alors des études afin d'éliminer les opérations manuelles lors de l'établissement d'une communication.
Il conçoit alors un sélecteur qui, en imitant en quelque sorte le mouvement de sélection des opératrices, est l'objet de son brevet.


Ce système lui permet le 3 novembre 1892, de mettre en service le premier central téléphonique automatique aux USA de 75 abonnés extensible à 99 dans la ville de La Porte dans l'Indiana.
Ce central fut construit avec ses associés Joseph B. Harris et Moses A. Meyer par leur société "Stowger Automatic Telephone Exchange Compagnie" fondée en octobre 1891.

Fin 1893, A. E. Keith et A. B. Strowger, contactent les inventeurs de Lindsborg, les frères Erickson et demandent un entretien dans le but de discuter du téléphone automatique.
Après avoir embauché la société Strowger, les frères Erickson ont commencé à sortir un nouveau système.
Cela a donné lieu à la fameuse planche "piano wire" . Le brevet a été déposé le 7 novembre 1894, Patent US 050,168 par la Strowger Automatic Telephone Company, Indiana. Voir l' Histoire Strowger en détail

En 1893, les États - Unis étaient considérablement en retard sur la Suède, la Nouvelle Zélande, la Suisse et la Norvège en densité de téléphone par habitant.
Les États-Unis sont devenus le chef de file mondial de la télédensité avec la montée de nombreuses compagnies de téléphone indépendantes après l'expiration des brevets de Bell en 1893 et 1894


En 1893, le premier central téléphonique manuel à batterie centrale commença à fonctionner à Lexington, Massachusetts.
Cet aménagement commun de batterie a fourni l'électricité à tous les téléphones contrôlés par le bureau central concerné.
Le téléphone de chaque client avait auparavant besoin de sa propre batterie pour fournir de l'énergie à la parole (micro) et pour la sonnerie.
La batterie commune a eu de nombreuses conséquences, y compris la modification de la conception du téléphone. Chez les clients, les grands et volumineux ensembles muraux avec des batteries humides pourraient être retirés.

Dans les années 1890, un nouveau style de téléphone fut introduit, le téléphone "candlestick" ou "chandelier"

L'émetteur se tenait sur un support, connu sous le nom de "chandelier" pour sa forme, d'où le nom. Lorsqu'il n'était pas utilisé, le récepteur était accroché à un crochet avec un interrupteur, connu sous le nom de «crochet commutateur».
Les téléphones précédents exigeaient que l'utilisateur actionne un commutateur séparé pour connecter la voix ou la sonnerie, une magnéto et une pile ou batterie locale. Avec ce nouveau téléphone et l'évolution des centres manuels, il n'avait plus besoin de batterie et de magnéto.

vention, manivelle, cadran et combiné. Ils sont passés, respectivement, de 1876 à 1893, de 1877 à 1943, de 1919 à 1978 et de 1924 à nos jours.

Eléments statistiques sur le réseau téléphonique américain en 1895
A après dix-huit années de monopole exercé par Bell. Il y avait 252 000 abonnés au téléphone dans le pays, soit un taux de pénétration de 0,36.
Leur nombre progressait de seulement 5% chaque année, rythme auquel il aurait fallu plusieurs siècles pour parvenir à une pénétrationuniverselle des foyers.
Plus significative encore est la distribution géographique des abonnés : 57 % se trouvaient dans 72 grandes villes qui ne regroupaient au total que 21 % de la population du pays. 97 % des villes de moins de 2 500 habitants et au moins la moitié des villes ayant une population de 2 500 à 10 000 habitants ne possédaient aucun central téléphonique.
Bien que 62 % de la population américaine vivait dans les zones rurales en 1895, celles-ci ne comprenaient que 3 % des abonnés téléphoniques.
De même, 90 % des usagers étaient des professionnels.
Cette situation ne peut pas trouver une explication satisfaisante dans le fait qu'il soit plus coûteux de desservir les petites villes.
A cette époque, les gros centraux urbains étaient les plus chers et les plus difficiles à utiliser.
Le service téléphonique, au temps de la commutation manuelle, était caractérisé par des déséconomies d'échelle.
Dans les réseaux étendus, la signalisation des signaux était plus complexe, la maintenance plus coûteuse et le travail moins productif.
Les commutateurs de petite taille dont avaient besoin les petites villes et les zones rurales étaient au contraire aisés à fabriquer et d'un faible coût d'utilisation.
Néanmoins, Vail ne jouait pas d'équivoque : Bell System cherchait réellement à mettre en place le « service universel » de 1878 à 1895, en suivant sa propre voie. Loin de rechercher une généralisation du téléphone à des fins de politique sociale, Bell System avait pour modèle, dans les années 1880, le télégraphe des années 1870.
Le télégraphe était un réseau « universel » de communication, orienté vers des utilisations professionnelles et qui reliait entre eux les terminaux de tous les principaux centres de commerce du pays.
Il commença par s'implanter dans les grandes villes avant de s'étendre progressivement aux petites communes, sans jamais cependant pénétrer les foyers et les zones rurales.
« Un système, une politique, un service universel » renvoyait au type de monopole de la Western Union, centralisé, coordonné, et interconnecté au niveau national. Cela explique l'insistance de Bell System sur le développement des nications longue distance, souvent au détriment du local et des lignes courte distance.
Le parti pris de Bell en faveur des communications urbaines, de longue distance et à usage professionnel, ne résultait pas de limitations économiques ou techniques. C'était une politique commerciale délibérée.
La Western Union parvint à dominer l'industrie télégraphique en étant la première à développer un réseau interconnecté au niveau national.
Elle utilisa ce levier pour isoler et détruire ses rivaux.
Bell s'efforça de suivre la même voie, ce que Vail exprima presque littéralement en déclarant que la conception de Bell du service universel avait précédé le marché du téléphone. Ce concept était tiré de sa propre expérience et de son observation du marché du télégraphe.
Jusqu'à l'intervention des indépendants, le téléphone suivait aux Etats-Unis la même trajectoire de développement lente.

Organisation des Centres Manuels : De Douglas A Kerr : Voici un document qui décrit bien et en détail Les Centraux Manuels aux Usa

En 1895 pour améliorer l'utilisation de son invention, Strowger, avec ses associés, les ingénieurs de la compagnie de Strowger A. E. Keith et les frères J. et C. J. Eriksson, mettent au point un sélecteur à deux mouvements ( l'un de translation verticale, l'autre de rotation horizontale ) et, l'année suivante, l'invention de la numérotation au cadran pour que la commutation automatique pût se développer dans de bonnes conditions.Brevet, devenue 638 249

En 1896 Pour améliorer l'utilisation de son invention, Strowger, avec ses associés, mettent au point, le cadran de numérotation à dix chiffres .
La demande de brevet du cadran a été faite par Keith et les Ericksons le 20 août 1896, et le brevet n ° 597 062 a été accordé le 11 janvier 1898.

Selecteur cadran Téléphone
Téléphone de modèle de table de Strowger, fabriqué par Automatic Electric Company, Chicago, États-Unis, entre 1901 et 1910.
Une demande de brevet, devenue 638 249, a été déposée auprès de A. E. Keith et des frères Erickson en 1899.

Le système Strowger
a commencé à être très déployé aux Usa et il faudra attendre 20 ans pour que la France et l'Angleterre choississent massivement ce système.
Dans un premier temps Bell a étudié et a été très rétissant d'adopter de tels commutateurs pour plusieurs raisons :
- Sa domination sur le marché de l'époque, un grand nombre de téléphones étaient déjà installé par sa compagnie et un fort pourcentage d'appels nécessitant un acheminement entre les villes.
-A sa demande des études ont montré que les commutateurs Strowger étaient plus lents que les commutateurs manuels
- De plus, Bell devait faire en sorte que les innovations de commutation soient compatibles avec ses commutateurs existants.

Après l'ouverture dans les premières publicités, le centre automatique était annoncé comme "le téléphone sans femme, sans appel, sans ordre et sans attente"

En mai 1896, Bell assiste au vol, sur le Potomac, d'un appareil miniature, mû par la vapeur, mis au point par Samuel Langley.
Il est nommé président de la "National Geographic Society" (1897) et régent de la "Smithsonian Institute" (1898).

Après l'apparition du système Strowger en 1892, que les ingénieurs du système Bell ont finalement étudié ce nouveau système et ils ont vu les avantages qu'apportait ce système pour les petites villes et les petites collectivités, mais l'ont trouvé inadapté aux grandes villes.

1897, Premier centre automatique Rotary (Western Electric°

Le 30 décembre 1899
, les actifs d'American Bell ont été transférés dans sa filiale American Telephone and Telegraph Company (anciennement AT & T Long Lines); C'était parce que les lois corporatives du Massachusetts étaient très restrictives et limitaient la capitalisation à dix millions de dollars, prévenant ainsi la croissance future d'American Bell.
Avec ce transfert d'actifs du deuxième au dernier jour du XIXe siècle, AT & T est devenu le parent d'American Bell et du système Bell.
Pendant la plus grande partie du XXe siècle, AT & T détenait le monopole du service téléphonique aux États-Unis et au Canada par l'intermédiaire d'un réseau de sociétés appelé Bell System. A cette époque, l'entreprise était surnommée Ma Bell.
Les brevets originaux sur le téléphone expirent. Au cours de la prochaine décennie, 6 000 compagnies de téléphone commenceront à opérer dans les zones locales du pays. En 1899, American Telephone devient la société de portefeuille du système de Bell

La commutation privée , fait référence à la commutation d'un site sur un réseau public
Le système (local) prendre en charge la communication interne au sein de la propre organisation et la communication externe avec le réseau public. Les lignes publiques en petit nombre sont partagées entre tous les abonnés locaux.
Le premier commutateur privé a été installé en 1880 à Dayton, Ohio, avec une seule ligne principale connectable à sept abonnés locaux.

En Europe.
La commutation privée a commencé en 1900 en Allemagne avec le commutateur Janus de la société Mix & Genest (aujourd'hui Alcatel SEL).
Comme le dieu romain Janus, le commutateur «à deux têtes» pourrait «ressembler» au réseau téléphonique public et au réseau téléphonique privé.
Un dispositif de commutation privé manuel est généralement appelé un autocommutateur privé en abrégé PBX, tandis qu'un dispositif de commutation privé automatique est appelé un autocommutateur privé.
Le plus grand PBX du monde a été installé au Pentagone à Washington en 1942 avec 13 000 lignes internes et 125 postes d’opérateur.
Janus de la société Mix & Genest


1901
Mise au point du commutateur Keith Erikson, brevet no 672 942, accordé le 30 avril 1901, Système conçu pour 1000 utilisateurs, qui équipera beaucoup de centres dans le monde entier.

En 1904, plus de trois millions de téléphones aux États-Unis étaient interconnectés par des commutateurs téléphoniques manuels.

Entre 1894 et 1904, plus de 6000 compagnies de téléphone indépendantes avaient été formées.

En 1905, il y avait plus de 100 000 clients au téléphone; en 1930, 1,26 million.
Par habitat, cela se traduit par un téléphone pour 3,7 habitants, l'un des ratios les plus élevés au monde.

En 1906 Le développement du système automatique TOUT RELAIS a commencé avec un brevet reçu par Edward E. Clement, avocat spécialisé en propriété industrielle à Washington, DC. La North Electric Company de Galion, en Ohio, a fabriqué et installé ce système.
Charles H. North a fondé la société à Cleveland (Ohio) en 1884 et prétend être le plus ancien fabricant d’équipements pour l’industrie téléphonique indépendante.
Au début du vingtième siècle, Charles North s'est associé à Ernst Faller, un citoyen allemand vivant à New York, qui en le 19 Novembre 1901 a reçu le brevet américain 686 892 pour son système téléphonique automatique à fonctionnement "automatique".
En 1907, North et Faller se sont associés à Clement pour fabriquer ce système automatique ou plutôt semi-automatique.
Avec ce système automatique, les abonnés pouvaient utiliser des postes téléphoniques classiques sans appareil de numérotation.
Au décroché du combiné, l'abonné appelant a activé une opération de double recherche dans le central téléphonique : tout d'abord pour trouver la ligne d'appel et ensuite trouver un opérateur libre.
Un circuit tout relais a été utilisé pour ce numéro de ligne. Le poste de l’opérateur libre a été commuté automatiquement et placé dans une position d’écoute pour que l’abonné puisse mentionner le numéro de la ligne souhaitée.
L'opérateur saisi ce numéro sur un clavier (ce qui était beaucoup plus rapide que la numérotation sur un disque rotatif), et une pression sur une touche de démarrage a déclenché un dispositif à impulsions envoyant des impulsions aux sélecteurs de lignes du commutateur.
Comme le sélecteur Strowger, le sélecteur North Electric avait deux mouvements, mais avec un mouvement rotatif et un déplacement ultérieur sur un axe horizontal uniquement. L'équipement automatique permettait la mesure et la déconnexion d'une ligne à la fin d'un appel sans intervention de l'opérateur.
Une fois qu'un appel a été mis en place, l'opérateur peut gérer le prochain appel.
Ainsi, la période d'intervention d'un opérateur et, par conséquent, la période de saisie des circuits entre les opérateurs et l'équipement automatique ont été réduites au minimum.
Par conséquent, par rapport à une opération entièrement manuelle, le nombre d'opérateurs était considérablement inférieur.
Il a été affirmé que dans le service automatique, un opérateur pouvait traiter 1500 appels par heure contre 230 à 250 par échange manuel.
Les premiers centres automatiques ont été installés à Ashtabula et à Lima, en Ohio, en 1914.
En 1916, Western Electric en a acquis les droits de fabrication.

Dans la même rubrique Tout Relais :
La North Electric Company
a mis au point un autre système de commutation téléphonique vers 1913, qui utilisait exclusivement des relais.
Une première et unique application était l’utilisation d’une solution tout relais pour les détecteurs de ligne dans l’échange automatique installé à Lima.
Une version entièrement automatisée du système allrelay a été installée en tant que central privé au lycée Galion en 1920.
Le premier centre public de ce type a été installé à Copley et River Styx, Ohio, en 1929.
Il s'appelait alors CX (city échange) et installé dans plusieurs milliers de petits centres publics desservis par des sociétés indépendantes.
Le système CX tout-relais doit son succès à sa grande fiabilité et à ses très faibles besoins en maintenance.
Beaucoup plus tard en 1951, la North Electric Company sera reprise par L.M. Ericsson pour adapter et fabriquer les équipements crossbar L.M. Ericsson.


En 1906 Le commutateur conçu par Alexander Keith de la société Strowger en 1906, évite que la ligne de chaque utilisateur soit connectée à un commutateur de sélection coûteux. Le nombre de sélecteurs utilisés désormais ne peut être inférieur à celui du nombre maximal d'appels pris à un moment donné.
Cette conception sera réalisée pour le central téléphonique principal de Wanganui, en Nouvelle-Zélande, fabriqués par la Automatic Electric Company à Chicago et qui fonctionnera jusqu'au milieu des années 1990.
commutateur Keith

D'autres commutateurs ont été installés en Grande-Bretagne, à Epsom en 1912.

Vers 1909, le Televerket (Ptt suédois) envisageait la possibilité d’automatiser leurs réseaux téléphoniques à Stockholm et à Göteborg.
Ils ont envoyé leurs ingénieurs Axel Hultman et Herman Ollson en mission aux États-Unis, alors le pays leader dans le déploiement téléphonique.
À leur retour en Suède, les deux ingénieurs recommandent de privilégier un système entièrement automatique adapté aux conditions suédoises comme les systèmes Panel et Rotary américains.
Televerket a suivi leur recommandation et demandé à Hultman et L.M. Ericsson de développer conjointement un système prototype.
Cette étude aboutiera en 1918 à une installation prototype du central LME de 500 points .
Ce deviendra le pendant du Panel et du Rotary en Europe. Il n'y eut pas de systèmes Ericsson 500 installés aux Etats Unis.
Hors Etats Unis, vers 1920, de nombreuses administrations et pays avaient déjà choisi un autre système automatique pour leurs grandes villes.
En conséquence, le système LME à 500 points a été introduit principalement dans les pays qui n’avaient pas encore de central automatique ou où les opérations téléphoniques étaient réparties entre plusieurs opérateurs, comme aux Pays-Bas, en Norvège, en Italie (Vérone en 1924) et en France (Dieppe en 1924) et en URSS en 1927.
En dehors de l'Europe, le système LME à 500 points a été installé en Chine (Shanghai), en Afrique du Sud en 1924 et à Mexico en 1926.
Depuis plus de 50 ans, des versions successives de le système LME 500 points a été installé pour desservir plus de 5 millions de lignes d'abonnés dans le monde entier. L'un des avantages du système LME 500 points serait la maintenance limitée, due à sa structure mécanique robuste et au remplacement facile des unités défectueuses.

Le 30 avril 1907, Theodore Newton Vail devint président d'AT & T.
Vail croyait à la supériorité d'un système téléphonique et AT & T adoptait le slogan «Une politique, un système, un service universel». Ce sera la philosophie de l'entreprise pour les 70 prochaines années.
AT & T a commencé à acheter de nombreuses petites compagnies de téléphone, y compris le télégraphe de Western Union.] Ces actions ont attiré l'attention des régulateurs antitrust. Soucieux d'éviter des poursuites antitrust de la part du gouvernement, AT & T et le gouvernement fédéral ont conclu un accord connu sous le nom d'engagement de Kingsbury, qui a permis à AT & T de continuer à fonctionner en tant que monopole.
Alors qu'AT & T faisait périodiquement l'objet d'un examen minutieux de la part des régulateurs, cet état de fait s'est poursuivi jusqu'à la dissolution de l'entreprise en 1984.


AT & T et Western Electric, sa filiale d'équipement, ont entrepris des recherches sur des modèles de commutateurs automatiques de rechange à ceux de Strowger , mieux adaptés aux besoins urbains.
La première percée fut l'invention du traducteur par l'ingénieur AT & T Edward C. Molina en 1905.
Le traducteur, ou l'expéditeur en tant que version améliorée, devint connu, introduisit le concept de contrôle indirect. C'est-à-dire que les impulsions provenant du cadran téléphonique seraient traduites en un code électromécanique différent qui pourrait commander une plus grande unité de commutation.
Ceci a permis à un téléphone d'abonné de choisir parmi un plus grand nombre de circuits possibles, et pour la séparation du circuit utilisé pour établir l'appel à partir du circuit utilisé pour l'appel lui-même.
Ceci à son tour a conduit au développement préliminaire de deux types de commutateurs de contrôle indirect: le panel et le rotatif.
Le commutateur Panel était un dispositif extrêmement complexe, avec de grands panneaux de 500 rangées de terminaux.
Chaque panneau avait un moteur électrique, pour conduire ses sélecteurs par des embrayages à commande électromagnétique.
Le sélecteur se déplaçait continuellement plutôt que par étapes, et les sélecteurs établissant des points de contact pouvaient se déplacer sur une distance considérable. Des cadres séparés ont été utilisés pour les différentes parties du processus d'appel téléphonique.

Vers 1907, les Etats-Unis étaient une nation divisée en matière de téléphonie.
Les indépendants contrôlaient 49 % des téléphones du pays et le service dual existait dans 57 % des villes.
C'est à ce moment que Theodore Vail, qui venait d'être reconduit dans ses fonctions de président d'AT&T, commença à promouvoir la philosophie du service universel.
Le concept et la doctrine n'en avaient jusqu'alors jamais été explicité, même si, bien sûr, de nombreux débats avaient eu lieu sur les avantages et inconvénients d'un service concurrentiel et fragmentée par rapport à un service monopolistique et unifié.
Vail a progressivement construit la doctrine du service universel entre 1907 et 1914, au fil des rapports annuels de la compagnie.
Ces textes étaient aussi bien des pamphlets politiques que des documents professionnels : ils furent expédiés à des milliers de journaux et leaders d'opinion ainsi qu'à tous les actionnaires de la société.
Dans ces rapports, Vail martelait l'idée que seul un réseau « universel, interdépendant et intercommunicant » permettrait d'exploiter tout le potentiel de la téléphonie.
Que voulait dire Vail en parlant de service universel ?
L'engagement d'installer un téléphone dans tous les foyers ou d'équiper chaque communauté d'un central n'était pas le point essentiel de la doctrine du président d'AT&T.
Vail percevait plutôt le service universel comme un monopole intégré qui permettrait l'interconnexion de tous les usagers du téléphone.
La réalisation de ce projet passait par la fin de la course aux raccordements.

L'originalité de la vision de Vail ne réside pas dans un quelconque parti pris en faveur de l'extension du service téléphonique partout et pour tous.
A cette époque, personne ne contestait ni le besoin, ni le caractère inévitable d'une rapide diffusion du service téléphonique.
En effet, les indépendants avaient largement pris de vitesse Bell pour étendre le service téléphonique à des zones auparavant non-desservies.
La particularité de la politique de Bell était sa volonté d'interconnecter tous les usagers du téléphone au sein d'un grand réseau intégré.

Bien que très fiable, le commutateur automatique pas-à-pas de Strowger a connu une forte concurrence au début du XXe siècle par rapport aux commutateurs à commutation manuelle en constante amélioration.
Même dans ce cas, une transition régulière entre la commutation manuelle et la commutation automatique ne pouvait être considérée comme acquise.
La question de l'automatisme et de la semi-automatique était une question de débat houleux entre les partisans des deux solutions de commutation différentes.
En 1902, aux États-Unis, les compagnies de téléphone indépendantes ont largement utilisé la commutation automatique pour leurs quelque 1,1 million d'abonnés, alors que les diverses compagnies de téléphone du système Bell passaient peu à peu à la commutation semi-automatique pour leurs quelque 1,3 million d'abonnés. La National Telephone Exchange Association des États-Unis, dans laquelle toutes les sociétés de téléphonie américaines étaient représentées depuis 1880, organisait des réunions annuelles, des séminaires et des symposiums pour discuter de la question de la commutation automatique par rapport à la commutation semi-automatique.
À l'instar des États-Unis, un premier Congrès international des ingénieurs télégraphistes et téléphoniques s'est tenu en Europe à Budapest en septembre 1908, puis à Paris en 1910

Côté rue,

À cette époque, le changement en automatique en Europe n'était utilisé que dans l'Empire allemand. de Bavière et en AutricheHongrie.

John J. Carty, ingénieur en chef d'AT & T, a fortement préconisé un service semi-automatique, ce qui n'a pas entraîné de changer le poste téléphonique de l'abonné
L'ensemble du trafic mondial téléphonique, pour l'année 1909, est évalué à 19.178.500.000 conversations, dont 13.299.900.000 aux EtatsUnis.

Vers 1910, Western Electric a transféré d'autres travaux sur le commutateur rotatif à sa division européenne, après avoir déterminé que les compagnies de téléphone gérées par le gouvernement européen s'intéressaient davantage à lui.
En Europe, les centres urbains ont eu tendance à avoir moins de téléphones, moins que dans le modèle Américain.
Diverses versions du commutateur rotatif sont entrées en service dans les grandes villes d'Europe, principalement après la Première Guerre mondiale.
Aux États-Unis, Western Electric a poursuivi le développement du commutateur Panel, mieux adapté aux grandes villes ayant des volumes importants d'appels interurbains.

1910 Plus de 90 pour cent des appels locaux à New York concernaient des abonnéz connectés aux différents centraux locaux.
Le plan initial du système de Bell était le fonctionnement semi-automatique, où les abonnés devaient toujours appeler les opérateurs, qui à leur tour entraient le numéro désiré de l'abonné.
Vingt ans après l'expérimentation timide du centre Strowger de LaPorte (1892) , en 1912 les 350 abonnés au téléphones d'Epsom Surrey, sont devenus les premiers des USA à passer des appels automatiques, sans passer par un opérateur.
Pour la petite histoire on dit que la ville a été choisie pour ce projet, en partie parce que les abonnés locaux étaient considérés moins susceptibles pour accepter le «travail» supplémentaire consistant à composer un numéro de téléphone.

Statistique téléphonique mondiale, (Elecirical Revieiv).
Au 1er janvier 1910, il existait sur toute la terre un nombre total d'environ 10.269.000 appareils téléphoniques, avec une longueur de conducteurs s'élevant à 38.678.000 km en chiffres ronds ; à la même date, le capital placé dans les installations téléphoniques se chiffrait par environ 6 milliards de mark, soit 584 mark pour chaque poste téléphonique.
Les chiffres se répartissent comme il suit entre les diverses parties du monde :

Le tableau ci-après nous renseigne sur l'état du service téléphonique dans les principaux pays :

Parmi les pays faisant largement usage du téléphone figurent au premier rang les Etats-Unis avec environ 70 % de tous les postes téléphoniques existants et quelque chose comme 65% de la longueur totale de fils.
Ensuite vient l'Allemagne qui, de tous les pays d'Europe, est celui possédant le plus grand réseau téléphonique, avec environ 950.000 postes d'abonnés et près de 5,2 millions de km de conducteurs.
En troisième lieu nous rencontrons l'Angleterre avec 616.000 appareils et 3 millions de km de conducteurs.

En Europe, le trafic interurbain est très développé ; les grandes localités y sont reliées entre elles, le plus souvent, par une ou plusieurs lignes, généralement fort occupées.
C'est ainsi que la longueur des lignes interurbaines s'élève en Allemagne à 1.093.000 km, ce qui représente 21,5 % du développement total des conducteurs téléphoniques.
Si les données statistiques ci-dessus sont mises en regard de la population des Etats intéressés, on trouve que le tableau prend un autre aspect et la situation se révèle comme plus favorable au profit des petits pays dont la population se compose surtout d'industriels et de commerçants.
Le premier rang, encore ici, revient aux Etats-Unis, où l'on rencontre 7,6 postes d'abonnés par 100 habitants.

L'ordre de classement s'établit ensuite comme il suit :
Canada 3,7 postes d'abonnés par 100 habitants.
Danemark 3,3
Suède 3,1
Nouvelle Zélande 2,6
Norvége 2,3
Suisse 2,0
Nlle Galles du Sud 1,6
Allemagne 1,5
Angleterre 1.3
On ne rencontre que 0,6 poste d'abonné par 100 habitants en Belgique, 0,5 en France, 0,3 en Autriche, 0,2 en Hongrie et en Italie, 0,1 en Russie et en Espagne.
Pour l'ensemble de l'Europe, sur 1000 habitants, on en trouve seulement 5,4 qui possèdent un appareil téléphonique.
Si l'on envisage les différentes villes prises séparément, on contate que c'est celle de Los Angeles (Californie) qui possède le réseau téléphonique le plus dense existant au monde.
Pour 240.000 habitants, on y trouve 51.000 postes d'abonnés, soit 25,4 postes d'abonné par 100 habitants.

Quant à l'effectif du personnel affecté au service téléphonique du monde entier, il semble s'élever à 260.000 unités. En 1911
Développement du réseau, téléphonique de Chicago d'une manière extraordinairement rapide.
En août 1910, on a ouvert dans cette ville 4.709 nouveaux postes d'abonnés et on en a fermé 2.339, ce qui laisse une augmentation nette de 2.370 abonnés.
Le nombre des nouveaux postes d'abonnés aménagés durant les 8 premiers mois de 1910 s'est élevé à 45.960 (c'ontre 39.884 durant la période correspondante de 1909). On compte actuellement-à Chicago, y compris les faubourgs, 285.691 abonnés au. téléphone.

Le plus grand bureau telephonique du monde.
La " New-York Telephone Company " a acheté a New-York pour une somme d'environ 2.500.000 francs, une propriété d'une surface totale de 1.950 metres carrés.
Cette propriété a une facade de 27 metres sur une rue, de 37 m. 70 sur une autre, et une profondeur totale de rue a rue d'environ 60 metres.
On va conslruire sur cette propriete un edifice d'environ 17 etages ; les fondations et les murs seront calculés pour une elevation totale de 24 étages.
On estime que l'edifice de 17 étages coutera environ 6.250.000 francs.
Les travaux commenceront le 15 juin, et l'on espère pouvoir terminer l'edifice vers le ler mars 1912.
Les différentes parties de la construction seront occupees de la façon suivante :
Le premier élage sera loué pour des magasins. Le second étage sera affecté aux bureaux de la " New-York Telephone Company. Le lroisième, qualrième, cinquième et sixieme étage seront utilises par l'American Telephone and Telegraph Company pour ses salles d'appareils et ses bureaux.
Le seplième, huitieme, neuvieme et dixieme étage seront affectés a la " New-York Telephone Company a ses salles d'exploitation et a ses bureaux administratifs.
La "Western Union Telegraph Company" occupera une partie de l'edifice avec ses salles d'appareils et quelques-uns de ses bureaux.
L'American Telephone and Telegraph Company installera dans cette construction le plus grand bureau interurbain d'Amerique, avec environ 200 groupes d'opératrices. Aucun multiple local na sera inslallé au début dans 1'edifice ; mais plus tard, lorsque des étages supplementaires auront été construits, on y installera deux et peut-etre trois tableaux multiples avec une capacité totale de 60.000 abonnés.
Les salles reservees aux employes du bureau central comprendront des cantines et des salles de repos gaies et spacieuses. Sur le toit de l'edifice on amenagera des terrasses et des jardins. En oulre, trois immenses ventilateurs fourniront a toute heure un air pur et salubre aux nombreux employes en service.

Utilisation des automobiles par une Compagnie tele- phonique américaine.
La Compagnie telephonique de la New-England utilise des automobiles dans ses services de construction, de reparation et d'entretien. Les résultats sont très salisfaisants, et la Compagnie remplace graduellement toutes ses voitures a chevaux par des automobiles. La Compagnie estime qu'un automobile couvre une plus grande distance a moins de frais que des chevaux, et que le rendement de ses ouvriers est plus que double.
Trois voitures automobiles font le travail de neuf chevaux.

1911 TÉLÉPHONES ANGLAIS ET TÉLÉPHONES AMÉRICAINS Par M. T.-F. PURVES Ingénieur en chef des Télégraphes Anglais.
Extrait du Il Post Office Electrical Engineers Journal ", juillet 1911.

L'Angleterre a toujours volontiers rendu hommage et reconnaît aujourd'hui encore avec plaisir les apports considérables venus de l'Amérique du Nord en ce qui concerne le développement de la téléphonie. L'Amérique, en effet, a été le berceau du téléphone.
Les ingénieurs américains ont donné l'exemple au monde entier, en matière de téléphonie
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Le commutateur multiple, qui le premier a permis de concentrer de très nombreuses lignes d'abonnés dans un seul bureau central, le système de signaux lumineux à batterie centrale, (lui a notablement amélioré le service et réduit son prix de revient, les systèmes automatiques ou mécaniques qui tendent à éliminer l'intervention humaine de l'opératrice sont des progrès qui nous viennent d'Amérique ; et nombre d'entre les plus éminents parmi les initiateurs de ces progrès exercent encore aujourd'hui leur activité et jouent un rôle considérable dans la direction des exploitations téléphoniques.
Les compagnies téléphoniques des Etats-Unis se partagent actuellement en deux camps : les compagnies " Bell " et les compagnies "Indépendantes ".
Le premier groupe comprend les entreprises organisées pour exploiter les brevets de M. Graham Bell, le père incontesté de la téléphonie. Ces compagnies Bell locales sont actuellement au nombre de trente à quarante et réparties par tout le pays ; elles forment un ensemble d'unités, en partie autonomes, placées sous la haute direction et le contrôle général de la Compagnie American Telephone and Telegraph laquelle possède en outre et exploite, en son propre nom, un immense réseau de lignes à grandes distances.
Quant aux compagnies Indépendantes, elles sont au nombre de plusieurs centaines. Sans doute, quelques-unes d'entre elles peuvent être comparées avec les compagnies Bell, au point de vue de l'importance, mais elles n ont pris, pour la plupart, qu'un développement absolument minime. Les opérations d'un grand nombre des petites compagnies Indépendantes ne s étendent pas au-delà des limites d'une seule ville. Ces compagnies doivent leur existence à l'esprit d'entreprise local qui s'est manifesté lors de l'expiration, assez récente encore, des brevets Bell, et à la volonté d'obtenir, par la concurrence, un service moins onéreux.
Le groupe Indépendant, considéré dans son ensemble, possède à peu près la moitié du chiffre total des 8 millions de téléphones actuellement en service par le pays.

L'esprit de concurrence entre les compagnies Bell et les compagnies Indépendantes est très accentué.
De nombreuses personnes, aux Etats-Unis, doivent prendre des téléphones en location auprès des deux compagnies de leur résidence, afin de pouvoir se maintenir en relation avec leurs correspondants : c'est évidemment une situation assez fâcheuse. Le plus souvent, dans une même ville, les tarifs des Indépendants sont moins onéreux que ceux des compagnies Bell. Là où la situation est autre, les Indépendants prétendent que l'abaissement du tarif de leurs adversaires est le résultat de la concurrende ; cette assertion est, d'ailleurs, généralement exacte.
Le nombre des services gratuits donnés par de nombreuses compagnies américaines à leurs abonnés est assez appréciable. Par services gratuits, j'entends des petits services accessoires pour lesquels il n'est perçu aucune taxe. Par exemple, il est d'usage absolument courant qu'un abonné prévienne son bureau central qu'il désire être réveillé le lendemain à une heure donnée, ou même qu'il passe un arrangement pour être réveillé chaque matin. Et la Compagnie sonne le réveil ! On assure qu'à Chicago, il n'y a pas moins de 80.000 abonnés qui appellent chaque jour pour savoir l'heure exacte. Les résultats des élections et ceux des concours de jeu de paume et autres évènements sportifs sont également communiqués gratuitement à tous les abonnés qui le désirent.
Le service téléphonique est, dans les grandes villes d'Amérique, nettement plus rapide qu'en Angleterre.
Le Royaume-Uni possède des installations et un outillage identiques à ceux de New-York et de Chicago, et pourtant le résultat obtenu, en fait de célérité du service, ne semble pas être aussi bon. D'ailleurs, il est certain qu'à première vue, les travailleurs de toutes catégories, maçons, portefaix, terrassiers, emballeurs de viande, à Chicago, ouvriers travaillant le fer et l'acier dans les usines Carnegie de Pittsburg, ouvriers de fabriques de toutes sortes, garçons d'hôtel, employés, télégraphistes et aussi les opératrices du téléphone — il nous faut faire, à regret, cette dernière addition — semblent s'appliquer à leurs besognes respectives avec une diligence, une activité, un rendement malheureusement rare de ce côté-ci de l'Atlantique.
Pourtant les opératrices du téléphone se recrutent en Amérique beaucoup plus difficilement qu'ici ; on pourrait donc s'attendre à les voir adopter des allures plus lentes et plus indépendantes. On les attire vers les services téléphoniques en leur montrant le sort suprêmement enviable de la dame téléphoniste, l'agréable société dont elle bénéficie, les réfectoires, salles de lecture, salons de repos faits pour son confort et son plaisir ; tout est présenté à la candidate téléphoniste sous une forme attrayante ; seule, l'obligation insignifiante, et apparemment sans importance, d'avoir à fournir une certaine somme de travail semble y avoir été omise.
On parle souvent du service téléphonique américain interurbain comme étant beaucoup plus rapide que celui donné par le Post-Office britannique ; pourtant, les statistiques générales des deux services, considérées dans leur ensemble, montrent que le laps de temps moyen s'écoulant avant que l'on puisse obtenir une connexion interurbaine n'est pas beaucoup plus long en Angleterre qu'en Amérique.
La supériorité du service américain existe incontestablement pour les communications entre grands centres. Elle s'explique par le fait que, entre les principales villes, les lignes interurbaines sont bien plus nombreuses que dans le Royaume-Uni.
Par suite de cette circonstance, les tarifs téléphoniques américains sont élevés ; ils sont le double ou le triple de ceux pratiqués par le Post-Office britannique, à égalité de distance. Le public américain paye volontiers des taxes interurbaines assez onéreuses ; mais pourtant, d'après les statistiques, il utilise les conversations interurbaines dans une mesure beaucoup moindre que le public anglais. Le petit abonné américain se procure rarement le luxe de téléphoner à de grandes distances ; et c'est l'abonné important et riche qui retire tout le bénéfice de la célérité du service.
Dans le Royaume-Uni, où les taxes sont moins élevées, les lignes interurbaines écoulent beaucoup plus de conversations et chacun doit attendre plus longtemps son tour. Il serait difficile d'amener le public anglais à se soumettre aux taxes interurbaines élevées nécessaires pour la construction du grand nombre de lignes nouvelles, afin de créer un réseau semblable au réseau américain. Chaque ligne doit donner une recette suffisante pour payer l'exploitation et l'entretien ; aussi, la question de la célérité dans le service interurbain es-t-elle fort difficile à résoudre.
Il faut ajouter que non seulement les lignes interurbaines anglaises demeurent inactives pendant beaucoup moins de temps que les américaines, mais que le temps perdu, ou plutôt employé à la transmission des appels et à l'établissement des connexions, est beaucoup moindre pour le réseau anglais.
La présence, dans le Royaume-Uni, de lignes interurbaines bien moins nombreuses a mis le Post-Office dans la nécessité de rechercher le moyen d'obtenir, sur les lignes existantes, le maximum de rendement durant les heures actives de la journée, et, sous ce rapport, peu de choses sont à prendre en Amérique.
En ce qui concerne la qualité de la transmission, il n'y a guère de différence entre les deux administrations ; une supériorité, si elle existe, est plutôt en faveur de l'Angleterre : ses lignes interurbaines sont généralement construites avec plus de soin.
Il est possible de converser à travers de grandes distances, mais généralement une conversation sur un parcours de plus de 600 à 800 kilomètres, n'est pas facilement réalisable. Cependant, on trouve des lignes très bonnes entre certaines villes importantes des États-Unis et, parfois, on peut obtenir une communication très satisfaisante entre New-York et Chicago, dont la distance est de 1.500 kilomètres.
La construction de la ligne New-York-Denver est la chose la plus importante réalisée jusqu'ici en matière de téléphonie à grande distance ; elle ne peut qu'exciter l'admiration de quiconque est en mesure d'apprécier l'habileté mathématique et la science électrique des ingénieurs qui ont travaillé à l'obtention d'un résultat aussi remarquable.
Tous les ingénieurs s'occupant de téléphonie s'intéressent vivement, aujourd'hui, à la question des bureaux centraux automatiques ; aussi, n'avons-nous pas négligé, au cours de notre mission en Amérique, d'examiner ce sujet. L'objectif principal du système automatique est de réduire les frais d'exploitation du bureau central, en donnant à l'abonné la possibilité d'obtenir la connexion désirée par sa propre action et sans avoir à faire intervenir des opératrices. Le système automatique prétend en outre réaliser une accélération du service.

Chaque téléphone est pourvu d'un dispositif mécanique d'appel au moyen duquel l'abonné peut, d'une manière fort simple, transmettre le numéro du correspondant désiré. Sur certains systèmes, ce dispositif d'appel comprend une série de petits leviers dont chacun est amené sur la position correspondante à un des chiffres du numéro à signaler. Dans d'autres systèmes, le même dispositif d'appel consiste en un simple disque tournant portant dix chiffres, 0 à 9, qui sont marqués sur sa périphérie : on transmet l'appel d'un numéro quelconque en faisant tourner successivement le cadran jusqu'à la position correspondante à chaque chiffre du nombre en cause et en le laissant chaque fois revenir au zéro.
Le fait d'amener chaque' chiffre lance une série d'impulsions électriques, lesquelles actionnent le mécanisme sélecteur et connecteur du bureau central et effectuent la connexion avec la ligne désirée.
La première conception d'un pareil système remonte à plus de vingt ans et elle est généralement attribuée à M. Strowger, dont le nom désigne encore aujourd'hui le système automatique de la Compagnie Automatic Electric de Chicago, système dont le développement pratique est beaucoup plus répandu que celui de tous les autres systèmes similaires concurrents.
La tentative de M. Strowger était à la fois hardie et intéressante ; comme beaucoup d'autres de môme espèce, elle fut très froidement accueillie au début. Elle semblait par trop compter sur de simples machines pour diriger exactement des milliers d'appels quotidiens au travers des réseaux compliqués des grandes villes. Mais la confiance nécessaire, avec l'intelligence et l'argent, n'a pas fait défaut ; par suite, aujourd'hui, la plupart des ingénieurs sont tout disposés à admettre que, sous une forme ou sous une autre, les machines automatiques sont destinées à jouer un grand rôle dans la téléphonie de l'avenir.
L'idée de la téléphonie automatique a pris naissance, comme nous l'avons dit, en Amérique ; c'est dans le même pays que ses plus importants développements ont été réalisés. Durant ces cinq ou six dernières années, les progrès ont été considérables tant dans la conception et le perfectionnement de systèmes automatiques, que pour l'établissement d'installations pratiques.
Actuellement, on ne compte pas
moins de 250.000 téléphones desservis, aux Etats-Unis, par des bureaux centraux automatiques.
Plus de 95 % des installations automatiques en activité sont du système Strowger, sous la forme que lui a donnée la Compagnie " Automatic Electric " ; les 5 %restant représentent le résultat des travaux d'autres entreprises, dont les ingénieurs ont imaginé des systèmes souvent remarquables et efficaces.

Les systèmes semi-automatiques, eux-aussi, cherchent à obtenir la faveur du public. Dans le service semi-automatique, l'abonné n'a besoin que d'un téléphone ordinaire à batterie centrale. On appelle l'opératrice du bureau central en la manière usuelle, en décrochant le récepteur, et le mécanisme automatique est mis en mouvement par l'opératrice. Cette dernière reçoit de l'abonné appelant l'indication verbale du numéro désiré, et elle le reproduit en abaissant une série de clefs convenables ; les machines font le reste de la besogne. La rapidité avec laquelle l'opératrice peut écouler les appels de cette manière est bien plus grande que sur un meuble commutateur ordinaire, où la même opératrice doit établir les connexions au moyen de fiches et de cordons simples, essayer et appeler la ligne demandée.

Le mécanisme sélecteur actuel pour bureaux centraux semi-automatiques est pratiquement identique à celui utilisé dans les systèmes complètement automatiques.
Le principe des deux systèmes est simple et facilement compréhensible.
Supposons un abonné, desservi par un système complètement automatique, qui désire être relié au n° 4683. Il envoie d'abord, par son dispositif d'appel, le chiffre 4, lequel transmettra quatre impulsions électriques sur sa ligne. Ces impulsions agissent sur un organe mécanique commutateur et elles font avancer ses brosses de contact ou frotteurs, les plaçant en connexion avec une ligne de jonction qui se rend au quatrième groupe des mille. L'autre extrémité de la même ligne de jonction est reliée de façon permanente à un deuxième sélecteur qui a accès aux lignes de tous les abonnés dont les nombres se trouvent entre 4000 et 4999. L'abonné appelant transmet ensuite le chiffre 6 qui amène les frotteurs du deuxième sélecteur en contact avec une ligne se rendant à un troisième sélecteur ou Il connecteur " du sixième groupe des centaines. A ce connecteur sont reliées de façon permanente toutes les lignes entre 4600 et 4699. Ensuite, la transmission du troisième chiffre d'appel, 8, amène les frotteurs au groupe " 80 ", enfin, le dernier chiffre, 3, fait avancer les frotteurs de
trois degrés et les met en contact avec la ligne désirée 4683.
Telles sont les opérations essentielles ; mais, dans l'aménagement pratique d'un bureau central, il faut encore avoir soin de prévoir un bon nombre de détails subsidiaires. Il y a des commutateurs automatiques, présélecteurs, qui entrent en action aussitôt que le récepteur a été soulevé et qui, choisissant un premier sélecteur inoccupé, le placent en connexion avec la ligne de l'abonné appelant, prêt à recevoir le premier chiffre du numéro appelé. Les divers sélecteurs, dans chaque phase de l'opération, n'ont pas seulement à trouver le groupe en correspondance avec les impulsions d'appel, ils doivent en outre rechercher et saisir un circuit auxiliaire libre se rendant à un sélecteur de l'ordre numéral suivant. Les circuits auxiliaires se rendant au groupe désiré sont essayés rapidement l'un après l'autre, et le mécanisme, saisissant le premier circuit inoccupé qui se présente, le rattache à la ligne appelante. Après quoi ce circuit auxiliaire donnera le signal "occupé " sur tous les sélecteurs sur lesquels il est multiplé.

En outre, le connecteur doit être pourvu de moyens permettant d'essayer la ligne désirée et de faire parvenir le signal d'occupation à l'abonné appelant, si le correspondant que recherche ce dernier se trouve déjà engagé dans une autre conversation. De plus, si l'abonné appelé possède plusieurs lignes, il faut que le connecteur définitif recherche une ligne inactive et se rattache à cette dernière, puis qu'il fasse retentir la sonnerie de cette ligne à de courts intervalles. Si l'abonné appelé est desservi par une ligne commune à plusieurs abonnés, il faut alors que le connecteur définitif fasse convenablement les connexions et choisisse le courant convenable de sonnerie, pour appeler l'abonné désiré sans déranger les autres abonnés du même groupement. Enfin, une fois que la connexion a été établie, et que l'abonné appelé a répondu, le mécanisme enregistre la conversation sur un compteur, quand il s'agit d'un service à conversations taxées.

Le même connecteur doit en outre maintenir le signal "occupé" sur toutes les lignes auxiliaires et sur tous les commutateurs utilisés, de façon que toute personne voulant intervenir puisse être éloignée du circuit pendant que la conversation se poursuit. Enfin, aussitôt que la conversation est achevée et que les abonnés intéressés ont raccroché leurs récepteurs, il faut que tous les organes commutateurs soient ramenés à la position normale, que les signaux Il occupé " soient supprimés ; en un mot, que tout soit rendu disponible pour servir à une nouvelle conversation.

D'ordinaire, les bureaux centraux automatiques renferment en outre un système de signaux d'avertissement destinés à attirer l'attention des surveillants sur lout dérangement de l'appareil qui empêche ce dernier de remplir convenablement sa fonction; de plus, des dispositifs spéciaux permettent d'obtenir la liaison avec les circuits interurbains, ainsi qu'avec les autres bureaux centraux, manuels ou automatiques, de la même localité.

Jusqu'à l'époque actuelle, les grandes compagnies Bell des Etats-Unis — compagnies dont les ingénieurs ont enseigné au monde entier la meilleure construction des meubles commutateurs manuels — ont refusé de s'occuper des systèmes automatiques et les ont sévèrement critiqués.
Tous les progrès réalisés dans l'emploi des systèmes automatiques ont été l'oeuvre d'entreprises indépendantes.

Actuellement, la Compagnie téléphonique indépendante de Chicago, dite Compagnie Illinois Tunnel installe un système automatique pour 80.000 abonnés à l'aide de huit bureaux centraux, chacun de 10.000 abonnes. Tous ces bureaux centraux seront connectés entre eux et fonctionneront ensemble comme une seule unité. On a fixé le type de l'outillage afin de pouvoir porter le réseau au chiffre ultime d'un million de lignes.
La construction des bureaux centraux automatiques en question était en cours à Chicago en janvier dernier.
Déjà plus de 20.000 lignes fonctionnent et on assure que la Compagnie intéressée a déjà recruté plus de 40.000 abonnés dont on pousse l'installation avec toute la rapidité possible. Si l'on songe que Chicago, avec une population d'environ trois millions d'âmes, comptait déjà plus de 250.000 téléphones Bell en service au moment où la concurrence a fait son apparition, on ne peut qu'admirer le courage et l'assurance dont a fait montre la Compagnie Indépendante rivale en lançant son projet.

Nous nous trouvions dans le bureau principal de l'entreprise automatique, un soir, au moment où les placeurs (on les appelle "solliciteurs" aux États-Unis) venaient rendre compte du résultat de leurs démarches de la journée. Ils encombraient l'escalier comme la foule qui pénètre dans un théâtre, chacun portant sous le bras son échantillon de téléphone automatique, dont il avait dépeint les mérites transcendants à tous les citoyens de Chicago, avides de progrès, qui avaient consenti à l'écouter.
On se demande quel chiffre énorme de téléphones on rencontrerait aujoutd'hui en Angleterre, si l'industrie téléphonique avait montré la même détermination !

Comme nous l'avons dit, les compagnies Bell ne sont pas encore converties au système automatique, et elles n'admettent pas que le public puisse arriver à manœuvrer avec succès le téléphone automatique ; elles se rendent cependant compte que les organes de l'appareil logés dans le bureau central peuvent fonctionner de façon satisfaisante, car elles ont chargé la Compagnie Western Electric de construire pour elles un système semi-automatique. Ce dernier système est actuellement à l'essai à New-York.
L'installation d'essai ne comprend que 500 lignes, mais elle a élé prévue d'après un type qui permettra l'extension jusqu'à desservir près de deux millions d'abonnés, dont les lignes respectives aboutiront à environ 100 bureaux centraux, ayant chacun 20.000 lignes.
On ne perd donc nullement de vue, aux Etats-Unis, les besoins des grandes villes pour les années à venir. Rien, dans la nature des choses, ne s'oppose à ce que l'on ajoute un autre chiffre, de façon à élever la capacité du système jusqu'à 20.000.000 d'abonnés, bien que la complexité d'une pareille installation trouble quelque peu l'imagination et que les opérations d'appel doivent être assez longues.
En effet, dans un pareil cas, l'abonné devrait manœuvrer le dispositif d'appel de manière à envoyer jusqu'à huit chiffres, pour atteindre un correspondant titulaire d'un numéro d'ordre élevé.

Le système semi-automatique construit par la Compagnie "Western Electric " repose sur un principe entièrement original et nouveau et présente un miracle d'ingéniosité. Il peut facilement s'adapter aux exigences d'un service entièrement automatique.
Ce système en question, qu'il soit semi-automatique ou entièrement automatique, semble devoir être un adversaire redoutable pour les autres systèmes ; la lutte aboutira, en dernier ressort, à la survivance du système le plus approprié aux besoins.

Le Post Office britannique, vient de décider de faire aussi un essai des bureaux centraux automatiques.
La première mesure, dans ce sens, va consister en une "expérience sur la bête". A cet effet, on va établir une installation qui constituera le réseau téléphonique officiel du Post Office Général, et on ne tardera pas ensuite à avoir deux autres systèmes automatiques, ou plus, fonctionnant dans des bureaux centraux qui desservent le public. C'est seulement de cette manière que l'on pourra déterminer si le public anglais éprouve de la sympathie pour les dispositifs automatiques.

En ce qui concerne les Etats-Unis, nous avons mis à profit toutes les occasions qui se sont présentées, afin de déterminer les sentiments du public. Nous avons rendu visite à de nombreux abonnés utilisant à la fois le système automatique et le système manuel rival des compagnies Bell, et il faut avouer que, dans la grande majorité des cas, nous avons constaté une préférence bien tranchée pour le système automatique.
Sans doute, il y a différentes raisons qui font que l'on doit accepter avec réserve le résultat de notre enquête et n'en pas tirer des déductions trop nombreuses ; pourtant, il semble avéré que l'abonné américain, en général, aime à se tirer d'affaire par ses propres efforts, sans attendre l'intervention d'une opératrice. D'ordinaire, en huit ou dix secondes, cet abonné aura obtenu le numéro qu'il désire ou aura reçu un signal d'occupation. Une autre chose qu'apprécient la plupart des abonnés américains, c'est que la remise en place du récepteur, une fois qu'une conversation se trouve achevée, rend la ligne libre instantanément et qu'on peut aussitôt procéder à un nouvel appel.

Naturellement, la question essentielle est la suivante : le système automatique reviendra-t-il à meilleur compte, dans son installation et son exploitation, que le système manuel ? Permellra-t-il de réduire les taxes réclamées du public ?
En cas d'affirmative, son succès est assuré. Il comporte naturellement une forte économie du chef de l'élimination des opératrices; mais en regard de cette circonstance, il faut tenir compte de l'augmentation de dépenses en mécaniciens expérimentés chargés de l'entretien et, probablement aussi, de la plus rapide détérioration de l'appareil. S'il n'y a pas de différence appréciable dans le prix de revient des deux systèmes, pour ma part, je préférerais m'en tenir au système manuel. Je pense qu'il vaut bien mieux, au point de vue général et social, payer des opératrices chargées d'exécuter le travail positif utile, au lieu de consacrer la même somme à rétribuer des hommes qui auraient mission de rechercher des dérangements dans un mécanisme compliqué et de faire disparaitre des troubles, une fois que ces derniers se sont produits.
Quoi qu'il en soit, j'estime que le régime automatique, sous une forme ou l'autre, a conquis droit de cité.

Transportons-nous maintenant à l'autre extrémité du domaine téléphonique, à l'extrémité la plus simple en ce qui concerne l'appareil et mentionnons les services téléphoniques ruraux des Etats-Unis.
" Le développement des lignes de fermiers ", est dû en général à l'initiative du public
lui-même, lequel avait construit un grand nombre de lignes dans les districts peu fréquentés du pays, avant que les compagnies téléphoniques eussent découvert qu'il y avait de grosses recettes à tirer des services téléphoniques ruraux. On rencontrait des matériaux étranges sur les lignes construites, au début, par les fermiers.
Cà et là, sur-un poteau dépassant les haies, un morceau de fil de fer de clôture enroulé sur des goulots de bouteilles brisées surmontant l'extrémité supérieure du poteau et jouant le rôle d'isolateurs : C'est là tout ce qu'il fallait pour mettre dix à douze fermiers en communication entre eux.

Aujourd'hui, le matériel entrant dans les lignes rurales est un peu meilleur ; mais les fermiers continuent, le plus souvent, à construire eux-mêmes ces lignes. De nombreuses maisons d'articles téléphoniques, répandues par tout le pays, pourvoient aux besoins en fait de matériel. Une seule ligne peut desservir jusqu'à vingt habitations, en aboutissant a un ou deux bureaux centraux qui donnent la communication avec le monde extérieur ou, tout au moins, avec le marché le plus proche. Naturellement, avec les lignes rurales, les conversations au travers de grandes distances sont impossibles, car ces lignes ne réunissent que bien peu des conditions requises pour communiquer, par exemple, de New-York à Denver. Chaque téléphone est accompagné d'un puissant appel magnétique, et les appels parviennent à toutes les personnes se trouvant sur la ligne.
Il a donc fallu organiser un système de signaux, en sorte que chaque correspondant puisse reconnaître quand il est demandé a l'appareil ; de plus, là où les personnes rattachées à la même ligne dépassent le chiffre de six, on applique un système de combinaisons de sonneries alternativement prolongées et brèves. Naturellement, chacun peut, s'il le désire, entendre la communication de son voisin ; on a même prétendu que c'était là une des raisons principales qui ont fait la popularité du système de lignes de fermiers !

Avec toutes ses caractéristiques originales, la ligne téléphonique du fermier ne laisse pas de jouer un rôle remarquable dans la vie rurale des Etats-Unis. Elle a merveilleusement atténué la solitude des petites fermes parsemées sur plusieurs milliers de lieues carrées, en même temps qu'elle a procuré d'importants bénéfices aux propriétaires de ces fermes,

Un autre point qui mérite de retenir l'attention, c'est la facilité relative avec laquelle les compagnies téléphoniques des Etats-Unis parviennent à faire échapper leurs lignes aux influences néfastes des arbres. Non seulement la sécheresse du climat les assiste grandement dans le maintien d'un bon isolement, mais, les propriétaires fonciers observent, en matière d'élagage des arbres, une attitude bien plus raisonnable et bien plus favorable aux intérêts généraux que celle que nous rencontrons d'ordinaire en Europe.

Des nombreuses choses que nous avons vues et admirées dans la téléphonie des Etats-Unis, il n'en est aucune qui m'ait impressionné autant que la perfection de l'organisation, les principes administratifs qui forment la base de cette organisation et la sincérité avec laquelle tous semblent avoir confiance en ladite organisation et l'appuyer. L'organisation en question porte l'empreinte caractéristique des méthodes générales américaines ; elle est, dans une large mesure, la source du succès remporté par le pays dans le domaine téléphonique. Ses trois principes fondamentaux sont : la spécialisation dans des limites raisonnables, la répartition des responsabilités et la coopération directe entre fonctionnaires qui doivent travailler en commun.

Le Post Office semble vouloir suivre la même tendance. Il a en effet déjà introduit la spécialisation dans une large mesure.
Quant à la délégation des pouvoirs émanant de l'autorité supérieure, elle progresse et l'on peut compter qu'elle sera étendue encore beaucoup plus loin. Mais elle n'ira jamais à la limite qu'elle a atteinte chez les compagnies téléphoniques américaines, où nous voyons l'opératrice en chef d'un bureau central investie du droit de recruter son propre personnel, de licencier les opératrices incapables ou non satisfaisantes pour le service. D'ailleurs, il n'est nullement désirable de voir les choses poussées aussi loin dans le Royaume-Uni.

Aux États-Unis, on a aussi substitué la discussion directe et la coopération entre services associés au système qui consiste à coordonner et diriger séparément ces services au moyen d'un personnel d'état-major général, constituant le canal légitime des communications entre lesdits services ; cette innovation mérite que le Post Office lui accorde son attention.

L'un des points les plus saillants de l'organisation américaine, pour un technicien, est la large définition donnée au terme "technique".
L'ingénieur en chef de la Compagnie "American Téléphoné and Telegraph" a sous ses ordres des ingénieurs du " trafic " aussi bien que des ingénieurs des "constructions et entretien"; il peut ainsi étudier efficacement le
développement et les besoins de l'ensemble des services et établir des types de constructions pratiques qui s'adaptent convenablement les uns aux autres, pour l'instruction et la bonne conduite de toutes les Compagnies Bell associées, ainsi que des exploitations télégraphiques placés sous son contrôle.

Ces dernières exploitations consistaient primitivement en la location de circuits, dits fils privés superposés aux lignes téléphoniques à grande distance; elles ont été, dans ces derniers temps, considérablement étendues, en suite de l'acquisition, faite par la Compagnie American Telephone and Telegraph ", de la Compagnie " Western Union ", ainsi que du réseau de câbles et de l'important service télégraphique intérieur de cette dernière.
La fusion des deux entreprises est due dans une large mesure, je le crois du moins, à la juste appréciation des avantages que donnerait la coordination des deux services, et les meilleures méthodes pour réaliser cette coordination font actuellement l'objet d'études poussées activement. Un haut fonctionnaire de la Compagnie "American Telephone and Telegraph ", qui se trouve actuellement en Angleterre, a déclaré avoir recueilli de précieuses informations en analysant les méthodes déjà adoptées par le Post Office britannique pour amener les systèmes télégraphique et téléphonique à se compléter l'un l'autre.
Très probablement, nous verrons des innovations importantes se dessiner sous peu aux Etats-Unis dans le même sens, au profit manifeste des deux serviçes.

La valeur des statistiques régulières est hautement appréciée aux États-Unis comme moyen de contrôle de l'exploitation des vastes organisations commerciales de toutes sortes ; on s'attache avec le plus grand soin à les dresser systématiquement pour fournir les informations essentielles nécessaires aux fonctionnaires chargés de la direction. Les compagnies téléphoniques ne constituent pas une exception sous ce rapport. On nous a assuré, aux Etats-Unis, que les idées maîtresses suivies dans l'organisation des méthodes statistiques sont les suivantes : en premier lieu, aucun agent ne doit être invité à fournir des statistiques qui ne lui seraient pas pratiquement utiles: à lui-même pour apprécier le résultat du travail dont il a la responsabilité ; en second lieu, il est nécessaire de rendre la série des documents statistiques uniformes assez complète pour éviter, dans la plus large mesure possible, que le personnel n'interrompe ses travaux ordinaires pour dresser des états spéciaux. Les documents statistiques passent par de nombreuses mains et sont soigneusement compulsés avant de parvenir aux chefs de l'entreprise sous une forme qui permette d'exprimer le fonctionnement de chaque branche du service en termes simples, c'est-à-dire en dollars et en cents.

L'harmonie avec laquelle toutes les catégories d'employés collaborent ensemble dans les services américains est manifeste.
Toutes les réflexions à ce sujet conduisent à la conclusion suivante : « Employez des hommes de haute valeur et il n'y aura pas de froissements ».


1913 vu dans la presse

1913 : ORGANISATION DU PERSONNEL DES BUREAUX TÉLÉPHONIQUES AUX ÉTATS-UNIS
D'après un rapport de mission de MM. J. Statuart Jones, John Lee, A-V. Martin et T-F. Purves, ingénieurs au Post-Office

Les questions se rattachant à l'organisation du personnel sont fort différentes, en Amérique, de ce qu'elles sont en général dans les autres pays.
La plupart des Compagnies américaines éprouvent une certaine difficulté à se procurer des opératrices.
Celle-ci quittent généralement très rapidement leur emploi ; dans certaines villes, la durée moyenne de service se trouve réduite jusqu'à 21 mois et elle dépasse rarement quatre années.
Les emplois réservés aux femmes, en Amérique, sont très nombreux, mais ils sont peu recherchés en raison du service que l'on exige la nuit et le dimanche de la part des téléphonistes.
De plus, les Compagnies téléphoniques sont beaucoùp plus exigeantes que les administrations en ce qui concerne le rendement et l'état de santé des opératrices.
A Boston, durant le premier semestre de l'année 1910, 70 opératrices ont démissionné pour se marier, 154 pour changer de situation, 142 ont démissionné en raison de leur mauvais état de santé ; enfin 185 ont été licenciées.
Ce renouvellement constant fait qu'on demande beaucoup de personnel assez difficile à recruter et ceci n'est pas sans inspirer le désir d'avoir un service automatique, désir qui se manifeste surtout dans les villes de l'Ouest où le recrutement est encore plus difficile que sur les autres points du pays.
Les émoluments payés par les différentes Compagnies sont à peu près identiques, et une unification générale est en voie de réalisation,
La Compagnie de New-York seule paye davantage que les autres en raison du prix de la vie et des déplacements.
Les prix moyens pour l'ensemble du pays sont les suivants :


En examinant ces chiffres, il ne faut pas oublier que le coût de la vie, aux Etats-Unis, est au moins deux fois plus cher qu'en Europe.

Les Compagnies ont pour principe de rétribuer leurs employés dans la mesure du travail qu'ils fournissent. De là un système d'augmentations périodiques qui est basé sur les notes fournies par la surveillante principale. On apprécie la qualité du travail fourni par les essais effectués à partir des appareils des abonnés et en se plaçant en écoute sur le poste d'opératrice.
Les opératrices du service interurbain sont généralement mieux rétribuées que les téléphonistes ordinaires.
La durée de la présence au bureau est généralement de 10 heures par jour; mais il y a un tendance générale à la réduire, et la New York Telephone étudie en ce moment un projet qui abaisse à neuf heures la durée journalière des vacations.
Le travail peut être effectué en plusieurs vacations, et les frais additionnels de voyages qui en résultent sont à la charge de la Compagnie.
Des repos sont accordés deux fois par jour, mais jamais entre 10 heures du matin et midi. On donne généralement 30 minutes aux opératrices pour leur permettre de prendre le lunch.
Le personnel de nuit de New York a droit à deux heures de repos. A Boston, le personnel de nuit travaille de 10 heures du soir à 7 heures du matin. Certaines Compagnies privées font travailler les opératrices debout pendant cinq minutes dans le courant de la matinée et cinq minutes dans l'après-midi, ce qui, assure-t-on, procure un soulagement appréciable.
Mentionnons en passant que, dans beaucoup de bureaux, les opératrices entrent et sortent en rang dans un ordre parfait; on considère ceci comme une préparation, utile et précieuse, pour les cas d'incendie, de plus, cela donne aux salles une apparence plus ordonnée.
Dans aucun bureau central, on ne trouve d'hommes.
La spécialisation du personnel est de règle ; mais on a prévu une certaine latitude de déplacement d'un poste à l'autre afin de pourvoir aux absences. Il n'existe pas un roulement général d'attributions. Les postes d'annotatrices sont réservés aux plus anciennes employées. Dans le service urbain, on considère que les groupes B sont plus difficiles à tenir que les groupes A ; dans les écoles, on enseigne seulement les manipulations des groupes A. Le service des renseignements revient aux opératrices les plus anciennes.
Des congés sont accordés pour le dimanche. On évite, autant que possible, de retenir les opératrices après les heures normales de présence. Lorsque le personnel ordinaire est retenu après expiration des heures normales, par exemple pendant les périodes d'élections, on prend dos dispositions spéciales ; c'est ainsi qu'un jour, paraît-il, des chambres furent retenues pour des dames téléphonistes dans un hôtel de New York. Les congés de maladie et les congés annuels sont accordés selon les mérites professionnels et la durée des services de l'opératrice. Un jour payé, par mois de service, est accordé pour les congés de maladie, avec un maximum de deux semaines par an. Les congés annuels les plus longs sont de 10 jours. Dans certains cas on peut accorder jusqu'à deux mois de congé de maladie.
Il ne faut pas se dissimuler, toutefois, qu'en Amérique on licencie plus facilement qu'ailleurs les opératrices dont l'état de santé laisse à désirer. Pour l'ensemble du service, la moyenne générale des congés de maladie s'élève seulement à 2 %, soit à peu près six jours par opératrice et par an.
Pour ce qui est des repas, d'ordinaire la Compagnie fournit le café et le lait, les ustensiles de cuisine et un cuisinier.
La « Chicago Téléphoné Cy » est la seule qui donne un repas quotidien complet à tout son personnel. Ces repas sont excellents ; ils reviennent à la Compagnie à environ 5 cents par opératrice et par jour. Cette Compagnie distribue ces repas gratuitement surtout pour s'attacher ses opératrices ; elle obtient ainsi finalement une économie, et assure un meilleur travail en améliorant l'état de santé de son personnel. Cette Compagnie fournit également des salles de repos très confortables, encourage l'organisation do cours de chant, de gymnastique ainsi que l'ouverture de succursales des bibliothèques municipales.
Il y a une tendance, chez les autres Compagnies, à croire que la « Chicago Telephone Cy » est beaucoup trop libérale. L'installation des lavabos est excellente, et on rencontre de longues rangées de porte-manteaux pour les chapeaux et les vêtements. L'infirmerie constitue encore une nouveauté, elle contient des couchettes sur lesquelles peuvent reposer les opératrices indisposées. Les femmes de charge doivent pouvoir traiter les cas d'indispositions ordinaires et dans tous les autres cas on n'hésite pas à faire intervenir immédiatement un médecin. Dans plusieurs bureaux de Boston, on a aménagé des jardins suspendus ; mais cette innovation semble plutôt rentrer dans le domaine de la fantaisie.
Les surveillantes reçoivent jusqu'à 24 dollars par semaine. La surveillante principale a une très grande responsabilité. Elle peut nommer et licencier les employées, accroître l'effectif de ses subordonnées en se guidant sur l'importance du trafic. Elle est placée directement sous la dépendance du chef du district, et non pas sous celle du chef adjoint du trafic, qui n'a de relations qu'avec le public. L'avancement au choix est de rigueur ; on tient bien c'ompte de l'ancienneté, mais dans une mesure restreinte. L'habileté professionnelle des surveillantes est remarquable. Celles de Boston n'ont que sept heures de travail de surveillance ; elles consacrent le reste de la journée à des travaux d'écritures. Les surveillantes font appliquer la discipline jusque dans les salles de repos où l'une d'elles doit se tenir toutes les fois que des opératrices s'y trouvent réunies en nombre.
Toutes les Compagnies s'attachent spécialement à l'instruction professionnelle des opératrices. Les méthodes varient un peu, mais. un bref résumé des points communs peut présenter de l'intérêt. Les élèves reçoivent une rétribution, de sorte qu'on peut immédiatement leur imposer la discipline. On estime généralement qu'après trois ou quatre semaines, une élève sera en mesure de tenir un poste A. La monitrice est rétribuée à peu près au même taux que les surveillantes. Ordinairement, elle possède le don de l'enseignement aussi bien que la pratique de la téléphonie.
Les cours consistent en conférences, exercices écrits et travaux pratiques. Les conférences traitent chacune d'une partie du travail d'une opératrice. Les élèves doivent répéter de mémoire un résumé de la conférence, puis le rédiger. De cette manière, les quelques règles simples se rapportant au travail d'une opératrice A sont toutes apprises au bout d'une semaine. La conférencière n'hésite pas à parler de quelques questions en apparence étrangères au sujet pour retenir l'attention. C'est ainsi qu'elle expose, par exemple, la valeur économique du service téléphonique et cherche à développer les sentiments de fierté et de dignité de ses élèves. En outre, elle fait de temps en temps une de ses conférences par téléphone afin d'exercer ses élèves.
Dans la deuxième période, on partage les élèves en des groupes que l'on place devant des tableaux commutateurs. A partir de tables disposées en face du tableau, les surveillantes font des appels, elles peuvent jouer le rôle d'abonné ou de cabine publique avec payement automatique, ou encore, elles peuvent occuper un poste B et recevoir des appels provenant des élèves. Autant que possible tout se fait par téléphone, pour que les opératrices s'habituent complètement à l'emploi de l'appareil. Tous les différents détails du service d'une opératrice sont compris dans le cours, et au moment de sa mise en service l'élève se trouve être parfaitement en mesure d'occuper un poste A moyen.
Les surveillantes sont en assez grand nombre ; leur proportion au regard du nombre des opératrices, dans les bureaux urbains est généralement de 1/8 et de 1/6 pour les bureaux interurbains, sans parler des surveillantes principales.
La proportion des surveillantes principales par rapport aux surveillantes, est de 1/5 dans les bureaux interurbains.
A proprement parler, il n'y a pas de chefs de bureaux centraux. Depuis quelques années, la tendance a été de placer les bureaux centraux sous la direction de femmes ; mais on rencontre encore un petit nombre de chefs de district qui sont responsables de l'exploitation dans leur subdivision.
Les chefs districtuels de trafic sont généralement recrutés dans les écoles publiques ; ils reçoivent une instruction générale, portant sur les questions de matériel, sur les questions commerciales et les questions de trafic, qui dure une année. Ils passent par l'école des opératrices, ils exécutent la surveillance du service, enfin ils acquièrent quelques connaissances techniques.
D'ordinaire, un chef de district a trois adjoints. L'un d'entre eux travaille dans le bureau du chef ; le deuxième se tient dans la salle du multiple pour répondre au public ; enfin le troisième remplit les fonctions de chef du trafic pendant la nuit. Ayant plus d'un bureau central sous ses ordres, il peut appliquer des méthodes de comparaison et jouer un rôle d'administrateur plus que de directeur de bureaux centraux.
Le chef de district a des rapports étroits avec le directeur du matériel du district ainsi qu'avec le directeur commercial correspondant.
Les travaux d'écritures sont effectués, dans la section de la Comptabilité, par un personnel féminin dont les émoluments sont un peu inférieurs à ceux des opératrices. Ces dernières employées, affectées à la Comptabilité, touchent en moyenne, à New York, 8 dollars par semaine. Cette situation est plus recherchée parce qu'elle ne comporte pas de vacations de nuit et de dimanche : aussi les candidates à ces derniers emplois ne font-elles pas défaut, comme les candidates aux fonctions d'opératrices. Ces employées ont un avenir limité, mais elles peuvent devenir caissières dans les bureaux publics au traitement de 12 dollars par semaine, ou elles peuvent devenir surveillantes d'une section du service de la Comptabilité. On rencontre un très grand nombre de sténographes et de dactylographes, dont la rétribution diffère peu de celle allouée aux opératrices. Il est incontestable que l'on attribue, fin Amérique, assez peu de valeur aux travaux d'écritures et de comptabilité.
Les hommes ont la perspective de pouvoir devenir « démarcheurs », emploi dont la valeur a été rendue très grande par le développement du caractère commercial de l'exploitation téléphonique. Ces derniers gagnent en moyenne 120 dollars par mois. Les hommes ne sont admis à des travaux d'écritures qu'en ce qui concerne des études spéciales que des femmes ne pourraient accomplir. Ils sont occupés à recueillir, durant des mois, toutes les informations se rapportant à un sujet donné, puis ils résument les résultats de leurs observations pour les soumettre à l'appréciation de leurs chefs. Les chefs de tous grades chargent leurs subordonnés du travail de détail, et le'subordonné assume, dans l'exécution de ce travail, une responsabilité personnelle réelle.
Afin de réduire autant que possible le travail matériel, chaque chef a ses sténographes auxquelles il dicte ses communications. On emploie partout des dactylographes et des machines à polycopier, On fait largement usage des dictographes, et les enveloppes sont écrites par des adressographes. On se sert de machines pour compter l'argent, le contrôler et le mettre en rouleaux. Les dispositifs les plus modernes sont employés pour former des liasses, des reliures. Il y a profusion de classeurs et de tiroirs à dossiers. Enfin personne ne semble écrire de rapports à la main. Le chef de service n'a pas à connaître tous les détails d'une affaire dont la direction lui est confiée ; il n'hésite pas à discuter avec son subordonné chargé de l'exécution du travail, il l'invite à donner son avis, et en tient compte s'il semble fondé.
L'exécution du service de nuit par les femmes mérite une mention spéciale.
En Amérique, on emploie partout les femmes dans l'exploitation téléphonique ; on rencontre rarement des bureaux confiés à des hommes. Même dans les très petits bureaux, la règle est d'avoir deux femmes de manière à assurer un service permanent. Le travail des femmes pendant la nuit est chose tout à fait courante en Amérique. Grâce à des précautions convenables, ce travail de nuit n'est pas plus pernicieux que celui de jour. Les employées bénéficient d'heures de repos libéralement mesurées, elles peuvent même dormir à certains moments. Et il est un fait certain, c'est que, dans toutes les villes d'Amérique, les femmes assurent le service de nuit, sans qu'il semble en résulter une dépréciation appréciable de leur état de santé. On finira probablement par remédier à tous ces inconvénients par l'introduction d'appareils automatiques ; mais en attendant, le système manuel sera encore la règle générale pendant de longues années. Même les travaux d'écritures sont faits la nuit, par les opératrices, durant les heures d'accalmie, mais on s'attache à les réduire à un minimum. Il demeure d'ailleurs entendu que, dans le cas d'un travail excessif occasionné par le trafic téléphonique, aucun blâme sérieux ne saurait être infligé pour la non-exécution d'écritures par le personnel de nuit.

Comme les bureaux centraux auxiliaires privés constituent des éléments fort importants de l'organisation téléphonique, les Compagnies américaines ont cherché à rendre leur emploi aussi commode que possible. Elles reçoivent dans leurs écoles d'opératrices des jeunes filles qu'elles instruisent pour le service des bureaux centraux privés. Cette faç:m de faire est excellente car une opératrice au courant du service d'un bureau central est certainement plus apte que toute autre à tenir un bureau privé.

En 1913 J.N. Reynolds de Western Electric invente un sélecteur à croisement, dans lequel un petit nombre d'élécto aimants actionnent un grand nombre de contacts de relais dans un réseau de coordonnées X Y. Cela signifiait qu'il n'y avait que de petits mouvements mécaniques et aucun des grands mouvements de glissement requis dans les commutateurs Strowger. Cependant, le sélecteur de barre transversale s'est avéré trop cher à cette date pour être mis en service



La caractéristique de l'appareil est un système électromagnétique qui, par l'action des barres horizontales et verticales, actionnées par des relais de façon directe et rapide, réalise une serie de contacts aux points d'intersection.

Les raisons pour lesquelles le système Reynolds quand il est apparu ne rencontrait pas beaucoup d'intérêt semble avoir été nombreuses :
- De gros capitaux ont été investis dans le développement et la fabrication de sélecteurs mécaniques type Strowger et Rotary.
- le sélecteur Reynolds,selon les spécifications de brevets, était plutôt compliqué et probablement coûteux à fabriquer, comparé aux sélecteurs mécaniques.
- Les barres de croisement avaient une trop grande liberté de mouvement
- La vitesse de fonctionnement ne semble pas avoir été excellente.
Reynolds a conçu son «interrupteur crossbar» comme un sélecteur et il ne semble pas avoir eu accès à tout les moyens avec lequel il était possible économiquement d'exploiter ce commutateur.

En 1915 pour la Western Electric, Reynolds déposera le brevet 1306124

Ce système ne sera pas retenu, il n'y aura aucun développement.

Reynolds a vendu son invention à la société suédoise L.C. Ericsson, qui avait les ressources pour le perfectionner et le fabriquer.
En 1919, le Suédois
Betulander perfectionna ce concept, créant le sélecteur crossbar, brevet qu'il vendit à la socièté Suédoise Ericsson.
Ce système fut utilisé dans les stations téléphoniques automatiques à partir du milieu des années 1920.

Un premier centre CROSSBAR sera construit à Londres en 1914.

Par ailleurs, AT & T commence à travailler sur une alternative au commutateur crossbar,

En 1912, McBerty avait été transféré en Belgique par la Western Electric Amériaine pour soutenir le développement et la fabrication de systèmes rotatif du type Rotary . Le travail a été arrêté avec la guerre en août 1914.
le 27 janvier 1914 , McBerty
obtient un brevet US1085454A sur un seleteur rotatif " dispositif capable de réaliser un raccordement avec un nombre relativement important de contacts pendant un tour sur son arbre sans qu'il soit nécessaire de répartir les contacts sur une grande surface ou de déplacer la direction axiale de l'arbre
". Il sera la base du système ROTARY en Europe.

En 1914, les États-Unis étaient devenu le leader mondial de la densité téléphonique et avaient plus de deux fois la densité de la Suède, de la Nouvelle-Zélande, de la Suisse et de la Norvège.
La relativement bonne performance des États-Unis s'est produite malgré la concurrence des réseaux téléphoniques non interconnectés.

En 1915 Deux commutateurs semi-automatiques ont été installés à Newark (New Jersey).
Mais Bell a rapidement décidé de passer à la commutation entièrement automatique, en partie parce que la multiplication des téléphones rendait plus difficiles les liaisons inter-services manuelles et l'évolution des conditions de travail.
Avec la croissance du réseau téléphonique, le recrutement et l'emploi d'un nombre suffisant d'opérateurs sont devenus de plus en plus problématiques.


En 1916 Le passage à la commutation urbaine entièrement automatique a été rendu possible grâce à un plan élaboré par W. G. Blauvelt, ingénieur AT & T.
Il a permis le passage à la numérotation automatique sans exiger que chaque abonné obtienne un nouveau numéro de téléphone en plus d'obtenir un nouveau téléphone avec un cadran. Blauvelt a simplement ajouté des lettres aux chiffres sur le cadran.
Les numéros de téléphone dans les grandes villes, comme New York, comprenaient le nom du centre et un numéro à quatre chiffres.
Ainsi, au lieu de demander à l'opérateur pour Pennsylvania 5000, l'abonné composerait PEN 5000. Cela a également facilité la connexion entre les centraux téléphoniques automatiques et manuels, puisque le numéroteur pourrait composer le numéro entier, et un opérateur pourrait recevoir le numéro et connaître l'échange manuel à laquelle il devrait être transmis.


En 1916, AT & T a acquis une licence d'Automatic Electric pour la fabrication de petits commutateurs, non-urbains, afin de fabriquer des commutateurs pas-à-pas Strowger, il a également conclu un accord pour l'achat de ces commutateurs.
Pour les grandes villes, Bell décide de poursuivre sa propre conception.

Le Bell System donne le ton :
Deux grands systèmes virent le jour au lendemain de la Première Guerre mondiale, tous deux mis au point par le Bell System (à cette époque, l'ITT n'était pas encore séparée de l'AT&T) : le système Panel et le système Rotary.
Le Panel fut réservé aux grandes villes américaines. Quant au Rotary, il fut développé surtout en Europe et équipa Paris à partir de 1928.
Notons, en passant, la très grande durée de vie de ces deux systèmes : de l'ordre de 55 ans, aussi bien pour le Panel aux Etats-Unis (1923-1978) que pour le Rotary en France (1928-1984).
C'est le développement du système crossbar aux États-Unis qui incita plusieurs pays, en particulier la France et le Japon, à se lancer, vers le milieu des années 50, dans cette nouvelle technique, Cependant, de nombreux pays restèrent fidèles aux systèmes « pas à pas » de type Strowger.
Depuis la fin de la guerre, les travaux ont repris. Le développement américain s'est concentré sur l'interrupteur de PANEL et le système pour le faire fonctionner. Une attention particulière a été accordée à son utilisation dans de très grandes entreprises telles que New York, Chicago, etc.
L'opération du point de vue de l'abonné n'a pas été modifiée et les commutateurs ont pu être essayés, modifiés et développés autant que souhaité.

Vers la fin de la première guerre mondiale, AT & T a conclu que le trafic urbain en forte augmentation dans les grandes villes, avec l'acheminement ultérieur des appels par les opérateurs téléphoniques dans un certain nombre de centres, ne pouvait continuer à être traité manuellement .

En 1919 Le premier commutateur PANEL pas à pas du système Bell, fourni par Automatic Electric, est entré en service à Norfolk Virginie,
Chaque abonné était muni
d'un téléphone à cadran de type "Mercedes".
Très vite, Western Electric a commencé à utiliser ses propres cadrans pour le service automatique.


Les derniers téléphones nécessitant l'assistance d'un opérateur (centres manuels) seront progressivement retirés jusqu'en 1978.

La pénurie de main-d'œuvre aux États-Unis dans les années d'après-guerre, avec son augmentation sans précédent du coût de la main-d'œuvre, constituait une incitation supplémentaire à la décision prise en 1920 de commencer à installer des centraux automatiques.

Au début des années 1920
, lorsque la commutation téléphonique automatique commença à se développer en Suisse, Hasler S. de Berne commença à fabriquer des équipements de commutation téléphonique.
Hasler a obtenu des licences de fabrication de LM Ericsson, premier pour un centre tous relais basé sur un brevet obtenu par Gotthilf A. Betulander en Suède en 1912, puis un centre pour une application rurale: type Hs 25 avec filières rotatives à 25 points Système LME 500 points.
En 1931, Hasler a développé son propre système de type Hs 31, un sélecteur de 100 points à deux mouvements (rotatif / radial) de conception similaire à celui du LME 500 points, mais beaucoup plus lent (30 au lieu de 200 par seconde).
La capacité d'échange était initialement limitée à un maximum de 2000 lignes, mais en 1934, elle a été portée à 10 000 lignes.

En 1921, Mise au point du système "Panel Switching System" ou le système Panel. qui est le premier type de central téléphonique automatique pour service urbain.

(agrandir) Système Panel : Développé par la Western Electric Labs, précurseur des Bell Labs, aux États-Unis, parallèlement au système rotatif.
Les deux systèmes avaient de nombreuses fonctionnalités en commun.
Les premiers centres ont été mis testés à Newark (New Jersey) le 16 janvier 1915 au bureau central de Mulberry et le 12 juin au bureau de Waverly.

Ce système est conçu pour interconnecter tous les bureaux d'une ville ou d'une zone d'appel locale.

Les premiers systèmes étaient des systèmes semi-automatique, le téléphone du client était sans cadran.
L'opérateur répondait aux appels et entrait le numéro demandé, le central faisant le reste.

Les premiers systèmes Panel entièrement automatiques ont été utilisés en service à Omaha, au Nebraska, en décembre 1921, suivi de la bourse de Pennsylvanie à New York en octobre 1922.
John J. Carty n'anticipa évidemment pas à la formidable augmentation du service téléphonique qui, 40 ans plus tard, provoqua l'affirmation de l'un de ses successeurs : AT & T devra éventuellement embaucher la moitié des femmes aux États-Unis pour servir d’opérateurs de connexion d’appels téléphoniques. »

La plupart des installations Panel ont été remplacées par des systèmes plus modernes dans les années 1970 et le dernier commutateur Panel a été mis hors service au bureau central de Bigelow à Newark en 1983.

Comme dans le système Strowger, chaque central téléphonique pouvait adresser jusqu'à 10 000 lignes, nécessitant quatre chiffres pour chaque poste d'abonné.
Chaque bureau se voyait attribuer un code de bureau à deux (trois trois) chiffres.
Les appelants composaient le numéro de bureau suivi du numéro de la station.
Dans la plupart des cas, c'était six chiffres (plus tard sept). Mais depuis le début, le système était conçu pour traitér des numéros à sept chiffres (plus tard huit) Pour 10 000 lignes et plus, les appelants composaient le code du bureau et le numéro de ligne à cinq chiffres.


Les systèmes de commutation à contrôle indirect PANEL et ROTARY ont été développés à l'origine pour un fonctionnement semi-automatique afin d'éliminer la plupart des opérations manuelles au commutateur et, contrairement aux systèmes pas à pas comme Strowger à commande directe, sans déplacer la fonction de contrôle vers l'abonné.
La commutation semi-automatique, qui éliminait la plupart des appareils manuels dans le central, la remplaçant par un équipement automatique contrôlé non par les abonnés mais par l'opérateur, constituait une alternative valable à la commutation automatique pour les raisons suivantes :
1. Il a libéré l'abonné de tout autre service et a ainsi réduit les opérations erronées.
2. Il n’ya eu aucun changement dans l’appareil installé dans les locaux de l’abonné.
3. Cela nécessitait peu de temps d'intervention de la part de l'opérateur et, bien que nécessitant plus d'opérateurs téléphoniques que nécessaire pour un fonctionnement automatique, le nombre d'opérateurs pourrait être considérablement réduit par rapport à un fonctionnement manuel.

Le principal développement de la commutation semi-automatique a été réalisé en Amérique du Nord, où successivement les systèmes suivants sont apparus en service de 1910 à 1915:
- Les systèmes automatiques et tout-relais aux États-Unis pour les opérateurs indépendants
- Le système Lorimer au Canada
- Le système Panel aux États-Unis pour AT & T
- Le système Rotary en Europe et aussi aux États-Unis pour AT & T
Alors que le système automatique restait semi-automatique, les trois autres systèmes sont devenus entièrement automatiques.
En fait, pendant la période de prédilection d’At & T pour la commutation semi-automatique, les systèmes semi-automatiques Rotary et Panel étaient tous deux des systèmes entièrement automatiques . Les centres Lorimer non AT & T à partir de 1923, ont été entièrement automatisés.
D'autres systèmes entièrement automatiques ont été développés en Suède : le système LME 500 points et un système similaire en Suisse: le système Hasler Hs 31

Examen des statistiques du réseau téléphonique aux Etats Unis en 1920


« Généralisation du téléphone à des fins de politique sociale » est l'expression que nous proposons ici pour traduire le sens moderne de « social ubiquity ».
Par la suite, nous désignerons ces deux mots par « omniprésence sociale ».
Bell plaçait les communications interurbaines et de longue distance à un niveau de priorité supérieur à celui des communications locales et des petites lignes payantes. on peut noter que lors du démantèlement de 1982, toute l'équipe dirigeante d'AT&T choisira une nouvelle fois la longue distance au détriment du local.
Le biographe de VAIL justifie ces déclarations en rappelant la carrière de télégraphiste du futur président de Bell au sein de l'Union Pacific dans les années 1860 ; au cours des négociations avec la Western Union portant sur le droit pour Bell de développer le téléphone, VAIL insista sur la possibilité pour son entreprise de posséder et d'exploiter des lignes longue distance.
En 1918, lors du procès antitrust, VAIL réaffirma avec force dans sa déposition l'intention d'AT&T de contrôler le marché du téléphone par la maîtrise des communications longue distance, tout comme l'avait fait la Western Union.
Heureusement pour les Etats-Unis, l'expiration en 1893 et 1894 des brevets déposés par Alexander Graham Bell sur les modèles de téléphones de base permit aux indépendants, fabricants d'équipements et fournisseurs de services de commutation, d'entrer sur le marché.

On note un changement spectaculaire dans le rôle social du téléphone.
Les usagers résidentiels dépassent déjà nettement le nombre des abonnés professionnels. Il y eut non seulement une énorme expansion du nombre de communications dans les petites villes et les campagnes, mais, de plus, les foyers situés en zone rurale atteignaient les taux de pénétration les plus élevés.
En 1920, 38 % des fermes américaines avaient le téléphone pour une moyenne nationale de 30 % des foyers.
Dans des Etats comme l'Ohio, l'Indiana, l'Illinois, le Kansas ou le Nebraska, où les compagnies indépendantes étaient les plus puissantes, on enregistrait des taux d'abonnement de 60 et 70 % chez les fermiers.
Les statistiques les plus surprenantes concernent l'Iowa où 86 % des 213 439 fermes possédaient le téléphone en 1920.

En d'autres termes, ce n'est qu'à l'issue de la période concurrentielle que fut atteint le niveau de pénétration géographique et sociale qui sous-tend la notion moderne de service universel en tant qu'omniprésence sociale.
Si, vers 1920, on compare le développement du téléphone aux Etats-Unis à celui constaté en Europe où, à l'exception de certains pays Scandinaves, la concurrence entre indépendants était inexistante, le caractère unique de l'expérience américaine est encore plus évident.
Le phénomène de la course aux raccordements :
Le rôle de la concurrence dans le développement du téléphone, au début du XIXe siècle, est largement reconnu par les historiens.
Une partie cruciale de cette histoire a cependant été négligée. Ce qui rend particulièrement intéressante la rivalité entre Bell et les indépendants est la forme unique que prit cette concurrence.
A la nette différence de la concurrence actuelle dans le secteur des télécommunications qui se place dans un contexte d'interconnexion de réseaux en concurrence, le Bell System et les indépendants refusaient de s'interconnecter.
Cette forme de concurrence des centraux téléphoniques était à l'époque connue sous le nom de « service dual » ou « course aux raccordements ».
Cette course était le résultat de différentes stratégies commerciales et de décisions de justice prises entre 1894 et 1898.
Depuis l'origine, la maison mère Bell refusait d'autoriser ses compagnies sous licence à se connecter aux lignes interurbaines des firmes « d'opposition » .
Elle mit fin également aux tentatives des réseaux locaux concurrents d'utiliser les centraux Bell et de raccorder le réseau Bell au central de la compagnie indépendante.
Des tentatives pour obtenir l'interconnexion obligatoire par des voies juridiques furent contrecarrées par les interprétations dominantes de la loi sur le transport pour tiers.
Finalement, l'obstacle majeur à l'interconnexion vint des indépendants eux mêmes.
En 1898, ils cessèrent de rechercher l'interconnexion et firent pression sur les instances législatives pour qu'elles interrompent leurs efforts en vue d'obliger les deux réseaux à s'interconnecter.
Dans les quatre années qui suivirent l'expiration des brevets de l'inventeur du téléphone, les indépendants affirmèrent très vite leur présence dans les petites villes et les zones rurales négligées par Bell. Leur contrôle exclusif des connexions dans ces zones aurait été battu en brèche en cas d'interconnexion avec le Bell System. Les indépendants vinrent à penser qu'ils pourraient supplanter Bell System et qu'ils n'avaient aucun besoin de se raccorder à son réseau.
Ces décisions combinées définirent les contours de la concurrence dans le secteur qui pris la forme d'une rivalité entre deux systèmes séparés et non connectés.

L'abonnement le moins cher possible

Entre 1894 et 1900, le tarif mensuel des services locaux a chuté en moyenne de plus de 50%.
Ce n'était pas simplement le jeu concurrentiel qui poussait le prix équipements de la compagnie en monopole à se rapprocher des coûts.
Le prix du téléphone a généralement deux composantes : un coût d'abonnement et un coût d'usage.


La tarification après 1894 était délibérément orientée de façon à minimiser les barrières liées au raccordement pour encourager l'arrivée de nombreux nouveaux abonnés.
Bell, comme les indépendants, offrirent leurs services dans certaines régions à des tarifs inférieurs au seuil de rentabilité afin d'élargir leurs réseaux et d'accroître les recettes de l'interurbain.
Il était fréquent de voir les opérateurs Bell fixer temporairement leurs tarifs à un dollar par mois, ou même fournir gratuitement leurs services dans des villes ou les indépendants avaient capté nombre de leurs abonnés. Parce que la valeur du réseau Bell diminuait avec le nombre des abonnés, l'entreprise se sentit obligé de les retenir à tout prix.
La nécessité de conserver un grand nombre de clients eut également une influence sur la structure de la technologie.
Chacun des concurrents commença à offrir des lignes de groupe peu onéreuses pour quatre, huit et même dix personnes afin d'accroître le nombre de leurs abonnés.
L'objectif était d'obtenir le maximum d'abonnés le plus rapidement et au moindre coût possible.Interconnexion avec d'autres centraux
Pour une compagnie téléphonique, l'interconnexion avec des centraux distants s'est avérée être un moyen rapide et relativement peu coûteux d'accroître le nombre de ses abonnés. Les indépendants créèrentdes associations destinées à faciliter leur coordination.
Contrairement au vieux mythe selon lequel les compagnies indépendantes seraient exclusivement locales, celles-ci réussirent à mettre en place des compagnies commerciales longue distance d'envergure régionale.
Bell fut forcé de réagir en développant son réseau interurbain et en rationalisant ses procédures liées aux transferts des appels longue distance.
Finalement, la pression concurrentielle força Bell à modérer sa politique de « non interconnexion avec les indépendants ».
La compagnie conclut progressivement des accords en vue de se connecter avec des centraux indépendants et des lignes rurales dans les régions où elle n'était pas implantée.

Finalement, l'idée d'un réseau téléphonique unifié gagna l'appui des industriels, du public et des instances de réglementation.
Avec l'urbanisation et les progrès de l'unification territoriale du pays, beaucoup d'usagers, particulièrement les petites et moyennes entreprises, commencèrent à trouver insupportable la fragmentation du service.
La concentration des réseaux téléphoniques au niveau d'une municipalité ou d'un état devint de plus en plus fréquente.
L'unification du service, après 1914, fût en général l'issue d'un processus délibéré et rendu public, impliquant les conseils municipaux, les instances législatives des États et les commissions de réglementation, et même dans certains états le résultat de référendums public.
La loi fédérale Willis-Graham de 1921 fit sauter les derniers obstacles légaux à la consolidation en suspendant l'accord Kingsbury et en soustrayant les compagnies téléphoniques aux contraintes de la loi antitrust de Sherman.
En contradiction avec les idées développées par la plupart des ouvrages économiques ou de réglementation des services publics écrits des dizaines d'années plus tard, le monopole sur le téléphone ne s'est pas mis en place en raison d'économies d'échelle du côté de l'offre. Il a vu le jour à cause des économies liées à la taille du réseau du côté de la demande, induites par l'interconnexion universelle.
La loi Willis-Graham est généralement considérée comme marquant la clôture officielle de la période de concurrence.

2 août 1922 Bell décéde des complications du diabète, dans son domaine privé de Beinn Bhreagh, en Nouvelle-Écosse, à l'âge de 75 ans.
Le 4 août 1922, dès la conclusion de l'enterrement de Bell, " tous les téléphones sur le continent de l'Amérique du Nord ont été réduits au silence pendant une minute en l'honneur de l'homme qui avait donné à l'humanité les moyens de communication directe à distance".
Document sur le mémorial qui a été édifié à Brandford

En cette année 1922, il y avait 13 millions de téléphone dans le monde.

À l'instar d'AT & T , une vague mondiale d'automatisation de la commutation téléphonique a commencé.
Les quatre principaux fournisseurs d’équipements de commutation téléphonique ont été très compétitifs en termes de parts de marché.
Les systèmes de commutation de ces fournisseurs n'étaient pas compatibles et, la standardisation de l'interface des systèmes de télécommunication étant encore balbutiante, la société ayant obtenu la commande du premier central téléphonique d'un pays pouvait presque être assurée par la suite de recevoir des commandes de leur équipement pour tous les échanges dans le même réseau national.

Vers le milieu des années 1920, les coûts élevés de fabrication, d'installation et d'entretien des commutateurs de panneaux continuaient d'être étudiés par AT & T pour les grandes villes, mais les chercheurs n'ont pas été en mesure de produire une conception plus rentable.
Alors, en 1930, W. R. Mathies, de la division de recherche et développement d'AT & T, maintenant connue sous le nom de Bell Telephone Laboratories, se rendit en Suède et y vit les sélecteurs CROSSBAR utilisés dans les centres ruraux.
Convaincu que de tels sélecteurs pourraient être adaptés à de grands commutateurs, Mathies a fait reprendre le travail à son groupe.
Après avoir rejeté l'idée de simplement remplacer les sélecteurs Panel existants, ils ont développé, à partir de 1934, un commutateur à barres transversales, entièrement nouveau pour usage urbain, le crossbar n°1
Les deux premiers commutateurs crossbar sont entrés en service en 1938 à New York
.

Le commutateur à barres transversales a atteint son objectif de réduction des coûts de fabrication et de maintenance, et il comportait de nombreuses caractéristiques innovantes qui lui conféraient une conception plus flexible et adaptable que les commutateurs de panneau ou de Strowger.
Une caractéristique importante était que le bloc de base du commutateur de barre transversale, le cadre du relais de liaison, nécessitait seulement de petits mouvements. En raison de sa flexibilité globale, la barre transversale urbaine a été nommée la barre transversale n ° 1, en prévision du développement de commutateurs crossbar pour d'autres applications.
Les unités utilisées pour établir un appel n'étaient pas seulement séparées de celles utilisées pour le chemin d'appel réel, comme elles l'avaient été dans le panneau, mais étaient des unités de commande communes. Cela signifiait que tous les cadres de sélection étaient accessibles à tous les téléphones, et après un appel, ils étaient libérés pour être utilisés sur d'autres appels.
Ces "marqueurs", comme ils sont devenus connus, étaient rapides, réduisant ainsi le temps de connexion.Il était également significatif que la barre transversale était le premier commutateur où le trafic d'origine et le trafic de destination étaient combinés sur le même ensemble de commutateurs de ligne.
Cela a rendu possibles des connexions plus simples des téléphones aux commutateurs, et a également permis d'adapter la barre transversale, comme cela a été le cas, aux commutateurs tandem, c'est-à-dire aux commutateurs spécialisés utilisés pour acheminer les appels entre plusieurs centraux urbains.
Les tandems de barre transversale pour la première fois ont permis le routage alternatif automatique, quand la route directe entre les échanges n'était pas disponible. Les commutateurs de barre transversale ont été câblés pour permettre la séparation des deux directions de la transmission.

Ces caractéristiques rendent le commutateur très adaptable, facile à modifier pour les nouvelles applications et l'ajout de périphériques pour de nouvelles fonctionnalités.
Ainsi, il s'est avéré facile pour Bell Labs d'adapter le commutateur crossbar pour l'utiliser comme premier commutateur automatique dans le réseau longue distance.

Un bon exemple ATLANTA, de l'évolution du téléphone aux USA, est racontée sur le site Web Atlanta Telephone History.

Les quatre sociétés qui ont dominé le marché étaient :
- L'International Automatic Electric Corporation de Chicago, avec son principal partenaire, l'Automatic Telephone Manufacturing Co. Ltd. à Liverpool, au Royaume-Uni, fournit le système Strowger
- L’International Western Electric Corporation de New York, qui appartenait à AT & T avant 1925 (après 1925 à IT & T puis à l’International Standard Electric Corporation de New York),
comptait parmi ses principales sociétés BTM à Anvers et Standard Telephone and Cables (STC). à Londres
- Siemens & Halske à Berlin, fournissant leur système rotatif Strowger
- L.M. Ericsson à Stockholm, fournisseur du système LME à 500 points
Les forces relatives de ces entreprises peuvent être comprises à partir de la taille de la main-d’œuvre qu’elles employaient vers 1925.
Western Electric a déclaré avoir 13 000 travailleurs (53%); Siemens, 6000 travailleurs (24,2%); L.M. Ericsson, 3800 travailleurs (15,4%) et Automatic Electric, 1800 travailleurs (7,4%).

La commutation téléphonique automatique a été introduite en trois phases:

- Phase 1: entre centres de la même zone urbaine, appelés jonction ou commutation inter-bureaux
- Phase 2: entre les centres dans le même pays, appelés commutation de péage aux États-Unis, commutation de lignes dans la plupart des autres pays; également appelé commutation longue distance
- Phase 3: entre les réseaux téléphoniques de différents pays, appelée numérotation internationale directe (IDD)

La phase 1 a eu lieu entre 1920 et 1930 dans les grands centres urbains du monde entier.
Le tableau, qui présente l'introduction de la commutation automatique dans l'ordre chronologique jusqu'en 1930, permet de comprendre la pénétration mondiale des différents systèmes de commutation.

La phase 2 a débuté en octobre 1923, lorsque la première opération de transfert automatique pour un réseau autre que celui d'une grande ville a été mis en service dans la région de Weilheim en Bavière. Le système Panel utilisé exclusivement par le réseau AT & T, introduit en 1921, couvrait à la fois les phases 1 et 2. L’application de la commutation longue distance dans les autres pays a débuté en 1930 en Suisse .



En 1943 Le premier crossbar longue distance, à barre transversale n ° 4, a été installé à Philadelphie en Pennsylvanie .
Quatre supplémentaires ont été installées dans d'autres zones métropolitaines au cours des cinq années suivantes.
(Le projet de produire la barre transversale n ° 2 a été annulé, et la désignation «barre transversale n ° 3» a été ignorée pour des raisons qui restent floues.)


Centraux pour les Lignes téléphoniques longue distance

L'équipement du système téléphonique des États-Unis pour les appels interurbains composés par le client nécessitait plusieurs innovations supplémentaires.
- Il devait y avoir un plan national de numérotation; la norme d'indicatif régional à trois chiffres plus un numéro local à sept chiffres a été utilsée.
- Un dispositif permettant aux commutateurs de reconnaître les indicatifs régionaux et de déterminer automatiquement si un appel local ou interurbain était tenté était également requis.
- Enfin, la barre transversale n ° 4 devait avoir un nouvel appareil qui traduirait l'indicatif régional et le préfixe d'échange en un autre code pour désigner l'itinéraire que l'appel devait prendre.
Ce commutateur de très grande taille se compose de plusieurs unités de commutation crossbar individuelles et d'autres composants.
Le plan de numérotation s'est avéré le plus facile à concevoir, mais le plus complexe à administrer, car il fallait pour la première fois que tous les numéros de téléphone, même dans les petites villes.
Le second était un nouveau composant pour le commutateur crossbar, appelé prétraducteur, qui réagissait après avoir reçu les trois premiers chiffres composés. Comme aucun numéro local n'avait 0 ou 1 (puisqu'il n'y avait pas de lettres au-dessus des 0 et 1 sur le cadran), tous les codes de zone avaient soit 0 soit 1 pour le deuxième chiffre. Ainsi, le prétraducteur pourrait réagir au deuxième chiffre.
Un nouvel appareil pour la barre transversale n°4, connu sous le nom de traducteur de carte, attaché à la barre transversale pour exécuter la fonction. Western Electric a nommé ce design modifié la barre transversale n° 4A, et a installé le premier à Albany, New York en 1950.
Les barres transversales n° 4A se sont rapidement répandues. AT & T a installé la 182 ième et dernière barre transversale 4A à Madison, Wisconsin en 1976.
Vingt autres barres transversales n°4A ont été installées par des sociétés américaines indépendantes, ainsi qu'en Alaska et au Canada.


Nouvelles versions du commutateur crossbar
Bell Labs a également réaménagé le système à barre transversale en centre plus petit pour être utilisé dans les banlieues et autres zones non urbaines, où il a remplacé les anciens centres Strowger pas à pas.
Ce nouveau commutateur, la barre transversale n ° 5, est entré en service à Media, en Pennsylvanie, en 1948 et a été le premier à être conçu et installé avec un prétraducteur intégral pour la numérotation des appels longue distance.
Au cours des années suivantes, le système Bell a déployé des centres no 5 et aussi des versions pour d’autres pour des compagnies de téléphone indépendantes. Des pré-traducteurs ont également été ajoutés aux n ° 1.
Le crossbar n°1 est resté largement cantonné aux États-Unis, la conception du n°5 s'est avérée avoir un intérêt considérable dans le monde, età partir du milieu des années 1950, les fabricants partout dans le monde ont commencé à produire leurs propres Commutateurs crossbar adaptés des modèles américains.

Une version en particulier, le Pentaconta d'ITT / France, introduit en 1964, était employé dans plus de 70 pays.


Bilan d'implantation du Crossbar dans le monde


Années 1960 : Le dernier standard téléphonique manuel du Système téléphonique de Bell dans l'État du New Jersey a été retiré au milieu des années 1960.
À la fin des années 1960, le système Bell se heurtait à d’autres problèmes graves. Le taux d'inflation avait augmenté depuis le milieu de la décennie et les bénéfices du système Bell s'érodaient. Incapable de suivre seul l’amélioration de la productivité, le système s’est à nouveau tourné vers les organismes de réglementation pour obtenir des augmentations de tarifs.
Cette tâche difficile a été aggravée par la baisse de la qualité des services, qui a atteint des proportions critiques à New York et dans quelques autres villes.

Années 1960 Une version améliorée de la commutation crossbar est apparue lorsque les barres ont été remplacées par des relais à lames souples.
Un relais reed (développé par Bell Labs) est un petit dispositif de commutation électromécanique en verre encapsulé.de sorte qu'aucun courant de maintien n'est requis, et ils sont obligés de se libérer à la fin de la communication.


En 1965, AT & T avait installé le premier commutateur électronique, le système n ° 1 dans un centre localà Succasunna, New Jersey.
Dans ces centraux il n'y avait aucun mouvement mécanique, les commutateurs électroniques étaient plus rapides et plus faciles à entretenir.
Les commutateurs électroniques étaient simplement des ordinateurs spéciaux, plus flexibles et pouvaient permettre des fonctions avancées telles que l'appel en attente.
Les années 1970-80 annoncent la fin de la commutation éléctromécanique.

En 1974 Le ministère de la Justice des États-Unis a ouvert l'affaire "AT & T" . Soupçonné qu'AT & T utilisait les bénéfices monopolistiques de sa filiale Western Electric pour subventionner le coût de son réseau, une violation de la loi anti-trust.
Un règlement de cette affaire a été conclu en 1982, ce qui a mené à la division de la compagnie le 1er janvier 1984 en sept compagnies régionales de Bell, communément appelées Baby Bells.
Ces entreprises étaient:
- Ameritech, acquise par SBC en 1999 et maintenant membre d'AT & T Inc.
- Bell Atlantic (maintenant Verizon Communications), qui a acquis GTE en 2000
- BellSouth, acquise par AT & T Inc. en 2006
- NYNEX, acquis par Bell Atlantic en 1996, maintenant partie de Verizon Communications
- Pacific Telesis, acquise par SBC en 1997, qui fait maintenant partie d'AT & T Inc.
- Southwestern Bell (plus tard SBC, maintenant AT & T Inc.), qui a acquis AT & T Corp. en 2005
- US West, acquise par Qwest en 2000, qui à son tour a été acquise par CenturyLink en 2011
Après le démantèlement, l'activité principale de l'ancienne société mère était maintenant AT & T Communications, qui se concentrait sur les services interurbains, et avec d'autres activités non rattachées à RBOC.

La mise en œuvre de la commutation automatique à l'échelle nationale, qui avait commencé en Suisse avant la Seconde Guerre mondiale, a été reprise dans les années 50 et s'est achevée dans la plupart des pays industrialisés vers 1980.

Le tableau résume les pays avec plus de 1 million de lignes principales ayant achevé l’automatisation nationale au 1 er janvier 1978.

Le 31 janvier 2005, la société «Baby Bell» SBC Communications a annoncé son intention d'acquérir AT & T Corp. pour 16 milliards de dollars.
SBC a annoncé en octobre 2005 qu'elle abandonnerait la marque «SBC» et prendrait la marque AT & T avec le symbole «T» NYSE.
L'approbation de la fusion a été conclue le 18 novembre 200

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