Première période de 1876 à 1889
1 1876 1879 LA DECOUVERTE DU TÉLÉPHONE,
2
à partir de 1878 LES CENTRES MANUELS LES DEMOISELLES DU TELEPHONE
3 1889 LA NATIONALISATION


Deuxième période de 1890 à 2000 ....
4 à partir de 1913 LES CENTRES AUTOMATIQUES
5 1970-1988 DUTÉLÉPHONE AU TELECOMMUNICATIONS

6
Troisième période
Fin du téléphone élétromécanique, généralisation de l'éléctronique
2018-2024 Fin programmée du téléphone fixe

annexe - Liste des ministres des PTT depuis 1878
annexe
- Historique des différents types de commutateurs en France
annexe - Les architectes des PTT, le patrimoine immobilier
Petite histoire : Téléphoner à Pioussay (79), si c'est possible

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HISTOIRE DU TELEPHONE EN FRANCE suite


En 1894, le 16 juillet, par le décret du 16 juillet 1894 (BO P&T n°14 page 503), Monsieur Gustave Pierre SÉLIGMANN-LUI est nommé Directeur du Service Téléphonique de la région de Paris. Celui-ci partira pour d'autres fonctions le 18 novembre 1896.

En 1896, le 1er décembre, par le décret du 12 novembre 1896 (BO P&T 1896 n°14 page 316), le Service Technique Télégraphique et Téléphonique de Paris et le service des bureaux centraux télégraphiques et téléphoniques de Paris sont placés sous l'autorité d'un directeur qui prendra le titre de Directeur des Services Électriques de la région de Paris. Donc, à nouveau, la branche Téléphone se retrouve réunie à la branche Télégraphe.
L'autonomie symbolique acquise en 1892 semble avoir fait long feu, vis-à-vis de la branche Télégraphique, mais autonomie maintenue vis-à-vis de la branche Postale...
Par arrêté ministériel du 18 novembre 1896, (BO P&T Annexe 1896 n°11 page 715), Monsieur Pierre François Édouard DARCQ est nommé, à titre temporaire, Directeur des Services Électriques (télégraphes et téléphones) de la région de Paris.

En 1897 On compte alors 11.314 abonnés, dont 6.425 à Paris. Il est donc décidé d'attribuer un numéro à chaque abonné.
Ce premier plan de numérotation prévoit un numéro à cinq chiffres ; le premier désignant le central de rattachement, les deux suivants le standard et les deux derniers l'identifiant de l’abonné parmi les 99 lignes de chaque standard.
Un annuaire des abonnés doit donc être édité et à partir de 1897, il demandé aux usagers d’annoncer à l’opératrice le numéro et non plus le nom du correspondant, ce qui souleva nombre de protestations.

Freidenberg ingénieur Russe, dépose sous le numéro 543 412 un brevet pour un système de commutation automatique. le 24 septembre 1895, l'Office des brevets des États-Unis lui a délivré un brevet sous le numéro 546 725.

Sa maquette du central téléphonique du dernier modèle fut fabriquée à Paris en 1898.
Il n'y eut pas de suite.

En 1898, par le décret du 15 février 1898 (BO P&T Annexe 1898 n°3 page 261), Monsieur Arthur PAUTE-LAFAURIE est nommé Directeur des Services Électriques (télégraphes et téléphones) de la région de Paris et le restera jusqu'à sa retraite le 30 avril 1900.

1899 Une inovation majeure voit le jour : la Bobine de Pupin
Pupin est un Serbe, émigré aux États-Unis en 1883, il améliora la transmission des communications téléphoniques sur les longues distances en plaçant des bobines le long des câbles de communication. Ces bobines ont été familièrement désignées par le terme 'Pupin'. Grâce à ces bobines, l'affaiblissement restait identique dans la gamme de fréquences de la voix téléphonique.
Il était alors possible de faire des communications longue distance sans passer par des éléments actifs.
Bien que la gloire et tous les avantages matériels provenant de l'acquisition du brevet en 1899 par AT&T, il revinrent à Pupin,
L'utilisation de bobines en série sur les câbles de communication avait été développée par George Ashley Campbell, à partir d'un article de Oliver Heaviside (1887). AT&T préféra acquérir le brevet de Pupin plutôt que de risquer de ne pas bénéficier de la protection d'un brevet du tout en cas de procès.

(A lire pour plus de détails sur la bupinisation)

Les bureauxt éléphoniques « à batterie centrale » et munis de lampes de signalisation commencèrent à entrer en service en Europe vers 1899.

Vers 1900, fut installé de grands ensembles de groupes électrogènes dans le central téléphonique manuel qui pouvaient alimenter les lignes téléphoniques, pour le courant nécessaire au microphone et la conversation et le courant de sonnerie, la magnéto locale du téléphone de l'abonné n'était plus nécessaire , mais leur utilisation s'est poursuivie au milieu du XXe siècle. C'est le sytème à Batterie centrale.

SCHÉMA DE MONTAGE D'UN ANCIEN POSTE D'ABONNÉ. TRANSFORME POUR LA BATTERIE CENTRALE.
— L, ligne. — L1, L2,. bornes de ligne. — S1, S2, bornes de sonnerie. — C, condensateur. —- S, sonnerie magnétique.
— Cr. crochet-commutateur fermant le circuit de ligne par le contact c et le circuit primaire par les contacts a et b. — R, récepteurs.
— I, bobine d'induction. — T, transmetteur. — ZM, CM. bornes de la pile microphonique PM.

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L'exposition universelle de Paris 1900 La vie Illustrée du 27 Avril 1900

En son éloquent discours d'inauguration de l'Exposition, M. le Ministre du Commerce, célébrant le prodigieux essor scientifique du 19 ème siècle, a rappelé les grandes inventions qui bouleverseront la vie économique de notre société : la vapeur, l'électricité, le téléphone.

« Le téléphone, ce sorcier, dit M. Millerand, fait entendre à notre oreille la parole et jusqu'au timbre de la voix d'un ami séparé de nous par des centaines de lieues. »
Et le ministre eut raison de qualifier de sorcier, l'appareil merveilleusement ingénieux qui est maintenant si bien entré dans nos habitudes que c'est à peine si, de temps à autre, nous songeons encore à nous étonner des résultats obtenus en quelques années.


salle d'audition à l'exposiion universelle

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En 1900, par le décret du 1er mai 1900 (BO P&T Annexe 1900 n°6 page 314), Monsieur André Mathurin FROUIN est nommé Directeur des Services Électriques (télégraphes et téléphones) de la région de Paris.
Il conservera ce poste jusqu'à son départ à la Direction des Services Télégraphiques de Paris le 18 juin 1907.

Octobre 1900 premier essai de système automatique Strowger est mené dans les seuls locaux du Ministère du Commerce

Avec l'automatisation apparait le cadran : Strowger avait aussi en 1896 inventé la numérotation au cadran. (brevet)
les systèmes rotatifs de type pas à pas de type Strowger, ils sont dépourvus d'enregistreurs (de la numérotation), et ce sont les Cadrans Téléphoniques des abonnés qui constituent l’Organe de Commande du commutateur. Dans une telle configuration, il est impératif que chaque cadran téléphonique soit réglé avec grande précision, sous peine d’entraîner de nombreux faux numéros.

Au 1er janvier 1900 : Nouvelles normes de fabriation
, prescriptions applicables aux constructeurs d'appareils téléphoniques :
- contacts à frottement pour tous les organes de commutation, interdiction de l'usage des vis à bois.
- indépendance de tous les circuits (commutation par double rupture). Dans les postes précédents la borne L2 était commune à tous les circuits.

Depuis 1901 et jusqu'à 1914, deux sortes d'abonnement existent : le forfait à conversations illimités, à 400 francs à Paris et 300 francs à Lyon, et les abonnements à conversation taxées et téléphones fournis par l'administration. À partir de 1913-1914, cette deuxième offre remplacera la première

A PARIS Un central manuel neuf pour la rive gauche est mis en service en avenue de Saxe.

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En 1901, il est décidé en France, que chaque abonné se voie accorder une ligne.
Ainsi donc, en France, depuis cette année, les lignes partagées entre plusieurs usagers sont proscrites.

En 1902, l'administration normalise les appareils avec le poste Pasquet
équipé du micro solid-back
Cet appareil a existé en trois versions : l'appareil mobile avec son micro fixe, le poste mural (de même constitution, sauf qu'il ne comporte pas de clé d'appel car il est toujours installé avec un appel magnétique), l'applique murale qui comporte un "combiné" (poignée supportant le microphone et l'écouteur).
En 1912 l'administration a prescrit la modification des appareils Pasquet en court-circuitant le circuit secondaire à double rupture.
En 1905 apparait le modèle mural à micro fixe à MAGNETO suivront les modèles 1910
Obligation pour les constructeurs de relier les fils de liaisons à l'intérieur de l'appareil et suppression des bornes extérieures.

Rappel : Depuis 1878, la magnéto était utilisée d'abord massivement aux Usa, permet de remplacer la petite batterie locale (de courant continue) chez le client reservé à cet usage.
L'abonné tourne la manivelle qui produit un courant altérnatif sur la ligne téléphonique, il est reçu au centre manuel sur le tableau de l'opératrice qui voit le petit volet s'ouvrir et lui signale qu'un client l'appelle.
C'est un grand changement, qui simplifie le dispositif et l'entretien des téléphones, les techniciens devaient remplacer régulièrement la batterie locale chez le client.

En 1905, les suédois Betulander et Palmgren travaillent de leur côté sur un futur système Betulander, et leur compatriote suèdois Ericsson, propose sur plan, un système tout à relais – une proposition qui était bien en avance sur son temps


En 1907, en juillet, par le décret du 5 juin 1907 (BO P&T 1907 n°7 page 163), les Services Électriques de la région de Paris sont divisés en trois Directions.
- Direction des Services Téléphoniques de Paris (chargée du service technique téléphonique de Paris Intra-muros en plus de l'Exploitation des bureaux téléphoniques centraux).
- Direction des Services Télégraphiques de Paris.
- Direction du Service Technique de la région de Paris (Extra-muros). (chargée en Extra-muros du service technique télégraphique et du service technique téléphonique).
Par le décret du 18 juin 1907, (JORF du 20 juin 1907, page 4281) :
- Monsieur André Mathurin FROUIN est nommé Directeur des Services Télégraphiques de Paris,
- Monsieur Edmond Alexandre BOUCHARD est nommé Directeur des Services Téléphoniques de Paris.
Ainsi, la branche Téléphone de Paris retrouve en 1907 une partie de l'autonomie acquise en 1892 puis perdue en 1896. Mais attention, en 1907 l'autonomie retrouvée n'est désormais valable que pour Paris Intra-muros. (car la région de Paris Extra-muros demeure encore liée au Télégraphe).
Monsieur Edmond Bouchard occupera le Poste de Directeur des Services Téléphoniques de Paris jusques au 19 mai 1911 où il sera promu Directeur de l'Exploitation Téléphonique.

1er Nov 1907, les constructeurs d'appareils téléphoniques on l'obligation de monter les récepteurs (écouteurs) en dérivation au lieu d'être en série.

En 1908, le lundi 28 décembre, est mis en service à Lyon à titre d'essai, et provisoirement, un Centre Téléphonique Automatique raccordé à 200 abonnés qui peuvent alors s'appeler directement entre eux, sans passer par une seule opératrice.
Le système alors expérimenté est du type LORIMER, c'st un autocommutateur de type rotatif à impulsions, conçu en 1903 aux U.S.A par les trois frères Lorimer d'origine canadienne.(l'histoire est interesante)
Ce commutateur de capacité réduite et expérimental est installé et testé aux frais de l'inventeur. (Il ne s'agit donc pas d'une commande de l'Administration en temps que telle, bien qu'expérimentée par elle...)
Cette expérimentation n'a concerné que 200 des 4.000 abonnés au téléphone du réseau de Lyon, ces 200 abonnés étant réputés pour téléphoner fréquemment : abonnés à fort trafic. (Les 3.800 autres demeurant reliés aux Commutateurs Multiples Manuels).
Nous ignorons la durée exacte de cette expérimentation qui était encore en service en Janvier 1911, mais qui un jour se termina sans explication, vraisemblablement avant la 1ère guerre mondiale.
La compagnie Canadian Machine Telephone fera faillite en 1923 et le système LORIMER disparaît à cette date.

Il y a très peu de documents en Français, généraliste sur les systèmes automatiques.
Le livre référence est "La téléphonie automatique" par H.Milon de 1914 et 1926 que l'on trouve encore en brocante. Ce livre explique en détail tous les systèmes automatiques que nous allons trouver jusqu'en 1926 : Strowger, Lorimer, Rotary, Panel, Ericson, les centres semi auto, à relais ...
Le Crossbar sera à l'étude en 1912, et ne sera pas utilisé en France avant les années 1950.
Nous nous contenterons d'exposer les généralités des différents systèmes utilisés.

1908 A PARIS Enfin le central manuel de la rue de Sablons, est mis en service , il dessert Passy et Auteuil.
Cependant le nombre de quatre centraux seulement annoncé dans les études de 1891 ne peut être tenu.
Après les modifications de circonscriptions intervenues en 1904 pour rentabiliser au maximum les diponibilités existantes, la ville de Paris est en 1907-1908 divisée en sept circonscriptions correspondant â sept centraux téléphoniques.

En 1909 il n'y avait que 44 600 abonnés â Paris.

En 1909, par le décret du 4 août 1909 (JORF du 5 août 1909, page 8520), il est créé une Direction de l'Exploitation Téléphonique.
Son premier Directeur est Édouard Estaunié.
Cette date marque la séparation durable d'avec la Branche Télégraphique, d'où la branche Téléphone avait été rattachée depuis son invention.
Les branches Téléphones et Télégraphes ne seront à nouveau réunies qu'en 1941 sous le vocable Télécommunications, mais entre temps, le téléphone ayant pris tant d'importance, qu'il s'agira alors de la branche Téléphone qui absorbera la branche Télégraphe, non l'inverse.

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Une grave question : l'État doit-il monopoliser la construction des appareils téléphoniques ?

II y a, hélas! d'autres sujets se rattachant à l'exploitation téléphonique, sur lesquels il y a moins de félicitations à adresser à l'État.
La question la plus brûlante aujourd'hui, et qui est tout à fait à l'ordre du jour, est certainement celle de la construction des appareils d'abonnés.
Elle intéresse au plus haut point les Parisiens, qui l'ignorent en général ou n'en saisissent pas l'importance.

Avant de l'exposer impartialement, examinons rapidement quelles sont les causes principales qui concourent au mauvais fonctionnement, dont se plaignent actuellement les abonnés du réseau de Paris.
Ce sont :
1° le développement extrêmement rapide du réseau.
Remarquons que ce développement se produit malgré le taux prohibitif de l'abonnement, et l'on en est arrivé à se demander si l'Administration ne maintiendrait pas ce taux avec intention, se sentant incapable de donner satisfaction aux nombreuses demandes éventuelles qui seraient formulées, si une diminution du prix de l'abonnement était consentie.
2° La conservation de la pile alimentant le microphone du poste de l'abonné.
Comme nous l'avons vu, en effet, l'État a bien appliqué la batterie centrale au réseau de Paris, mais elle l'a fait avec timidité, reculant devant l'adoption de la batterie centrale « intégrale ». Il s'en suit que cette pile, s'épuisant lentement, est cause d'une transmission défectueuse.

3° L'insuffisance du poste d'abonné, transformé par le batterie centrale.
Nous avons examiné plus haut les modifications, apportées au-montage du poste d'abonné, pour permettre son fonctionnement avec le nouveau système. Il faut avoir soin de remarquer, lorsque l'abonné se sert de son appareil, que ses récepteurs sont traversés par tout le courant de la batterie d'accumulateurs, placée au bureau.
Dans les postes construits spécialement pour un réseau à batterie centrale, nous savons, au contraire, que les récepteurs sont intercalés dans le circuit primaire avec un condensateur, ce qui leur évite le passage continuel du courant, lorsque l'on fait usage de l'appareil. Ce courant permanent désaimante, en effet, ces organes qui s'affaiblissent bien inutilement.
L'Administration, considérant au contraire que les dérangements fréquents des appareils d'abonnés étaient dus au mauvais état de ces appareils, a inscrit au chapitre 22 du budget de 1911 un crédit de 100.000 francs, pour « fourniture à titre onéreux de 2.500 apparais à batterie centrale aux nouveaux abonnés du réseau de Paris. »
Ce petit crédit, en apparence insignifiant, est une indication de la volonté de l'État de fournir lui-même les appareils à tous les abonnés dans un avenir prochain et de créer ainsi un nouveau monopole.
Inutile de dire que tous les constructeurs de téléphones, différents groupements d'électriciens, la Chambre de Commerce elle-même s'émurent à cette nouvelle et s'inquiétèrent de voir adopter une décision, qui menaçait de détruire une industrie en plein progrès.
Une campagne ardente s'ouvrit alors ; elle est loin d'être terminée.
On sait qu'à Paris l'abonné doit fournir son appareil ; il a le choix, pour cela, parmi ceux que l'Administration après examen a reconnus comme étant d'un fonctionnement satisfaisant. L'abonné peut donc donner satisfaction à ses idées de goût et d'esthétique ; aussi bien la qualité de l'appareil lui est-elle garantie par le contrôle de l'État.


Nous avons vu qu'avec ce système de grands progrès ont été accomplis dans le construction des appareils téléphoniques, surtout en ce qui concerne les microphones.
Nous estimons qu'il conviendrait de laisser la porte ouverte à tous perfectionnements.

Qu'adviendra-t-il, en effet, si l'État adopte un type unique d'appareils sur tout son réseau ?
Ou ce sera l'arrêt du progrès, ou une dépense énorme à chaque perfectionnement nouveau à appliquer.
Quant au prix de l'appareil, que l'Administration déclare pouvoir vendre bien meilleur marché que les constructeurs, il faut se rendre compte que les prix actuels s'appliquent à des postes marchant avec piles microphoniques chez l'abonné ; or, ces postes sont beaucoup plus compliqués que les postes nouveaux à créer, qui devraient fonctionner en batterie centrale intégrale.

Nous croyons donc, qu'avant d'adopter le principe du monopole, il y aurait lieu de voir si la fourniture des appareils par l'Administration est d'un intérêt général et si elle ne va pas, au contraire, apporter le trouble dans les industries électriques et supprimer l'émulation des fabricants pour la recherche des perfectionnements.
De plus, à l'heure où, dans l'industrie, la main-d'œuvre est réduite, grâce à l'emploi de machines perfectionnées, la question se pose de savoir s'il y a lieu, plutôt que de conserver les appareils existants, de supprimer les demoiselles et de matérialiser le rêve de nombreux Parisiens : le téléphone sans téléphonistes.

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En France les téléphones sur le réseau de l'Etat appelés modèle de téléphone 1910 (Appélé aussi PTT 1910 ou Marty) à magnéto sont installés sur tous les centraux encore manuels.
PTT 1910 BL avec batterie,
PTT 1910 sans batterie, Jacqueson.Thomson
Schéma du 1910 GrammontSit
Cependant il subsistait encore chez le client une batterie nécessaire pour alimenter le microphone dans le cas ou le centre manuel ne pouvait fournir l'alimentation du courant microphonique, les téléphones BL à batterie locale (bornes Zm et Cm sur le schéma).

Très vite, arrivèrent de nouveaux centraux manuels avec batterie centrale, libérant ainsi l'installation chez l'abonné de toute source éléctrique, ce qui simplifiera les installations et réduira considérablement les coûts de maintenance (moins de déplacements, d'interventions)

Avec la batterie centrale : Comment peut-on alimenter simultanément plusieurs téléphones par la même batterie sans que pour autant les courants de conversation se mélangent ?
Tout simplement en insérant entre chaque ligne et la batterie centrale , une self qui bloque les courants de conversation et empêche que ceux-ci se referment au travers de la batterie.
Cette self sera installée au central manuel car, on va utiliser cette self comme électro-aimant, pour avertir l’opératrice lorsque qu’un courant circule dans la ligne, c’est à dire lorsque l’abonné à décroché son combiné. La self se combine donc avec l’annonciateur.

Après 1918 Pour les anciens systèmes encore en batterie locale, avec l'arrivée des centraux automatiques, le poste de l'abonné n'aura plus besoin de magnéto et de pile, c'est simplement en décrochant le combiné du poste que le central entrera en action pour lui passer une opératrice dans le cas du semi automatique (cas du Rotary) ou il numérotera lui même avec un cadran rotatif sur le poste, composer le numéro de son choix.
En France le mot cadran n’est apparu qu’après 1925. Auparavant, on utilise les locutions disque transmetteur ou disque automatique ou encore, combinateur


Adaptation de la numérotation de Paris évolution ...

1909-1910 est une période d'intense débat public sur la crise du téléphone et sur son financement.
En particulier en 1910 le sénateur Steeg dépose une proposition de loi sur la réorganisation financière et administrative du ministère des P. T. T. La même année le rapporteur du budget des P. T. T., Charles Dumont, préconise la séparation du budget général, la tenue de comptes d'exploitation sur le modèle industriel, la préparation de plans d'équipement. Tout ceci en matière de téléphone s'appuie sur les études menées sur le réseau de Paris depuis 1907-1908.
Le programme â réaliser est le suivant : installer un central autonome pour l'interurbain, reconstruire Gutefrberg qui a brûlé en 1908, installer dans la circonscription de Gutenberg 4 autres multiples neufs d'une capacité de 10 000 abonnés, dédoubler 3 circonscriptions , en créer deux autres . . .
Cela revient , en plus de la construction de 1'Inter et de la reconstruction de Gutenberg, à créer 9 bureaux nouveaux d'un coup.
Le projet sera déposé en 1914, mais période n'a guère été propice.
C'est seulement au moment de l'introduction de l'automatique que cela se révélera possible.

1910 Statistique téléphonique mondiale, (Elecirical Revieiv).
Au 1er janvier 1910, il existait sur toute la terre un nombre total d'environ 10.269.000 appareils téléphoniques, avec une longueur de conducteurs s'élevant à 38.678.000 km en chiffres ronds ; à la même date, le capital placé dans les installations téléphoniques se chiffrait par environ 6 milliards de mark, soit 584 mark pour chaque poste téléphonique.
Les chiffres se répartissent comme il suit entre les diverses parties du monde :

Le tableau ci-après nous renseigne sur l'état du service téléphonique dans les principaux pays :

Parmi les pays faisant largement usage du téléphone figurent au premier rang les Etats-Unis avec environ 70 % de tous les postes téléphoniques existants et quelque chose comme 65% de la longueur totale de fils.
Ensuite vient l'Allemagne qui, de tous les pays d'Europe, est celui possédant le plus grand réseau téléphonique, avec environ 950.000 postes d'abonnés et près de 5,2 millions de km de conducteurs.
En troisième lieu nous rencontrons l'Angleterre avec 616.000 appareils et 3 millions de km de conducteurs.

En Europe, le trafic interurbain est très développé ; les grandes localités y sont reliées entre elles, le plus souvent, par une ou plusieurs lignes, généralement fort occupées.
C'est ainsi que la longueur des lignes interurbaines s'élève en Allemagne à 1.093.000 km, ce qui représente 21,5 % du développement total des conducteurs téléphoniques.
Si les données statistiques ci-dessus sont mises en regard de la population des Etats intéressés, on trouve que le tableau prend un autre aspect et la situation se révèle comme plus favorable au profit des petits pays dont la population se compose surtout d'industriels et de commerçants.
Le premier rang, encore ici, revient aux Etats-Unis, où l'on rencontre 7,6 postes d'abonnés par 100 habitants.
L'ordre de classement s'établit ensuite comme il suit :
Canada 3,7 postes d'abonnés par 100 habitants.
Danemark 3,3
Suède 3,1
Nouvelle Zélande 2,6
Norvége 2,3
Suisse 2,0
Nlle Galles du Sud 1,6
Allemagne 1,5
Angleterre 1.3
On ne rencontre que 0,6 poste d'abonné par 100 habitants en Belgique, 0,5 en France, 0,3 en Autriche, 0,2 en Hongrie et en Italie, 0,1 en Russie et en Espagne.
Pour l'ensemble de l'Europe, sur 1000 habitants, on en trouve seulement 5,4 qui possèdent un appareil téléphonique.
Si l'on envisage les différentes villes prises séparément, on contate que c'est celle de Los Angeles (Californie) qui possède le réseau téléphonique le plus dense existant au monde.
Pour 240.000 habitants, on y trouve 51.000 postes d'abonnés, soit 25,4 postes d'abonné par 100 habitants.
La deuxième place est occupée par Stockholm, avec 58.000 postes d'abonné et 340.000 habitants, soit 17,1 postes d'abonné par 100 habitants.
Relativement au degré de développement de la téléphonie dans les plus grandes villes d'Europe, les chiffres du tableau ci-après ne laissent pas d'offrir un certain intérêt.
Par 100 habitants, on comptait :

L'ensemble du trafic téléphonique, pour l'année 1909, est évalué à 19.178.500.000 conversations, dont 13.299.900.000 réalisées aux EtatsUnis.
Quant à l'effectif du personnel affecté au service téléphonique du monde entier, il semble s'élever à 260.000 unités.


1911 Le nouveau standard manuel pour l'état à vingt-cinq directions, fabriqué par la Compagnie des téléphones Thomson-Houston , permet de mettre en communication les abonnés les uns avec les autres grâce à un bureau central. Il est le premier modèle de la série de ce type de matériel, normalement utilisé dans les bureaux centraux.
25 directions Autres Standards 1920

En 1911
, il est décidé d'équiper le plus rapidement possible les villes de Nice et d'Orléans en automatique STROWGER à titre expérimental par le nouveau sous-secrétaire d'État aux P & T Charles Chaumet. L'automatisation est sur le point de murir.

Nouveau bureau central téléphonique à Paris.
En vue de la création d'un nouveau bureau central téléphonique destiné à desservir une partie de la circonscription de Desrenaudes et les abonnés du quartier de Montmartre, l'Administration a loué avec promesse de vente, 266, rue Marcadet, un bâtiment que l'on construit actuellement, d'après des plans approuvés par elle.
Le bureau Marcadet desservira une nouvelle circonscription formée de la partie de la circonscription du bureau de Desrenaudes limitée par les voies suivantes : Chemin de fer de l'Ouest-Etat, fortifications, boulevard O'rnano, rue du Mont Cenis, rue des Martyrs, boulevards de Clichy et des Batignolles. Le bâtiment en question recevra, au début, un tableau multiple équipé pour 2.200 lignes d'abonnés et 200 lignes suburbaines, mais il se prêtera facilement, par la suite, à une installation susceptible de desservir 9000 abonnés. Il suffira, en effet, le moment venu, de construire un 2e étage, sans avoir à toucher au ler ; la résistance du plancher haut a été prévue en conséquence.
Ce multiple fonctionnera, bien entendu, à batterie centrale. Son agencement différera peu de celui des multiples des autres bureaux de Paris. Toutefois, il y a lieu de signaler les particularités suivantes :
a) Répétition du signal d'appel. — Chaque relais d'appel commandera deux signaux lumineux placés au-dessus de deux jacks locaux reliés à la même ligne d'abonné, mais situés dans des groupes différents, séparés par au moins deux positions d'opératrice.
Cette disposition permettra d'assurer l'entraide dans des conditions très satisfaisantes : 6 téléphonistes, au lieu de 3 avec le système actuel, pourront répondre aux appels d'un même abonné, ce qui aura pour conséquence, non seulement, d'abréger le délai d'attente de cette réponse, mais encore de répartir entre 5 opératrices, au lieu de 2, le surcroît de travail résultant de l'absence momentanée d'une téléphoniste.
De plus si une lampe d'appel vient à brûler, les appels de l'abonné seront encore reçus par l'autre,
b) Appel sans clé. — L'appel des abonnés, sur les groupes B, se fera automatiquement, par le simple enfoncement de la fiche dans le jack correspondant. Cette nouvelle disposition facilitera le travail des opératrices B dont le rendement sera ainsi accru.
c) Les groupes A ne comporteront pas, au début, de jacks généraux, mais ils seront disposés pour en recevoir ultérieurement, si l'utilité en était reconnue.
d) Les lignes auxiliaires interurbaines seront agencées en vue de leur liaison avec les tables d'annotatrices du nouveau bureau interurbain, à installer rue des Archives (de 1000 circuits et qui sera mis en service le 2 février 1913).
Elles comporteront, dès lors, des signaux lumineux d'occupation, répétés au-dessus des jacks multiplés correspondant à chacune d'elles.
e) Les groupes B et intermédiaires recevront les circuits suburbains de départ desservant les localités situées au Nord de Paris.Les jacks correspondants, multiples de 5 en 5 panneaux, seront pourvus de signaux d'occupation.
f) L'emplacement sera prévu pour l'installation d'un système de compteurs de conversations, du type semi-automatique, ou, de préférence, du type complètement automatique.
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Alors qu'il n'y a pas encore de centre automatique en France, dèjà avec l'expérience d'autres pays, les questions, les reflexions vont bon train :

Comparaison, au point de vue économique, des systèmes téléphoniques manuels et automatiques. Schvackstrom-technik, août 1911
Tout abonné au téléphone qui échange par jour dix conversations de trois minutes chacune laisse son appareil, sa ligne et son jack local au bureau inoccupés pendant 1.410 minutes sur 1.440. Le rendement de son poste est donc très réduit, puisqu'il est représenté par la fraction 30/1440, rapport du temps utilisé au temps disponible.
Un terme de ce rapport peut seul varier entre des limites très restreintes : il est possible, en effet, de donner à plusieurs abonnés la même ligne avec la même extrémité au bureau. Avec 4 abonnés, le rapport ci-dessus devient 120/1440
On voit donc le rôle du coût des installations (appareil, ligne et raccordement au bureau) dans le choix des systèmes de téléphonie et aussi dans les progrès de la technique. Avec les récents systèmes à batterie centrale, les abonnés ont des appareils très simples.
Le prix de revient des lignes diminue sans cesse depuis la baisse prolongée du cuivre et l'emploi de fils à faible section. Malgré de multiples perfectionnements et une exploitation de plus en plus complexe, les installations des bureaux sont bien moins dispendieuses qu'auparavant.
Le système automatique actuel, comparé aux systèmes ordinaires et surtout au système à batterie centrale, nécessite la même dépense pour les lignes et une dépense triple ou quadruple pour les installations et les appareils.
Les causes qui tendent en général à diminuer le rendement des divers systèmes en' exploitation, influent d'une façon plus particulière sur les systèmes automatiques. Dans les bureaux à service manuel en effet, les dépenses courantes d'exploitation peuvent en une certaine mesure suivre les variations du trafic, tandis que les dépenses, dans les bureaux à service automatique atteignent un maximum fixe, invariable avec les fluctuations du trafic.
Cette facilité d'accommodation déjà notable avec l'exploitation à batterie centrale est encore accrue avec les systèmes à distribution d'appels, où l'on peut satisfaire au trafic avec un tiers en moins d'employés.

À partir de 1912, un nouveau principe de commutateurs automatiques à barres croisées est mis en conception par les ingénieurs postaux suédois Gotthilf Ansgarius Betulander et Nils Gunnar Palmgren, soucieux de concevoir un nouveau système pourvu de meilleures capacités d'écoulement que les systèmes rotatifs et pourvus de contacts plus résistants à l'usure.
Le brevet est déposé le 17 avril 1914 aux USA et est validé le 24 juillet 1917 : le principe du commutateur téléphonique pourvu de sélecteurs à barres croisées est alors inventé, Plus tard après murissement et inovation, il s'appelera le système CROSSBAR et remplacera progressivement les systèmes rotatifs.
Betulander conçoit aussi sur un système uniquement réalisé avec des relais, nous le verrons en 1927 à Fontainebleau ou il sera expérimenté.

En 1912, la numérotation passe à quatre chiffres. Maigre consolation, les abonnés parisiens voient le numéro du central remplacé par le nom du central.
Ainsi, le 25e abonné du 12e standard du central Gutemberg se voit attribuer le numéro Gutemberg 1225 au lieu du 12225.
On parle alors de numéros alphanumériques (lettres + chiffres).
Dans les communes moins peuplées, l'abonné possède selon le même principe un numéro de 1 à 4 chiffres ; le 22 à Asnières est le 22e abonné de l'unique standard du central d'Asnières. Le 40.15 à Marseille est le 15e abonné du 40e standard du central de Marseille.
C'est en 1912 que M. Chaumet, sous-secrétaire d'Etat aux Postes et Télégraphes, a décidé l'établissement de commutateurs semi-automatiques en Rotary dans les bureaux d'Angers et de Marseille et de commutateurs automatiques Strowger à Nice et à Orléans.
Les travaux d'aménagement de ces bureaux étaient tous entrepris en juillet 1914 quand la guerre éclata.
Malgré la raréfaction de la main-d'œuvre l'équipement du bureau d'Angers a été achevé et le bureau semi-automatique mis en service en novembre 1915.


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En 1913 Ouverture du BUREAU TÉLÉPHONIQUE AUTOMATIQUE DE NICE.
Avec 20 ans de retard sur les Etats-Unis, l’automatisation des centraux français est engagée en 1913 à Nice
Les Commutateurs Strowger à contrôle direct sont initialement prévus en commutation urbaine (locale) pour une numérotation maximale à 5 chiffres.

Le 8 juillet 1912 à Nice, la commande du premier autocommutateur Strowger a est passée, et été mis en service le 19 octobre 1913 à Nice,
(reportage science et vie de 1917 le entre de Nice)

L'ancienne installation comprenait un multiple manuel d'un type très ancien, avec jacks généraux à rupture, et 4 tableaux commutateurs à 100 directions installés pour satisfaire aux besoins de l'extension.
Les installations nouvelles du système l'Automatic Electric Cy se répartissent entre un bureau central, rue Biscarra, et deux bureaux satellites, appelés Magnan et Tabacs, du nom des quartiers qu'ils desservent.

Le Bureau Central, situé au 4e étage d'une maison particulière, est équipé pour recevoir 2.400 lignes d'abonnés. Il renferme :
2.400 présélecteurs primaires et
360 secondaires ;
150 premiers sélecteurs ;
200 seconds sélecteurs ;
250 connecteurs (dont 20 rotatifs sur la centaine 4.000 à 4.099 réservée aux abonnés de plusieurs lignes) ;
plus 30 premiers sélecteurs pour les communications provenant des satellites.
Le satellite Magnan renferme :
200 présélecteurs primaires ;
20 connecteurs.
Le satellite Tabacs renferme :
100 présélecteurs primaires ;
10 connecteurs.
Le Bureau Central renferme en outre, outre les accessoires obligatoires : répartiteur général, installation d'énergie, salle d'essai, etc., un meuble destiné à l'échange des communications interurbaines, et se composant de : 8 positions d'opératrices pourvues du multiplage des lignes d'abonnés aboutissant au bureau central ; 3 positions d'annotatrices. Les deux dernières positions d'opératrice interurbaine, servaient également de salles de renseignements, et étaient munies de paires de cordons permettant au besoin de donner des communications entre deux abonnés au moyen des jacks généraux du multiple.
La transformation des postes d'abonnés avait consisté en la suppression du circuit de sonnerie et en la mise en dérivation sur l'ancien poste du nouveau avec son cadran d'appel et sa sonnerie magnétique, le bureau ayant été préalablement muni du courant d'appel alternatif.
Pour les postes à tableaux, on avait adjoint à l'ancien tableau un petit tableau annexe sur lequel ont été reportées la ou les lignes au réseau, et qui-comporte un cadran d'appel, et pour chaque ligne au réseau, un annonciateur d'appel, un voyant d'occupation, une clef d'écoute et de rupture de garde, et une clef de connexion avec chaque poste supplémentaire.
La garde du réseau est automatique, et un ronfleur avertit de la fin de communication ou de l'oubli de la manœuvre de rupture de garde, quand la communication avec le poste supplémentaire n'a pas eu lieu.
Les relations entre le poste principal et les postes supplémentaires et entre postes supplémentaires ont lieu comme auparavant par l'ancien tableau.
Les lignes d'abonnés avaient été reliées directement au nouveau répartiteur, des dérivations provisoires ayant été établies des câbles d'ascension à l'ancien.
Certaines dispositions spéciales avaient été prises pour le transfert, de concert avec le constructeur.
Le nombre des premiers sélecteurs avait été porté provisoirement de 150 à 180. Tous les numéros non utilisés et tous les niveaux des sélecteurs non occupés avaient été reliés au moyen d'un certain nombre de lignes communes, aux tables de renseignements ou d'annotatrices de façon qu'un abonné même faisant une fausse manœuvre ne tombe jamais dans le vide.
Enfin, un tiers-section du meuble interurbain avait été aménagé pour recevoir les abonnés qui, pour une raison ou uneautre, n'auraient pu se servir de leur installation automatique, tout en continuant à pouvoir être desservis selon les procédés de la téléphonie manuelle.
Le transfert eut lieu le 19 entre 4 et 7 heures du matin ; il s'effectua simplement en enlevant les fusibles à l'ancien répartiteur et en mettant les bobines thermiques au nouveau.
Une certaine confusion régna les deux premiers jours, due en grande partie au fait que les abonnés manœuvraient mal leur disque, laissaient décroché leur récepteur, continuaient à demander les abonnés par l'ancien numéro, etc., mais grâce aux dispositions prises, surtout au fait que tous les appels mal faits aboutissaient à des téléphonistes qui pouvaient donner aux abonnés les indications utiles, et à l'activité déployée par tout le personnel, aussi bien de l'administration que du constructeur, la situation s'améliora rapidement.
Dès le 3e jour, les abonnés qui manœuvraient correctement n'avaient plus à souffrir des perturbations causées par les autres, et dès la fin de la semaine le nombre des fausses manœuvres et perturbations diverses était assez réduit pour que le bureau put prendre une allure presque normale ; la plupart des abonnés se déclaraient déjà très satisfaits du nouveau système.
Les abonnés reliés aux satellites avaient relativement moins souffert encore que les autres du transfert, par suite de leur petit nombre et de la large extension prévue, ce qui mettait à leur disposition un nombre proportionnellement plus considérable de lignes auxiliaires et d'organes sélecteurs.
Il faut noter d'ailleurs une circonstance certainement très favorable, à la réussite de l'opération : l'installation avait été calculée sur le trafic fort de la saison d'hiver, certainement supérieur de 50 % au moins au trafic normal à l'époque du transfert.
Une opération, réalisée dans de telles conditions, c'est-à-dire le transfert en une seule fois de 2.000 abonnés d'un système manuel à batterie locale à un système automatique, aurait certainement été désastreux quelle que fut l'excellence des mesures prises par ailleurs, si l'installation automatique avait été calculée juste pour le trafic normal actuel.Enfin, la réfection complète du réseau des lignes, qui avait été faite avec beaucoup de soins, a eu pour résultat de réduire à une proportion infime le nombre des organes sélecteurs ou présélecteurs immobilisés par suite de défauts en ligne

Le centre de Nice Strowger, sera remplacé par un commutateur R6 le 21 avril 1932

Avec le système automatique, l'abonné est muni d'un Cadran
En 1924, on peut lire dans la Revue des Téléphones, Télégraphes et TSF: « Il n’y a pas un disque ; il y en avait récemment autant que de systèmes, différent entre eux par des détails de construction, chaque manufacturier étant encore jaloux de ses propres idées, de sa propre conception. On a cherché surtout à faire un disque solide, d’un fonctionnement régulier et sûr ; en même temps, on a introduit peu à peu des modifications, dictées par la technique de l’atelier, susceptibles de rendre la fabrication plus rapide, les réparations et changements de pièces plus aisés.»
Autant dire que vouloir faire l’inventaire des différents mécanismes de cadrans relève de l’utopie. (Un document sur les cadrans inhabituels)


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Nouvelle application du phonographe au téléphone. — On ne manquait pas d'idées en cette année 1913.
La démonstration d'une nouvelle application du phonographe au téléphone a été faite récemment à St-Pétersbourg.
L'appareil peut être relié à un poste téléphonique quelconque et il est destiné à répondre aux appels durant l'absence de l'abonné.
Le fonctionnement est le suivant : l'abonné, avant de s'absenter, remonte l'appareil, agit sur un levier, puis énonce dans le pavillon les indications à donner aux correspondants éventuels, par exemple: « Allô! M. Smith est absent de la ville ; il sera de retour demain matin, appelez le n° 5.735. Au revoir ».
L'abonné peut alors abandonner à lui-même l'appareil qui, au dire de l'inventeur, peut répéter la phrase précédente jusqu'à 300 fois.
Dès qu'un appel parvient au bureau central et que la sonnerie de l'abonné fonctionne, le phonographe est actionné automatiquement, et l'abonné appelant obtient l'information désirée sur l'endroit où il peut appeler son correspondant.
Dès que le dernier mot est énoncé, l'appareil donne le signal de déconnexion au bureau central et revient au point de départ, prêt à répondre à un autre appel
.Le nouveau dispositif a des qualités transmissives assez bonnes et supprime les signaux énervants de « non réponse »..

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le 27 janvier 1914 , McBerty obtient un premier brevet US1085454 pour un seleteur rotatif
En 1912, McBerty Amériain, a été transféré en Belgique par la Wester Eletric pour soutenir le développement et mettre en place les processus de fabrication de la stratégie Bell System.
En Europe cette stratégie aboutiera par le développement des systèmes rotatif Rotary pour les centres urbains, à base de nouveaux sélécteurs :
brevet US1085454A, il y aura aussi le brevet US1105811 ... Rotary 7A1
Aux Usa, l'équipe de Western Electric, développe un autre système, le "Panel" pour équiper leurs centres urbains et inter urbains.


La conception de systèmes dans lesquels les opératrices interurbaines seraient remplacées par des organes sé1ecteurs pour l'établissement des communications d'arrivée, a suivi de très près la mise en service des premiers autocommutateurs dans les grands réseaux urbains.
En Février 1914, il est décidé par l'Administration des P & T d'installer également un Rotary 7A semi-automatique à Roubaix (2.800 lignes à la mise en service projetée) et un autre à Tourcoing (1.200 lignes à la mise en service projetée). Ce projet sera reporté avec l'arrivée de la guerre.
Dans un central semi-automatique Rotary 7A, il y a, tout comme dans un central manuel, des opératrices qui prennent les appels des abonnés demandeurs.
À la différence d'un central manuel, où une opératrice est affectée à un bloc d'abonnés fixe, dans le cas du semi-automatique, l'appel est aiguillé vers la première opératrice disponible. Ce qui répartit plus équitablement la charge des appels à traiter.

Ensuite, l'opératrice d'arrivée, dite Semi-B, n'a plus qu'à taper sur un clavier numérique à touches le numéro d'appel téléphonique urbain demandé par l'abonné du central manuel, et ensuite le commutateur s'occupe automatiquement du reste.
Clavier d'Opératrices Opératrices de Rotary 7A
À la différence d'un central manuel, il n'y a plus besoin d'opératrices intermédiaires pour établir la liaison téléphonique, et du coup l'on peut diviser par quatre le nombre d'opératrices.
Une grande simplification et une amélioration du service rendu sont ainsi obtenues

En Novembre 1915 Angers ouvre le premier centre rotatif semi-automatique Rotary 7A, suivront deux centres à Marseille en 1919 et 1927

En 1916, par le décret du 2 septembre 1916 (JORF 8 septembre 1916 page 8017), il est institué un Comité Technique des Postes et des Télégraphes. Ce comité est constitué de spécialistes techniques, d'ingénieurs et de sommités techniques et scientifiques.
Par son article 2, le comité Technique est obligatoirement saisi par les services compétents de l'administration de toutes innovations ou modifications à introduire dans l'outillage postal, télégraphique et téléphonique, et émet des avis motivés sur les questions qui lui sont soumises.
Les essais, expériences, recherches reconnus nécessaires sont effectués par le service d'études et de recherches techniques des postes et des télégraphes.
Par arrêté du 2 septembre 1916, le Comité est constitué de 6 sections :
- 1e section. — Matériel postal
- 2e section. — Appareils et installations télégraphiques
- 3e section. — Lignes télégraphiques souterraines, sous-marines et pneumatiques
- 4e section. — Télégraphie et téléphonie sans fil.
- 5e section. — Appareils et installations téléphoniques,
- 6e section. — Lignes aériennes, lignes souterraines téléphoniques.
Puis, ultérieurement sont ajoutées 2 sections supplémentaires :
- 7e section. — Radiodiffusion (arrêté du 13 décembre 1930)
- 8e section. — Moteurs thermiques, automobiles et transports (arrêté du 2 novembre 1936)
Nota : le Comité Technique des Postes et Télégraphes apparaît sous la nouvelle dénomination Comité Technique des Postes, Télégraphes et Téléphones courant 1927 dans les textes.
Le Comité Technique des Postes, Télégraphes et Téléphones sera renommé Conseil Technique des Postes, Télégraphes et Téléphones par décret n°48-1218 du 19 juillet 1948 (JORF 26 juillet 1948, page 7331).

Modèles 1918 normalisés par l'administration ...

A partir de 1918 Préconisation de généralisation de l'emploi des magnétos d'appel, en vue de diminuer l'entretien onéreux des piles d'appel.

1919 Avec les évolutions, les premiers commutateurs ROTARY 7A semi-automatiques livrés précédemment, sont reconvertis en automatique intégral, c'est le cas de Marseille mis en service en 1919 . Dans cette version il n'y a plus d'opératrice.

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1920 -1969 VERS LE TÉLÉPHONE POUR TOUS

Le
3 juillet 1921, Le commutateur STROWGER d'Orléans (le second commutateur automatique en France) sera mis en service, 8 ans en retard à cause de la première guerre mondiale.

Le nouveau réseau de PARIS sera structuré autour de 4 centres de jonction dont le nombre et la localisation auront été déterminés par une étude du trafic.
Ce sont en 1922 les bureaux existants de Guyot (nord-Ouest), Combat (nord-est), Daumesnil (Sud-est) et Vaugirard (Sud-ouest).
Le nombre et l'emplacement des bureaux centraux sera, lui determine a la fois par la densité des abonnes et par l'equilibre economique a realiser entre la longueur des fils d'abonnes, celle des lignes auxiliaires entre centraux sans que jamais l'affaiblissement impose par la longueur d'une ligne oblige a descendre au dessous des standards de transmission fixes au depart.
Pour la premiere fois l'etude tient compte du reseau suburbain de Paris. Selon le modele des etudes anglaises "l'adoption du service automatique dans une grande region urbaine conduit generalement a augmenter le nobre des bureaux et a diminuer leur capacite (on fait ainsi des economies sur la ongueur des lignes alors que le probleme des operatrices ne se pose plus). Il n'en est pas ainsi generalement pour les zones interieures des grandes villes ou la densite telephonique est telle que les bureaux d'une capacite de 10 000 lignes sont justifies- aussi bien dans le service automatique que dans le service manuel...
Ce n'est qu'en Banlieue que le nombre le plus economique de bureaux est generalement plus grand pour l'exploitation automatique que pour l'exploitation manuelle.
Effectivement pour Paris le nouveau plan comprend,outre l'interurbain et les quatres centres de transit, beaucoup plus de bureaux qu'avant 1914, augmentation liee a la fols a l'augmentation globale du nombre des abonnes; et a cet egard le plan de developpement de 1922 reprend le plan de 1914 et aux nouvelles exigences techniques.
Un rapport de 1922 en prevoit 43, le nombre des bureaux doit pratiquement être doublé, tous doivent faire l'objet de travaux qui nécessitent parfois le transfert provisoire d'abonnées par 10 000 à la fois...
Parallèlemet le réseau de câble est entièrement revu. Dans sa capacité d'abord. Le passage de 60 000 abonnés en 1914 à 120 000 en 1922 et la perspective du doublement pour 1932 font prévoir, en 1922, la pose de 331 000 km de circuits nouveaux tant en lignes d'abonnés qu'en lignes auxiliaires sans compter les lignes interurbaines. Ceci a sur le réseau lui-même deux conséquences. D'abord l'augmentation de la capacité maximum des câbles. Toujours isolés au papier et séchés à l'air ceux-ci peuvent contenir jusqu'à 900 paires de fils. Il n'y a toujours pas de câbles pupinisés ou krarupisés à Paris. Ceux-ci n'existent que sur le réseau de banlieue. Enfin les sous-répartiteurs se sont généralisés : pour une raison d'économie dans le calcul de la capacité des câbles mais aussi parce que l'automatisation a montré l'intérêt de pouvoir procéder au basculement de quartiers entier d'un central sur un autre.

En 1923, par la loi de finances du 30 juin 1923 (art. 70 à 79) (BO P&T 1923 n°15 page 307), l’État dote à nouveau les P&T d'un budget annexe qui permet sensiblement l'accroissement d'autonomie et de souplesse budgétaire et qui aboutit à un net accroissement du nombre d'abonnés au téléphone dès 1925.
Cette loi permet à l'Administration de financer de plus nombreux projets et d'étendre le réseau téléphonique global.
La loi de finances du 30 juin 1923 (art. 69) (BO P&T 1923 n°15 page 307) crée en outre un Conseil dont les membres sont nommés pour deux ans, par décret, sur proposition du ministre chargé des Postes, Télégraphes et Téléphones. Le Conseil se réunit au moins une fois par mois, et un registre des délibérations est tenu.
Ce Conseil donne son avis sur toutes les questions soumises par le ministre.
Le Conseil est obligatoirement consulté sur :
- les mesures d'organisation générale des services,
- les cadres, le statut et la rémunération du personnel,
- les taxes, les projets de travaux ou de fournitures constituant des dépenses de premier établissement,
- les projets de budget et tous autres projets financiers présentés au parlement,
- les règlements de toutes natures (décrets, arrêtés généraux) relatifs au service des postes, télégraphes et téléphones.
- Les programmes d'action avec prévisions détaillées à 5 ans minimum sont soumis à l'avis du Conseil.
Par le décret du 8 septembre 1923 (JORF du 11 septembre 1923 page 8922), le Conseil prend le nom de Conseil Supérieur des Postes, Télégraphes et Téléphones.
Nota : 17 ans avant la création de ce conseil, une proposition de loi déposée en 1906 par le Député de la Seine Hector Depasse prévoyait déjà d'instituer un Conseil Supérieur de Postes, Télégraphes, Téléphones...

Parallèlement, les centraux téléphoniques automatiques furent perfectionnés permettant ainsi leur installation dans les grandes villes, ce qui eut pour effet de démultiplier le trafic.
Ainsi, entre 1920 et 1925 le trafic urbain s'accrut de 26%, le trafic interurbain de 90% et le trafic international de 282%.
Ces évolutions eurent un coût important ; par exemple, en 1921 le plan d'investissement du Secrétariat Général des PTT4 attribua 473 millions de francs pour l'automatisation du réseau
et 562 millions pour les lignes interurbaines. Cette charge financière contribua à accélérer le débat public, entamé depuis le début de la décennie 1900, portant sur la dénationalisation de l'exploitation du réseau téléphonique.
Le texte de la loi de 1923 est issu à la fois du refus d'une dénationalisation et du constat d'une nécessaire évolution prenant en compte le caractère particulier de cette administration.
Une offre de rachat de l'intégralité du réseau français fut même faite par l'entreprise américaine ITT, à laquelle le secrétaire d'État en charge signifia son refus en expliquant « que ce serait contraire aux moeurs républicaines du pays ».

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1923, le ministère des P & T devient celui des PTT

18 mai 1923 l'Ingénieur, Mr Barnay, dépose un brevet de commutation automatique, le système ROTATIF R6 délivrée 24 janvier 1924.


51 points
Ce système français de type pas à pas est un hybride qui s'inspire à la fois des systèmes Rotary et Strowger

L
e 9 avril 1924, la Compagnie des Téléphones Thomson-Houston rachète alors le brevet de ce système à son concepteur. Il est développé par l'Ingénieur français Fernand Gohorel de la Compagnie des Téléphones Thomson-Houston et ses équipes.

Soulignons que ce système de conception française a tout de même été produit par une société devenue entre-temps une filiale française de l'américain ITT le 14 avril 1926 pour la somme de 140 millions de francs, soit 90 millions d'euros (valeur 2015), via un rachat total du capital autorisé par l'assemblée générale des actionnaires à cette date ; opération orchestrée par le Colonel Behn alors patron de l'ITT...

Ce système trouve un écho auprès de l'administration des PTT en raison du coût élevé des ROTARY 7A, 7A1 et 7A2 Américains. il équipera les villes moyennes et des zones rurales entre 1928 à 1982.

Orienteur 11 points
1928 mise en service du centrede Troyes.Version R6 1926
Ce système français de type pas à pas étant un hybride qui s'inspire à la fois des systèmes Rotary et Strowger. Il est de surcroît simplifié à l'extrême pour être le moins coûteux possible.
1932 mise en service de l'agglomération Lille-Roubaix-Tourcoing en R6N1.
Le déploiement du ROTATIF 1926 avec enregistreur de numéros est totalement interrompu en province dès la déclaration de guerre, et ne reprendra qu'en 1945. Il se poursuivra jusqu'à l’arrivée de la version modernisée en 1949.
Il sera mis en service à Rouen, en Mai 1949, 35 Commutateurs R6 N1 seront installés en France
Version- R6 N2
: à X enregistreurs et seulement 2 traducteurs séparés , issu des évolutions du L43.
27 Commutateurs R6 N2 seront installés en France en commençant le 22 mars 1958 par Poitiers et à Boulogne-sur-mer.

Enregistreur-Traducteur , R6 de Rouen

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En 1924, est votée la loi du 5 août 1924 portant ouverture, sur l'exercice 1924, de crédits additionnels en vue de donner à l'administration des PTT les moyens d'actions nécessaires pour poursuivre la réalisation du programme de travaux adopté par le parlement et entreprendre l'exécution de travaux nouveaux.
Cette loi dote, en surplus de la loi de finances de 1923, l'administration des PTT d'un programme de financement supplémentaire de 644 millions de Francs, réparti sur les exercices de 1924 à 1929 visant notamment à développer les réseaux urbains et interurbains, moderniser et étendre les immeubles téléphoniques.
Ces financements permettront la mise en route la plus rapide possible du téléphone automatique dans le réseau de Paris et de grandes agglomérations à venir prochainement.
En 1924 est créée la société le Taxiphone qui signe avec l’administration des PTT une convention lui permettant non seulement de construire ces postes téléphoniques mais également de les exploiter. Elle installe ses appareils dans les cafés et les restaurants.
Parallèlement, les PTT ouvrent leurs propres cabines publiques dans les bureaux de poste et dans certaines gares.
Ce mode de fonctionnement des cabines publiques durera jusqu’en 1970, date à laquelle les PTT reprennent le contrôle de la gestion des cabines. .


1924 Le premier et unique commutateur ERICSSON AGF500 est mis en service le 21 septembre 1924 à Dieppe sur 1500 abonnés.
Il lui a été préféré le système Rotary 7A/7A1 par l'administration des P & T, la raison alors invoquée était le surcoût de 12% du système suédois lors du choix pour Paris...
La seconde raison est que les baies du commutateurs étaient importées directement de Suède, ce qui lésait les travailleurs français, condition éliminatoire à l'époque où nos hommes politiques pensaient vraiment aux citoyens français et à l'emploi en France.
Le commutateur AGF500 de Dieppe fut remplacé le 29 janvier 1960.

En 1925, au mois de janvier, par le décret du 13 août 1924 publié ultérieurement (BO P&T 1925 n°1 page 8), il est créé une zone suburbaine autour des villes de Paris, Lyon, Lille, Bordeaux, Rouen, Le Havre, Nantes et Roubaix.
Les petits groupes de réseaux qui existaient autour de ces grandes agglomérations sont supprimés en tant que tels, et unifiés au sein d'un même réseau, dit réseau suburbain, autour de chaque ville.
Le but est de préparer techniquement l'automatisation à venir du réseau téléphoniques de ces villes et agglomérations environnantes.

Zone Paris (clic pour agrandir) de 57 communes

Pour l’équipement du central de Carnot. Trois systèmes sont en lice, le Strowger, le système Rotary et le système suédois Ericsson
Dans le cadre d’un plan de redressement du téléphone, le gouvernement français lance en 1925 une consultation pour l’équipement du réseau automatique de Paris.

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Situation de l’industrie téléphonique en France, en 1925.
Il faut bien rappeler que concernant l’automatisation du réseau de Paris, de la 1ère et de la deuxième couronne, actée par l’approbation du premier marché le 13 octobre 1926, cette entreprise ne pouvait pas être une mince affaire, et la France ne pouvait pas se permettre d’effectuer de choix hasardeux.
Le projet était pharaonique, et devant aboutir au réseau de téléphone automatique le plus important de toute l’Europe.
Impératifs de départ :
• Un système techniquement fiable et déjà mis au point.
• Un système capable de conserver l’utilisation des indicatifs de centraux littéraux utilisés jusques alors en manuel. Ce qui implique de facto la présence d’enregistreurs de numérotation dans le système choisi.
• Un ensemble pléthorique de commutateurs intimement connectés entre-eux, et qui, par facilité d’exploitation et de maintenance devront tous être du même système.
• Un système qui puisse être disponible le plus rapidement possible, donc un système présenté par un concepteur-fabricant ayant financièrement les
« reins solides », et déjà pourvu d’un solide outil de production implanté surle territoire national.
• Un système si possible de conception française et entièrement fabriqué en France, par de la main d’œuvre locale.
Évidemment, à cette époque encore, inutile de rappeler que les hommes politiques défendent pour leur grande majorité les intérêts français, la
main d’œuvre locale et l’emploi français.
Situation du secteur des téléphones dans le monde en 1925 :
Inutile de préciser que le fait de confier la construction du réseau de Paris à des sociétés étrangères ou à capitaux étrangers ne fait alors pl
aisir à personne en France.
Au niveau des industriels étrangers, il convient designaler que dans leurs zones d’influences respectives, seules deux nationalités sont en mesure de prendre de gros marchés en France.
1) Les USA, via la société International Telephone and Telegraph.
2) L’Allemagne, via la société Siemens.
Inutile de préciser, pour raisons historiques, au sortir d’une première guerre mondiale particulièrement meurtrière, qu’il était alors inconcevable que la France commandât en masse à « l’hydre au casque pointu » l’automatisation du réseau de Paris...
Acheter quoi que ce soit d’importance et de stratégique à l’Allemagne était tout simplement inconcevable.
(À titre de contre-exemple, l’on notera que la ligne Maginot avait été électrifiée par Siemens, et que du coup, le régime national-socialiste, démocratiquement élu, avait pu par la suite profiter de tous les plans de la ligne Maginot pour mieux la contourner en 1940...)
Concernant le Réseau de Paris, Siemens était donc par sécurité de facto exclu des marchés à venir.
Ne pourraient éventuellement concourir, en tant qu’étrangers, que les USA .
Situation du secteur des téléphones en France en 1925 :
Ensuite, il y a le principe de réalité. À cette époque, en France, les sociétés purement françaises de téléphones sont des Petits Poucets comparées à certaines maisons étrangères...
Leur outil de production étant plus proches de l’atelier que de l’usine... (nous pouvons citer Plazolles, Burgünder...)
Les fabricants les plus importants en France :
SIT : la société purement française alors la plus développée est alors la Société Industrielle des Téléphones, (qui deviendra bien plus tard la CIT-Alcatel).
Or, cette société est alors spécialisée dans la construction d’équipements terminaux (postes téléphoniques) et n’a pas l’outil industriel et les capitaux suffisants pour se lancer dans la fabrication de commutateurs téléphoniques automatiques. D’ailleurs, elle n’a pas de système à présenter conçu par elle.
Elle fabrique du Strowger américain. Tout au plus fabriquera-t-elle pour la province, en appoint de la Compagnie Française Thomson-Houston, quelques commutateurs Strowger.
Elle N’a pas l’envergure pour se lancer dans un tel projet. Ne pourrait présenter qu’un système pas-à-pas, dépourvu d’enregistreurs.
CGTT : La Compagnie Française de Téléphonie et Télégraphie : société française à capitaux allemands, d’envergure réduite, et de plusallemande. Fabrique en France sous licence des commutateurs Strowger Siemens & Halske.
Est Éliminée de facto politiquement et ne pourrait présenter qu’un système pas-à-pas, dépourvu d’enregistreurs : ne pourrait pas gagner le marché.
GRAMMONT : société française des Établissements Grammont, Essentiellement française, avec présence indirecte d’Ericsson, et d’ITT dans son capital. Bonne société, disposant d’un outil de production en France assez développé, mais qui ne présente pas de système de commutation propre.
Elle ne concourt pas en 1926. Elle era en mesure de concourir dans des marchés ultérieurs concernant Paris.
Elle ne pourrait pas présenter de système propre.
ERICSSON : société française, installée à Colombes (Seine) détenue en partie par le suédois Ericsson.
Bonne société, fabriquant de bons matériels, dont son système de commutateur automatique AGF500, mais avec un outil industriel de taille insuffisante en France. Ses commutateurs ne sont pas fabriqués en France, mais en Suède.
Ericsson France pourrait être qualifiée de bonne start’up de l’époque.
Elle est en mesure de concourir pour Paris. Présente sonsystème AGF500 avec enregistreurs, mais son système est fabriqué uniquement dans ses usines de Suède : handicap certain.
LMT : Société Le Matériel Téléphonique société française à capitaux américains, il s’agit de la filiale française du groupe ITT. Capitaux amé
ricains pléthorique, société solide, présence dans plusieurs pays d’Europe et du monde, gros outil de production en France, et qui plus est perfectionné. Fabriquant de bons produits,son terminal téléphonique (le poste PTT 1924) ayant été agréé par l’administration depuis 1924, et présentant son système de commutation automatique Rotary 7A1.
Elle est en mesure de concourir pour Paris. Présente son système de conception belgo-américaine Rotary 7A1, pourvu d’enregistreurs de numérotation et entièrement fabriqué en France par la main d’œuvre locale.
Fait figure de favori.
CFTH : Compagnie Française Thomson-Houston. Société initialement française, chargée d’exploiter en France les brevets des autocommutateurs Strowger britanniques et développant à cette époque, un nouveau type de commutateur pas-à-pas, le R6. Rachetée par l’ITT en avril 1926.
De ce fait, concourra pour Paris, mais fera en sorte de laisser la place libre à sa sœur jumelle LMT, mais s’implantera beaucoup pour la province.
Elle est en mesure de concourir pour Paris. Ne peut présenter qu’un système pas-à-pas, dépourvu d’enregistreurs :
Elle ne peut techniquement pas gagner la marché.

En conclusion : après examen de toutes les conditions de départ (techniques et politiques), seules deux sociétés sur six (ERICSSON et LE MATÉRIEL TÉLÉPHONIQUE) avaient des chances de gagner le premier appel d’offres, et une seule ayant en réalité les atouts les plus valables pour réussir.
Mis à part le fait que le système ne pouvait pas être de conception française (il n’en existait alors pas),il faille bien admettre que seule la société Le Matériel Téléphonique, filiale française d’ITT, avait la solidité et la fiabilité de l’outil de production implanté en France.
De surcroît la société LMTa systématiquement obéi à toutes les demandes du pouvoir politique français et des ingénieurs des téléphones.
De ce fait, la société Ericsson ne pouvait pas gagner l’appel d’offres initial, ne fabriquant pas ses commutateurs téléphoniques en France.
Le résultat du concours vit en toute logique la victoire de la société Le Matériel Téléphonique.

Le système Rotary 7A est finalement choisi le 13 octobre 1926 pour équiper la capitale.
Par la suite, au fur et à mesure de la signature des marchés ultérieurs, même si, en toute logique, la société LMT gagne ensuite entre les 2/3et les ¾ des commandes de centraux téléphoniques Rotary 7A1, les sociétés Grammont et Ericsson construiront certains des Rotary 7A1 mis en service dans le réseau de Paris.
En réalité, les marchés seront distribués par l’administration suivant les capacités de production des équipements en France de chaque constructeur et il convient d’insister sur le fait, quoique l’on puisse émettre comme jugement concernant l’ITT, que seule la LMT possède alors l’outil suffisant pour faire face à l’essentiel des commandes et au déploiement massif des commutateurs téléphoniques dans la région de Paris


C’est une filiale d’ITT (International Telephon and Telegraph Corporation) qui remporte le marché et installe un matériel de type Rotary (système de communication rotatif). Outre des arguments techniques de poids (souplesse tout à fait remarquable du matériel et meilleur acheminement des communications), ITT achève de convaincre en proposant la création d’une usine en banlieue.

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L'Administration a mis au point en 1931-1932 un nouveau type de poste mobile 1924 permettant une utilisation aisée comme poste supplémentaire de tableaux. Le poste universel PTT 1924 avec ou sans cadran fonction de son raccordement à une opératrice ou pas

Les postes à BCI 1924 ont été étudiés spécialement pour avoir de bonne qualité de transmission et de réception et pour être facilement transformables pour les réseaux automatiques par la simple adjonction d'un cadran d'appel. La bobine d'induction produit un renforcement de la transmission. Ainsi les signaux émis sont ils d'une valeur très supérieure aux courants parasites et bruits de ligne. Dès lors, même si le poste récepteur est d'un rendement moyen en réception, la qualité d'écoute est bonne. Le micro est cette capsule interchangeable perfectionnée par M.Marzin, Ingénieur des PTT.
Schéma PTT 24Capsule micro

Le modèle de cadran 7010B est issu directement du concours ouvert par l'Administration des PTT le 1er mai 1922 à tous les constructeurs téléphoniques français, pour équiper la gamme de postes téléphoniques de type PTT 1924 déployés dans le réseau téléphonique.


Le cadran équipant les modèles PTT 1924

Le 15 octobre 1925, l’État ouvre un concours en vue de choisir le futur type de disque d'appel (cadran) qui sera retenu par l'administration.

En 1926 Une nouvelle fois, ce fut l'évolution technologique qui troubla le modèle établi. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, une innovation technologique venue des États-Unis
–les lignes grandes distances que l'on pouvait enterrer – permit le développement des liaisons téléphoniques interurbaines.
La première à voir le jour en France fut la ligne reliant Paris à Strasbourg en 1926.

Par le décret du 7 octobre 1926 (BO P&T 1926 n° 28 page 728), la Direction des Lignes Souterraines à Grande Distance absorbe les services techniques de Paris Extra-muros, y compris ceux de la zone suburbaine.
Il est créé en métropole 17 Directions Régionales. À leur tête, un Directeur Régional est chargé dans sa région de diriger l'ensemble des services postaux, télégraphiques et téléphoniques.
Nota : au 31 décembre 1927, les personnels des PTT affectés exclusivement au service téléphonique représentent 18.092 agents, dont 8.981 uniquement pour Paris et la Région Parisienne, soit 49,6 %, ce qui donne une indication sur le poids relatif de Paris sur le reste du territoire.
Nota : au 31 décembre 1928, les personnels des PTT affectés exclusivement au service téléphonique représentent 20.367 agents, dont 10.455 uniquement pour Paris et la Région Parisienne, soit 51,3 %, ce qui donne une indication sur le poids relatif de Paris sur le reste du territoire.

En 1926 il est décidé que le système R6, sera implanté dans les villes moyennes de province dès le 14 avril 1928 en commençant par Troyes,
L’arrivée d’ITT est marquée par le rachat des Téléphones Thomson-Houston, le 14 avril 1926 et quelques années plus tôt de la maison française Aboilard.

1er avril 1926 Le premier Commutateur Strowger à étage de présélection double est mis en service au Havre
Au cours de la seconde guerre mondiale, le Commutateur du Havre est incendié volontairement le 9 juin 1940.

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En
1927 pour les numéros parisiens notamment, on prévoit de doter les appareils d’un nouveau cadran associant des lettres aux chiffres permettant de composer les numéros alphanumériques.
(la notice) Ce modèle de cadran équipera tous les nouveaux téléphones à cadran à partir de cette date.

A PARIS la disparition totale de l'ancien réseau de gros câble en égoût est programmée ainsi que le transfert des sous-répartiteurs, trop vulnérables aux crues et aux orages, dans des immeubles mieux protégés.

1927 Modèle de Tableaux d'abonnés pour réseaux à Batterie Centrale ou automatique, à une ligne réseau et 2 postes supplémentaires. Ce tableau est du type à leviers et à secret.
Modèle deTableau e 1927

En 1927 le ROTARY 7A1 une variante du 7A est mise en service pour la première fois dans le monde en France, à Nantes, fabriquée en France par la société Le Matériel Téléphonique (L.M.T) le samedi 29 octobre 1927, capable de gérer jusqu'à 10.000 abonnés (au lieu des 20.000 lignes initialement )
Pourtant à Marseille, certains ROTARY 7A1 ont été re dimensionnés pour recevoir jusqu'à 20.000 abonnés.
Au final la version ROTARY 7A1 est retenue pour une mise en service dans Paris.

En 1927 à Fontainebleau le CENTRAL AUTOMATIQUE TOUT RELAIS
C'est un autocommutateur entièrement effectuée avec des relais, sans organe tournant : le précurseur en France qui préfigure le Crossbar.
Ce système a été testé, en zone rurale à Biborel. Fabriqué par la Compagnie Générale de Télégraphie et Téléphonie, puis il est mis en service en 1927 à Fontainebleau, capable de gérer jusqu'à 1000 abonnés,
Le Système s'avèrera trop coûteux et trop complexe à entretenir et à faire évoluer. Il sera finalement remplacé en 1943.
Tout relais à Fontainebleau
Il y a très peu de documents sur ce système, cependant j'ai fini par trouver quelques pages d'explications dans le livre "La téléphonie automatique" par H.Milon de 1914 et de 1926.


Historique : Il convient de mentionner que le système tout relais de Betulander a délà été déployé pour un certain nombre d’installations.
Le premier centre de démonstration de 100 lignes d’abonnés a été présenté à Marconi House à Londres en 1913.
La Televerket (PTT Suédois) en a conservé ses droits en Suéde, mais a vendu les droits à une société Anglaise The Relay Automatic Telephone Co.
Téléphone Betulander
Puis en 1922 Le premier centre automatique «tout relais» pour le service téléphonique public au Royaume-Uni a été ouvert à Fleetwood, Lancashire par la Relay Automatic Telephone Co. Est ce cette compagnie qui a réalisé le centre de Fontainebleau ? j'aimerai le savoir et retrouver des documents
Le premier Pabx installé pour le bureau de poste GPO Anglais, a été mis en service à Debenhams, Wigmore Street, Londres, le 8 décembre 1923.
1922 La Poste, GPO, adopte le système Strowger pour le réseau britannique, tout comme l'a fait la France à partir 1921.
Les inventeurs de systèmes tout relais, Pabx ... sont nombreux et il y de belles initiatives en France comme le système L.Chauveau en 1922, bien adapté aux petites installations,
avec un cadran très original. Lire le document de présentation.


Le système à relais a été considéré comme étant mieux adapté aux petits centraux téléphoniques privés (PABX).

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22 septembre 1928 : mise en service du premier central téléphonique automatique à Paris (au central "Carnot").
A cette occasion on installe chez les abonnés reliés au téléphone automatique un poste à cadran avec dix ronds permettant de composer des numéros alpha-numériques qui commencent tous par les trois premières lettres du central. Ainsi "INV" pour le central "Invalides"

A Lyon deux Commutateurs Strowger sont installés à Lyon-Franklin (6.000 Lignes) et à Lyon-Burdeau (7.000 lignes) puis mis en service le 11 mai 1928. (Ils seront remplacés respectivement le 26 janvier 1952 et le 13 septembre 1969).

Le point en 1928 :
l'Administration française a établi un vaste programme de transformation de ses installations les plus anciennes, programme qui comporte, d'une part, le remplacement des installations manuelles usagées des grandes villes, et, d'autre part, la substitution de petits appareils automatiques de modèles spéciaux aux tableaux manuels en usage dans certains bureaux de campagne.
En principe, les bureaux de moyenne importance doivent seuls demeurer manuels, mais cette règle n'a rien d'absolu.
Services urbains.
— La première partie du programme (transformation progressive des bureaux très importants) a déjà reçu une réalisation partielle.

Centraux automatiques déjà en service :
Réseaux en cours de transformation :
Rouen : 6 000 abonnés ;
Nîmes : 1800 abonnés;
Epinal : 1200 abonnés ;

Paris : Il y a 160000 abonnés à Paris.
Les travaux de transformation dureront une douzaine d'années, et le nombre des abonnés atteindra environ 350 000 quand ils seront terminés.
Neuf bureaux automatiques sont déjà commandés et en cours de construction :
Carnot, 6000 abonnés (en service) ;
Gobelins, 10000;
Vaugirard, 8000;
Diderot, 10000;
Trudaine, 10000;
Danton, 10000;
Odéon, 6000;
Anjou, 10000;
Opéra, 10000.

Le réseau de Paris devant comporter un grand nombre de bureaux de 10 000 abonnés chacun, les numéros d'appel comprendront trois lettres et quatre chiffres.
Enfin, on prévoit l'équipement assez prochain des réseaux de : Nancy; Saint-Etienne; Lyon (Lalande) ; Trouville-Deauville (central commun à ces deux villes) ; Lille-Roubaix-Tourcoing (central commun à ces trois villes) ; Bayonne-Biarritz (central commun).
La tendance, à commander, même de très loin, des centraux automatiques pour y chercher les abonnés demandés par l'interurbain, est à l'ordre du jour pour l'exploitation des grands circuits interurbains.
Des appareils nouveaux transforment en signaux a fréquences harmoniques les impulsions de manœuvre à courant continu, et les résultats permettent d'escompter que, dans un avenir prochain, la téléphonie interurbaine aura encore fait de grands progrès.

L'automatique rural ; L'introduction de la téléphonie automatique dans les campagnes est moins avancée.
La téléphonie automatique fait également de rapides progrès dans les petites localités rurales où, fonctionnant sans arrêt jour et nuit, dimanches et fêtes, elle constitue un immense progrès sur la téléphonie manuelle, qui ne fonctionne que quelques heures par jour.
Cependant, le problème du service automatique rural est essentiellement différent de celui du service urbain, puisque dans les localités rurales, presque toutes les communications sont interurbaines, catégorie qui ne peut, du moins à l'heure actuelle, être convenablement traitée par les principes de l'automatique intégral.
Il semble que des systèmes spéciaux combinant à la fois les avantages de l'automatique pour atteindre les abonnés quand ils sont demandés, et la souplesse du manuel pour les faire aiguiller vers l'interurbain par une opératrice et pour imputer la taxe correspondante, doivent être réalisés.
L'Administration française a installé en 1929 deux centres d'essai de cette nature, l'un à Mantes-Bonnières, l'autre dans les environs d'Orléans; deux autres groupements ont été mis en service en 1930, à Coulommiers et à Melun.
Divers systèmes ont été expérimentés : dans la Seine-Inférieure, à Oissel, Bihorel, Sainte-Adresse, etc. ; dans la Seine-et-Oise, à V élizy, Saint-Cyr, Fontenay-le-Fleury, et dans la Seine, à Rungis.
D'autres essais seront organisés prochainement sur une plus vaste échelle et d'après une conception différente, dans la région de Mantes et dans celle d'Orléans : il s'agira de transformer en automatiques tous les bureaux manuels situés dans une zone donnée, ayant pour centre un bureau important (Mantes ou Orléans).

Cette conception de l'automatique rural mérite une mention particulièr :
Les postes d'abonnés ne recevront aucune modification. Pour obtenir une communication, un abonné appellerad'abord la téléphoniste du bureau centre de groupe, au moyen de la magnéto de son poste, et sans décrocher son appareil.
Si le circuit vers le centre de groupe est libre, ou dès qu'il le deviendra, la téléphoniste percevra l'appel, rappeilera l'abonné et prendra sa demande.
Si la communication est demandée pour un réseau ne faisant pas partie du groupe, elle sera établie comme actuellement par des procédés manuels.
Si elle est destinée à un abonné d'un des réseaux du groupe, la téléphoniste appellera automatiquement le demandé ; les correspondants une fois mis en communication directe, la téléphoniste aura la faculté de rester en écoute pour surveiller l'établissement régulier de la communication.
Le raccrochage des appareils libérera tous les organes automatiques utilisés dans la conversation.

Prenons un exemple dans le groupe de Mantes (fig ci dessus) : si un abonné de Tilly désire une communication, son appel arrive à travers les bureaux ruraux de Tilly, Dammartin, Septeuil, à la téléphoniste de Mantes, si les trois tronçons du circuit TillyMantes sont libres, ou sinon, dès qu'ils le deviennent.
Dès réception de ce signal, qui consiste dans l'allumage d'une lampe, la téléphoniste sonne l'abonné. Il décroche et formule sa demande : s'il demande un abonné d'un réseau automatique du groupe, tel que Saint-Illiers-la-Ville, par exemple, la téléphoniste, au moyen de son cadran d'appel, sélectionne le circuit ou les tronçons de circuit à'utiliser pour atteindre le bureau rural demandé, puis choisit, dans ce bureau, la ligne de l'abonné désiré.
Dès que celui-ci décroche son appareil, il se trouve en communication avec le demandeur.
La téléphoniste, en se retirant après s'être assurée que la conversation est engagée, libère les portions de circuit qui ne sont pas comprises entre les deux correspondants.
A l'issue de la conversation, les deux interlocuteurs raccrochent et envoient le signal de fin par quelques tours de magnéto, ce qui ramène instantanément au repos les organes automatiques ayant servi à établir la liaison.
De son côté, la téléphoniste, avertie, le cas échéant, de la fin de la conversation par l'allumage d'une lampe, libère les organes manuels utilisés.Par mesure de précaution contre les négligences éventuellesdes abonnés, un dispositif coupe automatiquement les communications et libère les organes et les circuits six minutes après l'établissement de la communication.
Les automatiques ruraux de ce type ont été étudiés pour fonctionner correctement avec les lignes souvent très défectueuses des abonnés ruraux, et avec un minimum d'entretien. Ils sont alimentés en courant continu par de petites batteries d'accumulateurs chargées, soit à distance, à travers les circuits venant du bureau manuel centre de groupe, soit par le secteur de la localité, à l'aide de redresseurs appropriés.
Les automatiques ruraux offrent des avantages pour l'Administration, en libérant les receveuses des petits bureaux du souci d'assurer le service téléphonique, mais c'est surtout pour les populations des campagnes qu'ils sont intéressants : aux avantages généraux attachés à la téléphonie automatique, ils joignent celui de procurer aux usagers un service aussi prolongé que celui des villes.
L'économie réalisée sur l'exploitation et la possibilité de concentrer le service de plusieurs réseaux en un point unique, permettent même de doter ces réseaux ruraux d'un service permanent : c'est la possibilité d'appeler, à toute heure de jour et de nuit, même les dimanches et jours fériés, le médecin, le vétérinaire, la gendarmerie, etc.
Il faudra attendre le décret du 19 juillet 1935 relatif à l'établissement du téléphone automatique-rural pour avoir une stratégie nationale de développementà base de matériel R6.

LA TÉLÉPHONIE AUTOMATIQUE PRIVÉE.
— En même temps qu'elle s'introduisait dans les bureaux publics, la téléphonie automatique pénétrait dans les installations privées.
Dans ce domaine, ses progrès furent beaucoup plus rapides et on vit bientôt apparaître une grande variété d'appareils répondant aux besoins les plus divers.
Les réseaux automatiques privés.
— Les premières installations automatiques construites pour le service particulier des abonnés furent purement privées, c'est-àdire sans possibilité de communiquer avec les postes du réseau public. Cette solution n'était pas entièrement satisfaisante, car elle obligeait les usagers à avoir une double installation.
Aussi, l'Administration ayant admis les installations mixtes, le téléphone automatique eut vite fait de trouver son application dans cette catégorie, qui comporte à la fois des postes supplémentaires (c'est-à-dire pouvant communiquer avec le réseau public) et des postes privés.
Les premiers communiquent entre eux, avec le réseau public et avec les postes privés de l'installation; les seconds communiquent entre eux et avec les postes supplémentaires, mais non avec le réseau public.
L'automatique pénétra d'abord dans ces installations sous la forme « semi-automatique ».
Installations mixtes semi-automatiques.
— Elles sont ainsi appelées parce qu'elles permettent l'établissement automatique partiel ou intégral de certaines communications avec le réseau privé et le réseau public, sans l'intervention d'une téléphoniste privée.
Ces installations, qui sont très répandues et le seraient encore bien davantage si elles étaient mieux connues du public, sont de types très divers.
Dans les unes, la téléphoniste privée intervient pour l'établissement de toutes les communications avec le réseau (départ et arrivée), et l'organe servant à réaliser ces communications est un tableau avec jacks, fiches, clés, boutons, lampes ou voyants, analogue aux tableaux des installations purement manuelles.
Dans d'autres, la téléphoniste établit les communications avec le réseau, au moyen d'organes appartenant en propre aux systèmes automatiques : boutons à enclenchement, cadrans d'appel, etc.
Dans un troisième type, plus perfectionné encore, l'opératrice n'intervient que pour établir ou signaler les communications en provenance du réseau public ; les postes supplémentaires peuvent se connecter automatiquement et directement au réseau et l'appeler de même, sans avoir recours à la téléphoniste privée (ce recours restant toutefois possible si le besoin s'en fait sentir).
Ces dernières installations, qui sont dites « à prise directe du réseau », permettent également aux postes supplémentaires d'envoyer à la téléphoniste du bureau public le signal de « fin de conversation » et de se déconnecter eux-mêmes à l'issue de la conversation.
Comme certaines maisons à fort trafic téléphonique (banques, journaux, grandes industries ou maisons de commerce) dépensent par jour plusieurs milliers de francs de communications interurbaines et internationales, et comme les retards apportés par leurs téléphonistes particulières à envoyer au bureau public les signaux de fin de conversation ont pour conséquence, non seulement d'immobiliser inutilement leurs lignes, mais encore et surtout de faire porter au compte de ces abonnés des unités de conversation supplémentaires, il est très avantageux pour eux d'envoyer automatiquement au bureau central le signal de fin, dès que les communications sont achevées.
Un autre avantage de ces installations est de simplifier les manœuvres de la téléphoniste à un point tel que celle-ci peut desservir aisément des installations très importantes.
Meuble pour installation mixte semi-automatique
Installations mixtes purement automatiques.
— Si le réseau public est manuel, on est bien obligé de conserver une opératrice au moins, pour l'établissement des communications d'arrivée.
Mais, si le réseau public est lui-même automatique, des autocommutateurs privés spéciaux permettent :
1° Aux postes intérieurs (supplémentaires et privés) de communiquer automatiquement ;
2° Aux postes supplémentaires de se mettre automatiquement en communication avec un poste quelconque du réseau public ;
3° A un abonné quelconque du réseau public de se mettre luimême automatiquement en communication avec l'un des postes supplémentaires de l'installation.
Installations automatiques d'immeubles

- Cette dernière faculté (automaticité des communications d'arrivée) trouve aussi son application dans les installations d'immeubles, mises par les propriétaires à la disposition des locataires et desservies par les concierges.
On sait que le service de ces postes d'immeubles, très répandus à Paris, laisse beaucoup à désirer.

Avec les nouveaux appareils, le locataire peut se mettre automatiquement en relation avec un abonné quelconque du réseau public et, réciproquement, si l'on a attribué à son poste un numéro particulier s'ajoutant au numéro d'appel de l'immeuble, un abonné du réseau peut se mettre automatiquement en relation avec lui.
Mais on se trouve ici en présence d'une difficulté.

Il existe plusieurs systèmes de téléphonie automatique pouvant être utilisés dans les bureaux publics, et ces systèmes peuvent être rangés en deux grandes catégories :
les systèmes « à sélection directe », encore appelés « à commande en avant » ou « pas à pas », et les systèmes « à sélection indirecte » ou « à commande en arrière »
Jusqu'à présent, les autocommutateurs privés dont nous venons de parler, et qui permettent l'appel automatique des postes supplémentaires par le réseau, ne peuvent fonctionner que dans les réseaux dotés de systèmes à sélection directe.
Installation automatique pour immeuble,
desservant dix postes
Le réseau de Paris devant être équipé en système à sélection indirecte, ses abonnés ne pourront pas encore profiter des facilités que procurent les autocommutateurs à appel automatique généralisé, déjà expérimentés dans d'autres capitales.
Toutefois, il ne semble pas impossible de surmonter cette ditticulté.

Comme on le voit, la téléphonie automatique tend aujourd'hui à se substituer complètement à la téléphonie manuelle, aussi bien dans le domaine public que dans le domaine privé, et c'est dans ses applications à la téléphonie privée que l'automatisme est arrivé au plus haut degré de perfectionnement, parce qu'ici, une plus grande latitude a été laissée dès le début à l'initiative des constructeurs.
Jusqu'à ces temps derniers, la téléphonie automatique n'eût pas été possible, en France, sur les grands circuits interurbains, parce qu'ils étaient en général en mauvais état.

Mais l'Administration a entrepris la construction de câbles souterrains à grande distance, renfermant un nombre considérable de conducteurs bien isolés, et pourvus de distance en distance de relais amplificateurs.

Elle a déjà mis en service les câbles suivants :
En 1927 : Paris-Sélestat-Strasbourg, avec embranchement sur Mulhouse-Bàle ;
En 1928 : Paris-Lille-Bruxelles.

Elle construit actuellement deux autres grands câbles :
Paris-Lyon-Marseille (avec embranchements vers la Suisse et l'Italie);
Paris- Bordeaux (avec embranchements sur Toulouse, Nantes, Limoges).

Sur ces câbles, relient ou relieront les grandes villes de France (et certaines villes de l'étranger) sans délais d'attente, la téléphonie automatique est possible.

Techniquement, rien ne s'opposerait à ce qu'un abonné de Marseille, par exemple, pût appeler directement, à l'aide de son cadran auto-matique, un abonné de Paris, de Bordeaux, de Lyon, etc.; des questions de tarification y font seules obstacle.

Vers 1910, il semblait donc que l'essor de la téléphonie interurbaine fût limité par des conditions physiques insurmontables.
Cependant, les savants se préoccupèrent, dès que la merveilleuse invention de la lampe triode permit d'amplifier à volonté les courants alternatifs, d'adapter cette lampe: au fonctionnement d'amplificateurs téléphoniques pouvant fonctionner indifféremment dans les deux sens.
Le problème était pratiquement résolu vers 1916 et, dès la fin de la grande guerre, la téléphonie interurbaine prit un nouvel essor.
Contrairement à ce que le public aurait pu supposer, les amplificateurs téléphoniques furent placés, non sur des lignes aériennes en fil nu, mais sur des câbles souterrains.
Les difficultés de la propagation électrique sur les câbles souterrains rendaient nécessaire un espacement beaucoup moindre des stations d'amplificateurs (tous les 150 km environ), mais la stabilité des constantes de propagation sur les câbles souterrains permettait de réaliser, en matière de téléphonie interurbaine, un dosage systématique de la puissance électrique en jeu en. chaque point du parcours.
Un « Comité consultatif international des communications téléphoniques » fut créé vers 1920, pour définir tout ce qui concerne la constitution des câbles téléphoniques sdûïerrains, les graphiques de niveaux électriques sur une transmission donnée, les essais (très nombreux et délicats) pour vérifier la qualité des lignes interurbaines, et enfin les règles d'exploitation.
Parmi les détails d'installation techniques, il fallait combattre les tendances des câbles souterrains à rendre la voie désagréablement caverneuse.
Le procédé de la « pupinisation », déjà signalé plus haut, a satisfait ce desideratum. La pupinisation consiste à mettre en série, environ tous les 4 km, sur chaque fil souterrain, une bobine de self-induction additionnelle dont l'appoint donne rigoureusement aux circuits téléphoniques considérés un affaiblissement à la propagation électrique qui soit le même pour toutes les fréquences utiles en téléphonie (400 à 2 000 p/s).
Cependant, en appliquant cette règle théorique, on obtiendrait des fréquences de coupure qui se placeraient mal dans la gamme des fréquences utiles et, tant pour obvier à cet inconvénient que pour diminuer le prix de revient des câbles téléphoniques souterrains, les quantités de self additionnelles sont un peu inférieures à ce que donnerait l'application de la règle théorique.
Pour téléphoner à de très grandes distances, on a également eu à vaincre les phénomènes d'échos électriques, et les phénomènes d'empiétement des sons les uns sur les autres.
Tout le travail scientifique qui a été accompli dans cette branche de la technique moderne est un des plus beaux qui puissent être cités dans l'histoire des sciences appliquées .
A l'heure actuelle, les communications téléphoniques internationales ne sont plus limitées par aucune condition de distance, sinon par les dépenses énormes que représente l'établissement des câbles souterrains.
La qualité des conversations téléphoniques, sur des distances qui dépassent parfois 10 000 km, est souvent supérieure à celle d'une conversation urbaine à Paris. Il n'y a rien qui doive étonner dans cette remarque que, malheureusement, des gens non avertis prennent parfois pour un critérium de la mauvaise qualité du service téléphonique à Paris.
Nous avons dit, en effet, que le jeu des amplificateurs téléphoniques échelonnés sur les grandes artères internationales permet de remonter successivement, en des points définis du parcours, le niveau électrique de la transmission à une valeur rigoureusement égale à celle qu'il avait au départ. Le prix extrêmement élevé de l'appareillage qui permet ce résultat limite pour le moment son usage à la téléphonie interurbaine, dans laquelle l'unité de conversation est payée très cher; il est évidemment inapplicable à la téléphonie urbaine, qui vise d'abord à livrer l'unité de conversation au meilleur marché possible.
Cependant, même en matière de téléphonie urbaine, l'étude des niveaux de transmission n'est pas perdue de vue, et si les dimensions des agglomérations urbaines de quelques grandes villes posent des problèmes très difficiles à cet égard, l'effort des techniciens pour les résoudre se poursuit avec énergie.

28 mars 1928, est marqué par la première communication téléphonique entre la France et les USA, obtenue par voie entièrement manuelle, entr à le bureau de M. le Ministre des PTT Maurice Bokanowski à Paris , en présence, du Général John Pershing et de M. le Directeur de l'Exploitation Téléphonique - Henri Milon. La conversation d'une durée de 15 minutes. Communication établie à partir de Paris, via Paris-Inter-Archives, puis la Grande Bretagne à Londres, qui se connecte à la station de radio de Rugby (GB), qui contacte par voie hertzienne la station de Houlton (USA), qui ensuite joint en manuel l'abonné via la réseau téléphonique US.
Au téléphone : le Général John Pershing. Debout: le Ministre des P & T - Maurice Bokanowski. Debout à droite : M. Henri Milon

Statistique du téléphone.
- Au 1er janvier 1929, on estimait que le nombre d'appareils téléphoniques installés dans le monde entier était d'environ 33 millions.
Sur ce total, l'Amérique du Nord entrait pour 20 millions, l'Europe pour 9 millions, l'Asie pour 1 million, l'Océanie pour 700000, l'Amérique du Sud pour 500 000, et l'Afrique pour 200 000.
En Europe, la France arrive au troisième rang avec 975000 appareils téléphoniques, dépassée seulement par la Grande-Bretagne avec 1750 000, et l'Allemagne avec 2900000.
Parmi les grandes villes ayant le plus d'abonnés au téléphone, il faut d'abord citer New-York qui compte 1700000 abonnés, ensuite Chicago avec 942000 abonnés, Londres'avec 626000, Berlin avec 472 000, Paris avec 350000.
On compte une centaine de villes ayant chacune plus de 100000 abonnés.
Le nombre annuel de conversations téléphoniques se chiffre par milliards : aux Etats-Unis, il faut compter environ 27 milliards de communications, au Japon presque 3 milliards, en Allemagne et au Canada 2,5 milliards, en Grande-Bretagne 1,4 milliard, en France 750 millions.
Il est particulièrement intéressant de noter ici quelques chiffres sur le développement du réseau téléphonique de Paris.
Au 1er janvier 1929, le nombre des abonnés était quadruple de ce qu'il était au 1er janvier 1909, et double de ce qu'il était au 1er janvier 1919.
Le trafic urbain de Paris se chiffre par 1200000 conversations quotidiennes, et le trafic interurbain atteint jusqu'à 130000 unités de conversation par jour.

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1930 Comme nous venons de le voir la stratégie fixée par l'administration Rotary, R6 , Strowger, est enfin en marche.
Pour le téléphone automatique rural rien n'est encore bien défini, la demande s'accroit, le retard pèse.
L'heure est venue pour les politiques de débattre devant le Sénat pour faire le point, exposer la situation .... Le débat parlementaire du 3 juillet
1930
, présidé par Paul Doumer est très interessant pour bien analyser la situation, de notre France et des autres pays en matière de déploiement du téléphone, des doutes, des choix, des décisions ...
(C'est long mais intéressant )

En 1931, en raison du déploiement en cours du téléphone automatique intégral à Paris, le décret du 6 août 1931 (BO PTT n°19 page 656) réorganise administrativement les services techniques et téléphoniques dans la région de Paris.
Désormais la zone suburbaine de Paris (les communes frontalières à la Ville de Paris ainsi que les communes qui leur sont mitoyennes formant la 1ère couronne) est placée sous le contrôle de la Direction des Services Téléphoniques de Paris (Intra-muros).
Décret complété par arrêté du 26 octobre 1931 (BO P&T 1931 n°27 page 913).

En 1932, l'arrêté du 22 juillet 1932 (BO PTT 1932 n°16 page 627) fusionne le réseau téléphonique de Paris intra-muros aux réseaux alentours dits de la zone suburbaine de Paris des communes mitoyennes pour constituer un réseau local unique dénommé : Réseau de Paris.
Cette unification administrative et tarifaire suit tout simplement la progression du maillage et de l'interconnexion des centres téléphoniques automatiques de la zone la plus dense de France : Paris et sa proche banlieue du département de la Seine. (équivalant aux départements actuels des Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne et Paris).

L'Administration a mis au point en 1931-1932 un nouveau type de poste mobile 1924 permettant une utilisation aisée comme poste supplémentaire de tableaux. Les trois différences sont :
· 2 bornes sont ajoutées à la réglette du poste, portant ainsi le nombre de bornes à 11.
· la rosace de raccordement comporte également 11 bornes au lieu de 7 initialement. De plus un cordon de raccordement à 5 conducteurs a été créé.
· dans le boîtier en tôle qui recouvre le socle du poste est percé un trou. On y fixe un bouton de rappel si l'appareil est utilisé comme PS, sinon ce trou est bouché par un petit cache.

C'est aussi cette même année que le terme Télécommunication reçoit une définition officielle, lors de la Conférence Internationale de Madrid de 1932.
Le terme Télécommunication est inventé en 1903 par M. Édouard Estaunié, alors Directeur de l’École Nationale des Postes & Télégraphes, lorsqu'il publie chez Dunod son « Traité pratique de télécommunication électrique, télégraphie, téléphonie ».
Il s'agit donc de préciser que le mot Télécommunication est un mot initialement français, inventé en premier en français et qu'il a été par la suite décliné dans toutes les autres langues du monde...
Les voyelles é prennent donc l'accent aigu, ceci étant étymologiquement bien conforme à notre langue française (n'en déplaise à ceux qui préfèrent baragouiner en globish.)
Télécommunication : toute communication télégraphique ou téléphonique de signes, de signaux, d'écrits et de sons de toute nature, par fil ou par radio ou autres systèmes ou procédés de signalisation électriques ou visuels (sémaphores).
12 novembre 1932 Lille est mis en automatique R6.

14 février 1933 : mise en service de l'horloge parlante (ODEon 84.00), installée à l’Observatoire de Paris, par son directeur Ernest Esclangon. Cette horloge dispose de 20 lignes groupées ; malgré leur nombre, important pour l’époque, seuls 20 000 appels sont traités sur les 40 000 présentés le premier jour. La voix qui donne l’heure est celle de Marcel Laporte, dit Radiolo, le plus célèbre speaker de Radio-Paris.

En 1934, un décret de suppressions d'emploi est signé le 17 avril 1934 (BO PTT n°14 page 282).
D'autres décrets de cet ordre se succéderont cette année-là.
Il y aura même la réduction voire la suppression avec effet rétroactif au 1er août 1933 de multiples indemnités dues à certaines catégories d'agents des PTT (décrets du 6 mars 1934 BO PTT n°10 pages 202 à 209).
D'autres décrets suivront en Décembre 1934 (BO PTT 1935 n°3).
L'année 1934 verra aussi la réduction massive de commandes de matériels neufs.
Il s'agit du contrechoc dû à la crise de 1929 née (comme à l'accoutumée) aux USA qui a fini par retomber sur l'Europe.
La réduction des crédits intervenue à partir de 1934 restera comme une très dure épreuve dans les PTT et un sérieux coup d'arrêt dans le développement du réseau téléphonique français ainsi que dans son automatisation qui ne pourra être achevée que 45 ans plus tard en 1979.
Le temps perdu dans le non-déploiement des commutateurs automatiques rotatifs ne sera plus jamais rattrapé avant le début de la seconde guerre mondiale en 1939 ; les caisses sont vides et l'État est exsangue.

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Au 1" janvier 1935, le nombre des réseaux automatiques ruraux déjà en service dans les régions de Paris, Rouen et Rennes principalement, s'élevait à 2.086 et le nombre des abonnés ruraux à 21.064.

En 1935, par le décret du 19 juillet 1935 (BO PTT 1935 n°23 page 509) relatif à l'établissement du téléphone automatique-rural et le décret complémentaire du 30 octobre 1935 (BO PTT 1935 n°33 page 808), le système téléphonique dit " système automatique-rural", plus 'automatique' dans le nom que dans la réalité, est adopté en France, il se fera avec du matériel R6
Préféré au système automatique ROTARY 7D au coût jugé trop élevé (celui-ci sera en revanche déployé massivement dans les campagnes de Grande-Bretagne et de Suisse), le système automatique-rural permet cependant de commencer le désenclavement de plusieurs départements ruraux laissés pour compte depuis les débuts du téléphone.
Le téléphone automatique rural du type R. 6 doit être installé dans les 40 départements suivants :
1° Départements à équiper en entier :
Ain. Allier. Ardèche. Ariège. Aude. Arrondissement de Belfort. Cher. Côte-d'Or. Drôme. Haute-Garonne. Indre. Loiret.
Lot. Lot-et-Garonne. Morbihan. Nièvre. Nord. Hautes-Pyrénées. Deux-Sèvres. Tarn.Var. Vienne. Haute-Vienne. Yonne.

2° Départements à équiper partiellement : Aisne. Alpes-Maritimes. Aveyron. Charente. Creuse. Landes. Loire. Lozère.
Maine-et-Loire. Marne. Meuse. Moselle. Haut-Rhin. Savoie. Seine-et-Oise. Tarn-et-Garonne.
Ces installations se répartissent en 276 groupes et portent sur 7.054 autocommutateurs ruraux, qui desservent 55.888 abonnés et 9.302 cabines.

L'histoire nous dira que le plan du système automatique-rural adopté pour la France (décret 1935) a en fait accru le retard d'automatisation du réseau téléphonique français dans sa globalité, par rapport au reste de l'Europe qui n'a pas retenu cette demi solution à coût réduit.
Le système automatique-rural a même par la suite, dans les années soixante, retardé l'automatisation totale des provinces.
Par exemple, en 1968, est mis en service un centre automatique-rural à Corté, dans le département de Corse...
À la décharge de M. le Ministre des PTT Georges Mandel qui fit en 1935 ce qu'il put avec les moyens du bord, la IIIème République déjà bien ébranlée dans ses fondations profondes était déjà très-essoufflée et noyée dans les scandales à répétitions qui n'allaient pas tarder à l'emporter dans le tourbillon impitoyable que l'Histoire réserve toujours aux plus faibles, aux imprévoyants et aux inconséquents.
Sauf rares exceptions notables comme Mr Mandel, la classe politique, était plus préoccupée par sa survie politicienne à court terme que par la modernisation du réseau téléphonique de télécommunications du pays, et encore moins par le réseau de communications routier français pour ainsi dire moyenâgeux..

En 1936 La SIT disparaît, elle est rachetée par la Compagnie Générale d’Électricité

Grâce à loi de finances du 30 juin 1923, article 75, qui ouvrit la possibilité d'effectuer des emprunts via le Ministère des Finances. il y eut un accroissement sensible du nombre d'abonnés au téléphone en France.
En effet, entre 1924 et 1938, leur nombre passa de 400 000 à un million.
Par contre, le taux d'équipement des ménages français resta faible même dans les grandes villes, avec, par exemple, quinze téléphones pour 100 habitants à Paris en 1938

En 1938 Le réseau téléphonique de Paris intra-muros est entièrement automatisé le 21 mai en commutateurs ROTARY 7A1, peu avant la déclaration de guerre de la France à l’Allemagne.
Le réseau de Paris est alors, en 1938 le plus important du monde, avec 42 commutateurs automécaniques ROTARY 7A1
Suivra les années suivantes jusqu'à 1950 le déploiement sur la première et la seconde couronne de Paris en 7A1.
A la veille de la Seconde Guerre mondiale, ITT a de solides bases en Europe. Soutenue par la diplomatie américaine, la société dispose d'une réelle puissance.


1938 Modèles deTableaux administratifs : 1+2 , 1+4 et 2+6 à clés, puis les 1+4, 2+6, 3+10 et 4+12 à jacks.

En 1939, le 1er septembre, l'Allemagne envahit la Pologne sans déclaration de guerre. En retour, la France déclare la guerre à l'Allemagne le 3 septembre. L'Europe se prépare à sombrer, mais ceci est une toute autre histoire...
Avant tout le reste appelé à se produire chez nous, avant l'effondrement, la débâcle, la défaite, les aboiements venus de l'Est, le défilé au pas de l'oie sous l'Arc de Triomphe, les lois d'exclusion, les lois rétroactives : comme dans un dernier réflexe nécrotique d'une IIIème République déjà dissoute, il est signé le 1er septembre, un décret fixant la situation des personnels des administrations de l’État en temps de guerre. (JORF 6 septembre 1939)
Ce décret suspend durant toute la durée des hostilités tout avancement de grade, de classe et d'échelon pour tous les personnels de l'État, dont les agents des P.T.T. (art. 2)
Les procédures disciplinaires sont simplifiées, et permettent à un simple chef de service de mettre à pied sans traitement un de ses agents... (art.15)
Les délais de procédure sont réduits de moitié, (art. 14)
De plus, (art. 15) sont suspendues les dispositions de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 ci-dessous :
" Tous les fonctionnaires civils et militaires, tous les employés et ouvriers de toutes administrations publiques ont droit à la communication personnelle et confidentielle de toutes les notes, feuilles signalétiques et tous autres documents composant leur dossier, soit avant d’être l’objet d’une mesure disciplinaire ou d’un déplacement d’office, soit avant d’être retardé dans leur avancement à l’ancienneté."
La suspension de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 interdit de facto à tout agent de connaître le motif et la teneur des preuves, si même elles existent, dont il est accusé. Le droit d'accès est bafoué d'un trait de plume, le droit à une défense équitable est de ce fait caduc.
L'État de droit est donc suspendu dès le 6 septembre 1939 en France, par un Président de la République et un Président du Conseil qui s'empressèrent, alors que le monde se dérobait sous leurs pieds, de signer à la va-vite un décret liberticide contre les propres forces vives de l'État et ce, bien avant le retour de l'occupant sur la terre de France... L'histoire a jugé.

C'est grâce à la grande robustesse du système ROTARY 7A1 que Paris parvient à traverser sans trop d'encombre, téléphoniquement, les années d'occupation, malgré toutes les contraintes et les pénuries.

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En Mai 1939, le dernier commutateur R6 de province est mis en service à Besançon. le parc de commutateurs R6 atteint 140.

1941
La France est occupée, les matières premières font cruellement défaut notamment le cuivre mais paradoxalement à cette situation le gouvernement de Wichy regroupe téléphone et télégraphe au sein d’une direction autonome qui trouve même le moyen de développer un laboratoire de recherche auquel on confie la tache de d’étudier un nouveau modèle d’appareil téléphonique capable de s’adapter facilement aux nouveaux réseaux téléphoniques qui se sont développés quelques années au par avant.

C’est ainsi qu’apparaît fin 1941 un nouvel appareil, le type DRCT également appelé LAURENT du nom de son concepteur alors ingénieur au SRCT (service de recherche et de contrôle technique), appareil, référencè sous le N° 326 par l'administration des PTT,

Schema du 326
Il se veut universel, c'est-à-dire qu’il s’adapter non seulement au nouveaux systèmes automatique rural mais également à tous les systèmes existants, par une astucieuse combinaison de branchements et pontages réalisés sur le bornier interne au poste , Malheureuseusemnt il ne fonctionnera bien que sur les réseaux à batterie locale alors l'automatique avec batterie centrale est déjà bien avancé.
Suivra le
téléphone U43 : (Universel 1943) Sur le plan électrique, le problème de l’anti-local n’étant pas résolu, ce sont en fait 2 versions qui apparaissent sur le marché fin 1943.
La première dite « universelle » et portant la référence 331 s’inspire très fortement du type Laurent et est essentiellement destinée à équiper les réseaux en automatique rural.
La seconde version dite « BCI » ou batterie centrale intégrale, de référence 330 est destinée à remplacer le modèle 1910 dans les zones urbaine de moindre importance ou la batterie centrale toujours avec opératrice fait lentement son apparition.
Capsule micro
L'intérêt pour un modèle unique, capable de fonctionner aussi bien en batterie locale qu'en batterie centrale, était devenu plus pressant pour deux raisons : tout d'abord une standardisation permettant par l'emploi de pièces communes une fabrication en plus grand nombre et ainsi moins chère, ensuite la conception d'un modèle dit universel permettait une adaptation facile et à moindre coût à l'évolution technique des réseaux (passage BL à BC).


Au cours de la seconde guerre mondiale, le commutateur R6 à Contrôle Direct de Brest (Brest I), mis en service en 1931, est détruit sous les bombardements alliés en 1944.
Au début de la seconde guerre mondiale, le commutateur R6 à Contrôle Direct de Caen (Caen I), mis en service le 24 juin 1933, est mis à l'arrêt en Juin 1940 par une équipe très soudée d'agents des PTT lors de la débâcle et véritablement camouflé derrière un mur édifié en catastrophe dans le central en toute discrétion. Ainsi, le camouflage ayant été si bien réussi que l'occupant allemand ne découvrit jamais ce commutateur automatique, si bien qu'il ne reprendra du service que lorsqu'il sera dés-emmuré en Août 1944 à la libération de cette ville.

Quand Vichy s'appuyait sur les PTT pour surveiller les Français

Paris Le 25 août 1944 au matin, une auto-mitrailleuse allemande entre au central téléphonique de la rue des Archives.
Le contrôle du central est particulièrement important car il assure les communications téléphoniques à distance.
Les FFI attaquent immédiatement pour empêcher toute tentative de sabotage. Les Allemands s'y retranchent.
L'attaque continue grâce aux renforts de policiers et de gendarmes. L'ennemi fait diversion en lançant des opérations contre la mairie du IIIe arrondissement et le square du Temple
.Le capitaine Dronne, dont le détachement du IIIe RMT est depuis la veille autour de l'Hôtel de Ville, est sollicité par les FFI en difficulté pour dégager le central, toujours occupé par les Allemands et miné par surcroît. Dronne forme deux groupes : l'un aux ordres du lieutenant Michard, prend la rue des Archives et pousse des éclaireurs jusqu'à la place de la République. L'autre commandé par le lieutenant Hélias s'engage dans la rue du Temple où il essuie des tirs d'armes automatiques. L'adjudant Caron est mortellement blessé.
L'assaut du central est donné et l'objectif atteint. Les chars du IIIe RMT du capitaine Dronne arrivent pour seconder les FFI.
L'officier allemand qui a miné le central est contraint de désamorcer les charges sous le contrôle des hommes du génie et de spécialistes venus de la Préfecture de Police. 31 Allemands sont faits prisonniers dont un officier.
En 1945, à la Libération, en France, les dégâts sur les Télécommunications sont considérables :
- 39 commutateurs téléphoniques automatiques sont détruits sous les bombardements ou les sabotages, sur les 140 mis en service à la date de Septembre 1939.
- 104 multiples téléphoniques manuels sont détruits sur les 228 du territoire.
- 1.500 petits bureaux ruraux sont détruits, ce qui représente en tout 300.000 abonnés privés de téléphone.
- 85 centres d'amplification de transmissions détruits sur les 130 que compte le pays,
Des milliers de coupures dans le réseau des liaisons de transmissions.

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Le réseau téléphonique a besoin d'être reconstruit, mais le pays est ruiné par quatre années d'occupation et à la suite de la première réduction de crédits intervenue à partir de 1934, conséquence indirecte de la grande dépression de 1929 née aux États-Unis, et des résiliations massives d'abonnements d'abonnés ruinés, le retard téléphonique français ne pourra plus être rattrapé avant une trentaine d'années.
Les derniers travaux de remise en service d'urgence prendront fin en 1948

Mis à part l’apparition pour le cadran d’un disque perforé en plexiglas au environ des année 1950, il faut attendre 1954 pour voir quelques innovations. Tout d’abord, la mise sur le marché d’un modèle luxe. Electriquement en tous points identique au modèle BCI il est réalisé en mélanine blanche ou ivoire (la bakélite ne pouvant prendre des teintes claires) et porte le référence 339.
A noter que au environ des années 60, certaines séries seront réalisées en kralalite, matière qui vieillit très mal et prend un aspect jaunâtre.

A cette même époque apparaît également une version murale. Il faut dire que pour les demandeurs de ce type d’appareil on en était resté au 1924 boîtier tôle format « kilo de sucre » . Sur le plan électrique, une nouvelle bobine d’induction est mise au point, nettement plus performante sur le plan de l’anti-local, elle équipera dorénavant le modèle universel qui de ce fait prend la référence 328.

En 1946, selon un nouveau plan de numérotation, l’abonné disposait d’un numéro en deux parties. La première était constituée d’un indicatif de série à deux caractères dans le cas général (identifié PQ pour préfixe quantitatif) et à trois caractères pour la région parisienne.
Dans les réseaux urbains des très grandes villes, le nom des centraux a été conservé, l’abonné devant en composer les deux ou trois premières lettres. En province, l’indicatif de série correspondait au nom de la ville. La deuxième partie du numéro, quatre chiffres (MCDU) désignant l’adresse de l’abonné dans le commutateur, individualisait l’abonné. Pour sortir de sa zone de numérotation régionale, l’abonné devait composer le 16 (indicatif de l’interurbain automatique national), puis le numéro à deux chiffres caractéristique du département ou groupe de départements demandé, suivi du numéro à six chiffres.

La Seconde Guerre mondiale eut au moins deux conséquences majeures sur les télécommunications.
Leur importance stratégique éclata au grand jour avec le développement des radars ou de la radiotéléphonie portative.
La recherche en télécommunications apparut comme un élément stratégique influant directement sur la puissance militaire d'un pays.
En France la création du CNET (Centre National d'Étude des Télécommunications) en 1944 visait à répondre à cet impératif4.
En l'espace d'une quinzaine d'année le CNET devint rapidement le numéro deux mondial dans le domaine de la recherche en télécommunications derrière les Bell Labs étasuniens, laboratoires de recherche attachés au géant des télécommunications outre-atlantique ATT.
Par ailleurs face à la place que la radio avait prise dans la vie quotidienne des français pendant les années d'occupation l'usage du téléphone stagna en France dès le sortir de la guerre,
et ce d'autant plus que le service téléphonique était absent des les priorités de reconstruction inscrites dans le premier plan.

En 1946, la France comptait environ 1,27 million d'abonnés et neuf ans plus tard, en 1955, ce nombre ne dépassera pas les 1,75 millions.
Entre 1955 et 1968 la progression sera légèrement plus rapide mais restera faible, le nombre d'abonnés dépassera 3,5 millions .

En 1947 Un petit nombre d'appareils de type U43 arrive sur le marché, il ne diffère que par sa magnéto à manivelle, ce qui entraîne une carcasse bakélite plus trapue et son combiné qui toute fois, utilise les mêmes capsules micro et récepteur que le U43.
Il est fabriqué en très petit nombre par Ericsson cet appareil est très souvent poinçonné (avec goût…) au fer rouge sur le devant.

Petite anecdote,pour les abonnés encore reliés sur un système appelé SRCTqui utilisait le mode BL (avec pile), ce qui obligeait le client à donner un coup de magnéto en fin de conversation de façon à en avertir l’opératrice. Bien évidemment, cette manœuvre était souvent oubliée .
Heureusement avec l'arrivée des systèmes Rotary, R6.... à batterie centrale, l’opératrice distante pouvait superviser l’état de la communication.

En 1946, selon un nouveau plan de numérotation, l’abonné disposait d’un numéro en deux parties. La première était constituée d’un indicatif de série à deux caractères dans le cas général (identifié PQ pour préfixe quantitatif) et à trois caractères pour la région parisienne.
Dans les réseaux urbains des très grandes villes, le nom des centraux a été conservé, l’abonné devant en composer les deux ou trois premières lettres. En province, l’indicatif de série correspondait au nom de la ville. La deuxième partie du numéro, quatre chiffres (MCDU) désignant l’adresse de l’abonné dans le commutateur, individualisait l’abonné. Pour sortir de sa zone de numérotation régionale, l’abonné devait composer le 16 (indicatif de l’interurbain automatique national), puis le numéro à deux chiffres caractéristique du département ou groupe de départements demandé, suivi du numéro à six chiffres.

En 1848 Le système ROTARY est reconduit le 18 mars par le Comité Technique des PTT, moyennant modernisations (Rotary 7A1N).
Après un marché d'essai, dont la mise en service intervient en 1951 au Vésinet, il est décidé le 9 juin 1953 que l'automatisation du réseau de Paris serait parachevée en système Rotary 7B1.

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Nouvelle identité visuelle des PTT à partir de 1953

Années 1950-1980 DEBUT DU SYSTEME CROSSBAR, commutateurs à barres croisées

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5 Novembre 1950 Le premier SRCT est inauguré à Perros-Guirec. Il sera déployé jusques en 1961
C est un petit autocommutateur fabriqué à partir de matériel R6, destiné au déploiement dans les campagnes, pourremplacer le système dit automatique-rural qui était en fait semi-automatique déployé à partir de 1935 Conçu par l'Ingénieur en chef des Télécommunications Albert de Villelongue, sa capacité typique de raccordement est de 900 lignes d’abonnés.
Si l'abonné appelant et l'abonné appelé appartiennent au même Commutateur SRCT, la communication est alors établie localement par le commutateur. Si l'abonné demandé est extérieur, la communication est acheminée vers le centre de groupement (nodal) de rattachement.
Srct de Perros-Guirec
Juillet 1951 Le premier commutateur L43 est mis en service à Nancy
L 43 LESIGNE 43) est un Commutateur, conçu par la Compagnie Industrielle des Téléphones, à partir de l'année 1943, utilisant le même matériel que le R6 N1 mais adopte un principe de sélection différent, sans dispositif Orienteur. En effet, dans ce système, les sélecteurs sont actionnés directement par les enregistreurs, à l’aide d’un réseau de commande par fils distincts des fils véhiculant les conversations téléphoniques, ce qui permet d'économiser des baies d'équipements et de faire théoriquement baisser le coût des Commutateurs.
Le 22 janvier 1948, le Conseil Technique des PTT propose de faire construire un prototype L43 à Nancy qui sera mis en servie en 1951.
Ce système n'a pas donné beaucoup de satisfaction, seulement 13 Commutateurs L43 seront mis en service en France.

En 1950 les télécommunications françaises, se caractérisent pas un réseau vétuste, mal entretenu et des centraux vieillis,
il y a que 1,4 million de lignes téléphonique, soit 3,3 pour 100 habitants.
Les appels interurbains et internationaux passent par une opératrice, avec une attente stigmatisée par F. Reynaud dans le “ 22 à Asnières ” (1955). Peu demandes, donc peu de créations de lignes, des délais d’attente interminables, jusqu’à 3,5 ans pour satisfaire 90 % des demandes (aux États-Unis 99 % des demandes sont satisfaites en 3 jours).

Le contingentement des lignes devient impopulaire, les délais d’attente plus mal perçus.
Fin 1953, 235.200 abonnés, soit 14,70 % du total étaient desservis par des autocommutateurs ruraux et 225:100, soit 14,07 % par des standards manuels Les demandes de raccordement téléphonique passent de 119 000 en 1964 à 442 000 en 1966.

le 26 février 1953 le Conseil Technique des PTT réuni en séance rend alors un avis demandant d'étudier les dispositions envisagées dans les systèmes à barres croisées CROSSBAR (inventé en 1912), pour en tirer tous les enseignements possibles.
- À partir de ce moment là, deux commutateurs téléphoniques à barres croisées sont commandés en Avril 1954 par l'administration pour expérimentation en grandeur nature.
- Un commutateur prototype PENTACONTA de 2.500 lignes est mis en exploitation à Melun le 23 juillet 1955 (jusques au 30 juillet 1975).
- Un commutateur prototype CP400 de 2.000 lignes est mis en exploitation à Beauvais le 31 mars 1956 (Beauvais Saint Laurent remplacé après Octobre 1985).

En 1953, la France renonce à l’emploi de lettres pour la numérotation, sauf pour la région parisienne, qui perdra cette spécificité le 1er octobre 1963.
Le plan de 1946 ayant montré ses limites, on définit un nouveau plan de numérotation en 1955

Mai au 1er septembre 1960, il restait encore 17 centraux manuels desservant plus de 700 abonnés, on était encore loin des attentes de la population
- Arpajon, Arras, Bagnère,BourgesBray sur Seine, Bressuire, Carcassonne, Cernay, Chauny, Draguignan, Dunkerque Loches, Moissac, Montelimar, Niort, Sarcelle, Schirmeck.

En 1954, sont créés par M. le Ministre des Postes, Télégraphes et Téléphones - Pierre Ferri, les Centres d'Abonnements et d'Entretien (CAE) par l'arrêté n° 417 du 5 mars 1954. Un CAE est un Centre Télégraphique et Téléphonique, ou Recette, ayant la responsabilité dans un ressort territorial déterminé :
- des abonnements au service téléphonique,
- de l'entretien des installations,
- du relèvement des dérangements des lignes et des installations
- et généralement de la comptabilité téléphonique.
Il s'agit à cette époque d'une nouvelle étape visant à s'organiser de manière plus autonome, plus détachée de la branche postale sur l'ensemble du territoire national de manière plus déconcentrée. En effet, avant la création des CAE, les télécommunications, (construction, exploitation, maintenance et activités commerciales), étaient rattachées aux Directions Départementales des Postes.

1955 Les différents types d'autocommutateurs en service sont :
1° Le système Strowger qui est un système à commutateur du type pas à pas, à commande directe , et qui est le plus ancien .
Ce système a été installé en France de 1927 à 1931 ; il équipe encore quelques réseaux importants : Lyon, Bordeaux, Rennes . Il y est progressivement remplacé par des systèmes plus modernes. Il n'est plus fabriqué en France.
Le matériel récupéré au moment d'une substitution sert à assurer les extensions nécessaires dans certains bureaux du même type de Lyon.
2° Le système Rotary premier système à enregistreurs. Ce système est aussi le premier qui ait utilisé des appareils uniquement rotatifs.
Il équipe soit sous la forme 7 A, soit sous la forme 7 B1 , plus moderne , le réseaude Paris et de sa banlieue, ceux de Marseille et de Nantes.
Le plus ancien central Rotary est celui de Nantes, datant de 1927, suivi par Paris-Carnot, en 1928.
La modernisation de ce système, sous la forme 7 B1 , a été faite en 1955 ;
Il est fabriqué en France par les deux Sociétés : Le Matériel . téléphonique et la Société des Téléphones Ericsson.
3 ° Le système R6 qui présenta successivement diverses formes, mais qui fut toujours un système à commutateurs rotatifs.
Le plus ancien central existant, qui fut aussi le premier de ce modèle, est celui de Troyes ( 1928 ).
Ce système, sous la forme avec enregistreur ou sans enregistreur, équipe 60 % des abonnés automatiques de province.
Il a fait l'objet de deux normalisations ; la seconde, nommée R6 N2, est la seule qui fasse désormais l'objet de commandes.
Ce système équipe les grands ensembles de Lille, de la Côte d'Azur, de la Côte Basque , de Toulouse, de Strasbourg, etc.
Il est fabriqué par la Compagnie générale de Constructions téléphoniques, la Compagnie industrielle des Téléphones et l'Association des Ouvriers en Instruments de Précision .
4° Le système L 43 qui utilise le même matériel que le système R6 mais dont les principes d'utilisation sont différents.
Ce système n'a pas tenu ses promesses. Il n'équipe que des centraux ayant, à l'heure actuelle, une capacité inférieure à 10.000 lignes .
5° Les systèmes Crossbar : forme moderne des systèmes « tout à relais ». Ces systèmes sont au nombre de deux : le système CP 400, de la Société de Téléphones Ericsson, dont la première réalisation est celle de Beauvais (1956), et le système Pentaconta, de la Compagnie générale de Constructions téléphoniques, mis en service à Melun en 1955.
Ces systèmes font actuellement l'objet de commandes en cours de réalisation : Douai, Albi, Mazamet, Colmar, pour le Pentaconta ; Tulle, Périgueux, Grasse, pour le CP 400. Ils constitueront désormais l'équipement des futurs réseaux de province.
En résumé, ne seront plus commandés en France, à partir de 1960, que :
— le matériel Rotary 7 B1, pour la région parisienne et les extensions des quelques centraux Rotary de province ;
— le matériel R6, pour les extensions des centraux de province équipés en matériel de ce type ;
— les matériels Crossbar CP 400 et Pentaconta, pour équipement des villes de province qui ne disposent pas encore de l'automatique.

1957 Après les premières études menées sur ces deux prototypes, le Conseil Technique des PTT, dans sa séance du 10 juillet propose à M. le Ministre des PTT de commander des Commutateurs CP400 et PENTACONTA pour commencer progressivement le déploiement en province.

22 mars 1958 mise en service du premier commutateurs R6 N2 à Poitiers par la CGTT et à Boulogne-sur-mer le 22 juin 1958 par l' AOIP.
- Le Commutateur ROTATIF 1926 N2 le plus récent de France sera mis en service le 17 avril 1962 à Annecy.
- Les dernières extensions de systèmes R6 déjà installés auparavant ont été commandées en Octobre 1978.

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1960 à 20xx DUTÉLÉPHONE AU TELECOMMUNICATIONS


CONSTAT 1960 - 1974 : LA FRANCE NE REDRESSE PAS LA SITUATION HERITEE DE LA GUERRE


1960 Après mise en exploitation d'une présérie en Commutateurs PENTACONTA et d'une présérie de Commutateurs CP400, le Conseil
Technique des PTT émet le 16 novembre 1960 l'avis définitif suivant :
- de cesser au plus vite toute commande de nouveau Commutateur à organes tournants
- d'adopter au plus vite :
1 - Le système CP400 pour les réseaux locaux et ceux de province de structures relativement simples.
2 - Le système PENTACONTA, version de grande capacité pour les réseaux complexes, comme Paris et la première couronne, les grandes métropoles comme Marseille et Lyon, ou encore Nice - Côte d’Azur.-
Après ces deux premiers prototypes et quelques préséries, les Commutateurs téléphoniques crossbar français sont normalisés en 1963 sous l'autorité de la SOCOTEL et prêts pour un déploiement massif en France.
Les différenys systèmes électromécaniques à barres croisées – type crossbar -déployés en France sont les suivants :

-CENTRAL AUTOMATIQUE TOUT RELAIS (prototype),
-PENTACONTA type 500 (prototype),
-PENTACONTA type 1000 A,
-PENTACONTA type 1000 B (dont CT4 et CT4 CIA),
-PENTACONTA type 1000 C (GCI),
-PENTACONTA type 2000,
-CP400-BEAUVAIS (prototype),
-CP400-PÉRIGUEUX (présérie),
-CP400-ANGOULÊME,
-CP400-TROYES,
-CP400-BOURGES,
-CP400-BRIE-COMTE-ROBERT (prototype),
-CP400-AJACCIO,
-CP400-CT4,
-CP400-CIA,
-CP400-CUPIDON,
-CP400-POISSY,
-CP400-GCU,
-CP100.
Entre 1300 et 1500 commutateurs crossbar seront déployés en France
Le dernier commutateur d'abonnés Crossbar de France, un Pentaconta 1000 sera désactivé à Givors (LZ23) le 6 décembre 1994.
- Il a existé en France, à partir de 1966, au moins 185 commutateurs électromécaniques crossbar mobiles, en remorques. Ils étaient destinés aux dépannages en cas de sinistres des installations de télécommunications.

Après 1963,
l'administration met en circulation le modèle de téléphone S63
S=SocotelPlatine

Commercialisé timidement à partir de 1965/66 ce téléphone gris a une coque en plastique ABS injecté, technologie testée sur les dernières séries de U43, son châssis également en plastique injecté, son câblage sous forme d’un circuit imprimé et sa sonnerie 2 timbres intégrée et réglable. Le cadran est muni d’un cache poussière et sa couronne numérotée est extérieure. A noter également l’apparition d’une version murale ou seule la coque diffère.
Il faudra attendre 1972 pour voir apparaitre les poste de 7 couleurs différentes et 1978 pour le clavier à fréquences.

En 1969, les prix sont trois fois plus élevés qu’en Suisse ou en Grande-Bretagne.
Les points de blocage sont identifiés comme suit :
• sous-évaluation de l’effort nécessaire en termes de temps, d’investissements et de compétences ;
• spécificité de la politique industrielle et priorité aux grands médias, radio et télévision ;
• inadaptation et lourdeur de la structure administrative qui fusionne la poste et le téléphone.

En 1972, M. Louis-Joseph Libois édicte sa note véritablement refondatrice qui éclate les Centres d'Abonnements et d'Entretien (CAE) en deux nouvelles entités types : d'un côté les Agences Commerciales des Télécommunications (dont les 6 premières créations test sont déjà effectives au mois de janvier) et de l'autre les Centres Principaux d'Exploitation (CPE) regroupant au niveau local les métiers techniques.
1973 Administrativement, la Circulaire n°33 stabilise l'organisation modernisée des services des Télécommunications selon trois niveaux :
Direction Générale des Télécommunications (DGT).
Directions Régionales des Télécommunications (DRT).
Directions Opérationnelles des Télécommunications (DOT).
L'organisation locale en cellules est pérennisée : Les Centres Principaux d'Exploitation (CPE).
Les Agences Commerciales des Télécommunications (ACTEL).
Les Subdivisions Lignes (dont les Centres de Construction des Lignes, les CCL)

Fin des années 1970 : Le téléphone devient entièrement automatique en France.

1974 - 1988 : LA FRANCE SE RANGE DANS LES PREMIERS RANGS MONDIAUX

Valéry Giscard d’Estaing, conscient du handicap et du rôle potentiel des télécommunications dans le contexte de la crise de l’énergie, fait préparer dès 1974 un Plan de rattrapage du téléphone. La Direction générale des télécommunications (DGT) devient le premier investisseur public français. Une industrie des équipements de télécommunications émerge.
Le pari technologique de la commutation électronique temporelle numérique est engagé et sera gagné.

Un intéressant document du projet de loi de finanance de 1976, on prévoie déjà les systèmes éléctroniques à venir
Mémoire de Remi Gilardin La "libéralisation des télécommunications en France"
qui fait une analyse détaillée de la période 1981-1996

Durant l'année 1974 une véritable "maladie" appelée Contact-Ventouse , que personne n'attendait, ciblant massivement les contacts des Multisélecteurs PENTACONTA et CP400 est découverte.
Le CNET prend l'affaire en main et étudie le phénomène : il s'agit d'une usure en forme de cratère dont sont frappés les contacts tronconiques des Multisélecteurs, et qu'il n'y a rien à faire (sauf à procéder à des remplacements massifs au fur et à mesure de l'apparition de la "maladie").
L'année 1974 marque alors un tournant qui laisse entrevoir le besoin de remplacer sans tarder les Commutateurs électromécaniques, notamment les Commutateurs d'Abonnés installés en zone à fort trafic ainsi que les Centres de Transit Électro-Mécaniques qui fonctionnent, de par leur rôle, en trafic par définition intensif.

En 1975, le Pentaconta et le CP400 équipaient plus de 70 % du réseau national.
Le dernier Commutateur Crossbar de France est commandé en 1979 et les dernières extensions également.

Fin des Commutateurs Strowger de types pas à pas
Tels qu'ils ont été initialement étudiés, les commutateurs Strowger ne permettent qu'une Numérotation locale à 5 puis 6 Chiffres.
Ils ne peuvent pas, en l'état, franchir l'étape de la Numérotation à 8 Chiffres programmée pour le 25 octobre 1985.
Ainsi pour ces Commutateurs, deux solutions s'offrent :
1er cas : arrêt des Commutateurs de types pas à pas avant le passage à la Nouvelle Numérotation à 8 Chiffres en 1985.
2ème cas : remplacement des unités d'Enregistreurs d'origine à 6 chiffres, par des unités d'Enregistreurs électroniques.
La solution d'arrêt de la totalité des Commutateurs de types pas à pas a été décidée en raison d'une part du coût d'adaptation (qui eût été toutefois possible) mais aussi du fait que les chaînes de commutation interurbaines de ces Commutateurs de province se sont avérées largement sous-dimensionnées au fur et à mesure de l'accroissement du trafic interurbain dans les années 1960-1970, dû à un changement des usages.
Ainsi, les chaînes interurbaines des Commutateurs de types pas à pas fonctionnaient-elles en surcharge permanente, ce qui a motivé l'arrêt total de ces machines avant 1985.

Fin des Commutateurs Rotary
Le dernier Commutateur d'Abonnés à organes tournants de cette famille est arrêté le 26 juin 1984 à Montrouge, avant le changement du Plan de numérotation téléphonique en France (basculage à 8 chiffres le 25 octobre 1985 à 23H00).
En effet, il aurait été trop coûteux d'adapter les Commutateurs à organes tournants à l'adjonction de 2 chiffres supplémentaires (ce qui eût été néanmoins faisable).
- Le dernier Commutateur de type rotatif à impulsions de contrôle inverses de France est un Commutateur de Transit ROTARY 7A1, Vaugirard CTRY. Mis en service le 16 novembre 1929, il est désactivé courant Juillet 1985, soit après plus de 55 années de service continu révolu !

Fin des Commutateurs Crossbar annoncée
Il est décidé que les types de Commutateurs Crossbar les plus anciens et les plus primitifs seront démontés en 1984-85 juste avant le passage à la Nouvelle Numérotation à 8 chiffres du 23 octobre 1985, tandis que les types les plus perfectionnés seront, eux, adaptés au nouveau plan de numérotage moyennant adaptations pouvant aller jusques à l'électronisation de leur Unité de Commande initialement construite en technologie purement électromécanique (à relais)
Le dernier Commutateur d'abonnés Crossbar de France, un Pentaconta 1000 est désactivé à Givors (LZ23) le 6 décembre 1994.
Il a existé en France, à partir de 1966, au moins 185 Commutateurs électromécaniques crossbar mobiles, en remorques. Ils étaient destinés aux dépannages en cas de sinistres des installations de télécommunications.


Fin 1980, la France rattrape son retard : 16 millions de lignes et 25 millions de postes de toute nature, les délais moyens de raccordement sont réduits de 16 mois en 1973 à 3 mois en 1981.
La DGT réalise des gains de productivité : 25 agents pour 1000 lignes en 1971, 9 en 1981.
Le réseau public de transmission de données par paquets Transpac ouvre en 1978.

En 1985 Malgré des aménagements successifs, le plan de numérotation est arrivé à saturation au milieu des années 80.
une grande réforme de la numérotation s’imposait, mais il a fallu procéder par étapes pour tenir compte du déploiement progressif des commutateurs électrotechniques.
En 1985, on a décidé de découper la France métropolitaine en deux zones : dans chacune l’abonné bénéficiait d’un numéro régional à 8 chiffres, mais en Ile-de-France s’ajoutait un préfixe de zone, le 1, contrairement au reste du pays. On conservait le 16 comme préfixe interzones.
Ce nouveau plan de numérotation, qui entrera en vigueur le 25 octobre 1985, constituait une transition devant conduire au plan actuel, conforme aux normes internationales E/164, opérationnel depuis le 18 octobre 1996.
En dehors de l’Ile-de- France conservant son indicatif régional 1, le territoire national a été découpé en quatre zones auxquelles on a attribué les chiffres, 2, 3, 4 et 5, chacun étant précédé du préfixe interzones, le 0. A ces deux premiers chiffres (EZ), il fallait ajouter les huit autres (AB PQ MC DU) identifiant l’abonné.
A ce plan national de numérotation dont la gestion a été confiée à l’ART par la loi de réglementation des télécommunications de 1996, s’est superposé un plan de numérotation européen, l’ETNS (European telephony numbering Space) dont les numéros sont accessibles, via un préfixe international unique, à partir des 49 pays membres de la CEPT

Puis arrive après le régne de l'électromécanique jusqu'aux années 1970-1990, les différentes versions et essais de commutateurs éléctroniques spatiaux, et les commutateurs temporels.

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1988 Création de France Telecom

FRANCE TÉLÉCOM EST HÉRITIÈRE D'UNE LONGUE TRADITION ADMINISTRATIVE, SOURCE D'ATOUTS ET DE VULNÉRABILITÉS
A compter de la nationalisation en 1889 de la Société française du téléphone, cette activité a toujours été assurée par une administration d'État placée sous la même autorité ministérielle que les Postes, l'une des plus anciennes administrations d'État

Ce n'est que le 1er janvier 1991, suite à la loi de juillet 1990, que cette administration prendra une forme juridique proche de celle d'un EPIC (établissement public industriel et commercial) et dont la quasi-totalité des salariés sont fonctionnaires.
Ainsi, pour comprendre France Télécom, il faut se rappeler qu'au contraire d'autres exploitants publics, tels EDF et la SNCF, elle n'a qu'une expérience et une culture d'entreprise limitées.
Ses racines plongent dans le siècle passé et moins de 10 ans après les avoir " replantées dans un autre terreau ", elle devra affronter quelques unes des plus grosses vagues de changement qui vont déferler sur nos économies à l'aube du prochain millénaire.
Le défi est d'autant plus important que si son histoire administrative l'a dotée d'atouts importants, elle lui a aussi légué un certain nombre de vulnérabilités.

ELLE A HÉRITÉ D'UNE TRADITION ADMINISTRATIVE CONTRASTÉE
Pendant longtemps, en France, le téléphone est resté le moyen de communication des notables, le télégraphe assurant l'essentiel des échanges officiels et professionnels. Ceci explique sans doute que, malgré les progrès techniques qui ont facilité sa pénétration territoriale pendant l'entre-deux guerres, le téléphone ait été " oublié " dans les programmes de reconstruction engagés à partir de 1945.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître aujourd'hui, au sortir de la Seconde guerre mondiale, les pouvoirs publics ont manifesté un profond désintérêt envers les télécommunications.
Ainsi, jusqu'en 1966, la téléphonie française a été caractérisée par une pénurie de l'offre alors que la demande s'accroissait progressivement.
A cette époque, Fernand Raynaud brocardait notre service téléphonique (" le 22 à Asnières ") et en faisait rire.
On ne pouvait guère se glorifier du " service public téléphonique à la française ".
C'était plutôt un service public " à la roumaine " puisque le taux d'équipement des deux pays était comparable.
Pour résorber ce retard des communications, on a eu recours aux capitaux internationaux et privés en créant la Caisse nationale des télécommunications (CNT), puis des sociétés par actions louant des équipements à l'administration (Finextel, Codetel...).
On l'a souvent oublié, mais à l'époque, ce sont les forces du marché qui sont venues au secours du service public et ont créé les conditions de sa qualité.
Dans " Genèse et croissance des télécommunications " (mars 1983), M. Louis Joseph Libuis décrit fort précisément ce moment clef où, avec le Ve Plan (1966-1970), les télécommunications françaises ont commencé à sortir du tunnel : " Jusqu'alors les télécommunications pratiquaient un autofinancement intégral : à partir du Ve Plan, pour faire face à l'accroissement des investissements, sans faire appel uniquement à des augmentations de tarifs, l'administration des PTT sera autorisée à emprunter, même sur les marchés extérieurs.
Ce sera l'objet de la Caisse nationale des télécommunications (CNT) qui sera créée par un décret du 3 octobre 1967.
Mais les énormes besoins en capitaux qui sont nécessaires pour accélérer les programmes de télécommunications à la fin du Ve Plan conduisent à mettre au point d'autres méthodes de financement.
Dans ce but, sont créées, à la fin de l'année 1969, sous l'impulsion du ministre des PTT, M. Robert Galley, des " sociétés de financement du téléphone " (loi du 24 décembre 1969).
Il s'agit là d'une innovation importante. Dans son article premier, la loi de 1969 stipule que " chacune des sociétés de financement a pour objet de concourir, sous la forme du crédit-bail mobilier et immobilier, au financement des équipements de télécommunications dans le cadre de conventions signées avec l'administration des Postes et Télécommunications ".
Quatre sociétés seront successivement créées : Finextel, Codetel, Agritel, Créditel. Grâce à ces sociétés, les moyens de financement des télécommunications acquerront une dimension nouvelle.
Par la suite, à partir de 1971, la Caisse nationale des télécommunications sera autorisée à émettre aussi des emprunts sur le marché français et même, après une modification de ses statuts en 1975, à " participer au capital de sociétés ayant le statut de banque ou d'établissement financier et dont l'objet exclusif est le financement des télécommunications "
L'activité de la CNT deviendra très importante à partir de 1974 : 2,6 milliards de francs seront empruntés en 1974, 3,9 en 1975, 4,6 en 1976, 5,5 en 1977, 7,3 en 1978, 8,9 en 1979, 7,1 en 1980 et 8,6 en 1981.
A la fin de 1981 la dette de la Caisse dépassait 50 milliards de francs.
Du point de vue du financement, les mesures prises au cours du Ve Plan marquent donc une étape décisive dans la mise en place de structures solides capables d'apporter aux télécommunications françaises les moyens financiers qui leur avaient fait cruellement défaut jusque-là.
Les bases du redressement financier existent désormais ; le VIe Plan permettra de poursuivre le redressement engagé : les crédits d'investissement des télécommunications seront multipliés par 10 (en francs courants) entre 1965 et 1975 " .
Le VIIe Plan, avec 120 milliards de francs engagés de 1976 à 1980, consacrera la priorité reconnue à ce secteur d'activité demeuré dans une sorte de pénombre au cours des vingt années ayant suivi la libération.
Avec le plan de rattrapage du téléphone préparé depuis 1967 et adopté en 1975, la France non seulement a continué à combler son retard mais, en outre, a engagé une nouvelle politique industrielle et a amorcé -après le rapport Nora/Minc de 1978- une diversification de ses réseaux et de ses services de télécommunications (Transpac, Télétel...).
Ceci l'a, peu à peu, conduite à occuper l'un des premiers rangs mondiaux du secteur des équipements et des services.
Cependant, à une époque où les télécommunications françaises sont à nouveau à un tournant de leur histoire et où l'État ne semble, pas plus qu'en 1966, en mesure de satisfaire à leurs immenses besoins de financement, il faut garder en mémoire qu'il y a trente ans ce sont les investisseurs privés qui ont secouru -et contribué à sauver- un service public plus que défaillant.

La loi du 2 juillet 1990 transforme l'administration France Télécom en un établissement de droit public,
1998, une loi est votée en juillet 1996 transformant l'exploitant public en société anonyme dont l'État français est le seul actionnaire

Suite du changement :
Les systèmes spatiaux électroniques
sont nés à partir des années 1950 des études faites, pour introduire l'électronique et l'informatique dans les centraux crossbar. La nouvelle approche devait bouleverser l'architecture des centraux, avec l'apparition de la commande centrale par calculateur à programme enregistré.
En parallèle, des études furent entreprises pour le remplacement des sélecteurs crossbar électromécaniques par du matériel plus rapide et plus compact, ce qui a donné naissance à plusieurs filières de systèmes
Le mouvement pour faire évoluer les centraux électromécaniques avait commencé par des tentatives pour électronifier certains organes spécialisés comme les traducteurs, certains auxiliaires de signalisation ou des organes de commande dans lesquels une grande partie des relais pouvait être remplacée par des logiques à transistors.
Cela a abouti à des solutions hybrides de systèmes semi-électroniques. Ils sont ainsi nommés parce que leur réseau de connexion utilise encore un point de croisement à contacts métalliques.
On peut citer, dans cette catégorie le système Métaconta avec son minisélecteur Métabar (un commutateur crossbar miniature).
Ensuite, les systèmes sont entièrement électroniques en remplaçant les points de croisement par un composant électronique, transistor ou thyristor.
Quand, en 1975, la France a mis en route son plan de rattrapage, elle a préféré, pour des raisons de coût, le système à minisélecteur crossbar Métaconta.
Ce système, installé massivement à partir de 1978, lui a permis de doubler la taille de son réseau en moins d’une décennie.
Les derniers centraux de ce type ont été mis en service dans le réseau français en 1985.
Les systèmes temporels :
La France réussit en particulier sous l'impulsion du CNET, une première mondiale avec la mise en service du central public à commutation temporelle PLATON, à Perros-Guirec près de Lannion, en Côtes-du-Nord, en 1970. Ce système devait par la suite être industrialisé sous l’appellation E10.
En téléphonie temporelle, ce n'est plus le signal électrique analogique engendré par la parole de l'abonné qui est commuté ou échangé entre centraux, mais les valeurs de ce signal à des instants successifs régulièrement espacés. Dans l'étage d'entrée du central, le signal de parole doit donc subir tout un traitement pour prélever, mesurer et coder les amplitudes des échantillons, avant envoi vers le correspondant. Puis, inversement, à partir des codes reçus, on restaure le signal sous sa forme analogique avant envoi sur la ligne de l'abonné.
L’équipement du réseau français, à la fin des années 1990
, se partage dans l’ensemble entre trois systèmes :
- les cenraux E10, Alcatel
- les cenraux MT ALCATEL et MET, filiale commune de MATRA et d’ERICSSON

Le dernier Crossbar de France sera arrêté en 1994, le Réseau Téléphonique Français devenu entièrement électronique est rendue publique dans La Lettre de France Télécom de Février-Mars 1995.


En septembre 2004, l'État français cède une partie de ses actions pour passer en dessous de la barre des 50 %
France Télécom devient alors une entreprise privée. Cent-quinze ans après sa nationalisation, le téléphone redevient privé en France.

Depuis le 1er juin 2006, France Télécom tend à commercialiser l'ensemble de ses produits dans le monde sous la seule marque commerciale Orange

Au 31 décembre 2015, les particuliers n'étaient plus que 6,6 millions. Il y a dix ans, ils étaient encore 23 millions !
Pour les professionnels, c'est encore 11 millions d'abonnés qui utilisent le réseau téléphonique commuté pour leurs appels téléphoniques.


Maintenant c'est le régne de la téléphonie mobile :
2017 Orange reste largement l'opérateur télécoms N°1 en France, avec 21,84 millions de clients mobiles.
C'est en 1986 qu'est créé le premier réseau français de téléphonie mobile sous la dénomination de Radiocom 2000,
Mais liaison (téléphonique) entre le radiotéléphone et le réseau téléphonique (cental) est réalisé par l'intermédiaire d'un relai radio.
Ce n'est pas vraiement un téléphone mobile indépendant du réseau commuté, il faudra attendre un peu.

C’est en 1982 qu’est créé le Groupe Spécial Mobile (GSM), qui a été établi pour créer une norme pour les téléphones
C’est en 1991 que Alcatel effectue la première communication expérimentale.
De son côté, France Télécom ne compte pas rater son virage numérique, et lance le Bi-Bop en 1993. Il s’agit d’un téléphone portable qui prend à contrepied la tendance du moment, puisqu’il ne se base pas sur la norme GSM, il ne parvient pas à s’imposer et sera arrêté en 1997.

La suite pour la téléphonie mobile, vous la connaissez, c'est un succès planétaire : 7,7 milliards d'abonnements mobiles fin 2017

2018 La France a prévu de fermer son réseau de téléphonie de type RTC pour le remplacer par un réseau IP et ADSL, et par de la téléphonie sur IP (VoIP). Orange (ex France Télécom) a mis en place un plan de fermeture du RTC pour les 9,4 millions d'abonnés encore en fixe.
Il ne sera plus possible de commander de nouvelles lignes analogiques dès novembre 2018 et de lignes Numéris dès fin 2019.
L’ensemble des services Numéris et analogiques seront progressivement décommissionnés à compter de 2022.
Ce plan reste à préciser, notamment pour certains services spécifiques comme les lignes d’alarme, d’ascenseur, etc.

Cet abandon du Réseau téléphonique est motivé par la réduction de l'offre de pièces de rechange en cas de panne.

A partir de 2023, en France, Orange coupera son réseau téléphonique zones géographiques par zones géographiques

Orange est libre d’utiliser la technologie de son choix.
Le service sera remplacé, en France, par la technologie de la voix sur IP.

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Ca s'est passé comme ça dans nos campagnes : Etant natif des Deux Sèvres, j'aime l'histoire lue sur le site de Pioussay


Téléphone en Deux-Sèvres au travers des sessions du Conseil général

Session 1897
Réseau téléphonique urbain de Niort
Poste de la Préfecture : J'ai inscrit dans mes propositions budgétaires de 1898, un crédit de 175 fr. pour les dépenses du service téléphonique-installé à la Préfecture ; ce crédit se répartit comme il suit : 75 francs prix de l'abonnement pour le réseau urbain. 100 francs à litre de provision pour assurer le service des communications qu'il serait nécessaire de faire avec le Ministère.
Je vous prie, messieurs, de vouloir bien ratifier ces propositions.
Session de 1899 Postes et télégraphes, rapport du directeur
Monsieur le Préfet,
J'ai l'honneur de vous adresser, en vue de la prochaine session du Conseil général, le rapport que vous avez bien voulu me demander sur la situation des services des Postes, des Télégraphes, des Téléphones et de la Caisse nationale d'épargne dans le département.
Je joins à ce travail les tableaux indiquant les produits réalisés et les fluctuations des opérations.
Création de bureaux de plein exercice
La conversion de l'établissement de facteur-receveur de Brion sur Thouet en recette de plein exercice, décidée l'année dernière, a été réalisée à partir du 1er août 1898.
Le service de la distribution des correspondances n'a subi aucune modification par suite de cette mesure.
Les communes dont la liste figure ci-dessous sont encore en instance pour obtenir une recette des postes ; mais il n'est pas possible de prévoir quand elles pourront recevoir satisfaction : Amailloux, Ardin, Béceleuf, Bouillé-Loretz, La Chapelle-Thireuil, Chiche, Exouclun, Fomperron, La Forêt-sur-Sèvre, Gourgé, Limalonges, Loubillé, Marigny, Massais, Paizay-le-Chapt, Saint-Clémentin, Surin, Le Vanneau, Villiers-en-Plaine.
Etablissements de facteur-receveur
L'administration qui limitait autrefois aux communes situées à proximité d'une gare de chemin de fer l'avantage de pouvoir obtenir un établissement de facteur-receveur aux frais de l'Etat a décidé de supprimer cette disposition restrictive.
Désormais, toute commune importante éloignée des voies ferrées peut être admise à concourir pour être dotée d'un établissement de ce genre sans avoir à prendre à sa charge les frais de transport de dépêches.
Les demandes de l'espèce sont classées d'après leur rang d'importance et les créations sont prononcées dans la limite des crédits mis à la disposition de l'administration.
En 1898, quatre communes du département ont pu être pourvues d'un établissement de facteur-receveur. Ce sont les communes de Limalonges, service inauguré le 1er septembre 1898... L'importante commune de Limalonges, devenue le siège d'un établissement de facteur-receveur, est desservie dans des conditions très favorables.
Une deuxième distribution y est effectuée le soir. La commune de Montalembert, rattachée au nouveau bureau, reçoit ses correspondances dès le matin alors que, précédemment, le facteur n'y pouvait passer avant 2 ou 3 heures du soir.
Sauzé-Vaussais
Par suite d'un établissement de facteur-receveur à Limalonges, commune précédemment desservie par Sauzé-Vaussais, il a été procédé à un remaniement partiel du service des facteurs. Un emploi de facteur local a été créé, ce qui a permis de multiplier les distributions à Sauzé-Vaussais. Mais la plupart des tournées rurales de ce bureau restent toujours très chargées et il serait désirable qu'une nouvelle création d'emploi vint permettre d'en effectuer le remaniement.
Tel sera l'objet d'une proposition dont je compte saisir l'administration.
Une boite aux lettres placée au village de Pannessac (1er mars 1899), commune de Limalonges.
Service téléphonique
Le réseau téléphonique urbain de Niort continue à se développer. Le nombre des abonnés est maintenant de 29 plus 11 postes supplémentaires.
Le produit des conversations téléphoniques a été, pour l'année 1898, de 2,776 fr. 48.
De plus, le montant des abonnements recouvrés, pendant la même année, s'est élevé à 3,486 fr. 25.
Enfin, il a été versé, en 1898, par les abonnés, une somme de 2,183 fr. 70 à titre de contributions aux frais de premier établissement de leurs lignes.
La ville de Niort qui, pour l'établissement du réseau, avait consenti une avance de 38,000 fr., a recouvré, jusqu'à ce jour, une somme de 14,084 fr. 25. Il ne lui est donc plus dû que 23,915 fr. 75.
En vue de permettre aux personnes non abonnées de communiquer entre elles par le téléphone, l'Administration a créé des avis d'appel téléphonique. Il est facile, par ce moyen, de prévenir à domicile la personne avec laquelle on désire entrer en relation, de se présenter à la cabine à une heure déterminée.
La taxe de l'avis d'appel est de 0 fr. 25 quand il est adressé dans la ville même où il est déposé et de 0 fr. 40 quand il est pour une autre destination.
La question de la création d'un circuit Niort-Poitiers est toujours en suspens.
Session d'avril 1900 Réseau téléphonique
Conformément à la décision que vous avez prise à votre session d'août dernier, j'ai invité toutes les communes du département à faire connaître si elles désiraient être rattachées au réseau téléphonique à créer dans les Deux-Sèvres.
32 communes ont adhéré d'une façon ferme au projet, et 33 y ont donné leur adhésion sous certaines réserves.
Le résultat de cette consultation des communes a été transmis à M. le sous-secrétaire d'Etat des Postes et Télégraphes, qui doit faire préparer un projet définitif avec répartition de la dépense entre les communes composant le réseau.
Le travail de l'Administration centrale des Postes n'étant pas achevé au moment de l'impression de ce rapport, et les communes intéressées devant de nouveau être consultées, ce ne sera qu'à votre session d'août prochain, que je pourrai vous proposer d'émettre un vote ferme et définitif au sujet de la création d'un réseau téléphonique.Session d'août 1900
Réseau téléphonique
Le réseau téléphonique urbain de Niort se développe dans des conditions normales. Le nombre des abonnés est maintenant de 37 plus 11 postes supplémentaires.
Le produit des conversations téléphoniques a été, pour l'année 1899, de 1,874 fr.
Le montant des abonnements recouvrés, pendant la même année, s'est élevé à 3,801 fr.
Enfin, il a été versé en 1899, par les abonnés, une somme de 759 fr. 72 à titre de contributions aux frais de premier établissement de leurs lignes.
La ville de Niort qui avait consenti, pour l'établissement du réseau, une avance de 38,000 fr. a été remboursée, jusqu'à ce jour, d'une somme de 18,802 fr. 13 sur les produits des taxes téléphoniques.
Ces remboursements secontinueront jusqu'à extinction complète de l'avance.
Réseau téléphonique départemental
Le Conseil général a été saisi du projet relatif à la création d'un réseau téléphonique départemental.
Tous les renseignements de nature à éclairer l'assemblée sur cette question lui ont été fournis dans un rapport spécial transmis lors de la session d'avril dernier.
Sessions de 1901 Réseau téléphonique départemental
A votre session d'août, vous avez approuvé en principe le projet de création d'un réseau téléphonique départemental, sous la réserve que le circuit Niort-Poitiers serait exécuté à frais communs par les départements des Deux-Sèvres et de la Vienne et que le projet serait réduit dans des proportions suffisantes pour que la somme à payer en intérêts ne dépassât pas 12,000 francs la première année.
Vous avez, en outre, décidé que la somme à avancer à l'Etat pour l'exécution de l'entreprise serait réalisée au moyen d'un emprunt unique, à contracter par le département ; que ce dernier prendrait à sa charge le tiers de la dépense et que le surplus serait acquitté par les communes rattachées au réseau au prorata de leur population.
De plus, vous avez donné à la Commission départementale une délégation pour arrêter, avec le département de la Vienne, les conditions d'établissement du circuit Niort-Poitiers.
J'ai porté vos décisions à la connaissance des Conseils municipaux des communes comprises dans le projet primitivement préparé.
En même temps, j'ai fait connaître à ces assemblées le chiffre approximatif de leurs contingents et je les ai invitées à émettre, sur la question, un vote ferme et définitif.
Un grand nombre de Conseils municipaux qui s'étaient d'abord prononcés en faveur de l'entreprise sont revenus sur leur premier vote, trouvant trop élevés les sacrifies qui leur étaient demandés.
Il en résulte que 36 communes seulement ont donné leur adhésion complète au projet.
Ces communes sont les suivantes : pour l'arrondissement de Melle, Chef-Boutonne, Couture-d'Argenson, Lezay, Melle, La Mothe-St-Héray, Périgné, Saint-Romans-les-Melle, Sauzé-Vaussais.
Session d'avril 1906 Projet d'extension du circuit et du réseau téléphonique départemental
Rapport
Niort, le 16 mars 1906, le Directeur des Postes et des Télégraphes à Monsieur le Préfet des Deux-Sèvres.
Dans le but de faciliter et d'étendre l'échange des communications téléphoniques entre les Deux-Sèvres et les départements circonvoisins, l'Administration m'autorise à vous soumettre, pour être proposé à l'acceptation du Conseil général, le projet d'établissement des circuits indiqués ci-après :
1° Niort-La Rochelle. En ce moment, les relations entre les Deux-Sèvres et la Chareute-Inférieure sont excessivement difficiles, notamment pour les communications avec les arrondissements de La Rochelle, Rochefort et Marennes.
L'unique circuit qui les relie, Niort-Saintes, est toujours très encombré... Je crois pouvoir dire que les Chambres de commerce de Niort et des Deux-Sèvres et de La Rochelle verraient avec une grande satisfaction la réalisation de ce projet. La dépense totale serait de 40,100 fr.
2° Thouars-Saumur... La dépense totale serait de 17,710 fr.
3° Melle-Ruffec, avec installation d'un dispositif spécial à Melle pour permettre aux localités des Deux-Sèvres de communiquer directement par Ruffec avec celles de la Charente et de la Haute-Vienne. La dépense prévue serait de 23,000 fr.
Toutefois, je crois devoir vous faire connaître que ce circuit ne rendrait pas aux Deux-Sèvres tous les services désirables. Si en effet, il permettait aux postes d'abonnés et aux postes publics de ce département de communiquer avec ceux de la Charente et de la Haute-Vienne, par contre, les communications seraient longues à établir à cause du grand nombre de bureaux intermédiaires qui pourraient être appelés à intervenir.
De plus, les communications ne pourraient pas être ouvertes avec la Dordogne par les circuits Niort-Melle-Ruffec-Angoulême-Ribérac-Périgueux en raison du trop grand nombre des bureaux intermédiaires.
En résumé, la construction de ce circuit ne ferait disparaître qu'en petite partie les difficultés et les lenteurs existant actuellement par suite du transit des communications par le bureau de Saintes.
Au contraire, un circuit direct Niort-Angoulême permettrait des communications beaucoup plus rapides et pourrait, si un circuit Angoulême-Périgueux était construit, assurer les relations des Deux-Sèvres avec toutes les localités de la Dordogne.
L'avance correspondant au premier de ces circuits (Niort-Angoulême) serait de 77,400 fr.
Dans l'intérêt du commerce des Deux-Sèvres, je vous serai très reconnaissant de vouloir bien amener le Conseil général à adopter la construction des trois nouveaux circuits dont il s'agit : Niort-La Rochelle, Thouars-Saumur, Niort-Angoulême.
Dans le même ordre d'idées, je me permets de rappeler, monsieur le Préfet, que depuis la création du réseau départemental des Deux-Sèvres de nombreuses communes, réfractaires au début à souscrire aux engagements qui leur étaient demandés, ont sollicité leur rattachement au réseau et ont dû ensuite y renoncer en raison du montant relativement élevé de l'avance remboursable à verser par chacune d'elles.
Il est probable, il est même certain qu'une consultation des communes non encore rattachées en déciderait quelques-unes à faire partie d'une combinaison analogue à celle réalisée par la convention intervenue entre l'Etat et le département des Deux-Sèvres, le 6 juin 1901.
Si, comme il y a lieu de l'espérer, le Conseil général adoptait la question de principe de cette extension de réseau, il serait procédé à une étude pour chaque commune demandant son rattachement et le montant de l'avance à verser par le département serait ensuite indiqué par l'Administration.
Toutes les conventions à passer par le département pour l'établissement de nouvelles lignes pourraient constituer des avenants à la convention principale du 6 juin 1901, de façon à faire bloc de toutes les avances et à faire concourir toutes les installations au remboursement du total de ces avances, ainsi qu'il serait spécifié dans des articles additionnels.
Je vous serais très reconnaissant, monsieur le Préfet, de vouloir bien me faire connaître la suite que le Conseil général aura bien voulu donner aux importants et intéressants projets dont il s'agit.
Le Directeur, BATTUT.
Conseil général août 1913 Rapport du directeur des PTT
Téléphone
Le trafic téléphonique augmente chaque année ; ces résultats favorables sont la conséquence de l'extension du réseau départemental et de l'établissement de nouveaux grands circuits. L'appui financier que trouve mon Administration près de l'Assemblée départementale ne peut qu'accentuer ces résultats si intéressants pour le commerce et l'industrie.
Réseaux et circuits départementaux.
La commune de Saint-Germain-deLongue-Chaume, comprise dans le second réseau départemental, a été dotée du service téléphonique le 1er novembre 1912. Le second réseau se trouve ainsi achevé.
Le troisième projet d'extension du réseau est actuellement à l'étude; 132 communes ont donné leur adhésion de principe. Mon Administration fera connaître incessamment le montant de l'avance à consentir par le département pour la réalisation du projet.
Les sous-préfectures et les parquets de Bressuire, Melle et Parthenay, ainsi que les trente-six brigades de gendarmerie situées dans des localités dotées du téléphone, ont été rattachées au réseau.
Des pourparlers avaient été engagés avec les municipalités de Parthenay, Thouars et Saint-Maixent pour rattacher également les commissariats de police, mais ils n'ont pas abouti.
Des cabines téléphoniques ont été installées dans les recettes auxiliaires des rues de Fontenay et de Saint-Gelais, à Niort.
Les communications téléphoniques de Niort et du sud du département avec la région de Thouars devenant difficiles par suite de l'intensité du trafic sur le circuit partagé Niort-Parthenay-Thouars, il sera indispensable d'établir bientôt un second circuit entre Niort et Parthenay.
Circuits interdépartementaux.
Le circuit «Niort-Angoulême» a été mis en service le 1er septembre 1912 et les travaux d'établissement des circuits Paris-Poitiers 2e, Niort-Tours et Thouars-Saumur sont en cours d'exécution. Dès leur achèvement, on entreprendra la construction du circuit « Niort-Bordeaux ».
Au cours de sa dernière session, le Conseil général, sans nier l'utilité d'un circuit «Nantes-Niort», a ajourné le projet jusqu'au moment où il serait saisi de la question d'établissement d'un circuit direct «Niort-Paris ».
Le voeu formulé a été transmis à mon Administration.
Le Conseil général de la Charente-Inférieure ne s'est pas encore prononcé sur la question du circuit Niort-La Rochelle 2e, dont le principe a été admis par le département des Deux-Sèvres.
Conseil général août 1919 Rapport du directeur des PTT
Téléphone
Réseaux et circuits départementaux et interdépartementaux.
Sur 357 communes, 107 sont actuellement reliées au réseau départemental.
L'avant-projet relatif à l'extension de ce réseau, prévue avant l'ouverture des hostilités, comprenait le rattachement d'une nouvelle série de 68 communes dont l'adhésion avait été recueillie, 59 autres communes faisaient, en outre, l'objet d'un deuxième projet dont l'examen devait suivre.
Il devait donc rester, finalement, 123 communes dépourvues de toute installation téléphonique.
Il serait regrettable de laisser se maintenir une pareille situation.
Il y aurait donc intérêt à profiter de l'ajournement dû aux circonstances des projets d'avant-guerre pour reprendre l'examen de la question d'extension du réseau départemental en envisageant le rattachement de la totalité des communes.
Celles dont l'adhésion a fait jusqu'ici défaut, mieux éclairées sur les conditions avantageuses d'installation dont elles sont appelées à bénéficier, ne manqueraient pas de se faire inscrire.
Dans le cas improbable où quelque résistance due à un défaut de vision de leur véritable intérêt se produirait, on pourrait utilement insister auprès des communes réfractaires pour obtenir leur acceptation.
Il faut considérer, en effet, que le service téléphonique ne peut donner son maximum de rendement que si son rayon d'action s'étend jusqu'aux limites qu'il est susceptible d'atteindre et, à cet égard, il est naturel que pas une seule commune du département ne demeure en dehors du réseau.
Des projets ont été déjà dressés pour l'établissement des circuits suivants :
- Niort-Nantes.
- Niort-Angers.
- Niort-Paris.
- Niort-La Rochelle 2°.
- Niort-La Roche-sur-Yon.
Les travaux du circuit Niort-Bordeaux, suspendus lors de l'ouverture des hostilités, seront repris dès que les circonstances le permettront.
Il m'a été possible, après autorisation de l'Administration, ayant en dépôt le matériel nécessaire, d'établir un deuxième circuit Niort-Parthenay, qui permet de dégager l'encombrement résultant de l'utilisation d'un circuit unique.
Je prévois également le doublement des circuits suivants :
- Niort-Melle.
- Niort-Saint-Maixent.
- Niort-Thouars.
- Niort-Bressuire,
et la construction de circuits entre :
- Parthenay-Bressuire.
- Niort-Ruffec.
- Niort-Saint-Jean-d'Angély.
Enfin, j'ai établi un projet en vue d'assurer :
a) La liaison directe entre eux des chefs-lieux de canton voisins d'une certaine importance appartenant au département des Deux-Sèvres et aux limitrophes;
b) La liaison respective de chaque commune à son chef-lieu de canton, soit par un circuit direct, soit par un circuit commun à deux communes au plus.
Il est évident que la réalisation de ce vaste programme demandera beaucoup de temps. D'autant qu'elle ne pourra être commencée que lorsque notre approvisionnement en matériel sera susceptible de le permettre. Mais il m'a paru que je devais faire part à l'assemblée départementale qui nous a toujours prêté un large et utile concours pour notre extension téléphonique, des intentions de l'administration.

Allons voir à Pioussay, la NR du 30 avril 2015 raconte : Les élus Deux-Sèvriens ont dû partir à la pêche à la ligne… et aux subventions pour que la ville puisse enfin bénéficier du téléphone. Si l'Américain Graham Bell effectue ses premiers tests dès 1876, il faut encore attendre un quart de siècle avant que le téléphone ne fasse son apparition en Deux-Sèvres. Et plutôt timidement…
Le 30 septembre 1899, le préfet adresse en effet un courrier à l'ensemble des communes, leur indiquant que l'État projette de mettre en place un réseau dans le département. Dans un premier temps, seuls les chefs-lieux de canton seraient reliés entre eux.
Le préfet précise pourtant d'emblée… que l'État ne dispose d'aucun budget pour implanter le réseau en Deux-Sèvres ?!
Alors même qu'il note « l'importance que prend chaque jour la téléphonie et les facilités qu'offre ce nouveau moyen de communication ». il lance un appel… aux communes et au conseil général pour financer l'opération, laissant entendre qu'ils se rembourseraient grâce à l'exploitation des lignes?!
Le téléphone c'est bien sans doute
Le 25 octobre 1899, le conseil municipal de Pioussay admettait le principe de la création d'un réseau téléphonique départemental des Deux-Sèvres, mais qu'il ne voulait prendre aucun engagement à ce sujet.Plutôt dubitatifs, les maires répondent finalement à l'appel… et décrochent différentes aides.
La construction du réseau deux-sévrien doit revenir à environ 16.500 F de l'époque, pris en charge pour les 2/3 par le conseil général.
Le 6 novembre 1900, les élus parthenaisiens, sous la houlette du maire Louis Aguillon, votent une participation de 835 F.
Le réseau se met progressivement en place dans les mois qui suivent.
Pourtant, dès 1903, certaines lignes jugées peu rentables sont déjà supprimées…
Aucune utilité pour Pioussay
Le 25 novembre 1900, le conseil municipal indique qu'il pense que la commune de Pioussay n'a aucune utilité d'avoir le téléphone et juge qu'elle n'en a pas les moyens.Maintien de la décision
Le 21 décembre 1906, Jean Queron, maire de Pioussay, soumet au conseil municipal une circulaire du préfet qui demande si la commune a l'intension ferme d'adhérer à l'extension du réseau téléphonique départemental des Deux-Sèvres.
Le conseil municipal refuse d'adhérer.
Les élus Deux-Sèvriens ont dû partir à la pêche à la ligne… et aux subventions pour que la ville puisse enfin bénéficier du téléphone.
Maintenant on le veut ce téléphone
Le 15 juillet 1922, M. Fillon, le maire de Pioussay, soumet au conseil municipal une lettre qui sera adressée au directeur du service postal des Deux-Sèvres.
Le conseil municipal décide à l'unanimité que la commune de Pioussay doit être dotée d'un service téléphonique.
Confirmation
Le 8 octobre 1922, suite à la réponse du préfet, le conseil municipal décide de se rattacher au réseau et d'en assurer le fonctionnement selon les conditions édictées.

En 1956 En 1970

sommaire

liste des ministres des PTT depuis 1878

Président de la République
Ministère
Ministre
JULES GREVY 1879-1887 Postes et télégraphes Adolphe COCHERY
Postes et télégraphes Jean SARRIEN
Félix GRANET
Présidence du Conseil, finances, chargé des postes et télégraphes Maurice ROUVIER
SADI CARNOT 1887-1894 Présidence du Conseil, finances chargé des postes et télégraphes Pierre TIRARD
Finances, chargé des postes et télégraphes Paul PEYTRAL
Présidence du Conseil, finances, chargé des postes et télégraphes Pierre TIRARD
Présidence du Conseil, commerce, industrie et colonies, chargé des postes
Commerce, industrie et colonies, chargé des postes Jules ROCHE
SADI CARNOT 1887-1894 Commerce et industrie, chargé des postes et télégraphes Jules ROCHE
Jules SIEGFRIED
Commerce, industrie et colonies chargé des postes et télégraphes Jules SIEGFRIED
Jean TERRIER
Jean MARTY
Commerce, industrie, postes et télégraphes Jean MARTY
Victor LOURTIES
JEAN CASIMIR-PERIER1894- 1895 Commerce, industrie, postes et télégraphes Victor LOURTIES
Félix FAURE 1895-1899 Commerce, industrie, postes et télégraphes André LEBON
Gustave MESUREUR
Henri BOUCHER
Emile MARUEJOULS
Paul DELOMBRE
EMILE LOUBET 1899-1906 Commerce, industrie, postes et télégraphes Paul DELOMBRE
Alexandre MILLERAND
Georges TROUILLOT
Fernand DUBIEF
Georges TROUILLOT
ARMAND FALLIERES 1906-1913 Commerce, industrie, postes et télégraphes Georges TROUILLOT
Travaux publics, postes et télégraphes Louis BARTHOU
Alexandre MILLERAND
Louis PUECH
Charles DUMONT
Victor AUGAGNEUR
Jean DUPUY
RAYMOND POINCARÉ 1913-1920 Travaux publics, postes et télégraphes Jean DUPUY
Commerce, industries postes et télégraphes Alfred Louis MASSE
Louis MALVY
Raoul PERET
Marc REVILLE
Gaston THOMSON
Etienne CLEMENTEL
Commerce, industrie, agriculture, travail, postes et télégraphes Etienne CLEMENTEL
Commerce, industrie, postes et télégraphes Etienne CLEMENTEL
Etienne CLEMENTEL
RAYMOND POINCARÉ 1913-1920 Commerce, industrie, postes et télégraphes, transports maritimes  et marine marchande Etienne CLEMENTEL
Louis DUBOIS
Travaux publics, chargé des postes, télégraphes, téléphones Yves LE TROQUER
PAUL DESCHANEL 18 février-21 septembre 1920 Travaux publics, chargé des postes, télégraphes, téléphones Yves LE TROQUER
  Commerce, industrie, postes et télégraphes Louis LOUCHEUR
Pierre-Etienne FLANDIN
GASTON DOUMERGUE 1924-1931 Commerce et industrie chargé des postes, télégraphes et téléphones Eugène RAYNALDY
GASTON DOUMERGUE 1924-1931 Commerce et industrie, chargé des postes, télégraphes et téléphones Charles CHAUMET
Fernand CHAPSAL
Louis LOUCHEUR
Maurice BOKANOWSKi
Commerce, industrie, postes et télégraphes Henry CHERON
Commerce, industrie, chargé des postes, télégraphes, téléphones Georges BONNEFOUS
Postes, télégraphes, téléphones Louis GERMAIN- MARTIN
Julien DURAND
GASTON DOUMERGUE 1924-1931 Postes, télégraphes, téléphones André MALLARMé
Georges BONNET
Charles GUERNIER
PAUL DOUMER 1931-1932 Postes, télégraphes, téléphones Charles GUERNIER
Commerce, postes, télégraphes et téléphones Louis ROLLIN
ALBERT LEBRUN 1932-1940 Postes, télégraphes et téléphones Henri QUEUILLE
André Laurent EYNAC
Jean MISTLER
Paul BERNIER
André MALLARMé
Georges MANDEL
    Robert JARDILLIER
Jean-Baptiste LEBAS
Fernand GENTIN
Jean-Baptiste LEBAS
Jules JULIEN
Postes, télégraphes, téléphones, transmissions
Travaux publics et transmissions Ludovic-Oscar FROSSARD
Transmissions André FEVRIER
  Economie nationale et finances Yves BOUTHILLIER
Communications Robert GIBRAT
Production industrielle et communications Jean BICHELONNE
GOUVERNEMENT PROVISOIRE DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE
1944-1946
Postes, télégraphes, téléphones Augustin LAURENT
Eugène THOMAS
Jean LETOURNEAU
Eugène THOMAS
VINCENT AURIOL 1947-1954 Postes, télégraphes, téléphones Eugène THOMAS
Président du Conseil du plan et délégué du Président du Conseil pour les postes, télégraphes et téléphones Félix GOUIN
(Ministre d’Etat)
VINCENT AURIOL 1947-1954 Postes, télégraphes et téléphones Eugène THOMAS
France d’outre-mer Paul RAMADIER
Présidence du Conseil Robert SCHUMAN
André MARIE
Présidence du Conseil et Affaires étrangères Robert SCHUMAN
Présidence du Conseil Henri QUEUILLE
Postes, télégraphes, téléphones Eugène THOMAS
Charles BRUNE
VINCENT AURIOL 1947-1954 Postes, télégraphes, téléphones Charles BRUNE
Joseph LANIEL
Pierre FERRI
RENE COTY 1954-1959 Travaux publics, transports et tourisme Jacques CHABAN- DELMAS
Postes, télégraphes téléphones Edouard BONNEFOUS
Affaires économiques et financières Robert LACOSTE
Paul RAMADIER
Finances, affaires économiques et plan Félix GAILLARD
Pierre PFLIMLIN
Pas d’intitulé  
RENE COTY 1954-1959 Postes, télégraphes, téléphones Eugène THOMAS
CHARLES DE GAULLE 1959-1969 Postes, télégraphes, téléphones Bernard CORNUT- GENTILLE
Postes et télécommunications Bernard CORNUT- GENTILLE
Michel MAURICE- BOKANOWSKI
Jacques MARETTE
Yves GUENA
André BETENCOURT
Yves GUENA
GEORGES POMPIDOU 1969-1974 Postes et télécommunications Robert GALLEY
Hubert GERMAIN
Jean ROYER
Hubert GERMAIN
   
FRANCOIS MITTERRAND 1981-1995 Postes et télécommunications Louis MEXANDEAU
Industrie et recherche, chargé des postes et télécommunications Laurent FABIUS
(Ministre)
Louis MEXANDEAU
(Ministre Délégué)
Redéploiement industriel et commerce extérieur, chargé des postes et télécommunications Edith CRESSON
(Ministre)
Louis MEXANDEAU
(Ministre Délégué)
Postes et télécommunications Louis MEXANDEAU
Industrie, Postes et télécommunications et tourisme Alain MADELIN
FRANCOIS MITTERRAND 1981-1995 Postes, télécommunications Gérard LONGUET
Postes, télécommunications et espace Paul QUILLES
Economie, finances et budget, chargé des postes et télécommunications Pierre BEREGOVOY
(Ministre d’Etat)
Jean-Marie RAUSCH
(Ministre Délégué)
Postes et télécommunications Emile ZUCHARELLI
Industrie, postes, télécommunications et commerce extérieur Gérard LONGUET
José ROSSI
JACQUES CHIRAC 1995-2002 Technologies de l’information et de la Poste François FILLON
Industrie, de la Poste et des télécommunications Franck BOROTRA

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Historique des différents types de commutateurs automatiques en France


Les commutateurs électromécaniques de type rotatif
Les premiers commutateurs conçus sont électromécaniques et à organes tournants, aujourd'hui totalement obsolètes.
Coexistent en France les systèmes de type pas à pas (Strowger, famille R6 et SRCT) et les systèmes de type à impulsions de contrôle inverses (AGF500 et famille Rotary). Le premier commutateur de type rotatif est installé en 1913, le plus récent est installé en 1971, les dernières extensions sont commandées en 1978 et le dernier commutateur à organes tournant est démonté en 1984, avant le changement du Plan de numérotation téléphonique en France (basculage à 8 chiffres le 25 octobre 1985 à 23H00)1.
De par son architecture et pour ne pas trop complexifier l’ensemble, chaque commutateur à organes tournants ne peut prendre en charge qu’un maximum de 10.000 abonnés.

STROWGER (sans enregistreur de numéros - à contrôle direct), commutateur inventé par Almon Strowger aux États-Unis en 1891, premier modèle de commutateur automatique mis en service en France, le 19 octobre 1913, à Nice Biscarra.
Il est fabriqué sous licence Strowger Automatic Telephone Exchange Company par la Compagnie française pour l'exploitation des procédés Thomson Houston. Il est équipé de sélecteurs rotatifs semi cylindriques à 100 points de sortie (10 lignes téléphoniques de sortie sélectionnées par niveau, sur 10 niveaux empilés en hauteur).
Un commutateur STROWGER fonctionne de manière saccadée, en mode pas à pas, littéralement télécommandé en temps réel par chaque impulsion numérotée au cadran de l’abonné demandeur, chiffre par chiffre, chaque chiffre sélectionnant successivement la position de son sélecteur. Ce mode d’établissement de communication de manière automatique est le plus élémentaire.
Il est parfaitement adapté aux débuts de l’automatisation du réseau téléphonique alors que le maillage reste encore relativement simple et peu dense.
Les commutateurs de type STROWGER été retenus uniquement pour la province.
Le STROWGER le plus récent est mis en service en 1932 à Lyon. Le dernier est démonté en 1979 à Bordeaux.

AGF 500 de la société LM Ericsson, mis au point en 1922, commutateur d'origine suédoise, équipé d'enregistreurs de numéros et de sélecteurs volumineux disposés en éventails constitués d’éléments rotatifs de base (modèle RVA avec balais de nettoyage des contacts intégrés) horizontaux en forme de plateau à 25 positions tournant à 90° groupés par 20 éléments, donnant 500 points de sortie (25 positions angulaires de sortie pour 20 positions commandées radialement en hauteur correspondant à 20 lignes possibles pour chaque position angulaire).
Il est capable de gérer jusqu'à 10.000 abonnés par cœur de chaîne si toutes les volumineuses extensions possibles sont installées ; unique mise en service en 1924 en France, à Dieppe. Ce commutateur fut remplacé en 1960.

ROTARY 7A1 est une variante française dérivée du système ROTARY 7A qui est équipée à l'origine d'embrayages magnétiques des arbres rotatifs distribuant l’énergie motrice au commutateur.
Le ROTARY 7A1 est équipé d'embrayages mécaniques des arbres rotatifs plus robustes. Comme le ROTARY 7A d'origine provenant des USA et conçu et mis au point en Belgique par la Western Electric filiale d'AT&T en 1914, il est équipé d'enregistreurs-traducteurs qui permettent, par rapport aux systèmes fonctionnant en pas à pas d’économiser des baies de sélecteurs et des étages de sélection en enregistrant les Préfixes des numéros téléphoniques demandés (2 chiffres en province, 3 caractères pour la Région Parisienne) afin de déterminer directement une route « calculée » par le traducteur qui va analyser ces préfixes par bloc. Une fois le centre téléphonique à contacter déterminé, le traducteur commande en différé la rotation des sélecteurs nécessaires à l’établissement de la communication en activant les bonnes commandes d’embrayages qui vont connecter juste le temps nécessaire les arbres d’entraînement rotatifs des sélecteurs choisis pour les positionner sur les bonnes positions, et les débrayer au bon moment par un système d’impulsions de contrôle inverses.
Ainsi, tout commutateur de modèle ROTARY fonctionne de manière régulière et harmonieuse. Il est pourvu de sélecteurs rotatifs semi cylindriques à 300 points de sortie (30 lignes téléphoniques de sortie sélectionnées par niveau, sur 10 niveaux empilés en hauteur).
Il est capable de gérer jusqu'à 10.000 abonnés par cœur de chaîne, si toutes les volumineuses extensions possibles sont toutes installées. L'automatisation du réseau de Paris est décidée en 1926. Le premier ROTARY 7A1 conçu à partir de 1922 est mis en service dès 1927 à Nantes. Finalement le ROTARY 7A1 est retenu pour Paris dès 1928 par souci d'homogénéisation du réseau parisien et ce malgré la conception entre-temps en 1927 d'une seconde variante : le ROTARY 7A2. Premier central téléphonique automatique mis en service dans Paris (Carnot), 23 rue de Médéric : le 22 septembre 1928 à 22 Heures, en présence du Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et Télégraphes Henry Chéron ! Il s’agit d’un ROTARY 7A1. Le second ROTARY 7A1 de Paris sera mis en service au Centre Téléphonique des Gobelins le 20 juillet 1929 ; il y a assuré un service satisfaisant jusqu’au 7 juillet 1982, soit 53 ans. Le ROTARY 7A1 le plus récent de France est installé en 1952. Le dernier ROTARY 7A1 de France, celui de Paris-Alésia (à Montrouge), est désactivé le 26 juin 1984.

ROTARY 7A2
est une nouvelle variante française conçue en 1927 dans les laboratoires parisiens d'ITT à partir du système ROTARY 7A1.
Cette version améliorée est en effet nouvellement pourvue de sélecteurs de débordements de sécurité améliorant encore la capacité d'écoulement du trafic téléphonique ; c’est ce que l’on nomme l’acheminement supplémentaire de second choix.
La variante ROTARY 7A2 est le système à organes tournants le plus développé, mais aussi le plus cher. Il n’est pas déployé en France bien qu’y étant conçu, mais est adopté par plusieurs pays, dont notamment l’Espagne dès la fin de la guerre civile.

R6 (sans enregistreur de numéros - à contrôle direct), dont le nom officiel est ROTATIF 1926, car mis au point en 1926, encore rencontré sous le nom semi abrégé ROTATIF 6, est implanté dans les villes moyennes de province dès la fin de 1928 en commençant par Troyes, ce système français de type pas à pas étant un hybride qui s'inspire à la fois des systèmes Rotary et Strowger. Il est de surcroît simplifié à l'extrême pour être le moins coûteux possible. Par contre, il est équipé d’Orienteurs à 11 positions (1 position de repos et 10 autres positions pour les 10 chiffres du cadran), un nouveau groupe d’organes de contrôle commun à plusieurs sélecteurs à la fois qui permettent de dissocier clairement la fonction de réception des chiffres composés par l'abonné de la fonction de recherche et de connexion de la liaison. Chaque étage de sélecteurs est équipé de son groupe d’Orienteurs. Chaque Orienteur, qui fonctionne en mode pas à pas, n’est utilisé que pendant la réception des chiffres numérotés au cadran du téléphone de l’abonné, puis est libéré pour aller traiter une autre communication à établir.
Dans le système R6, la notion de point de sélection ne revêt plus la même importance, l'architecture étant différente des autres types de commutateurs : en effet, l’astuce consiste à remplacer les sélecteurs semi cylindriques ou à plateau des systèmes précités qui à la fois tournent horizontalement et accomplissent aussi des mouvements ascensionnels par de simples commutateurs rotatifs semi-circulaires à 51 plots, dédoublés par une astuce de commutation à relais, soit un élément de sélection uniquement rotatif à 102 directions.
Ainsi, dans le système ROTATIF 1926, les éléments ne font plus que tourner horizontalement, et n’accomplissent jamais de mouvements de haut en bas ou de bas en haut, d’où un prix de revient moindre que tous les autres systèmes à organes tournants conçus jusques à présent. Ce système fut développé par l'Ingénieur français Fernand Gohorel de la Compagnie des Téléphones Thomson-Houston, en raison du coût élevé des ROTARY 7A, 7A1 et 7A2 américains. 26 commutateurs ROTATIF 1926 à contrôle direct sont installés en France, le plus récent est installé en 1939 à Besançon.

R6 (avec enregistreurs de numéros) mis en conception pour les villes de province de plus grande importance dès 1930,
ce système est aussi un hybride qui s'inspire des systèmes Rotary et Strowger, mais il est simplifié et moins coûteux.
Bien qu’étant plus coûteux qu'un R6 à contrôle direct, il permet une meilleure souplesse dans l'acheminement des communications, tout en restant moins performant que les ROTARY 7A, 7A1 et 7A2.
Un commutateur R6 avec enregistreurs est un commutateur R6 à contrôle direct dont les Orienteurs du premier étage de sélecteurs ont été remplacés par des enregistreurs de numéros qui commandent en différé, après analyses des préfixes, les orienteurs des étages de sélecteurs suivants pour acheminer de manière plus souple et plus optimale les communications en son propre sein pour les abonnés locaux, ou vers les centres de transit pour les abonnés plus éloignés.
L'agglomération Lille-Roubaix-Tourcoing est équipée en premier de ce système en 1933. Le déploiement du ROTATIF 1926 avec enregistreur de numéros est totalement interrompu en province dès la déclaration de guerre, et ne reprendra qu'en 1945. Il se poursuivra jusqu'à l’arrivée de la version modernisée en 1949.

ROTARY 7D un prototype expérimental est installé en 1937 à Angers, en vue d'équiper la banlieue de Paris par la société LMT, mais n'est finalement pas retenu en France pour déploiement. Il est par contre massivement déployé dans les campagnes de Grande-Bretagne et constitue un meilleur produit que notre système automatique-rural en déploiement dans nos campagnes.

R6 N1
(normalisé type 1) - à enregistreurs, chacun d'entre eux étant associé à un seul traducteur séparé et à relais, mis en service en France dès 1949 à Rouen, par la CGCT. Ces commutateurs ROTATIF 1926 Normalisés de type 1 sont équipés de nouveaux traducteurs aussi efficaces que ceux des ROTARY 7A1 utilisés dans le réseau parisien, afin de préparer l’automatisation à venir de l’interurbain automatique.
Le ROTATIF 1926 N1 le plus récent est mis en service en 1959.

ROTARY 7A NORMALISÉ mis au point sur Paris, (avec réduction de coût de 15%) en 1949, issu de l'expérience acquise durant les 21 années d'utilisation en France. Le ROTARY 7A NORMALISÉ le plus récent est mis en service en 1954.

SRCT, de l'acronyme Service des Recherches et du Contrôle Technique l'ayant conçu, est un petit autocommutateur fabriqué à partir de matériel R6, de catégorie secondaire et en conséquence destiné au déploiement dans les campagnes, dans le but de remplacer le système dit automatique-rural qui était en fait semi-automatique déployé à partir de 1935 sur instruction de Georges Mandel, Ministre des PTT. Conçu par l'Ingénieur en chef des Télécommunications Albert de Villelongue, le SRCT permet d'automatiser les campagnes. La capacité typique de raccordement est de 900 lignes d’abonnés. Le premier SRCT est inauguré à Perros-Guirec en 1950.

L43 (nom complet : LESIGNE 43) est un commutateur utilisant le même matériel que le R6 N1 mais adopte un principe de sélection différent, sans dispositif Orienteur. En effet, dans ce système, les sélecteurs sont actionnés directement par les enregistreurs, à l’aide d’un réseau de commande par fils distincts des fils véhiculant les conversations téléphoniques. Mis en service en France dès juillet 1951 à Nancy.
Bien que n’ayant pas été massivement déployé, ce modèle de commutateur a toutefois permis une mise en concurrence des différents constructeurs, et amènera à la mise au point ultérieure d’une nouvelle version améliorée des commutateurs R6.
Un total de 13 commutateurs L43 est mis en service en France. Le LESIGNE 43 le plus récent est mis en service en 1960.

ROTARY 7A À CHERCHEURS, équipé de sélecteurs simplifiés et modifiés à un seul mouvement imitant le R6, implanté à Belle-Épine, en 1953. Cette variante prototype préfigurant le ROTARY 7B1.

ROTARY 7B1, issu du ROTARY 7B conçu aux USA depuis 1927, est mis au point en France tardivement par la société LMT.
Beaucoup plus économique que les ROTARY 7A, 7A1 et 7A2, mais avec une capacité d'écoulement moindre car n'étant équipé que de sélecteurs à un seul mouvement, comme le R6. Il est également plus sécurisé face aux risques d’incendie, grâce au remplacement des isolants en tissus par des isolants en matières synthétiques.
Le premier est installé à Enghien-les-bains en 1954. Il est largement déployé dans Paris dès 1955.
Le ROTARY 7B1 le plus récent est mis en service en 1971.
Les dernières extensions de systèmes ROTARY 7B1 déjà installés auparavant ont été commandées en septembre 1978.

R6 N2
(normalisé type 2) - dont l'ensemble des enregistreurs n'utilise que deux traducteurs séparés et à relais, issu des évolutions du L43, mis en service en France dès 1958 à Poitiers et Boulogne, par la CGCT et par l'AOIP.
Le ROTATIF 1926 N2 le plus récent est mis en service en 1962. Les dernières extensions de systèmes R6 déjà installés auparavant ont été commandées en octobre 1978, pour équiper des départements où le plan de numérotation ne dépassait pas six chiffres.

Les commutateurs électromécaniques à barres croisées - type CROSSBAR

Ensuite les commutateurs ont adopté la nouvelle technologie de matrices de contacts à barres croisées (crossbar) consistant en des mouvements de faible amplitude de deux jeux de barres rectangulaires, chaque jeu étant croisé l’un par rapport à l’autre à angle droit, et chaque barre étant commandée par un relais.
Grâce à cette technologie, sont constitués ainsi de nouveaux types de sélecteurs de taille fortement réduite, comparés à la génération précédente à organes tournants et moins coûteux que leurs prédécesseurs, aussi bien pour la fabrication que pour la maintenance.
L'invention de l'organe MULTISÉLECTEUR électromécanique place les commutateurs de type rotatif au rang d'antiquité.
De plus, ces nouveaux commutateurs sont tous équipés dès leur première mise en service d’enregistreurs-traducteurs de numérotation. Ils sont cependant aujourd'hui totalement obsolètes.
Les derniers commutateurs crossbar de France sont démontés en 1994, avant le changement de plan de numérotation (basculage à 10 chiffres le 18 octobre 1996 à 23H00), car France Télécom renonce finalement à les adapter pour raison de complexité et de coût.

CENTRAL AUTOMATIQUE TOUT RELAIS, à commutation entièrement effectuée avec des tables de relais, sans organe tournant : le précurseur en France qui préfigure le Crossbar.
Fabriqué par la Compagnie Générale de Télégraphie et Téléphonie, mis en service en 1927 à Fontainebleau, capable de gérer jusqu'à 1000 abonnés, qui s'avère ultérieurement trop coûteux et trop complexe à entretenir et à étendre. Il est finalement remplacé en 1943.

PENTACONTA Système entièrement nouveau, conçu par les sociétés LMT et CGCT, toutes deux filiales françaises de l'américain ITT.
La conception de ce système doit beaucoup à l'ingénieur Fernand Gohorel qui supervise l'invention du Multisélecteur à barres croisées.
Le radical "Penta" signifie que les abonnés sont regroupés par modules primaires de 50.
Il s'avère le système électromécanique pourvu des meilleures capacités d'écoulement du trafic ; il est retenu pour les très grandes villes françaises pour cette raison, ainsi que pour les centres de transit interurbains de nouvelle génération.
Chaque commutateur PENTACONTA, bien qu'électromécanique, possède quelle que soit son importance une chaîne d'enregistrement des incidents dont le rôle est d'éditer automatiquement une carte perforée qui détaille le défaut, chaque fois que le système constate une faute de fonctionnement ; progrès remarquable pour l'époque où les microprocesseurs ne sont pas encore inventés.
Nous pouvons facilement reconnaître un commutateur PENTACONTA, par ses éléments sélecteurs de base qui comportent toujours de manière apparente 14 barres horizontales.
Nous parlons d'ESL pour Équipements de Sélection de Ligne d'abonné pour un PENTACONTA utilisé en commutateur d'abonnés, et d'ESG pour Équipements de Sélection de Groupe pour un PENTACONTA utilisé en centre de transit intercentraux.
289 commutateurs PENTACONTA sont mis en service en France. Le dernier commutateur électromécanique de type PENTACONTA est commandé en France en juin 1978, et les dernières extensions sont commandées en juin 1979.
Le dernier commutateur PENTACONTA d’Île-de-France, celui de Paris-Brune Chaîne Jeux est démonté le dernier trimestre 1994 et le dernier commutateur PENTACONTA de France, est démonté à Givors le 6 décembre 1994.

PENTACONTA type 500 (Multisélecteur à 500 points de sortie au niveau des ESL), concernant la France, il est implanté pour la première fois à Melun le 23 juillet 1955. Ce système est capable de gérer jusqu'à 17.000 abonnés.

PENTACONTA type 1000 A (Multisélecteur à 1040 points de sortie au niveau des ESL) dont le premier exemplaire est mis en service à Albi en 1959.

PENTACONTA type 1000 B
(Multisélecteur à 1040 points de sortie au niveau des éléments ESL et à 1040 points de sortie au niveau des ESG), développé dans les années soixante, pour permettre de traiter jusqu'à 50.000 abonnés ou circuits par cœur de chaîne et pourvoir Paris et les très grandes villes françaises. Paris en est équipé dès le 21 janvier 1964.

PENTACONTA CT4 (Centre de Transit 4 fils). Apparu en 1966, fait partie de la nouvelle génération d'autocommutateurs de transit interurbains construite à partir du matériel Pentaconta, mais à commutation sur 4 fils (au lieu de 2 fils).
11 commutateurs PENTACONTA CT4 ont été déployés en France.

NGC (Nodal de Grande Capacité), de la nouvelle génération d'autocommutateurs interurbains, est construit à partir du matériel Pentaconta à commutation sur 2 fils. Le premier des 5 commutateurs NGC est mis en service en février 1972 en France, à Lyon.
Les NGC sont, avant les évolutions ultérieures, équipés de Traducteurs Quasi Électroniques (matrices à diodes et transistor - en totalité abandonnés dès 1975, pour être remplacés par des Traducteurs Impulsionnels à Tores encore plus rapides à commuter).
Le NGC de Paris St-Lambert est le premier à être équipé des nouveaux Traducteurs Impulsionnels à Tores dès sa mise en service le 3 juin 1972.

PENTACONTA type 1000 C (Multisélecteur à 1040 points de sortie au niveau des ESG). Conçu en 1965 aux USA.
Utilisé en France pour les GCI (Grand Centre de communication Interurbain) de la nouvelle génération d'autocommutateurs interurbains destinés à remplacer la génération à organes tournants, mais à commutation sur 4 fils, avec même sélecteur mais mise en œuvre différente pour un écoulement du trafic encore amélioré.
Le premier des 32 commutateurs GCI est mis en service en décembre 1973 en France, à Marseille.
Ils sont équipés de Traducteurs à Programme Câblé, dérivés des Traducteurs Impulsionnels à Tores, mais plus adaptés au type de structure des GCI. Avec les débuts de l'informatique, certains GCI sont ensuite équipés dès 1974 de Traducteurs à Programme Enregistré, et d'une interface homme-machine informatique primitive comme celui de Marseille St Mauront.
D'ailleurs les TPE ont vocation à remplacer rétroactivement les autres types de traducteurs sur les pentaconta et autres CP400 appelés à ne pas être remplacés rapidement par du matériel de future génération. Il s'agit d'un nouveau type de Pentaconta très évolué pour l'époque qui commence à devenir substantiellement électronique par la création des Unités de Commande Électroniques en remplacement des Unités de Commande Électromécaniques initiales.

PENTACONTA type 2000
(Multisélecteur à 2080 points de sortie au niveau des ESG). Il est aussi bien utilisé en commutateur d’abonnés de grande capacité (50.000 lignes) qu’en CTU (Centre de Transit Urbain), essentiellement pour Paris puis Lyon en 21 exemplaires.
Il est construit à partir du matériel Pentaconta à commutation sur 2 fils.
Le premier CTU est inauguré en 1968 à Paris. Ce Pentaconta accorde une grande part à l'électronique et sera l'objet d'évolutions, y compris informatiques.
Le Pentaconta 2000 dispose d'une interface homme-machine par clavier et console informatique primitive.
Comme le type précédent, le Pentaconta 2000 est très évolué pour l'époque par l'innovation des Unités de Commande Électroniques en remplacement des Unités de Commande Électromécaniques initiales.
Il est mis en service afin de dégorger le trafic dans les très grandes villes françaises, en attendant l'arrivée des centres de transit électroniques spatiaux et temporels prévus les années suivantes.

CP400, (nom complet : CROSSBAR pour PARIS ou CROSSBAR PARISIEN 400) est initialement prévu pour équiper Paris et la 1re couronne. Un prototype à commande centralisée mis en place en France dès le 31 mars 1956 à Beauvais, est issu de la Société Française des Téléphones Ericsson de Colombes.
Les CP400 sont pourvus de 400 points de sortie au niveau des Éléments de Sélection de Ligne d'abonné et/ou des Éléments de Sélection de Groupe. Bien que le Directeur Général des Télécommunications de cette époque, Jean Rouvière bataille pour ne pas retenir ce nouveau type de commutateur téléphonique moins performant que le PENTACONTA.
Il doit cependant s'incliner en 1957, pour raison économique : le CP400 étant moins coûteux.
Finalement, et malgré sa dénomination initiale, le CROSSBAR PARISIEN 400 sera massivement retenu pour équiper les villes moyennes de province… Après une série de différentes versions, il faut attendre l’année 1973 pour que des commutateurs d’abonnés CP400 soient enfin installés dans Paris intra-muros après réalisation des adaptations nécessaires.
Le dernier commutateur de type CP400 est commandé en avril 1979 et les dernières extensions sont commandées en novembre 1979 en CP400. Le dernier CP400 de France est démonté à Langon en 1994. Nous pouvons facilement reconnaître un commutateur CP400, par ses éléments sélecteurs de base qui comportent toujours de manière apparente 6 barres horizontales pour 10 barres verticales.

CP400-PÉRIGUEUX. S'ensuit la présérie de 5 commutateurs CP400-Type PÉRIGUEUX améliorés, installée dès 1960 à Périgueux.

CP400-ANGOULÊME. Arrive la première série de production en masse encore améliorée de 115 commutateurs de ce nouveau type en 1962 avec le premier d'entre eux installé à Angoulême. Leur capacité peut atteindre 10.000 abonnés. Les commutateurs CP400-ANGOULÊME sont déployés jusqu’en 1970.

CP400-BRIE-COMTE-ROBERT. Prototype révolutionnaire mis au point par le prolifique ingénieur des télécommunications A. de Villelongue et ouvert en 1967, il s'agit du premier commutateur à signalisation intercentre à Multi Fréquences, au lieu de la signalisation par impulsions décimales jusqu'alors utilisée. Gain de temps dans l'acheminement et fiabilisation accrus des communications, notamment longue distance, avec augmentation de l'écoulement du trafic.
Tous les CP400 précédemment installés sont rétroactivement convertis à cette nouvelle signalisation, ainsi que les Pentaconta. Le dernier CP400 est démonté à Langon en 1994.

CP400-BOURGES
. En 1968, la mise au point d'un nouveau prototype installé à Bourges voit le jour d’une capacité de 8.000 abonnés destiné aux petites villes
.
CP400-TROYES. Puis en 1969, une nouvelle série encore améliorée de 22 commutateurs CP400-Type TROYES dont le premier est installé à Troyes. Leur capacité peut atteindre 20.000 abonnés. Les commutateurs CP400-TROYES sont déployés jusqu’en 1970.

CP400-AJACCIO
. En 1969 également, une nouvelle série avec d'autres améliorations issues du CP400-BOURGES voit le jour à destination des villes moyennes. Au moins 29 commutateurs de ce type sont ainsi déployés au 1er janvier 1972.

CP400-CT4
(Centre de Transit 4 fils). Apparu également en 1969 en premier à Grenoble et Tours, fait partie de la nouvelle génération d'autocommutateurs de transit interurbains construite à partir du matériel CP400, mais à commutation sur 4 fils. 24 commutateurs CP400-CT4 ont été déployés en France.

CP400-CUPIDON (Centre Universel Pour l’Interurbain Dans l'Organisation Nouvelle puis Centre Universel Permettant l’Interconnexion Dans une Organisation Nouvelle). Puis arrive en 1970 la nouvelle version CP400-CUPIDON encore améliorée à partir des perfectionnements des types ANGOULÊME et TROYES, avec de meilleures capacités de souplesse et d’écoulement de trafic. Leur capacité peut atteindre 30.000 abonnés. Arrivée très retardée par la mort brutale de l'ingénieur Albert de Villelongue en août 1967. 415 commutateurs CP400-CUPIDON sont installés en France.

CP400-POISSY. Enfin, dès 1972, une nouvelle série améliorée est inaugurée à Poissy, dénommée CP400-POISSY, directement dérivée du CP400-CUPIDON et qui est l'ultime perfectionnement, en France de ce système suédois, avec l'adjonction d'un étage supplémentaire d'Aiguilleurs. Le CP400-POISSY permet de prendre en charge jusqu'à 40.000 abonnés voire 50.000 par cœur de chaîne à l’aide de certaines extensions supplémentaires. Il est pourvu de Traducteurs À Tores (magnétiques), qui permettent de traduire jusqu'à 1000 directions différentes.
Ces nouveaux traducteurs sont même généralisés rétroactivement sur les CP400 précédents ainsi que les PENTACONTA, et même sur certains ROTARY encore en service en 1972. 322 commutateurs CP400-POISSY sont installés en France.

CP100, (nom complet : CROSSBAR pour PARIS ou CROSSBAR PARISIEN 100) est un autocommutateur simplifié, de taille réduite, dérivé directement du CP400 conçu à l’origine pour une capacité maximale de 3.000 abonnés. En raison de son coût réduit, il est utilisé pour automatiser les campagnes et les très petites villes de France en version typique de 400 abonnés, ainsi qu’à remplacer les autocommutateurs SRCT vieillissants. Ils sont déployés massivement en France à partir de 1964.

Les commutateurs électroniques de type spatial

Arrivent les commutateurs à calculateur électronique central (mais dont la transmission des conversations dans le réseau de connexions demeure maintenue sous forme analogique, par un courant modulé à la fréquence de la voix de chaque interlocuteur, en mobilisant pour chaque conversation en cours et pendant toute sa durée, l’emploi d’une liaison physique de bout en bout via le réseau de transmission des télécommunications par multiplexage analogique).
Le principe de base du commutateur de type spatial est de centraliser toutes les fonctions dans un seul ensemble calculateur électronique à programmes enregistrés. Ils sont le lien entre les systèmes électromécaniques et les systèmes entièrement électroniques dits temporels ; ces systèmes, du type spatial, sont en réalité semi-électroniques1.

Ces commutateurs permettent à moindre coût et sans nécessiter de mises au point pointues nécessaires aux commutateurs temporels alors encore en développement, de combler rapidement le retard criant du téléphone en France, même s'ils sont moins perfectionnés que les commutateurs temporels. Ils sont aujourd'hui entièrement désinstallés en France depuis la fin de l'année 2000, d'une part à cause de l'usure des parties non électroniques dégradant leur fiabilité sous le poids des années de service et d'autre part ne supportant pas le nouveau service Présentation de l'Identité du Demandeur (PID) mis en service en France le 1er septembre 1997.

Concernant les prototypes :

SOCRATE (nom complet : Système Organique de Commutation Rapide Automatique à Traitement Électronique) est mis en service avec succès en France en 1964 à Lannion. Afin d’éviter les pertes de signal, le réseau de connexion est construit à partir de simples multisélecteurs électromécaniques crossbar de type CP400. Il est équipé de plusieurs calculateurs périphériques dénommés « multienregistreurs » qui constituent de fait un commutateur décentralisé. Il s’agit de l’invention du principe de partage de charge de calcul dans plusieurs organes décentralisés, qui sera ultérieurement adopté dans tous les commutateurs de type temporel, principe qui permet d’assurer la fiabilité du système grâce à la redondance des organes de calculs. Il fonctionna jusqu'en 1972.

ARISTOTE (nom complet : Autocommutateur Réalisant Intégralement et Systématiquement Toutes les Opérations de Téléphonie Électronique) est mis en service avec succès en France en 1965 à Lannion. Il est équipé d’un calculateur central unique, mais de plusieurs calculateurs périphériques nommés « explorateurs ». La matrice de commutation, même si elle demeure analogique, est désormais équipée de points de jonctions de commutation entièrement transistorisés ; donc sans pièces mobiles. L’inconvénient de ce premier prototype est qu’il y a dispersion et affaiblissement des signaux analogiques de conversation, ce qui nécessite de rajouter des circuits d’amplification électroniques supplémentaires et complique le système. Ce prototype fonctionne toutefois jusqu'en 1969.

PERICLÈS (nom complet : Prototype Expérimental Réalisé Industriellement d’un Commutateur Logique Électronique Séquentiel) est mis en service avec succès en France en 1970 à Clamart-Michelet pour une capacité de 800 abonnés, puis à Maisons-Laffitte en 1971. Ce système est équipé de deux calculateurs électroniques fonctionnant en partage de charge. Désormais, le réseau de connexion est construit à partir de relais à tiges et contacts scellés, ce qui présente une miniaturisation par rapport aux matrices à barres croisées.
E11 de la LMT est issu des trois prototypes. Il est mis en service pour la première fois en France à Athis-Mons en 1976. Un second E11 est installé dans en 1977 à Marseille (Prado). Ils permettent le raccordement de 60.000 abonnés. Seuls deux commutateurs de ce modèle sont installés en France. Ils sont pourvus de relais à tige et contacts scellés. À partir du commutateur E11, les commutateurs électroniques de type spatial sont capables d'accepter la numérotation depuis l'abonné de départ en fréquences vocales (DTMF) en plus d'accepter la numérotation à impulsions décimales en vigueur en France depuis 1913.

Concernant les types adoptés officiellement en Conseil restreint le 13 mai 1976 par le Président de la République Valéry Giscard d'Estaing en présence du Secrétaire d'État aux Postes et Télécommunications Norbert Ségard :

MÉTACONTA 11F des sociétés françaises CGCT et LMT commandé dès 1976. Il est équipé du nouveau MINISÉLECTEUR miniaturisé à contacts de type MÉTABAR (16 lignes sur 16 niveaux) implanté sur circuit imprimé conçu initialement pour le prototype MÉTACONTA 11A de la CGCT. À noter l’existence en France de 2 commutateurs MÉTACONTA 11A utilisés à Paris et à Reims en Centres de Transit Internationaux. LE 11F reprend la partie électronique du calculateur central du prototype E11 de la LMT. La mise en service planifiée en France dès 1978 à Paris, Lyon et Marseille, n'est effective qu'en septembre 1979, en premier à Clamart au central Paris-Michelet ; Lyon suit en octobre 1979. Ce système est capable de gérer 64 000 abonnés par cœur de chaîne. 115 commutateurs MÉTACONTA 11F sont installés en France. Le MÉTACONTA 11F le plus récent est mis en service en 1985. Le démontage des commutateurs MÉTACONTA 11F a commencé en 1994. Le dernier est démonté en fin 2000.

AXE de 1re génération, (nom complet : Automatic eXchange Electric) de la société Ericsson, équipés de matrices de base à points de croisements constituées de relais à tige et contacts scellés ; soit pour une matrice de base enfichable : 64 relais par carte à circuit imprimé (8 entrées X 8 sorties). Les cartes peuvent être combinées entre elles suivant options de programmation pour obtenir des ensembles sélecteurs de 256, 384, 512 ou 768 sorties. Le premier AXE est mis en service en Suède, à Södertälje en 1976. En France, il est commandé début 1978 et installé en premier à la fin 1978, à Orléans. Ce système est capable de gérer 30.000 abonnés par cœur de chaîne. Le AXE le plus récent est mis en service en 1980. Le démontage des commutateurs AXE a commencé en 1993. Le dernier est démonté en 1998.

Les commutateurs électroniques de type temporel

Puis arrivent les commutateurs entièrement électroniques qui constituent la vraie révolution dans les télécommunications modernes. Faisant suite au salon international Intelcom 77 qui se déroule à Atlanta du 9 au 14 octobre 1977, il est décidé que seuls des systèmes temporels seront désormais conçus à l'avenir en France. Les principes de base des commutateurs de type temporel sont de répartir les fonctions du système dans plusieurs calculateurs (Par exemple, le partage de charge se fait entre le multienregistreur, le taxeur et le traducteur dans le cas de la famille E10) et de coder numériquement par échantillonnage les conversations vocales et d’assurer leur acheminement via un nouveau système de transmission et de multiplexage entièrement numérique développé à la même époque : le système MIC (Modulation par Impulsion et Codage) qui permet d’accroître la capacité d’écoulement du trafic:

PLATON : Premier essai de mise en service temporaire du premier commutateur temporel au monde (Prototype Lannionnais d'Autocommutateur Temporel à Organisation Numérique), en France, à Perros-Guirec en janvier 1970. Le basculement définitif des abonnés sur ce nouveau commutateur est effectif le 13 mars 1970. PLATON est capable de gérer 800 abonnés. Ce système est inventé par les ingénieurs des télécommunications du CNET, implanté depuis 1963 à Lannion, sous la houlette de Louis-Joseph Libois, leur directeur3. À partir du commutateur PLATON, les commutateurs électroniques de type temporel sont capables d'accepter la numérotation depuis l'abonné de départ en fréquences vocales (DTMF) en plus d'accepter la numérotation à impulsions décimales en vigueur en France depuis 1913.

La famille 1000 : Incluant deux grandes familles : 1000-E10 et 1000-MT de la société française Alcatel qui fait aujourd'hui partie du groupe franco-américain Alcatel-Lucent
.
Concernant la famille E10, E pour Électronique car 100% électronique, (licence Alcatel époque CGE), dont le prototype est issu du projet PLATON, en France existent les types suivants :

E10N3 -E10 Niveau 3- (Dénomination initiale : E10A) Temporel de première génération installé en France à partir de 1972 en commençant par Guingamp, permet de gérer de 8.000 à 30.000 abonnés par cœur de chaîne. 170 commutateurs E10N3 sont installés en France. Le commutateur E10N3 le plus récent est mis en service en 1980, et le dernier est démonté fin 1999. Il ne supportait ni le signal d'appel, ni la conversation à trois.
E10CTI : les Centres de Transit Temporels Interurbains sont inaugurés en premier dans le monde, en France, à St Brieuc, le 12 mars 1975. Le premier E10CTI de Paris est mis en service le 7 décembre 1976 au centre des Tuileries. Ils sont directement dérivés du E10N3. Ce système est capable de gérer 36.000 circuits de transit par cœur de chaîne. Comme les autres E10N3, ils sont tous obsolètes et démontés.

E10N1 -E10 Niveau 1-
(Dénomination initiale : E10B). Temporel de seconde génération installé en premier en Chine (Pékin) en 1980, puis dès juillet 1981 en France, à Brest. Le premier commutateur E10N1 de Paris est inauguré par le Directeur Général des Télécommunications Jacques Dondoux le 21 décembre 1983 au centre téléphonique de Raspail. Ce système est capable de gérer 45.000 abonnés par cœur de chaîne. 416 commutateurs E10N1 sont installés en France. Le commutateur E10N1 le plus récent est mis en service en 1991. Les dernières extensions de commutateurs E10N1 existants sont commandées en 1995. Le dernier E10N1 est démonté fin 2002.

E10.S ou E10.5 (S = Satellite / 5 = 5e génération) est un système développé et mis au point dans les centres de R&D de CIT-Alcatel, à Vélizy en Région Parisienne. Dans ce contexte au début des années 1980 est créé au sein de CIT-Alcatel à Vélizy le Groupe spécial GPS (Groupe Petit Système) sous la Direction de M.Renaud. Profitant des évolutions mises au point dans le cadre du développement des systèmes E10 précédents ainsi que du système E12 en fin de développement, le E10.S / E10.5 met en œuvre de nombreux nouveaux concepts et technologies : circuits imprimés multi-couches, système de commande générale répartie en Unités de Commandes organisées en réseau, première vraie utilisation de la gamme de micro-processeurs banalisés Intel 8080, puis 8086, puis 80286 (avec une forte implication des concepteurs américains du Personal Computer), réseau série, à haut débit, en boucle ouverte d'interconnexion temporelle des éléments processeurs (RIT) permettant de s'affranchir des aléas de fonctionnement des réseaux de type "token ring", système modulable et extensible, fonctionnement en mode dégradé sans blocage de ressources, premières utilisations de la norme de signalisation CCITT N°7, fonctionnement en environnement non climatisé, concept innovant d'architecture logicielle en "Machines Logiques", utilisation maximisée des processeurs en tranche précurseurs des futurs DSP temps réel, procédures simplifiées d'installation et d'exploitation... Initialement prévu comme le système à autonomie d'acheminement de remplacement des commutateurs téléphoniques ruraux (CP100 et sa variante simplifiée qui n'est pas à autonomie d'acheminement : le Socotel S1) sur le territoire français, il se révèle rapidement, compte tenu de son architecture répartie et modulable, un système multi-applications correspondant aux nombreux nouveaux besoins des Télécommunications du début des années 1980 suivants :
Centre Satellite d'Attachement d'Abonnés (CCA) (France, Rwanda),
Centre rural d'Attachement d'abonnés à autonomie d'acheminement (USA),
Centre de Transit (CT) (Développé à Lannion),
Concentrateur de Terminaux Annuaire (CTA / Minitel : annuaire électronique),
Réseau terrestre de transmission de données à haut débit basé sur les premiers satellites de télécoms "Télécom 1",
Point d'accès Vidéotex (PAVI / Minitel : Teletel) (France, Italie),
Projet européen de réseau de téléphonie mobile analogique (Corpac),
Système de téléphonie mobile analogique Nokia (Sous licence / Notamment utilisé lors de la création du réseau "Ligne SFR" en France),
Système de gestion du réseau de lignes spécialisées (LS / Projet NOSTRADAMUS),
Réseau terrestre de transmission de données à haut débit basé sur les premiers satellites de télécommunications "Télécom 1". Environ 850 commutateurs E10.S / E10.5 ont été produits. Les premiers sont respectivement mis en service commercial en 1983, sur le site France-Télécom de "Longchamp" à Suresnes pour l'Annuaire Électronique (CTA) et sur le site de "Tuileries" à Paris pour l'accès aux services Videotex (PAVI). Bien que ce système reprenant les meilleurs acquis et se projetant sur les technologies à venir n'ait pas été un succès pour CIT-Alcatel, il reste une référence française même s'il a d'abord souffert de lacunes dans son ingénierie. La fusion entre CIT et ITT intervenue en 1986 entraîne la cessation de son déploiement. En France, les derniers commutateurs E10.S / E10.5 sont désactivés le 30 juin 2012 à l'arrêt de l'annuaire électronique et des services Télétel.

E10B3, issu du E10B,
Temporel de troisième génération. Pour la France, le premier E10B3 est mis en service à Brest le 6 novembre 1991. 183 commutateurs E10B3 sont mis en service en France. Ce système très robuste, pourvu de nouveaux organes de connexion et de commande est capable de gérer 200.000 abonnés par cœur de chaîne. Il est également utilisé comme commutateur de transit. Le premier commutateur E10B3 à être démonté est celui de Nice-Carras le 30 mars 2010. Il reste encore largement déployé en France en 2014.
E10B3/CTN3G est un E10B3 utilisé en Centre de Transit National. 7 commutateurs E10B3/CTN3G sont mis en service en France ; ils sont toujours en activité en 2014.

E12 (licence Alcatel époque CGE) un autre système dérivé aussi du PLATON, Temporel de seconde génération, de capacité double que les E10N3 de la même époque. Est mis en étude à partir de 1972. Chaque commutateur est équipé de deux calculateurs électroniques. Un premier exemplaire prototype est mis en expérimentation à Boulogne en 1975. Après installation de quelques exemplaires de série comme le premier mis en service à Massy en 1981, ce système est brusquement abandonné en 1984 pour raisons économiques par la CIT Alcatel, à la suite de sa fusion avec Thomson Télécommunications intervenue en juillet 1984, pour se recentrer sur les gammes E10 et MT car déjà très implantées et commercialisées dans le monde entier. Seuls 13 commutateurs E12 ont été mis en service en France. La totalité des commutateurs E12 a été démontée avant l'introduction de la nouvelle numérotation téléphonique à 10 chiffres intervenue le 18 octobre 1996.
E12 peut être utilisé en commutateur d'abonnés où il est capable de gérer 64.000 abonnés par cœur de chaîne, mais cet usage n’est pas retenu.

E12CTI peut être utilisé en Centre de Transit Interurbain (CTI). Ce système est capable de gérer 60.000 circuits de transit par cœur de chaîne.
Concernant la famille MT -Matrice Temporelle- (licence Thomson), famille robuste mise en développement à partir de 1977 mais ayant été techniquement très longue mettre au point. Existent les types suivants :

MT20, Temporel de seconde génération type à grande capacité d’écoulement de trafic. Prototype installé en France à Aubervilliers en 1981. Premier MT20 de série inauguré en France, à Amiens le 1er juillet 1982 en présence du Ministre des PTT Louis Mexandeau et de 30 autres ministres des PTT du monde entier ; utilisé en centre de transit intercentraux, et à la marge, en centre téléphonique pour les abonnés situés dans leur périmètre voisin. Suit le premier MT20 installé à Paris au centre téléphonique de Bonne-Nouvelle en 1983. Le MT20 le plus récent est mis en service en 1993. 107 commutateurs MT20 sont mis en service en France. Il reste encore déployé en France en 2014. Ce système est capable de gérer 60.000 circuits de transit par cœur de chaîne.

MT25, Temporel de seconde génération, robuste mais ayant été très long à mettre au point, installé en France en premier à Paris au centre téléphonique de Philippe-Auguste en 1983 ; système largement utilisé pour les centres téléphoniques d'abonnés, 302 commutateurs MT25 sont installés en France. Le MT25 le plus récent est mis en service en 1993. Les dernières extensions de commutateurs MT25 existants sont commandées en 1995. Ce système est capable de gérer jusqu'à 65.000 abonnés par cœur de chaîne suivant le sous-type du calculateur central. Les MT25 sont équipés soit de cartes de raccordement d'abonnés, de type URA, soit de cartes de type CSN. Les baies équipées de type URA ont été démontées à la fin 2000, étant donné que celles-ci ne supportaient pas l'arrivée de certains nouveaux services comme la Présentation de l'Identité du Demandeur (PID). Les premiers commutateurs MT25 à être démontés le sont en 1998. L’arrêt total d’exploitation des MT25 est prévu en fin 2020.
MT35, présenté en 1983, variante modulaire de petite capacité conçue pour les zones à faible densité de population. Chaque module, parfaitement autonome, est un véritable commutateur automatique capable de prendre en charge jusqu'à 1200 abonnés par module en charge typique ; jusqu'à 14 modules pouvant être accouplés ensemble pour constituer un commutateur modulaire capable de gérer jusqu'à 17.000 abonnés. N'est pas déployé en France, mais vendu notamment en Amérique du Sud. Système abandonné en 1985.

La famille MT est actuellement, en 2014, en phase de démontage intensif.

AXE10, Temporel de troisième génération, mis en service en France pour la première fois à la fin de l'année 1990, de la société suédoise Ericsson, ceux fabriqués en France le sont par la société Matra Ericsson Telecommunications. En service dans presque tous les pays du monde, capable de gérer jusqu'à 128.000 abonnés sur un seul cœur de chaîne ! 91 commutateurs AXE10 sont mis en service en France. Le premier d’entre eux est mis en service en décembre 1989 à Chaville. Le commutateur AXE10 le plus récent est mis en service à Brest en août 2002. Le début du retrait des commutateurs AXE10 a commencé le 18 novembre 2008 à Avignon-Le Pontet. (à ne pas confondre avec l'AXE spatial mis en service en fin d'année 1978 !)

AXE TRANSGATE 4/CTI4G
, Temporel de troisième génération utilisé en Centre de Transit International de 4e génération (NGN - Next Generation Network), mis en construction d'abord à Paris Pastourelle, le premier commutateur AXE TRANSGATE 4 est mis en service à partir de septembre 1999. La mise en construction initialement prévue en 1999 du CTI4G de Marseille a finalement été annulée. 3 commutateurs AXE TRANSGATE 4 sont installés en France.

Hors de France, notons l'existence des commutateurs de type temporel suivants :

1000-S12 de ITT en Belgique qui fait aujourd'hui partie du groupe franco-américain Alcatel-Lucent
4ESS (en) et 5ESS (en) des sociétés américaines Western Electric et Bell Labs qui font aujourd'hui partie du groupe franco-américain Alcatel-Lucent
La famille DMS (en) (DMS-100, DMS-200, DMS-250, DMS-300, DMS-500, DMS-GSP, DMS-MSC, DMS-MTX) de la société canadienne Nortel qui fait maintenant partie de la société américaine Genband (en)
EWSD (en) mis au point par les entreprises allemandes Siemens AG et Robert Bosch GmbH. Ce système est maintenant un produit de Nokia Siemens Networks.
NEAX de la société japonaise NEC.
Marconi System X (en) - Un système britannique qui n'est plus produit, mais est encore très répandu au Royaume-Uni dans le réseau BT
En dehors d'Europe, le système E10N1 (E10B) est connu sous la dénomination OCB-181 (Organe de Commande type B version 1 microprocesseur 8100) de la famille 1000-E10 du groupe franco-américain Alcatel-Lucent.
En dehors d'Europe, le système E10B3 est connu sous la dénomination OCB-283 (Organe de Commande type B version 2 microprocesseur 8300) de la famille 1000-E10 du groupe franco-américain Alcatel-Lucent.

État actuel du parc de commutateurs publics téléphoniques
Dans le réseau public de Orange, c'est-à-dire le Réseau téléphonique commuté (ex-France Télécom et ex-PTT), les commutateurs sont aujourd'hui essentiellement de type temporel de troisième génération. Il s'agit des systèmes Alcatel-Lucent E10B3 et Ericsson AXE10 en version 100 000 utilisateurs. (Certains commutateurs de type temporel de seconde génération restant encore en service : des MT20 en tant que commutateurs de transit et des MT25 en tant que commutateurs locaux).
Les derniers commutateurs temporels sont installés en France en 2002. Depuis, ils sont progressivement démontés

Performances et caractéristiques des commutateurs
Elles sont déterminées par plusieurs caractéristiques :

-Capacité de raccordement d'abonnés par commutateur : en France suivant les époques, les modèles et le cœur de cible de clientèle recherché, de 100 à 100 000 abonnés. Jusqu'à 10 000 abonnés pour les types rotatifs ; jusqu'à 50 000 abonnés pour les types crossbar ; jusqu'à 65 000 abonnés pour les types électroniques spatiaux ; jusqu'à 100 000 abonnés (limite fixée réglementairement, mais extensible jusqu'à 200 000) pour les type temporels de troisième génération.
-Capacité maximale d'écoulement du trafic : mesurée en erlang à l'aide d'erlangmètres. D'abord très faible, de quelques dizaines d'erlangs à quelques centaines pour les systèmes à organes tournants ; de 500 erlangs jusqu'à 12 000 erlangs pour les centraux de type crossbar ; varie entre 5 000 et 10 000 erlangs pour les types électroniques spatiaux ; s'échelonne de 1 500 erlangs pour les temporels de première génération, entre 2 500 à 4 000 E pour les temporels de seconde génération et jusqu’à 25 000 E pour les temporels de troisième génération.
Tentatives (réussies) d'appels à l'heure, en pleine charge : par exemple, varient entre 140 000 et 220 000 tentatives pour les types électroniques spatiaux, varient pour les temporels de seconde génération entre 95 000 et 240 000 tentatives réussies par heure, et de 700 000 à 800 000 pour les temporels de troisième génération.
-Sécurité de fonctionnement des commutateurs électroniques :
Dédoublement des organes de calcul : Concernant les commutateurs électroniques et eux seuls, qu’ils soient des types spatiaux ou temporels, il est important de noter que chaque cœur de chaîne d’un commutateur est équipé par sécurité de deux calculateurs strictement identiques nommés A et B. En service normal, ces deux calculateurs fonctionnent ensemble. Ils s'agit du « mode duplex ». Les deux calculateurs doivent pouvoir travailler en synchronisme en effectuant les mêmes tâches identiques au même instant, ce qui permet un contrôle par comparaison, ou alors travailler en tandem en se répartissant la charge de travail, ou encore travailler alternativement du calculateur A vers le calculateur B puis du calculateur B vers le calculateur A ; voire, en cas de défaillance avec arrêt total de l’un des deux calculateurs (A ou B), que le calculateur sain puisse reprendre la totalité du trafic jusqu’à ce que le calculateur défaillant puisse être dépanné et redémarré par une équipe de techniciens experts.
-Cas de défaillance partielle du cœur de chaîne : il s’agit d’un incident sérieux. Un cœur de chaîne dont un des deux calculateurs est en arrêt total fonctionne alors en « mode Simplex » mais le service téléphonique demeure assuré « sans marge de réserve ». Une équipe sur place ou de supervision à distance doit en général intervenir au plus vite pour détecter l’origine de l’avarie (panne matérielle ou logicielle) et prendre les mesures au plus vite pour endiguer le défaut ainsi que parvenir à redémarrer le calculateur défaillant.
-Cas de défaillance totale d’un cœur de chaîne : Lorsqu’un calculateur n’est pas volontairement arrêté pour raison de maintenance ou de mise à jour, mais qu’il s’arrête brutalement, il s’agit d’un incident sérieux. Un cœur de chaîne dont les deux calculateurs sont en arrêt total est en « arrêt Duplex », et dans ce cas, plus aucun abonné du commutateur n’est relié au service téléphonique, le commutateur n’est alors même plus en mesure de délivrer aucune tonalité aux abonnés. Dans les cas les plus graves résultant d’une corruption du programme de fonctionnement qui se serait diffusée dans tout le commutateur, le commutateur doit alors être mis dans un premier temps totalement hors tension puis remis sous tension et purgé de sa mémoire dès le redémarrage. Ensuite son programme de fonctionnement doit être à nouveau rechargé en mémoire, ainsi que sa sauvegarde mémorielle ayant précédé le début de la panne majeure, comme par exemple, les données de taxation. Des premiers prototypes jusqu'au début des années 2000, les sauvegardes sont effectuées régulièrement via un volumineux dérouleur de bandes magnétiques à bandes de ½ pouce de largeur sur bobines de 10,5 pouces de diamètre (bandes qu’il fallait charger et interchanger à la main) ; dérouleurs ayant été ensuite progressivement supprimés et remplacés à partir de l'année 2000 par des sauvegardes commandées à distance stockées sur de simples disques durs de micro-ordinateurs extérieurs, pour raison de coût d'exploitation et de simplicité d’organisation.
Exemple de défaillance majeure d’un réseau téléphonique : lors d’une défaillance de nature logicielle qui survient soit sans raison apparente ou à la suite d'une mise à jour logicielle, l’intégrité de l’ensemble du réseau public des commutateurs d’un pays peut être mise en péril. En effet, une corruption logicielle dans un simple commutateur d’abonnés si elle n’est pas détectée et supprimée à temps, peut via les réseaux de transmissions se propager aux autres commutateurs voisins et ainsi faire tache d’huile. Le 15 janvier 1990 une gigantesque panne téléphonique de l’opérateur principal américain AT&T a perturbé le réseau téléphonique de tous les États-Unis durant 9 heures, en raison d’un bug qui a pris naissance, à la suite d'une mise à jour, dans un seul commutateur et qui s’est propagé à travers tout ce pays en quelques minutes…

Taxation à distance (Télétaxation / Télécomptage)
Mise en service : depuis la parution du décret n°52-1231 du 13 novembre 1952 remplacé par le décret n°55-53 du 8 janvier 1955, actuellement en vigueur par l’avis NOR : PMEI1314577V paru au journal officiel du 13 juin 2013 et par l’arrêté du 31 octobre 2013 NOR : PMEI1325257A relatifs au service universel, les commutateurs téléphoniques sont également en mesure de retransmettre, via la ligne téléphonique, les impulsions de comptage (facturées et mémorisées par le commutateur au cours de toute conversation payante) de toute ligne téléphonique au domicile des abonnés qui souscrivent au service spécifique de Dispositif de Renvoi des Impulsions de Comptage sur un compteur spécial prévu à cet effet. En interne à Orange, ce service est codifié par l’appellation TTX.
1er dispositif 50Hz : techniquement, le commutateur envoie par la ligne téléphonique des impulsions périodiques modulées en mode commun à la fréquence de 50Hz, via la terre utilisée en 3e fil fantôme. Ce système est également utilisé pour assurer l’encaissement des publiphones à jeton ou à monnaie des classes urbaine et interurbaine, dont une grosse part des travaux relatifs à la taxation à distance et aux appareils à encaissement dans les années 50 sont dus à l’Ingénieur en chef des télécommunications Jean Briend. De plus, la première impulsion de taxation est dédoublée par une inversion de la polarité de la ligne téléphonique, afin de permettre le fonctionnement des plus anciens types de téléphones à encaissement de monnaie ou de jeton qui font appel à un électro-aimant d’encaissement spécifique. Le procédé 50Hz bien que devenu marginal, existe toujours : en cas de ligne téléphonique de grande longueur, il est le seul procédé à pouvoir couvrir les longues distances.
2e dispositif 12kHz : à partir 1978 et jusqu'en 1983, pour cause de fraude massive dite fraude au 50Hz, le dispositif à 50 Hz est progressivement remplacé par une modulation d'impulsions périodiques de 12kHz réalisée entre les deux fils de chaque ligne téléphonique connu depuis sous la dénomination : Dispositif de Renvoi d’U.T post 83. En plus des publiphones à monnaie ou à jeton, les publiphones à cartes reliés à une ligne analogique utilisent également ce dispositif. La première impulsion de taxation à 12kHz est également dédoublée par l’inversion de polarité pour permettre le fonctionnement des anciens téléphones à monnaie ou à jetons.
Implantation : alors que les commutateurs électromécaniques d’abonnés ainsi que ceux électroniques de type spatial nécessitent le rajout d’équipements supplémentaires contigus au commutateur qui nécessitent un câblage intermédiaire supplémentaire au répartiteur d’abonnés lors de la mise en service du dispositif, il est à noter que désormais ces équipements sont totalement intégrés dans les commutateurs électroniques d’abonnés actuellement en service de type temporel tels que les MT25, E10 et AXE10. En revanche, les cartes électroniques du commutateur où sont raccordés ces abonnés ayant souscrit à cette option sont légèrement différentes. Il s’agit d’équipements discriminés.

La relève : La technologie VoIP
En Europe (dont la France), les opérateurs de téléphonie sont en train de transformer leurs réseaux en utilisant la technique VoIP. Cela entraîne le déploiement de nouveaux systèmes de commutateurs logiciels et de routeurs IP.
Ceux-ci remplacent la commutation numérique traditionnelle.
Dans les réseaux de téléphonie sur IP, la commutation s'effectue en mettant en relation des « end points » qui sont aux frontières du réseau IP support du service. Ces « end points » sont des téléphones, des passerelles (voice gateways) ou des équipements spécialisés dans le traitement de la parole (MCU ou IVR).
Le commutateur est mis à contribution pour assurer la gestion de la numérotation (envoi des appels vers les « end points », connexion avec le RTC), pour la mise en œuvre de certains services supplémentaires et pour assurer l'élaboration des éléments de facturation et autoriser l'accès au service aux usagers.

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Direction générale des Postes ; Direction de l'équipement et des transports (1865-1950), le patrimoine immobilier des PTT vu par
Le métier et le travail des architectes des PTT :


Au XIXe siècle, la prise à bail d'immeubles suffisait à la quasi-totalité des besoins de l'Administration des Postes et des Télégraphes, qui ne possédait encore en 1900, qu'une petite trentaine d'immeubles abritant des hôtels des Postes, construits le plus souvent avec l'aide des architectes des villes concernées.
C'est en 1901 qu'apparut le cadre des architectes des PTT avec la création du Service des travaux d'architecture de l'Administration des Postes et des Télégraphes [NOTE n° 6, 1901 (pp. 185-195) : arrêté ministériel du 30 avril 1901 réglementant le service des travaux d'architecture.] .
Ce service était rattaché à la Direction du matériel et de la construction, 3e bureau (bâtiments).
Les architectes au nombre de trois résidaient, dans un premier temps, uniquement à Paris. Chacun des trois architectes était chargé d'une circonscription, comprenant un nombre déterminé de départements et de quartiers de Paris.
Le nombre d'architectes ne cessa d'augmenter les années suivantes pour atteindre le nombre de dix en 1906.
Toutefois, en 1914, celui-ci est réduit à huit au maximum par voie d'extinction : arrêté du 31 mars 1914 fixant le cadre des architectes de l'administration des Postes et des Télégraphes.]
Cependant, il atteint le nombre de treize en 1920 et le décret du 23 mars 1923, organisant le Service d'architecture fixe à vingt-huit le nombre d'architectes, dont treize résidant à Paris et quinze au chef-lieu des régions de Bordeaux, Châlons-sur-Marne, Clermont-Ferrand, Dijon, Lille, Limoges, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Orléans, Rennes, Rouen, Strasbourg et Toulouse.
En 1944, leur nombre s'élève à 38 : arrêtés des 21 mars et 30 octobre 1944 organisant le service d'architecture des Postes, Télégraphes et Téléphones.] .
En 1967, il est le même, dont 20 à Paris.

Leur recrutement et leur statut
Les architectes des PTT étaient recrutés sur titres. En 1923, les conditions à remplir étaient au nombre de cinq :
- être Français ;
- être diplômé par le Gouvernement ;
- exercer depuis dix ans au moins la profession d'architecte à la résidence ;
- avoir subi les épreuves d'un concours sur titres Le candidat devait fournir un dossier comportant toutes pièces d'état civil et justificatives de sa qualité ainsi qu'une liste détaillée des titres et références qu'il pouvait invoquer (diplômes, titres honorifiques, qualités civiles, travaux déjà exécutés, etc.)
Le Comité consultatif des Bâtiments civils et Palis nationaux dressait alors la liste des candidats par ordre de mérite.] devant le Comité consultatif des Bâtiments civils et des Palais nationaux ;
- être âgé de 35 ans au moins et de 50 ans au plus.

Ces conditions ont varié dans le temps. En 1968, pour faire face aux besoins croissants de constructions neuves, fut instituée la procédure de l'agrément, valable dix ans renouvelable, qui permettait de faire appel à un nombre plus important d'architectes et de profil varié.
Les PTT recherchaient alors tous candidats ayant un minimum d'expérience pratique et dont le savoir-faire dans la région où ils postulaient était reconnu.
Bien que la doctrine et la jurisprudence s'accordassent à reconnaître le statut de fonctionnaire aux architectes du cadre et même aux architectes agréés, ils n'en présentaient pas moins des spécificités : la possibilité d'avoir une clientèle privée, la responsabilité du constructeur de l'ouvrage, l'absence de droit à pension civile, le mode de rémunération.

Les attributions et les honoraires :

Les architectes ont pour missions de construire, agrandir, transformer, entretenir ou procéder à la réfection des bâtiments de toute nature (hôtels, bureaux centraux, télégraphiques et téléphoniques ou immeubles spéciaux) commandés par l'Administration des Postes, Télégraphes et Téléphones. L'architecte agit, dans tous les cas, sous l'autorité des chefs de service de l'administration centrale ou départementaux.
Par la suite, avec l'augmentation du nombre des constructions, la possibilité de faire appel à un architecte qui n'appartient pas au cadre des architectes des PTT, est permise.
A partir de 1923, les architectes sont saisis par les directeurs régionaux et les chefs de service de toute question relevant de leur compétence : expertises, études relatives aux achats de terrains et d'immeubles, inspection des immeubles, études et résolutions des questions de location et enfin, surveillance des travaux de construction des immeubles que des propriétaires font bâtir pour les louer à l'Administration.

Des vérificateurs, des réviseurs des travaux de bâtiments et des dessinateurs-projeteurs, assuraient des fonctions complétant celles de l'architecte.
La collaboration des services des PTT avec l'architecte a fait l'objet d'un article dans le numéro 187, juillet 1971, de la revuePostes et Télécommunications.
Les honoraires des architectes des PTT étaient déterminés par dés textes fixant les barèmes.
En 1901, les architectes recevaient ainsi une allocation fixe annuelle de 2500 francs, supprimée dès 1906, ainsi que des honoraires calculés à raison de 5 % sur le montant des travaux neufs exécutés et de 3 % sur celui des travaux de révision.
En 1923, le pourcentage était calculé en fonction du montant net des mémoires : 5 % jusqu'à 50 000 francs, puis 4 % au dessus.

Accroissement du parc immobilier des PTT et évolution du travail des architectes
Dès la fin du XIXe siècle, l'accroissement du trafic postal et télégraphique et l'émergence du téléphone créent de nouveaux besoins en bâtiments. Fréquemment, les bureaux sont situés en des « lieux ne réunissant pas les conditions requises sous le rapport de l'aménagement ou de la salubrité et quelquefois même à ce double point de vue».
Ainsi, l'administration des Postes et Télégraphes a publié un plan de construction de bureaux de poste dits simples (gérés par une seule personne) et composés
Ceux-ci étaient en grande majorité situés dans les campagnes. Déjà bien développée après la Première Guerre mondiale, l'activité des architectes des PTT n'a cessé de se développer pendant l'entre-deux-guerres et encore davantage surtout après la Seconde Guerre mondiale, compte tenu de l'effort de reconstruction, mais aussi du développement des services des PTT, surtout téléphoniques.
Si en 1939, le parc immobilier atteignait déjà 800 000 m2, il atteignit 3 795 000 m2 en 1950.
En 25 ans, de 1946 à 1967, les PTT ont doublé leur capital immobilier, de 1 280 000 m2 en 1946 à 5 758 000 m2 en 1966 .
Le style architectural des bâtiments des PTT
En ce qui concerne le style architectural des bâtiments, il est à noter que l'administration des Postes, Télégraphes et Téléphones a toujours eu le souci de faire en sorte que les bureaux de poste et autres bâtiments s'intègrent dans le paysage et ne dérogent pas au style architectural local.
Ainsi le Bulletin d'information, de documentation et de statistique°2 de 1934, dans un article intitulé : « le style architectural dans les bâtiments postaux » fait état d'une circulaire adressée aux directeurs régionaux, départementaux, chefs de service et architectes des PTT fixant les conditions dans lesquelles doivent s'ériger les bâtiments des PTT. Cette demande a été suivie d'effet durant des décennies. Ainsi, les matériaux de construction étaient choisis dans les carrières avoisinantes. Un aspect remarquable de ce fait est mentionné dans le présent instrument de recherche c(construction du bureau de Volvic).
La revue des PTT de France, n° 4, juillet-août 1956, dans un article ayant pour titre « l'administration des PTT au festival d'architecture - salon des artistes français » fait état de constructions de bâtiments de style « régional » et même de style « outre-mer ».
Cet article mentionne les réalisations et le nom de leurs architectes. En outre, la revueBulletin d'informationdes PTT, àpartir de 1963 cette revue s'est appelée Postes et Télécommunications. Elle est consultable à la Bibliothèque historique des Postes et des Télécommunications qui rend compte mensuellement des réalisations et aménagements (agrandissement, rénovation, construction) des édifices des PTT (date de mise en service, avec photographies et noms des architectes).
Pour certains bâtiments techniques cependant les architectes devaient se conformer à des contraintes fonctionnelles liées aux nécessités d'exploitation, les obligeant de déroger à ce principe (centres de tri du courrier, centraux téléphoniques).
Enfin, le cursus de formation des élèves de l'Ecole nationale supérieure des PTT chargée de former les futurs administrateurs des PTT et ingénieurs des télécommunications comprenait des cours d'architecture.
Gaston Ernest

INTERET DU FONDS de documentation
Ce fonds permet de réaliser des études monographiques sur certains bâtiments parisiens et provinciaux des PTT. Riche de nombreux plans, il permet aussi une étude architecturale assez détaillée de l'œuvre de et d'effectuer une comparaison avec d'autres architectes des PTT en activité durant l'entre-deux-guerres. Une analyse comparative avec les prescriptions de l'Administration des PTT permettrait aussi d'étudier la latitude prise par l'architecte par rapport aux exigences fonctionnelles et esthétiques du commanditaire.
Une autre piste de recherche offerte par le présent fonds, quoique moins riche, porte sur l'association des architectes des PTT. Il serait intéressant de connaître l'activité de l'association et son influence sur les décisions prises par l'Administration des PTT concernant le cadre des architectes des PTT.
Les plans, très nombreux pour certains bâtiments, ont fait l'objet d'une annexe détaillée [NOTE Cette annexe est basée sur une note du 4 avril 1986 de la Direction des archives de France relative à l'établissement de fiche-bordereau pour les cartes et les plans.]
Ils n'ont pas été extraits des dossiers et ne possèdent pas de cotes spécifiques.
Enfin, les archives ont été conditionnées dans 28 cartons Dimab, soit 9,3 mètres linéaires. Les photographies ainsi que les négatifs ont été rangés dans des pochettes en polypropylène.

Architeture et Patrimoine : Un beau document des archives du ministère des Postes, Télégraphes et Téléphones 1945-1991

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